1.
Introduction...
(par
Clement, ajouté le 11/03/02 18:55)
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Ne serait-il pas intéressant que toutes les personnes désireuses de faire partager leur imagination se retrouvent dans un même thème ? C'est de cette question qu'est née cette section. A partir de la base littéraire de Tolkien (ou d'une autre qui s'en rapproche) n'importe qui pourra écrire une histoire, un poème qui soit en prose ou en vers, une chanson, un conte, etc... Mais il faut que cela soit en rapport avec le thème choisi. Ici, le thème est l'amitié. Chaque chapitre correspondra donc à un écrit d'un auteur créant ainsi au final, un univers poétique autour d'un même thème. Enfin, je remercie toutes les personnes qui vont participer à faire de ce projet une réalité. SéBou... Ps : Pour plus de détail sur le choix du sujet ou pour des commentaires, rendez-vous sur le fuseau " Et si..." dans le forum "Divers" ;-) |
2.
Poème en prose sur l'amitié.
(par
Clement, ajouté le 11/03/02 19:00)
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| J’errais inconscient sur cet océan de solitude lorsqu’un sourire apparut à l’horizon. J’accostais alors prudemment sur ce nouveau paysage. Là, j’avançais progressivement sur le sol recouvert de pierres aux arrêtes aiguës. Ce fut difficile de se faire une place. Je laissa donc des graines rouler au plus profond de la terre. Oh ! Je savais qu’elles ne germeront pas toutes mais chacune avait le droit d’avoir une chance de pousser. Aujourd’hui, cette terre désolée est devenue une forêt épaisse. Les racines de chênes, d’arbres fruitiers et de saules pleureurs se mêlent et s’embrassent ne formant maintenant qu’une seule entité, un seul cœur.
Note : allez, pour la peine, je l'inaugure... SéBou ;-)
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3.
Lemmi ou la maison du silence
(par
Vayrenoth, ajouté le 26/03/02 15:05)
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| ( Petite préface: On va sûrement me reprocher tôt ou tard le peu de rapport entre Tolkien et ce que j'écris, alors je vous fais d'avance mes excuses... Le thème "Amitiés" m'inspirait en fait plutôt un conte allégorique, une fable absurde sans aucune cohérence avec la TdM. De plus j'ai toujours été fasciné par les récits horrifiques et les atmosphères glauques, oniriques, enfin plutôt cauchemardesques... Alors suicidaires s'abstenir. Bon, le ton est donné... J'essairai de faire plus gai la prochaine fois. Promis, juré.)
Lemmmi ou la maison du silence
Il marchait sans s’en rendre compte depuis longtemps déjà. De temps en temps, mécaniquement, il levait ses mains devant son visage pour se protéger des ronces qui le griffaient cruellement. Au-dessus de lui, lointaine et pensive, la lune irradiait, et baignait ses noirs cheveux de pâles reflets d’argent. Bientôt la forêt s’écarta, révélant une longue plaine aux herbes balayées par le vent. Une pauvre masure branlante se dressait, misérable, au beau milieu de l’espace découvert, luttant pour ne pas être emportée par la nuit. Une faible lumière l’éclairait de l’intérieur. Il baissa les yeux. Une petite fille était devant lui qui le regardait. - Tu es un fantôme, toi aussi ? lui dit-elle. Puis, voyant son mutisme, elle recommença : - Tu as un nom ? Il ne sut pas lui répondre. Il ne savait même pas s’il avait jamais eu un nom. En silence, la petite fille lui prit la main, et l’entraîna vers la pauvre masure noyée dans l’ombre. - Dépêche-toi, émit-elle, tout le monde t’attend. Lorsqu’il passa le seuil de la porte, il eut la surprise d’entrer dans une salle immense, bien trop grande pour la misérable demeure qu’il avait aperçue de l’extérieur, et cela le troubla profondément, mais pas autant que ce qu’il vit après. Car au milieu de cette salle il y avait une table interminable, couverte de boissons et de mets exquis, autour de laquelle étaient assis, dans un terrible silence, des dizaines de personnages tous plus incroyables les uns que les autres : des hommes, des femmes, jeunes ou vieux, souriants ou faisant triste figure, laids, beaux, riches et pauvres, parfois même éclopés de manière monstrueuse. Mais le plus terrifiant était cette espèce de silence dans lequel ils évoluaient, se levant pour se servir et se rasseyant, partant vers une pièce ou revenant d’une autre, avec des expressions et des mimiques tristement exagérées, comme des marionnettes échappées d’un théâtre macabre. A l’invite de la petite fille, il s’assit à une place vide et commença de se servir ; à côté de lui, une femme sans bouche lui faisait un sourire invisible. - Ils ne font pas de bruit, expliqua la petite fille avec un air sérieux étrangement décalé, car mon frère dort à côté. Il ne faut pas le réveiller. Malgré ces paroles il comprit très bien que tous ces gens étaient muets, comme lui. Cette comédie sinistre le mettait vraiment mal à l’aise, et le contenu de son assiette avait un air bizarrement vaporeux. Il refusa d’y toucher. La petite fille, elle, mangeait à l’écart, et son dîner ne se composait que d’eau et de pain, qu’elle avalait lentement, pensivement, ses grands yeux noirs fixés sur un rêve invisible, d’où l’espoir semblait absent. A la fin de son triste repas, elle se leva ; il eut la surprise de voir tous les convives se lever avec elle. Puis tous se dirigèrent vers une chambre, dans une file ordonnée, menée par la petite fille. Un à un, ils disparurent à l’intérieur. Curieux, mais aussi conscient qu’il manquerait à ses devoirs s’il ne les suivait pas, il les imita. En fait, la porte donnait sur une chambre aussi grande que la première, mais dans celle-ci il n’y avait qu’un tout petit lit, usé et mal en point, dans lequel un très jeune garçon, le teint et les lèvres pâles, semblait dormir. Et, ce qui paraissait incroyable vu leur nombre et la petitesse du lit, tous les convives étaient penchés sur lui et pleuraient - de façon odieusement hypocrite, car leurs traits se déformaient atrocement, muant leurs visages en masques monstrueux, mais jamais une larme ne coulait de leurs yeux vides et plissés. Seule la petite fille ne pleurait pas. Doucement, très tendrement, elle épongeait le front de son frère avec un linge humide. Puis elle l’embrassa sur la joue, et se redressa pour finalement s’en aller, suivie de tous les convives. Il sortit en dernier, intrigué par tout ce qu’il venait de voir ; la petite fille l’attendait, très grave, près de la porte. - Je m’appelle Lemmi, dit-elle, et mon frère se nomme Daschen. Il est très malade. J’essaie de le guérir, je fais de mon mieux ; mais personne ne peut m’aider. Le seul qui le pourrait, c’est un ami, quelqu’un qui souffre vraiment pour nous, quelqu’un qui puisse saigner pour nous aider. Mais un ami, cela n’existe pas ; car les gens sont comédiens et égoïstes, et les mots qui sortent de leur bouche n’ont aucune saveur. Les amis n’existent pas. Sur ces sombres paroles, elle le prit par la main, et le conduisit à sa chambre ; à leur passage, les couloirs semblaient se distordre et se déformer, comme si la maison se modelait à leur convenance. Arrivée là où elle souhaitait l’emmener, elle le quitta. En se glissant sous les draps, avant de fermer les yeux, il eut une vision terrifiante : la maison toute entière était un être vivant, et lui-même se trouvait dans ses organes vitaux, qui palpitaient et pulsaient au rythme d’une respiration moite et saccadée, la respiration d’un malade. Il s’endormit.
