1.
Jour Premier : où l'on conte l'arrivée des Belles Gens
(par
Stéphanie, ajouté le 03/01/06 16:17)
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| La table de jeu est encore vide... seuls s'y trouvent encore les donnes, retournées face contre table, car le donneur vient seulement de finir le tour. Les participants sont au nombre de sept — chiffre béni comme nous le verrons peut-être — : un Belge fils d'Icelle, un Haricot-Sauteur du Mexique Hobbit par la même occasion, une Rohirrim en blanche chemise, un Dragon au sang froid, un Numenoreen Loinvoyant Empereur du Doriath par intérim pour l'occasion, un Polytechnicien descendu de son bateau, et une Elfe Silvan seule représentante de son peuple. On entend des rires venant d'autres salles, emplies elles aussi de Belles Gens que nous présenterons plus tard...
Il était une fois... c'est ainsi que commence le conte, et nous le verrons de l'oeil d'une Elfe Silvan, puisque ce fut ainsi qu'il en fut décidé. Il était une fois donc, une jeune Elfe Silvan qui devait se rendre dans un pays lointainpour y retrouver des siens amis, afin de fêter dignement le passage temporel entre une année et une autre. Pour ce que ce lointain pays était normand, alors que le sien était dauphinois, la jeune Elfe dû donc partir très tôt, avant l'aube même, pour un long voyagedans les chariots de la Hecènnecéeffe. Elle y rencontra l'Aventure... Car le père de la jeune Elfe, censé l'emmener au train pour 6h33, était encore dans la salle de bain à 6h21, alors qu'il y avait encore un carrosse à dégivrer... Elle eût donc juste le temps de sauter dans le chariot déjà à quai avant que celui-ci ne ferme ses portes, encombrée de son sac de ménestrelle et de son sac à dos (sans parler du reste). Elle était censée avoir 20 minutes au relais de la Part-Dieu avant de monter dans un chariot Tégévé pour Paris. C'était sans compter sur les intempéries dont elle n'avait eu encore qu'un apperçu venteux... Le chariot en effet se prit à ralentir, ralentir, ralentir... ralentir... s'arrêter... au final, elle n'eût que quatre minutes pour bondir (encore une fois) dans son tégévé. Où il lui arriva la même mésaventure : le chariot se mis à ralentir... ralentir... ralentir... Elle arriva donc avec une demi-heure de retard à la Gare de Lyon. Où elle était censée retrouver une Rohirrim, laquelle se trouvait encombrée d'un sac à courges Noix-de-Beurre, de deux sacs de couchage, d'un autre sac encore, sans parler du reste. Et laquelle était encore bloquée dans un métro. Quand elles purent enfin se retrouver, il ne leur restait plus qu'un quart d'heure pour rejoindre la gare Saint Lazare où les attendait Tar Palantir le Numénoréen. La course fut effreinée, et la jeune Elfe eût alors l'occasion de lancer un retentissant et sincère « Je HAIS les métro parisiens ». Car elles eurent à affronter la queue devant les distributeurs de billets, à réussir à passer entre les portiques étroits aux entrées ET aux sorties des sas (sans parler des autres à l'utilité douteuse et à l'état de marche aléatoire), à attraper un métro au vol, trépigner dedans, ressortir du métro et monter les six étages qui les séparaient des quais en courant (et criant « A droite ! » « A gauche ! » « Tout droit ! » « Encore un étage ! » pour se guider mutuellement), en étant de temps en temps appellées par le Numénoréen inquiet de ne pas les voir (« Pouf... pouf... on est au quatrième étage, pouf, pouf... on arrive ! »), pour s'appercevoir que ledit quai d'où elles étaient sensée partir avec le Numénoréen était tout au bout de la gare... Elles réussirent néanmoins à grimper dedans, essouflées et rougies et fatiguées, car le Numénoréen avait fait pression de ses grandes mains pour retenir le chariot. (A ce moment retentit une musique céleste, et la voix du Numénoréen leur dit : « Vous avez gagné un niveau ! ». Ce en quoi cela était heureux, car une Rohirrim gagnant un niveau a une patte de plus à son cheval, ce qui lui fit une belle jambe, et une Elfe Silvan... joue encore mieux de ses flûtes, ce qui se révéla utile). L'Aventure cependant continua. N'ayant pu réserver des places proches, les trois comparses tentèrent de se diriger vers la voiture où l'Elfe avait une place réservée, la n° 13. Il se trouvait qu'ils étaient rentrés dans la première, et que outre le paquetage déjà présenté de l'Elfe et de la Rohirrim, ils étaient aussi encombrés de la valise du Numénoréen et d'un sac à panetone (sans parler du reste). Ils tentèrent donc de remonter le train — en roulant sur des pieds, en écrasant des mains et en assomant des têtes — vers cette voiture-là... pour s'appercevoir qu'elle était condamnée. Ils firent donc demi-tour, pour trouver un contrôleur quatre voitures en arrière, qui leur proposa de leur ouvrir le passage, qui selon lui était condamné à cause d'une vitre brisée. Accompagnés du contrôleur, ils firent encore demi-tour — en roulant sur des pieds, en écrasant des mains et en assomant des têtes — traversèrent la voiture à la vitre brisée — s'attendant à une tempête de vent et de neige et de froid, mais il n'en fut rien, car ce n'était qu'une petite vitre écaillée, et non un bris de verre — et se mirent en quête de la voiture 16, où avaient été déplacées les réservations de la voiture 13... Ce qui impliquait sans doute, si cela eût été possible, d'asseoir deux personnes par sièges. Encombrés comme ils l'étaient, et ne désirant pas se séparer, ils se décidèrent à rester dans un tampon, où se trouvait aussi une jeune maman et sa petite fille. Lors, ils ne tardèrent pas à s'occuper en chantant et jouant de leurs flûtiaux, après avoir été encouragés par la maman. Les nouvelles compétences de l'Elfe firent sentir leur effet, car malgré les portes fermées et le bruit inhérent à une course en plein vitesse dans la campagne, le compartiment entier se retourna dans sa direction quand elle entama un reel dans les aigus. A la gare suivante, nos trois aventuriers se précipitèrent vers les premiers sièges disponibles, et se mirent à penser à préparer le moot, supposant que cela n'avait pas encore été fait. Ils établirent la liste des repas, la liste des courses l'accompagnant, et discutèrent de choses et d'autres — sans parler du reste. A partir de là, les choses furent plus calmes, et ils n'eurent qu'une vingtaine de minutes de retard à Cherbourg, où les attendaient l'Empereur-Dieu. Ils furent accueillis par les parents d'icelui, qui leur proposèrent de quoi se sustenter — rosti de porc, pommes de terre, et pommes cuites — ce en quoi il furent loués en de grandes louanges, car même l'Elfe commençait à sentir les affres de la faim — surtout parce qu'elle n'avait pas pu petit-déjeuner, contrairement aux autres, et qu'elle n'avait eu que quelques petit-beurre pour tout lembas. Après avoir déposé leurs bagages à Sideville, dans la chaumièredu grand-père, ils repartirent en vitesse pour aller faire les courses pendant que l'Empereur allait recueillir les Belges. Arrivés au magasin, ils s'apperçurent qu'ils avaient oublié la liste soigneusement établie... ils durent donc s'en passer. Les chariots se remplirent, petit à petit, et plusieurs absent commencèrent à leur envoyer des signes. Ulmo, Seigneur des Eaux, apparut aux yeux de l'Elfe Silvan, alors qu'elle hésitait devant le rayonnage des miels et confitures — toute une floppée de petits pots de miel étaient marqués de son nom. Necsipaal se manifesta envers le Numénoréen, qui tira le ticket 666 à la charcuterie. L'Empereur-Dieu les rejoint, et une fois les deux chariots remplis de victuailles (sans, hélas, glace à la framboises, ni jus de framboises par ailleurs), les comparses purent repartir vers la maison, où les attendaient les Belges. Et ce rapidement, car une autre fournée d'arrivant devait arriver, le reste de la troupe — exceptés un Dragon et une Hobbit, qui devaient arriver en carosse. Après les embrassades, les victuailles furent rangées, les matelas — gonflables... ou pas —- attribués, les autres arrivants arrivèrent — y compris Lalaith et Dragon, qui s'étaient perdusen chemin — et le moot commença officiellement, car plus personne ne devait arriver : en effet, une nouvelle mauvaise nous fut annoncée, que Marcolas, digne poussin de la Rohirrim, était trop mal en point pour venir... s'il n'envoya pas de signe, il envoya de nombreux coups de félétone à sa tendre. |
2.
