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Votre Nouvelle »
PAIMPOLEVALA, ou l'affligeant constat de la fongibilité transversale du Marrissement d'Arda (et ses amusantes conséquences)
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1.
Préambule : le TGV vers Paris...
(par
ISENGAR, ajouté le 11/05/04 13:22)
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| lundi 10 mai 2004. Le TGV de Amon Parnas (ou Montpanasse, pour les fidèles de la graphie parigote classique)…
Après un tel week-end, d’aucuns pourraient croire que la mélancolie aurait pu gagner les quelques voyageurs concernés par ces quelques lignes…
Mais non. Un sourire béat et limite niais se dessine sur leurs visages enfantins : Ils reviennent tous de Faërie.
Etudions ces oisifs troupiers un par un.
Gurth, d’abord. Cet individu, dépositaire d’un ridicule pseudonyme évoquant forcément une moitié d’épée, a forcé une innocente dame largement post-pubère a quitter sa place illico sous peine d’éructation metallique mâtinée d’incantations morgothiques…
Moraldandil, tombant de sommeil –suites malheureuse d’une tardive partie de Mah-Jong- semblait rêver, sous le masque douloureux d’un tonitruant et inattendu coup de soleil, à une farandole d’accents et de tournures grammaticales chantantes, engluée (la farandole, bien entendu) de Biafine®.
Irulan, dont la passion mimétique pour le cinéma en général, et Peter Jackson en particulier, le pousse, une fois de plus, à porter un short. Marri dans sa conception des choses, il ne peut s’empêcher de proférer un hymne à l’amour de l’art se résumant à un typique : « C’est nul !!».
Tar Palantir, comme à son habitude, majestueusement imperturbable, s’étonne encore d’avoir remporté pour la première fois de sa sordide existence, un quizz musical tournant autour du thème éculé de la trilogie Led Zep/Deep Purple/Black Sabbath…
Black Sabbath, quelle habile transition pour évoquer (invoquer ?) Yyr, installé dans ce train malgré lui aux côtés de Satan, créature ambiguë aux allures androgynesques, se maudissait poétiquement d’avoir a subir jusque dans un train les hasards sordides du marrissement qui l’ont conduit à cette involontaire déchéance.
Satan, donc, autrefois connu(e) sous le pseudonyme décadent de Necsipaal Eldomë (un truc qui veut rien dire, vous en conviendrez…), s’est elle/il –oh démonstration honteuse du marrissement poussé jusque dans ses retranchement les plus immoraux- consacré(e) à séduire et marrir une innocente jeune étudiante aux yeux de coquillage.
Kaiser Elwë, déguisé en ridicule et pédant steward de la Lucif’Air, regardait, dépité, la pluie sur la campagne. Une pluie annonciatrice de son proche retour dans ses humides domaines du pays où les évêques sont honteusement et scandaleusement payés par des deniers publics.
Isengar, votre serviteur, enfin à jeun en cette heure malgré la circulations de produits éthyliques de contrebande entre les sordides travées des fauteuils du TGV, s’est heurté à ce texte tout pourri dans lequel tous ses horribles co-paimpolais ont tenu absolument à figurer…
Fatigué de taper ces quelques mots sous la vociférante et néandertalienne (bisou Melilot) pression des autres, il songe à ces merveilleux derniers jours, des jours délicieux et uniques où heureuses rencontres et moments de grâce fragile (à l’image de lits de camp de sinistre mémoire) se sont mêlés à des épisodes nettement moins glorieux…
Il ferme les yeux et reconstitue dans un ordre chronologique aléatoire les événements de ce qu’un journaliste marri comme lui (Message personnel : Alfonso, si tu nous regardes…) pourrait appeler, la Satanique Paimpolaise. |
2.
Vendredi 7 mai au soir…
(par
ISENGAR, ajouté le 11/05/04 13:55)
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| Les premières notes de l’incertain journal d’Isengar nous ramènent à ce vendredi soir, où les deux tiers des réserves de boissons alcooliques patiemment réunies par Vinchmor et Dame Danièle au cours de la semaine écoulée, se sont retrouvées englouties par de bien soiffards convives. « Ils commencent bien le week-end, tes poivrots de copains ! reprocha Danièle à son Vinchmor, fort marri de cette situation… Des convives qui ont trouvé fort subtil d’arriver au compte-goûte, les uns après les autres, au mépris le plus absolu des efforts qu’avaient à fournir Vinchmor et sa dame pour aller les chercher en gare de Paimpol.
Il y eut à boire et à manger. En quantité fort honorable. Silmo prépara un délice de pommes de Terres de Noirmoutier en robe des champs. La légendaire recette précise que le beurre salé convient le mieux à ce plat hautement élaboré… que nenni ! Les fragiles bouches de certains poètes hérésiarques que je ne préfère pas citer décrétèrent que le beurre salé était marri et que seul le beurre doux méritait d’être consommé… Oh scandale ! Edrahil –celui là mérite d’être cité– poussa même le vice jusqu’à éplucher sa patate devant des témoins époustouflés par tant de provocation anti-gastronomique. Sa jeunesse n’explique pas tout… Notons que la présence de Satan/Necsipaal apportait à cette tablée une note corruptrice qui se distingua assez rapidement et qui devait marquer de son sceau marri tout le séjour paimpolesque…
Et la nuit tomba sur la lande comme un ivrogne s’écroule sur le zinc humide du café du commerce. Aviné(e), Satan commença à s’en prendre, titubant(e), à la douce et innocente Kendra. Mordue sauvagement au bras, la belle fut contrainte de se marrir dans une danse lascive qui aurait immanquablement provoqué l’ire d’un certain Marcolas, heureusement absent en cette heure glauque. Cette même heure voyait la fin de l’errance nocturne d’un certain Gawain, qui trouva là ses alcooliques semblables, après avoir pris en otage successivement une douzaine d’automobilistes, tel un Hitch-hiker morrissonien celtique, un ankou psychopathe sans charrette, depuis son fief Brestois. Satan lui fit bon accueil. Ce qui à mon avis est déjà fort suspect… Et s’il s’imaginait pouvoir se reposer, une bière à la main, auprès d’un bon feu, il se trompait lourdement, le naïf… Car l’ange déchu –dans un état second (voire troisième) proche de ce que les spécialistes du chamanisme malsain appelleraient la transe éthylique– se fit un devoir d’aller hululer à la Pleine Lune (pas si pleine que ça comme l’indique tout bon calendrier lunaire). Malgré les sages et sobres recommandations de dame Danièle, estomaquée devant tant de marrissante débauche, une suite d’esclaves à la volonté chancelante décida de suivre Satan dans l’incertaine expédition…
Ainsi, Melo-Dye, Gurth, Isengar, Irulan et Gawain (que nous retrouverons très vite dans tous les bons coups, ce qui indique une certaine et admirable faculté d’adaptation à ce que la nature humaine contient de plus vil) se compromirent dans une bien maladroite tentative biaisée de Noir Sabbat (je rappelle une fois de plus à l’attention de ce qui n’ont pas suivi que l’astre sélène n’était pas plein, contrairement à ses adorateurs, mais plutôt gibbeux). L’atroce et bruyant Sabbat se termina enfin au milieu d’un champ de blé, après le classique et pathétique bain de ronces et d’orties, par un duel crotté de lutte bretonne dans la boue, entre Satan et l’infortuné Gurth. Le Gurth, vaincu, ridiculisé, prétexta une violente morsure à la jugulaire pour déclarer forfait « Hoho ! hihi ! héhé !» firent les fielleux témoins avant de se faire mordre à leur tour par un ange déchu particulièrement assoiffé…
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3.
