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Apparence  

 

Le Voleur d'Etoiles

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         
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1. One of these nights
(par nicolas freychet, ajouté le 15/04/06 13:58)


"Un jour il me faudra partir. Que deviendras-tu alors si d'existence tu n'as que moi ? Sauras-tu t'extraire de ce néant où tu te réfugie sans cesse ? J'aimerai pouvoir partir, parfois… Mais je ne peux t'abandonner là. Pas maintenant. La solitude t'écraserait de tout son poids, et alors… L'hiver est si long. Je me demande si le printemps ne nous a pas oubliés.
- Je te hais.
- Je sais. Je l'ai su dès que tu m'as appelé. Mais je suis quand même venu. Si j'étais quelqu'un, peut-être pourrais-je te haïr aussi. Mais cela m'est impossible. Je ne suis pas là pour ça.
- Pourtant les choses seraient plus faciles.
- Plus faciles… oui, certainement. Mais à quel prix ?
Les roses auraient déjà dû s'ouvrir…

* s'ouvrir… *

Mais l'hiver, toujours. Je n'ai ni chaleur ni lumière à t'offrir. Je fais une bien piètre marionnette finalement…
- Je suis fatigué.
- Le ciel s'éclairci. Je ne connais pas la lassitude. Quel sentiment merveilleux que de ne rien vouloir d'autre que rien. S'éteindre au monde, s'ouvrir aux rêves.
- Et ne plus être…"


2. L'Hiver
(par nicolas freychet, ajouté le 15/04/06 13:59)


L'air est glacial en cette saison. Mais il ne le craint pas. Il longe les quais, comme chaque matin, indifférent aux morsures du gel et aux sifflements du vent. Seuls l'intéressent la blancheur du ciel et les reflets incertains de la rivière. Quel étrange monde, si proche et si loin de la réalité.
"Qu'il serait facile de s'y fondre…"
Mais pas aujourd'hui. Ce jour est trop attrayant pour l'abandonner si tôt. Ainsi, il reprend son errance silencieuse.
Chaque jour, depuis des temps bien lointains, défilent devant lui routes et lampadaires tels des ombres perdues dans le chaos citadin. Il pourrait abandonner…

* tu aurais dû abandonner *

…mais il n'a toujours pas trouvé la réponse. Quelle en est la question ? Lui-même l'ignore. Mais il sait qu'autre chose l'attend encore ici. Dans la solitude d'une ruelle ? Au détour d'un pont ? Peut-être. Mais le destin le fait encore patienter, et il n'a d'autre choix que de recommencer encore et encore. Seul. Seul avec lui-même et cet être qui le visite parfois.

"Je n'ai pas de nom. Je n'ai pas de visage. Mon existence n'a plus de signification dès lors que cesse ta pensée."

Dépasser le tribunal. Tourner à gauche. Longer le béton. Traverser. Longer l'eau. Traverser. Longer encore. Respirer. Monter. Une marche puis une autre. Contempler les nuages. Respirer. Continuer de monter. Voir le jour. Ignorer la douleur et… continuer.
Tout semble si banal et pourtant… En ce jour, il sait qu'un changement se produira. Du moins, il l'espère. Mais l'hiver, toujours l'hiver. Et le sommet qui approche. Rien n'a changé finalement.
La nuit n'en est que plus amère. Les rêves sont mauvais compagnons et il ne veut pas voir cet inconnu. Il préfère rester seul.


3. Un nouveau chemin
(par nicolas freychet, ajouté le 15/04/06 13:59)


Les jours défilent mais ne font qu'un. Les saisons… Quelles saisons ? L'hiver seul peut exister ici.
Et pourtant…
En ce matin, l'aube se réchauffe. Est-ce possible ? Les scintillements de l'eau se confondent aux étoiles. Le parfum des fleurs, le chant des oiseaux. Ils semblent lointain encore, et pourtant ils se rapprochent.
Ses yeux, il ne peut s'en détacher. Quelque chose dans son regard lui dit que… Ou est-ce son sourire ? Tout se fond dans la douce lumière du réveil. Il ne possède ni artifice ni parure, mais sa présence suffit à défier la léthargie de ce monde.