où l'on raconte des salades, sans parler du reste
(par
Stéphanie, ajouté le 04/01/06 19:19)
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| Le Dragon : — Stop ! C'est absurde ! On n'était pas perdus, mais égarés. Et puis un félétone, ça n'existe pas ! L'Elfe : — D'abord, on s'en moque, c'est un conte. Ensuite, si ça existe, c'est ce que les Moldus utilisent pour se parler à distance, puisqu'ils ne peuvent pas utiliser l'Osanwe Kenta, comme on fait nous avec Kendra et Lalette. Le Haricot-Sauteur du Mexique : — Le oui, c'est le très vrai. On utilise aussi le félétone quand on ne veut pas attirer d'Auror, mais quand on est ensemble on utilise l'Osanwe Kenta. La Rohirrim : — C'est aussi parce qu'on a le même cerveau. L'Elfe : — De toute manière l'interruption ne compte pas. Je reprend où j'en étais et Dragon pioche une carte. « Au bout d'un temps, il fut décidé de commencer à préparer le repas avec l'abondante nourriturequi avait été achetée : l'Elfe Silvan avait décrété fort longtemps auparavant que ce serait soupe de Noix-de-Beurre (que la Rohirrim avait emporté depuis le Forez), gratin dauphinois et rôti de porc farci aux pruneaux, pour ce qu'elle n'avait encore jamais eu l'occasion de faire un gratin dauphinois lors d'un moot. C'est ici que l'aventure continua... car il fallait aussi se familiariser avec l'environnement, et surtout avec le four à gaz, qui, contrairement aux fours modernes, cuit par le bas et non par le haut (ce qui se révéla important pour la suite). Or donc et pour reprendre le fil de mon récit, il fut décidé de s'y mettre promptement, car l'heure avançait, et les gratins et rôtis sont généralement longs à cuire... La main-d'oeuvre ne fut pas difficile à trouver, et dès lors on trouva les principaux oeuvrant aux tâches ménagères — d'autres se firent plus discrets aux moments critiques de vaisselle à faire, sans parler du reste — occupés à rire et discuter, à s'admirer mutuellement, et c'est là qu'une phrase critique fut prononcée. Dans leur grande fanitude réciproque, la Rohirrim Kendra et la Hobbit Lalette s'envoyaient des nounours monstre stylés... Lors Kendra déclara à Lalette que cette dernière avait une chevelure admirable... « sans parler du reste ». Ce qui, dans un contexte de cuisine, pouvait être interprété de différentes façons, y compris grivoise, ce dont ne se priva pas l'assemblée (erronément, comme il se doit, ladite Kendra ayant déjà un poussin) (et erronément car la phrase avait été prononcée en toute innocence) (mais cela nous fit bien rire quand même). La pauvre Kendra ne se rendit par compte tout de suite que cette phrase allait souvent être entendue, et qu'elle allait devenir la devise du moot... C'est alors que l'on commença aussi à parler de salades habillées ou pas, pour ce que l'assemblée féminine était très gourmande, et chacune y alla de sa recette de salade préférée... Quand les gratins et les rôtis furent enfin prêts (mais non cuits encore) commença à se poser la question de la cuisson... Pour ce que le four était petit, il fallu donc développer des trésors d'ingéniosité pour réussir à faire cuire le maximum de choses en même temps. Les rôtis, plutôt que de passer au four, furent donc mis à cuire dans une casserole, et de fait caramélisèrent. Les gratins, au nombre de trois, (dont un sans muscade pour les estomacs délicats), ne pouvaient tous rentrer en même temps... On réussit à allumer le four (rappellons-le : à gaz. Ce qui signifie que la position « grill » n'existe pas), et commença la longue cuisson, sous la surveillance de Pierre-Gaspart. Pendant ce temps, Lambertine-la-Belge offrit à Kendra la parure de perle qu'elle avait escompté lui offrir bien avant, lors d'une autre rencontre en Terre d'Emilieu (à laquelle elle n'avait pu participer, à notre grande navritude profonde, pour cause d'un dos bloqué)... Et lors, toutes l'admirèrent, car elle était fort belle et s'accordait parfaitement au pull bleu-canard de la Rohirrim, et la gent féminine se mit à parler chiffons et perles... La cape brune et moirée de l'Elfe fut fort admirée, surtout par Rebeca-la-Belge, qui pourtant possédait déjà moults habits de belle facture et fortement enviés (y compris et non des moindres, une paire de brassards en polaire vert et framboise, qui présentaient l'avantage, outre d'être très beaux, de tenir chaud aux mains) ; de même on admira sa toque, qui lui donnait l'allure d'une Russian Lady, et qui allait aussi très bien à Mélilot-Fleur-d'Or (qui, rappellons-le, a aussi de la famille russe), et à Rebecca (moins au Numénoréen à qui il manquait de chevelure pour avoir l'air monstre stylé avec : il était seulement stylé). On admira les colliers, on admira les bottes et les souliers, les chemises blanches, bref, la réplique la plus entendue fut : « Ouaa, je veux le/la même ! ». De même, quand elles n'étaient pas occupées à admirer les vêtures des autres, le Haricot-Sauteur, la Rohirrim et l'Elfe Silvan jouèrent de leurs flûtiaux. L'Elfe sorti avec précaution sa flûte d'ébène, et l'on s'étonna qu'il soit possible d'en sortir un son, ce qu'elle fit pourtant. Fut entonné ce qui allait devenir l'hymne de la rencontre : le Branle de l'Ours, qui fut joué maintes et maintes fois. Les chambrées finirent d'être réparties : une chambre fut attribuée à Rebeca, Gurth et Pti Lionel, une autre à Lambertine, Mélilot-Fleur-d'Or et Edrahil, la salle de classe à Thomas et Irulan, et le grenier aux restants, à savoir Lalette, Kendra, Gaspart, Tar Palantir, Dragon et Laegalad. On gonfla les matelas, qui à la pompe (qui fut cassée), qui au souffle (ce qui fut long), qui, une fois le mécanisme compris (ce qui fut laborieux) avec la pompe intégrée dans le matelas. Le temps s'écoulaet il fut annoncé que la table pouvait être dressée. Et commença le repas, animé comme il se doit de rires et de bavardages. Jeux de cartes suivirent, et discussion diverses, et sons de flûtiaux plus ou moins harmonieux. Petit à petit les hôtes remontèrent vers les chambrées. La chambrée du grenier eut la surprise d'accueillir finalement un autre hôte encore (il restait une once de place sur le plancher) en la personne de l'Empereur-Dieu. Et la nuitpassa. Certains dormirent, et d'autres moins... voire pas du tout, comme Kendra, trop occupée à regretter son cher et tendre... et à claquer des dents, malgré la masse de couvertures empilées sur son duvet. |
3.
Jour 2d : où l'on petit-déjeuna, et où l'on vit la mer
(par
Stéphanie, ajouté le 06/01/06 17:47)
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| Le vent souffla, la pluie tomba, et l'Elfe se réveilla. Peut-être la première, peut-être pas. Petit à petit, les occupants du greniers se dressèrent sur leurs matelas, épiant si d'autres étaient dans la même situation. Ils se regroupèrent auprès de Kendra, Lalette et Laegalad, pour ce que le matelas de Kendra pouvait aisément servir à trois personnes ; et l'on vit sautiller ensaucissonés dans leurs sacs de couchage l'Empereur-Dieu et le Dragon. Chuchottis commencèrent, pour ne pas réveiller les deux autres endormis (il semble que Tar Palantir à l'Ouïe fine en fut cependant incommodé). Puis un lutin apparut. Outre le fait qu'il était minuscule, il avait une propriété magique : sa puissance vocale, malgré sa petite taille, était supérieure à celle de six tolkiendili occupés à discuter. Une autre de ses propriétés était d'avoir des vêtements aussi monstre stylés que ceux de sa maman (sans parler du reste). Et enfin, il pouvait chanter en boucle une même chanson en marchant au pas... ce dont il ne se priva pas.
