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Les Trois Miracles de Jérémy

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         
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Chapitre 7: Nathanaël
(par lambertine, ajouté le 02/09/00 23:53)


Depuis mon retour à la Résidence, tout le monde me traite comme une fleur de serre. Ca ne me plaît pas vraiment, mais je me laisse faire, et je dois reconnaître que la situation n’a pas que des mauvais côtés. Je ne suis pas forcé d’accomplir les tâches qui me rebutent. Je peux me permettre de m’extraire du groupe sans recevoir de blâme des psychologues. Je ne suis pas forcé de cornaquer les nouveaux, ce dont je n’ai ni le désir, ni le courage. Je passe l’essentiel de mon temps libre en compagnie d’Aurore, et je partage, depuis le départ de Gonzague, ma chambre avec Nathanaël.
Elle a bien changé, Aurore, et porte à présent son prénom comme un gant. Elle a retrouvé le goût de vivre qui l’avait quitté lorsqu’elle avait quinze ans. Elle continue d’écrire, des histoires courtes et sombres, dans lesquels l’espoir a trouvé sa place. Elle a envers moi une attitude maternelle, que je ne rejette pas, et qui me fait du bien. J’ai honte, quelquefois, de la laisser ainsi s’attacher à moi. Elle aura du chagrin, je crois, le jour où je m’en irai. Mais peu importe, le mal est fait, et je n’ai plus la force de refuser l’amour qu’on me donne. Là aussi, je me laisse faire, suivant les conseils du Procureur. J’absorbe cet amour comme une éponge, comme une terre asséchée dont l’eau a fini par vaincre la dureté, et qui gonfle, gonfle, à exploser. Je le rends aussi, cet amour, à ma manière. J’aime Aurore comme j’aurais pu, je crois, aimer la mère que je n’ai pas eue. D’une façon infantile, irraisonnée, à la fois douce et brutale. De la façon dont j’aime aussi le Procureur. Dieu ne m’a pas donné de parents à la naissance. L’ironie a voulu que j’en trouve à la veille de ma mort.
Eugénie vient me rendre visite deux fois par semaine. Son père l’accompagne une fois sur deux. Pas sa mère. La Comtesse est un être humain normal : elle a du mal à accepter que sa fille chérie soit amoureuse d’un bon à rien. Pire encore, d’un bon à rien gravement malade. Elle accepte encore moins que son époux veuille lui tenir lieu de père, à ce bon à rien.. Mais elle ne s’oppose pas à ce qu’ils viennent me voir. Parce qu’elle a pitié de moi. Et ça aussi, c’est normal, même si je n’aime pas ça du tout.
Eugénie m’emmène, bien souvent, au milieu de la forêt. Nous y restons des heures, sans rien dire, blottis dans les bras l’un de l’autre. Nous allons rarement plus loin. Nous n’avons même été plus loin qu’une seule fois. A son initiative, du moins me semble-t-il. Je ne sais plus vraiment. Sauf que je l’ai aimée, du plus fort de mon âme, en lui donnant mon corps et en prenant le sien.
- Tu ne regrettes rien ?
- Regretter ? Moi ? Pourquoi ? Je t’aime, Jérémy. Je n’aimerai que toi, jusqu’à la fin des temps.
- Ne dis pas de bêtises. Je t’aime, moi aussi, plus que je ne puis l’exprimer. Mais s’il m’arrivait malheur ? Promets-moi de continuer à vivre. Promets-moi de ne pas te fermer à l’amour. S’il te plaît. Je n’en vaux pas la peine.
- Si. Tu en vaux la peine. Et tu dis des bêtises.
Je n’insiste pas. Je n’insiste plus. Je n’ai plus la force de parler de la mort.
- Qu’est-ce que tu me trouves donc, Eugénie ? Qu’est-ce qu’une fille comme toi, une fille qui a tout, une fille intelligente, belle, en bonne santé, une fille du meilleur monde, peut trouver à un garçon dans mon genre ?
- Tu es vrai.
Elle me serre fort, très fort dans ses bras.
- Tu n’es pas comme les garçons du lycée, ni comme les types de mon rallye, toujours à jouer un rôle. A se prétendre meilleurs que les autres alors qu’ils crèvent de trouille. A regarder les filles de haut parce qu’ils n’osent pas les inviter à danser. A se prendre pour des bêtes de concours, comme Gaspard, le cousin de Gonzague. Quand je suis avec toi, je sais avec qui je suis. J’ai vu tes défauts, je connais tes faiblesses. Tes qualités n’en sont que plus apparentes. Tu es le garçon le plus gentil, le moins égoïste que je connaisse. Et tu es l’homme que j’aime.

