1.
Préambule
(par
Stéphanie, ajouté le 10/01/06 13:49)
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| "Il était une fois" est un jeu de cartes, qui permet d'inventer des histoires (chaque carte présente un personnage, un aspect, un évènement, un objet, et le but est de construire une histoire avec pour aboutir à sa carte "fin"). Nous y jouâmes lors du réveillon à Sideville (après la longue marche), et appréciâmes : lors je propose d'en faire des historiettes. Je détiens les cartes, les distribue, et à vous de faire le reste. Sans doute moins drôle qu'en direct, puisqu'il est impossible d'être interrompu... mais sans doute plaisant quand même ! Aux autres de deviner quelles cartes étaient en main, dans le fuseau dédié.
Du reste... les cartes ne sont pas forcément nécessaires, et si vous avez quelque conte dans un coin de votre esprit, enjoy yourself!
Cric crac croc, la souris est passée, les contes peuvent commencer... |
2.
Oncques, oncques, oncques...
(par
Anne Savigny, ajouté le 10/01/06 16:40)
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| Oncques (onk, onk, onk!), il y a fort, fort longtemps, alors même que l'expression "il était une fois" n'était pas même sortie du génial cerveau de son génial inventeur, et qu'on ne pouvait utiliser pour démarrer les contes que "oncques", ce qui faisait bien rire les otaries, Oncques, donc vivaient dans les terres gelées du Nord une otarie, précisément, une de celles-là même qui se marrent comme des mouettes quand on prononce devant elles le mot "Oncques", et une mouette rieuse, une de celles-là qui riaient comme des mouettes quand on prononçait devant elle n'importe quoi, et même parfois rien du tout.
Or il advint que la mouette aimait l'otarie d'un amour tendre; et lorsqu'elle volait au-dessus de la banquise tandis que l'otarie s'y prélassait, (car en ces temps reculés, les mouettes volaient au dessus des banquises, tandis que les otaries s'y prélassaient) la mouette ne pouvait s'empêcher de penser (car en ces temps reculés, les mouettes pensaient encore, et ne passaient pas simplement leur temps à rire stupidement sur les digues ou sur les ponts des bateaux), la mouette donc, ne pouvait s'empêcher d'admirer l'humour incomparable de l'otarie, qui, dressée sur son postérieur, imitait pour se distraire un conteur commençant son histoire : "ONK, ONK, ONK!".
Hélas, leur amour était impossible et la mouette le savait : En effet, même si, oncques, les mariages interespèce étaient encore tout à fait possibles, et même conseillés, afin d'augmenter la biodiversité de la Terre encore toute jeune, (ce qui a bien changé de nos jours : Aucune taupe n'oserait plus se marier avec un canard, et pourtant, c'est bien de leur union qu'est oncques né l'ornithorynque! Mais de nos jours, ça n'est plus possible, les familles de l'un et de l'autre exerceraient bien trop de pressions sur le jeune couple de tourtereaux), même si, disais-je, les mariages exogènes étaient alors tout à fait autorisés, il se trouvait que l'otarie était déjà fiancée. Et ce, la mouette le savait, puisqu'elle pouvait voir à sa nageoire un magnifique anneau de fiançailles, finement ciselé et serti de minuscules pierreries : un véritable trésor! (d'autant qu'une nageoire d'otarie, c'est bien plus large qu'un doigt de jeune fille ; la bague devait donc être énorme.) Et l'anneau ne venait certainement pas de n'importe qui, car l'otarie était fiancée à rien de moins que le prince des requins, qui vivait avec ses parents dans un immense palais, juste en dessous de la banquise sur laquelle l'otarie se prélassait et faisait ONK ONK ONK, au dessus de laquelle la mouette volait gracieusement (Car dans ces temps reculés, les mouettes, non contentes de penser, étaient aussi gracieuses dans le ciel) en se désespérant de ne pouvoir même approcher l'élue de son cœur.
En effet, si le prince des requins était d'un naturel tout à fait calme et patient, et certainement pas du genre à croquer une mouette qui s'approcherait trop près de sa promise, ce n'était pas le cas de ses parents, et surtout de son père le roi des requins, une vraie force de la nature encore balbutiante (la nature, pas la force) était-il celui-là, et il est avéré que c'est de lui-même que fut créé (lors d'un second mariage, avec une dame crocodile particulièrement costaud) le terrifiant Tyranosaurus Rex (rex, car ce fut lui, d'un naturel plus belliqueux et combattif, qui prit la succession de son père en tant que roi).
Il était en effet de notoriété commune que la mouette brûlait d'un amour indissoluble pour l'otarie, ce qui était fort embêtant, car, comme le dit le proverbe, très ancien et presque totalement oublié, "mariée contre la volonté d'une mouette, passera jamais sous la couette", ce qui en dehors de toute considération grivoise que vous lui avez donnée, avouez petits chenapans, ce qui donc, est particulièrement embêtant sur la banquise, où il fait très froid! Les parents requin gardaiet donc jalousement l'otarie, pensant que si elle ne la voyait pas de près, la mouette ne pourrait l'aimer bien longtemps comme ça. Et la pauvre mouette n'osait donc pas (et on la comprend) s'approcher trop près du rivage, de peur de se faire croquer toute crue par les parents du jeune requin. Et cependant, comment vivre si loin de sa belle, de sa délicieuse otarie, sans en percevoir autre chose que des ONK, ONK, ONK portés par le vent jusqu'aux cimes des nuages, et une minuscule tache sombre sur le fond immaculé de la banquise?
La mouette (ou plutôt, le mouette, comme il faudrait le dire puisque c'était un garçon, mais bon, en russe on dit la chat, en français on dit la mouette, c'est comme ça) la mouette donc, avait ouï dire du proverbe, et avait compris que c'était sa mouettitude qui l'empêchait de voir sa belle et de lui conter sa flamme. Tout en volant (puisqu'il n'avait pas accès à la banquise, non mais vous suivez ou pas?) il réfléchissait donc, et réfléchissait si fort qu'il en oubliait de tourner en ronds autour de la banquise, et se trouvait à voler en ligne droite, par-delà l'Océan, et il pensait : "Si je n'étais pas une mouette, je pourrais la voir... Mais comment faire pour ne plus être une mouette? Comment? Je pourrais convaincre ma mère de me concevoir avec autre chose qu'une autre mouette, comme ça je serais un autre animal. Ah mais non : ca serait bien trop long, je ne peux pas attendre, et puis de toutes façons, je n'ai jamais vu ma mère, si en tous cas ce n'était pas ce morceau de coquille qui m'emprisonnaît lorsque j'étais petit".
Et toujours volant et pensant ainsi, au bout de trois jours et trois nuits il arriva au-dessus de terres vertes. Il se posa dessus, pour voir, et toujours pensant tout haut, car la solitude l'y avait habitué, il visita un peu ce nouveau pays qu'il venait de découvrir. Et il advint que sur la plage qu'il visitait, toujours pensant tout haut, il y avait une vieille femme, occupée à faire je ne sais quoi, et de toutes façons on s'en moque. Et la vieille femme entendit les paroles du mouette, et ne put s'empêcher de compatir à son malheur. Elle lui proposa donc son aide, et l'invita dans sa chaumière, pour en discuter calmement dans la cuisine, et fromenter un plan, autour d'un thé et de gâteaux. Car c'est en mastiquant que viennent les meilleures idées, dit-on, et si ce n'est vrai, tout du moins ca ne pouvait pas faire de mal.