Lorsqu’il se réveilla, la nuit était toujours là, et les étoiles n’avaient pas bougé. Le même vent couchait les herbes dans la prairie. Le temps avait passé sans que rien ne change, et le jour ne s’était pas levé. Il croisa Lemmi dans un couloir. Elle portait son frère, nu, dans ses bras, pour aller le baigner dans la rivière qui coulait en contrebas de la masure ; sur son passage, les convives lui présentaient des bassines, des cuves et des seaux, qui auraient pu lui éviter ce pénible chemin, mais aucune eau ne les remplissaient. En voyant que Lemmi refusait leur aide inutile, les convives prenaient l’air contrarié, puis s’en allaient en ricanant. Elle atteignit la rivière, seule. Au retour, il l’accompagnait. Mais quand Daschen fut de nouveau installé sous ses draps, une étrange impression saisit l’invité ; un sifflement aigu résonna à ses oreilles, tandis que les murs semblaient se resserrer pour l’écraser. Voyant son malaise, Lemmi sourit. - Ce sont les murs, expliqua t-elle. Quand ils respirent trop vite, ils s’essoufflent, et tout le monde étouffe avec eux. Alors il faut les caresser doucement, comme ça, pour les calmer, et leur chanter une berceuse pour qu’ils s’endorment. Disant cela, elle passait une main consolatrice sur une paroi en murmurant une comptine enfantine, de la même façon qu’on aurait pu cajoler un être tremblant. Il avança alors également une main vers une paroi et, posant la paume sur le mur, il eut la surprise d’entrer en contact avec une fourrure douce et lisse, comme le pelage d’un animal frissonnant. Sa vision lui revint d’un coup ; retirant vivement sa main, il en couvrit sa bouche. Et poussa un long cri muet.
Les nuits passèrent, mornes et silencieuses, avec toujours les mêmes rituels constitués autour de Daschen sans que celui-ci ne se réveille jamais. Pourtant, l’invité se sentait de plus en plus détaché de la détresse des deux enfants ; il en venait même maintenant à désirer le repas vaporeux des convives fantômes, s’étant nourri depuis le début de pain et d’eau comme Lemmi. Les visites en solitaire qu’il faisait de temps en temps à Daschen, cherchant un moyen de le guérir, se raréfiaient. Mais lorsque son corps commença à devenir vaporeux, distendu par endroit comme celui des convives, et qu’il sentît son esprit se durcir, indifférent à la joie et à la peine, le voile devant ses yeux se leva brusquement. Il se vit alors prisonnier d’un fantasme malsain, où les murs vivaient et bougeaient, où les gens apparaissaient sans le masque de leur chair, mais comme les fantômes de leurs propres vices ; le monde d’un cauchemar d’enfant, à la fois naïf et terriblement lucide. Un cauchemar construit autour d’un drame, une maladie - la perte d’espoir compensée dans l’imaginaire. Une seule perle surnageait : la beauté d’une aide désintéressée venue de l’extérieur, chaleureuse et réconfortante. La douceur d’un rayon de soleil capable de délivrer le prisonnier du silence. La pureté d’une simple amitié. Il se frotta les yeux et s’aperçut qu’il pleurait. Ses pas le conduisirent jusqu’à la chambre de Daschen. Là, il se souvint des paroles de Lemmi. Il s’approcha d’une fenêtre tout juste née, décrocha le reflet d’espoir qui s’y était brisé - et en piqua le bout de son doigt. Une perle de sang apparut, scintillante, suivie de beaucoup d’autres. Elle tomba sur le visage de Daschen. Penché sur lui, l’invité pleurait et saignait. Les murs retenaient leur souffle.
Non loin de là, Lemmi se réveilla d’un long et pénible cauchemar. Elle s’étira longuement, posa ses pieds sur le parquet craquelant. Personne dans l’unique couloir dont les murs ne semblaient vouloir bouger. La maison était toujours aussi petite. Lemmi courut vers la chambre de son frère, le cœur battant. Elle ouvrit la porte. Daschen avait les yeux ouverts et baillait, quelques couleurs teintaient ses joues moites. Près de lui, un jeune à l’air franc souriait à Lemmi. La petite fille se jeta sur son frère qu’elle serra dans ses bras en riant de bonheur. Puis elle tourna les yeux vers le jeune homme, qui n’avait pas bougé, ni perdu son sourire. - Je m’appelle Useyln, dit-il alors. J’espère que nous deviendrons amis.
Dehors les étoiles pâlissaient ; l’aube était proche.
FIN |
4.
adieux en Valinor
(par
lothiriel, ajouté le 28/03/02 21:07)
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| avec un thème pareil, et sans aucune prétention, je ne peux résister au plaisir de vous raconter ce qu'une mouette, un jour, m'a crié sur une grève bretonne ...
ADIEUX EN VALINOR
Combien de temps s'était écoulé depuis son arrivée en cette terre bénie? Il n'aurait pu le dire. Non, cela dépassait décidément son entendement fatigué par l'âge. Debout sur le seuil de la petite maison qui l'abritait, il leva la main pour saluer celui s'approchait. Le geste lui arracha une grimace, ses rhumatismes le faisant souffrir malgré l'air si pur qu'il respirait. L'elfe qui s'approchait lui rendit son salut d'un geste souple, accordé à la légèreté de son pas. Le regard de l'elfe était empreint de sagesse, comme celui de tous ses semblables en cette terre. Le sien était plein de fatigue, songea-t-il avec un peu d'amertume. L'elfe, pressentant cette pensée, s'inquiéta: - Comment te sens-tu aujourd'hui? Il soupira, grommela un vague "bien, bien" qui ne convainquit pas l'elfe, soudain alarmé. - Les mouettes m'ont dit de me hâter vers toi. - Ces pipelettes m'espionnent donc toujours! Sa fausse mauvaise humeur n'était pas plus convaincante que son affirmation précédente. L'elfe rit ouvertement: - Préférerais-tu qu'elles te survolent avec l'indifférence qui semble les caractériser aux yeux des ignares? - Pff, je sais depuis notre voyage que ce sont d'incomparables curieuses et depuis bien avant, qu'elles sont messagères à ton service. Je n'ai jamais oublié notre première rencontre avec elles. L'elfe sourit, soudain songeur: - As-tu oublié quoi que ce soit de notre histoire en ces années? Il bougonna de nouveau: - L'âge rend ma mémoire défaillante, même si cette idée t'est complètement étrangère.
Ce retour en arrière eut un effet brusque sur lui. Regardant l'elfe droit dans les yeux, il lui dit franchement: - Les mouettes ont bien fait. Il est temps pour moi de dire adieu à ceux que j'ai aimés. L'elfe s'assombrit: - Hélas! Il sourit: - Non, il n'est plus temps de me plaindre. Mon histoire fut plus longue, plus riche et plus heureuse que celle de tous mes ancêtres réunis. J'y ai connu des joies que Durin le grand n'aurait pas imaginées. Allons, Legolas, voici le temps de nous séparer, l'éternité n'est pas le lot des nains, même en Valinor la Belle.
Ainsi parlait Gimli le Nain, alors âgé de bien des siècles des hommes, à Legolas Vertefeuille, qui fut son compagnon de labeur. Et Legolas, s'inclinant devant son ami, l'accompagna dans la maison, l'aida à s'allonger. Quelques instants plus tard, on vit entrer Gandalf le Blanc et Galadriel. Tous deux firent leurs adieux à Gimli, qui, souriant à la Dame de ses pensées, murmura: - Allons, décidément, je suis un nain chanceux puisque la Dame daigne accompagner mon départ.
Mais ce fut Legolas encore qui lui ferma les yeux quand le souffle du nain ne fut plus perceptible même à son ouïe d'elfe et d'ami. Il sortit ensuite et marcha longuement le long de la grève. Ce qu'il dit aux mouettes ce jour-ci, nul ne le sait, mais l'une d'elles me raconta ceci un jour de pluie. |
5.
l'Amie
(par
Clement, ajouté le 30/03/02 15:50)
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| Note : Voici un texte écrit par BabyCakes qui m'a gentillement demandé de le mettre sur Internet. Je n'ai bien sûr pas pus refuser... :-)
J'ai marché, j'ai marché tant que j'ai pu, tant que la peur a tiraillé mon ventre, tant que les larmes m'ont caché ma destination, tant que mes jambes m’ont porté...