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- Tout va bien ?
- A vous de me le dire.
- Tu as l’air d’accepter.
- Parce que j’ai le choix ? Que Sa volonté soit faite, Elisabeth. Et la vôtre.
- La mienne serait de te voir vivre heureux pendant de longues années. Ca me fait mal, que tu en doutes. La Sienne, par contre, rejoint la tienne, au moins sur un point.
- Ah oui ? Je me demande bien lequel.
- Il veut te voir paraître devant lui comme un homme de bien.
- Comme un homme de bien ? Mais le suis-je devenu ?
- Je crois qu'au fond de toi, tu l'as toujours été.

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Je n'ai jamais été très proche de Nathanaël, même s'il a mon âge, ou à peu près. Je fais des efforts pour tenter de le comprendre, mais ce n'est pas facile. Il y a chez ce garçon quelque chose de déroutant. Et il n'est pas vraiment du genre à parler de lui-même. Je me doute que si je partage sa chambre, ce n'est pas par hasard. Plus rien désormais, ne m'arrive par hasard. Seulement, comment aider quelqu'un dont on ne sait pas pourquoi il va mal ?
Il a à mon égard une attitude bizarre. Ma fragilité l'agace, l'irrite au plus haut point, et l'irrite plus encore le traitement de faveur dont je jouis auprès de l'équipe soignante. Ce n'est pas parce que je suis malade que, selon lui je ne dois pas être traité comme tout le monde. D'ailleurs, ici, tout le monde est malade. Je ne peux pas lui donner tort, mais je n'arrive pas à saisir pourquoi cette situation le dérange, et lui seul, à ce point. Je ne saisis pas non plus pourquoi il lui arrive, la nuit, de vérifier ma température, de me recouvrir pour m'éviter de prendre froid, de me regarder respirer et dormir. Bref, de prendre soin de moi. Je ne sais comment lui demander ses raisons d'agir ainsi. Il est rétif Nathanaël, et muet comme une tombe quand il s'agit de lui.
Je ne vois qu'une façon de l'apprivoiser. Nathanaël est un supporter fanatique du Paris-Saint-Germain. Pire c'est un hooligan. Il se bagarre volontiers pour un but refusé où l'attitude qu'il juge déplaisante d'un joueur de ballon. Je crois même qu'il tuerait pour ça. Je n'ai rien contre le football. J'aime, à l'occasion, regarder un bon match, et plus encore taper dans la baballe. Mais le fanatisme de Nathanaël me déroute.
- Est-ce que tu as un seul vêtement qui ne soit pas aux couleurs de ton club ?
Je lui pose la question alors qu'il vient d'enfiler un magnifique - et fort coûteux - pyjama rouge et bleu. Pyjama, oui.... même pour dormir.
- Ca te regarde ?
- Non. Ca m'intéresse, c'est tout.
- Tous mes vêtements sont aux couleurs du club. Absolument tous. Aux couleurs de ma famille.
- Ta famille ?
- Ma vraie famille. Celle pour qui je compte. Celle pour qui j'existe. Pas "les autres".
"Les autres" viennent lui rendre visite deux fois par semaines...
- Ils le font parce qu'ils le doivent. Parce qu'ils se sentent forcés. Parce qu'ils culpabilisent, peut-être, de ne pas m'aimer.
- Tu ne crois pas que tu exagères ? Ils ont l'air gentil tes parents.