Le mouette, une fois bien installé, raconta toute l'histoire à la vieille femme, qui lui dit : "Mais, petit oiseau (car la vieille aimait à l'appeler petit oiseau), mais, petit oiseau, ce n'est pas ta mouettitude qui t'empêche de voir ta belle". "Ah, mais qu'est-ce donc?" "Tu ne devines pas?" "Non... enfin, si, ce sont les parents requin. Mais sans ma mouettitude, ..." "Tu vois petit oiseau, ce n'est pas ta mouettitude. Si tu continuais à être une mouette, mais que le roi et la reine requin ne le savaient pas, tu pourrais voir et même approcher l'otarie de ton cœur." "Tu veux dire, la vieille, tu veux dire que si j'étais déguisé... " "Exactement, petit oiseau. Mais un déguisement ne serait pas suffisant : tu devras voler au dessus de la mer pendant trois jours et trois nuits!" "Mais comment faire alors?" "Ecoute petit oiseau, ne le dis pas aux autres, ils me brûleraient, mais je suis un peu sorcière. Si tu veux, je te lancerai un sort qui te transformera en poisson, ainsi tu pourras la rejoindre. Mais attention, petit oiseau : si une goutte de ton sang tombe sur la neige, tu reprendras ta forme de mouette." "Si je ne suis pas une mouette, le très vieux et très oublié proverbe ne pourra rien contre moi, donc il n'y a pas de raison que mon sang soit répandu", répondit le volatile. "transforme-moi."
Et la vieille le transforma en poisson, et le jeta dans la rivière, qui comme la plupart des cours d'eau se jetait dans la mer au bout d'un moment. Le mouette, devenu poisson, nagea trois jours et trois nuits, et arriva sous la banquise. Prenant bien garde de ne pas se faire voir des requins (qui lui faisaient peur, même sans être une mouette), il sauta sur la banquise, à proximité de la belle, qui comme à son habitude, s'ennuyait, vautrée par terre, en attendant d'enfin pouvoir se marier. Il était pénible, cette mouette, à l'en empêcher, et plus encore l'était ce proverbe très vieux et très oublié! Et voyant ce poisson sauter dans sa direction, l'otarie, sans réfléchir, croqua dedans, ce qui n'est pas étonnant : les poissons sont aux otaries ce que le chocolat est aux Hobbits-Haricots sauteurs, donc, c'est normal. Mais ce qui est moins normal, en revanche, c'est que sitôt une goutte de sang de poisson répandue sur la neige, pouah!! c'était non pas un poisson juteux et goûtu que la belle avait dans la bouche, mais une mouette osseuse, abhorrée et pleine de plumes! Berk! L'otarie cria de surprise et d'horreur, et son futur beau-père, croyant ( avec raison ) à une attaque de mouette, bondit, et croqua le pauvre soupirant trop stupide pour penser au régime alimentaire de sa dulcinée. Alors l'otarie expliqua à toute la famille requin ce qui s'était passé ; et c'est ainsi que , le vieux proverbe, très vieux et très oublié, ne faisant plus obstacle à l'union de l'otarie et du prince requin, la mort tragique du soupirant leur permit enfin de se marier. |
3.
Un dragon raconte son conte
(par
Pierre, ajouté le 10/01/06 20:02)
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| Il était une fois un prince qui était fort beau, si beau que tout le monde s'extasiait : "Quel splendide jeune homme! Et prince, par dessus le marché! Oncques ne vit un aussi joli prince, dans tous les royaumes du monde!"
Or il advint que le prince n'aimait rien tant que s'en aller à la chasse dans la forêt d'Ombrée, qui porte si bien son nom. Il se plaisait à y aller seul, pour avoir le plaisir de rapporter de la nourriture, et aussi parce qu'ainsi, il avait le sentiment d'être utile à quelque chose au lieu de passer son temps à s'ennuyer dans son palais.
Malheureusement, il advint ce qui devait advenir pour que ce conte existe, le prince se perdit. Il s'aventura un jour plus loin que d'habitude, en poursuivant un jeune cerf qui lui échappait sans cesse. Il découvrit alors une tour qu'il ne connaissait pas et, sans peur et sans reproches qu'il était, il y entra. Là, il fut capturé par l'affreux sorcier Goramantazhul, affreux tant par sa laideur que par son caractère et sa méchanceté, qui projetait de lui voler sa valarine beauté pour s'en vêtir et ainsi conquérir le trône! le prince se retrouva emprisonné au plus haut de la tour.
Cependant, caché non loin de là, le jeune cerf avait observé la scène à l'insu du sorcier. Doué de pouvoir magiques (c'est ainsi qu'il échappait toujours au prince), il se transforma en oiseau et rallia à tire d'aile le palais royal, où il raconta tout à la reine. Celle-ci, qui aimait son fils de la plus profonde amour, fut horrifiée d'apprendre le projet du sorcier. Elle courut prévenir le roi son époux, qui ordonna aussitôt une expédition pour sauver son fils, qui était tout de même l'héritier du trône, non mais! Guidé par le cerf magique, l'armée du roi mit le siège devant la tour du sorcier qui, n'étant pas seulement affreux, mais aussi lâche, se rendit sans même combattre.
C'est ainsi que le ravissant prince fut sauvé, et put retrouver sa mère la reine, qui remercia le jeune cerf comme il se doit. Après ces tragiques évènements, elle ne le laissa jamais plus s'éloiger |
| En un certain royaume, à une certaine époque, il y avait un roi. Ce roi avait trois fils. L'aîné était très fort, le second très habile, le troisième était un bon à rien, un benêt qui passait son temps à rêvasser, assis dans quelque coin, à divaguer par la campagne, nez en l'air et mains dans les poches, et à jouer du flûtiau. Un jour, pour le moquer, ses frères lui avaient fait croire que la lune était tombée dans l'étang, et qu'il fallait l'en tirer avant qu'elle ne s'y noie. Il y passa la nuit, armé d'un long crochet. Depuis ce jour, on l'appelait « Pique-Lune ».
Sentant sa fin prochaine, le roi fit venir auprès de lui ses fils. Il lègua à l'aîné son royaume, au puiné ses vaisseaux, et au troisième, il ne laissa qu'un chat. Sur ce, il mourut.
L'aîné des frères, apercevant Pique-Lune assis sur la pierre de l'âtre et caressant son chat, lui dit « Hé toi! Le bon-à-rien! Va-t-en d'ici, tu me fais honte! Je ne tiens pas à ce qu'on dise par tout le pays : « Le frère du roi n'est qu'un idiot ». » Pique-Lune se leva, prit son chat sous le bras, et partit chez son second frère, dont les trois grands vaisseaux ramenaient à la ville de pleines cargaisons d'or. Mais celui-ci, le voyant venir, envoya ses valets le chasser, disant « Ce nigaud, ce paresseux, il ne m'apportera que des ennuis et ne pourra m'être utile en rien. Et je devrais encore le nourrir?! Il ferait beau voir! »
Pique-Lune repartit donc sur les chemins, son chat sous le bras. Mais s'il était nigaud, il avait bonne mémoire, et se souvenait bien des contes que lui narrait sa nourrice. « Chat !», (dit-il à son chat), « ce n'est pas pour rien que mon père t'a légué à moi. Tu possèdes à coup sûr quelque pouvoir magique, quelque don fabuleux. C'est le moment d'en faire usage : je voudrais un bon repas et un toit pour m'abriter, car je vois le ciel qui se couvre. »
Le chat fixa son maître un court instant, ses yeux d'or grands ouverts. Puis il se lissa les moustaches, et entreprit soigneusement de se toiletter le museau de sa patte gauche. Rien ne se passait. « Hé bien, le chat! J'attends. ». Le chat leva le nez, suivit un moment le vol d'un moucheron, puis, jugeant sans doute ce gibier indigne de lui, se lova aux pieds de son maître et s'endormit en ronronnant.
