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La quête d'Inidil

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         
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1. Texte unique
(par Hécate, ajouté le 27/04/04 11:27)


Au pays imaginaire, une toute jeune fée, frêle créature à l’allure éthérée et à la beauté intemporelle, s’attardait, pensive, auprès d’un sémillant petit ruisseau. Elle était assise sur l’un des multiples rochers qui bordaient la minuscule cavité d'où jaillissait sa source, sous une voûte naturellement constituée par le tronc noueux, tels des entrelacs, d’une somptueuse glycine. Les feuilles ondulantes et les grappes de fleurs mauves au parfum enivrant du splendide arbuste effleuraient alors doucement la longue chevelure dorée et les épaules délicates de cet être diaphane, au rythme d’un lent mouvement subtilement aérien.

L’étroit ruban d’orchidées roses qui ornait son front si pâle laissait apparaître un visage marqué par une profonde mélancolie. Le reflet argenté de la lune, emprisonné dans les larmes qui coulaient sur ses joues, scintillait tels des diamants lumineux. Les premières lueurs du soleil levant n’étaient pas encore apparues mais le cours de l’eau n’en était pas le moins du monde altéré. Elle s’enfuyait joyeusement au loin, résonnant à l’oreille comme le tintement de milliers de petits grelots.

Frôlant l’assise d’un simple mais charmant pont de pierre qui franchissait non loin de là le petit ruisseau, elle serpentait au travers d’une forêt clairsemée, et rejoignait ainsi le fleuve de la vallée toute proche, dans le but d’atteindre plus tard l’horizon lointain, afin de se perdre dans l’immensité sublime et infinie de la mer. Perdue dans ses pensées, Inidil n’entendit pas approcher la dryade, la nymphe gardienne de la source et de la forêt, qui avait ressenti si fort sa détresse que ses pas l’avaient guidée auprès d’elle, afin de la questionner sur la cause de son chagrin. Inidil lui répondit alors : « les hommes perdent si vite leur âme d’enfant … ils sont si faibles … fourbes, orgueilleux, cyniques et belliqueux, ils ne tirent jamais les leçons de leurs erreurs … Valent-ils la peine que nous nous donnons pour eux ? Méritent-ils vraiment que nous veillions sur leurs rêves ? »

« A cela je ne connais pas la réponse, jeune fée. Mon rôle dans ce pays magique n’est pas de me consacrer aux hommes, mais seulement à la nature ; je prends soin des arbres, des fleurs et de l’eau. Peut-être devrais-tu interroger quelqu’un de bien plus qualifié que moi. Nombreux sont les êtres, dans ce pays, qui ont affaire, comme toi, aux hommes ». Ainsi imprégnée des sages paroles de la tranquille et sereine nymphe des bois, oubliant la lassitude qui s’était emparée d’elle, Inidil reprit courage et se mit en quête d’une réponse.

La jeune fée entreprit ainsi le long périple qui devait l’amener à interroger toutes celles et ceux qui foulaient alors le sol du pays magique, mue par la volonté farouche de résoudre le cruel dilemme qui s’imposait à elle. Si Inidil perdait définitivement la foi qu’elle avait engagée dans les actes des hommes, alors elle perdrait du même coup sa raison d’être. Elle ressentirait ainsi douloureusement la vacuité d’une existence vaine et illusoire. Inutile, insignifiante, elle se dissiperait alors dans les profonds et oppressants abîmes d’un amer désespoir, et errerait à jamais dans le dédale des sombres ruines de l’oubli …

Malgré tout, le doute ne la dévorait pas encore au point d’atteindre une telle désespérance. Aussi elle se consacrât de toute son âme à la recherche de la clé qui scellerait au final son propre destin. Evitant les lieux où reposaient les puissances occultes et maléfiques du pays magique, elle en parcourut les divers royaumes mais toujours sans aucun succès. Elle ne put trouver aucun réconfort auprès des espiègles et malicieux lutins dont la simplicité d’esprit ne leur permettait pas de comprendre les attentes de la jeune fée.