* Intermède bruyant * O Saint Nicolas patron des écoliers Donnez-moi des cadeaux dans mes petits souliers Je promet d'être sage comme un petit mouton Je dirai mes prières pour avoir des bonbons Venez venez Saint Nicolas Venez venez Saint Nicolas Venez venez saint Nicolas Et tralala(ad lib.) * Fin de l'intermède *
Oncques... La Hobbit-Haricot-Sauteur : — Honk ! Honk ! Honk ! La Rohirrim : — Mwaaaaarf ! Tu te prends pour une otarie maintenant ? La Hobbit-Haricot-Sauteur : — Le non, mais c'est le très rigolo ce mot ! Je dirais ça à chaque fois que je l'entendrai ! Honk ! Honk ! Honk ! L'Elfe (sourire au coin) : — Le youpi... puis-je continuer ? La Hobbit-Haricot-Sauteur : — Le oui ! Je peux pas t'interrompre de toute façon, j'ai pas les cartes qu'il faut... L'Elfe : — C'est fait exeprès. Et puis je rappelle que c'est moi qui suis sensée le faire, ce conte ! « Lors, ce fut la fin du sommeil pour Pierre-fils-de-Lambertine et Tar-Palantir. Ce dernier combattitvaillament pour pouvoir retomber dans les bras de Morphée, mais ce fut peine perdue. D'autant que l'Empereur-Dieu et Lalette avaient entrepris de faire une partie de tolkienguili, ce qui se révéla bruyant... Et ce d'autant plus que Pti Lionel (le lutin-chanteur) pris la défense de « la fille qui enlève son pantalon ». Précisons tout de suite que Lalaith (car c'est d'elle qu'il s'agit), est totalement innocente de tout ce que vous pourrez imaginer — aussi innocente que la neige qui vient de tomber, sans parler du reste. Elle était simplement en pyja-short. Par ailleurs, il n'est pas sûr que P'ti Lionel ait été bien réveillé, puisqu'il traîta l'Elfe de garçon dans le même temps (ce qui ne laissa pas de surprendre ladite Elfe, par ailleurs) en lui ordonnant de se recoucher — ce qu'elle ne fit pas, par esprit de contradiction. Mais bref... P'ti Lionel prit la défense de Lalaith en criant « PAS CHATOUILLER, BASTIEN » et tentant de séparer les participants. Sonna le glas de la nuit. Morphée effrayée abandonna les derniers occupants de son giron, s'enfuyant par la fenêtre. Et la salle de bain commença à être prise d'assaut. Et commencèrent les petits-déjeuners. L'Elfe s'appropria le pot de confiture pomme-citron vert, clamant haut et fort que tartiné sur la brioche ou le pain belge c'était tout ce qu'il y avait de plus infect, et qu'il ne fallait surtout pas l'imiter. Ce en quoi fut d'accord Lalaith qui prit le risque de faire pareil malgré les avertissements, et les autres attablés commencèrent à être méfiants devant ces affirmations prononcées la bouche pleine... La Hobbit-Haricot-Sauteur : — Mmf, mais ch'est vrai, ch'est bas bon du gout, d'ailleurs che vous le gonjeille douchours bas ! L'Elfe : — Mais qu'est-ce que tu es en train de faire ?! Hé, mais c'est mon pot de confiture ça ! La Hobbit-Haricot-Sauteur : — Chai badoit gui la fait d'abord, et che d'ébargne d'horribles souffranches dans une bort attroche du monstre bas sdylé, et puis comme che beux bas chouer, che manche. Doi du ragonte... Le Numénoréen : — D'ailleurs, tu peux m'en faire une tartine, Lalaith ? L'Elfe : — Mais non ! Je viens de dire que c'est pas bon ! La Rohirrim : — Je te préviens, ça va faire plus de cinq secondes que tu dis rien, tu vas devoir passer le relai ! L'Elfe : — Mais c'est pas du jeu ! La Rohirrim, le Dragon, le Numénoréen, le Belge, le Polytechnicien : — Joue ! La Hobbit (en même temps) : — Choux ! L'Elfe : — (soupir) « Le thé de Noël ramené de Belgique par Rebeca fut apprécié (parfum de pétales de roses et clous de giroffle), le pain belge abondamment loué, la pâte au chocolat côte d'or que vous ferriez mieux de manger plutôt que de descendre mon pot comme ça et sans vergogne, tartinée, et ce pendant longtemps... Aux environs de midi, l'Elfe rappella à ses co-équipiers organisateurs qu'ils avaient oubliés quelques articles lors de leurs courses précédentes, et qu'il serait sans doute bon d'aller les acheter. L'Empereur-Dieu étant encore en robe de chambre, le Dragon (habillé) fut réquisitionné ainsi que son carosse. Partirent avec lui Lalaith, Tar Palantir, Kendra, et Laegalad. Le matériel à calligraphie et le matériel à hypocras acheté, ils décidèrent de se rendre à la mer, pour ce qu'ils trouvaient dommage d'être allé si prêt et de ne pas l'avoir vu. Or donc ils s'y rendirent... et l'Elfe ne put s'empêcher de sentir une pointe de nostalgie en descendant sur la grêve... * Interlude déclamatoire * To the Sea, to the Sea ! The white gulls are crying, The wind is blowing, and the white foam is flying ! West, west away (by the way, where's west ?), the round sun is falling (or not) Grey ship, grey ship, do you hear them calling, The voices of my people that have gone before me ? (without speacking of the rest) * fin de l'interlude * Cheveux au vent (ou pas), ils ramassèrent moults coquillages, et tous firent don à la Hobbit des bouts de porcelaine brisée ; et tous firent don à l'Elfe de petits éclats de verre polis. Et tous partagèrent grains de café et coquillages colorés, jaune, rouge, orange ou gris, laissant sur place semelles et bouts de plastique — sans parler du reste. Quand les mains du Dragon virèrent du violet au bleu, et celles de l'Elfe du marbré au violet, ils décidèrent de rentrer. Des souffrances que dû endurer le Dragon pour conduire son carosse avec les doigts gourds, il ne sera rien dit, pour ce qu'il ne dit rien. L'Elfe montra moins de grandeur d'âme en gémissant « Aïe mes mains » quand son sang y circula de nouveau. C'est alors qu'ils étaient sur le chemindu retour que l'Empereur Elwë envoya un signe aux occupants du carrosse : une statut de Napoléon Ier, qu'ils n'avaient pas remarquée à l'allée, leur indiquait avec un peu de retard la direction de la mer qu'ils venaient de quitter. Ils rentrèrent à la maison, espérant sans trop d'illusion que le repas avait été préparé en leur absence, car il n'était pas loin des 14 heures et la mer avait creusé leur appêtit. Hélas, cela n'avait pas été le cas, pour la simple raison que les trois seules personnes à connaître les menus prévus étaient parties ensembles. Ils se mirent donc aux fournaux, tels de grands cuisiniers, pour préparer les poissons en papillote. Puis ce fut le repas. Puis chacun s'occupa, qui à souffler dans « SON TROMPETTE » ou dans sa flûte, qui à jouer aux chevaliers, qui à jouer au Mao — jeu de cartes dont le principe est le suivant : une seule personne connait les règles (en l'occurence le Polytechnicien), ce qui lui permet de gagner à tous les coups, mais plutôt que de recommencer le jeu, il pioche de nouvelles cartes et invente une autre règle histoire de brouiller un peu plus les autres qui n'ont déjà pas compris. C'est donc un jeu sans fin où les joueurs finissent par crier des choses étranges telles que « Pouet pouet » ou « ma fille tu seras mon gendre »... sans parler du reste. Puis vînt la préparation des mets pour le réveillon, ou tout du moins des desserts — et l'on pensa à Silmo dont on emprunta la recette pour le gâteau roulé farcie au chocolat et à la crème de marron — des feuilletés au fromage (ou fromage et thym, l'Elfe n'ayant pu s'empêcher d'en parsemer dessus), des gougères aux saucisses, et la Rohirrim et l'Elfe allèrent chercher de la verdure dans le jardin pour décorer la table — armée de lampe-torche, ce qui évidemment donna lieu à un mime de combat de Jedi sous les gouttes de pluie. Puis Rebecca, voyant que Kendra et Laegalad ne tenaient plus debouts, les envoya aux étages pour qu'elles prennent un peu de repos avant la fête, et Tar Palantir les suivi. |
4.