Vendredi 7 mai, pendant la nuit …
(par
ISENGAR, ajouté le 12/05/04 08:56)
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| Les convives, épuisés par la rudesse de l’émouvante journée, se couchèrent dans de fort variables conditions… Ceux du gîte dit « d’en face » soucieux de conserver un minimum de confort, s’en sortir plutôt bien tandis que Cédric Fockeu et sa petite famille profitèrent honteusement de la naïve hospitalité de Vinchmor et de Danièle pour s’emparer de la meilleure chambre. De douillets et frileux complices les accompagnaient. Dénonçons-les sans faiblir : Kendra, Laegalad, Lambertine, et surtout Szpako, désormais plus connue sur le nom de Cathy la Marmotte paimpolaise. Certes, ces dames le valaient bien, soucieuses qu’elles étaient de mettre en avant leurs fragiles et délicieuses féminités pour justifier cette confortable intimité et éviter ainsi une malheureuse exposition à cette forme de marrissement que connurent les autres.
Les autres : La bande des mecs. Les pas beaux. Les pas très fins. Avinés à des degrés divers, éructant des sommes discordantes de propos aussi choquants que douteux, des propos appelant un double niveau de lecture très masculin. Tous réunis autour d’un Isengar complètement marri qui alourdissait le tout d’un comique de répétition typique, tandis que le maladroit Gurth, plus habile au décapsulage de canettes, tentait de gonfler discrètement son matelas. Peine perdue : la pompe siffleuse était marrie… Avec eux, perdue et inquiète, Melo-Dye, qui s’engouffra hâtivement dans sa couette en se frottant son tibia fraîchement marri par une récente morsure déjà évoquée plus haut, et se reprochant de ne pas avoir été aussi fine que les autres conspiratrices pour obtenir une couche digne d’elle…
Au dessus du groupe, qui fut abandonné dans une sorte d’étable glaciale et humide sous les toits de l’opulente demeure de Vinchmor, Satan déployait ses sombres ailes… L’esprit déjà occupé par cet exercice mystique aux desseins occultes (le déployage des ailes sataniques, donc), l’enveloppe charnelle de Satan, connue autrefois sous le nom de Necsipaal, fut parfaitement incapable de se glisser en silence dans une simple couette sans déglinguer à plusieurs reprises le fragile lit pliant. La scène vira à la parodie de séance d’automutilation sado-masochiste lorsque dans un dernier effondrement de lit, Satan éructa, au milieu de vapeurs de houblon frelaté, un fort peu discret : « Waaaaah ! Pu[censuré]in ! Je me suis éclaté le doooos ! ». En écho, la voix éperdue de Moraldandil clama : « Il y en a qui essayent de dormir ici ! » et provoqua aussitôt l’hilarité scabreuse de tous les dormeurs, définitivement marris, possédés… et frigorifiés.
Au milieu de ce souc, Irulan, connu sur JRRVF sous le pseudonyme elfico-parodique de Dunminuial jeta traîtreusement l’éponge et gagna un confortable canapé dans le salon dévasté de Vinchmor et Danièle en maugréant un mesquin : « C’est nul !!»
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4.
Samedi 8 mai. Au matin.
(par
ISENGAR, ajouté le 13/05/04 13:56)
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| A l’heure où tous les maires de France prononçaient leur discours en souvenir des millions de morts d’une guerre que tous les chefs d’état du monde entier semblent avoir oubliée, les lurons du Paimpolevala, moyennement frais et à peu près dispos, entreprirent de visiter les environs...
Menée par un Vinchmor gonflé d’orgueil devant la beauté de son pays sous un soleil inattendu, la marmaille, augmentée de Jean, venu en voisin, se déversa mollement vers la promenade du bord de mer. La mer, sise céant à l’est, stupéfia Silmo, psychorigidement convaincu de la grande vertu et de la haute normalité de l’occidentalité océane. L’autochtone hôte conduisit ses troupes par un chemin littoral jusqu’à la fameuse abbaye de Beauport. Arrivés devant la grille fermée de l’abbaye, tous se retrouvèrent fort marris de ne pas pouvoir aller plus loin. L’agile et bondissante Kendra tenta l’escalade, mais renonça après quelques mètres. Diverses incantations furent prononcées par les visiteurs : « Mellon, mellon ! », « Edro, edro ! », « Amenez Grond !», « Attention, je vais te modérer, grille !», « Satan t’ordonne… » etc… mais rien n’y fit ! « Marrie soit celle qui peu s’entrouvre... » fit discrètement une voix philosophe dans le tumulte, invitant ici à un double niveau de lecture graveleux typique… Mais les grilles restèrent définitivement closes.
On décida de faire le tour. L’abbaye était entourée d’un manteau d’étangs malsains et de fondrières marécageuses marries où se mêlaient roseaux et parapluies abandonnés. Dans un bassin décoré de rouches, attirant l’attention des curieux, un surprenant tourbillon avalait l’eau comme si on avait affaire à une vulgaire baignoire… « Un siphon, phon, phon…» fit caustiquement Isengar en mimant des marionnettes avec ses mains. Mais ses collègues évacuèrent finallement les lieux, repoussés tant par les fétides relents de ce maresque marri que par l’humour de l’incompris maître Touque…
Après un petit tour au coeur d’un impressionnant et dépaysant champ de roseaux, tous se retrouvèrent devant la romantique ruine de l’abbatiale. Ici se mêlaient art gothique primitif et rayonnant ainsi qu’une touche plus ancienne de sobre ferveur romane bretonne. Le tout au milieu d’une quiétude mystico-celtisante où semblaient se plaire d’aimables et discrets oiseaux. Elwë, empereur des pieds dans le plat, entama le marrissement des lieux par un discret et poli : « Eh ! L’eau du bénitier est toute croupie ! » « C’est pas pour bénir, c’est pour marrir ! » enchaîna une voix qu’on supposa être celle de ce mécréant d’Hisweloke, à moins que ce ne fut celle de ce Gawain, au timbre caméléon... « C’est nul !! » termina Irulan. Enfin, profttant de l’accoustique des lieux, Satan clama des vers sous le contrôle de Gurth, autoproclamé professeur honoraire es-grondements, et la belle abbaye se transforma en une ténébreuse plate-forme de douteuses tentatives d’éructations black-métalleuses de bien mauvais aloi... « Grrrrrrûûûû ! Grrrrrrrraaaaaaaoooooooooo ! Grr... teheuu ! Kof ! Kof ! »...
