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Apparence  

 

Belgimoot : témoignage d'un farouche guerrier et de ses amis initiés à la pêche au thon marrisseuse de nazgul

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         
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1. Vendredi : chauffer l'ambiance...
(par Giligili, ajouté le 20/09/04 20:49)


Je me levai tôt, le vendredi matin, car le souvenir douloureux d'une épopée nocturne sur les voies et routes désertes de Bretagne hante encore mes cauchemars, à égalité avec Cthulhu et mes voisins d'immeuble... Et, croyez-le ou non, mais je parvins à prendre le train pour Montparnasse. Après avoir fait déranger ma meilleure que je priai diligemment d'aller quérir mon sac de couchage chez mes parents et de me l'apporter à Montparnasse (Lydie gagne un niveau!), je rejoignis Melo-dye et Irulan à la gare du Nord. Là nous nous interrogeames avec ferveur.
"Mais qui est ce Dragon Sacquet que nous devons retrouver à la Gare? Quelqu'un l'a-t-il déjà vu? "
Telles étaient les questions que nous hurlions à tue-tête en pleine gare, sans nous soucier le moins du monde du dérangement que nous pouvions occasionner à un quidam barbichu qui se tenait près de nous. Cependant, au bout d'un quart d'heure, le quidam en question, enlevant probablement des boules quiès imaginaires, vint nous voir et nous dit ces mots ailés:
"Vous allez à Coo?"
Joie! Notre groupe était au complet!

Nous prîmes donc le Thalys et arrivâmes sans encombres à la gare de Liège, où nous attendait une certaine Babel. Intimidés par ces menaces forumistes, nous nous gardâmes bien de hurler "Baaabeeel!" sur le quai. Mais nous allions bientôt avoir autre chose, de beaucoup plus surréaliste, à hurler.
En effet, une certaine demoiselle sur le quai tenait en sa main un sac de poireaux, qui tomba malicieusement par terre, sans que son infortunée détentrice s'en aperçoive. Lors, Melo-dye, Giligili (c'est-à-dire moi) et trois autres quidams du quai crièrent en vrac: "VOS POIREAUX! VOUS AVEZ FAIT TOMBER VOS POIREAUX! OCCUPEZ-VOUS DE VOS POIREAUX!"
La pauvre, rouge de honte, s'empressa de les ramasser, et tout le monde s'abstint bien de continuer à l'accabler, sauf un certain nain qui en rajouta une couche : "C'est bien la première fois que je crie 'Ramassez vos poireaux' dans une gare!"
La voiture de Babel fit ensuite un véritable chemin de croix (si tant est qu'une voiture puisse faire un chemin de croix) dans des sentiers aussi étroits et bosselés que les rues d'une petite ville du sud-ouest au nom évocateur. Puis ce fut l'arrivée tromphale dans le chalet!

Ah! La joie de revoir des visages connus et d'en découvrir des inconnus! J'abrège pour écourter le supplice des personnes absentes.
On dénombrais toutefois des absents de marques : des enclencheurs de joyeux bazar et des étoilés pétris de sagesse, des bardes pipeau au bec et des faiseurs de paella bretonne...
Ce fut un concert de retrouvailles et de découvertes, nous échangions des nouvelles et des bouteilles de bière, nous parlions littérature, films et souvenirs de tolkiendili, et le point d'orgue de cette magnifique soirée fut la narration par le dénommé Gurth d'un bouillant nanar nommé Planète Hurlante. Nous vivions au rythme de personnages capables de macher des lacets, de mater des vitrines grivoises en répétant continuellement "Lache moi les basques", de tuer des enfants qui se transforment instantanément en scies circulaires. C'est quand même beau l'accouplement du progrès scientifique et de la qualité cinématographique!

Puis Elwë Ier ramena Moraldandil le bien nommé, encore tout étonné de ne point avoir fait le voyage avec Edrahil et le fils de Lambertine. Cette dernière, traumatisée à l'idée que son fils se trouvait seul avec Ed' (pour lequel des deux s'inquiétait-elle?), tenta d'accaparer tous les téléphones des personnes présentes, en vain.
Enfin, vers minuit et demi, les deux zigomars parvinrent au logis. Les fourbes avaient traitreusement battu mon record de Paimpol!

Je tiens, à cet instant charnière entre le vendredi et la matinuit (matinuit : néologisme gawainien signifiant la partie de la nuit située entre minuit et l'aube, et démontrant une certaine propension de l'auteur de ce barbarisme à hanter ces heures lugubres) la matinuit, donc, dis-je, de samedi, pour pousser un cri du coeur!
En effet, j'avais jusque là réussi à conserver mes trois bouteilles de chouchen intactes et non-siphonnées jusqu'à l'arrivée du sieur Edrahil, qui permit toute sa contenace elfique et vida une bouteille et demie en dix minutes! Il fallut disposer des gousses d'ail tout autour des rescapées et attacher le nouveau-venu (qui en raison de l'heure tardive de son arrivée, aurait du, tel un certain Gawain à Paimpol, se faire discret, et adopter un humble profil bas) à son sommier, le privant donc d'une soirée qu'il avait commencé à massacrer en tentant d'engloutir un verre d'hydromel par les oreilles!


2. La matinuit du samedi : ça rime!
(par Giligili, ajouté le 21/09/04 19:11)


C'est alors que commença un navrant spectacle. Gurth eut l'imprudence de commencer un concours de bière avec le fils de Lambertine, qui, fourbe qu'il est, l'attendait de pied ferme. Le pied ferme, d'ailleurs, ce dernier le garda, au contraire de Gurth, le pauvre fou, qui pensait pouvoir, bière à la main, rivaliser avec un belge !
Ainsi, pendant que l'assemblée discutait de choses et d'autres, parfois de manière très sérieuse, parfois de manière rigolarde, notre blond camarade (des cheveux longs blonds... faut-il y voir un signe de culte voué à Orlando Bloom?) sombra lentement mais sûrement dans les affres éthylliques de l'ivrognerie coupable. Certains partirent se coucher qui en avaient pourtant beaucoup moins besoin que lui.

La nuit avançait, et Gurth titubait. On peut dire sans exagérer que c'était véritablement lamentable. Pourtant, Gurth soutenait qu'il était encore capable de courir le marathon. Et, à cinq heures du matin, il décida d'aller faire la désormais traditionnelle promenade du mec bourré de la première nuit de tolkienmoot. Il s'y révéla moins imaginatif que Satan, l'initiateur/trice de cette joyeuse coutume!
Il décida d'emmener son rival bierreux, et, nul ne sut pourquoi, le nain Giligili, qui était assis tranquillement, une bonne bière à la main, à bavarder avec quelques sobres gens au sujet du tressage de barbe. Noble de coeur, le téméraire nain, voyant l'état avancé d'ivresse du dit-Gurth, empoigna une lampe torche aux batteries défaillantes, et s'enfonça avec ses deux compagnons dans la nuit fuligineuse.
Nous avançames dans la forêt heureusement totalement dépeuplée, et Gurth s'obstinait à sauter à pieds joints dans les flaques de boue que j'éclairais de ma lampe pour qu'il puisse les éviter! Grrrr! Le malandrin! Le destin me vengea au moment où il décida de se soulager sur le bas coté. Comme il refermait son pantalon, on le vit glisser de côté, puis pivoter, tout en basculant, pour finalement atterir assis dans une grosse mare de boue!
Plus tard, comme nous approchions d'habitations, je décidai sagement de faire demi-tour, de peur que les hurlements avinés de mes deux compères ne sèment la terreur dans le village moite de sueur froide. Je savais en effet de quoi je parlais, c'était le sujet du conte que j'avais préparé pour le week end!

Lorsque nous fîmes notre rentrée triomphale dans le gîte, Gurth exhiba fièrement l'arrière de son pantalon, qui avait pris dans sa chute une teinte plutôt douteuse...
Cet acte poétique décida les quelques personnes encore debout à changer illico de statut. Il était entre cinq heures et demie et six heures.


3. Samedi, avant le déjeuner
(par Giligili, ajouté le 21/09/04 20:01)


Une fois les tolkiendili réveillés, restaurés et revigorés par une bonne douche glacée, Max décida d'emmener tout ce petit monde à une longue promenade dans les bois entourant le logis. Par peur de ce qu'ils pourraient y découvrir, ils choisirent la direction opposée à celle empruntée quelques heures plus tôt par Gurth. Ce dernier fit forte impression, il était en pleine forme, à peine cinq heures après avoir titubé son ultime zigzag vers son lit. Certains cependant restèrent à proximité du gîte pour discuter.