"Pour moi qui viens du soleil, cet univers me paraît si triste. Cruel même. Mais tu y semble indifférent ? Viens-tu donc de là ?
- J'en fais parti, je ne l'ai pas choisi. On ne choisit jamais…"

Le vent se lève de nouveau. Sa présence s'efface. Il ne le veut pas !

"Attends ! Encore un peu…
- Je ne pars pas, c'est toi qui me fuis.
- Je… Comment t'es-tu égaré en ce lieu ?
- Egaré est le fou qui cherche son chemin. Mais je ne suis pas fou, je pense. Et mon chemin, il me mène là où je le guide.
- Alors ce n'est pas le hasard qui t'a placé ici.
- C'est ton chemin. C'est toi qui m'y as placé. L'appel d'un Autre, l'appel d'un printemps. Ecoutes-toi."

Il ne dit rien. Il ne veut plus bouger. Le moindre faux-pas pourrait le faire disparaître. Ses yeux le rassurent. Pouvoir s'approcher ainsi du ciel est rare. Il sait que la Terre rejoindra ses pieds, bientôt. Mais en cet instant, le temps n'existe pas. Il est beau, cet Autre.


4. Twilight streets
(par nicolas freychet, ajouté le 15/04/06 14:00)


"Je serais là quand tu me chercheras, m'a-t-il dit. Puis la Terre a repris ses droits et il s'en est allé.
- Mais il n'a pas disparut. Je le sens, ce rêve est plus doux. As-tu peur ?
- Je ne sais pas. C'est le doute qui m'envahit, la peur n'est que l'une des conséquences.
- Tu sais, les étoiles pourraient bien scintiller du nouveau. Et alors…"

Le rêve se fige. Un grondement lointain assombri sa pensée.

"Et alors tu ne seras plus."

***

La route ne paraît plus si longue désormais. Souvent, l'Autre l'attend au détour d'une rue pour l'accompagner. Parfois, il ne vient pas. Mais son absence n'est jamais très longue et il sait l'attendre.
Il lui arrive de parler de lui, ou de son monde. Jamais directement, jamais distinctement. Mais l'Autre semble comprendre, et continue de l'écouter. Cette porte depuis si longtemps condamnée faibli peu à peu.

"…et l'Océan m'appelle parfois, mais je sais que le rejoindre signifierai ne plus revenir. N'as-tu jamais eut cette impression que l'on t'attend ailleurs ?
- Je suis né sous les eaux, et j'ai vu le soleil. Je sais où est ma place et je sais quand il me faudra y retourner.
- J'espère que ce moment ne viendra pas avant longtemps.
- En tout cas il n'est pas encore venu. Mais nos chemins se séparent ici, pour aujourd'hui.
- Et nous nous reverrons, bientôt."


5. Doutes
(par nicolas freychet, ajouté le 15/04/06 14:01)


Et il le regarde partir, comme à chaque fois, avec cette pensée incertaine qu'il pourrait ne jamais le retrouver. Cette pensée le terrifie, non pas du fait de l'éventuelle perte, mais du constat de ce sentiment jusqu'alors inconnu qui s'imite au plus profond de lui. Il sait que le changement est inévitable, mais il ne le réalise réellement qu'au détour d'un rêve, par une nuit plus sombre.

"Cela pourrait être dangereux, tu en as conscience mais tu refuse de l'admettre."

L'inconnu reste dans l'ombre. Quelque chose d'inquiétant le suit, à la manière d'une odeur dont on ne peut se défaire.