Et tous de fuir au loin pour ne pas se prendre une pierre chancelante –cas typique de manifestation divine colèreuse– sur le crâne... De toute façon, l’heure de l’apéro approchait...
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5.
Sir Gawain in the Green Night
(par
Pascal Preter, ajouté le 13/05/04 14:25)
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| En Bretagne au-delà des vagues Toujours il vente dans les arbres Sur le bord des route en zigzag Où, quand un pauvre hère perdu Tend le pouce, lors restent de marbre D’infâmes voitures malotrues.
Moi, Sir Gawain le bien nommé, Devait rejoindre d’autres cinglés, Des orcs, des bardes, de doux prophètes, Pas encore de gentils amis, Mais quand même des Tolkiendili, Tous réunis pour faire la fête.
Plein d’impatience, sautant, planant, Le sac à l’épaule, sans monture, Gringalet au bercail restant, Je montai hardiment dans le bus, De mon timing tout-à-fait sûr. Travaux ! Restez donc à Fréjus !
Un trajet court de vingt minutes Se changea donc sournoisement En un sprint de tortue en rut. Que ne partis-je donc à pied ! Oui, j’ai fait le tour du cadran, Et je peux dire que ça fait skier !
Au revoir, dernier train du jour A aller plus loin que Morlaix ! Plus d’autre choix ne me restait Que de faire visites de bourgs. Travaux ! Encore vous ! Ne laissez Point le bus encore stationner !
J’eus bien le temps d’appeler Yann, Et, submergé de triste opprobre, Lui fit connaître d’un ton sobre Mon retard digne d’un bonnet d’âne. Enfin le gros bus démarra Mon voyage commençait là.
Finalement, sonnaient vingt heures Quand j’arrivai à l’échangeur. Diantre ! Plus de deux heures pour aller Là où depuis mon fier logis Je mets un petit quart d’heure à pied. Encor’ j’en rage, j’écume, je fris !
Là, pouce en l’air, j’attendis peu. Un bolide retentissant De techno, rempli de morveux Probablement en boîte allant, M’amena, sans grande prouesse, A l’entrée de la voie express.
Content de quitter un vacarme Pouvant aux sourds tirer des larmes ! Cinq minutes d’attente suffirent Pour trouver quelqu’un qui roulait Et qui accepta de conduire Un pauvre hère jusqu’à Morlaix.
Là, un grand vavasseur rougeaud Me fit monter dans son tacot M’assurant avec force joie Que passer par Lannion la ville Etait plus direct, plus facile Pour l’auto-stoppeur en émoi.
Laissé en plein pays de boucs, Posté à un rond-point sortant Je me tenais, pouce jaillissant, Et regardait passer les ploucs, Aux pots d’échappement à l’œil sombre Et narquois, parmi les concombres.
Cela une demi-heure durant Avant que je n’aille de l’avant Sans un seul regard en arrière. Traversée champêtre terrible Que d’autres que moi, l’invincible, Auraient finie sur le derrière !
Au bout d’une autre demi-heure, Bien que du noir n’ayant pas peur, Je commençais à me demander Si hélas je ne risquais pas D’arriver à Lannion à pied… C’est là qu’un miracle arriva…
Car j’avisai, non loin d’un stop, Une belle voiture s’y arrêtant. Vif comme l’éclair zeussien, hop !hop ! Je bondis, pouce dressé au vent.
Espoir revigoré, pourtant En gorge un cri tonitruant, Un vibrant « c***ard » qui punit Cette autostoppeurophobie.
Mais non, la voiture s’arrêta. Arrachant presque la portière Je vis une jeune fille aux abois. Vif, sortant mes clés, je lui mis Mon trousseau sur la jugulaire Menaçant : « La course ou la vie ! »
Elle accepta, sourire aux lèvres, Et se révéla fort aimable Sous ses cheveux couleur de sable. Le trajet fut loin d’être mièvre. Eh ! Je suis Gawain, tout de même, Chevalier que tout’ femme aime !
Nous nous quittâmes finalement : J’étais de retour sur la voie Express qui menait à Guingamp. La fille, fort marrie de me quitter, Me dit, trémolos dans la voix Ce conseil : « Te fais pas shooter ! »
Peu après l’émouvant départ, Yann m’appela sur le portable. Je lui répondis dans le noir : « Ch’uis entre Morlaix et Lannion, A pied ! » d’un ton de voix affable, Quand j’écartai vouivres, loups et lions.
Il me proposa aide prompte Sitôt qu’à Guingamp je serai. J’acceptai, vraiment guilleret, Car mes pieds me semblaient de fonte. A Guingamp, un bref coup de fil Et la dure épopée finie !
Après une verte campagne Je cheminai finalement Sur une route digne de l’Allemagne Aux verts panneaux, aux verts décors. Une nuit verte, c’était vraiment, Où je luttais contre le sort.
Au bout d’une autre demi-heure, Bien que du noir n’ayant pas peur, Je commençais à me demander Si hélas je ne risquais pas D’arriver à Lannion à pied… C’est là qu’un miracle arriva…
Deux personnes allant à Guingamp Me firent espérer autre chose Qu’un’ nuit dans un hôtel morose A Lannion, voir’ même dans les champs. Je grimpai dans le véhicule. Déjà loin semblait le crépuscule.
Un bon quart d’heure à écouter En arabe mes sauveurs parler. Ils se trouvaient être sarrasins. Souvent bière coulait dans le gosier Du conducteur, quand son copain Lui parlait jusque dans le nez.
Puis me parla le passager En m’arrachant à mes pensées. La première fois, je ne compris pas. Me parlait-il donc en français ? La seconde enfin comprenais : « Tu veux un’ bière ? » « Ben oui ma foi ! »
Dans le centre ville de Guingamp, Mes deux messies me déposèrent. Aussitôt, plus vif que l’éclair, Et mon portable dégainant, J’avertis Yann, j’allais bientôt Retrouver de joyeux zozos !
L’arrivée plus que salvatrice De Danièle, honorons son nom, Me plongea avec fort délice Dans une ambiance paimpolaise, Où je retrouvais mes compagnons Pendant deux jours, à Dieu ne plaise !
Moi, Sir Gawain le bien nommé, Avait rejoint d’autres cinglés, Des orcs, des bardes, de doux prophètes, Tout de suite de gentils amis, Et surtout des Tolkiendili, Tous réunis, faisant la fête.
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6.
Samedi 8 mai, début et fin d’après-midi...
