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Apparence  

 

PAIMPOLEVALA, ou l'affligeant constat de la fongibilité transversale du Marrissement d'Arda (et ses amusantes conséquences)

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         
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Chapitre 9: Dimanche 9 mai, de l’heure de l’apéro à celle du pousse
(par ISENGAR, ajouté le 16/05/04 01:18)


Le réveil fut rapide pour la plupart des locataires des combles frigorifiées –sauf les rôlistes qui, déjà marris pour la plupart par un occulte tarot perpétré en secret la veille au soir, se couchèrent au lever du soleil…
Isengar qui sortit de son sac de couchage les mains bleuies, les lèvres gercées et les cheveux couverts de givre, nota qu’il faisait bien plus chaud à l’extérieur qu’à l’intérieur… Une promenade en solitaire sur la plage de Paimpol lui permit d’observer les signes d’un ciel non marri et de constater que la journée serait particulièrement ensoleillée…

Tous se levèrent, un par un… tous ? Non. Une poignée d’irréductibles tolkiendili résistèrent à l’éveil. Tous les rôlistes de la veille, menés par un infatigable Satan/Necsipaal en maître de jeu, avaient d’atténuantes circonstances, mais la marmotte paimpolaise, plus connue sous le nom de Szpako, profita honteusement et au-delà de tout délai honnête du confortable lit du « gîte d’en face », désorganisant ainsi tout le solide programme finement élaboré des mois à l’avance par Vinchmor.

La matinée passant, et voyant que les dormeurs ne se réveilleraient pas aussi vite qu’on l’aurait souhaité, on décida de passer à la très attendue prestation musicale des duettistes Edrahil et Moraldandil.
On se dirigea vers le salon de la maisonnée de dame la mère de Vinchmor, sise dans le prolongement du gîte.
La troupe bruyante et grossière investit la place, où trônait un authentique piano à queue. Les canapés furent monopolisés par les plus rapides et les plus discourtois de la bande, laissant leur propre patron, Cédric, webmaistre d’un certain site que vous connaissez peut-être, s’asseoir lamentablement à même le sol…

Les entrailles tétanisées par un trac marrissant, Edrahil et Moraldandil s’installèrent, tremblants et tendus, au piano.
Ils devaient se sentir si petits sur leurs chaises, face à la multitude terrifiante des touches noires et blanches du clavier, et dos à la multitude de leur public qui attendait que le concert commence.

Moraldandil entama le récital par un morceau de Debussy.
Le piano trembla d’étonnement sous les coups rythmés de son talent et Debussy fut redécouvert sous un jour nouveau par la tripotée d’incultes qui constituait la masse de l’assistance.
Lorsqu’Edrahil, timidement s’avança vers l’instrument, encore parcouru des palpitations du plaisir d’avoir été bousculé ainsi, l’éblouissement général monta d’un cran supplémentaire. Les doigts agiles de celui qui venait à peine de fêter ses dix-huit printemps parcoururent les touches d’ivoire qui se donnèrent lascivement à son adresse et à sa technicité.

Les deux artistes, repoussant le marrissement bien au-delà de tout ce qui avait été décrit dans les chapitres précédents, continuèrent et continuèrent encore de faire sortir des notes dansantes, des harmonies envoûtantes, sautant de croches en triple croches, de notes solitaires en accords vibrants…

Le public, muet et stupéfait, but la démonstration avec délectation et se nourrit de la belle musique. Et ça tombait bien, car l’heure de l’apéro était déjà bien entamée, puis largement passée et les estomacs de certains grands mangeurs commencèrent à gargouiller péniblement…

Et l’heure des premiers départs vint. Beaucoup plus vite que ce qu’on aurait cru.
En plein concert, maître Tirno et dame Elodie-Anardaiel durent prendre triste congé. Ils se dépêchèrent de prendre un copieux mais rapide en-cas, étant ainsi les seuls à avoir mangé à peu près à une heure décente...

Et Satan et Szpako, chacuns de leur côté, n’étaient toujours pas éveillés… Bien que fut largement passée l'heure du pousse-café...

Voir le chapitre 9 sur 14



Script fourni par 21st Century Scripts, adapté et modifié par Cédric Fockeu.