De même les petits elfes sylphides ne portaient guère d’intérêt aux questions touchant à l’essence même de leur rôle dans les rêves des hommes. Sans parler de tous les autres génies de l’air, du feu et de la terre, tout aussi insouciants lorsqu’ils n’étaient pas insaisissables, s’évanouissant telles des ombres spectrales, dès qu’Inidil les approchait. Elle savait pourtant qu’il existait quelque part une terre perdue et inaccessible, l’Atlantide de ce pays magique, où résidaient les Grands Elfes de Valinor. Des êtres mystérieux, incontestablement à part, dont l’existence était plus que tout tenue secrète, dissimulée à tous parce qu’ils avaient réellement vécu parmi les hommes, en des temps très anciens. C’est la raison pour laquelle ils devaient être ignorés. Aussi ne savait-elle pas comment parvenir à eux.

Alors que son esprit divaguait et qu’elle songeait aux moyens de découvrir Valinor, Inidil choisit de faire halte, épuisée par tant de rudes efforts et d’éphémères chimères, après avoir exploré les moindre recoins du pays magique, tout du moins ceux dont elle avait eu connaissance. Elle s’arrêta auprès d’un exubérant torrent au courant infernal et turbulent, alimenté par les glaciers des monts qui se dressaient fièrement au loin, au delà de la vaste forêt qui en couvrait les flancs, solennels et empreints de la plus grande majesté.

La petite fée, radieuse, submergée par l’émotion provoquée par cette vision si soudaine et si enchanteresse, oublia alors pour de courts instants ses préoccupations existentielles, se laissant envahir par la fraîcheur et la magie émanant de l’atmosphère vaporeuse qui s’élevait du paysage sublime qu’elle contemplait et qui laisserait pour toujours une trace indélébile dans son cœur. La fine et discrète pluie qui tombait alors, contrastait avec la vigueur, la puissance, la violence même de la cascade qui dévalait la montagne, se fondait dans les bois et les rives encaissées du torrent auquel elle donnait naissance, pour réapparaître enfin, plus assourdissante que jamais, auprès d’Inidil.

Les rayons du soleil, tel un faisceau de radiations incandescentes, transperçaient vivement les sombres nuages, conférant à l’ensemble un caractère irréel, une apparence intensément fantasmagorique, même pour un pays imaginaire. Absorbée par ce spectacle saisissant, la petite fée s’en détourna néanmoins après avoir perçu derrière elle un bruit de pas décidé, précédé lui semblait-il, d’un léger bruissement d’ailes, sans pour autant pouvoir discerner la forme de ce qui se mouvait ainsi dans la brume, jusqu’à ce que se dissipe le voile ténu et pourtant dissimulateur qui enveloppait ces voyageurs inattendus. C’est alors qu’elle les reconnut.

Inidil se trouvait en effet face au Grand Magicien accompagné du somptueux Phoenix. Emerveillée par tant de clarté, il aurait été difficile pour elle, de décider lequel des deux était le plus rayonnant. Le plumage de l’oiseau unique était d’un rouge flamboyant tandis que ses yeux vifs et dorés étincelaient comme des braises. Quant au magicien, il était presque tel que les hommes pouvaient se l’imaginer. Il avait l’allure d’un vieillard mais il semblait être entouré d’un halo éclatant de lumière. De haute stature, il portait une ample et longue houppelande de couleur grège, mais il ne s’embarrassait pas d’un couvre-chef, ni d’aucun autre accessoire. Tout cela ne lui était pas nécessaire dans le pays magique. Et Inidil le savait bien.

Impressionnée par tant de magnificence, elle était incapable de parler et encore moins d’agir. Aussi, le magicien lui sourit et prit la parole : « Ce n’est nullement le hasard qui m’a guidé jusqu’ici jeune fée. C’est la dryade, la nymphe des bois à laquelle tu as confié ton désarroi, qui m’a convaincu de venir à ton secours. Suis-moi Inidil, je connais le chemin qui te mènera à ta rédemption … ou à ta perte. Je vais te conduire à l’oracle du pays magique ».