(par
ISENGAR, ajouté le 14/05/04 08:21)
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| Après un solide barbecue arrosé honnêtement –car la conscience angoissée du déclin des réserves de gnôle du père Vinchmor commençait à trotter dans les crânes de certains– on paressa un peu devant la démonstration des demoiselles Laegalad et Kendra, aussi habiles à la flûte qu’au chant. Elles préparèrent un terrain poétique et agréablement celtique parfait pour le lai récité par le talentueux Moraldandil. Un lai dont Gawain le marri fit le honteux et scandaleux plagiat évoqué ci-avant… Cet interlude délicieux au milieu du marrissement général prit, hélas, brusquement fin lorsqu’on décréta de faire une photo de groupe. Sombre idée : la harde hagarde se rassembla sans finesse et se laissa mitrailler par les appareils photos successifs comme s’il s’agissait ici d’une équipe de foot en partance pour une hasardeuse coupe du monde asiatique… Et on fait le beau, et on se marche dessus, et on se retourne pour discuter ou bien on se frotte les yeux au moment du flash… tandis qu’au milieu du bordel, Satan, imperturbable, conserva sans ambiguïté la même position : genoux droit sur le sol, main gauche à moitié ouverte sur le signe de ralliement des adeptes du Marrissement d’Arda, tête et visage camouflés par une noire capuche.
Les photos enfin prises –moment irrésistible ! A mourir de rire… A moins d’être complètement coincé dans sa tête et dans ses fondements (Message personnel : Alfonso, si tu nous regardes…)– on décida de partir à la recherche des falaises de Paimpol... Szpako, en pleine forme, s’était éveillée à l’heure où les grands-mères sont installées devant les Feux de l’Amour. Elle prit courageusement sur elle de conduire la pitoyable légion des tolkiendili (qui ne songeait qu’à faire une bonne sieste réparatrice) dans cette promenade au fil de l’eau pleine de promesses.
Pleine de promesses et de douleurs...
Voyez Irulan, déjà épuisé par une courte et bruyante nuit, chargé par la partie du groupe la plus lente de partir en éclaireur pour faire le lien avec la troupe des plus rapides afin que personne ne se perde... bien que ses jambes fussent lourdes et son souffle court, il accomplit sa tache héroïque tel le pauvre soldat chargé d’annoncer à l’Aréopage d’Athènes la victoire des Grecs à Marathon. On connaît l’issue glorieuse mais fatale de la célèbre course du fameux hoplite... Mais Irulan, bien qu’ayant tout juste survécu, fut à peine remercié et reconnu pour ce geste épique... « C’est nul !! » précisa-t-il…
Voyez Isengar, qui accompagna un temps le pauvre Irulan dans cette quête. Bien moins endurant que son compère de souffrance, auto-persuadé de maîtriser à donf tous les secrets de l’art de la promenade, il trouva le moyen de s’égarer dans un maquis paimpolais qui, rappelons-le, ne possède qu’un seul et unique chemin...
Voyez Melo-Dye, avançant chancelante sous le poids énorme d'un manteau de cuir de Mûmak et essayant de corrompre ses co-randonneurs masculins, Elwe, Gurth et Gawain afin qu’ils confectionnent pour elle un salvateur palanquin improvisé d’où elle pourrait sans efforts contempler le paysage tout en s’en grillant une au soleil...
Voyez Hiswelókë, alias Dongann le sans-bonnet. Convaincu de la rassurante épaisseur du cuir de dragon, trop habitué peut-être à la fraîche brume dont il sait habituellement entourer ses mystères, il fut victime d’un bombardement hostile de rayons solaires juste sur le sommet du crâne. Ironie du sort, ce couvre-chef inédit donnait désormais à ce mécréant notoire l’allure d’un authentique cardinal breton...
Voyez à nouveau Irulan, en short, les jambes rougies et tuméfiées par la caresses des ronces et des orties, qui explosa ses sandales sur les obstacles mesquins du trajet tortueux. Contraint de finir la promenade –et le séjour– nu-pieds, il grommela un énième : « C’est nul !! »
Voyez le pitoyable cortège, enfin, et tous les discrets qui souffrirent en silence, tel Pierre, Tirno, Elodie, Arathorn, Romaine, Yyr, Laegalad, Jean, Sylvie... tous partis soudés et chantants, ils se retrouvèrent dans une caravane miséreuse, effilochée sur plusieurs kilomètres, scandant avec aigreur « Chacun pour soi, et Satan pour tous ! » et cherchant encore en rêve –et en cauchemar– la fameuse falaise de Paimpol... |
7.
le regard du Bonzaï marri ....
(par
Martine Lejeune, ajouté le 14/05/04 09:03)
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| PAIMPOLEVALA … un peu de poésie dans ce monde de hobbits bourrés …. Hors du temps nous chûmes, électrons subitement libérés, De nos contrées terrestres temporellement échappés Reléguant derrière nous quotidien et tristes idées Nous partîmes gaiement, nous attendait l’Ouest rêvé
Peu à peu nous remplîmes la maison, nos hôtes nous attendaient Groupes éparpillés dans le temps et les espaces, nous étions là Nous retrouvant amis mais ne nous connaissant souvent pas Déjà plus rien ne pouvait arrêter les chants, les rires qui fusaient
Ni la table remplie de victuailles nombreuses Ni les heures qui passent ne sauraient endiguer Les mots qui s’entrelacent, discussions débridées Les idées qui s’entrechoquent, les arguties fumeuses
Ombre nocturne qui plane sur nos vies suspendues L’aile maléfique prit bientôt son essor invincible Entraînant dans sa folie nos pas sous la nue Et posant sur nous sa marque indicible
Au matin dans le vent nos pas entraînés Oubliant au soleil la nuit ensorcelée Découvraient à nos yeux à peine éveillés La mer et ses rivages, les ruines enfermées
Au rythme des vers, aux flûtes succédant Nous laissâmes nos âmes dériver doucement Loin du monde agité nous nous étions enfuis Au sein du bienheureux pays de Faërie
Nous secouant enfin de cette poétique léthargie L’appel du vent nous sortit de nos rêveries Et nous jetâmes nos pas dans un sentier aperçu Le matin même mais encore inconnu
Jacinthes sauvages, primevères dorées Bordaient nos pas de leur fragilité Ecoutant sans fin les grands arbres chanter Dans la fraîcheur du bois on se sentait voler
Mais la route brisant abruptement cet élan Nous rejette bientôt entre forêt et champs Las, nous cheminons encore d’un pas leste Evitant herbes hautes et orties d’un seul geste
Enfin par le soleil et la soif oppressés Au bout du compte il nous faut retourner Oh combien de fois avons nous enchaîné Les simples mouvements pour avancer les pieds
Rire à présent est question de survie L’espoir nous porte sur nos pieds marris Au bout de la route en ordre dispersé Enfin les Tolkiendili sont tous rentrés
Soifs étanchées, les mots reprirent leurs droits Corps effondrés mais jamais rien n’empêchera Les idées les plus folles de fleurir ici bas On les moissonne en vrac, on rit sans foi ni loi
Ni la table remplie de victuailles nombreuses Ni les heures qui passent ne sauraient endiguer Les mots qui s’entrelacent, discussions débridées Les idées qui s’entrechoquent, les arguties fumeuses
S’enfoncer enfin dans la douceur nocturne bercée d’histoires Peuplée d’images d’animaux fantastiques, destinées aléatoires On efface les traces, on oublie les douleurs Jusqu’à ne garder que l’empreinte du bonheur
Au matin le soleil avait presque chassé le vent Encore marris nous vaguebullions hasardeusement Tandis que peu à peu la conscience nous venait Qu’aujourd’hui pour certains le voyage finissait
Même encore sur ce seuil douloureux Musique vint aussi adoucir nos yeux Pour encore cueillir quelques fleurs irréelles Avant de partir une ultime étincelle
l’histoire pour moi s’arrête ici même si j’en suis fort marrie |
8.