Pique-Lune en fut fort contrarié, d'autant que l'orage, qui menaçait, éclata brusquement, rida la rivière et ploya les saules, fit du chemin un bourbier, et trempa le pauvre gars du sommet de la tête à la pointe des orteils. Il courut devant lui, cherchant un abri, son chat sur les talons. Mais le ciel était si noir, et la pluie si serrée, qu'il perdit le chemin. Ne sachant que faire d'autre, il courut, et courut, et courut encore, droit devant lui, tant et si bien que, lorsque la pluie cessa, et qu'il put y voir clair, il se trouvait à l'orée d'une sombre forêt.
Déjà la nuit tombait. « Bah », se dit-il, « je n'ai rien d'autre à faire qu'entrer là. Avec un peu de chance, j'y trouverai peut-être un endroit sec sous les branches pour y passer la nuit, et quelques fruits ou quelque bête à manger. »
Ainsi fit-il. A peine avait-il fait quelques pas dans la forêt, qu'il entendit une alouette qui chantait et sautillait sur la plus haute branche d'un hêtre. « Bonne affaire, se dit-il, voilà déjà mon souper; » il prit sa fronde, la fit tourner, et s'apprêtait à abattre l'oiseau, lorsqu'une voix l'arrêta : « Ne me tue pas, Pique-Lune, fils de roi, et je ferai ta fortune. »
Tout étonné, il regarda autour de lui, cherchant d'abord son chat (car il croyait que cette voix provenait de lui). Le chat regardait l'alouette en se lèchant les babines. L'alouette descendit se poser, à portée de Pique-Lune, mais hors de portée du chat. « Suis-moi! Suis-moi! » chanta-t-elle. N'ayant rien d'autre à faire, Pique-Lune la suivit. Il marcha à travers les fourrés d'orties et les buissons de ronces, traversa des essaims de moucherons, franchit des ruisseaux et des marigots, escalada d'énormes troncs moussus, tombés depuis des lustres, descendit des ravines et grimpa des talus. Et toujours l'alouette, voletant devant lui, chantait « Suis-moi! Suis-moi! ».
A la fin, ils arrivèrent à une haute tour de pierre, qui n'avait pas de porte, et une seule fenêtre, très loin au-dessus du sol. L'alouette s'éleva et disparut par la fenêtre, chantant toujours « Suis-moi! Suis-moi! ». Voilà notre Pique-Lune bien ennuyé. Comment atteindre la fenêtre? Ne sachant que faire d'autre, il s'assit au pied de la tour, en caressant son chat. Puis, lassé de caresser son chat, et pour passer le temps, il sortit son flûtiau et se mit a jouer. Un petit plant de lierre, au pied de la tour, se mit alors à croître, à croître et à croître encore. Il poussa tant et si bien, qu'à la fin de la chanson, il avait atteint la fenêtre.
« Bonne affaire, se dit Pique-Lune, voilà ma chance. » Il prit son chat sous le bras, et grimpa jusqu'à la fenêtre. De l'alouette, plus trace, mais au centre de la pièce, il trouva une table bien garnie des mets les plus savoureux. Comme il avait grand'faim, il s'assit et mangea, sans oublier d'en donner à son chat. Puis, il eut sommeil, bailla, aperçut un lit moëlleux, s'y coucha et s'endormit.
De ce dont il rêva, le conte n'en dit rien. Mais à son réveil, il trouva à son côté la plus ravissante jeune femme qui se pût voir. « Pique-Lune, fils de roi, lui dit-elle, je dois partir maintenant, car le soleil se lève, mais je reviendrai te voir ce soir, et tous les autres soirs. ». Ayant dit, elle reprit forme d'alouette, et s'envola.
Pique-Lune, ébahi, mais fort content de lui, se réjouit d'abord, d'autant qu'il trouva ce matin sur la table un petit déjeuner, ma foi, assez copieux. Ayant mangé, il aperçut encore un grand coffre en bois à côté du lit. Il l'ouvrit et le trouva rempli d'or et d'argent, de gemmes et de joyaux. N'en ayant pas l'usage, il referma le coffre, et chercha à s'occuper. Il vit son chat perché sur le rebord de la fenêtre et pensa qu'une promenade dans la forêt lui serait bien agréable. Mais dès qu'il mit le nez dehors, il s'aperçut que le lierre avait disparu. Vite, il prit son flûtiau et commença d'en jouer. Il joua, et joua, et joua encore, mais plus rien ne vient croître jusqu'à la fenêtre.
Se voyant prisonnier, il s'assit et se mit à pleurer. Puis se consola, se disant qu'après tout, son sort n'était pas si mauvais, qu'il avait gîte et couvert assuré, et la compagnie d'une belle et gente dame. Puis, songeant à ses promenades et vagabondages qu'il avait tant aimé, derechef se remit à pleurer. Ainsi passa le jour.
A l'approche du soir, l'alouette revint se poser à la fenêtre. Sitôt la nuit tombée, elle reprit forme humaine. Pique-Lune d'abord fut bien aise de son retour, et ils passèrent ensemble le temps fort agréablement. Puis la nostalgie le reprit. L'alouette s'en aperçut et l'en interrogea : « Qu'est-ce donc qui te deult, Pique-Lune, fils de roi? N'as-tu pas ici tout ce qu'un homme désire? » «Hélàs, ma belle alouette, je serais certes bien heureux, si seulement je pouvais sortir et marcher librement sous le grand ciel bleu! ».
A ces mots l'alouette baissa tristement la tête : « Hélas! Pique-Lune, fils de roi, ce que tu me demande est en mon pouvoir, mais je crains qu'il n'en résulte rien de bon. Il existe un moyen de sortir de la tour, et par amour de toi, je te le révèlerai. Mais sache qu'il est périlleux, et qu'il mène à notre séparation et à notre malheur à tous deux. » Mais Pique-Lune lui répondit : « Ma belle alouette! Ne pense pas si mal de moi! Je ne crains pas le danger. Et jamais je ne t'oublierai ni ne laisserai quiconque nous séparer. Allons! Révèle-moi ce chemin, que je puisse à nouveau marcher librement sur la terre humide. »
« Je te le révèlerai, car je te l'ai promis. Soulève la dalle au centre la pièce. Elle est trop lourde pour que dix hommes forts puissent seulement la mouvoir, mais il te suffira de l'effleurer de la main en chantant : « Alouette, gentille alouette, que cette porte s'ouvre pour moi. ». Mais je te demande une faveur. Ne pars pas tout de suite. Reste encore une nuit près de moi, une seule après celle-ci,. Alors seulement, le mauvais sort sera levé, et mes trésors t'appartiendront. » Pique-Lune promit et le matin venu, l'alouette s'envola.
