Chapitre 6:
Sans foi ni loi
(par
michele huwart, ajouté le 13/03/03 11:40)
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Le temps passait. De quatre, nous sommes devenu dix. Puis vingt. Tous fugitifs. Et tous dangereus. Il ne faisait pas bon apprcher notre campement. Comme il ne faisait pas bon se trouver sur notre route. Le jour où j'avais tué mon premier homme se fondait maintenant dans l'oubli. Les hommes que j'ai tués par la suite n'ont même pas pénétré ma mémoire. La survie était rude. Très rude. Et les temps mauvais, alores, que pouvait donc valoir une vie ? Moins qu'un repas, ou une paire de bottes. Quant à la vertu d'une femme ...
Les femmes! Voilà bien ce qui nous manquait le plus. Aucune ne nous avait rejoints dans notre vie d'errance. Et je crois que , malgré le manque dans lequel nous vivions, nous n'en aurions pas accepté parmi nous. Une femme, c'est une charge. Un être à protéger. Et nous avions si difficile déjà à nous protéger nous-mêmes. Alors, quelquefois, nous allions nous "servir" dans les fermes qui avaient le malheur d'être sur notre route. Monstrueux, sans doute . Mais pour nous, violer une femme n'était pas plus grave que voler un cochon. Moins, peut-être. Car la vie d'une famille peut dépendre d'un cochon. Pas d'un pucelage.
Alors, de plus en plus, les gens de la région se mirent à nous haïr. Et nous leur rendions bien. D'autant que, de notre côté, la haine était à la fois teintée de jalousie et de mépris. Nous étions pour eux les hommes-loups.
Un an. Cinq ans. Dix ans. La bande était structurée. Et forte. Ma vie était telle, désormais. J'étais destiné, me semblait-il, à rester pour toujours un criminel sans foi ni loi. Sans loi, c'était évident. Sans foi aussi. Sauf en la force de mon épéé. Sauf en la puissance de mon arc. Sans foi en ce Dieu - Illuvatar - et en ses acolytes adorés par les Elfes des grandes cités, et par ceux qui étaient leurs alliés. Quand bien même eut-il existé, ce Dieu, peu nous en importait. Il ne s'était jamais occupé de nous. Il avait abandonné les siens. Même ceux qui croyaient fermement en son existence. Et à sa bonté. Le seul Dieu qui semblait exister ailleurs que dans les rêves des hommes, c'était Morgoth. Et celui-là, mieux vallait qu'il se tienne au loin.
C'était notre vie. Et un jour, vint le Capitaine. |
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