Samedi 8 mai, soirée et nuit...
(par
ISENGAR, ajouté le 15/05/04 00:57)
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| Pauvre Silmo, à qui fut attribué les affres de la corvée-cuisine pour trente affamés –dont certaines et certains, rappelons-le, sont d’authentiques hobbits de la catégorie la plus extrême : ceux qu’on ne rassasie jamais !
Sur l’extraordinaire et féerique paella de maître Silmo, rien de particulier à dire. Elle était parfaite. Ce que le journal d’Isengar dénonce avec la virulence d’un clochard à qui on a confisqué sa Villageoise, c’est l’extrême petitesse des portions ! Notre ami commun n’eut, ô scandale, ô crime de lèse-touquerie, que deux assiettes seulement pour satisfaire sa juste faim…
Kendra, survoltée (peut-être des suites de la morsure satanique dont elle fut victime la veille), tint absolument à entraîner ses tranquilles compères dans une celtique sarabande aux paroles douteuses. La patoise litanie, évoquant les grandes heures de Malicorne ou de Tri-Yann, refoula le gang des buveurs de bière métalleux vers le canapé du fond : « Il ne peut y avoir qu’une seule « Mule », proclama l’un d’entre eux : Celle chantée par Deep Purple !» Les autres se compromirent dans cette burlesque démonstration des divers talents de la demoiselle Kendra. Et le pauvre Moraldandil, victime des brûlantes bienveillances de sire Anor (comprenez « coup de soleil ») se démena comme un diable marri pour prononcer de gutturales et grimaçantes paroles en essayant de souffrir le moins possible…
Le soir vint. Une partie du groupe glissa vers une des chambres du gîte pour profiter des talents de conteurs de Kendra (encore elle !) et de son nouveau maître, Satan en personne… L’elfique stéphanoise nous conta une charmante histoire dont nous ne dirons rien ici pour des raisons tout à fait mercantiles de copyrights, à moins que l’auteur de ce pathétique journal, en état de marrissement perpétuel et épuisé par la grande promenade sur les introuvables falaises, ne se soit endormi pendant une partie du conte… Satan prit la suite. Glissé sous les traits de Necsipaal, il nous conta l’ultime chapitre encore inédit d’une étrange et envoûtante nouvelle écrite par un certain Skiaphoros, qui ne semble être qu’un pseudonyme marrissant de Satan lui-même... Le récit évoqua des serpents, des chutes horizontales et beaucoup de tristesse. Un chef d’oeuvre, à notre humble avis... un chef d’oeuvre sur lequel un cinéaste de notre connaissance ne mettra heureusement jamais ses marrissantes mains...
Bien que la nuit fut sérieusement avancée, on battit le rappel des troupes pour préparer un jeu de rôle. Certains étaient dans un tel état de fatigue qu’ils déclinèrent l’offre et filèrent sous les combles glacials pour se glisser dans une nuit sans rêves. Les autres se risquèrent dans un simulacre de JRTM hasardeux dont les règles furent improvisées par Satan lui-même, c’est dire ! Si les informations fournies par les témoins se révèlent exactes, il semblerait au moins que Tar Palantir, Irulan, Yyr, Gawain et peut-être d’autres, se soient fourvoyés dans cette expérience fort marrissante dont les suites malsaines se prolongèrent jusqu’à la nuit suivante... |
9.
Dimanche 9 mai, de l’heure de l’apéro à celle du pousse
(par
ISENGAR, ajouté le 16/05/04 01:18)
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| Le réveil fut rapide pour la plupart des locataires des combles frigorifiées –sauf les rôlistes qui, déjà marris pour la plupart par un occulte tarot perpétré en secret la veille au soir, se couchèrent au lever du soleil… Isengar qui sortit de son sac de couchage les mains bleuies, les lèvres gercées et les cheveux couverts de givre, nota qu’il faisait bien plus chaud à l’extérieur qu’à l’intérieur… Une promenade en solitaire sur la plage de Paimpol lui permit d’observer les signes d’un ciel non marri et de constater que la journée serait particulièrement ensoleillée…
Tous se levèrent, un par un… tous ? Non. Une poignée d’irréductibles tolkiendili résistèrent à l’éveil. Tous les rôlistes de la veille, menés par un infatigable Satan/Necsipaal en maître de jeu, avaient d’atténuantes circonstances, mais la marmotte paimpolaise, plus connue sous le nom de Szpako, profita honteusement et au-delà de tout délai honnête du confortable lit du « gîte d’en face », désorganisant ainsi tout le solide programme finement élaboré des mois à l’avance par Vinchmor.
La matinée passant, et voyant que les dormeurs ne se réveilleraient pas aussi vite qu’on l’aurait souhaité, on décida de passer à la très attendue prestation musicale des duettistes Edrahil et Moraldandil. On se dirigea vers le salon de la maisonnée de dame la mère de Vinchmor, sise dans le prolongement du gîte. La troupe bruyante et grossière investit la place, où trônait un authentique piano à queue. Les canapés furent monopolisés par les plus rapides et les plus discourtois de la bande, laissant leur propre patron, Cédric, webmaistre d’un certain site que vous connaissez peut-être, s’asseoir lamentablement à même le sol…
Les entrailles tétanisées par un trac marrissant, Edrahil et Moraldandil s’installèrent, tremblants et tendus, au piano. Ils devaient se sentir si petits sur leurs chaises, face à la multitude terrifiante des touches noires et blanches du clavier, et dos à la multitude de leur public qui attendait que le concert commence.