Où les animaux parlent, et où le gong sonna...
(par
Stéphanie, ajouté le 10/01/06 14:10)
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| La Rohirrim : — Un conte ! Je veux un conte ! L'Elfe : — Ben qu'est-ce que tu crois que je soyes en train de faire, le très précisément là maintenant ? La Rohirrim : —- Un conte, je sais, mais c'est ce que j'ai dis quand on s'est retrouvé tous les trois au grenier. L'Elfe : — Ah, oui, mais je sais et j'allais le dire, si tu ne m'interrompais pas tout le temps, je te signales que je perd du temps comme ça ! La Hobbit, le Dragon, le Numénoréen, le Belge, le Polytechnicien : — Cinq, quatre, trois, deux... L'Elfe : — Je reprends je reprends ! Oncques... La Hobbit : — Honk ! Honk ! Honk ! L'Elfe (fait le geste yyrien de la monstre profonde navritude) : — Et le zut... La Rohirrim, le Dragon, le Numénoréen, le Belge, le Polytechnicien : — Cinq, quatre... L'Elfe (se redresse, les mains toujours dans le geste yyrien de la monstre profonde navritude) : — « La Rohirrim demanda alors une histoire, pour ce qu'elle ne savait pas s'endormir sans qu'on en ai raconté une, et pour ce qu'il était devenu une habitude, chez ces gens amoureux des mots, de s'échanger ainsi des trésors de paroles. Et l'Elfe raconta alors l'histoire de la Grenouilleà Grande Bouche, que d'aucuns avaient déjà entendu en Terre d'Emilieu, mais pas la Rohirrim. * Intermède du conte dans le conte (l'Elfe a remis ses mains sur la table)* Il était une fois, une grenouille à grande bouche. Cette grenouille à grande bouche était très gentille, mais sa grande bouche était vraiment un problème, surtout quand les villageois voulaient faire une photo de tout le village. Car dès que le photographe leur disait « Souriez ! », la grenouille se fendait d'un grand sourire, qui cachait tous les villageois derrière elle. Un jour, les villageois en eûrent assez, et décidèrent de prendre une photo d'eux sans la grenouille à grande bouche. Aussi ne lui dirent-ils pas quand ils avaient invité le photographe. Cependant, au fur et à mesure que le jour de la photo approchait, les villageois ne pouvaient s'empêcher d'en parler entre eux, de faire des essayages, d'aller au coiffeur, de comparer les tenues... et dès que la grenouille à grande bouche arrivait, ils se taisaient subitement d'un air gêné. La grenouille à grande bouche n'était pas bête, bien que grenouille, et elle s'en rendit bien compte. Et comme personne ne voulait rien lui dire, elle devint toute tristeet se mis à pleurer à chaudes larmes. Madame Blaireau, qui était sa meilleure amie, n'y tient plus, et lui avoua toute l'histoire... ce qui augmenta la crise de larmes de la grenouille à grande bouche. — Ne pleures plus, grenouille, grenouille, j'ai une idée ! Tu as encore une semaine pour t'entraîner à dire « confiture de mûres », comme ça, tout doucement. Et quand le photographe dira « Souriez », tu diras tout doucement « confiture de mûres », comme ça, tu garderas la bouche fermée, et on verra tout le monde sur la photo ! La grenouille trouva que c'était une très bonne idée, et s'entraîna toute la semaine à dire « confiture de mûres », comme ça, tout doucement. Vint le jour de la photo... et là, catastrophe ! La grenouille ne se souvenait plus de la formulette ! Elle avait beau chercher, chercher, chercher, impossible de la retrouver ! Elle chercha tout le temps avant que le photographe n'arrive... en vain. Le photographe les fit s'installer : il était urgent de retrouver la phrase ! Qu'est-ce que c'était, bon sang ? Sorbet citron ? Non. Marmelade de pommes ? Non plus. Miel de lavande ? Toujours pas ! « Souriez ! » dit le photographe... Ça y est ! Et toute contente, la grenouille se mit à crier : « COMPOTE DE POOOOOIRES ! » * fin de l'intermède du conte dans le conte *
La Rohirrim : — L'Empereur-Dieu ne va pas être content si on lui pique sa confiture de mûres... L'Elfe : — On lui pique pas, c'est juste une formulette. Et puis de toute façon, vous me mangez bien ma confiture de pommes-citron vert ! « C'est à ce moment-là que rentra dans le grenier une Hobbit Haricot-Sauteur du Mexique, ravie de les trouver encore éveillés. Et elle entreprit de leur raconter un conte créole, l'histoire de Lapin et de son benêt de copain qui voulaient manger un boeuf... » Kendra : — Y'a des boeufs en Guadeloupe ?! Lalaith : — Je sais pas, mais de toute façon, l'histoire se passe en Martinique... Et puis c'est un cooonte, alors il s'y passe ce que je veux ! Donc, c'était un boeuf, et pas n'importe quel boeuf, c'était le boeuf du roi, et... Kendra : — Ah parce qu'ils ont un système monarchique en Guadeloupe ?!! Lalaith, Tar Palantir, Laegalad : — En Martiniiiiique, on te dis ! Laegalad : — Et puis de toute façon, j'ai déjà fais un conte dans le conte, je ne recommence pas, je vais perdre du temps et ça va ralentir mon autre histoire. En plus je paries qu'elle fait ça pour pouvoir poser une carte et me chipper mon conte rendu alors qu'elle en a un autre à terminer. Donc si vous voulez le conte de Lalaith, vous le lui demandez, elle saura mieux que moi, mais après celui-ci. « Lalaith les laissa se reposer et redescendit, pour aider les autres à dresser la table, plier les serviettes, préparer les assiettes de fromage et de charcuterie, puis finalement mettre l'apéritif à cuire, espérant attirer par l'odeur de la pâte feuilletée les dormeurs — ou pas. Mais l'heure de manger dut attendre que ceux qui avaient prévus des tenues de réveillon les mettent... Or, il advint que peu, parmi la gens masculine, y avait pensé. A vrai dire, seul Tar Palantir s'était fendu d'un pantalon brun et d'une chemise gris chatoyant — de l'hithlain, très certainement — éclairée par une cravate rouge et grise. Et en cela il fit honneur à sa lignée, et fut digne d'assumer de façon monstre stylée son rôle d'Empereur du Doriath par intérim (et auto-proclamé, précisons-le afin d'épargner à la conteuse des représailles imméritées). Du moins le fut-il une fois que la chaleur des appareils à raclette lui eût fait retiré son chandail rouge qu'il avait enfilé par dessus pour se préserver du froid. Quant à l'Empereur-Dieu, rendons-lui justice, il était vêtu d'une chemise verte — à laquelle il allait assortir, plus tard, une couronne sylvestre du plus bel effet — et d'un pantalon bleu. La conteuse pense se souvenir que Gaspart-fils-d'Icelle avait porté une chemise pour l'occasion, mais elle n'en est pas sûre. Pour les autres, ils estimaient sans doute que l'Evènement Temporel Unique qu'ils allaient vivre n'était pas digne d'effort... Pour ces dames, cependant, il était tout naturel de se vêtir de façon « le monstre stylée du très beaucoup en la grande quantité ». Et c'est ainsi que Damoiselle Kendra revêtit les couleurs du Rohan, jupe moirée d'argent et cache-coeur vert-kaki agrémenté d'une étole chamoirée de verts. Et c'est ainsi que Lalaith revêtit son jupon blanc avec sa chemise assortie, coupée d'un bustier noir et d'une jupe assortie par dessus son jupon... La Hobbit Haricot-Sauteur-du-Mexique : — Oui, parce que par dessous, ça aurait pas été stylé je trouve. Et j'ai complété cette tenue monstrement jolie en fin de soirée par une couronne de laurier qui avait la particularité d'être faite de lierre — ce qui est original, pour une couronne de laurier. L'Elfe des Bois : — Pas la peine de chercher à m'interrompre, c'est moi qui ai la carte couronne! « Mélilot-Fleur-d'Or adopta un style fleuri avec une jupe à larges bandeaux de roses, un pull noir profond faisant ressortir son magnifique collier de corail, coquillages, cailloux et écaille de tortue, les épaules couvertes d'un grand châle rouge (hoy !). Pour ce qui est des tenues de Dames Lambertine et Rebecca, hélas ! Nulle trace n'en garde les souvenirs de votre conteuse — ce qui la désole franchement. Laegalad enfin, profita de l'occasion pour mettre sa jupe de velour brun, doublée de coton et satin et coloré d'un semis de fleurs couleur framboise et violine, assortie à son haut framboise — qu'elle avait été bien inspirée de mettre, puisque Kendra-la-Rohirrim, ne pouvant tacher sa tenue de ménestrelle de jus de framboises puisqu'elle n'en avait pas trouvé, entreprit plus tard de la tacher d'encre de chine magenta. Et l'on s'installa à table ; et l'on servit hypocras et jus de fruits, portant maints et maints toast à chacun et chacune des absents regrettés — sans parler du reste et du n'importe quoi. Du repas, il est gardé un souvenir fidèle par le Numénoréen : salade