C'est à ce moment qu'apparut la benjamine du week end (si l'on excepte le fils de Rebeca, qui psalmodiait déjà des incantations à Cthulhu malgré son très jeune age) accompagnée de sa mère, suspicieuse envers cette assemblée trollesque aux allures de secte. Les personnes présentes tentèrent de la rassurer, nottament Hiswelokë qui bombait le torse pour faire ressortir son T-shirt où figurait une femme en décomposition...
Leurs efforts furent tout d'abord minés par l'arrivée d'Ulmo, qui, apparemment informé par téléphone des événements de la nuit, clama haut et fort : "Alors... Parait que vous étiez tous bourrés hier?"
Les efforts redoublèrent pendant un bon quart d'heure.
C'est le moment que je choisis pour me réveiller et pour sortir, accoutré d'un T-shirt trop grand, à la rencontre des gens assemblés. Je faisais ainsi honneur à ma réputation de marmotte : souvenez-vous, Paimpolais, seul Satan me battait quand il s'agissait de rester au lit! Apprenant que Gurth était parti en balade, je m'étonnai : "Mais... Euh... Il tient le coup, vu l'état dans lequel il était cette nuit?" L'assemblée regarda Forfirith et sa mère d'un air gêné.

J'eus la satisfaction d'avoir la seule douche tiède du week end...
Quand les promeneurs rentrèrent, la mère de Forfirith se laissa convaincre de nous laisser sa fille en sacrifice. C'était en effet l'heure du barbecue...
Ceux qui, comme moi, n'avaient pas pris de petit-déjeuner le regrettèrent amèrement : le déjeuner fut servi à quatre heures de l'après-midi.
Melo-dye fit alors une erreur qui rendit le nain Giligili encore plus insupportable que d'habitude. Elle mit en effet dans la tête du naugrim une chanson à boire bretonne, dont voici le refrain :

L'eau ne fait rien que pourrir le poumon,
Boutte, boutte, boutte, boutte compagnon,
Vide-nous ce verre et nous le remplirons.
Boutte, boutte, boutte, boutte compagnon.

L'affreux bonhomme allait ainsi chanter à tue-tête cette chanson pendant tout le reste du week end, au grand dam de ses infortunés compagnons.


4. Samedi, après le repas de quatre heures jusqu'au dodo
(par Giligili, ajouté le 22/09/04 19:17)


Pendant le repas, certains parlèrent de la promenade du matin et affirmèrent avoir gravi une piste de ski. Les perfides! Essayaient-ils de berner un nain, à propos de montagnes en plus? Je tournai la tête d'un air hautain, écartant ces inepties de mon oreille sensible...

Puis l'on eut droit aux distractions de la fin d'après-midi, pour aider à digérer. Tout d'abord, une heure de Donjon de Naheulbeuk fit jaillir l'hilarité de nos coeurs, tandis qu'une poignée de randonneurs (vous trouverez le compte rendu de leur promenade dans le prochain chapitre...) nous désertait. On pouvait aisément reconnaître les initiés des vétérans : ces derniers rigolaient toujours AVANT la blague...
C'est donc avec le sourire aux lèvres et la mine réjouie que nous pûmes admirer les magnifiques dessins de babel. C'étaient des dessins en noir et blanc, dont le point fort (à mon humble avis) était les paysages et les textures. Elle dut cependant s'inquiéter quelque peu pour ses oeuvres quand elle se rendit compte que la foule située derrière elle et contemplant le trésor graphique qu'elle tenait en main commençait à créer une bagarre générale, chacun voulant avoir une meilleure vue par-dessus l'épaule de notre artiste. Elle dut ensuite faire face à une masse énorme de suppliques destinées à la persuader de publier ses dessins. Nous ne nous décidâmes à rentrer, bien à contrecoeur, que lorsque le crépuscule nous empécha d'admirer ces merveilles comme elles le méritaient.

Pour ranimer le moral des troupes, Tar Palantir, qui, avec la longue vue, prévoyait sans doute le désastre que son acte allait déclencher, gonfla un joli ballon de baudruche, tout bleu, et débuta un petit volley/foot dans un coin du chalet. Le jeu dura un certain temps, jusqu'à ce que le nain fasse une tête, ou plutôt un nez, et attende, content de sa bêtise, qu'on lui renvoie la balle, comme un fier toutou. Horrifiée, Béatrice s'écria alors : "Pascal! Qu'as-tu au nez? Il est tout bleu!" Mon premier réflexe de nain sceptique fut de ne pas la croire, ce qui dura une seconde, au bout de laquelle je regardai machinalement mes mains. Elles étaient toutes bleues! Cette découverte déclencha une panique générale dans le chalet. Ceux qui n'avaient pas participé au jeu, voyant cette déroute, crurent à un tremblement de terre, à une éruption volcanique, voire à l'annonce de l'arrivée imminente de Peter Jackson au gîte... Mais non, les tolkiendili ivres de terreur se précipitaient juste dans la salle de bains pour y laver qui leurs mains, qui leur pantalon, qui leur nez... Ils se battaient comme des chiffonniers devant les lavabos, chacun craignant que la peinture du ballon ne les consume et les entraîne vers le tourment cruel. Seul Gurth, se souvenant de son pantalon boueux, prit les choses avec philosophie en ricanant : "M'en fous! J'suis déjà crade!"
L'émeute calmée à grands cris de nazgul, nous eûmes droit, vers onze heures ou minuit, à une spécialité culinaire typiquement belge : un couscous, préparé avec amour par Lambertine. La fourbe avait concocté une sauce piquante qui obligea tout le monde à manger près du nazgul pour se rafraîchir le gosier. Elle resta discrète à ce sujet, mais nous nous doutons que son intention était de nous inciter à boire encore plus, à moins que ce ne soit un sabotage de mon conte, que j'aurais pu raconter avec la bouche carbonisée...

Cette excellente transition nous amène donc à mon conte, qui est disponible sur Votre Nouvelle ainsi que dans toutes les bonnes charcuteries. Je dois avouer que j'avais quelque peu le trac, malgré une repétition que j'avais fait à des personnes que je ne désespère pas de voir un jour arriver sur ce site. Comment mon conte allait-il être accueilli? Le trouveraient-ils drôle? Les premières minutes me rassurèrent, et je fus à peine troublée par les ronflements de Melo-dye, que, en bon nain sournois, je laissais dormir en attendant la première occasion de hurler compatible avec la narration. Les derniers passages furent absolument inoubliables. L'auditoire était mort de rire et reprenait difficilement sa respiration, Moraldandil à côté de moi était écarlate et l'empereur, Elwë Ier lui-même, frappait les accoudoirs de son fauteuil qui ne lui avait rien fait.
J'eus ensuite à faire face à une nouvelle vie de star : je signai des autographes, dus fuir une horde de fans hystériques, et répondre le lendemain matin à une pile de lettres d'amour dont le nombre dépassait largement le nombre de personnes féminines présentes.

Mais nous n'en sommes pas encore là. Pendant que les convives allaient se coucher au compte-gouttes, Béatrice, Elwë, Medonnen, Dragon Sacquet, Tar Palantir et moi-même, participèrent, sous la houlette de Dunminuial "c'est nul!" Irulan, au traditionnel jeu de rôles de la matinuit de dimanche. Cette fois, cela se passait dans le monde de Naheulbeuk. J'interprêtait un cousin lointain de Giligili qui, ô coïncidence, s'appelait également Giligili. Béatrice, Elwë, Medonnen, Dragon Sacquet et Tar Palantir interprétèrent respectivement un vilain voleur halfling, une nénelfe ranger, un barbare poischicho-cérébral, un ranger halfling et un barde gnome qui faisait même peur au barbare et au nain.
Je commençai fort en refusant de payer ma bière et, voyant que ma tentative d'intimidation réussissait, en volant la caisse du bistrot! La nénelfe essaya plusieurs fois de se cacher du nain, qui à chaque fois était le seul personnage à la retrouver et à lui coller une baffe pour lui apprendre. L'on apprit aussi que les nains, quand ils daignent quitter leur armure, grimpent mieux aux arbres que les rangers, et que seule la promesse d'une baston peut faire revenir un barbare qui a décidé d'aller à un endroit sans consulter personne. Un événement dont je suis fier se déroula quand l'elfe décida d'aller descendre un escalier toute seule, en éclaireur. Je flairai le bon coup. Les autres s'aperçurent de mon absence, et me virent revenir quelques instants après, une grosse pierre dans les mains, la brandir au-dessus de l'escalier, crier : "Coucou, nénelfe!" et lui balancer en pleine figure dans l'espoir qu'elle dévale l'escalier. Gniark gniark!

