Chapitre 9:
Le Maître des Corubiers
(par
Stéphanie, ajouté le 31/07/03 10:45)
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Quand elle se réveilla pour la seconde fois, elle se sentie beaucoup mieux. Mais elle était seule dans la pièce ; cette fois-ci, elle pu se lever sans que le sol ne recommence son manège. Elle était à la fenêtre quand on toqua à la porte.
Le Maître des Corubiers entra.
« Le jour sur toi, Erellig. – Le jour sur vous, Maître. – Es-tu remise ? – On ne peut mieux, Maître. Puis-je savoir où est Lidec ? – Avec l’Adepte Abeneg et la mémoire d’Oakan. – L’espion ? – Celui qui en sait le plus sur ce qui se passe au Pays des Cendres, oui. – Comment savez-vous ? – Que Lidec est un enfant artefactiel ? Il y a bien des propriétés des Pierres-Mémoires que tu ignores, Erellig, même si tu en possède une… Le Conseil des Quatre Cités a lieu aujourd’hui, au Mitan, dans la Salle du Conseil ; je te rappelle que tu y es invitée, en tant que Chef des Gardes. Nous aurons besoin de ton témoignage. »
Sur ces mots, il sortit. Erellig avait totalement oublié cette histoire de Grand Conseil ; pourtant, l’événement était suffisamment rare pour marquer les esprits. Et pour occasionner une grande fête dont les préparatifs avaient duré une semaine. Mais cette fête serait surtout un moyen de colporter toutes sortes de nouvelles quant à la gravité de la situation : la Cité des Corubiers avait été attaquée il y un mois par une petite troupe de Cendrés, et ce malgré toute un système dissuasif qui avait fait ses preuves depuis plusieurs décades ; suffisamment en tout cas pour que les habitants aient oubliés ce que signifiait le mot « attaque ennemie».
Elle se remémora l’arrivée de l’émissaire de la Cité de Montfaucon ; l’homme était Tiern, c’est à dire qu’il faisait partie du haut commandement de l’armée de Montfaucon. Il devait avoir plus d’une quarantaine d’années, et il ne les avait pas passées dans un fauteuil à regarder de loin les combats, plus fréquents chez lui. Mais ce n’était pas seulement sa prestance et son fier maintien qui avaient attiré l’attention d’Erellig, qui l’avait escorté à son arrivée.
Tiern Tadocan de Montfaucon possédait aussi un Grylen, nommé Grü. C’était le premier Grylen qu’Erellig voyait, et elle fut amusée à la vue de cet animal, ressemblant à un lézard d’écorce, mais trois fois plus grand et couvert d’une fourrure bleue sur le cou. Elle connaissait l’expression « un Grylen n’y retrouverait pas son maître » quand on évoque un endroit chaotique ou mal rangé, mais elle n’était pas sûre de la véracité de cette expression. Tadocan l’avait renseigné de bonne grâce : les Grylens attachés à une créature quelle qu’elle soit sont capables de la retrouver n’importe où, « même dans la chambre de mon fils ».
Il lui restait encore un peu de temps pour se préparer au Conseil. Le Guérisseur de garde la laissa sortir après lui avoir fourni la "potion-miracle", comme on l'appellait parfois. Elle rentra chez elle, resta un long moment dans la salle de bain, prit une légère collation, et se rendit à l'Arbre-Conseil.
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