verte à la mangue pour les amateurs de verdure, raclette avec 2,68 kg de fromage à raclette standard, fumé, à la moutarde, ossau irati, reblochon, et fourme d'Ambert, ainsi que des assiettes de charcuterie : jambon cru et cuit, saucisson à l'ail, bacon et viande des Grisons... Sans parler des pommes de terre. Au bout d'une heure de boustifaille, on arrêta les appareils... du moins, on tenta, car retentit alors un cri horrifié : « Mais j'ai pas fini, moi ! ». Et dès lors on se hâta de rallumer l'engin, pour ce que la voix ayant prononcé ce cri émanait de l'Empereur-Dieu, et qu'il n'eut pas été judicieux de finir l'année en l'empêchant de faire fondre son fromage. Peu avant minuit, alors que l'assemblée avait fait une pause dans le dîner, une représentante des Hobbits (mais seule à faire aussi office de Haricot Sauteur), le Numénoréen, la Rohirrim et l'Elfe Silvan se précipitèrent en dessous du gong-des-escaliers-monstre-stratégiquement-placé-pour -assomer-ceusses-sortant-de-la-cave-à-bières, s'armant de ce qu'ils trouvaient sous leur main — canne, parapluie, bâton de marche et autres instruments contondants, sauf un tin whistle — et commencèrent le décompte. A minuit pile, tout Sideville trembla sous ses couvertures — sauf ceux qui n'étaient pas dessous — alors que le gong retentissait joyeusement sous les coups. Commencèrent les embrassades traditionnelles, qui se firent comme il se doit sous le gui — où ce qui en tient lieu, à savoir sous la verdure que la Rohirrim et l'Elfe des Bois avait ramassée sous la pluie, à l'aide d'une serpe rouillée et de l'arme elfique Op'inel, en prononçant des incantations étranges et certainement bénéfiques, quoique le conte ne s'en souvienne pas (il se souvient par contre qu'elles n'étaient pas roulées dans des tranches de jambons, car il en eût fallu beaucoup pour les couvrir entièrement, au vu de leur taille, et on n'aurait pas pu les manger après, ce qui aurait été du gaspillage). En tout cas, c'était des plantes aux vertus magiques : lierre, fougère et noisetier. Les branches de lierre, par ailleurs, servirent dans la foulée de couronnes de laurier à quelques membres de l'assemblée. Peu de temps après, P'ti Lionel alla rejoindre le doux pays du sommeil dans les bras de sa maman. Les autres continuèrent la fête, plus ou moins bien réveillés. La température se faisant frisquette dans la cuisine, maintenant que l'Empereur-Dieu avait fini de manger le fromage, on se réfugia dans le salon, où fauteuils, chaises et canapés furent réquisitionnés, ainsi que des couvertures. On éteignit toutes les lumières, ne laissant qu'une petite loupiotte allumée au centre des veilleurs. Et Kendra la Rohirrim se fit conteuse. L'Elfe doit cependant avouer qu'elle rejoignit P'ti Lionel sur les sentiers du sommeil avant la fin du conte — qui vous sera peut-être conté plus tard, si Kendra le veut. Elle et Mélilot-Fleur-d'Or remontèrent aux étages pour se coucher. Et l'Elfe n'entendit pas les autres occupants du grenier rentrer... sans doute parce qu'ils avaient eu la délicatesse de ne pas allumer la lumière. De toute manière, il est douteux que, emmitoufflée et roulée en boule qu'elle était sous ses deux sacs de couchage — le Dragon lui en ayant aimablement prêté un le soir précédent — elle eût vu quoi que ce soit... |
5.
où l'on mania les plumes, et où l'on gadouilla...
(par
Stéphanie, ajouté le 10/01/06 16:32)
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| « Le vent souffla, la pluie tomba, et l'Elfe se réveilla. Peut-être la première, peut-être pas — mais quand même plus probablement la première. Toujours est-il que, lasse d'attendre que d'autres se réveillent pour pouvoir discuter avec eux, elle descendit pour pouvoir souhaiter la bonne année à ses parents — qui n'étaient pas présents, non, mais les miracles de la technique ont fait qu'elle pu les contacter par le biais d'un félétone sans attirer d'Auror dans les parages. »
La Hobbit Haricot-Sauteur du Mexique : — Je remarque qu'on a été assez sages, toutes les deux, on n'a pas attiré d'Auror pendant le moot... L'Elfe (tordant du nez) : — Voire... le grand-père de l'Empereur-Dieu est quand même passé, un moment... Qui sait si... enfin... tu vois ce que je veux dire ? La Hobbit Haricot-Sauteur du Mexique : — Le nooon... tu crois que... ? Il serait quand même le monstre bien conservé ! L'Elfe : — Le ouiiiii... Enfin, c'est possible, quoi. Le Dragon (ahuri) : — Mais de quoi vous parlez toutes les deux ? La Hobbit Haricot-Sauteur du Mexique, l'Elfe (se regardent d'un air entendu) : — Hon hon, rien rien... L'Elfe (précipitament) : — Profitant éhontément de la désertitude de la salle de bain, elle s'y calfeutra le temps de prendre une douche chaude, puis descendit déjeuner, suivit peu après par Lalaith et l'Empereur-Dieu... Le Dragon : — Tu cherches à noyer le poisson, là, ça ne répond pas à ma question ! L'Elfe : — Je ne cherche rien d'autre que poursuivre mon conte, et cessez donc de m'interrompre mal à propos sinon je vous laisse vous débrouiller. De toute manière les Moldus ne peuvent pas comprendre. Dooooonc... La Hobbit Haricot-Sauteur du Mexique : — Honk ! Honk ! L'Elfe : — Mais c'est fini oui ?! J'ai dis « donc », pas « oncques » ! Ils prirent leurs premiers petits déjeuners en solitaires, avant que P'ti Lionel et Gurth ne descendent à leur tour jouer aux chevaliers et manger des gâteaux. Petit à petit, la cuisine se remplit, et les petits déjeuners se succédèrent (l'on se passa de dîner). Puis les calligraphistes — Lalaith, Kendra, Lambertine et Laegalad, puis plus tard Tar-Palantir — se mirent à calligraphier les cartes qu'ils comptaient envoyer à quelques de leurs amis — il y eut hélas des oublis. Cela les occupa un temps, pendant que d'autres jouaient aux lemmings. Une accalmie se profila, et l'on proposa une promenade. Peu se proposèrent, mais répondirent présents l'Empereur-Dieu, qui fit office de... heu... « guide », Mélilot-Fleur-d'Or, Lalaith, Thomas le Polytechnicien, Garpart-fils-d'Icelle, Tar Palantir, Edrahil, Dragon et Laegalad-la-Sylvaine. L'Empereur-Dieu voulut les mener aux Roches de Sideville, et pour ce faire leur fit emprunter un chemin... Auraient-ils connu son nom avant de le prendre que les Aventuriers eurent réfléchis à deux fois avant de s'y risquer. Toujours est-il que l'Aventure guidait leurs pas. Il se révéla très vite que le « chemin » en question était une large (ou pas, suivant les endroits) ornière, gadouilleuse sur vingt centimètres de profondeur (et plus), où les seuls points stables (quand ils existaient) étaient des cailloux maculés par la boue collées aux semelles des gens passés avant, et les seuls branches pour s'aggriper étaient de ronciers ou d'orties. La compagnie pris son courage à deux pieds, et ne fuit pas, espérant que l'épreuve allait être de courte durée (ce en quoi l'Empereur-Dieu était incapable de les renseigner, pour ce que seul son vénéré papa marathonien était censé l'avoir emprunté et parcouru en 20 minutes, sans gadoue). Les pas glissants n'étaient qu'une mise en bouche... la Première Epreuve fut celle de la Souche : une mare de boue a priori infranchissable, où seule une souche (humide) (peut-être pourrie) (branlante sûrement) (sans parler du reste)pouvait faire illusion de pont entre deux terres moins glaiseuses. Irulan passa. Thomas passa. Mélilot-Fleur-d'Or passa. Gaspart passa. Lalaith, ne craignant rien pour sa jupe, passa d'un bond léger. Tar Palantir — en profitant pour casser la branche qui pouvait servir d'équilibreur une fois sur la souche — passa. Laegalad — ne craignant rien pour sa jupe non plus — passa quand même. Edrahil, malgré son grade affirmé de Colonel, renonça d'un bloc. Et Dragon s'effaça piteusement. Lors Laegalad-la-malicieuse les traita de couards, de lâches, de maroufles et de tout un tas de mots qu'elle trouve rigolo et monstre stylés, et les autres les huèrent, pensant que la honte cuisante éprouvée suffirait à leur rendre courage, mais bientôt leurs compagnons disparurent au tournant, et devinrent de simples illusions. On continua quelques temps à les bouher, puis reprit la route, un brin déprimé. Et l'ascension fut laborieuse, glissante, émaillée de cris d'angoisse quand la boue traîtresse menaçait d'avaler une jambe ou une botte, de gémissements, de navritude... Ceux aux longues jambes pouvaient élégamment (ou pas) bondir d'un côté à l'autre du talus, évitant la boue. Pour les autres, s'agripper aux ronces se révélaient parfois préférable.