- Gentils ? Tu ne comprends pas. Je n'existe pas, à leurs yeux. Je suis invisible, transparent. Oh, je sais ce que tu vas me répondre. Que je ne mesure pas la chance que j'ai, d'en avoir, des parents. Et des qui sont toujours ensemble, en plus. Que toi tu n'en as pas eu, et que tu t'en contenterais bien de mes parents. Qu'en plus, je ne suis pas con, et que je suis en bonne santé, et que, là-dessus non plus, je ne mesure pas ma chance. Tout le monde me la jette à la figure, ma chance, depuis que j'ai dix ans. Ma chance ? Je pourrais crever, qu'ils ne le verraient même pas. Je me bourrais la gueule tous les jours, dans ma chambre et ils ne l'ont jamais remarqué. Jamais. Ils ne me voient pas. Ils ne voient qu'elle.
- Elle ?
- Gabrielle. Ma sœur Gabrielle.
Le barrage se rompt. Il se met à parler.
- Je suis un salaud n’est-ce pas, d’être jaloux d’une enfant malade ? Jaloux, oui. Depuis, quoi, treize ans ? Depuis que les médecins ont diagnostiqué… qu’on sait… qu’elle n’est plus une enfant comme les autres. Depuis que mes parents ont oublié mon existence, que ne comptent plus pour eux que les désirs de Gabrielle, que les souffrances de Gabrielle, que les besoins de Gabrielle. Que Gabrielle. Depuis que je ne suis plus… que rien. C’est dégueulasse, hein, d’être jaloux de ma sœur, alors que ma sœur est mourante ?
- J’ai dit ça ?
- Non. Mais tu l’as pensé. Je suis sûr que tu l’as pensé. Tout le monde le pense. Et Tu as raison : c’est dégueulasse. Gabrielle a passé presque toute sa vie à l’hôpital. Elle n’a jamais pu aller à l’école comme tout le monde. Avoir des amis comme tout le monde. Faire du sport comme tout le monde. Moi, si. J’ai tout eu. Et je l’envie, pourtant. J’en suis jaloux. A en crever.
- Au sens propre.
- Qu’est-ce que tu dis ?
- A en crever, au sens propre. Tu bois à t’en rendre malade, tu te bagarres, tu te retrouves en garde à vue, tout ça pour attirer l’attention de tes parents. Je ne crois même pas que tu le fais exprès. Mais tu le fais. Parce que tu es malheureux. Tu crois que je te juges Mais c’est toi qui te juges.
- Tu racontes n’importe quoi.
- Je ne crois pas. Tu es jaloux de ta sœur, mais tu en as honte, parce que tu l’aimes, ta sœur. Et tu ferais n’importe quoi pour elle. Mais tu ferais n’importe quoi aussi pour une fois une seule fois, être plus important qu’elle aux yeux de tes parents. N’importe quoi, même mourir.
- Je voulais lui donner un des mes reins, même si je devais y rester. Mais nous ne sommes pas compatibles. Personne ne l’est. Elle ne supporte plus les dialyses, Jérémy. Elle va mourir dans les semaines qui viennent.
Je laisse tomber le livre que je tenais dans mes mains. Je tombe assis sur mon lit, au bord de la défaillance.

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- Alors, c’est ça ?
- Guérir le frère, en sauvant la sœur ? C’est à peu près ça oui.
- Quand ?
- Dans peu de temps.
- Et vous êtes certaine que ça fonctionnera ?
- Oui, Jérémy.
- Ca fait bizarre, d’être considéré comme une réserve de pièces détachées.
- D’une seule. Rarissime.
Il me vient une question saugrenue. Vraiment saugrenue.
- Je pourrai assister au mariage ?
- Dieu seul le sait, mon garçon.

