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Hommage à Dame Lamberte

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         
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1. Le Gazéificateur d'Eau
(par Gurth et Rebeca, ajouté le 14/05/06 04:22)


Les bulles remontaient à la surface du verre d’eau gazeuse. Dame Lamberte les contemplait, lisant en elles l’avenir de ses personnages. Quand elle estima en savoir assez, elle vida le verre d’un trait et se frotta les mains en ricanant. Un frisson d’inquiétude secoua le temps et l’espace. Quelque part en Hamerland -Hamerland. Sa Terre. Son Peuple. Son Adolescente- Königar leva les yeux vers les nuages, oubliant pour un instant la lourde charge qui pesait sur ses épaules.

Becky sentit la secousse de l’espace-temps. Et si il y avait bien une chose qu’elle avait appris avec les années, c’était celle-ci : ne vous mettez jamais entre la Lamberte et son prochain chapitre. « Aah » s’exclama Lilotte. « Vais ptêt enfin l’avoir, mon Grand Eunuque. »
Saivh alla prendre les sacs poubelles.

La Lamberte se leva et se dirigea vers l’ordinateur.

A Sombreval – Son Château. Sa Cathédrale. Sa Taverne. Ses Cochons. Son Adolescente- Valentine interrompit son geste, la louche emplie d’un épais potage de carotte en suspend au-dessus de l’assiette.
Chez Sir William, Catherine (bizarrement même pas une adolescente) cessa de contempler le seau en argent massif délicatement sculpté de scènes on ne peut moins convenables et inclina la tête.

« J’espère que ce sera un chapitre érotique, au moins. » songea Gurth. Il était devenu fan depuis qu’il avait lu « Lits 3.7.2 »


« Y’a pas moyen d’avoir un jus d’ananas ?» demanda Edrahil, qui ne lisait jamais la section Votre Nouvelle.


Joseph désigna la cicatrice qui zébrait son visage : « J’ai déjà donné » dit-il. «Y a pas que toi » fit Bernier en agitant sa main fantôme. Tout deux firent des signes discrets en direction de Guy, qui restait insolemment intact. Il ne se faisait aucune illusion sur sa bonne fortune apparente. Cette fois-ci, il allait y passer, c’était sûr.

Thorwald ne se laissa pas troubler. Il était l’Elu, après tout.


« C’est que je suis allergique à l’eau à bulles. » poursuivit le colonel.


Ployant sous le regard impérieux de La Lamberte, le trio d’informaticiens installé devant l’écran s’éclipsa. Dunminuial eut tout juste le temps de retirer Debian du lecteur cd et suivit Benilbo.
« Diantre, y en a qui vont pas rigoler. Serait ptêt temps d’aller fumer une petite clope… je peux avoir le briquet, ma Douce? » dit le Dragon. « Il est dans ta poche, avec le mien » répondit la Fée. « Et je pense que le mien y est aussi » rajouta Dior. Il les suivit vers la terrasse, enfilant un pull sur son T-Shirt Thorwaldil. « Je veux le même » songea Becky.


« C’est comme pour les chats, et la poussière, la vaisselle et les kiw-»

Que jusque tout au bord
L'on remplisse nos verres,
Qu'on les remplisse encor'
De la même manière,
Car nous somm's les plus forts
Buveurs de blonde bière


Un chant venait de retentir dans la cage d’escalier, interrompant le monologue d’ Edrahil.

« Oh non, pas eux » soupira Becky, la bouche pleine. Elle s’empiffrait de brownies de Silmo.
« Tu devrais les goûter » disait justement Saivh à Lilotte « ça fait du bien par où ça passe ».

Brusquement la porte vola en éclats, livrant passage à DW, Gaspart et une pile de casiers de bières. Gond vint se planter devant eux. « Vous auriez une minute ? Je suis du Comité Pour La Survie De Maury C’est Un Personnage Sympathique. Faut juste signer la pétition ‘Sauvez Maury’. » Mais DW et Gaspart avaient les mains pleines, et d’ailleurs ils ne connaissaient aucun Maury. Ça n’était pas le cas de Laegalad, qui s’avança vers Gond en arborant une superbe moustache. « Pas la peine, fit Gond, je t’ai reconnue. Je t’ai déjà dit qu’on ne pouvait signer qu’une seule fois, désolé ! »


« Vous auriez pas apporté du jus d’ananas à tout hasard ? » demanda le colonel, bien content de ne pas avoir emporté sa gourde de chouchenn.


« Chouette, de la bière » fit Gurth. Devant le regard paniqué de la foule, Becky rassura tout le monde « Oh, pas de stress, la Belgique lui fait du bien, il ne raconte plus de film après la moindre bière. » Le Dragon eut un soupir de soulagement.

Provinciale. Elle l’était bien trop. Et ce chapitre-ci on allait encore lui faire porter des robes ringardes. Pas comme celles auxquelles avaient droit la bande de princesses hautaines. Il y avait des jours où Galea en avait assez d’être l’héroïne.
Valentine soupira. Elle connaissait bien ce sentiment. En plus son futur mari était mort. Et aucun roi héréditaire en vue comme amoureux de rechange. Quant à ses robes…

La Fée délesta les garçons de leurs bacs et ouvrit la première bouteille.