[...] Tar Palantir : « Tiens, une vesse de loup » Laegalad : « Ne l'écrase pas, on ne sait ce qui peut en sortir... » Tar Palantir : « Bah, c'est qu'un champignon ! » Le champignon : « SCHBLAAAF ! » Laegalad : « Je sais pas ce que c'est, mais allons nous-en vite, tu as dû libérer un esprit malin ! »
[...] Irulan : « Tiens, une crevasse ! »
[...] Lalaith : « Tiens, un ravin ! » Laegalad : « Non, c'est la crevasse que vient de signaler Irulan. » Lalaith : « Peut-être, mais comme je suis une Hobbit, pour moi c'est un ravin ! »
[...] Thomas : « Tiens, un torrent de boue ! » Les autres : « Franchissons-le ! » Et c'est ainsi que chacun tenta de le franchir d'une façon différente. Gaspart manqua son effet et failli s'étaler dans le fleuve de boue. Tar Palantir et Laegalad, mus par une même idée, empruntèrent le pont suspendu et branlant.
[...] Mélilot : « Tiens, des sables mouvants ! » Les autres : « Franchissons-les ! »
[...] Gaspart : « Tiens, un pied ! » Les autres : « Beeeeerk ! Où ça ? »
[...] Lalaith : « Tiens, une cascade ! » Les autres : « Franchissons-la ! »
[...] Thomas l'Eclaireur : « Tiens, les Rochers !!! » Les autres : « Waaaais !!! Où ça ? » Et effectivement, se dressaient au bout du chemin trois cailloux, dont la taille allait de 32,4 à 67,9 cm. Il est douteux qu'il se fusse s'agit des Rochers qu'ils cherchaient de prime abord, qui devaient mesurer 7 mètres de haut — à moins qu'ils ne fussent entrés en Faërie, ce qui est tout à fait probable, et chacun sait qu'en Faërie, les apparences sont trompeuses... Néanmoins, ils se photographièrent mutuellement sur eux, puis firent le bilan des comptes : manquaient à l'appel un colonel et un dragon, étaient irrémédiablement salies bas de pantalons et chaussures — mais ni les jupes, ni les bottes de l'Elfe, qui se révèlèrent les moins crotées. Trois choix s'offraient à eux : aller à droite, aller à gauche, aller en arrière. Emprunter dans la descente le même chemin qu'à l'aller était exclu. Ne restaient plus que deux choix. Descendre à gauche, ou monter à droite. Comme le soir tombait et qu'il devenait urgent de rentrer, et que dans un labyrinthe il faut toujours tourner dans le même sens, et quoiqu'ils ne soient pas dans un labyrinthe, ils empruntèrent le « Chemin des Epines », qui semblait aller dans la bonne direction. Inspirée par la discussion qu'elle avait eu avec le Dragon (avant donc que celui-ci ne devienne à son tour une illusion en renonçant à affronter l'Epreuve de la Souche) sur la frontière entre réalité et illusion — thème qui lui est cher — l'Elfe défit l'illusion du ruban goudronneux sous leur pied pour susciter la véritable apparence du sentier qu'ils empruntaient. Et c'est ainsi que le gris asphalte redevint vert chemin herbeux, légèrement humidifié par la rosée du soir, bordé de fougère et de stellaires en fleur, étoiles blanches éclairant les bas-côtés et appellant leurs soeurs des cieux. Un frais parfum de nuiten émanait, et c'est ainsi qu'ils cheminèrent, esprit appaisé, sous le ciel gris de nuages et de nuit tombante.
[...] Thomas : « Tiens, un chemin comme celui qu'on a pris tout à l'heure, à gauche ! » Laegalad : « N'y va pas, c'est une illusion ! Si tu t'y aventure, tu en deviendras une à ton tour et disparaîtra à jamais ».
[...] Ils arrivèrent enfin au bercail, fourbus et avec une faim de loup. Là, un plan leur indiqua que la Pronfonde Ornière Boueuse et Gadouilleuse était poétiquement nommée... le chemin de la Chasse des Prêtres. |
6.
Où l'on conta d'autres histoires...
(par
Stéphanie, ajouté le 11/01/06 17:14)
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| * Ding céleste *
« Les Aventuriers gagnent tous un niveau. » Les Aventuriers : « Wouais ! » Mélilot-Fleur-d'Or : « Je peux maintenant apprendre à jouer du tin whistle ! » Lalaith : « Je peux maintenant bondir deux fois plus haut ! » Laegalad : « Je peux maintenant réaliser des illusions deux fois plus réalistes ! » Gaspart : « Je ne peux plus faire brûler les rôtis maintenant ! » Thomas : « Je peux maintenant sauter de rochers en rochers sans utiliser de planches ! » Tar Palantir : « Je peux maintenant retenir deux trains avec mes seules mains ! » Irulan : « J'étais déjà parfait, je ne peux rien faire de mieux ! » Les autres : « Pffff... »
L'Elfe : — « Fourbus donc, comme je viens de l'énoncer, les Aventuriers s'attablèrent pour un tarot — ceux qui savaient en jouer, du moins — et pour finir la bûche du soir précédent. Magnanimes et peu rancuniers, ils laissèrent la place du cinquième au Dragon qui les avait abandonné en route. L'Elfe se sentit obligée de défendre la réputation de son peuple et monopolisa les mauvaises cartes, s'arrangeant pour pouvoir perdre — ou en tout cas, ne pas être première. Puis ils jouèrent à Il était une fois, et Lalaith et Kendra les rejoignirent, et l'on conta d'autres histoires, plus ou moins réalistes (« On s'en fiiiche, c'est un conte ! »), où l'on parla de grenouillescoassantes, de princessesstupideset d'oiseaux... Thomas : — Je peux t'interrompre ! Ceci sait voler ! Laegalad : — Hey, non ! Tous les oiseaux ne volent pas, regarde les autruches ! Et les émeux ! J'ai pas précisé quel oiseau c'était, donc l'interruption ne compte pas et tu pioches une carte supplémentaire. Et je continues. Ils racontèrent des tas d'histoires, des salades et des sornettes. Et d'ailleurs, parlant de salades, ils commençaient à avoir faim, et clamèrent donc fortement, à l'attention du reste de la compagnie, que « CE SERAIT BIEN D'EPLUCHER LES POOOMMES ! » Le Belge : — Et de faire la purée de patates aussi. L'Elfe : — Il est vrai. Mais leur voix ne portaient apparemment pas assez. Ils cessèrent donc de jouer pour s'y coller, avec l'aide de quelques représentantes du formidable peuple des Belges, dont on ne dira jamais assez de bien*. Pendant que certains s'occupaient de la purée de patates, d'autres s'attelèrent aux pommes. Et il s'avéra que pendant que le Dragon épépinait laborieusement une pomme, le Polytechnicien en épépinait et coupait en morceaux une autre... et l'Elfe abbatait le double de la tâche encore, ce qu'elle ne se priva pas de faire remarquer.
