Chapitre 7:
Robert
(par
Saivh, ajouté le 11/01/06 20:01)
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Un soir qu'elle etait rentree a la tombee de la nuit, Gayette se dirigea vers sa maison le plus calmement et discretement possible. Les pieces etaient silencieuses et son chat roux vint se frotter sontre ses jambes en ronronnants bruyamment. Gayette deposa son fagot de bois pres de l'atre et se redressa violement lorsqu'une main lui agrippa le haut du bras.
- D'ou viens-tu? Pourquoi rentre-tu si tard?
Gayette se degagea et tenta de retrouver son calme. Une scene de son mari etait la derniere chose qu'elle desirait. Son mari etait la derniere personne qu'elle desirait voir. Sa presence, sa voix, ses habitudes, son corps, tout en lui la rendait folle de rage. Elle ne supportait pas de devoir se tenir ainsi face a lui et a lui rendre des comptes.
- Tu m'as fait mal.
- Je suis desole.
Il fit mine de s'avancer. Elle se raidit.
- Gayette... Je m'inquiete, je suis en droit de savoir. Les loups infestent la foret. Cet hiver est plus rude que tous les precedents et toi tu pars sans dire ou tu vas. Je ne sais jamais quand tu reviens, ni meme si tu reviendras, car ils pourraient te dechiqueter a n'importe quel moment.
Robert agrippa les epaules de sa femmeet a chaque mot qu'il prononcait, il la secouait de plus en plus violement, sans meme s'en rendre compte sans doute.
- Ca suffit maintenant! Dis-moi ou tu vas, ou tu cours tous les matins. Tu crois que si je suis vieux je suis aveugle? Tu negliges ton travail, ta maison et ton mari! Mais parle, bon sang! Tu es devenue muette?!
- Arrete... pitie...
Il cessa de la secouer, l'air un peu abruti. Elle fit un pas en arriere, furieuse.
- Je ne vais nulle part. Tu l'as dit toi-meme. L'hiver est est rude. Le bois se fait rare et je crois qu'il m'arrive de m'egarer...
- Je n'en crois pas un mot. Tout le monde ici connait cette foret comme sa poche. Ma femme serait-elle lassee d'un vieux mari? Les fermiers venus a Sombreval ont-ils besoin d'une guide en foret?
- Tu n'es pas vieux, tu es senile. Ecoute donc ce que tu dis. Tu sais toi-meme que c'est absurde!
La gifle claqua. Gayette etait a terre avant meme de s'en rendre compte et les larmes lui coulait sur le visage avant meme qu'elle n'ait envie de pleurer. Robert avait reellement eu la main lourde. La jeune femme se leva, furieuse.
- De quel droit...?
- Je suis ton mari. Je ne tolererai plus que ma femme me tourne en ridicule. Noel arrive dans quelques jours. D'ici la, tu resteras a la maison. Je t'interdis de sortir, sauf pour le travail. Mais je saurai toujours si tu as une bonne raison de quitter la maison.
Gayette se leva en serrant les dents. Elle tourna les talons et claqua la porte derriere elle.
La nuit etait gelee. Dans le ciel noir et degage, les etoiles brillait d'un eclat que Gayette ne souvenait pas avoir jamais vu. Le vant la tete et larmes aux yeux, Gayette se perdit un instnant dans les etoiles. Mais se resaisissant, elle s'engagea d'un pas decide vers la taverne de La Lamberte. La boue etait figee et etincelait de givre. Gayette fut heureuse de trouver la chaleur de la taverne et des visages familiers. Gayette pris un bol de vin chaud et s'approcha de Beckky et de La Lilotte atablee pres du feu et en grande conversation. Elle les salua et s'assit avec elles. Apres les menus ragots et bavardages habituels, Gayette se pencha un peu plus en avant.
- Dites-moi, Noel est proche. Vous n'avez pas besoin de tissus pour de nouvelles tenues? Je vous ferai un prix.
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