"Se donner ainsi, se réfugier dans un cœur qui n'est pas le tien… Comprends-tu jusqu'où cela pourrait te mener ? Comprends-tu où cela me mènera ?
- Mais je te l'ai déjà dit…

* I hate you more than anyone in this world *

- Oui, je me souviens. Alors tu ne me regretteras pas. Je suis content, même si le bonheur m'est interdit. Je sens la nuit m'étreindre.
- Tu sais, je ne l'ai pas voulu.
- Moi je le voulais. Vas donc. Vas retrouver celui que tu as choisi, les arbres fleurissent."

L'Inconnu effleure son visage, comme il le fait si souvent avant de quitter. Mais sa main n'a ni chaleur ni substance. Elle n'est tout au plus qu'une image floue d'un au revoir. Il veut l'arrêter, mais son étreinte ne rencontre que l'inexistence.

* don't be afraid, this is not an end *


6. Le Printemps
(par nicolas freychet, ajouté le 15/04/06 14:01)


Le jour suivant paraît maussade. L'Atre est encore là, immobile et immuable. Il attend, perdu dans la contemplation de ce monde étranger. Il sourit toujours, et l'accueille avec la même bienveillance.

"Si seulement je pouvais te haïr toi aussi…
- Je ne comprends pas trop ce que tu veux dire, avoue l'Autre d'un air abattu, mais ça n'a pas d'importance. As-tu remarqué ? Les arbres commencent à changer. Je sais que le printemps approche.
- Je me demande… Sera-t-il un jour assez près de moi pour que je puisse enfin le respirer ?
- Il n'en revient qu'à toi d'aller vers lui !"

Et il lui tend la main.

"Viens avec moi."

* come with me *

Et les doutes s'envolent. La brume se fait moins dense, le gèle devient eau et le blanc retrouve ses couleurs.
Le voyage n'est finalement pas si long. Il suffit de quelques pas pour toucher à la douceur de l'herbe, s'enivrer des essences florales et accueillir le soleil. Quelle étoile majestueuse et terrifiante, trônant dans cet océan immaculé comme un phare vers la vie. Il n'en avait que peu de souvenirs, mais maintenant il se souvient de ce temps. Autrefois, avant la peur et la solitude, avant que l'hiver ne vienne.
Un souffle chaleureux parcourt maintenant son corps alors qu'il suit l'Autre vers l'avenir, sans jamais lâcher sa main. Sans jamais s'éloigner.


7. The Summit
(par nicolas freychet, ajouté le 15/04/06 14:02)


Lorsque le crépuscule embrase l'horizon, l'Autre s'arrête. Ils ont atteint le sommet.

"Voilà. Ici fini ce chemin et ici commence une autre route. C'est étrange cependant. Le ciel reste impénétrable. Le ciel aurait dû s'éveiller…"

Et soudain il réalise ce qui vient de se passer, ou ce qui doit arriver. Il a quitté l'hiver, il a abandonné l'Inconnu de son monde. Mais il ne l'a pas encore libéré, car lui seul pourra ramener les étoiles et donner le repos à celui qui fut toujours là pour l'écouter.

"Elles ne reviendront pas ce soir, dit-il à l'Autre. Je ne peux pas les libérer maintenant, il me faut revenir à l'hiver une dernière fois. M'attendras-tu ici ?"

L'Autre ne répond pas. Il sourit toujours, mais son regard s'échappe vers le lointain.

"Je croyais que tu comprendrais. Maintenant que je t'ai montré la route, c'est à toi de la découvrir. Mon rôle se termine et…"

Le grondement. Les éclairs. Le chaos assombri le ciel et les hurlements de l'orage couvrent les paroles de l'Autre. Sa main fait place au vide. Il veut le rattraper, mais le vent l'emporte. Le froid revient. Il doit le rattraper. Les grondements, le vent. L'hiver revient. L'Autre s'éloigne. Il crie, mais ce monde est trop fort.
L'Autre n'est plus.