Gaspart, une bière dans chaque main, s’approcha de Lilotte. « Je le savais » se dit Becky « Vont encore essayer de me convaincre des aventures entre Aragorn et Eowyn. » A force de lire Lamberte, ils voyaient des histoires sentimentales compliquées un peu partout.


« Les cacahuètes c’est pas pareil, là c’est juste que j’aime pas »


Elwë, son hamac sous le bras, contemplait l’immense poster d’Aragorn punaisé au dessus de l’ordinateur. « Mouais. » fit-il « j’aurais mis Napoléon ». Il n’avait pas signé la pétition du CPLSDMCUPS : il en était resté à une histoire d’arbres et de dames, dans lequel ne figurait aucun Maury. A vrai dire, il comptait sur Sylvae pour lui imprimer cette nouvelle nouvelle, mais celle-ci était pour l’instant occupée à vider le rayon « fantasy » de la bibliothèque lambertienne. (Il y avait depuis quelques années un important trafic de bouquins entre Toulouse et Mons.)


« T’en fais pas. Je vais te jouer Stairway to Heaven sur ma douze cordes, ça devrait te redonner le sourire. » glissa Isengar Lance-de-Fer-double-niveau-de-lecture-haha à Laegalad qui doutait de plus en plus de l’avenir de Maury. Elle sourit courageusement.

La Lamberte cliqua sur ‘Ajouter un chapitre’.


Désespérément assoiffé, Edrahil alla rejoindre Moraldandil qui discutait avec Benilbo de choses lénifiantes (des adjectifs en particulier). Le voyant ainsi fort peiné, Moraldandil lui proposa : « Si tu veux, je peux t’apprendre à dire jus d’ananas en gallois. » Edrahil répondit : « Pas la peine, je le sais déjà, c’est pwblyblyw gdwhyyl. »


Morgil se gratta le menton et pensa : « Heureusement que tout ça ne me concerne plus… ».


Devant l’air inquiet de Gurth, Becky se pencha vers lui et lui souffla : « Et je ne te dis pas ce qui leur arrive quand elle est en manque d'eau à bulles.. »


2. Allo ? Belgacom ?
(par michele huwart, ajouté le 17/05/06 17:58)


- Allo ? Belgacom ? fit la tavernière pour la 328ème fois de la journée.

Tadadam.... tadadam... tadadam... "My hart will go on" "Michelle" (oh... pitié...) ..."Le tééééléphoooone pleure" ('c'est le cas de le dire)... "Riders on the Storm" (non, là, je rêve... dois-je dire "heureusement" ?)

- Allo ?
-Allo, Belgacom ?
- Ici La lamberte... la tavernière de Sombreval... j'ai...
- ... hum... hum... hum...
-Pardon ?
- Euh??? S'usez moi, Madame, Je vous passe mon chef, hein...

Taddadam... tadadam... tadadsam... "L'amour en héritâââge"... Tadadam... "Les gens m'appêêêêêlent l'idole des jeuuuunes""...

-Madame ?
- Ah! Enfin !
- Oui ?
- J'ai un problème avec ma connection ADSL.
- Ah... (toux soi-disant discrète)
- Je paie assez cher pour... (suite de mots censurés par Cédric...)
- Mais c'est que...
- Mais c'est que quoi ? Dois-je préparer une baignoire de Kro pour vous y noyer ?
_ Euh... Non?? non... (apparté : ils avaient raison... ils avaient raison !)

-Alors ? (La Lamberte s'ennerve)
- Ben c'est que... je vous passe mon chef, hein...
(Pffff.... en sourdine)
-Allo ? Madame (voix chevrottente, au bout du fil) ?
- Oui ? Ma connexion ?
- C'est que (voix de plus en plus chevrottante)... nbous avons reçu des menaces, Madame.
- Ma Dame.
- C'est la même chose.
- Pas pour moi.
- Mais...
- Alors ? Racontez. Et rétablissez moi cette ligne. D'urgence. J'attends.... tadadam.... Tadadam... tadadam...
- Hum... hum...
- Oui ? (avec impatience)
- Une... euh... elfe (kof... kof... kof...) nous a menacés de mort... si nous voud permettions de tuer un certain musicien...
- De tuer, moi ?
- Il y a des témoins... d'un autre meurtre.

Laegalad sortit de l'ordsinateur comme une furie. Et fut suivie de Thilsarn et Amandil.

- je jure, votre Honneur. Je jure que cettefemme a assassiné notre meilleur ami. Et l'a livré en repas aux Orcs.