Moraldandil entama le récital par un morceau de Debussy. Le piano trembla d’étonnement sous les coups rythmés de son talent et Debussy fut redécouvert sous un jour nouveau par la tripotée d’incultes qui constituait la masse de l’assistance. Lorsqu’Edrahil, timidement s’avança vers l’instrument, encore parcouru des palpitations du plaisir d’avoir été bousculé ainsi, l’éblouissement général monta d’un cran supplémentaire. Les doigts agiles de celui qui venait à peine de fêter ses dix-huit printemps parcoururent les touches d’ivoire qui se donnèrent lascivement à son adresse et à sa technicité.
Les deux artistes, repoussant le marrissement bien au-delà de tout ce qui avait été décrit dans les chapitres précédents, continuèrent et continuèrent encore de faire sortir des notes dansantes, des harmonies envoûtantes, sautant de croches en triple croches, de notes solitaires en accords vibrants…
Le public, muet et stupéfait, but la démonstration avec délectation et se nourrit de la belle musique. Et ça tombait bien, car l’heure de l’apéro était déjà bien entamée, puis largement passée et les estomacs de certains grands mangeurs commencèrent à gargouiller péniblement…
Et l’heure des premiers départs vint. Beaucoup plus vite que ce qu’on aurait cru. En plein concert, maître Tirno et dame Elodie-Anardaiel durent prendre triste congé. Ils se dépêchèrent de prendre un copieux mais rapide en-cas, étant ainsi les seuls à avoir mangé à peu près à une heure décente...
Et Satan et Szpako, chacuns de leur côté, n’étaient toujours pas éveillés… Bien que fut largement passée l'heure du pousse-café...
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10.
Dimanche 9 mai, après-midi.
(par
ISENGAR, ajouté le 17/05/04 14:13)
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| Les premiers départs furent donc bien vite une triste réalité... Arathorn et Jean, dés le samedi soir, avaient inauguré la triste litanie. Suivis dimanche midi, sous un air de Debussy, d’Anardaiel et Tirno.
L’Après-midi vit, hélas, le triste départ de dame Romaine et de sire Hisweloke, et celui, tant redouté, de Kendra, Melo-Dye et Gawain, trois des survivants de la fameuse nuit des morsures, dont deux sont d’incontournables et mécréants anti-jacksoniens notoires... On pouvait gager qu’avec leur départ, un peu de marrissement disparaîtrait de la maison de Vinchmor et de sa dame. C’est en tout cas ce qu’espérait Yyr l’étoilé, impatient de voir son séjour revenir à la lumière de Faërie... Notons d’ailleurs que Satan lui-même visa d’un oeil noir la partance de ces deux redoutables complices, ce qui était un sérieux gage d’espoir.
Quoiqu’il en soit, avec le départ de ces trois-là, les choses virèrent subitement au culturel et à la saine ambiance de travail. Et les orgies, la débauche, les morsures et la lente et peu subtile clochardisation des convives passa en second plan... De toute façon, toute la réserve de casse-pattes et de tord-boyaux du père Vinch’ avait été sifflée en deux jours, et il ne restait plus qu’un fond de champagne qui servit de petit déjeuner à Szpako, génialissime stakhanoviste de la grasse mat’ dans sa version la plus tardive...
On retrouva donc le monde de Tolkien, qui à l'origine, était le pretexte avancé pour le rassemblement de tous ces marginaux dépravés.
Dans ce nouveau contexte sobre et studieux, la foule réclama Isengar, qui n’eut aucune possibilité de se défiler. Saturé de café noir, l’infâme cadet du Vieux Touque osa une sordide redite de ses anciens succès, dans une version malgré tout fortement marri par des commentaires appelant à plusieurs niveaux de lecture fort graveleux... La présence de Satan non loin de lui explique sans doute les dérapages... Quoiqu’il en soit, la recherche sur l’onomastique hobbite, déjà embryonnaire et confidentielle, reçut cet après-midi là un coup d’arrêt fatal. Au mieux ne sortit-elle pas grandie du désastreux exposé...
Puis la foule réclama Szpako, qui n’eut à son tour aucune possibilité de se défiler... Tout à fait réveillée (quoique...) la belle enchaîna avec un exposé aussi occulte que lumineux (pour ne pas dire numineux) sur l’intervention divine dans le Seigneur des Anneaux. Une rumeur tenace prétend que l’intégralité de l’exposé figurera un jour prochain dans les carnets de JRRVF... Tar Palantir peut s’en réjouir, lui qui ronfla comme un cochon tout au long de la démonstration…
L’après-midi passant, d’autres malheureux départs ternirent quelque peu l’ambiance de débauche, déjà fortement entamée… Edrahil s’en fut rejoindre de passionnantes révisions mathématiques. Il ne voulait pas partir, le pauvre hère, aussi fallut-il l’enchaîner, hurlant et gesticulant, et le renvoyer dans une malle postale au tarif urgent à ses parents… Szpako et Maël s’éclipsèrent ensuite, plus sagement.
On enchaîna alors –déjà nostalgique, bien que le séjour ne fut pas terminé pour certains– avec le classement des nombreuses photos prises depuis vendredi par certains des convives. Les richissimes et pédants propriétaires d’ordinateurs portables et d’appareils-photo numériques purent ainsi faire un prétentieux étalage de leurs biens à la pointe de la technologie humaine : Elwe et son impérial appareil photo numérique, Isengar avec son marrissant ordinateur portable d'une valeur équivalent à celle de la Comté toute entière, et Cédric avec –comble de l’arrogante et richissime modernité avant-gardiste– à la fois l’un et l’autre de ces deux appareils que seuls peuvent s’offrir certaines catégories aisées et favorisées de la population en ces heures de morosité économico-sociale…
Moins suffisante et plus en phase avec les réalités de l'Arda d'en-bas, Laegalad et sa flûte, que certains des convives avaient déjà eu l’occasion d’entendre lors du rassemblement des Tolkiendili à Pibrac, firent un apaisant et délicieux concert à la bande des restants, devenue fort sage.
Quelle délicieuse et rayonnante introduction musicale pour l’intervention étoilée de maître Yyr. Celui-ci exposa en quelques lignes un complément à ses brillantes réflexions sur le marrissement d’Arda. Un marrissement dont les derniers jours de haute débauche que connut Paimpol sont un exemple édifiant. Cela n’étonnera personne de savoir qu’à l’issue du merveilleux exposé, qui, précisons-le, fut préparé et pensé par Yyr sur les lieux même de l’assemblée paimpolesque (c’est à dire au cœur d’une immense et pétaradante beuverie), seul Satan –par la voix de son enveloppe charnelle marrie, l’inénarrable Necsipaal Eldomë– prit soin d’apporter la contradiction à l’Etoilé de JRRVF…
Puis le soleil déclina lentement et la fin d’une course vers l’Occident annonça la nuit et son corollaire : le réveil de Satan…
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11.