8. La Naissance
(par nicolas freychet, ajouté le 15/04/06 14:02)


"Il fut un temps où j'occupais de mes nuits à parler aux étoiles. J'entends encore leurs murmures bercer mes rêves. Le jour m'habillait de sa lumière et j'étais heureux… je crois… J'étais pleinement de ce monde, mon cœur ancré au plus profond de la Terre, mon âme dansant avec le vent. A cette époque, les arbres me souriaient.
Mais vint un jour où le poids du soleil devint trop lourd et sa lumière me fit peur. Je ne voulais pas de future. Quelque chose… quelqu'un ?… m'appelait. Une ombre grandissante se présenta à moi. Insignifiante au départ, je la vis grandir et prendre forme. Le monde s'éloignait. Je l'abandonnais, je n'en avais plus besoin.
- Cette ombre…
- Et j'ai volé les étoiles pour me construire un sanctuaire. Sanctuaire devenu prison au fil des années. L'hiver en devint le maître. Mais je n'avais plus peur. L'avenir n'était plus, et tu étais là. Toujours.
- Né de cette ombre.
- Les étoiles firent de l'ombre un monde. Mais j'entendais encore cet appel. Tu m'appelais. Ou peut-être est-ce moi ? Mais c'est l'hiver qui te permit la vie.
- Et si les étoiles s'échappent…
- Si je les libère, la prison se brisera. L'hiver pourra se dissoudre dans l'inconnu, et toi…"

L'Inconnu regarde le ciel.

"J'aurais aimé les voir. Juste une fois. Mais nous ne pouvons exister en même temps…"

* I don't want to forget *


9. Les étoiles
(par nicolas freychet, ajouté le 15/04/06 14:02)


La première fois est toujours la plus terrifiante.
Il la regarde s'élever vers la liberté. Un craquement, puis une longue plainte accompagnent son envol. Les nuages saluent son passage pour se retirer vers l'horizon. Ainsi commence la fin.
L'Inconnu se tient encore à ses côtés. Là, au sommet. Et chaque nouvel espoir qui habille le ciel le rapproche un peu plus du néant. Mais s'il pouvait connaître le bonheur, alors ce moment serait le plus heureux de son existence.

"Ne vois-tu pas les étoiles maintenant ?
- Je les ressens, car elles sont moi et je deviens elles."

L'hiver s'enflamme. Il peut maintenant voir l'océan, son horizon. Un millier de routes pour l'atteindre, un millier de choix, et autant d'étoiles pour l'éclairer.
Quelqu'un d'autre se tient au loin. Il doit le rejoindre, mais avant…
Il se retourne une dernière fois vers cet être si cher qu'il a tant haït. Il reste encore un dernier éclat, précieusement gardé au creux de ses paumes.

"Une dernière pour le voyage, vestige de ces années. Ne l'oublie pas."

L'astre s'élève et l'Inconnu s'échappe de la réalité.


10. Vers l'Océan
(par nicolas freychet, ajouté le 15/04/06 14:03)


Je me souviens de la danse incessante des vagues roulant sous nos pieds, de l'écume éclairant les étendues sous le ciel étoilé, de cette odeur indescriptible enivrant mes sens. Je me souviens de toi. Après l'espoir ne restait que la plénitude qui m'appelait vers l'horizon. Comme la mer est belle quand c'est toi qui m'y invite !
Il m'a fallu du temps pour oublier les illusions et accepter la vérité. Parfois encore, je m'égare… Mais je ne regrette rien. Ce fut une belle rencontre.

Je me souviens de ta main, toi qui as croisé mon chemin pour me montrer le printemps. Je n'oublierai pas. La porte est ouverte désormais. Je sais qu'un autre la franchira.
Puis vint le temps des au revoir, cet instant si précieux où une route s'achève et une autre naît. Je n'ai plus peur. Je garderai ce souffle que tu m'as donné, et sous les étoiles, je continuerai.

Ce fut une belle rencontre.



* Je n'oublierai pas. *





Script fourni par 21st Century Scripts, adapté et modifié par Cédric Fockeu.