Pendant ce temps, dans une des chambres, un drame se déroulait. Les ronflements de Melo-dye résonnaient dans le chalet comme un moteur de 2CV dans un chauffe-eau, empéchant le pauvre Moraldandil de dormir. Il produit alors un gros sifflement pour réveiller la fautive. En vain. Par contre, il réveilla en sursaut le petit Hiswelokë qui dormait comme un bienheureux et se retrouva alors au bord de la crise cardiaque. Couer battant à tout rompre, il vit une forme sombre, debout dans la chambre faire des "pssccchhht!" (attention, c'est du gallois, pour la traduction française, demandez à l'auteur du dit-sifflement!) comme un forcené. Il finit par se rendormir, seulement pendant dix minutes, au bout desquelles un nouveau "psscchhht!" lui donna encore une frousse incommensurable et lui arracha un cri de peur. Romaine, elle aussi réveillée, quoique plus sereinement, par le sifflement, tentait de le calmer, quand Moraldandil, excédé par cette chambre vraiment trop bruyante, entreprit de déménager dans la chambre-de-ceux-qui-se-couchent-à-l'aube, plus calme. Il débarqua dans la salle des rôlistes, déclarant, le visage empourpré par la colère : "c'est vraiment impossible de dormir, ici!" Tous les rôlistes blémirent, croyant avoir fait un boucan de tous les diables. En fait, notre linguiste venait juste nous voir pour nous demander une lampe torche, pour pouvoir éclairer sa route.
Finalement, les derniers survivants de cette nuit-là, les rôlistes, se couchèrent à sept heures du matin, leur partie inachevée, en prenant bien soin de ne pas réveiller Moraldandil.


5. RAVERWORLD : LA FORET DE LA PEUR
(par Gurth, ajouté le 23/09/04 12:00)


(Pendant que le gros de la troupe écoutait Naheulbeuk, quelques éléments isolés, largement blasés des facéties de Mr Penofchaos - après tout ils avaient téléchargé le premier épisode le jour où il était sorti! - décidèrent d'aller explorer les environs. Voici leur histoire...)

Hiswelókë, Romaine, Forfirith, Semito Nazgul et Gurth sont de jeunes étudiants en vacances dans l’extrême nord des Ardennes. Ils ignorent que la forêt qui entoure leur chalet est maudite. Au cours d’une périlleuse exploration , ils vont faire la connaissance d’Ulmo et affronter le terrible peuple des Sporophores.
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«Bon, on la fait cette ballade ? » s’exclama Romaine avec une impatience mal dissimulée. Ça n’était pas tous les jours que l’on avait l’occasion de s’aérer un peu. Le travail harassant de tous les jours devenait vite pénible. Les vacances avaient été les bienvenues, surtout depuis la mort du varan domestique d’Hiswelókë. Gurth sortit du chalet avec un sweat sur les épaules, il ne faisait pas très chaud. Un léger vent froid soufflait sur les pentes boisées qui entouraient le chalet.

« Hmm il fait frais, fit Gurth.
- Allons, l’air frais nous vivifiera, fit Hiswelókë.
- Ça s’appelle un trouble obsessionnel compulsif, fit Semito Nazgul, qui arrivait justement.
- Tu te joins à nous, fit Forfirith.
- Bien sûr, fit Semito Nazgul.
- Allons-y, fit Romaine. »

Ils marchèrent droit devant eux. Devant eux s’étendaient des pentes boisées qui entouraient le chalet. Les pins étaient entrelacées de ronces, et il n’y avait pas de chemin, et la progression était difficile.

« Ha ha Gurth on fait moins le malin maintenant, fit Hiswelókë.
- Lâche moi les basques, fit Gurth.
- Ne vous disputez pas les garçons, fit Romaine.
- Oui, sinon la promenade va être gâchée, fit Forfirith.
- C’est lui qui a commencé, fit Gurth. »

Hiswelókë se moquait toujours de Gurth car Hiswelókë avait de meilleures notes en informatiques, et se moquait de Gurth car celui-ci aimait des films peu intéressants. Toutefois ils arrêtèrent bientôt de se disputer pour se concentrer sur les différents champignons qui poussaient ça et là. Tous étaient passionnés de champignons, et ceux qui s’offraient à eux avaient l’air particulièrement passionnants.

« Ce rouge à point blanc m’a l’air savoureux, fit Romaine.
- N’est-ce pas un de ces minuscules bruns à longs pieds que tu a cuisiné l’autre jour ? fit Hiswelókë.
- Hmm on dirait un Brotch, fit Gurth, je ne crois pas que cela soit très bon pour la santé.
- Pour ta santé de raté du Visual Basic peut-être, fit Hiswelókë. (Il était très fier de maîtriser un logiciel si complexe alors qu’il n’en était qu’à la moitié de ses études.) Toutefois Gurth n’eut pas le temps de se plaindre car Forfirith avait découvert une colonie de champignons de toute taille et de toute forme.
- Ohhh qu’ils sont beaux, fit Forfirith. Je m’en ferais bien un seyant collier.
- Hey, regardez ça, fit Semito Nazgul. »

Non loin de là, plus haut sur la pente, trois fils étaient tendus entre les pins les uns derrière les autres, comme pour annoncer l’entrée d’un territoire mystérieux. Tous s’avancèrent, n’osant franchir le terrible barrage. Mais quelque chose les poussait à continuer. Il semblait que l’herbe était plus verte en face, que le vent froid était derrière eux et la chaleur d’un feu de bois devant. Gurth se méfiait, mais pensant devoir encore encourir des sarcasmes sur le Visual Basic, franchit hardiment le terrible barrage, rapidement imité par ses compagnons. Ils prirent toutefois la peine de vérifier que les câbles n’étaient pas électrifiés, on ne savait jamais, tout pouvait arriver dans les Ardennes. De l’autre côté, le sol était étrange, tout recouvert de mousse, mais assez visqueux, et pas stable du tout.

« On s’enfonce, fit Gurth
- N’est-ce pas ce que les autochtones appellent la Sphaigne ? fit Romaine
- Ce serait ennuyeux, fit Hiswelókë, j’ai lu les Dits de la Sphaigne, un conte cryptique sur la fabrication des serviettes hygiéniques, et il paraît qu’on trempe du vélin de veau sacré dans cette mousse pour obtenir lesdites serviettes

- Mais, c’est dégoûtant, fit Forfirith.
- Continuons, fit Gurth, j’aperçois un sol plus stable là bas. »

Pendant le temps qu’avait duré la conversation, ils s’étaient légèrement enfoncés, presque jusqu’aux chevilles, ce qui donna envie à Semito d’entamer un petit chant bien connu.

« En 1942, alors que j’étais à l’armée… On était en manœuvre dans le Louisiane, une nuit, au mois de mai…Le capitaine nous montre un fleuve, et c’est comme ça que tout à commencé…
- Chut tu fais fuir les oiseaux, fit Forfirith.
- C’est vrai qu’on s’enfonce, fit Hiswelókë. Dépêchons nous d’atteindre une terre plus ferme. »

Gurth posa le premier le pied sur le sol à l’air plus avenant. Mais il ne fut pas rassuré longtemps : il s’enfonça soudainement, presque jusqu’aux genoux ! Il était prit dans la Sphaigne, condamné à être transformé en serviette hygiénique, qui ne passerait même pas la norme ISO 9001 puisque Gurth n’était pas un veau. « Aidez-moi » fit-il d’une voix misérable. Aussitôt une chaîne humaine se forma, et le tira de ce très mauvais pas.