Mais mes yeux ont séché, et je me trouve là, devant cette forêt, elle est immense, et je suis minuscule, elle est imposante, et je suis insignifiante... Et la peur me reprend, elle me coupe le souffle, elle me coupe les jambes, elle me coupe... Je ne sais plus raisonner, je n'ai jamais su...
C'était toujours elle, toujours, qui raisonnait pour deux. Quand il fallait fuir, c'est elle qui s'en rendait compte. Quand il fallait rester, elle me retenait. Quand j'avais peur, elle me calmait. On se connaissait depuis toujours, sœurs de sang, d'esprit, de rêves, sœurs absolues et infiniment liées dans le désordre et les fragments de ce monde. Elle était tout pour moi, et elle me disait la même chose. Me perdre aurait été, disait-elle, la plus aiguës des souffrances, le souvenir le plus pénible, le souvenir d’un bonheur passé qu’on ne retrouvera jamais plus...
On s'est toujours défendues, moi des brutes qui la frappaient, elle des idées qui me polluaient On était inséparables, on ne pouvait plus nous séparer, il ne fallait plus, c'était trop tard, trop tard, mais ils ne nous on pas laissé le choix, ils ne demandent jamais votre avis, ils n’ont as le droit, pas, le droit ! Mais ils s’en fichent.
Un jour, ils nous ont séparées, de force, ils nous ont arrachées, ont écarté nos doigts qui se cherchaient, ont couvert nos yeux qui se suivaient, fermé nos bouches qui criaient, hurlaient...
Depuis ce jour, j'ai peur. Et je fuis, je cours, je marche. Je marche tant que je peux, tant que la peur tiraille mon ventre, tant que les larmes cachent ma destination, tant que mes jambes me portent. Car je n'ai plus de destination.
J'ai perdu l'Amie, et avec elle, j'ai tout perdu.
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6.
Poème sur l'amitié (sans titre)
(par
Babycakes, ajouté le 02/04/02 19:47)
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| Note: Poème assez ancien, mais modifié (je ne le connaissais pas par coeur). j'espère qu'il plaira à tous!
Dis, puisque depuis toujours tu es mon amie Et puisque tu me connais à présent par coeur Puisqu'on a saisi ce petit brin d'alchimie, Puisque contre tous, tu me défends du malheur.
Puisqu'à chaque fin de jour, j'attends le lendemain, Puisque ce jour-là, tu sècheras mes pleurs Puisqu'en souriant tu sais me tendre la main Quand moi je ne vois que ténèbres et douleurs
Puisqu'après tout on ne le dit jamais assez... Maintentenant, mon amie, maintenant, je voudrais Que tu entendes ce cri pousé en silence
Le monde devient si sourd, Mon coeur pèse tant! Je t'en prie, protèges-moi, comme avant Tu as tant fait pour moi, je t'en prie, recommence! |
7.
C'est juste un petit chant, toujours sur l'amitié...
(par
Clement, ajouté le 06/04/02 18:55)
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| C’est l’histoire d’un roi de Gondor Qui a pendant longtemps guerroyé Afin d’assurer la liberté Sur toutes ses terres tant aimées Mais vint le jour de sa mort Et il fallait choisir promptement Qui sera un juste remplaçant Car il n’avait point de descendant.
Il chercha, il chercha Parmi les conseillers et apprentis Parmi les stratèges puis les amis.
Trois étaient fort d’esprit et de corps Et étaient entièrement dévoué Au pays et à tous les sujets Qu’ils avaient juré de protéger Mais ne voulant pas laisser le sort Il décida de les rassembler Et afin de les départager Une question simple il a posé
Il chercha, il chercha Au plus profond du cœur de ses amis Lequel a le plus de respect pour lui.
« Toi qui est un vaillant guerrier, Dit le roi au premier arrivé, Je me suis battu à tes côtés Mais j’aimerai savoir tes pensés » « Je vous vois en roi loyal et bon Qui sait commander à une armée Et je me sens obligé d’avouer Que je souhaiterai vous ressembler. »
Il chercha, il chercha Chez le plus fort et le plus aguerrie Mais ce ne pouvait être celui-ci.
Il se tourna donc vers le second : « Sage parmi les plus apprécié Qui a pendant longtemps étudié Quel est le fond de ta pensée ? » « Vous chérissez la population En leur apprenant la vérité Et tous on juré fidélité. Mais je ne pourrais vous égaler. »
Il chercha, il chercha Parmi les plus anciens des érudits Mais ce ne pouvait être celui-ci.
Il regarda un jeune en haillons : « Ami d’une enfance oublié A tes côtés j’ai très souvent joué Mais dit moi comment tu me connais. » Il répondit sans hésitation : « Jamais je n’ai osé te juger Car quand je voulais te regarder Oui, toujours mes yeux étaient fermés.
Il trouva, il trouva Celui qui en fermant les yeux a dit Je te vois comme chaque fois, ainsi.
SéBou
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8.
Rencontre de hasard (poème layé)
(par
Ronan Mackowski, ajouté le 06/04/02 23:03)
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| Ses cheveux étaient rouges, Rouges ses vêtements ; Il portait noblement Une cuirasse rouge, Ses armes revêtait : De gueules à lion d’or ; Mais son visage était Pâle, et d’un fier port. Et le rouge têtu Ses traits à tous cachaient, [10] Si bien qu’on le nommait Le chevalier tout de rouge vêtu.
Il allait par les routes Et les ponts écroulés De pays désolés, Mais ne laissait le doute S’insinuer en lui Car il savait sa quête Plus sombre que la nuit Et féroce la bête [20] Qui dort au bord du monde, Guivre qui des anneaux Déroulait l’écheveau, Lorsque la lune était encore ronde.
Tous lors de s’étonner Qui le voyaient passer : Son air fin et racé Les faisait frissonner. Mais lui n’y prêtait guère Attention, car un rêve [30] Occupait ses prières ; Et il cherchait sans trêve La trame d’un récit Disparu sous le voile D’un souple dais d’étoiles Revêtu de souvenirs indécis.
Son cheval le menait En pays étrangers ; Lui ne voyait changer Que la route où renaît [40] Le danger, cent fois vu, Aussitôt oublié. Mais un jour, non prévu, Arriva que lié Son destin se rendit A celui d’un pendu Laissé pour mort : son dû Pour avoir transgressé un Interdit.
L’homme était un trouvère, Forgeur de poésie, [50] Coupable d’hérésie Par des juges sévères ; Echappant au bûcher, Mais le gibet obtint : On l’y avait juché Disgracieux pantin, Jusqu’à la délivrance Par l’errant chevalier Qui s’en fut délier L’autre tout juste ravi à l’enfance ; [60]
Et le jeune poète S’obligea par serment D’être sans reniement Son écuyer ; la dette Ne pouvant être éteinte Que par la mort de l’un Ou de l’autre, sans crainte De nul esprit malin. Ils devinrent dès lors Compagnons d’aventure, [70] Sans perdre la texture D’un peu commun et redoutable sort.
La violence des nuits -Embuscades, traîtrises- Laissait place à la grise Aurore, sans ennui, Et le jour, en chansons S’égrenait le chemin, Poétique rançon D’un soir sans lendemain : [80] Car sans cesse pour eux Revenaient les instants D’un péril renaissant, Malgré les lais, à la lueur d’un feu.
Et l’étrange amitié Grandit dans l’intervalle Des lieues que l’on avale ; Entre estime et pitié Navigue leur esprit Désespérant d’atteindre [90] Le but où sans répit Tend le désir, sans craindre Tel affadissement Qu’apprend la lassitude ; Mais dans la solitude Il n’est d’autre partage que tourment.