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- Pourquoi t’accroches-tu à moi comme ça ?
- Je ne sais pas. Parce que je t’aime, je suppose ? Et que j’ai peur de te perdre.
- Papa a raison. Tu n’arrêtes pas de dire des bêtises. Tu ne me perdras jamais.
Elle prends mon visage entre ses mains, plonge ses yeux clairs dans les miens. Je frissonne quand elle m’embrasse. Je ne la désire pas. Plus. Je suis au-delà du désir. J’ai besoin d’elle. Elle n’est qu’une enfant. Une gosse de riches…
- Tu as l’air si fatigué, si fragile. Il ne faut pas que tu restes tout seul. Tu viendras habiter chez nous, après ta cure. Nous aurons de la place, puisqu’Isabelle sera partie. Toute la place nécessaire. Tu resteras le temps qu’il faudra. Jusqu’à ce que tu ailles bien. Et même plus, si tu veux.
Je l’écoute. Je ne la contrarie pas. Je me noie dans ses mots. Dans ce rêve. Mon rêve…
- Ta mère ne voudra jamais.
- Ma mère a déjà dit « oui ». C’est son côté « dame patronnesse ». Et elle a l’habitude d’avoir sous son toit un enfant malade.
Je ne suis plus un enfant. Isabelle encore moins. Mais à propos d’enfant malade…
- Tu n’en as jamais été jalouse ? D’Isabelle, je veux dire…
- D’Isabelle ?
Elle réfléchit. Hésite. Se lance enfin.
- Si, Jérémy. Souvent. Je sais que ce n’est pas bien, pourtant. Mais un enfant malade, dans une maison, passe avant les autres. Toujours. C’est normal, mais parfois difficile à vivre. Je n’en aime pas moins ma sœur.
- Et tu la défends, comme une louve !
- Je ne te connaissais pas, ce jour-là. Je te demande pardon.
- Tu n’as pas à me demander pardon. Je voulais réintroduire le loup dans la bergerie.
- Tu en as même introduit deux.
Six heures sonnent au clocher de l’église. L’heure pour nous de rejoindre la Résidence. De nous quitter. L’heure pour moi de retrouver Aurore, Nathanaël, et ma prison.
Eugénie m’embrasse une dernière fois.
- Papa viendra te chercher, Samedi matin. Nous aurons des courses à faire.
- Essayer mon uniforme de pingouin ? Je serai ridicule, là-dedans. Je suis un jeune à capuche !
- Tout le monde est ridicule, en habit. Mais tu es le témoin du marié. Et c’est la tradition de se déguiser, pour l’occasion. Je suis curieuse, de te voir ainsi vêtu.
- Je suis curieux, de t’admirer en robe de princesse. Je t’aime, Eugénie.
- Je t’aime.
La porte se referme sur moi. Sur elle. J’ai l’intuition que c’est pour la dernière fois.

…………………………………………………………………………………………………...

- Je suis curieuse de t’admirer, en habit.
Je hausse les épaules.
J’ai refermé sur moi la porte de ma chambre. Je suis seul, comme on peut l’être avec un Ange à son chevet. Un Ange qui, pour le coup, ressemble à une princesse.
- Iseut ? Galadriel ?
- Je ne suis pas une souveraine. Seulement une pute, à la base.
- Il m’est arrivé, à moi aussi, de faire la pute. Est-ce indispensable, pour devenir un Ange ?
- Il faut avoir connu le fond du désespoir, et l’absolu de l’Amour. Je crois que tu es prêt, à présent.
- C’est pour ce soir ?
- Non. Pas ici. Pas dans la chambre du frère de Gabrielle. J’ai dit que je voulais t’admirer en habit.
- Alors… Samedi ? C’est drôle. J’ai toujours cru que je mourrais ici. Comment, Elisabeth ?
- Je ne sais pas. Et même si je savais… Samedi. C’est tout ce que je peux te dire.
- Vous serez-là ? J’ai peur, Elisabeth. Si vous saviez comme j’ai peur !
- Je sais, Jérémy. Je suis passée par là, l’aurais-tu oublié ? Je serai près de toi.
Elle me pose un long, et très doux baiser sur le front. Je ressens ses regrets, son chagrin, presqu’aussi intense que le mien.
- Le Procureur avait raison. Tu ne seras plus jamais seul, Jérémy.