« Fuyons, fit Romaine, on ne pourra pas continuer par là ! »

Ils s’enfuirent rapidement en courant très vite, alors que la Sphaigne semblait de plus en plus dense et spongieuse. Alors, une voix gluante et dégoûtante s’éleva.

« Je suis l’Encéphalopathe Spongiforme Bovin, maître de la Sphaigne et du versant nord de la Forêt de la Peur ! La macération séculaire des peaux de vélins dans la mousse spongieuse m’a créé, et à présent je la dirige, entité insectifère maléfique, agrégat putride, et je vous tiens ! Je vous condamne à découvrir une nouvelle forme de souffrance en étant lentement digéré pendant plus de mille ans !
- Sur le coup chuis pas chaud, fit Hiswelókë
- Ni moi non plus, fit Forfirith.
- Courons ! fit Gurth. »

Comme ils couraient déjà cela alla assez vite, et ils franchirent à nouveau les fils, comprenant désormais leur utilité : ils indiquaient le début du territoire de l’Encéphalophate. Toutefois ils n’étaient pas encore découragés, et voulait à tout prix apprendre ce qu’il y avait de l’autre côté de la colline, et surtout découvrir encore tout plein d’autres champignons.

« Le coin à l’air plus attrayant par là, fit Semito.
- C’est vrai, mais attention aux branches mortes et aux branches de sapins, fit Gurth. »

Ils reprirent leur progression, écartant les branches de sapins qui leur barraient la route, et leur fouettaient le visage, mais le sol était dur et caillouteux sous leurs pieds, plein de pierre. La forêt s’avéra bientôt quasiment inextricable, et il fallut escaler une pente caillouteuse. Les champignons poussaient autour d’eux dans une joyeuse sarabande de couleurs vives, allant du rouge foncé au rouge clair en passant par le rouge moyen. Quelle bonne fricassée on allait pouvoir se faire avec ces descendants des habitants d’Aman ! Mais bientôt le sol redevint humide sous leur pas, et ils comprirent qu’ils étaient à nouveau pris dans la Sphaigne.

« Le coin à l’air plus attrayant, tu parles ! fit Gurth.
- Pas de panique, fit Hiswelókë, rebroussons chemin.
- On est perdu ! fit Romaine. J’ai peur !
Hiswelókë lui prit la main.
- Tu as peur ? C’est normal d’avoir peur.
- On s’enfonce ! »

Ils fuirent à nouveau, trébuchant dans la Sphaigne, et les branches des pins complices de l’Encéphalopathe, de la terrible variante Pinus Bagnatus, les agrippaient pour mieux les plonger dans la mousse. Ils glissèrent le long de la pente caillouteuse, pour se retrouver en sûreté, et ils rejoignirent bientôt la chalet. Alors Semito Nazgul se replia, lassé des bains de mousse forcés, et nos quatre amis n’étaient plus que quatre.

Ils décidèrent d’abandonner l’exploration du versant nord de la forêt de la Sphaigne pour emprunter un chemin caillouteux, assez large, et bordé d’imposants bois de pins parfaitement alignés. Gurth croyait trouver un pont bucolique un peu plus haut, et commença à avancer.

« Ces pins ne semblent pas très naturels, fit Hiswelókë, je vais aller les voir de plus près.
- C’est peut-être dangereux, fit Gurth : il n’y a aucune végétation en dessous.
- Bah, allons tous voir, fit Romaine. »

Et ils s’enfoncèrent sous les arbres. Il y faisait presque nuit, et le sol était noir et nu comme du charbon. Soudain, une forme étrange apparut sur le côté, et tous furent pris de panique. Une terrible créature, vêtue de noir, s’avançait vers eux. Sur son torse était gravée une terrible inscription : le silence est un privilège des gens intelligents. (ou quelque chose comme cela.) Il montra immédiatement quelle sorte de gens il était en parlant :

« Je suis Ulmo, habitant de la forêt de la Peur. Je peux venir avec vous ?
- Je suis Hiswelókë, fit Hiswelókë.
- Je suis Romaine, fit Romaine.
- Je suis Forfirith, fit Forfirith.
- Je suis pas là, fit Gurth, toujours lâche.
- N’ayez crainte, je suis un gentil. Je connais bien ces sombres forêts. Mycélium Longue-Racine, roi des Sporophores, les a planté là, personne ne sait pourquoi. Sortons des bois et rejoignons le chemin.
- Nous cherchons un pont, Gurth a dit que nous le trouverions plus haut.
- Possible, allons voir. »

Ils reprirent leur route, et leur nouveau compagnon autochtone leur conta le conte des Bois, comment ils avaient été plantés, et comment la biodiversité avait fui leur ombrage. Mais aucun pont n’était en vue. Soudain, ils entendirent le bruit de l’eau. Un ruisseau coulait sous le chemin. « C’est ça, le pont ? » fit Hiswelókë, dubitatif. Gurth ne répondit pas. Il s’était trompé, et ils avaient emprunté une autre route que celle qu’il escomptait qu’ils prissent. Ils allèrent voir couler le ruisseau, en descendant sur le bas-côté du chemin opération qui ne servit strictement à rien. Puis ils continuèrent leur marche. Le chemin montait toujours au milieu des forêts de pins, et de temps à autres ils s’approchaient des arbres pour examiner un champignons. Soudain, un imposant spécimen attira leur attention. Un fossé de plusieurs mètres de long et d’au moins plusieurs mètres de profondeur s’étendait entre le chemin et le champignon, mais Gurth, pour une fois curieux, le franchit et alla l’examiner.

« Méfie toi, fit Hiswelókë.
- Bah, j’ai lu les études de Humboldt et d’Huxley sur le peyotl, fit Gurth, alors pas de problèmes ! »

Il se pencha sur le champignon.

« Mange-moi, Gurth. »

Gurth avait très envie de manger le champignon. Il approcha sa bouche pour le croquer.

« Tu as envie de me manger. »

Gurth s’approcha encore.

« Mange-moi, c’est un acte du foie.
- Je ne me soucie pas du foie. »

Le champignon avait l’air très appétissant. Mais soudain, sans savoir pourquoi, il l’écrasa. Le champignon hurla un splosh terrible. Sa tête broyée n’était plus qu’une masse visqueuse et dégoulinante, tout comme son pied. Romaine eut un rire nerveux : cela ne présageait rien de bon. Ils continuèrent leur route, mais Hiswelókë prévoyait le pire.

« Tu as provoqué la colère des champignons, ils te poursuivront et te tueront.
- Même pas peur, fit Gurth. »

De temps en temps, ils s’arrêtaient pour examiner des champignons, et Gurth en écrasait quelques uns pour voir si ils seraient broyés aussi facilement que le gros champignon de tout à l’heure. Finalement, ils arrivèrent à une barrière, surmonté d’un écriteau marqué de runes étranges.

VERBODEN EIGENDOM

« C’est l’entrée du territoire des Sporophores, fit Ulmo.
- Allons-y, fit Hiswelókë, je suis persuadé que les meilleurs champignons se trouvent au-delà de cette barrière.
- A vos risques et périls, fit Ulmo. »

Ils franchirent facilement la barrière, car elle était ouverte. De l’autre côté, tout était exactement pareil, et cela continuait à monter en cheminant dans les sapins. Finalement, ils arrivèrent au sommet, au milieu de champs de pins ou de petits arbres poussaient. Ulmo leva le doigt vers le ciel. D’immense taches de peintures blanches zébraient l’azur bleu.

« Ils peignent le ciel ! fit Ulmo.
- Qui ça, ils ? fit Romaine.
- Eux, bien sûr ! Les sbires de Mycélium.
- Continuons encore un peu, fit Gurth. »

Alors ce fut l’atroce plongée dans l’horreur. Car ils arrivèrent bientôt à un croisement, lieu maudit des sabbats. Une cage était suspendue à un poteau frappée d’indéchiffrables runes, et une jeune fille se débattait contre la grille.

« Je suis Marie, fit-elle, au secours, au secours !

Gurth s’apprêtait à la délivrer, mais Ulmo l’arrêta.

- Arrête ! Regardez ! »

A côté de la cage un panneau de bois était recouvert d’un terrible symbole héraldique.