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9.
Vrai de vrai !
(par
Babycakes, ajouté le 08/04/02 17:08)
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| deux enfants ont eu une conversation que j'ai jugé utile de vous rapporter. Ils ont inventé une magnifique définition de l'amitié.
"Un ami de papa est venu manger à la maison, hier. - Lequel? Le vieux chauve qui lui fait peur ou celui qui ressemble à un corbeau? - Un autre. Il nous a donné tout plein de bonbons ! - Oh, alors, c'est un vrai ami ! Un vrai de vrai ! - C'est quoi un vrai ami? Comment on le voit? - Ma grande soeur m'a dit que c'est quelqu'un avec qui on partage tout, qui nous donne plein de trucs quand on en a besoin, et à qui on fait pareil. Et même pas pour de l'argent, pour faire plaisir !"
Tommy, a regardé sa sucette, que mathias aussi regardait. " Tiens. - Merci, Tommy ! - Ben, je partage, t'es mon ami... - Vrai de vrai !"
je sais, la qualité des dialogues n'est pas extraordinaire, mais je n'ai voulu toucher absolument à rien, pour garder un peu la pureté des mots. |
10.
La Voix du Diable
(par
Vayrenoth, ajouté le 11/04/02 15:43)
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| - Charmeur de poissons ? Elle pose un doigt sur ses lèvres, dissimulant un sourire goguenard. Je caresse distraitement les cordes délicates du bel instrument assis auprès de moi - un violon, un si bel instrument, dont la voix suppliante et presque humaine se réveille dès que mes doigts pincent son ventre fragile. - Charmeur de poissons ? répète t-elle, jeune fille aux pommettes rouges assise à mes côtés. Qu’est-ce que ça veut dire… Tu joues dans un cirque ? Je lève les yeux, écoute le vent dans les feuilles dorées, écoute le murmure en contrebas de la butte où nous sommes assis, en quête d’une réponse, sans succès, jamais. Dans l’eau secrète et scintillante, un être aquatique me rend mon regard. - Amie, dis-je, mon Amie. Je veux jouer pour toi. Elle rit et bat des mains. Je saisis mon instrument au corps de femme - l’instrument du diable, comme on se plaît souvent à dire. Elancé et brillant, l’archet commence à caresser son ventre, lui arrachant une plaintive mélopée, pure et liquide. Les hanches de la fraîche rivière frémissent, bercées d’ombres. Mon Amie balance doucement la tête, les yeux mi-clos, un sourire joue sur ses lèvres roses. Un instant, l’espoir éclaire mon esprit ; ma bouche s’ouvre, je me mets à chanter, un vieil air entendu longtemps auparavant, et, je le pense, célèbre pour de nombreuses raisons.
Les sanglots longs Des violons De l’automne, Bercent mon cœur D’une langueur Monotone.
Je n’écoute plus la musique. Je suis la musique. L’Amie danse devant moi, transportée, pure, liquide, si pâle et si belle, dont les doigts iridescents ne cessent de polir les rochers, vague et frémissante, liquide, pure, liquide, mais ce n’est plus une danse, c’est un combat, un combat sans merci ; non, non, ne fais pas ça, je t’en prie non, ne fais pas ça. La musique s’est confondue avec la rivière. Transcendée, l’Amie n’entend plus mes avertissements. - Tu es allée trop loin, crie-je, tu es trop loin, reviens. Mais comment pourrait-elle m’entendre ? La musique, déjà, n’ondule plus avec elle. Pardon, je ne voulais pas. Qui aurait cru qu’un tel pouvoir résidait en cet instrument, cet objet au corps de femme ? Pourtant je sais que tout ceci point du diable n’est la faute ; seul mon égoïsme, et ma négligence, sont à blâmer. Mais voilà, l’Amie ne voit plus, ne sent rien, elle entend, elle entend sans vraiment écouter, toujours et à jamais et avec avidité, mais il est trop tard, le partage ne s’est pas fait, le lien s’est brisé et je la perds, l’Amie, encore une Amie que je perds, j’ai eu tort de croire à mes rêves, j’ai perdu, une fois encore. Le violon s’est brisé dans mes mains, tuant la Voix du Diable. Je me lève, mes joues ruissellent de larmes : l’Amie n’est plus là, elle ne sera plus jamais là. Je m’approche de la rivière. Un poisson me contemple : ses pommettes sont rouges, ses lèvres roses et humides, et pâles luisent ses écailles d’argent. Un éclat blessant de musique est resté dans ses yeux. Les miens déversent une nouvelle rivière que « celle qui polit les rochers de ses longs doigts » accueille avec gratitude. - Charmeur de poissons, je balbutie. Charmeur de poissons. Je te demande pardon Amie. On m’avait pourtant prévenu à propos de la Voix du Diable, mais je n’ai pas su écouter, je n’ai pas su, je te demande pardon. A Elle, je me suis donné corps et âme. Et j’ai tué notre si belle amitié. Je tombe à genoux. Un poème me vient aux lèvres, et meurt sur la rive noyée de remords :
Mon amour, Mon adorée, Je pourrais sécher mes pleurs Quand je jouerais, Sans les briser, Sur les cordes de ton cœur.
« Sur les cordes de ton cœur »... Déjà le violon reconstitué me tend les bras, souriant comme une amante fidèle. Mais je pense avoir compris la leçon. Je le prends et le dépose délicatement au fond des hanches de la rivière, là où les poissons viendront souvent le taquiner. J’ai trop longtemps délaissé la vie pour l’illusion. J’ai décidé que la chance prochaine serait la dernière. Je trouverai de nouveau l’Amie, la fragile Amie et son cortège de bonheur. Alors, seulement, la Voix du Diable, inoffensive et apprivoisée, retentira pour nous deux. J’enterre en ce jour le charmeur de poissons, celui qui ne plaît qu’aux êtres aveugles et muets. Pardon, Amie. J’ouvre les bras au monde.
( Note : Amie : nom d’un poisson d’eau douce du Nouveau Monde. ) |
11.
