Chapitre 8:
Sir William.3.
(par
michele huwart, ajouté le 04/10/05 20:33)
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Robb me suivit jusqu'à mon "bureau". S'il était possible d'appeler cette pièce un bureau... Elle était trop sobre pour être un vrai bureau.... le garçon ouvrit la porte d'un placard de pin blanc, en sortit une... cassette vidéo. Je fus très étonnée de voir une réelle "vidéothèque" dans cette armoire. Une vidéothèque, dans cette maison… Mais le cinéma était de l’Art, après tout… Robb partit. Je me mis au travail. Simplement au travail. Dactylographier des textes en français n’était pas si désagréable. Ou ne l’aurait pas été, si… si, en recopiant les articles de mon patron, je n’avais pas eu l’impression d’être plongée dans les horreurs de la guerre. D’une guerre qui m’était jusque là parue si lointaine… je pris sur moi, à plusieurs reprises, pour ne pas pleurer, pour me pas vomir… Et je terminai mon travail… Je ne quittai pas la pièce pour autant. Etait-ce par hasard ? Je sais maintenant que non… je trouvai en jetant un coup d’œil , que je devrais dire discret mais qui était en réalité inquisiteur, plusieurs livres, reliés de cuir fauve, déposés comme négligemment sur une étagère, aussi sobre que l’armoire dans laquelle Robb avait trouvé le film de sa soirée. J’en ouvris un, au hasard…
Et ce fut Waterloo. Waterloo. La campagne bruxelloise… les armées face à face… la mêlée.. les morts, les ruisseaux rouges de sang… Waterloo… la fin d’un empire décrite du point de vue des soldats… de leur volonté de vaincre… de leur volonté de vivre… Même si la garde mourait, et ne se rendait pas… Je suis écossaise, pas anglaise…
J’ouvris un autre livre. Curieusement, les caractères en étaient identiques au premier… Londres… Les bombes… Les bombes qui détruisaient, qui tuaient, à gauche, à droite… Qui enfouissaient des églises, des abris, des… oh… une ville en flammes, en cendres… Et des avions dans le ciel… des avions qui… qui tentaient d’abattre ceux qui détruisaient la ville. Ville que la Reine avait refusé de quitter. Où le Premier Ministre résistait. Où d’autres hommes, venus d’autres pays, tentaient de rester eux-mêmes…
Une bataille… Guerriers contre guerriers… Bretons contre Saxons… Je crus, au départ, qu’il s’agissait de Mount Badon… mais ce n’était pas Mount Badon… C’était une autre bataille… quelques dizaines d’années plus tôt… Loth des Orcades n’était qu’un tout jeune homme… et Uther de Bretagne était à peine plus vieux… Et Bard de Dale n’était qu’un gamin… Un gamin présent. Un gamin héroïque…
Je repris les autres livres. Ceux que j’avais lus, en premier… Je vis le lieutenant Arnold Bard, second fils de Lord Dale abattre un bombardier allemand avant de se faire abattre à son tour. Je vis le colonel Brandon de Dale charger à Waterloo…. Je vis bien d’autres choses encore… avant… ou après… Et je vis, je vis devant mes yeux, comme sur un écran de cinéma… comme j’avais vu ses descendants… mes ancêtres… Je vis Bard de Dale, d’Esgaroth. L’archer. Le prince déchu. Je vis mon incroyable, impossible aïeul… celui qui n’était issu que d’un conte pour enfants, abattre Smaug le Dragon d’une flèche en plein cœur.
J’ouvris d’autres carnets… je vis d’autres batailles… d’autre guerres… Oh… par tous les dieux (que Dieu me pardonne) pourquoi tant de guerres ?
Pétunia frappa à la porte. - Le dîner est servi, my Lady, me dit-elle. ? - Cat, corrigeai-je spontanément. Etre appelée « My Lady », quand on n’a pas sur son compte en banque de quoi se payer une entrée de concert… - Cat, si vous voulez, My Lady… Sir William vous attend…
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