Ignorant les convenances, Inidil répondit au Grand Magicien avec toute la maladresse naturelle et la spontanéité irréfléchie de sa jeunesse : « Tes paroles m’intriguent ; de quel chemin parles-tu ? Il me semblait pourtant les avoir tous empruntés … ». Puis, réalisant brusquement à quel point elle avait manqué de modération et de sagesse face à un être si puissant et d’un si grand âge, elle se tût, embarrassée, ses joues s’empourprant légèrement tels les pétales des roses s’épanouissant au contact de l’astre du jour. Elle baissa alors ses yeux candides qui s’attardèrent confusément sur les plis réguliers de sa jolie robe de soie blanche.

Le Grand Magicien, amusé par sa fraîcheur juvénile, se montra bienveillant en feignant de ne pas s’être aperçu de l’insolente audace de la petite fée : « Je suis l’unique lien qui relie l’oracle à ce monde. Tu ne peux accéder au stupéfiant parcours qui mène à lui sans mon concours. Je vais t’indiquer la voie à suivre mais tu devras te rendre seule auprès de lui, sauf si mon fidèle ami te juge digne de sa compagnie … ». Avant même qu’Inidil ne puisse à nouveau s’exprimer, le magicien lui tendit avec autorité un petit récipient surgi de nulle part et contenant quelques gouttes d’un liquide d’une limpide transparence.

Il s’agissait en réalité d’une coupe en argent, aux motifs linéaires courbes et sinueux, semblables à des arabesques, et dont les bords semblaient recouverts d’une fine couche de givre ; elle était incrustée de splendides pierres précieuses, des émeraudes et des rubis dont l’éclat était d’une pureté absolue. Sans un mot, Inidil la porta à ses lèvres et en bût avec délectation le contenu dont la saveur exquise, douce comme du lait et sucrée comme du miel, ne ressemblait pourtant à rien de tout ce qu’elle avait pu connaître jusque-là , de même que l’onctuosité et l’arôme fruité de ce succulent délice ne permettait aucune comparaison.

Tout à coup, alors qu’elle ne s’y attendait pas, elle se sentit partir à la dérive, sombrer dans l’inconscience, envoûtée par un puissant sortilège. Après avoir été absorbée momentanément dans un nébuleux néant, elle se vit flottant dans les airs, plus légère qu’une plume, se balançant doucement au gré du souffle du vent, de plus en plus haut, jusqu’à atteindre les cimes des arbres et les sommets enneigés des hautes montagnes. Puis, elle se sentit fondre dans l’abysse céleste, insondable mais paradoxalement rassurant, se dissolvant dans une atmosphère bleutée et quasi-mystique ; immatérielle tel un esprit évanescent, elle s’évanouissait ainsi comme la rosée du matin à la chaleur du soleil.

Soudain, elle prit conscience qu’elle n’était pas totalement seule et que le Phoenix du Grand Magicien l’accompagnait dans son voyage initiatique. L’oiseau unique qui volait à ses côtés la dépassa dans un élan gracieux qui semblait l’inviter à le suivre. C’est alors qu’elle l’entendit au loin, faiblement d’abord, puis de plus en plus distinctement … Une voix fluide et cristalline entamait un chant lyrique aussi troublant qu’aérien, qui semblait largement et librement improvisé, sans ornementation instrumentale, au rythme d’une mélodie extatique soumise à de multiples et complexes variations, transportant le cœur et transcendant l’esprit de la jeune fée.

Au même instant, elle discerna une lumière étrange et fabuleuse. Elle sentit alors qu’elle arriverait bientôt au terme de sa quête.

Avec la célérité d’une infime poussière dans une violente tourmente, Inidil ne put résister à l’irrémédiable attraction exercée par ce qu’elle aurait pu décrire comme la quintessence même de la lumière, qui irradiait alors d’un éclat diffus aux multiples nuances irisées. Néanmoins et graduellement, elle sentit ralentir sa course erratique effrénée, et s’estomper le flou étincelant qui l’entourait. Elle se retrouva ainsi introduite dans une projection fictive mais qui ne lui était pas étrangère. Dans un jardin verdoyant qui s’étendait à perte de vue, elle se vit tout à coup flâner, apaisée, parmi les odorantes violettes et l’abondant muguet, dont les pimpantes clochettes frémissaient au contact du souffle d’une légère brise.