Confiant et satisfait, Pique-Lune se mit à la fenêtre et caressa son chat, puis joua du flûtiau. Or voici que le roi, frère aîné de Pique-Lune, qu'il avait depuis tout ce temps perdu de vue et oublié, partit ce jour-là chasser dans la forêt. Il aperçut un sanglier, le plus énorme, le plus féroce que l'on ait jamais vu dans ces bois. Voulant pour lui tout seul la gloire de sa capture, il se lança sa poursuite et distança bientôt sa suite. Toujours le sanglier l'entraînait plus loin dans les bois, toujours il le suivait, croyant l'entendre l'appeler et se moquer de lui : « Suis-moi! Suis-moi! »
Il piétina les fourrés d'orties et les buissons de ronces, balaya des essaims de moucherons à grands moulinets de bras, pateaugea à grand bruit dans les ruisseaux et les marigots, écrasa d'énormes troncs moussus, tombés depuis des lustres, dévala des ravines et escalada des talus à grand'peine. Et toujours le sanglier, courant devant lui, se moquait : « Suis-moi! Suis-moi! ».
A la fin, il arriva à une haute de tour de pierre. Il en chercha la porte, mais ne la trouva pas. Il entendit de la musique, leva les yeux, et aperçut son benêt de frère, assis sur le rebord de la fenêtre, qui jouait du flûtiau. « Que fait-tu là, l'idiot! Je t'avais banni de mon royaume et cette forêt m'appartient. ». Tout à sa surprise, il laissa fuir le sanglier. Lorsqu'il s'en aperçut, sa colère ne connut plus de bornes. « Maudit sois-tu, toi qui m'a fait manquer ma chasse! Sors de cette tour, sur l'heure, que je t'assomme et t'étripe! » « Hélas, mon frère, répondit le bênet, je ne puis en sortir, j'ai promis à ma belle dame, la fée, l'alouette qui vient me voir chaque nuiit, de l'attendre jusqu'à ce soir en gardant son trésor ! »
« Ah c'est ainsi! » cria le roi, au comble de la rage ». Il sonna trois fois de son cor. Au premier coup de trompe, parurent les chiens du roi. Au second coup de trompe, ses chasseurs sortirent du bois. Au troisième coup de trompe, accourut l'armée du roi.
Se voyant ainsi menacé, Pique-Lune affolé ne songea plus qu'à fuir. Il prit son chat sous le bras et carressa la pierre au centre de la pièce, chantonnant à m-voix : « Alouette, gentille alouette, que cette porte s'ouvre pour moi. » La dalle bascula, dessous partait un escalier. Pique-Lune s'y engagea et descendit, et descendit, et descendit encore, tant et si bien qu'il arriva au fond. Il y faisait si sombre, un vent si glacé y soufflait qu'il crut d'abord mourir de terreur et de froid. Il sentit un chemin sous ses pieds. Serrant son chat contre lui pour se réchauffer, il avança, et avança, et avança encore, tant et si bien qu'il aperçut bientôt une lueur. Il s'en approcha et vit une affreuse cabane, faite d'ossements humains. Un feu brûlait à l'intérieur. Devant était assise une vieille horrible à voir, maigre, borgne, édentée, échevelée, ridée. Elle tenait un fuseau et filait des cheveux humains.
« Hé toi, le beau jeune homme! Lui cria-t-elle. Que viens-tu donc chercher ici, où nul n'ose venir, dont personne ne revient? Le toit de ma maison commence à s'effondrer, les murs laissent passer le vent. Je vois des os solides à travers ta chair fraîche. J'en aurai bon usage »
Pique-Lune, tour frissonnant et claquant des genoux, lui répondit. « Hé toi, vieille folle, vieille carcasse cagneuse! Je ne suis pas venu jusqu'ici pour être mangé, ni voir mes os solides transformés en poutres pour ton toit! J'ai froid, je suis transis. Réchauffe moi près de ton feu. ». « Ce n'est pas un feu ordinaire, dit la vieille. Il consume et réduit en cendres ceux dont les yeux ne peuvent en supporter l'éclat. Mais puisque tu en veux, en voici; » Et l''horrible vieille prit dans son affreuse cabane, un crâne humain qu'elle remplit de braises. La lumière en sortait par les yeux du crâne et Pique-Lune, effrayé, ferma les paupières. Mais le chat lui sauta sur la tête, lui prit le visage entre les pattes, et; de ses yeux d'or grands ouverts, fixa le crâne flamboyant. Et l'éclat infernal se transforma en belle lumière d'or. La vieille tomba à terre en poussant un grand cri. La terre se fendit sous son corps, et un éclair fendit le ciel.
Lorsque Pique-Lune rouvrit les yeux, la vieille et la cabane avaient disparu. Il se trouvait à l'orée d'une sombre forêt, dans sa main, le crâne aux yeux ardents, à ses pieds, son chat lové ronronnait. Déjà la nuit tombait. Tenant le crâne devant lui, il pénétra dans la forêt. Devant lui s'écartaient les fourrés d'orties et les buissons de ronces, s'égaillaient les essaims de moucherons. Des gués lui faisaient passer les ruisseaux, des chemins s'ouvraient dans les marigots. Devant lui se fendaient les énormes troncs moussus, tombés depuis des lustres, s'aplanissaient les ravines et les talus. A la fin, il arriva à la haute tour de pierre.
Les chiens du roi grondaient tout autour, prêts à déchirer qui en sortirait. Les chasseurs lançaient leurs flèches contre la haute fenêtre, l'armée du roi avait encerclé la tour, entassé des fagots à son pied et s'apprêtait à y mettre le feu. Le roi tenait à la main une cage, où il avait enfermé l'alouette captive. Personne ne s'attendait à voir sortir Pique-Lune non de la tour, mais de la forêt, tenant bien haut et ferme le crâne aux yeux ardents.
Sitôt qu'il l'aperçut, le roi sonna trois fois du cor. Au premier coup de trompe, s'élancèrent les chiens. Le crâne les consuma. Au second coup de trompe, les chasseurs lui lancèrent flèches et filets. Le crâne les réduisit en cendres, chasseurs, flèches et filets. Au troisième coup de trompe, marcha l'armée du roi. Le crâne les dissipa en fumée. Mais lorsqu'à la fin, la roi s'avança seul, l'alouette en cage à la main, Pique-Lune baissa le crâne et n'osa s'en servir, de peur de brûler aussi sa belle dame.
« Tu es perdu, benêt, cria le roi. Je suis plus fort que toi, je l'ai toujours été! ». Et il brandit sa lourde épée. Pique-Lune n'avait plus que sa fronde, son flûtiau et son chat. Soudain, l'alouette captive se mit à chanter, et seul Pique-Lune pouvait comprendre son langage : « Combat, combat pour moi, chantait-elle,combat, combat sans crainte et je te protégerai. » Pique-Lune fit tournoyer sa fronde, mais d'un seul coup dépée, le roi la lui fit voler des mains et trancha le lacet. « Joue! Joue de ton flûtiau chanta l'alouette, joue sans crainte, je te protègerai. » Déjà le roi marchait sur lui, tenant son épée à deux mains, et s'apprêtait à l'abattre sur sa tête. Pique-Lune recula, prit son flûtiau et commença à jouer, plus vite qu'il n'avait jamais joué de sa vie. Il joua et joua et joua encore, et les herbes et les ronces à ses pieds se mirent à croître, et à croître, et à croître encore, et formèrent autour de lui un buisson si haut et si épais qu'aucun coup ne pouvait l'atteindre.