La sagesse de l'ami
(par
Vinyamar, ajouté le 14/04/02 19:42)
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| Le bois apparut enfin. Il se dessinait massivement devant nous, au delà d'une petite rivière à l'eau claire qui courait juste en dessous de nous. Nous dévalâmes la pente habillée d'une herbe plus verte que les prés des montagnes à l'époque ou fondent les neiges. - Nous sommes sauvés ! murmura-t-elle en voyant le bois à notre portée. Nous ne nous arrêtâmes pas un instant, car ils nous poursuivaient certainement encore, et je lançai un regard en arrière. J'eu la vision, aussi brève qu'un éclair, d'un homme armé, et la peur me saisit tout entier. Nous allions franchir la rivière. Notre forêt était juste de l'autre côté, à quelques enjambées à peine. Mais un trait de sagesse prit le dessus sur ma peur, et au moment où nous nous allions bondir par dessus l'eau cristalline, je saisis Milrine, et l'emporta avec moi au fond de la rivière. Je sus - comment fût-ce possible, je l'ignore - mais je sus que précisément au même moment le chasseur était apparu au dessus du talus que nous venions de dévaler. Il avait couru pour ne pas perdre notre trace, et il était là, menaçant nos vies, son fusil à la main. Je ne sais pas ce qu'il fit, où il regarda, ou s'il s'approcha dangereusement de la rivière, mais je le savais là, et cela suffisait, car il envahissait tout mon esprit. Le contact avec l'eau avait été désagréable, froid et inattendu pour chacun de nous, puisque j'avais agis sans même savoir ce qui arriverait, sinon que je devais nous cacher de lui. Nous reposions côte à côte, couchés sur les cailloux de la rivière. Il y avait peu d'eau, et pourtant il ne pouvait nous voir, comme si la rivière masquait notre présence au delà de ses simples propriétés. D'ailleurs, nous restâmes sous l'eau bien plus longtemps qu'il était permis à être humain d'y survivre, et j'avais parfois l'impression que l'eau se retirait pour nous laisser respirer, sans pourtant nous dévoiler au chasseur, que j'entendais au dessus de nous. Pourquoi voulait-il nous tuer ? Ils avaient parlé de centaure. Je regardais Milrine près de moi, et la vis telle que je l'avais toujours vu. Etions-nous centaures ? Je suis un homme, mais pourtant, j'étais centaure. Quel monde étrange ! Pourquoi m'y éveillais-je subitement, découvrant ce que j'étais, alors qu'en même temps toute ma vie m'étais clairement connue, mon enfance, mes amis, mon pays... ? - Il est là ! dis-je à Milrine, pour expliquer mon geste brutal, dont elle cherchait dans mes yeux la signification. - Nous étions si près ! répondit-elle. Pourquoi parlions-nous dans l'eau, sans nous faire entendre du chasseur ? Quel était ce monde étrange ? Elle releva soudain la tête hors de l'eau, comme alarmée, et je la lui saisi avec toute la force de mon corps de centaure pour la replonger dans l'eau. - Qu'est-ce que tu fais ?!! clamais-je silencieusement. - Furest n'est toujours pas là ! répondit-elle avec anxiété. - Ils ne l'ont pas encore pris, la rassurais-je. Il s'est enfuit par une autre route, il sera chez nous dès qu'il le pourra. - Non ! Il a des ennuis. Je la regardais. Je l'aimais ! Depuis notre plus tendre enfance, je l'avais gardée dans mon coeur comme un trésor, qui prenait plus de valeur au fur et à mesure que nous passions du temps ensemble, ou loin l'un de l'autre. Mais de quel genre d'amour s'agissait-il ? Quand Furest lui avait ouvert son coeur, et qu'elle lui avait livré le sien, je n'avais ressenti ni jalousie ni frustration. Furest était mon ami lui aussi. Combien de fois avions nous franchi ensemble les limites de notre monde, combien de temps avons nous passés ensemble à courir sur les flancs des montagnes, à atteindre les lieux les plus inaccessibles où aucun de notre peuple ne viendrait nous déloger ! Non, pas d'envie devant la réponse qu'elle lui avait faite, mais plutôt une admiration - que je ne cachais pas toujours - devant la beauté de leur amour, devant la force de leur attachement, devant toutes ces choses étranges qu'ils vivaient même quand ils étaient loin l'un de l'autre, et dont je restais étranger, mais pourtant contemplatif. Furest n'était certainement pas tiré d'affaire, je faisais confiance au sentiment de Milrine à ce sujet. Je l'avais vu s'enfuir du mauvais côté, et être poursuivi par la plus grande partie des chasseurs. J'avais risqué ma vie pour le remettre sur le bon chemin, et le dégager de la chasse de ces hommes. Oui, je l'avais risquée... seulement ! A présent un autre choix se faisait jour pour moi. Furest pouvait peut-être disparaître, aussi effrayante la pensée soit-elle. Milrine ne serait plus accaparée par cet amour qui la consumait, qui la rendait heureuse, mais qui lui procurait des peines aussi. Que ferais-je alors ? Je n'avais jamais désiré Milrine, mon amour pour elle était différent. Pourtant, peut-être, le temps passant, quand le deuil serait passé, elle voudrait de donner à moi... mais pour quoi faire ?! Aucun désir ne m'habitait, mais pourtant un profond amour. Aussi, même si Milrine me confiait dans l'avenir son amour, il lui resterait toujours cette blessure, d'avoir perdu son amour; non pas perdu, mais de se l'être fait arracher, comme une partie d'elle même, et ce traumatisme ne guérirais pas vraiment, je le savais. Je ne voulais pas lui laisser porter pareille blessure, que je ne pouvais pas partager avec elle pour l'assister. Si vraiment je voulais l'aider, c'était à présent, avant que le coup ne lui soit porté. Je l'aimais, et ne voulais pas qu'elle souffre, et j'aimais Furest, et j'aimais leur amour, et ne voulais pas le voir s'achever sans que je puisse agir pour le préserver. Je pouvais remonter à l'instant, galoper jusqu'à Furest, et donner ma vie cette fois - pas seulement la risquer - pour le libérer ! Les chasseur voulaient un centaure, eh bien je ferais leur affaire ! Pourquoi étais-je centaure en ce jour, je ne saurais le dire. Je me disais que tout cela n'était qu'un rêve, et d'ailleurs en me regardant, je ne voyais pas un centaure... mais voyais-je un homme ? Peut-être était-ce ainsi que nous voyaient les chasseurs, et que nous adoptions leur vision, nous laissant nous-memê enfermer dans ce qu'ils voulaient voir de nous. Mais si ce n'était qu'un rêve, la mort ne serait qu'un réveil ! Douloureux réveil, mais rien d'autre. Si je me trompais, et que je n'étais qu'en train de vivre la chasse que nos adversaires avaient toujours rêvé de nous livrer, en me laissant piéger dans leur propres façon de penser, alors ma mort serait la fin de tout, la fin de ma vie, la fin de mon existence. Je n'attendais aucune récompense pour ce que j'allais faire, sinon de voir que j'allais ainsi préserver l'amour de deux êtres cher. L'amour est créateur, après tout ! Pourrais-je vraiment mourir alors que j'agissais par amour ? Je ne sais. Un espoir déraisonnable m'envahit, et je le chassai aussitôt. Au lieu de compter sur ces rêveries, je commençai à évaluer mes forces. J'étais centaure ? Fort bien ! J'étais donc fort comme dix chevaux, grand comme deux hommes, plus puissant que le lion et rapide comme l'hirondelle. Et encore, j'étais nécessairement sage plus que les plus sages parmi les hommes. Qui pourrait me résister ?! Il fallait que j'étudie mes capacités. Il ne me servirait à rien de me livrer sans permettre à Furest de fuir pour retrouver Milrine. Si nous étions pris tous les deux, la seule chose qui arriverait était certaine: Milrine viendrait à son tour se donner aux chasseurs, et j'aurais alors non seulement échoué, mais aggravé une situation qui offrait encore un avenir concevable. Oui ! J'étais assez fort, assez rapide, assez sage pour amener à son terme ce que j'allais oser faire. Je donnais un dernier regard à Milrine à mes côtés, posa ma main sur elle pour prendre un appui plus élevé, et pour garder d'elle ce dernier contact, et lui dit: - Je vais chercher Furest ! Dès que tu le pourra, gagne la forêt, et attend le ! Je me lançai hors de la rivière, avec toute la puissance de mon étrange corps, et ruisselant d'une eau qui sembla tinter et résonner autour de moi pendant que je fendait l'air, je fus sur le chasseur, qui me tournait le dos, avant qu'un de ses compagnons eut pu l'avertir. Je saisis son fusil et le brisa sans m'arrêter, continuant ma puissante course. Mais l'autre chasseur, qui n'avais pas encore gravi le talus, avait eu le temps qu'il fallait