Le Phoenix avait disparu mais Inidil percevait toujours le chant qui l’avait attirée vers la lumière, elle l’entendait même plus intensément encore, mais elle en ignorait l’origine. Ses vibrations résonnaient en elle, suspendant le temps, transperçant le silence, inondant et remplissant à lui seul l’espace visible et invisible, si bien qu’elle osait à peine respirer. Elle avançait malgré tout sur un sentier de pierres blanches, qui se dirigeait vers un petit bois où il paraissait se perdre, après avoir longé de ravissants buissons en fleurs ambrées et traversé de luxuriant bassins naturels bordés de hauts joncs et de fiers roseaux. D’oisifs nénuphars y reposaient pareillement, à peine troublés par le passage d’Inidil.

Après avoir atteint le petit bois et cheminé sans hâte parmi les hêtres et les bouleaux, elle parvint à une vaste clairière. Elle s’y retrouva face à un édifice monumental en marbre moiré d’un blanc immaculé, comparable à un temple hexagonal ouvert abritant une cour intérieure. Sa façade principale arborait six immenses colonnes cannelées et élancées, surmontées de chapiteaux représentant des bustes de lions et de taureaux. Le bas-relief qui surplombait l’ensemble était couvert de gravures représentant des personnages mythiques, des êtres effrayants qu’Inidil savait exister dans le pays magique mais qu’elle n’avait jamais osé ni même songé approcher. Le temple, en extraordinaire osmose avec la nature qui l’entourait, était baigné d’une harmonie sacrée et d’une pure félicité.

Plus précisément, deux rangées de trois colonnes enclavaient un portique tout aussi colossal. Inidil ne pouvait y accéder que par le vaste escalier auquel l’avait conduite le petit sentier. Après l’avoir gravi, elle porta son attention sur les deux majestueux vases qui se tenaient de part et d’autre de l’entrée du sanctuaire de l’oracle et qui semblaient faire bloc avec le temple. Ils contenaient d’éblouissants lys dont la perfection des lignes n’avait d’égal que la subtile fragrance qui en émanait ; celle-ci se mélangeait aux effluves suaves et raffinées, qui s’exhalaient des corbeilles multicolores d’épices et de fruits, placées sur le petit autel opalin qui trônait au centre de la pièce unique du sanctuaire même de l’oracle.

Les différents sens d’Inidil pouvaient ainsi reconnaître un voluptueux assortiment d’oranges, d’ananas, de figues, de vanille, de cannelle et de cardamome dans les opulentes et chaleureuses compositions, minutieusement et judicieusement arrangées, sur la nappe blanche richement brodée de fils d’or qui recouvrait l’autel. Elles étaient ainsi disposées auprès de luxueux candélabres en argent, d’amphores de vins abondamment décorées, et de plats en céramique contenant petits pains, sucre d’orge, noix, amandes et autres douceurs confites. Le sol du sanctuaire était couvert par une mosaïque représentant des scènes tirées de la mythologie antique des hommes, qu’Inidil se mit à observer consciencieusement en attendant patiemment.

Malgré tout, anxieuse à l’idée de rencontrer l’oracle, réputé pour son savoir ancestral et ses prophéties sibyllines, elle ne put s’empêcher de laisser échapper un petit rire perlé … ignorant qu’elle n’était alors plus totalement seule …

Tout à coup, le chant lyrique qui berçait les oreilles d’Inidil cessa et une voix noble et grave se fit entendre : « Bonjour jeune fée. Je t’attendais ». Saisie, Inidil d’un bref sursaut se retourna, mais ne vit personne. Elle était pourtant convaincue d’avoir distinctement perçu ces paroles qui semblaient provenir de sa propre conscience, tout en sachant qu’elles lui étaient parfaitement étrangères, d’autant plus qu’un silence pesant et absolu s’était simultanément emparé du sanctuaire.