Le roi abattit son épée sur le buisson et tailla, trancha et coupa tant qu'il put, mais Pique-Lune jouait, et jouait, et jouait encore, et plus le roi les taillait, plus les buissons poussaient. A la fin, le roi entra dans une telle rage qu'il saisit l'alouette et d'un seul coup d'épée, lui trancha la tête. Aussitôt, le buisson disparut. Le chat bondit au visage du roi cruel et lui creva les deux yeux. Pique-Lune saisit son crâne aux yeux de feu et le roi tomba foudroyé.
Tout triste et pleurant, Pique-Lune se pencha pour ramasser le petit corps de l'alouette et l'enterrer au pied d'un hêtre, mais voici que devant lui, se tenait à nouveau sa belle dame, toute brillante dans la pleine lumière du jour. « En coupant la tête de l'alouette, le mauvais roi m'a délivrée. », dit-elle. Elle couvrit le crâne de son voile, prit la main de Pique-Lune, qui prit son chat sous le bras et tous deux marchèrent vers la ville.
Ils arrivèrent d'abord chez le second frère, le marchand. Celui-ci, les apercevant, fut fort étonné. N'osant chasser Pique-Lune en présence d'une si belle dame, il le fit entrer et lui demanda ce qu'il voulait : or, argent, fortune? « Mon cher frère, répondit Pique-Lune, je ne veux rien de tout cela, car je possède déjà bien plus. Donne-nous seulement l'hospitalité pour la nuit, et pour demain, une charrette et une échelle . » Le frère y consentit, mais la nuit venue, se cacha et espionna Pique-Lune et la Dame. « Demain, dit Pique-Lune à l'Alouette, nous irons à la tour, y grimperons grâce à l'échelle, et ramènerons avec la charrette, ton or et ta fortune. » « Bonne affaire, se dit le marchand, demain, je serai plus riche encore ».
Le lendemain, il les suivit à bonne distance, accompagné de trois serviteurs armés de gourdins. Et lorsque le grand coffre fut hissé sur la charrette, il bondit hors de sa cachette et cria : « Voleurs! Cette charrette m'appartient! Je la reprends, ainsi que tout ce qu'elle contient! »
« Donne-moi le crâne, dit Pique-Lune à l'Alouette, que je réduise en cendres ces brigands. » mais l'Alouette répondit : « Non! Laisse-les emporter la charrette et le coffre. » Et le cupide marchand, satisfait d'une victoire si facile, partit avec la charrette et le coffre. Sitôt rentré chez lui, il l'ouvrit, mais le coffre ne contenait plus que des cailloux, des feuilles mortes et d'autres choses fort sales et malodorantes. Avant qu'il fut revenu de sa surprise, un messager entra, l'informant que son premier vaisseau avait fait naufrage. Un second messager entra, lui disant que son autre vaisseau avait été capturé par des pirates. Un troisième messager entra et lui annonça que le troisième vaisseau avait brûlé avec toute sa cargaison. Ainsi le méchant homme fut ruiné.
Pique-Lune et l'Alouette, main dans la main, suivis du chat, marchèrent vers le palais du roi. Pique-Lune s'y fit reconnaître, et par la suite, ils accédèrent au trône. Et s'ils ne sont pas morts, ils y vivent encore, heureux jusqu'à la fin. |
5.
La Belle et la Beukh
(par
Tar Palantir, ajouté le 10/01/06 21:30)
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| Il était une fois un ogre géantvivant dans une lointaine contrée. Personne ne savait d’où il venait ni qui il était. Seuls quelques vieillards cacochymes prétendait qu’à l’endroit de sa tanière vivait jadis un preux chevalier qui avait été empoisonné. Il s’ennuyait tout seul dans sa tanière car il faisait peur à voir et à sentir et personne ne comprenait son langage.
Tout changea le jour où une magicienne musicienne à la recherche de l’aventure et de la gloire depuis sa fraîche sortie de l’école de magie où elle avait obtenu son diplôme à la fin de sa cinquième année passa par là. Elle recherchait des compagnons pour aller à la recherche du grimoiresacré de Sidevilfeurha. En effet, il était dit qu’un haricot sauteur du Mexique dansant autour de ce grimoire entouré dans du jambon fumé un soir de nouvelle lune au milieu de l’océan permettrait l’accomplissement de la prophétie.
Arrivée donc dans le village près de la tanière de l’ogre, la magicienne chercha un acolyte. Mais les gens du village était des gens convenables et personne ne recherchait l’aventure. Elle partit donc dépitée, quand sur le chemin elle fit la rencontrede l’ogre. Or, il se trouvait qu’elle avait fait « ogre » en 2e langue. Elle put donc discuter avec la créature et le persuada de venir avec elle sous la promesse de manger plusieurs fois par jour et tout ce qu’il voulait.
Les deux se mirent donc en quête du grimoire, enfin la magicienne se mit en quête du grimoire, l’ogre lui s’en foutait royalement, pourvu qu’il puisse manger à l’envi. La magicienne réussit à la sociabiliser un peu, notamment en lui faisant découvrir la musique et la danse et sous peu, il jouait très bien de la guitare et était un magnifique danseur du branle de l’ours, même si les spectateurs en étaient quelque peu effrayés.
La suite es aventures des deux compagnons les amena à croiser la route d’un aventurier, d’une elfe, d’un nain et d’un voleur. A eux tous, ils arrivèrent un beau jour là où se trouvait le grimoire, le donjon de Jiherfbeuk, tenu par l’infâme Danzgar.
Nous tairons cette partie de l’aventure, narrée par ailleurs, si ce n’est pour évoquer des actes de bravoure, de peine, de la ruse, des poursuites, jusqu’à ce que, l’infâme Danzgar vaincu, la magicienne mit la main sur le précieux grimoire.
Mais ce grimoire attirait bien des convoitise, et tour à tour, les compagnons de la magicienne tentèrent de le lui dérober. L’ogre la protégea donc et assomma un à un ses collègues d’aventure et il s’enfuit avec la magicienne et ils se réfugièrent dans une grotte.
Enfin à l’abri, la magicienne se mit à étudier le livre, pendant que l’ogre faisait ses gammes et enchaînait les pas de danse. Or, ce grimoire contenait entre autre des sorts, et les 2 niveaux qu’elle avait acquis dans le donjon lui permit de les déchiffrer. Parmi eux, un sort intrigant qu’elle lut tout haut pour voir ses effets (elle procédait toujours ainsi, ce qui valut à son école de magie des frais de reconstruction, de peinture et de papier peint très élevés lorsqu’elle y était étudiante, ainsi qu’un nombre étonnant de professeur qui partirent qui à la retraite anticipée, qui en congé maladie de longue durée). Elle prononça donc les mantras du "mutasogre". Alors, l’ogre accéléra brusquement son rythme de danse et tourna si vite qu’on ne put plus voir aucun détail hormis la bourrasque de vent provoquée par ses pas. Le calme revint alors, mais plus d’ogre. A la place se trouvait un preux chevalier.