pour épauler. Un coup retentit, et je sus que j'étais touché, mais je ne pouvais pas même dire quelle partie de mon corps fut atteinte. La douleur m'inonda, puis s'effaça comme je tendais toute mon action vers Furest, que je devais sauver. Je traversais en un instant la grande distance qui nous séparait et plongeai dans la futaie où il s'était écarté de nous, et je laissai les chasseurs tenter de me poursuivre. La douleur de la blessure revenait à chaque fois que je pensais à moi, et curieusement, aussitôt que je tournais mon esprit exclusivement vers Milrine, ou vers Furest, je ne sentais plus mon corps, et je crois bien même que je gagnais en force et en vitesse. Je vis des chasseurs apparaître dans la lumière de la lisière des arbres, et tous épaulaient, mais jamais ne m'atteignaient. L'un d'eux se trouva sur ma route aux abords des premiers arbres, et je le désarmais avec vigueur, tout en m'enfonçant plus profondément sous les arbres pour rechercher mon ami. Enfin, je trouvai Furest, provisoirement caché dans un taillis. Je lui fis signe de s'enfuir dans la direction d'où je venais, puis fis un écart et changeai ma course pour me diriger sur les chasseurs les plus élevés, de façon à tous les rassembler. Je pris peur soudain ! Pourquoi étais-je celui qui devais mourir ? Après tout, n'avais je pas réussi à m'enfuir avec Milrine ?! Furest n'était-il pas celui qui avait failli ?! Pourquoi devais-je mourir pour sa faute ?! Et qu'étaient tous ces chasseurs ? N'étais-je pas plus fort, plus grand, plus sage qu'eux ! (Quelle sagesse y avait-il en effet à vouloir tuer les centaures aussitôt qu'ils quittaient leur monde ?) Comment pouvaient-ils donc me vaincre ?! La douleur se refit sentir dans mon poitrail. C'était donc là qu'il m'avait atteint... était-ce près du coeur ? me demandais-je. Le coeur ! N'avais-je pas décidé de le donner à ceux que j'aimais ! Mais avait-on jamais entendu un récit parlant d'un centaure tué d'un coup de fusil ? Non, jamais, ma mémoire me le garantissait ! Les centaures ne mouraient pas par le fusil, dans les récits. Je passai en trombe devant un chasseur qui apparut de derrière un arbre, et le tremblement du sol sous mes sabots l'effraya et l'empêcha d'épauler à temps, je changeai sans cesse de trajectoire, si bien que les chasseurs furent bientôt disposés tout autour de la futaie, et ils ne pouvaient plus tirer sans risquer de s'abattre entre eux. J'étais le plus sage ! J'étais le plus puissant ! Qui me prendrait la vie ?! Qui pourrait effacer mon existence ?! Curieusement je reconnu des mots qui venaient des paroles des chasseurs, et je sus qu'ils étaient dans mes pensées, et que ce n'étais pas moi qui réfléchissais ainsi. La douleur me fit soudain trébucher, et je reprit l'équilibre avec peine tant ma course était rapide. J'étais le plus sage... et j'avais accepté de mourir. Quelle sagesse était-ce là ?! je revis Milrine sortant de l'eau derrière moi pendant que je désarmais un chasseur, et gagner la foret saine et sauve, grelottante en attendant Furest. Il fallait éloigner les chasseurs. Etais-je le plus sage, je n'en étais plus sûr, mais j'étais le plus aimant. Je lançai un rapide coup d'oeil sur ma droite, et vis le canon d'un fusil posé contre une épaule. Je n'eus qu'une pensée: ils étaient ensemble, réunis ; j'avais été leur Ami.
Le coup de feu eut un son effrayant.
* * *
Le centaure roula trois fois tant le train de sa course qui avait déplacé le puissant corps était rapide. C'est un arbre qui l'arrêta, et on dit qu'un branche lourde fut brisée à son sommet, mais qu'elle n'atteignit le sol que lorsqu'un des chasseurs voulut se pencher sur le corps du centaure, lui infligeant mauvaise blessure, mais non mortelle. Certains racontent qu'à cause de cela, les chasseurs s'écartèrent du corps, et que celui-ci se changea en un oiseau, ou quelque chose de proche, qui s'envola intact. Mais d'autres disent que le corps fut ramené au pays des chasseurs, mais qu'il disparut pendant la nuit, emporté par cinquante centaures, mais aucun d'eux n'a jamais eu souvenir de telle action. Tous les récits concordent cependant à dire que les chasseurs n'eurent rien de leur chasse, mais ce qu'il advint du corps, en réalité, resta ignoré.
Aujourd'hui, je marche sans penser à ce que je fais. Les gens me traitent de fou quand je traverse la rue sans regarder la couleur du feu, ou rient de moi quand j'oublie de descendre au bon arrêt de bus et doit courir en arrière pour arriver à l'heure. Je pense à cette vie, à ce monde, que j'ai quitté. Tant de passé, effacé en un instant. Un coup de feu ! Des amis disparus. C'est eux qui sont morts, et moi qui suis vivant ! Comment est-ce possible ? Aujourd'hui, je cherche de tels amis, pour qui je pourrais donner ma vie, encore une fois, ou plutôt, en vérité. Y aura-il des chasseurs, encore? je ne pense pas. Pourtant, on doit pouvoir donner sa vie sans pareils ennemis... Mais les amis se cherchent-ils, me demandais-je ce matin là, ou sont-ils donnés à ceux qui savent les recevoir ? |
12.
Délire
(par
Babycakes, ajouté le 18/04/02 17:07)
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| Note : Je suis avec une Amie, et c'est sans doute le meilleur moyen de parler de l'amitié que de délirer avec elle...
M sera pour "moi" et A pour elle, son prénom.
A : Mais tu as l'inspi, au moins? M : Tu vas, voir, suffit de se lancer. A : (sourire amusé) N'importe quoi ! M : Allez, un petit effort ! C'est quoi, un ami? Commençons par là... A : Un ami c'est d'abord quelqu'un en qui on peut avoir confiance, et quelqu'un en qui on croit. M : Ainsi, un ami qui brise ta confiance, il ne sera plus ton ami ? Je pense que ça va plus loin que ça, personnellement, une confiance aveugle, oui, mais une forme d'amour qui fait que je ferait tout pour lui, ou elle... A : Si un ami brise ma confiance, ce n'est pas qu'il ne sera plus mon ami, mais ça cassera quelque chose. Cela m'est déjà arrivé; et si cette amie me demandait quelque chose, il n'y aurait pas de problème pour moi, mais ça nous a éloignées. M : Et forcément, ce ne sera plus jamais vraiment ton amie... Mais, en y réfléchissant bien, combien d'amis une personne a-t-elle dans sa vie? Ils se comptent sur les doigts d'une main, malheureusement... A : C'est pour ça qu'ils sont précieux. M : C'est pour ça qu'un ami qui se rend compte que c'est un ami pour toi fera tout ce qu'il pourra pour ne jamais te décevoir... Les gens ont beau être hypocrites, dans ce monde, les amis, eux, sont à part. C'est pour ça que les chanteurs appellent à l'amitié planétaire, mondiale, totale... A : Si l'on considère quelqu'un comme un véritable ami, et qu'on est véritablement son ami, alors il ne pourra jamais nous décevoir. M : Et il n'essayera même pas... Mais, malheureusement (et là je vais faire quelque chose que je n'ai jamais fait dans mes écrits, je vais prendre un cas personnel) des amis, je n'en ai jamais connu, jamais de ces amis pour qui tu ferais tout, et pourtant, Dieu sait qu'il y a au moins deux ou trois personnes pour qui je ferai tellement de choses! Mais sont-ils mes amis? Des vrais? Comment les reconnais-tu, tes amis? A : Qui te parle de les reconnaître? Il faudrait déjà les voir... |
13.
Une place vide
(par
nico, ajouté le 21/04/02 13:34)
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| note : dédié à mon meilleur ami
Il y a devant moi une tombe vide. J’aimerai pouvoir la remplir, j’aimerai pouvoir pleurer ta mort, j’aimerai mais je ne peut pas. Il y avait toujours quelque chose que je ne t’avais pas dit, toujours un nouvel élan qui nous rapprochait. Il y avait de l’amitié, celle que je ne retrouverai jamais. On aurait put changer le monde, on aurait dû le changer. Mais je suis partit, sans me retourner, je suis partit seul. Je pensais alors que les amis n’étaient pas irremplaçables, qu’il suffisait d’une soirée pour tout oublier. Je n’ai rien oublié, mais j’ai tout perdu. Je suis mort. J’ai souvent voulu revenir. J’aurai voulu t’appeler. Je voulais retrouver cette amitié qui me faisait vivre. Mais le temps a passé, et il ne reste plus rien. Le monde peut s’effondrer maintenant, on ne le changera jamais. Près de moi il y a toujours une place vide, mais même si tu t’y asseyais je demeurerai inchangé, car je suis mort. Le monde s’effondre, mais a quoi bon le blâmer ? Je suis vide. Hier je regardait une tombe vide. Je suis seul maintenant. Elle ne sera jamais remplie.