« De sinople au mégachiroptère sable ! C’est le blason du vampire local ! Cette fille est sa proie, et plus personne ne peut rien pour elle désormais ! Fuyons !
- Au secours, au secours, fit la prisonnière.
- Désolé, fit Gurth. »

Et ils reculèrent tous. Alors Forfirith leva un bras tremblant vers le chemin d’en face, car sur celui-ci s’avançait un homme, ou une créature d’apparence hominidée, à la morphologie simiesque. C’étais Mycélium Longue-Racine, roi des Sporophores, à la tête des Phalloïdes, sa garde personnelle, et il hurlait vengeance pour les misérables champignons que Gurth avait très malencontreusement écrasé en chemin. Ils s’enfuirent tous très vite, sans bien regarder où ils allaient. Ils franchirent à nouveau la barrière runique, échappant de peu à l’Encéphalopathe, allié de Mycélium, et au vampire local, qui passait par là.

Finalement, ils s’arrêtèrent, car ils étaient perdus. Deux chemins s’offraient à eux, et aucun d’eux ne leur était familier.

« C’est tout droit, fit Gurth, car ça ne peut pas être à gauche.
- Vous avez l’impression qu’on a pris ce chemin caillouteux à l’aller ? fit Hiswelókë.
- Humm ça ne dit rien à mes chaussures, fit Romaine.
- Moi je suis sûre que c’est par là, fit Forfirith.
- Moi je ne suis qu’un autochtone, alors je ne connais pas le coin, fit Ulmo. »

Ils s’avancèrent quelques mètres sur le chemin caillouteux, pour bientôt faire demi-tour, suivant les bons conseils d’Hiswelókë. Mais finalement, ils revinrent sur le pas pour reprendre le chemin caillouteux, et cette fois-ci fut la bonne. Hiswelókë promit de saluer les hautes capacités d’orientation de Forfirith et de Gurth une fois arrivé au chalet, si le chemin s’avérait être le bon, mais il n’en fit rien, car il était sournois. Et pourtant il leur devait la vie, car sans eux il serait allé se perdre sur l’autre chemin, qui menait tout droit, apprirent-ils plus tard, dans l’antre des Sporophores.
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Si vous avez réussi à aller jusqu'au bout, félicitations. Si vous avez apprécié le style enlevé, la profondeur des personnages, la beauté poétique des mots, je vous recommande l'excellent EVERWORLD : Le Domaine de la Peur de KA Applegate, où vous retrouverez un texte de cette qualité. La lecture donnée par Hiswelókë de ce bouleversant roman au cours de ce week-end ardennais aura été, pour tous les auditeurs, une véritable révélation.

En ce qui concerne la véracité de l'histoire, elle a nécessairement été romancée : sachez toutefois que les dialogues les plus improbables ne sont pas les moins véridiques, et qu'il existe bel et bien au fin fond des sombres forêts de Belgique d'étranges étendues mousseuses, et d'inquiétantes barrières champignonneuses...


6. Dimanche, episode I
(par Giligili, ajouté le 23/09/04 18:43)


Tôt ce jour-ci, alors que les tolkiendili étaient encore emmitouflés dans leurs sacs à viande, certains étant même à peine couchés, à l'heure où les trolls se pétrifient (rooooh l'apôtre! il se plagie lui-même!), nous eûmes à affronter dans notre sommeil le premier départ d'un tolkiendil, le sieur Edrahil lui-même, qui s'en retournait furtivement, comme pour s'excuser ne pas rester plus longtemps. C'est ainsi que l'un des derniers arrivés fut le premier parti, et ça c'est quand même pas de pot! Le pauvre s'en retournait à ses maths, sa physique et sa maudite prépa... Encore maintenant, je le plains en connaisseur... Edrahil nous a quand même, durant son passage parmi nous, épargné le déplaisir d'une conversation surchargée de sciences. Sans doute avait-il été quelque peu refroidi par notre menace de le suspendre à un arbre au-dessus d'un buisson de ronces, dans lequel on l'aurait plongé à chaque allusion mathématique...

Des rôlistes de la nuit, je me trouvai, chose incongrue s'il en est, le premier debout. Ma réputation risque sans doute d'en pâtir, mais bon... Qu'il en soit ainsi, j'en ai d'autres de rechange! Après un bon petit déjeuner, gurth avisa un drôle de bouquin sur une table, dont il fit la publicité dans le chapitre précédent (publicité du bouquin, pas de la table!). Ce livre s'intitulait Everworld, de K. A. Applegate, un chef d'oeuvre de la littérature que nous narra aussitôt Hiswelokë, parcourant les pages à la recherche d'un passage croustillant. Le quatrième de couverture, sous ses mots ailés, donnait le ton : un mot sur cinq était écrit en rouge pour accrocher le prépubère, des mots comme "maudit", "mort", "danger", "peur" et "quiche lorraine", que notre fameux dragon pronoça d'une voix rauque d'outre-tombe au milieu d'une lecture normalement constituée. Morceaux choisis dans le livre intra-couverturos (c'est de l'à peu près) : "la femme qui l'avait subjugué quand il l'avait vue de profil était très laide vue de face" ou bien cette remarque d'un des personnage : "cette ceinture et te va bien : elle fait ressortir la courbure de tes fesses!"

Hors donc après avoir bien rigolé, il était tant de passer aux choses sérieuses et de parler de Tolkien. Lambertine nous lut un fort intéressant essai sur la royauté et sa légitimité en terre du milieu. Puisse cet article être bientôt sur le site! Puis ce fut au tour de Moraldandil de nous livrer son essai. Il était au moins deux fois plus long que celui de Lambertine, et il était en plus incomplet : toute la partie concernant Tolkien manquait! Le rustre! Il ose nous livrer quelque chose d'incomplet! Nous servions de répétitions! Quand je pense que j'ai répété mon conte plusieurs fois et que je l'ai même envoyé, avant d'aller en Belgique, à Kendra, après qu'elle m'eut supplié, appelé "maître" et promis de devenir mon esclave, jurant sur son tube de dentifrice que je pourrai faire ce que je voudrai d'elle! (A ce propos, j'aimerais que les lecteurs me servent de témoins, pour que Kendra n'oublie pas de tenir parole!) Mais revenons au texte de Moraldandil, qui traitait des motivations de Tolkien, et, en ce qui concernait la partie lue, du romantisme. Le sournois se plut à nous dérouter avec des mots barbares dont nous étions bien incapables de vérifier la véracité. En effet, comment pouvions-nous savoir que tel livre s'intitule "Figörberang" en danois, "Figaerberung" en suédois, "Figörberung" en allemand et "Fischtrötanung" en poméranien du Ve siècle? Moraldandil dut, vers trois heures de l'après-midi, prêter attention aux estomacs gargouillant de son auditoire et accélérer son essai... Néanmoins, en ce qui concerne votre humble narrateur, il aurait voulu en savoir un peu plus sur tout cela, aussi demanda-t-il à notre fameux linguiste s'il n'était pas possible de faire deux essais différents, dont un exclusivement sur le romantisme. Moraldandil me lança un regard horrifié.

Puis ce fut l'heure du repas de midi, à trois heures passées. Nous étions en progrès... L'on s'aperçut alors qu'une certaine salade de pommes de terre se trouvait vraiment en trop faible quantité, nottament lorsque Hiswelokë, à la recherche d'un saladier non encore vide, se tourna vers nous et nous demanda, désignant les miettes de salade qui restaient, si on en prenait encore.
"Vas-y! lui répondis-je, finissant ma troisième assiette et voulant poliment éviter de passer pour un goinfre.
- Non, non, si vous en voulez encore, prenez-en! qu'il me sortit.
- C'est bon, j'en ai déjà repris deux fois!
- Oui mais moi ce serait pour emplir ma quatrième assiette!"
Horrifiés, nous nous jetâmes alors sur le saladier comme des morts-de-faim...


7. Dimanche, episode II et au-dela...
(par Giligili, ajouté le 23/09/04 20:19)


L'après-repas fut une triste succession de départs, qui nous rappelait à chaque fois que le week end touchait à sa fin. Moraldandil, Hiswelokë, Romaine, Tar Palantir, Forfirith, Babel, Ulmo, tels furent les noms de ceux qui allèrent rejoindre Edrahil aux rangs de ceux qui nous ont quittés...

Pour remettre de l'entrain, Max décida de prendre sa guitare et de nous faire chanter un peu de Brassens. Délectation! Cela dura facilement trois heures au bout desquelles ceux qui étaient en bas entendirent des bruits porcins : on chantait Tryo!