Le sort lancé par la magicienne avait annulé son ancien empoisonnement. Ce sort avait un autre effet, il accroissait énormment le charisme. La magicienne tomba alors sous le charme du chevalier et l’amour fut réciproque. La magicienne resta alors auprès de son chevalier et aussi longtemps qu'elle vécut on ne put lui ôter. |
6.
Les deux frères et la hache
(par
Kendra (Elisa), ajouté le 12/03/06 11:31)
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| Dans une humble chaumière, deux frères vivaient avec leur mère. Le père, en mourrant, n’avait laissé pour tout héritage qu’une hache, qu’il disait magique. Mais les deux enfants n’avaient jamais réussi à en tirer d’autres propriétés que celle de fendre du bois. L’un comme l’autre, ils travaillaient de leur mieux pour gagner leur vie. Mais la mère préférait son fils cadet, qu’elle favorisait en toute chose, du couchage à la nourriture, en passant par la parole. Elle se montrait toujours bourrue envers l’aîné, et douce envers le cadet. Les deux frères s’aimaient beaucoup, mais l’aîné se plaignait souvent du comportement de la mère, priant son frère d’y mettre fin. Que ce fut consciemment ou non, le cadet n’avait jamais vraiment cherché à faire changer les choses. Peut être par paresse, peut être parce qu’il ne savait pas comment guérir l’aveuglement de sa mère, il en était simplement resté là. Mais comme l’aîné était généreux, et que la mère n’était pas une marâtre, après tout, il lui pardonnait, bien qu’il fût peiné de ce que son frère ne s’afflige pas de l’injustice.
La mère, qui était un peu sorcière, se dit un jour que si son fils pouvait épouser une riche héritière, ils ne seraient plus dans le besoin. Elle réfléchit longtemps, et alla marcher dans la forêt voisine pour voir ce qu’elle pouvait faire. En bordure de forêt coulait une rivière très large. Sur l’autre rive s’étendait de beaux champs d’orge et de seigle dorés où travaillaient de nombreux ouvriers. Mais au milieu de la rivière, il y avait une belle île fleurie d’anémones, et dans le château en son centre, vivait une dame qu’on disait d’une grande beauté. Celle-ci se montrait parfois à la fenêtre, peignant ses longs cheveux, brodant une tapisserie, ou jouant du luth. Elle avait un regarde mélancolique, mais les gens sur la rive ne le voyaient pas, car elle était trop loin. A vieille femme, elle, le voyait, car elle avait quelque pouvoir. Elle prit conseil avec elle même et décida que cette femme épouserait son cadet. Toute la nuit, elle rôda autour de l’île, voyant qu’il n’y avait pas d’autre moyen d’y aller qu’en barque. Or, elle n’en possédait pas. La seule barque de l’île était amarrée parmi les saules, sur l’île elle même.
Au matin, la femme rentra trouver ses fils, son aîné puisait de l’eau, et son cadet trayait leur unique vache en chantant. Ils se levèrent vivement, inquiets de son absence nocturne. Mais elle ne dit rien, et prit le cadet par le bras. - Ecoute moi, souffla-t-elle à son oreille. Ce soir, tu prendras la hache de ton père. Tu iras près de la rivière au soleil couchant. Tu y trouveras un saule, en vue de l’île du château. Tout en regardant face au château, tu le fendras d’un coup de hache. Ce que tu trouveras dans la faille, tu devras en prendre soin, car ce sera a source de notre richesse, et nous avons bien peu. Soit finaud, et garde toi d’échouer !
Le cadet ne dit rien à son frère, car sa mère avait un drôle d’air qui lui faisait peur. Le soir même, il alla à la rive et trouva le saule. Sans hésiter, il le frappa de la hache alors que le soleil se couchait. L’arbre se fendit en deux dans un craquement. Mais dans la faille, il y avait la dame du château. En robe moirée, ses cheveux brillants dans les derniers feux du jour. Dès qu’il la vit, ce fut le coup de foudre. Mais il lui sembla qu’il ne pouvait la ramener dans sa chaumière, si sombre, basse et sale. Mais la dame, qui semblait aussi sous le charme, lui prit la main et appela trois fois d’une voix claire. En face, sur l’île, la barque attachée au saule parmi les roseaux se détacha et vogua vers eux à travers le courant. Ils y montèrent et elle les ramena sur l’île. Il y passa la nuit en compagnie de la dame.
Au matin, il revint chez lui sans mot dire, mais il portait une ceinture d’or, qu’il donna à sa mère. Son aîné n’osa pas l’interroger, car il sentait l’œil brillant de sa mère sur lui, et la craignait. Mais chaque matin son frère revenait, silencieux et l’air triste, avec un joyau, une pièce d’or, un peigne d’ivoire. Mais il ne parlait jamais. La mère vendait les objets au marché, et ils avaient plus à manger, et des vêtements décents. Mais c’était encore son frère le préféré et sa mère qui gardait la plus grande part des richesses pour elle même, alors qu’il continuait à travailler dur. Un jour que les deux frères allaient aux champs, l’aîné interrogea vivement son cadet au sujet des mystérieuses richesses qu’il rapportait au matin. Mais il refusa de parler, l’air navré mais inflexible. Alors éclata la dispute: l’aîné, lassé d’être toujours lésé au profit de son cadet, lui reprocha non seulement de ne pas l’aider, mais en plus de lui cacher ses secrets par crainte de leur mère. Il le menaça, mais rien n’y fit. Alors l’aîné abandonna son frère et courut se cacher à travers les bois, ivre de colère. Le soir, il décida de se poster près de la chaumière pour épier les mouvements de son frère. A la tombée de la suit, il le suivit discrètement, jusqu’à la rive. Là, le cadet sortir la hache et en frappa le saule, qui se fendit. Eberlué, l’aîné vit une femme magnifique sortir de la faille. L’arbre se referma une fois qu’elle eut posé le pied par terre. Puis il vit a femme appeler la barque, et son frère y monter en sa compagnie. Il comprit bien vite d’où venaient les richesses qu’il ramenait à la maison au matin. Il se demanda pourquoi son frère ne parlait jamais de cette femme, et pourquoi il était si triste et las au matin. Mais par dessus tout, il voulait savoir pourquoi il lui avait caché la vérité, alors qu’ils étaient frères. Il devait savoir…. Mais l’île du château était au milieu de la rivière, il ne savait pas nager, et le courant était fort. Il s’assit à réfléchir un moment. La barque où était monté son frère était de nouveau amarrée au saule de l’île. L’inspiration lui venant, il se leva et cassa une branche du saule d’où était sortie la dame, et appela trois fois. La barque se détacha et vogua vers lui. Il y monta d’un pas décidé. Elle s’en revint d’elle-même vers le château de l’île et s’amarra à son saule comme elle l’avait fait avant. Il traversa des parterres de fleurs endormies et des pelouses humides qui luisaient confusément au mince clair de une. Aucun domestique à la porte, aucune lumière de torche aux fenêtres, sauf une. Il devina facilement que c’était la chambre de la dame. Elle était en haut de la tour qui regardait la rive d’où il venait par dessus la rivière. Il passa le portail en arc, entra dans la cour, toujours personne. La porte de la tour s’ouvrit sans bruit, elle n’était pas gardée. Il monta l’escalier de pierre comme une ombre, et trouva la chambre. Une odeur d’étrangeté flottait partout dans le château vide, mais c’est bien de la chambre qu’elle semblait provenir. La porte n’était pas complètement fermée, et le verrou n’était pas tiré. L’aîné glissa un regard entre la porte de bois et le mur, son frère était assis sur le lit de pourpre à baldaquin, la dame à côté de lui. Ils se tenaient par la main sans mot dire, à s’échanger de lourds regards.