Dimanche 9 mai, dernière nuit…
(par
ISENGAR, ajouté le 17/05/04 19:21)
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| « On fait un blind test ? on fait un blind test ? » Cette redondante rengaine marqua toute la fin du sordide séjour des Tolkiendili à Paimpol. Son pénible auteur, qui fanfaronnait dés les premières heures du Paimpolevala avec son coûteux et malfaisant PC portable, montrant par-ici sa progéniture en photo, déballant par-là des secrets professionnels liés à de suspectes activités au sein du ministère de la déséducation nationale, plombant enfin l’ambiance avec sa pénible manie d’imposer à tous une musique aimée de lui seul (et de quelques marrissants complices, mais nous y reviendront…), son pénible auteur donc, finit par obtenir gain de cause à l’occasion de la dernière soirée au Ker-Vinchmor .
Tandis que les autres convives choisirent la lumière et se concertèrent autour d’une table pour s’initier, sous la coupe et la casquette de maître Silmo, au jeu du Mah-Jong, Isengar et ses candidats à la ridiculisation, se mirent au bout de la table principale, entourant le PC qui devait servir de ridicule platine pour le jeu biaisé qui s’annonçait…
Et le simulacre de quizz musical, malheureusement, osa débuter… On se rendit vite compte que le panel des morceaux se réduisait à un genre unique : le rock. Et que tout fan de Mike Brandt, de Sheila ou de Boney M, se retrouverait vite dépassé par les événements… Les concurrents, se sentant fin prêts pour ce genre de quizz qui -enfin- semblait correspondre à leurs goûts musicaux, déchantèrent très vite.
Les premiers extraits défilèrent, pénibles et inaudibles… « Led Zeppelin ? Black Sabbath ? Juda’s Priest ? Iron Maiden ? Megadeth ?… » bombarda Satan, citant là autant de groupes dédiés à sa sombre cause… « Les Doors ? Jefferson Airplane ? Janis Joplin ? Love ? Greatfull Dead ?… » tenta Gurth qui comptait sans doute faire croire qu’il s’y connaissait en groupe de Rock de la côte ouest… « Beatles ? Rolling Stones ? Queen ? Supertramp ?… » glissa Elwë, s’embourbant dans de tristes généralités indigne d’un bon gars de son impérial rang… « Moustache ? Marcel Amont ? Patrick Topaloff ? Alizée ? » Essaya Tar-Palantir qui expérimentait de nouvelles formes de réponses…
Yyr, encore enveloppé de la lumière de son brillant exposé de la fin d’après-midi, s’approcha du groupe des ténébreux galériens du savoir musical. Il apportait une forme de caution féerique aux labeurs intellectuels pénibles et pathétiques de ses co-paimpolais. « Pink Floyd… ? » fit-il, superbe, avec ce ravageur sourire propre à ceux qui ont continuellement un pied en faërie.
« Pink Floyd. » confirma Isengar, accordant un point mérité au défenseur incorruptible et immaculé des choses de l’Arda immarie.
A côté, les joueurs de Mah Jong s’initiaient à des choses étranges… Entre deux éclats de rire, on pouvait entendre des « Tshaw ! », « Pung ! », « Kong !» et autres suspectes chinoiseries, que maître Silmo aux mains élégantes semblait maîtriser à la perfection.
Le simulacre de questionnaire musical continua ainsi en ce qui sembla être une succession d’heures douloureuses… Au fur et à mesure, le pédant et arrogant Isengar (Alfonso, si tu nous regardes…) commença à faire son petit prof et à alourdir le jeu de pesantes anecdotes et de réflexions blessantes sur la nullité des participants… « Alors là, si vous trouvez qui chante… !» De fait, ils ne trouvèrent pas. « Fastooooche, bande de gros nazes ! C’était les Pretty Things ! C’est archi connu, pourtaaaant !»
En fin de compte, Elwe, dans une colère impériale, renversa la table et s’en fut s’assoupir quelques minutes…
A côté, les joueurs de Mah Jong continuaient de se régaler… Entre deux éclats de rire, on pouvait entendre des « Ca vaut bien son pesant de treize lanternes merveilleuses ! », « Vas-y l’ouvreur, fais une brèche dans la colline ! », « Moraldandil, montre-nous tes tuiles ! » et autres asiatiques formules, dont maître Silmo le soleil de minuit de ses disciples, semblait se délecter…
Le blind test prit fin dans une morosité digne du son répugnant et marri qu’éructait l’enceinte saturée de grésillement du PC portable d’Isengar… Signalons tout de même que seuls Tar-Palantir et Satan/Necsipaal sortirent leurs épingles du jeu, Tar-Palantir devançant son adversaire d'un tout petit point...
Pour sa punition, le cadet du Vieux Touque fut contraint de remplacer au pied levé un des PJ (lire « personnages-joueurs », et pas « qui-vous-savez») du jeu de rôle occulte de la veille. Vengeance toute satanique, Necsipaal, en maître de jeu impitoyable, lui refila le plus mauvais perso de son scénar incertain : Giligili le nain… joué la veille par Gawain... c'est dire ! Isengar se pressa de rectifier la graphie hasardeuse du nom de son personnage et la corrigea en un khuzdûlisant Ghilî-Ghilî plus conforme à l’héritage du professeur. En fin de compte, les autres PJ eurent ici affaire à un nain digne des sept compagnons de Blanche-Neige. Dormeur, en l’occurrence… Les divers excès de ce grand week-end aidant, Isengar, somnolent, finit par s’endormir au cœur des phases les plus trépidantes du jeu…
« C’est ça un jeu de rôle ? » fit Elwe, naïf, qui pensait s’initier ici à quelque chose d’inoubliable… « C’est nul !! finit par conclure l’ami Irulan. |
12.
Epilogue
(par
ISENGAR, ajouté le 24/05/04 12:32)
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| On l'aura compris, l'alarmant journal d'Isengar n'a rien de bien sérieux. Il traite des mémorables et charmant événements de Paimpol d'un oeil fortement marri qui ne reflète qu'une partie passablement orientée et déformée de la vérité.
Ne retenons de ces jours de ravissement que les chants, la musique, les discussions, les exposés, les festins et surtout les sourires... des sourires si révélateurs...
Et on revoie en rêve le sourire d'Elisa, sautillante, chantante, l'image même de la joie de vivre et du plaisir de la partager ; le sourire unique et communicatif de Michèle, joyau d'outre-Quiévain et princesse de la Comté ; le sourire de Stéphanie, si agréable et si merveilleux qu'une flûte s'en éprit un jour ; le sourire de Martine, enchantée de découvrir qu'en Faërie, les morsures peuvent prendre la forme d'un c?ur ; le sourire de Sylvie, soulagée de n'avoir rien eu à organiser ; le sourire d'Elodie, dansant entre rires et musiques ; le sourire de Romaine, éclat d'occitan au milieu d'une féerie bretonnante ; le sourire d'Audrey, sur lequel le soleil de bretagne s'offre le plus doux des reflets ; et le sourire de Cathy, illuminant l'assemblée de charmes charmants et de savoirs exquis.