Nos hôtesses belges nous parlèrent d'une chose fort incongrue : elles voulaient nous initier à la pêche au thon, en pleine campagne belge. Le seul cours ou étendue d'eau naturelle se trouvait être un maigre filet d'eau dans lequel même les tétards avaient pied! Quelle était encore cette fourberie? Essayaient-elles encore de nous berner? Nous le découvrîmes au dîner, servi cette fois à une heure honnête. Il s'agissait tout simplement (si je peux dire!) d'un plat apparemment typiquement belge, composé de moitié de pèches, remplies de thon... Vallis ne put s'empécher de demander "Vous êtes sûrs que vous n'avez pas été colonisés par les anglais?". Mais aussi étonnant que cela puisse paraître pour qui vient de France, c'était bon, et nous n'eûmes pas mal au ventre. Encore que l'un d'entre nous fut victime à ce moment d'un mal mystérieux. En effet, après un discours de remerciements de Lambertine, Semito Nazgul se leva, et articula des paroles absolument incroyables! Ce traître à Sauron, voyant cette assemblée de nain, d'elfes, de hobbits et de nazgul, leva en effet son verre à l'amitié entre les peuples de la Terre du Milieu et à l'Estel! Oui, vous avez bien lu, à l'ESTEL!!!!! Incroyable! Les convives se frottaient l'intérieur des oreilles tellement ils avaient de mal à les croire! L'on venait de trouver l'arme absolue contre les nazguls, pire que les lames de Numenor! Il s'agit de la pêche au thon, qui les rend gentils et aimables, de vrais bisounours, de futures recrues d'un certain site que je ne nommerai pas (mais je n'en pense pas moins!).

Le temps de se remettre de nos émotions, et, tandis que certains racontaient des blagues grivoises en faisant un bruit qui faisait trembler les murs et les zygomatiques, les rôlistes tentèrent de finir le jeu de rôles de la veille, et c'est la raison pour laquelle ils firent beaucoup moins d'idioties que la veille! Giligili ne tenta même de secouer un arbre où était monté l'elfe, comme la veille. La raison en est peut-être qu'ils étaient arrivés dans un donjon souterrain... Toujours est-il que c'était peine perdue! Béatrice déclara forfait, et le personnage de Gilles étant devenu Personnage Non Joueur, nous nous retrouvions avec un tiers des joueurs absent... Nous décidâmes donc d'arrêter là. En plus il fallait que je parte tôt le lendemain. J'allai donc me coucher, pendant que la perfide Béatrice, qui se disait trop fatiguée pour jouer, se découvrit tout d'un coup des réserves d'énergie insoupçonnées et continua de veiller toute la nuit!

Sept heures du matin, enfin je crois... Lambertine devait partir à son travail et prenait bientôt son train. Vallis, qui devait partir en même temps que moi, était prêt à partir avec elle, à une tartine dans la bouche près. Soudain, il se souvint! "Eufch! Chil fau'raich 'éveiller 'ash'al!" dit-il, sans se douter qu'il venait de prononcer la formule qui fera revenir Morgoth en ce monde! C'est ainsi que je me réveillai au doux son de la voix de Béatrice qui me dit d'un ton tout-à-fait laconique : "Euh... J'voudrais pas t'faire peur, mais tu pars dans douze minutes..."
Mes yeux s'ouvrirent d'un coup! Je me redressai en sursaut, me cognai contre le lit du dessus, défonçant certainement le dos de Dragon Sacquet, sortit de mon sac de couchage en le déchirant de part en part, fourrai tout mon barda dans mon sac qui explosa sous mes gestes précipités, me cognai successivement au pied du lit, à la lampe qui pendait du plafond, puis à la porte, et dégringolai sur le ventre l'escalier en faisant un raffut tel que je remerciai les dieux de l'absence de Moraldandil, pour finalement entendre la même sournoise Béatrice dire: "Bah finalement Michèle est partie, Agnès fera un autre aller-retour pour vous emmener, et tu as donc tout ton temps pour bien mâcher ton petit-déjeuner et prendre une longue douche glacée!". J'étais heureux!
Comble du comble, lorsque enfin nous arrivâmes à la gare, enfin au quai de Coo, Lambertine était toujours là à attendre son train!!!

Le voyage du retour jusqu'à Paris se déroula sans encombre, à part le fait que nous nous séparâmes de Lambertine à Liège et que Vallis et moi prenions des chemins divergents une fois arrivés à Paris. C'est dans le train pour Brest que je vis les premières manifestations du retour de Morgoth. On entendit une voix terrible beugler "Qui c'est qui m'a réveillé?", phrase à laquelle je m'identifiai de tout coeur. Cependant, Morgoth avait reconnu mon nom dans l'incantation formulée par Vallis, et depuis il me poursuit... Je suis rentré la peur au ventre à mon appartement, et dus abbattre un orc sur le pas de ma porte, à moins que ce ne soit mon voisin qui me disait bonjour. Je ne sais pas, je ne sais plus... De mes robinets ne coulent plus qu'une boue noire infâme, et des visages grimaçants apparaissent à ma fenêtre, relavant mon store en pleine nuit et me faisant des gestes obscènes pendant que je dors. J'ai peur d'aller aux toilettes : la cuvette me parle! Il y a deux minutes, j'ai vu un Balrog demander des renseignements sur moi aux passants terrifiés, dans la rue. Il faut que j'y aille, bientôt. Juste le temps de remercier toutes les personnes présentes à ce week end, et qui ont constitués les derniers visages amicaux que garde ma mémoire. en particulier les organisateurs : Max, Lambertine, Melilot, Rebeca, que Dieu les garde et les protège. Tous ceux aussi qui ont aimé mon conte, c'est sans doute le seul qu'ils pourront jamais lire de moi, ainsi que ceux qui m'ont désignés remplaçant de JR pour le compte-rendu du week end. Ces derniers, je les préviens qu'il va falloir chercher un nouveau remplaçant. Maintenant il faut que j'y aille. Adieu, et priez pour moi.


8. I cannot pass
(par Giligili, ajouté le 23/09/04 20:26)


Mon escalier est encombré de meubles, les voisins déménagent et m'ont dit qu'il fallait attendre une petite heure pour sortir, aussi me revoilà! Soudain, j'entends un bruit de bois brisé. Je vais voir. Les légions de Morgoth ne sont pas aussi scrupuleuses que moi au sujet du mobilier de mes voisins. Je ferme ma porte à clé, mais ça ne va pas les retenir bien longtemps.
Il tap a ma porte. dézolé je parl en langaj sms je sui 1 peu precé. ma porte comens à CD. el sed! j dmandrè bi1 à semitonazgul d1tervenir en ma faver mèèèèèèh vrèmen pô ltan. Aaaaaaaargh!






Bip! Bip! Interrupted communication
fatal error
you didn't ----------------¨*tscuip* "MOOOOOORRRRGGGGOOOOOTTTHHHHH!!!"


9. Voyons... voyons...
(par michele huwart, ajouté le 25/09/04 16:23)


Gentes dames et gentils seigneurs ! Vous avez été ébahis par cette lecture peu conventionnelle narrant un séjour ardennais peu conventionnel lui aussi.

Oserai-je donner ma version de l'histoire ?

Or donc, après quelques chopines (peu, vu le prix que les aubergistes parisiens exigent pour ce noble breuvage), la vision de la bande-annonce version longue d'un film toujours insorti, et d'autres chopines, aux environs de deux heures du matin, un certain Dragon suggéra à votre humble servante "Michèle, si tu organisais un week-end en Belgique". Si je n'en fus point marrie, ni même contrariée, et si j'acceptai cette proposition de grand coeur, une question me vint bien vite à l'esprit : où Diable pourrais-je héberger ces adorateurs d'Elbereth ? Point ne dispose, en effet, d'un manoir pourvu d'un parc herbeux telle Dame Sylvie, ou d'un grenier réfrigéré tel le Seigneur Vinch... Il est bien une plaine herbeuse entourant le logement collectif (autrement dit immeuble à appartements )où je réside, mais me vint à l'esprit que les autres habitants de ce noble endroit verraient d'un oeil mauvais le débarquement d'Elfes,Hobbits, Nains et autres Nazgul dans leur environnement familier, et plus encore l'installation de maisons de toiles dans ce qu'ils dénomment leur jardin. Ne parlons même pas de la possibilité d'y allumer un feu, même à la façon des Elfes...