- Je ne suis pas venu ici pour épier les amourettes de mon frère. Pensa l’aîné en se mordant la lèvre. Qu’il fasse ce qui lui plait, mais à l’aube il devra s’expliquer devant sa maîtresse ! Sur ce, il s’éloigna de la porte, le cœur serré, et s’allongea sur la pierre froide du sol. Il lutta pour ne pas s’endormir, mais le sommeil s’enroula autour de lui comme la neige autour des arbres en hiver. Ce fut le cri aigu d’un coq qui le réveilla, alors que le soleil émergeait à peine de l’autre côté de la rivière. Il se leva fiévreusement, prêt à en découdre. Il entrebâilla de nouveau la porte, mais ce qu’il vit le saisit d’effroi. Son frère était debout près du lit, embrassant la dame dans un au revoir. Mais au lieu de jambes, une hideuse queue noire et luisante, comme un immense corps d’anguille sortait de sa robe et s’enroulait sur le sol. Il étouffa un cri de sa main, et se tapit contre le mur quand son frère sortit de la chambre, tête basse et mine sombre. Il le suivit de loin jusqu’à ce q’ils atteignent les pelouses. Son frère allait défaire l’amarre de la barque quand il le saisit à l’épaule. - Es-tu fou, cadet ? Ta maîtresse est un monstre ! Quel pacte notre mère t’a-t-elle fait accepter pour quelques joyaux ? Quelle crime cette femme a-elle commis pour être changée en serpente ? Il ne lui laissa pas le temps de répondre, et lui assena un coup de poing sur la figure. - Tu vas rentrer avec moi, parler à notre mère, et ne plus jamais revenir ici, tu m’entends ! Que donnes-tu à cette serpente en échange de son or ? - Attends ! cria le cadet en se protégeant le visage. Mais son frère roula sur lui, l’étouffant à moitié. Sa main se referma sur le manche de la hache attachée à sa ceinture. -Pitié, laisse-moi parler ! supplia le cadet, voyant son frère lever la hache au-dessus de lui. C’est une malédiction ! Son frère changea de visage, la hache lui suggérait quelque chose. Il était évident qu’elle était magique. - Je sais comment la lever, dit l’aîné en lâchant son frère. -Que fais-tu ? cria le cadet en frottant sa joue tuméfiée. - Arranger un peu les jambes de ta maîtresse, répondit l’aîné en filant vers le château. Ne t’oppose pas à moi ! Le cadet comprit, mais son frère se ruait déjà vers le portail , il le poursuivit dans les escaliers, la vue gênée par les coups qu’il avait reçus. - Pitié, ne fais pas ça ! Elle n’y est pour rien, cria-t-il à travers la porte. Mais il était trop tard, il vit la dame renversée sur le lit, et son frère lever la hache au dessus d’elle. La grande queue d’anguille, noire et noueuse tomba et se tordit sur le sol au milieu d’une flaque de sang noir et visqueux. Mais à la place où elle s’était trouvée attachée au corps, c’étaient deux jambes parfaitement entières qu’il voyait maintenant. Chaque matin, la dame redevenait une serpente, et seule le coucher du soleil lui rendait son apparence normale C’était la hache de son père qui avait levé cette malédiction. La dame se leva chancelante, mais bien vivante et entière. C’est alors qu’il prit conscience de la loyauté de son frère, malgré la façon injuste dont sa mère et lui l’avaient traité. Et la hache de leur père avait permis la révélation de la vérité contre les mensonges de la mère. Depuis ce jour, les frères ne se quittèrent plus et rendirent à l’île la gaîté que la malédiction de la dame avait éteinte. Ils vécurent longtemps et heureux.
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| - Il était une fois, il y a bien longtemps, en un pays lointain... - Maman! - Oui, mon ti-bonheur? - Maman, pourquoi tous tes contes se passent toujours il y a bien longtemps, dans un pays lointain? - Mais... Peut être parce qu'en ce temps-là, en ce pays lointain, le Monde était plus magique que maintenant? - Plus magique que maintenant? Mais comment ça se peut? Il n'est plus magique, tu veux dire? - Si. Bien sûr que si, tu le sais bien. Il y a toujours l'Ancienne Magie, même si elle est un peu oubliée. Et puis les écoles de Sorcellerie continuent de transmettre le savoir des mages. - Alors pourquoi il n'y a pas de contes qui se passent ici, et maintenant? - Mais il y en a! Par exemple, la Grande Fresque Mootique, ou le Naheulbeukevala, ou... - Mais non! Ce ne sont pas des contes, ça, Maman, ce sont des contes rendus. Pourquoi il n'y a pas de contes qui n'auraient pas été rendus? - Il y en a... Je vais t'en conter un. Avant-hier, tout près d'ici... - Pourquoi avant-hier, Maman? Et pourquoi "tout près d'ici" et pas ici pour de vrai? - Tu veux un conte de maintenant, tout de suite, qui se passerait juste là, dans ta chambre? - Ben pas obligé. On peut pas rester dans ma chambre tout le temps... Y'a pas de dragon, ni de chevalier. Ni de princesse à sauver. - Et il faut un dragon, un chevalier et une princesse à sauver pour faire un conte? Tu es sûr? - Bon, peut être pas. Mais il faut un roi, sinon, c'est pas un vrai conte. Et il faut de la magie. Et il faut du courage et des épreuves. Et il faut un ennemi méchant qui voudrait empêcher la fin d'être joyeuse... - Il faut une fin joyeuse, aussi? - Oui. Sinon, c'est un conte triste. Et j'ai pas envie d'être triste. - Moi non plus ti-bonheur, je ne veux pas que tu sois triste. Alors promis, les ennemis n'empêcheront pas la fin d'être heureuse. - Commence ton histoire, Maman! - Maintenant? - Et ici, oui! - Dans sa chambre était... - Pourquoi "était"? J'ai dit maintenant! - Excuse-moi... Dans sa chambre est un petit garçon. Assis sur son lit, il s'apprête à écouter sa Maman lui raconter une histoire. Plus exactement, un conte... Il ne se doute pas encore qu'il est sur le point de faire le plus beau voyage de toute sa vie... - Un voyage? Un voyage où ça? Un voyage loin? - Non, pas trop loin... Sa Maman trouve qu'il est encore bien petit pour aller trop loin, et... - Mais je suis pas petit, moi! Je suis grand! - Oui, ti-bonheur, tu es grand. Tu es plus grand qu'hier, et demain tu seras encore plus grand. Mais tu n'es pas encore vraiment grand, pas encore! - Je suis pas encore grand comme un Papa? - Voilà. Et c'est pour ça que tes parents... - Les parents, c'est toi et Papa! - Exactement. C'est pour ça que moi et ton Papa, on doit te protéger contre ceux qui voudraient te faire du mal. - Ou si je veux faire des bêtises! - Totalement. Et donc, la Maman du petit garçon qui est un peu grand, mais pas encore comme un Papa, trouve qu'il est encore bien petit pour aller tout seul dans un royaume lointain pourfendre des ennemis et des dragons. - Et puis, je sais pas encore lire, alors je pourrais pas lire les panneaux! - Voilà. Et tu risquerais de te retrouver perdu au beau milieu d'un royaume lointain plein d'ennemis et de dragons! - Sans parler du reste! - Et sans ta Maman, ni ton Papa, ni même ton Doudou, si ça se trouve! - Ben oui, parce que je peux pas emmener mon Doudou. Ca serait vraiment trop dangereux, si il essayait de traverser la route et qu'il se faisait écraser par un cheval. - C'est vrai, ca serait très ennuyeux. Tu veux entendre la suite du conte? - Oui! Il est où, le beau voyage? - Tout près d'ici... Ferme tes yeux, ti-bonheur... - Fermer mes yeux? Mais pourquoi? Si je ferme les yeux, je serai aveugle, et je pourrai pas voir si les dragons arrivent! - Il n'y a pas de dragon, ne t'inquiète pas. Tu sais bien que je ne te laisserais pas affronter un dragon les yeux fermés! - Et sans mon Doudou! - Oui, c'est hors de question. Ferme tes petits yeux, ti-bonheur. - D'accord. - Très bien. Le petit garçon ferma ses yeux et se sentit d'abord aveugle. Puis, doucement, voit apparaître dans le noir une petite lumière. Et la lumière chancelle un peu, non, elle scintille... - Si elle scintille, c'est une étoile! - Quoi? - Si elle scintille, c'est une étoile... Puis sinon, c'est une planète. Sauf si elle clignote, et là, c'est un avion. - C'est vrai! Mais là, la lueur scintille. - C'est une étoile? - Effectivement, on dirait bien que c'est une étoile. Et elle semble se rapprocher, et puis le petit garçon se rend compte... - Maman! Maman, je vole! Je vole vers l'étoile! Je vole dans l'espace, vers l'étoile!
