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Repentance

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         
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Chapitre 62: Ceinwyn
(par michele huwart, ajouté le 14/04/05 16:53)


La petite me tirait par la manche.
- Viens, Oncle Morgil. Viens...
Elle m'entraîna vers le chapiteau, sous lequel la fête battait son plein.

Quatre ans... deppuis quatre ans, bientôt, je vivais dans ce village sans histoire. J'habistais chez Becca, mais, en prévision de l'avenir, j'avais dépensé une partie de ma "dot" elfique pour acquérir un bout de terrain, à moi... rien qu'à moi ! En prévision de l'avenir. Et de... mais je n'osais l'envisager. J'étais un ex-homme-loup. Un assassin. Et proposer le mariage à une femme me semblait bien présompteueux pour quelqu'un tel que moi.
J'avais pourtant trouvé ma place au sein de la communauté. D'apprenti-guérisseur, j'étais devenu assistant-guérisseur. Et, depuis peu, Becca réduisait ses activités, me faisant confiance, tout comme le reste des villageois. Cette confiance me serrait le coeur, quelquefois, me rappelant celle dont mon Seigneur m'avait gratifié. M'avait gratifié, pour la première fois. Il me manquait, tout comme Vaïn. Et je me posais des questions : que devenait-il, dans ce monde hostile, auprès de ces hommes... mes anciens compagnons ? Mon village, car c'était devenu mon village, semblait si loin des turpitudes et des violences du monde, de la guerre, de l'Ennemi...
Quelquefois, des bribes de nouvelles du monde extérieur nous parvenaient. Depuis peu, disait-on, un nouveau chef de guerre affrontait l'Innomable aa sein des armées de Nargothrond. Ou à leur tête. Certains le disaient Seigneur de Doriath. D'autres, Prince de Dor Lomin. Doriath... Dor Lomin... On le nommait le Noire Epée, et ce nom, lorsqu'on l'évoquait devant moi, me serrait la gorge. Je n'avais vu, de ma vie, qu'une seule Epée noire... portée par un Seigneur de Doriath. Mon Seigneur. Qui avait rejoint dans ses errances un prince de Dor Lomin. Se pouvait-il.... ?

Les voix de deux petites filles me tirèrent de mes pensées.
- Viens, Oncle Morgil ! m'appelait Griet. La fille de Ceinwyn. Ma petite patiente miraculée...
- Venez, Elfe-loup... renchérissait Ireth, la fille du Seigneur Algarond, et de Dame Clara. Mes amis les plus proches, depuis Vaïn...
Elles n'avaient pas dix ans à elles deux.
Et je les suivis à la fête.

Et, lorsque, la nuit tombée, la fête terminée, je voulus regagner la demeure de Becca, je sentis une main prendre la mienne.
- J'ai demandé à Clara de garder Griet, cette nuit, me murmura doucement Ceinwyn.
C'était une invitation. Plus qu'une invitation. Et je lui savait gré d'avoir pris les devants. Jamais, je n'aurais osé. Moi, l'indigne... Et Elle, si douce, si gentille. Si... normale !
Je la suivis. Chez elle.
Pour la première fois, j'entrai dans sa chambre. Elle sentait bon la cire d'abeille.
Et Ceinwyn santait bon les fleurs des champs...
Lentement, elle défit ses lourdes tresses. Et délaça sa robe, à la lueur des bougies.
Elle fut nue devant moi.
Elle avait les seins trop lourds et la taille trop marquée. Belle ? Je ne sais... peut-on encore trouver une femme belle lorsqu'on a contemplé la splendeur de la Reine de Doriath ? Mais elle était Elle... Elle ! La seule qui comptait... la seule qui avait jamais compté... qui compterait jamais....
J'étais paralysé.
Je n'avais jamais fait l'amour.
Je n'étais pas puceau. J'avais violé des femmes, durant mon errance parmi les hommes-loups. Je le regrettais. J'en avais honte, comme de mes autres méfaits. Ni plus, ni moins.
J'avais aussi connu de rares aventures, avec des paysannes peu farouches. J'avais couché avec elles.
Couché.
Mais jamais fait l'amour...
Jamais je n'avais connu physiquement de femme que j'aimais. Qui m'aimait. Avant ce soir... Cette nuit.
J'étais paralysé.
Alors, ce fut elle qui me déshabilla, m'entraîna vers le lit. Posa mes mains sur son corps, avant de carresser le mien.
Elle était douce, si douce...
Mes lèvres trouvèrent les siennes, et elle me guida en elle.
Et au moment où mon corps se déversa dans le sien, elle ne cria pas. Elle se tendit, et me serra très fort.

Je posai la tête contre sa poitrine? Elle me carressa les cheveux, et m'entoura tendrement.
Je t'ame, Morgil, fit-elle dans un murmure. Je t'aime, elfe-loup.
Mes paupières se fermèrent, et je m'endormis dans sa chaleur.
Entier.
Heureux.
Enfin...

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Script fourni par 21st Century Scripts, adapté et modifié par Cédric Fockeu.