…………………………………………………………………………………………………...

J’ai laissé pour Aurore une lettre sous mon oreiller. Juste ces quelques mots : « J’aurais voulu que tu sois ma maman. Et pendant quelques semaines, tu l’as été. Je t’aime. Jérémy. ». Je me suis arrangé pour passer auprès d’elle les deux jours qui me restaient à vivre à la Résidence, mais je ne lui ai pas dit « au revoir » lorsque le Procureur est venu me chercher. J’ai seulement agité la main, de loin. J’ai pris place dans la berline allemande, et je suis resté silencieux. Longtemps. Très longtemps. Tout comme le Procureur. Ce n’est qu’à l’entrée de Paris qu’il a rompu le silence.
- Eugénie t’a-t-elle fait part de notre idée ?
- Oui, Monsieur.
- Qu’en penses-tu, mon garçon ?
- J’ai l’impression de rêver…
Je ne puis en dire plus. Ma voix se brise, et je me mets à sangloter. Comme le soir où il m’avait accueilli dans son bureau.
Rêver un impossible rêve… je ne veux pas qu’il soit impossible… je veux une maison… une famille…un père…
Eugénie…
Je ne peux rien lui dire. Il se méprend sur la signification de mes larmes, et c’est très bien comme ça. Il gare la voiture sur le bord de la route, me prend dans ses bras, tente de m’apaiser. Me promet que je guérirai. Qu’ensuite, je pourrai enfin commencer à vivre. Comme tout le monde. Heureux. Je ne le détrompe pas. Je voudrais tellement commencer à vivre !
- Je vous demande pardon.
- Il n’y a rien à pardonner. Essuie toi les yeux. Nous allons chercher Eugénie, et manger un morceau. Nous aurons beaucoup à faire, ensuite.

…………………………………………………………………………………………………...

Je n’ai pas grand-chose à dire sur les dernières heures de ma vie.

J’ai vu Eugénie dans sa longue robe bleu pâle. Sa robe de princesse.

J’ai essayé cet habit de pingouin que tous voulaient me voir porter. Il ne me rendait pas ridicule. Juste un peu plus maigrichon, encore, qu’à l’ordinaire.

Je n’ai pas vu la moto arriver, à contre-sens, au moment où j’ouvrais la portière de la Mercédès.

Un choc.

Un cri.

Pas même de douleur.

Pardon.

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- Pourquoi comme ça ?
Eugénie est agenouillée sur la chaussée. Son père me tient la main. Il n’y a pas de larmes. Seulement le silence.
Un silence de mort.
- Ce sera plus simple. Pour la greffe. Un jeune homme accidenté. Les documents nécessaires dans sa poche, analyses tissulaires comprises. Beaucoup plus simple.
- Et eux ? Et elle ?
- Elle aura du chagrin. Beaucoup de chagrin.
- Pourquoi, Elisabeth ?
- Les chemins de la Providence sont impénétrables. Tu l’apprendras.
- C’est injuste.
- Je sais.

Les sirènes. L’ambulance. L’hôpital.

Eugénie effondrée dans les bras de son père.

- Elle attend un enfant. Ton enfant.
Non…
- Il faut lâcher prise, à présent. Viens.
Elle m’entoure les épaules.
- Il est temps de rencontrer ton Dieu. Comme un homme de bien.

Voir le chapitre 7 sur 8



Script fourni par 21st Century Scripts, adapté et modifié par Cédric Fockeu.