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Le Barde du Beleriand : L'erudit d'Oxford

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         
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Chapitre 7: Sir William.2.
(par michele huwart, ajouté le 24/08/05 18:59)


Je pris les feuillets que mon employeur me tendait, non sans me faire intérieurement la remarque qu’utiliser un papier de cette qualité pour rédiger des brouillons aurait été considéré comme un sacrilège par n’importe quel papetier digne de ce nom. Je jetai un coup d’œil au texte.
Il était en français…
- J’espère, me dit Sir William avec une pointe d’excuses dans la voix, que vous pourrez vous débrouiller sans trop de problème. L’Université m’a assuré que vous étiez parfaite bilingue.
Je le rassurai de mon mieux. Je me débrouillais plutôt bien dans la langue de Balzac. J’aimais beaucoup cette langue, tout comme, en bonne Ecossaise qui se respecte, j’aimais le pays dont elle était originaire. Le fait de devoir dactylographier un texte français me plaisait, en fait, beaucoup.
- Tant mieux ! me dit-il en me servant une tasse de thé, et en me la tendant à la manière d’un véritable gentilhomme – ce qu’il était. Parce que cet article n’est que le premier d’une longue série. Et il est loin d’être bref lui-même. Je crois qu’il serait bon que vous vous atteliez au travail dès que vous aurez terminé de siroter votre thé.
Ce disant, il me tendit un panier rempli de minuscules cakes aux raisins. J’en pis un, j’y mordis. Il était délicieux. Je ne sais pas ce qui me prit à ce moment. Je complimentai mon hôte sur les talents des sa cuisinière, et je trouvai malin, encore prise par ma lecture de la veille, de déclarer ses pâtisseries « dignes du palais d’un Hobbit ».
Sir William sursauta.
- Que savez-vous des Hobbits, Catherine ? me demanda-t-il d’une voix qui se voulait glaciale, mais ne l’était qu’en apparence.
Je rougis jusqu’à la pointe des cheveux. Pourquoi, diable, avais-je été faire ma maligne en utilisant une expression pareille ?
- Ils ont été inventés par le professeur Tolkien durant les années 30, bafouillai-je, gênée. Pardonnez-moi, Sir William. J’ai passé ma journée d’hier à relire « Bilbo ». C’est notre conversation concernant ma famille qui m’en a donné l’idée. A cause du nom d’un des personnages.
Un sourire ironique éclaira son visage, et un éclair de malice brilla dans ses yeux clairs.
- L’Archer ? interrogea-t-il.
Se moquait-il de moi ? J’en avais l’impression.
- L’Archer, acquiesçai-je. Le descendant caché des rois déchus de Dale. Bard. Le Professeur Tolkien a dû lire le Who’s Who d’Ecosse, ou s’inspirer du nom de mon arrière grand père. Parce que la coïncidence est trop flagrante pour être l’effet du hasard.
Il prit lui-même un petit gâteau, et le savoura en silence. Puis, il en prit un autre, et le contempla longuement.
- Vous avez raison, approuva-t-il.
Seulement, il arborait toujours son sourire moqueur, et cela ne me faisait pas un effet très agréable.
- Ces gâteaux sont bien dignes de sortirs d’e la cuisine d’une Hobbitte. J’en ferai part à Pétunia. Cela ne manquera pas de lui faire plaisir ! Un autre ?
Je n’osai refuser. D’autant que grignoter ne pourrait que m’aider à avoir l’air moins stupide devant mon employeur.
- Pour la similitude des noms, reprit-il, beaucoup plus sérieusement cette fois, vous avez raison également, Catherine. Il ne s’agit aucunement d’un hasard.
Je m’attendais à une explication ou, tout au moins, à une confirmation de ma « théorie » concernant le professeur Tolkien et son confrère chimiste. Au lieu de ça, Sir William me demanda si j’avais quelque chose de prévu, ce soir-là.
- N… non, bredouillai-je.
- Bien, fit-il, l’air content de lui. Je vais prévenir votre logeuse que vous rentrerez tard, ce soir. Si vous acceptez de dîner en ma compagnie, bien entendu.
Je ne pus qu’accepter, évidemment.

En me rendant dans la pièce que je nommais mon « bureau », je croisai un gamin aux cheveux bouclés, baladeur sur les oreilles. Je lui donnai une dizaine d’année tout au plus, mais il me salua d’une voix grave. Je le regardai mieux. Son visage n’était pas celui d’un petit garçon. Plutôt d’un adolescent, en fait.
Il ôta ses écouteurs, et me tendit la main.
- Je suis Robin. Le neveu de Pétunia. J’habite ici.
- Bonjour, Robin, répondis-je. Je suis…
- Je sais qui vous êtes, m’interrompit-il. Vous pouvez m’appeler Robb. Enfin, quand Sa Seigneurie n’est pas dans le coin, bien entendu. Je peux vous appeler Cat ?
J’éclatai de rire. Il me plaisait, ce gamin sans apprêt. Il détonnait, avec son blue-jeans, son sweat-shirt aux couleurs d’Arsenal et son baladeur dans cette étrange maison à l’écart du temps.
- C’est ainsi que m’appellent mes amis, répondis-je. Qu’est-ce que tu écoutes ?
- Guns and Roses. Pourquoi ?
Je m’esclaffai de plus belle. Guns and Roses, chez Sir William ! C’était encore plus incongru que son sweat-shirt de supporter.

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Script fourni par 21st Century Scripts, adapté et modifié par Cédric Fockeu.