Ayant avisé un disque de Grieg, l'Elfe ne résista pas à l'envie d'écouter quelques morceaux choisis par ses soins de Peer Gynt... A commencer par un Morning Mood qu'elle doubla de sa flûte d'argent. Puis Mélilot-Fleur-d'Or fit remarquer que son morceau préféré était le Hall of the Mountain King, que l'Elfe aimait aussi, et qu'elle doubla de même au moment opportun... mais auparavant, la Hobbit Haricot-Sauteur du Mexique s'était apperçu qu'elle pouvait danser le Branle de l'Ours sur la musique : ors, elle réquisitionna d'office l'Empereur-Dieu qui, bonne pâte, accepta de l'accompagner. Et c'est ainsi que le Branle de l'Ours fut dansé jusqu'au dernier soir. Lambertine-la-Belge, en sa grande gentillesse, demanda à l'Elfe (dont le goût pour la matière culinaire n'est plus à prouver) de préparer un repas de noces princier. Lors l'Elfe s'attela avec joie à la tâche, pour ce qu'elle appréciait fort le prince en question et sa belle future, et pour ce qu'elle avait matière à composer un repas tout à fait féérique avec l'aide d'un grimoire que la belle Rebeca avait apporté. Et on la vit, aidée par le Dragon, tourner compulsivement les pages, et griffonner sur un papier — qu'elle failli bien oublier le lendemain — quelques noms étranges de mets délicieux. Les boudins Belges — réclamés longtemps auparavant par l'Elfe gourmande — furent mis à cuire, puis savourés quand leur heure fut venue — et il y en avait de toutes sortes : noir nature et aux raisins, blanc nature, aux herbes, aux noix, au chou, tous délicieux, tous aussi bons, tous appréciés. A l'autre bout de la table, le Dragon, le Polytechnicien et P'ti Lionel jouèrent aux Chevaliers — avant que la situation ne divergent et que d'autres ne s'approprient l'histoire pour s'inventer des problèmes de maths ! Ce qui manqua couper l'appêtit à l'Elfe, qui préférait l'histoire du chevalier et du dragon. Elle le retrouva cependant très vite dès que l'on présenta le Mont d'Or, qui ne put faire que deux tours de table avant de disparaître totalement. L'on mangea aussi les glaces qui avaient été prévues pour le soir précédent : chocolat, fruits rouges, rhum raisin... et poire, sorbet de poire au coulis de chocolat fondu et figé sur la ronde balle, délicatesse savoureuse et délicieuse ! Après débarassage et vaisselle — où l'on chercha longtemps des volontaires pour s'y coller... et retrouva encore les mêmes — l'assemblée se mit à chercher l'inspiration pour remplir les cartes de voeux. L'encre étant très sympathique, elle se prêta joyeusement à tous les tours qu'on voulu lui faire prendre, et si chacun avait finalement une couleur à lui, nul ne résista à l'envie d'écrire de manière lumineuse. Soucieux d'être en forme pour le lendemain, où les attendaient ménage et trains, ils décidèrent tous d'aller se coucher (relativement) tôt... Tous ? Non. Car une chambrée résista encore et toujours au sommeil envahisseur. Et c'est ainsi que la chambrée du grenier se mit à faire de la démancie (qui n'est pas une crise de démence, quoi qu'on puisse en douter, mais une façon tout à fait originale de faire de la divination : il convient d'être plusieurs disposés en cercle plus ou moins rond, se tenant par les petits doigts à la mode de Bretagne, les pouces au niveau de l'articulation de la machoire, et les index sur les tempes, les autres doigts tenant un dé de jeu de rôle. Puis l'on se concentre et invoque un nom, et tente de lâcher les dés en même temps). Les dés leurs permirent de faire des prédictions tout à fait stupides, mais très amusantes, desquelles il découla que Irulan était un être divin, que Edrahil allait épouser un être démoniaque à Troie, que Lalaith allait effectuer un voyage à Marseille (et non en Allemagne comme elle l'escomptait), et que Laegalad était une bénédiction. Puis ils invoquèrent quelques esprits d'absents, obtenant parfois des résultats spectaculaires — par exemple qu'Elwë le Grand, Vénéré Empereur du Doriath, serait présent au mariage d'Edrahil, et qu'il allait organiser le prochain moot, par une obscure combinaison chiffrée qui aboutit à la conclusion cocktail >réception >moot. Le résultat le plus effrayant fut cependant quand, après l'invocation de Moraldandil l'Erudit, Gaspart reçut un coup de félétone et entendit, à l'autre bout, une voix étrange lui parler dans un langage inconnu avant de raccrocher... puis quand, après une salve d'applaudissements il est vrai sonore (les hôtes du grenier avaient oubliés que d'autres dormaient) (ou tentaient de le faire), leur Rohirrim préférée, la riante, la douce Kendra, ouvrit la porte subitement en leur signalant « qu'il y en a qui essayent de dormir ici ! » d'un ton gronchon avant de repartir subitement. L'effet fut immédiat. A peine si Tar Palantir eût l'audace de murmurer un « Moraldandil, sort de ce corps ». Les autres eurent le sifflet coupé par cette apparition monstrueuse. Puis l'Elfe reprit ses esprits et remarqua qu'il était quand même près de 4 heures trente du matin, et qu'il devenait franchement judicieux d'aller faire au moins semblant de dormir, même s'ils seraient les derniers à partir le lendemain (sauf Gaspart-fils-d'Icelle) (et sauf Irulan qui devait les emmener). Tous opinèrent, et montèrent en silence les escaliers. Et ils ne firent pas long feu. |
7.
Jour quarte et dernier...