« Ne sois pas si troublée Inidil, il ne t’ait pas donné de me voir. Aucun être du pays magique ne le peut, pas même le Grand Magicien qui t’a conduite jusqu’à moi. Mais je te connais Inidil. Je sais pourquoi tu es ici. La compassion dont tu as toujours fait preuve envers les hommes est exceptionnelle, mais elle t’impose de tels sacrifices, que leur faiblesse et leur ingratitude meurtrissent ton cœur fragile et solitaire, au point d’obscurcir ton jugement à propos de ton rôle dans leur rêves. Aussi, mon devoir est-il de t’éclairer. Vif est ton chagrin et authentiques sont tes larmes, à n’en point douter. Mais ton dévouement sans faille afin d’embellir les rêves des hommes est une cause juste.

En les aidant à échapper à une réalité terne, difficile et contraignante, tu es le doux refuge qu’ils recherchent lorsqu’ils se sentent seuls, le cocon protecteur qui leur permet d’oublier leur vulnérabilité, et qui les tient éloignés du mal et de la douleur. Tu es la main à laquelle ils peuvent s’agripper lorsqu’ils désespèrent. Leurs actes te déçoivent Inidil mais ne te laisse pas abuser par leur maladresse et leurs erreurs. Ton amour les rend plus forts et plus aptes encore à poursuivre leur propre quête de perfection, d’excellence et d’idéalisme, dessein qui est inscrit en tout homme.

Tu es la sève qui nourrit leur âme et les métamorphose en des êtres immortels et intangibles, au moins le temps de leurs rêves. Tu es l’instrument qui brise les liens qui enchaînent indéfectiblement leur esprit à la terre, pour que celui-ci puisse enfin s’accomplir, libre de toute astreinte, afin d’atteindre tous les possibles, sans restrictions ni aucune réserve. De même, tu guides leur cœur et ainsi tu influences leurs choix et leur destin. Tu vois Inidil. Tu détiens entre tes mains une lourde responsabilité. Es-tu prête à y renoncer ? Abandonneras-tu les hommes à leur triste sort ? »

Inidil, considérablement touchée par ces paroles, lui répondit alors : « Je comprends tout à présent et je sais ce que j’ai à faire. Tout est devenu si clair à me yeux … Ainsi, j’ai pris ma décision Oracle, mais toi seul peux me concéder ce que je brûle d’obtenir. Il n’est plus question pour moi d’intervenir uniquement dans les seuls rêves des hommes mais … Tu sais ce que je désires, tu peux lire en moi ».

« Oui Inidil, et je te sais profondément sincère. C’est la raison pour laquelle je vais t’accorder la grâce singulière que tu sollicites … ».

Depuis lors, une nouvelle étoile est apparue dans le ciel des hommes ; auréolée d’un nimbe argenté, bien plus belle et bien plus brillante que ses semblables, elle scintille telle une myriade bleutée de cristaux de roche, d’une suprême nitescence. Sa beauté pure et infinie est éternelle ; bien réelle, elle emporte néanmoins hors du temps, les hommes qui la contemplent dans la nuit étoilée qui succède au crépuscule de leurs doutes et de leurs peurs. Elle les invite à s’évader, celles et ceux qui l’observent avec une fascination hypnotique.

Elle les incite à danser avec elle, au clair de lune, à tournoyer sur eux-même jusqu’à l’étourdissement, jusqu’à en perdre l’équilibre, dans des mouvements circulaires désordonnés mais fabuleusement libérateurs. Emerveillés, emportés par une exaltation éperdue, ils peuvent sentir leur cœur, dont les sourds battements s’amplifient au fur et à mesure de l’accélération de leur pas, se régler sur un autre son, répondant ainsi en écho, aux propres pulsations de l’univers, tels deux tambours inséparables qui résonnent en eux, envahissant leur corps qui virevolte encore et toujours, inlassablement, sans jamais s’arrêter.

Le choix et le destin d’Inidil permettent donc aux hommes, et à tout jamais, de se livrer à un feu sublime qui les embrase, à un tourbillon qui les dépasse et les place dans un état de communion intime et absolue avec l’univers qui les entoure, proche de l’Harmonie originelle … parfois … lorsqu’ils veulent bien se laisser enflammer et chavirer …





Script fourni par 21st Century Scripts, adapté et modifié par Cédric Fockeu.