Or, donc, je commençais à désespérer, lorsqu'une nouvelle parvint à moi : un très érudit professeur français, enseignant habituellement en Armorique, daignait faire profiter mes "chers compatriotes" de sa science. Et, honneur suprême, acceptait d'être initié par quelques Eburons, Aduatiques et autres Ménapiens, dont votre servante, aux plaisirs de la bière et des "carbonnades flamandes". Ce fut donc à cette occasion que je parlai à mes compatriotes, à savoir Melilot, Rebeca, Max et le Seigneur des eaux, du défi que m'avait lancé le Dragon. Et, ô miracle, celui qui est Eärendil en d'autres contrées eut ce que l'on appelle une idée...

( A suivre )


10. Voyons... voyons... 2
(par michele huwart, ajouté le 28/09/04 09:17)


Or, donc, le seigneur Eärendil, plus couramment appelé Max en nos contrées, eut une illumination « Et si, nous dit-il, nous organisions cette rencontre dans un gîte pour mouvements de jeunesse ?». Euréka ! Il avait trouvé l’idée. Restait à trouver le gîte en question. Lâchement, je lui en laissai la tâche (ainsi que mes co-organisatrices). Et, après un échec namurois, il nous annonça avoir trouvé l’endroit idéal : à défaut d’être creusé sous la colline, ou même d’être construit de plein-pied, le castel, car il ne s’agissait pas d’un simple campement pour Dunedain égarés (un rôdeur dunadan peut-il s’égarer, vaste sujet de débat…), mais d’un manoir très confortable doté non seulement de lits mais d’une cuisine à rendre jalouse la hobbitte la mieux équipée.

Pendant ce temps, Dame Lambertine, c’est à dire moi, tentait de marrir un serviteur du Ténébreux en lui promettant un repas digne des palais harradrim les plus raffinés. Et me rendais parfois chez une hobbitte citadine, officiellement pour organiser notre séjour au milieu de la vieille forêt, en compagnie d’une Elfe que l’on pourrait qualifier d’indigène à la région perdue dans laquelle nous allions nous rendre. Vous trouverez un compte-rendu détaillé de ces réunions fructueuses en vous rendant sur un certain fuseau dénommé « Tolkienmoot à la Belge – 2 « .

Les jours passaient, et la date fatidique approchait. Fatidique, dis-je. Parce que les désistements se faisaient nombreux, les Elfes, Hobbits, Nains et autres Rohirrim, Gondoriens et créatures infernales issues de l’hexagone craignant manifestement de marrir leurs nobles personnes en mettant les pieds sur un territoire à leurs yeux à peine touché par la civilisation. Je réussis néanmoins à convaincre un certain mathématicien de la capitale, lui promettant un garde du corps entre la frontière (ou presque) et notre lieu d’études festives.

Et le grand jour arriva ….

( à suivre)


11. Voyons... voyons... 3
(par michele huwart, ajouté le 29/09/04 12:21)


Je donnai mes dernières instructions à mon roi-mage de fils, autrement dit récupérer Edrahil à la gare de Mons, et lui servir de guide à travers les terres sauvages desservies par une certaine compagnie dénommée SNCB, et je me rendis en ce lieu usuellement dénommé « bureau ». Mon Palantir portable sonna bientôt, et Dame Melilot me proposa de me rendre d’abord dans la capitale, d’où nous effectuerions ensemble le voyage vers notre lieu de rendez-vous. J’acceptai de grand cœur. Mais avant de partir, il me fallait envoyer aux Seigneurs de céans, dénommés « Administration de la Région Wallonne « un dossier A en 5 exemplaires et un dossier B en six exemplaires. Pas de problème, me dis-je ! Jusqu’au moment où je m’aperçus (retenez ma masse d’armes… ) que, comme à l’ordinaire, la Dame A**** dont je devais joindre les pièces aux miennes m’avait fait parvenir sa partie du dossier A en 6 exemplaires et celle du dossier B en 5. Il ne me restait plus qu’à mettre en branle ma copieuse magique, sur qui, ce jour-là, un mage noir au service du Mordor avait lancé un sort funeste…

Néanmoins, je réussis à me dépêtrer de ce problème mineur dans les temps impartis et, bientôt, je retrouvai Dame Melilot, avec qui j’entrepris de faire les dernières emplettes, et de charger sa charrette sans bœufs. Le plus dur restait à faire : quitter la Grande Cité… car de nombreuses autres charettes (sans bœufs, elles aussi) encombraient malencontreusement les allées de la cette bonne (hum…) ville, formant ce que l’on appelle communément des « bouchons ». Ne disposant pas d’une monture de Nazgul, et les sujets de Gwaihir ayant déserté le ciel, nous dûmes prendre notre mal en patience, pendant environ deux heures …
La capitale quittée, nous primes la direction de Luik (ainsi étant nommée la ville de Liège dans la langue de Belges du Nord, qui, sachez-le, ne sont pas les Belges du Sud. D’ailleurs, une ligne a bien été tracée sur le sol, délimitant le territoire où il convient de dire « tire bouschtroumpf « et celui où « schtroumpfe-bouchon » est le mot qui convient… Euh… pardon ? … Comment, c’est une autre histoire ? ). Schtroumpfe-bouchon qui nous fit grandement défaut, car une fois arrivées dans la banlieue de Liège (ainsi étant nommée la ville de … bon, j’arrête… ), ce qui s’était produit à Bruxelles se reproduisit, et nous passâmes un bon moment à l’arrêt…

Enfin, nous quittâmes les voies dites ( hum… ) rapides, pour emprunter les chemins bucoliques des vertes Ardennes, tentant de décrypter l’itinéraire gracieusement offert par le Seigneur Earendil, à savoir Max. Nous dûmes la vie à un indigène obligeant qui, avec de grands signes, indiqua à Dame Melilot la présence d’un virage sauronesque. Et, Dame Lambertine ne rimant pas avec co-pilote de rallye, ce fut la bienveillance de deux autres de ces aimables personnes qui nous remit sur une voie dont j’avait honteusement détourné ma compagne…

Enfin, apparut le chemin du Manoir, si, du moins, ce semblant de sentier qui n’avait pas dû entr’apercevoir de cantonnier depuis l’offensive Von Runsted vu qu’il en conservait les outrages historiques, méritait ce nom…

(à suivre)


12. Voyons... voyons...4
(par michele huwart, ajouté le 30/09/04 12:06)


Dame Melilot hésita longuement avant d’engager sa charrette magique sur ce chemin peu engageant. Elle se décida enfin et, quelques minutes plus tard, quelle ne fut pas notre surprise en apercevant au bord du dit chemin un Dragon, une Dame méridionale et une spécialiste des généalogies hobbittes occupés, à première vue, à se gaver de mûres (qui l’étaient à point, mûres… ). Nous aperçûmes un peu plus loin le manoir de tous les dangers, devant lequel se tenaient moultes personnes, parmi lesquelles nos co-organisateurs, quelques parisiens et trois personnes en provenance d’une région âprement disputée entre la Gaule et la Germanie. Ces braves gens de toutes races nous accueillirent par un tonitruant « c’est pas trop tôt ! » et nous pûmes remarquer que la majorité d’entre elles étaient pourvu d’un récipient – verre ou bouteille, le second étant majoritaire – plus ou moins rempli de – devinez quoi … - oui ! vous avez raison ! de bière. Bière brune, bière blonde, bière blanche, bière ambrée, bière rouge, il nous fut proposé de choisir, avant que de choisir notre chambre…

Au cours de la soirée qui suivit arrivèrent de nouveaux « étudiants es tolkiennologie ». Et les tables du manoir se recouvrirent bientôt de plats contenant fromages et cochonnailles, ainsi que de nouvelles bouteilles de bière et, ô sacrilège en ce doux ( ?) pays, de jus de raisin fermenté communément appelé vin rouge.

