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Repentance

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         
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Chapitre 61: Becca.2;
(par michele huwart, ajouté le 13/04/05 15:52)


Comme elle me l'avait demandé, je fus là le lendemain, à l'aube.

je fus accueilli par une vieille femme en noir qui m'entraîna dans une salle à manger cossue. Becca m'attendait, attablée devant un petit-déjeuner copieux. Elle m'invita à prendre place, et à partager son repas. je tentai de me défiler. J'avais, déjà, copieusement mangé à l'auberge.
- Il n'y a plus d'auberge pour vous, me rétorqua-t-elle, brutale. Mangez. Ensuite, Lisbeth vous montrera votre chambre - sa voix sembla moins assurée en prononçant ses mots. Puis, vous m'accompagnerez.
je n'avais d'autre solution que de dire "oui, Ma Dame". Je grignottai donc, en silence, observant celle qui serait désormais ma maîtrese. Je suivis ensuite la vieille servante tout de noir vêtue, Lisbeth, jusqu'à une chambre sobre, mais de bon goût.
- Je passerai à l'auberge, me dit-elle. je dirai qu'on fase porter vos affaires ici.
Puis, me dévisageant d'un air méfiant:
- Ma maîtresse vous a donné la chambre de Messire Amaël...je me demande bien pourquoi...
Je ne répondis rien, me demandant seulement qui pouvait être cet Amaël.

- Allez porter çà à la chambre d'amis, me commanda Becca, me désignant une porte. J'ai soigné l'enfant, mais la mère se doit de se nourrir.
L'enfant... songeai-je... la mère... ainsi, la petite fille était toujours en vie. Et la mère... la mère... Ceinwyn !
Je pris le bol de gruau, et m'empressai. Elle était là, à demi allongée sur le grand lit, dans lequel l'enfant paraîssait si petite... Elle l'entourait d'un de ses bras, et lui chantait, imperceptiblement, une berceuse qu'inconsciente, elle ne pouvait entendre...
Je lui posai la main sur l'épaule, lui parlai, doucement.
- Vous devez manger, si vous ne voulez pas tomber malade vous-même. La petite a besoin de vous. Allons, je ne vous demande pas de la quitter.
Elle mit un long moment à réagir, avant de lever vers moi un visage pâle aux yeux rougis de fatigue et de larmes. Je l'aidai à se redresser, lui mis de force la nourriture entre les mains.
- Allez, mangez. Je m'occupe d'elle.
Je pris contre moi la petite fille brûlante, à la respiration encore laborieuse. Et, tandis que sa mère, à contre-coeur, mais obéissante, tentais de se sustenter, je me mie, maladroitement, à chanter moi aussi. Je ne connaissais pas de berceuse, mais certaines chansons de Vaïn me revenaient à l'esprit. Les plus paillardes, pour commencer. Je m'abstint pourtant de les chanter dvant unbébé, même endormi, choisissant les airs plus beaux, mais ö combien plus difficiles, évoquant les beautés du monde et les histoires des temps anciens.
Ceiwyn posa le bol, et me tendit les bras pour reprendre sa fille.
- Merci,, me dit-elle d'une toute petite voix, comme intimidée. Je ne vous ai pas encore remercié pour hier. Pour...
Je crus qu'elle allait se mettre à pleurer, au souvenir de la scène atroce. je tentai de mon mieux de la réconforter...
... par Eru, que j'aurais aimé pouvoir la réconforter...
J' l'assurai, sans en être sûr, loin de là, que son enfant vivrait. Qu'elle la verrait grandir dans ce village tranquille. Et, de fil en aaiguille, je lui parlai un peu de moi. Elle me parla un peu d'elle. Elle était veuve. D'un tisserand, qui n'avait jamais connu sa petite fille.
- Mon meilleur ami, lui avouai-je était tisserand lui aussi. Avant de perdre son bras en me sauvant la vie...
- C'était un Elfe ?
- C'en est toujours un.
- Un grand seigneur ?
- Tous les Elfes, répondis-je, ne sont pas de grands seigneurs. Vaïn est un artisan, comme l'était votre époux. Un artisan à qui le travail manque. Je suis inquiet pour lui, Dame.
- Ceinwyn, me corrigea-t-elle en berçant son enfant malade. Ce sont les Elfes, qui vous ont appris... qui vous ont appris ce que vous avez fait, hier ?
- C'est mon Seigneur...
Les souvenirs de son enseignement me revinrent brutalement en mémoire. Lui et moi, seuls, au cours d'un long voyage...
... je n'avais jamais eu de père...

Après un long silence, elle reprit :
- Becca garde difficilement les apprentis. Elle les a tous revoyés, en fait. Nul ne lui paraîssait à la hauteur d'Amaël.
... Amaël... à nouveau.
Je n'eus pas besoin de poser de question à Ceinwyn.
- Il a été tué. Il suivait l'armée, vers la bataille...
- Les Larmes Innombrables, murmurai-je, comme pour moi-même.
- Elle porte bien son nom. Mon père, et le frère de mon époux, et tant d'autres, de toutes races... et Amaël, qui était le dernier à mériter çà... même si personne ne le méritait... Becca ne s'en est jamais vraiment remise. Peut-être, grâce à vous...
- je ne sais pas, fis-je... je ne sais pas.
La petite gémite soudain, et j'entendis la voix de Becca m'appeler, impatiente.
- Morgil, vous n'êtes pas là pour bavarder. Venez.

Voir le chapitre 61 sur 67



Script fourni par 21st Century Scripts, adapté et modifié par Cédric Fockeu.