(par
Stéphanie, ajouté le 11/01/06 17:25)
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| Le vent souffla, la pluie tomba, et l'Elfe se réveilla. Peut-être la première, peut-être pas — mais quand même plus probablement pas la première. Il est à noter que l'ambiance était plutôt un brin mélancolique, mais que l'assemblée tentait encore d'être de bonne humeur. On petit-déjeuna chichement, fit les dernières vaisselles, et les premiers adieux laissèrent une sensation de vide intolérable... Les restants firent le ménage dans un état zombiesque, et le Dragon et l'Elfe répartirent équitablement les bougies restantes, pommes, sachets de verveine, thé de Noël, sans parler du reste. L'Elfe se vit offrir ce qui restait de confiture de pommes-citron vert dans le pot (avec le pot), ce qui la remit de bonne humeur (et se fit rappeler qu'elle avait noté sur une feuille les ébauches d'un repas de noce princier, et qu'elle ne devait pas l'oublier), et la Hobbit s'appropria le pot de chocolat à tartiner Côte d'Or. Aux environs de midi, ils s'attaquèrent aux compotes : pommes, pêches, poires... Le Dragon : — Poire ! C'est le fruit le plus elfique qui soit je trouve. La Rohirrim : — Le très vrai ! Je suis le totalement d'accord ! L'Elfe : — Il est vrai, mais à la pêche c'est bon aussi. Même si les speculoos sont meilleurs avec la poire, je vous l'accorde. Le panetone que Tar Palantir avait trimballé dans le train (si vous vous souvenez de cet épisode) et qui avait affronté la neige entre les wagons fut partagé équitablement — ou presque, et les gâteaux terminés. Puis... puis, l'Empereur-Dieu décida de rentrer par le même train que nous, mais d'aller rendre avant des affaires à ses parents... Il avait oublié qu'il aurait alors deux aller-retours à faire, puisqu'il devait nous mener à la gare, et pour ce nous eûmes un appel urgent de la part de Tar Palantir, parti — heureusement ! — avec lui, nous informant qu'ils ne pouvaient pas faire l'aller-retour supplémentaire pour venir nous chercher, et qu'il nous incomberait de finir de ranger, de vérifier que rien n'avait été oublié, de récupérer les affaires que l'Empereur-Dieu avait semé dans la maison, de rendre les clés au Grand-Père, et de le remercier de la part de tous (sans parler du reste)... Le tout en un temps très court. Heureusement, l'Elfe, prévoyante, avait déjà chargé les bagages de tout le monde dans le carosse de l'Empereur-Dieu. Et heureusement, ils n'étaient plus que cinq, car sinon ils n'eurent pu rentrer tous dans la voiture, sachant qu'il y avait aussi les sacs de ménestrelles, l'appareil à raclette, un matelas pneumatique (sans parler du reste) à rentrer en même temps que leurs propriétaires (ou pas) dans le carrosse du Dragon. La conteuse ne se souvient plus très bien de quand une montre jaune apparu, et si c'est elle qui l'a découverte avec le Dragon ou pas, mais de fait, la pensant oubliée par l'un des membres Belges de l'assemblée dissolue, Kendra la Rohirrim la joignit aux affaires oubliées (et il s'avéra par la suite qu'elle n'était en réalité à personne, ou du moins pas à la compagnie). L'Elfe et le Dragon effectuèrent un dernier tour de vérification aux étages, pendant que les autres rangeaient balais et serpillères, puis l'on boucla la maison, et la Rohirrim alla, avec la Hobbit, remercier le Grand-Père, lui transmettant par la même occasion notre navritude complète de devoir partir comme des sauvages en ne sachant pas si tout avait été mis dans l'ordre habituel, et en laissant les frigidaires pleins. Puis ils partirent, en vitesse, l'Elfe servant de copilote au Dragon — ce qui n'était pas forcément une bonne idée, mais au moins ne se perdirent-ils pas pour cette fois. Tar Palantir les appela plusieurs fois, craignant de voir l'histoire se répéter... Enfin, à 10 minutes avant le départ du train, les retardataires arrivèrent face à la gare... Las ! C'était sans compter sur un feu tricolore bloqué sur le rouge ! Et le temps défilait, défilait, minute après minute, seconde après seconde ! L'Elfe : « Plus que cinq minutes... plus que quatre minutes... » Le stress fut à son comble, car le Polytechnicien avait encore à retirer son billet avant de pouvoir monter dans le train, et il fallait encore décharger le carosse. L'Elfe : « Vert ! » La Rohirrim : « Ne passe pas, c'est la couleur de l'Elfe ! » L'Elfe : « C'est ça ou louper le train, Kendra... » Les autres : « Paaaasse !!! » Ouf ! Le Dragon les laissa descendre puis partit se garer, alors que les autres couraient dans le hall de la gare, pour y retrouver Tar Palantir et l'Empereur-Dieu, ainsi que le père de ce dernier. Ils coururent sur le quai, chargés de tous leurs sacs, eurent juste le temps de dire adieu à un triste Dragon qui allait devoir effectuer le trajet du retour tout seul et solitaire dans sa solitude, de bondir dans un wagon... et le train partit. Ils n'étaient plus que six : l'Empereur-Dieu, le Polytechnicien, le Numénoréen, la Hobbit-Haricot-Sauteur-du-Mexique, la Rohirrim et l'Elfe des Bois... Six qui ne voulaient pas se séparer, et c'est pourquoi ils renouvellèrent, pour certains, leurs expériences de voyage-debout-dans-un-tampon. Sauf qu'à six on fait plus de bruit qu'à trois.
14h20 : *sifflotis : [...] mi la laa, mi la laa, si do ré ré do ré mi la mi la mi la laa, si do ré si laaa [...]*
14h46 : « [...] Qui vous mèn'ra à Paris (Qui vous mèn'ra à Paris) à cheval sur une barriique londiredire londura, à cheval sur une barriique londiredire, londura [...] »
15h12 : « Moi je connais une chanson qui embête les gens, moi je connais une chanson qui embête les gens (ad lib.) »
15h27 : « [...] joiiie du veeent qui souuuffle allons dans le grand veeeent frais, vent du matin [...] »
15h53 : « [...] il recracha, POUAH, le tout dans leur visageuh ! Nous soommes les Nains sous la montagne (plom plom) [...] »
16h et quelques : « Caen, ici Caen... les voyageurs n'ayant pas d'obligation sont priés de descendre de voiture et d'emprunter le train suivant. Le train étant actuellement en surchage, il ne pourra partir du quai. »
16h38 : « [...] la fille était jeuneette la digue digue ding la digue digue dong diguidiguidon [...]
17h02 : « [...] le premier un peu timide, larirette larireeette, le premier un peu timide [...] »
17h18 : « On est bientôt arrivé ? »
17h20 : « Et là, on est bientôt arrivé ? »
17 h 24 : « On est bientôt arrivé ? »
17h25 : « Nooon ! »
17h32 : « J'espère qu'on arrive bientôt, notre correspondance est à 18h à la Gare de Lyon... »
17h35 : « Ooooouf !!!! » « Vite, on descend tout, on se retrouve au bout du quai ! »
De là, la compagnie se réduisit encore, et Tar Palantir nous abandonna... puis nous perdîmes un Empereur-Dieu et son appareil à raclette dans le métro. Puis, sur le quai que nous avons atteint in extremis à la Gare de Lyon, nous laissâmes Kendra et Thomas... pour nous retrouver encore une fois dans un tampon de train avec nos armes et nos bagages... Avec toutefois un net progrès : nous étions assises. Mais transie de froid, et ayant perdu toute envie de chanter. Les sandwichs au boudin blanc belge ne purent même pas nous remonter le moral (mais au moins nous callèrent-ils l'estomac et charmèrent-ils nos papilles), ni les speculloos restant et réduits en miette dans leur feuille de lembas. En chemin une maman nous laissa garder sa petiote à la peau d'ébène pendant qu'elle allait changer son autre petite fille, et cela du moins nous permis d'oublier un peu notre déprime grimpante pour faire des risettes et des sourires et des grimaces (ce qui fit bien rire la môme) (et nous aussi). Puis l'on envoya des messages. Pensa aux autres. Et aux absents. Et l'on arriva à la Part-Dieu, où l'on pu enfin s'asseoir dans de vrais sièges jusqu'à Perrache. Et ce furent les derniers adieux, déchirants, entre Lalaith et Laegalad... Dernier effet de la bénédiction, la première eût son bus 9 minutes après, la seconde une place assise dans le train qui allait la ramener chez elle. Et ainsi fini le conte... jusqu'à la prochaine fois. »
Kendra : — Hé, mais c'est pas une fin, ça ! C'est trop triste ! Laegalad : — Pas forcément... c'est triste sur le moment, oui. Mais c'est le prélude à d'autres rencontres aussi ! Lalaith : — Sans parler du reste... Kendra : — Quel reste ? Lalaith et Laegalad : — Bah, les mini-moot, par exemple ! Lalaith : — Et puis maintenant y'a le ternette, pour patienter jusqu'au prochain. Kendra : — Moui... mais ça va faire loin ! Laegalad : — Il est vrai... ça fera loin. Et longtemps à supporter les Mornes Gens... Tous : — * soupir *
[...]
Dragon : — Bon, hé, dîtes, si on se secouait là ? On fait une autre partie ? Les autres : — Ouaaais !
Et l'Elfe ramassa les cartes, et elle fit la nouvelle donne... De ce que diront les autres, peut-être le saurez-vous plus tard... Sans parler du reste. |
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