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14.
Deux vrai amis
(par
Hautecombe, ajouté le 19/08/02 06:08)
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Deux vrais amis habitaient un pays Où la réalité savait se décliner A tous les temps du Bien, et du Beau, et du Vrai; Les coeurs se comprenaient: leurs yeux se le disaient, Que l'un d'entre eux souffrît, l'autre le consolait, Que l'un d'entre doutât, l'autre le rassurait, Ils partageaient ensemble de leurs vies les secrets, La confiance régnait et ils se le montraient, Ils étaient l'un à l'autre ce havre de paix, Où l'on aime souvent venir se reposer; Chacun se racontait, et les deux se plaisaient A recevoir de l'autre et du neuf et du vieux Parfois ils se taisaient et le silence entre eux Planait tout doucement mais sans jamais peser, L'un d'eux alors parfois se prenait à penser: " Mon désir en ce jour et ma prière aussi C'est que Dieu nous permette de traverser le temps, Il faudra le vouloir, en prendre les moyens, L'un à l'autre penser, l'un pour l'autre prier, car c'est cela je crois qui scelle l'amitié, la réciprocité et de fréquents courriers. C'est alors qu'ell(e) peut vivre et espérer durer Ce n'est pas un effort qu'un plaisir partagé, Il faut aussi parfois pouvoir se visiter tout autant que l'on peut et que Dieu le permet C'est un puissant soutien pour la vie affronter. " C'est un baume sacré qu'une belle amitié, L'épais cachet de cire qui viendra la sceller Porte le nom sans âge de fidélité.
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| Maia sanglotait. Elle était terrée dans un coin de la cellule sale comme un petit animal acculé, ses cheveux roux retombaient sales et emmélés sur ses épaules. Elle attendait sa mort, sa mort sur le bûcher. Les cris des villageois résonnaient encore à ses oreilles : " Sorcière! Sorcière! Brûlez-la! " Elle enfonca ses ongles dans ses joues en gémissant. Soudain, elle entendit des voix derrière la porte. " Ecoutez, vous pouvez rester à côté de nous pour être sur, je ne l'aiderais pas à s'échapper...je vous en prie..." la porte s'ouvrit, et Eliane se précipita vers Maia. Elle la prit dans ses bras, la suppliait d'arrêter de pleurer, la bercait...Eliane, Eliane! " sauve-moi, eliane, j'ai peur! " murmura Maia. Eliane s'accroupit à côté de sa meilleure amie et commenca à lui parler. " Maia...n'aie pas peur de mourir. après, tu seras libre, pour toujours, forte et heureuse. Maia...tu es ma meilleure amie...sois forte comme tu l'as toujours été pour moi..." le garde en avait les larmes aux yeux. Il entendit comme on l'appelait, et sortit de la cellule. Par précaution, il ferma la porte à clé. Maia sanglotait toujours. " Eliane, je n'ai pas peur de mourir....j'ai peur du feu, ca doit être horrible...et j'ai peur d'être séparée de toi. " Eliane soupira lourdement. " moi aussi, Maia...et c'est pour ca que je viens mourir avec toi." Maia la regarda avec de grands yeux. Elle secoua énergiquement la tête mais son amie lui coupa la parole " Maia, je préfère mourir et te retrouver après que de ne vivre plus qu'une moitié de vie sans toi. " Elle sortit un petit flacon de sa sacoche. " Un poison. Nous ne sentirons rien, et nous serons libres. " dit-elle en souriant. Maia lui rendit un sourire encore tout brillant de larmes, et se redressa. Eliane déboucha le flacon et but une petite gorgée. Maia en fit de même, et les deux s'étreignirent. Elles sentirent leurs membres s'engourdir comme dans le sommeil, et à ce moment elles étaient heureuses, plus que jamais liées d'amitié. Leurs ésprits s'envolèrent en même temps, ensemble, dans le soleil et la brise parfumée. Lorsque le garde revint, il trouva les deux jeunes filles enlacées, comme endormies. Mais elles ne respiraient plus. Les larmes perlèrent sur ses joues, et il murmura " Puisse chaque sorcière avoir une telle amie..." |
16.
Beruthiel
(par
Celeluwhen, ajouté le 23/03/03 05:00)
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| À Jasmine, ma seule amie, par moments...
Nous avons passé de merveilleux moments ensemble, je dirais même les plus beaux moments de ma vie. Blotties l'une contre l'autre, nous étions souvent restées immobiles pendant un moment, seulement à admirer la profondeur de notre compréhension mutuelle pourtant muette. Ce que je ressentais pour elle était une amitié plus simple que toutes les autres que j'avais vécues avant de la connaître mais aussi plus pure. Cette pureté incroyable était due au fait que notre relation n'était pas souillée par ce qu'on dit être la politesse, ou plutôt l'hypocrisie. Jamais un mot imprécis ou involontaire, prononcé sur un coup de tête, ne venait assombrir nos vies.
Malheureusement, sa vie n'était pas aussi longue que celle qui m'avait été donnée en tant qu'Elfe. Elle finit par paraître vieille et fatiguée, mais se yeux gardaient toujours le même éclat surprenant. Vint un temps où elle devenint plus capricieuseet susceptible. Il m'était de plus en plus difficile de lui faire exprimer le bonheur qu'elle ressentait encore, je le savais, par les moyens auxquels je m'étais habituée. Je persistais pourtant à lui montrer autant de douceur et d'amour, car je savais qu'elle m'aimait toujours autant qu'avant.
Un après-midi, après l'avoir cherchée pendant quelques jours, je la trouvai se promenant au soleil dans un coin peu fréquenté de la forêt. Je la contemplai un moment; elle était sale et toute décoiffée. Je saisis une brosse et m'approchai tout doucement d'elle. Comme elle avait désormais coutume de le faire, elle s'éloigna vivement en criant. À plusieurs reprises, je tentai de la toucher, jusqu'à ce qu'elle s'avoue vaincue par ma douceur et qu'elle se laisse coiffer. Elle finit cependant par se tanner et se déroba à mon étreinte en hurlant. Je la laissai partir et allai déposer la brosse près de mon talan.
Quand je revins à ses côtés, elle se prélassait dans un des derniers rayons chauds de la journée. Je m'assis derrière elle. J'attendis un moment, immobile, puis je m'étendis discrètement à son côté. Centimètre par centimètre, je levai ma main pour la déposer sur son épaule dans un geste d'amitié. Je m'attendais à des cris, à une morsure même, mais sa seule réaction fut un soupir de bonheur.
C'est là que je compris, alors que nous étions rapprochées à un point d'amour réciproque que j'avais depuis longtemps renoncé à atteindre à nouveau, que ses derniers moments étaient arrivés. Sa respiration se fit plus lente, moins nette...
On nous a retouvées ainsi, à l'aube, mes bras passés autour de son corps. Ses yeux étaient glacés à jamais par le froid de la mort, mes joues étaient sillonnées de larmes. Je savais que je ne retrouverais jamais une amie comme elle.
Beruthiel était ma chatte favorite, celle que je caressais toujours avant toutes les autres, qui me réchauffait le soir et qui me réveillait le matin, qui grattait sa tête sur mes orteils dès qu'elle pouvait les atteindre. Je l'avais nommée ainsi quand elle était toute jeune par pure ironie, mais ce nom de reine était devenu avec ses plus belles années tout à fait approprié. La fourrure de ma mignonne avait trois couleurs et ses yeux étaient deux émeraudes posées sur sa fine tête. Son poil était si doux que j'adorais y enfouir mon visage. |
17.