[...]
- Maman. C'est pas possible de voler dans l'espace vers une seule étoile. - Et pourquoi ça? - Parce que dans l'espace, il n'y a pas d'air. Et parce que dans l'espace, il n'y a pas une seule étoile. Et pas de nuage pour cacher les autres. - Et que fais-tu de la magie? C'est un conte, non? - Mais je n'ai pas de baguette magique! - Qui a dit que tu avais besoin d'une baguette magique? La vraie magie, ti-bonheur, c'est l'Ancienne Magie. C'est la magie des Mots et celle de l'Amour... - Comme quand tu me racontes une histoire pour que je dorme bien et que je fasse des jolis rêves, et que tu me prends dans tes bras et que tu me fais un bisou pour me souhaiter bonne nuit? - Exactement. Referme tes yeux, ti-bonheur! - Et quand tu m'appelles ti-bonheur aussi, c'est comme de la magie? - Non, c'est toi qui es magique, ti-bonheur... Referme tes petits yeux... L'Etoile t'attend! - Maman? - Oui? - Je suis vraiment chanceux, hein! - Chanceux? - Ca veut dire que j'ai de la chance. c'est la maîtresse qui nous l'a dit. - C'est vrai. Mais pourquoi? - Ben, parce que c'est son métier, de nous apprendre des choses, tiens! - Oui, mais pourquoi est-ce que tu es chanceux? - Parce que je suis magique. - C'est vrai. Et tu sais, ti-bonheur, tu dois faire attention. Parce que certains enfants, quand ils grandissent, ils deviennent juste des grandes personnes comme toutes les autres. Mais toi, tu devras rester magique, toujours. - Mais comment je vais pouvoir rester magique? Tu veux dire, sans grandir? Mais je veux grandir, moi. Je veux devenir fort comme un Papa. - Ca n'empêche pas... Referme tes yeux, Tu apprendras tout ça sur l'étoile. - Ah? Comment tu le sais? - Eh, c'est moi qui raconte l'histoire, je te rappelle! - Ah, oui. - Tu la vois? - Oui. Et je suis encore en train de voler. C'est très agréable, je suis bien content d'être magique. - Le petit garçon volait toujours vers l'étoile, et quand il fut arrivé assez près, il s'aperçut que sur la surface de l'étoile, Il y avait un magnifique palais. - Maman? - Oui? - C'est un palais magique? - Bien sûr! - Ouf. Parce que sinon, il aurait été obligé de brûler. Parce que le sol des étoiles, c'est du feu, tu le savais, ça, Maman? - Oui, c'est vrai. Mais là, c'est un palais magique... Et comme toi aussi, tu es magique, tu pourras même marcher sur l'étoile, tu sais! - Chouette! J'y vais! - Et le petit garçon atterit sur le sol enflammé de l'étoile. Il y fait bien chaud, mais pas trop du tout. C'est que l'étoile est sûrement magique, elle aussi. Le petit garçon se dirige vers le palais, et, comme il n'y a pas de garde, il entre. Il n'y a personne à l'intérieur. Le petit garçon se dirige vers le trône magnifique au milieu de la salle. Et il remarque sur le dossier du trône une minuscule fée. Elle est haute comme une demi-pomme, et habillée d'une fleur de pâquerette, avec des ailes transparentes. Et quand elle voit le petit garçon, elle volette vers lui et se pose sur son épaule. Elle se hisse sur la pointe des pieds vers l'oreille du petit garçon. - Et qu'est-ce qu'elle dit, Maman, qu'est-ce qu'elle dit? - Elle dépose dans le creux de l'oreille du petit garçon une révélation aux reflets nacrés. - Mais qu'est-ce que c'est? C'est un secret? - Non, ce n'est pas un secret. Ou plutôt, si... C'est un secret que le petit garçon partagera avec tous ceux qu'il ne veut pas devenir des grandes personnes ordinaire. La fée lui apprend qu'il est le roi de ce palais, et que le trône est le sien. Et le petit garçon remarque alors en lettres de feu son nom sur le dossier du trône. - Mais je n'ai pas envie d'être un roi! Ca doit être très ennuyeux de rester assis toute la journée dans un trône, même sur une étoile. - La fée lui explique alors qu'il n'a pas à s'asseoir sur le trône. Il est le roi d'un pays qu'il doit encore créer. Il est le roi d'une étoile qui n'existe que dans ses yeux fermés, mais qui se voit encore quand il les ouvre, quand on sait regarder.
Et la Maman du petit garçon regarda les yeux fermés de son enfant, écouta sa respiration régulière et sourit au sourire qui éclairait son visage détendu. Et elle s'éloigna sur la pointe des pieds, laissant son ti-bonheur explorer son nouveau Royaume.
[Note de la Narrateuse : J'ai triché, j'ai pas respecté la fin imposée. Je sais, c'est mal. Mais j'avais "et le roi se réjouit d'un cadeau si inhabituel", autrement dit ça collait carrément pas. Il n'est cela dit pas exclu que Ti-Bonheur aille explorer d'autres étoiles, d'autres contrées, et rencontre d'autres rois. Il n'est pas exclut qu'il ne le fasse pas non plus.] |
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