Nous mangeâmes donc, nous bûmes, nous discutâmes de choses plus ou moins sérieuses, jusqu’au moment où Sa Majesté Elwe 1er, Empereur de Doriath devant l’Eternel, partit pour un endroit présomptueusement nommé Gare de Coo – en fait, un quai et un panneau – d’où il devait ramené trois personnes, et dont il n’en ramena qu’une seule, à savoir un Elfe, linguiste distingué, qui nous avoua s’être trompé de côté en descendant du train…
Sur ce, votre servante eut un moment de panique ? Ou diable étaient passés son Gaspart de fils et le Sieur Edrahil ? Les seuls certains palantiri fonctionnant dans le manoir, et le sien ne faisant pas partie du lot, elle commençait à se ronger les sangs lorsqu’une sonnerie retentit : dame Melilot avait au bout du fil un Edrahil confirmant que la SNCB était bel et bien une entreprise primitive, pour ne pas dire trollesque, dont les dirigeants n’avaient aucune notion des mots « ponctualité » et « correspondances », et que Gaspart et lui étaient condamnés à attendre 105 minutes supplémentaires à Liège ( Luik pour les Schtroumpfs du Nord) le prochain train pour Coo, tout en vidant leurs dernières boîtes de biscuits. Ce qui obligea notre Empereur préféré à retourner à la Gare de Coo dans la noirceur de la nuit…

Je ne fus pour ma part pas présente lors de la conférence cinématographico-guignolesco-fictionnesque de Gurth, ayant été prise dans une évaluation comparative des beautés des langues russes et galloises entre Max et Moraldandil (qui se demandait toujours comment les belges pouvaient appelé ce quai perdu dans la forêt sauvage, une « gare »).

Et bientôt, les derniers arrivants du jour… arrivèrent. Et furent à leur tour fournis en bière… non, sauf Ed’, qui se posait, et se pose d’ailleurs toujours une question fondamentale : comment peut-on aimer boire ce truc ? Le Chouchenn, bien entendu, étant la seule boisson alcoolisée digne d’être bue…

(à suivre…)


13. Voyons... voyons....5.
(par michele huwart, ajouté le 01/10/04 12:31)


J’étais tranquillement en train de discuter dans la cuisine, lorsqu’y déboulèrent quelques garçons, dont celui que j’avais mis au monde un certains nombre d’années plus tôt, et qui avaient appris on ne sait comment que quelques bouteilles de Chouchenn arrivées d’Armorique dans les bagages d’un nain chevalier se trouvaient dans la réserve. Au mépris de toutes les règles de la diététique, au grand désespoir d’Edrahil, et au risque d’une crise de foie, ils débouchèrent une amphore du précieux breuvage, et se mirent, non à la déguster, mais à la boire d’une façon que tout gastronome considérerait comme une offense aux dieux du bien vivre. Une seconde amphore prit le même chemin… Voyant cela, votre humble servante, au risque de sa vie, prit la décision de « planquer » les bouteilles restantes. Et nos gaillards de devoir à nouveau se rabattre sur la bière…

Le mélange bière/chouchenn eut sur le seigneur Gurth un effet assez étrange. Au mépris de toute logique géopolitique, il se mit à échafauder des plans visant à partager mon malheureux pays entre ses (plus ou moins… ) puissants voisins. Et il osa exposer ses théories devant un certain nombre de belges en furie. Je ne peux dire comment il fit pour terminer la nuit sans subir le sort qu’il destinait à mon « pays d’honneur-, ô Belgique , ô Patri-i-i-e » …

Après une nuit ( ?) bien courte, je ressentis une lueur sur mon visage. Je décidai de me lever. Et tombai sur un jardinier Niçois ayant déjà bon pied bon œil… petit à petit, les autres tolkiendili, plus ou moins hagards, émergèrent de leur torpeur comateuse, et certains furent bientôt (enfin… bien tard serait plus exact… ) prêts pour ce que Max appelait une « ballade en forêt »…
Elle commença effectivement comme une ballade dans la forêt ardennaise… et puis…
Et puis, ce sadique d’homme-elfe au sang Maïa eut l’idée… l’idée monstrueuse aux yeux d’une hobbitte aux petites jambes comme moi de nous faire escalader ce qui en hiver doit être la seule piste de ski alpin digne de ce nom des Ardennes belges…le supplice… l’horreur intégrale…sans compter que cette « pente » servait de pâture aux vaches, et qu’il fallait être diantrement attentif pour ne pas poser son peton poilu dans… je vous laisse deviner ! Je ne survécus que grâce à l’amical soutien d’Ed’ et de Sylvae ! Et, cette prairie escaladée, Max nous annonça que, non, nous ne poursuivions pas la « ballade »par le sentier qui déroulait ses aimables lacets le long de la colline, mais par une pente encore plus abrupte. Furieuse et désespérée, dame Lambertine manifesta son mécontentement en effectuant le reste de l’escalade à reculons…

De retour au Castel, nous découvrîmes les marmottes de service enfin debout. Elles avaient été rejointes par le Seigneur des Eaux, et Dame Babel, enlumineuse elfique de grand renom. Ainsi que par Damoiselle Forfirith et sa gente dame de Mère, gente dame passablement inquiète à l’idée de laisser sa pure jeune fille au milieu de cette bande de personnes très spéciales. Suffisamment spéciales pour commencer ( !) à préparer le déjeuner (dîner pour les Belges, le repas de midi, quoi…) vers quinze heures ( le repas du soir étant en train de mijoter par mes soins au coin du feu depuis 9h du matin… )…

( à suivre… )


14. Voyons...voyons... (sais plus combien... )
(par michele huwart, ajouté le 03/10/04 17:01)


Soudain, un bruit retentit... le son émis par ce que Dame ma Grand Mère eut appelé un grammophone (communément appelé CD de nos jours... ) cet engin du diable se mit à déverser sur nous des paroles étranges, une histoire, en fait, celle d'un groupe d'aventuriers tentant de retrouver éru-seul-sait-quoi dans un dongeon particulièrement bizarre... Et plusieurs d'entre nous de s'écrouler à moitié morts de rire. Seul le chocolat belge eut le pouvoir de les tirer de leur état semi-comateux... le chocolat, et le fait que Max ne les ait fait profiter que d'une histoire non-terminée... Les hurlements de protestations (à mort, à mort...) ne furent calmés que par une nouvelle tournée de cette friandise que seuls nos compatriotes arrivent à fabriquer de façon décente (si on ne fait pas sa publicité soi-même... ).

Sur ce, un homme étrange pointa son nez au bord de la terrasse. Chapeauté, vêtu de gris, inspirant la crainte chez certains de nos jeunes participants...Je m'approchai de lui. Il ne demandait que la possibilité pour son vieux beau-père de se reposer un peu ( et de se soulager...), et, tandis que le vieil homme entraît dans notre castel, j'eus droit à un petit cours sur les diverses espèces de bolets, chanterelles et autres pieds de moutons qui font d'habitude le délice des hobbits (comme quoi, il est parfois utile d'avoir un Rôdeur à sa disposition...)

Le soir venu, Dame Melilot et Sire Eärendil-alias-Max ayant courru les boutiques indigènes pour refaire le plein de boissons fermentées, puis Dame Rebeca ayant rejoint sa collègue préhistorienne pour aller récupérer Sire Fred (qui venait la rejoindre pour prendre soin avec elle de leur petit prince) et faire provision de pain ( trouver du pain dans la région à huit heures du soir n'ayant pas été un mince exploit), je pus enfin poser sur la table le plat harradrim dénommé "couscous" que mes petites mains (et ma grande intelligence... voir la remarque concernant le chocolat belge) s'étaient affairées à préparer tout au long (oui, bon, enfin...) de la journée. Couscous que certains auraient nettement mieux apprécié s'ils ne s'étaient pas mis dans la tête de manger la pâte de piment (harrissa) proposée comme condiment à la petite cuiller...

Enfin, nous eumes droit à une fiction Guiliguilesque mâtinée d'accent germanique et d'idéal révolutionnaire qui nous entraîna tard dans la nuit... Dans la nuit noire...Noire, lorsque toutes les lampes du Castel s'éteignirent... et que...

Et que la seule lumière à des lieues à la ronde se révéla illuminer une ... ou plutôt deux pâtisseties dénommées "gâteaux d'anniversaire" qu les douces Rebeca et Forfirith avaient préparés pour honorer le présent Roi de Numenor...

(à suivre).





Script fourni par 21st Century Scripts, adapté et modifié par Cédric Fockeu.