Et on repense, joyeux, au sourires de Necsipaal, de Guillaume, de Christophe, de Gilles, de Maël, Pascal, Nicolas, Pierre, Jean-Rodolphe, Jérôme, Didier, Jean, Cédric, François, Grégory, Bertrand, Lionel, Julien, Bastien...
Et puis aux sourires de Danièle et Yann, soulagés que tout se passe bien, et heureux d'avoir été à l'initiative de ce petit bout de bonheur?
Le sourire d'Apolline, enfin, symbolisant à lui tout seul toute la malicieuse magie du Paimpolevala, et apportant la preuve que sur notre bonne vieille Terre, il existe encore des havres immarris, des petits coins d'Arda Alahasta.
Et sur Paimpol, désormais, brille un bel éclat d'étoile.
Merci Danièle, merci Yann. Merci à tous !
?C'était pas nul !!?
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13.
Où la mer et le ciel se noient dans les brumes...
(par
Stéphanie, ajouté le 24/05/04 15:00)
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| Samedi 8 Mai, quelque part entre 7 et 8 heures
Le silence régnant dans le gîte breton me donnait peu d'espoir d'y trouver de la compagnie avant une heure pour le petit-déjeuner. Une heure à remplir... Une heure à combler... Une heure de marche : il y a longtemps que je n'ai pas été à la mer.
Au petit matin, les bancs de brouillard se lèvent dans ma vallée originelle, couvrant le fleuve pour cacher la lessive vaporeuse des Fenettes aux yeux des mortels. Ici, ciel et mer s'embrassent et font rougir le soleil, et les îlots pointent sur le sable encore humide de la marée descendante. Et faute de marcher aux monts comme attirée par un jeune Sylphe, j'irai les approcher, et peut-être rencontrer une Dame des Eaux ramassant des grains de coquillage.
Je sors en silence, et après avoir contemplé un moment le ciel estompé, où le rose se mélait au violet pour répondre au vert des champs, fait crisser sous mes pieds le gravillon. Pas bien d'autre choix que de descendre sur un ruban de goudron ; mais sur les bas-côtés gargouillent des écoulis, égayant la promenade... Compagnons blancs et violettes... encore fleuries ? Le temps musarde ici...
Je préfère couper par la deuxième ruelle à ma gauche, plus sympathique entre ses vieux murets de pierres enlierrés que la route qui poursuit tout droit son but... Les nombrils-de-Vénus tendent leurs doigts verts et lisses vers les clins bleus des véroniques, une pointe de jaune au cœur. The fat cat on the wall looks at me curiously. Bonjour, Griminet ! Et bien, tu m'as l'air tout surpris... Il n'est pourtant pas bien tôt. Malpoli qui se détourne au chant... du merle, me semble-t-il ? Espèce de chat gras, ne va pas chercher à l'attraper ! Non, il descend du mur, passe devant moi sans se retourner et se coule dans le jardin en friche... Tant pis pour lui.
La mer est plus loin qu'il ne m'avait semblé. Je continue de descendre, elle sera bien au bout ; voici l'église, la boulangerie fermée, le petit cimetière – plus fleuri que chez nous. Le chemin tourne à gauche – joli jardin aux clématites en cascadelles répondant de notes roses aux accords blancs des gouets – et... une barrière de pins, une étendue de sable... La mer. Loin, évidemment, mais des canaux laissent paresser des algues et coquillages entre les cailloux. Le sol est étrange, sorte de glaise grise molle et élastique... je préfère ne pas m'y aventurer. Un coquillage jaune viens rejoindre le rouge et l'orangé dans ma poche, grappillés entre deux coquilles Saint-Jacques.
Un peu plus loin, une étendue bien trop verte pour être un sol solide est bleuie... lavande de mer ? Ce n'est pourtant pas la saison. Mais le temps avance et il me faut rentrer... le vent se lève en sourdine, emmêlant mes cheveux que j'ai eu l'imprudence de ne pas nouer.
J'aurais le temps de m'égarer, oubliant de prendre à gauche à la fourche... Ce n'est qu'en passant devant un tapis de primevères et de violettes que je me rend compte de mon erreur... je l'aurais sûrement remarqué à l'aller. Demi-tour donc, l'embranchement n'est pas bien loin.
Me revoilà... En haut de l'escalier, des voix qui se veulent chuchotantes indique la présence d'âmes humaines. La journée commence... |
14.
Paimpolevala, ou la vision de l'hôte, acte I
(par
Yann, ajouté le 01/07/04 10:58)
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| Par où commencer? Sans doute par le début mais où se trouve-t-il? A la boutade du fuseau du recensement qui lança l’idée de réaliser un WE de rencontre ? A la reprise au vol de l’idée par Sylvie ? A ma frustration de ne pas être allé à Pibrac ? Au lancement de l'invitation pour le 8 mai ? A ma déception de ne finalement pas voir MJ et Lingwiel ? Au course à faire pour nourrir les hobbits ? A mes frayeurs devant des bulletins météo qui annonçaient un temps désastreux pour le WE ? A ma joie lorsque je vis le matin du vendredi se lever sur un temps mitigé mais sec ?
Et pourquoi pas par la vision que j'ai eue depuis le velux de ma chambre-bureau où je mettais à plat les derniers détails des préparatifs ? Un bruit de roues sur la route m’a fait lever la tête : une Twingo jaune Citron (hommage discret pour un absent remarqué : Sosryko) s’arrête devant l’entrée de la cour. Une immatriculation de Toulouse, ce doit être Sylvie et Julien (Sylvae et Elwe). En descendant l’escalier pour les accueillir, je ne peux m’empêcher de me dire que normalement, ils auraient dû arriver de la droite et non de la gauche. Mais me voilà dehors, j’oblique vers les garages sous laquelle la petite Renault s’était déjà engouffrée. Et me voici en présence de Sylvie, l’initiatrice du mouvement et de Julien, notre empereur mégalo. Immédiatement, le courant passe. Je leur fait visiter le domaine et Julien éclate de rire en voyant le hamac qui l’attendait dans le dortoir. Il s’en doutait déjà mais n’en est pas moins heureux. Nous redescendons pour tomber sur François (Silmo) qui a fait du tourisme en prenant l’itinéraire longeant la côte. Premières victuailles à ranger dans un frigo déjà bien plein sauf que Julien n’a pas amené le Munster. Bon, je le comprends : voyager avec ce type d’arme de destruction massive n’est pas recommandé.
Première mise à contribution : du poussiéreux grenier, je leur fait réceptionner les meubles de jardins qui attendaient là leur heure. Il faudra les laver. Qu’à cela ne tienne, Julien propose immédiatement de l’aide.. . qui ne va pas tarder avec la première fournée de voyageurs du train qu’il nous faut maintenant aller chercher en gare de Paimpol. |
Script fourni par
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adapté et modifié par .
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