Daelerya et le secret de la forêt de Kiosoké.
(par
Linaël, ajouté le 24/05/03 13:11)
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| (Bien bien...Dans un soucis d'évolution constante, je me suis lancée le défi d'écrire une nouvelle sur le thème de l'Amitié sans y réfléchir au préalable. Cet écrit vient de mon coeur aussi soyez indulgents...Bonne lecture tt de même :-) )
Un silence irréel régnait sous la cîme des arbres. Dûe à l'épaisseur du feuillage, une pénombre fraîche stagnait et un fin brouillard dissimulait le sol de terrre couvert de racines, de mousses et de feuilles mortes. Pas de gazouillements d'oiseaux chantant leurs adieux au soleil qui courbait l'échine devant l'hiver, ni de bruits de grattements précipités de rongeurs se cherchant un endroit sûr et chaud pour hiberner.
Rien que ce silence pesant, comme l'annonce secrète d'un malheur proche...
Soudain, sur l'unique chemin désert de terre battue auquel les arbres immenses semblaient tracer une haie d'honneur, un martèlement sourd et rapide se fît entendre.
Comme sous l'effet de ce bruit imprévu,les feuilles des arbres bruissèrent et le vent se leva le temps d'une légère plainte entre les troncs millénaires dans une magnifestation de mécontentement.
Une fine silhouette débouchat alors du sommet de la petite colline où serpentait le chemin. Sa maigre poitrine se soulevait vite, et elle s'arrêta un moment, pantelante et frissonnante. Mais, après un coup d'oeil rapide derrière elle, elle dévala la pente en reprenant sa course, une lueur de panique dans ses yeux clairs et plissés comme un félin. Fébrile, elle ne vit pas la grosse racine pointer vers le ciel et trébucha dessus, roulant en boule jusqu'à la base de la colline, où elle s'affala comme une vulguaire poupée de chiffon.
La joue contre la terre humidifiée par le brouillard,les yeux ouverts mais absents,le souffle rapide et haché, la jeune créature n'avait plus la force de se relever. C'en était fini, elle avait assez lutté...Ses membres ne lui répondaient plus et elle souffrait dans des parties de son corps dont elle ne soupçonnait pas même jusqu'à l'existence.
Elle semblait évoluer dans un autre monde. Ce brouillard, cette terre si dure,..., elle ne pensait plus à rien, le refusait. Elle entendait vaguement, comme de très loin, le bruit des sabots marteler le sol et se rapprocher, se rapprocher de plus en plus. Elle perdit connaissance à l'instant même où elle sentit qu'on la soulevait.
C'était une grotte. Les murs de roche grise luisaient d'humidité, et les reflets du feu les rendaient semblables à un lac d'eau noire à la verticale. Une odeur de viande cuite emplissait l'endroit, et c'était cette odeur qui l'avait réveillée, emplissant ses narines et rappellant à son estomac qu'il n'avait plus mangé depuis plusieurs jours. A présent, la créature grimaçait sous les crampes que lui infligeait celui-ci mais n'osait bouger. Où était-elle? Elle ne se souvenait que de sa course folle qui avait duré deux journées et une nuit,des champs qu'elle avait traversé, des buissons d'épines dans lesquels elle était tombée et de ces bruits, caractéristiques et incessants de ses poursuivants. Les piaffements des chevaux, leurs sabots qui martelaient le sol avec impatience, les ordres lancés par leurs cavaliers...Elle avait l'impression que tout cela emplissait encore ses oreilles et que jamais elle ne s'en débarasserait.
D'ailleurs, où étaient-ils? Ils ne l'auraient certainement pas laissée là toute seule, sans surveillance. Pas après le mal qu'ils s'étaient donné à la rattraper. Mais que savait-elle de leur manière de faire, après tout? Elle était une étrangère dans un monde étranger.
Après avoir bien écouté et vérifié qu'elle était seule, elle se releva sur un coude en gémissant de douleur. Tout son corps lui lançait dans avertissements à ne pas trop bouger, mais c'était surtout sa jambe droite qui la faisait le plus souffrir. Elle tenta de la bouger, mais remarqua une large bande tressée de tiges rattachée à une poulie qui maintenait sa jambe immobile et surélevée. Elle avait également d'autres petites bandes de la même confection sur son bras droit et des taches d'une pomade verdâtre et collante sur le reste de son corps nu, simplement recouvert d'un peu d'herbe. La créature fronça les sourcils et regarda une nouvelle fois autour d'elle. Qui lui avait fait ça? Elle doutait que ce soit ses poursuivants. Mais alors...Elle tenta de se rappeller du moment où elle avait perdu connaissance. Ses souvenirs semblaient nager dans un épais brouillard mais elle parvint à se souvenir d'une présence survenue soudain à ses côtés et d'une forçe qui la soulevait de terre. Ensuite, le néant. Si ce n'étaient pas les Cavaliers qui l'avaient conduite ici, qui était-ce?
C'est à ce moment qu'elle entendit des pas. Le coeur battant, elle se recoucha et se remit dans la position dans laquelle elle s'était réveillée , la tête tournée vers le mur et ferma les yeux.
Elle entendit le nouveau venu s'arrêter près d'elle, remettre un peu d'herbe sur son corps et elle eut du mal à retenir un frisson. Il s'éloignat ensuite et sembla s'affaisser près du feu et couper quelque chose dans un bol creux en bois,d'après la résonnance sourde qui lui parvenait. Elle serra les poingts en se rendant compte que la créature revenait vers elle.
-Faire semblant de dormir mauvaise chose, lâcha l'inconnu avec un accent guttural prononcé. Lever toi pour reprendre forces. Elle refusa tout d'abord de bouger mais l'odeur alléchante qui semblait plus près d'elle à présent lui tordait l'estomac comme un vulguaire torchon. Elle se redressa comme elle le pût , yeux baissés, refusant de regarder son sauveur. Qui pouvait lui confirmer que c'était bien un sauveur et pas d'autres ennuis? Dans ce cas, pourquoi l'aurait-elle soigné, elle l'ignorait mais entre ses douleurs physiques et sa lassitude morale, elle ne savait plus grand chose et n'aspirait qu'à manger quelque chose. Ce qu'elle n'avait pas prévu, c'est que la créature s'accroupisse devant elle et lui tende le bol de viande coupée en petits morceaux.
Elle se retrouva nez à nez avec un front large et noir,une tête tout à fait poilue où un nez proéminent jaillissait entre deux petits yeux porcins noirs,juste au-dessus d'une grande bouche qui semblait retenir difficilement des dents tendues vers l'avant. -Toi manger ! dit cette même bouche.
La frêle créature se colla au mur dans un sursaut ponctué d'un petit cri d'effroi. Alors c'était donc ça, son "sauveur"? Un troll à la dentition déformée? Elle avait la sensation de replonger dans le cauchemard qu'elle venait à peine de quitter. -Toi pas devoir craindre moi, reprit le troll,d'un ton qu'il aurait très bien pû employer avec un enfant pour le rassurer.Elfe être en sécurité avec troll. La jeune Elfe sentait confusémment qu'il disait vrai, qu'elle était enfin en sécurité après ces jours sombres, mais ses origines la faisait rester méfiante. Pourquoi était-il seul dans cette forêt étrange? Où était le reste de sa tribu?
-Je m'appelle Daelerya, se risqua-t-elle en prenant le bol des mains de son compagnon insolite.
( Je m'excuse,je tenais beaucoup à l'écrire d'une traite, tt est ds ma tête mais les obligations mondaines ne pardonnent pas...lol,la suite très bientôt c promis.)
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