3. Allo ? Belgacom ? 2.
(par michele huwart, ajouté le 17/05/06 22:42)


- Oui. C'est à dire... ce n'est pas Moi qui ai...
Morgil sortit à son tour de l'ordinateur.
- Et mon Seigneur ?
- Alors,là, fit la Lamberte, ce n'est pas moi du tout ! C'est un certain professeur anglais. Anglais ! V'zavez compris ?
....
... Anglais... toussèrent-ils tous. Et Catherine regarda Dame Siegelinde : ... anglais... oui... c'est bien ça...
Becky regarda l'Epée Noire, et soupira :
... anglais...
...et le Prince Took commença une ballade sur sa guitare... une ballade reprise par un Max passablement éméché... et par une flûtiste dénommée "Lalette" ne sachant plus comment démêler ses notes de ses pas...
-Dis, Isengar ? demandèrent-ils de conserve, tandis que l'impératrice Dunnienne de sexe mâle (ne cherchez pas à comprendre)peinait à trouver ses pas. Et que Lionel l'accrochait par la manche "Encore danser, Bastien... encore ..."
......

- Bippp...
- OUi... et ? Ma connexion ?
- Mais c'est que, Madame...
- Ma Dame. En deux mots.
- Mais... C'est qu'une jeune fille...
... Une gamine de quatorze ans à peine. Qui menaçait, cette fois, "Belgacom" d'explosion. Comme le Laegalad, peu avant
- Elle veux des robes "pas ringardes".
- Ah ?
- Et elle veut être en bonne santé. Ah oui... elle veut aussi que vous "démêliez sa vie". J'ai rien compris...
- Pfffff...
- Elle était furieuse... et accompagnée d'un gamin qui se demandait comment draguer les filles avec un bras en moins...
- Oh, fit la tavernière, qu'il demande à Vaïn...
- Ben justement... fit l'opérateur...
- Justement quoi ?
- Celui-là se pose la même question...
- Oh... soupira la Lamberte... On s'en fiche, qu'ils soient entiers ou non, non ? Vous y tenez tant que ça, à vos membres ?
- Beuh... fit l'opérateur...


4. Allo ? Belgacom ? 3.
(par michele huwart, ajouté le 18/05/06 11:10)


- Beuh... ? ricana la Lamberte. Bon. Si c'est "beuh...", j'affûte mon couteau de cuisine, et j'arrive ! Sauf si ma connection... (voix devenue, tout à coup, tout miel...).
- Mais... mais... Madame...
- Ma Dame, ai-je dit ! Je ne suis pas n'importe qui, tout de même...
- Madame... Ma Dame... comment pouvez-vous, par téléphone...?
Il songea au couteau... et au fait que ce texte était un texte... écrit...
- ... ma Dame, reprit le préposé... je ne puis... j'ai l'épée d'un certain Colonel sur la gorge...
- Quel Colonel ? s'interrogea Lzmberte, soudain perplexe... Aubry ? Je n'ai fait que l'envoyer en tôle, celui-là... N'avait qu'à pas rejoindre l'OAS, après tout... enfin, bon, j'admets que c'est moi... Passez-le moi !
- Beuh... aaarrrgh... ce n'est pas ce nom là qu'il m'a donné... c'est Histro... Hristo... euh... Ed' pour les intimes, m'a-t-il dit...
- Ed' ? fit la Lamberte, encore plus perplexe... Mais qu'ai-je fait de mal à Tof ' ?
- Tof' ?
- Oui. Enfin, Ed'. C'est la même chose.
- La même chose ?
- Ca ne vous regarde pas. Alors, ma connection ?
- Ben??? euh... aaargh... y veut pas. Il prétend que vous avez été complice d'un monstrueux "afonagedechouchen"... je comprends paaaarrrgh...
......... silence........
- Aaargh... fit une autre voix.
- Le chef ? demanda alors la Lamberte.
- Mon subordonné a trépassé... sous l'épée de ce... colonel satanique... ainsi que sous celle d'un médecin qui prétend que...
- Satanique... dit la Lamberte... si vous saviez, mon pauvre... alors, cette connection ? Dois-je aller refaire ma provision de sacs gris ?
- Aaaaaargh... la fille blonde nous en a parlé... l'Irlandaise... enfin, ou presque...
- Elle aurait pu vous dire que j'étais innocente. Je n'ai pas tué le seigneur du docteur. Je l'ai déjà dit à votre...
- Il est mort.
- Bofff... un de plus, un de moins... il est mort pour rien. C'est l'Anglais, le Professeur, qui a tué cet homme... enfin... cet elfe... enfin... Moi, je ne l'airais jamais fait ! Voyons ! J'aurais plutôt... (censuré).


5. Allo ? Belgacom ? 4.
(par michele huwart, ajouté le 18/05/06 14:56)


- Koff... koff... koff... fit le chef, rouge pivoine (ce que Dame Lamberte parvint parfaitement à percevoir). Vous ne l'avez donc pas tué ?
-Non. Je ne suis pas masochiste. Et j'aime les nuits... la question n'est pas là... ma connection ?
- C'est que, Madame...
- Ma Dame. En deux mots.
- Ma dame, répéta l'emloyé, contrit. Ce Colonel...
-Dites-lui que je n'y suis pour rien. L'afonnage, c'est un truc de Max.
- Aaaarrrgghhh...
- Pardon ?
- Il a dit "Et de votre fils". Et il a dit "Et elle a fimé".
- Mon fils est majeur... et je ne suis pas fana de la majorité. Et je n'ai pas filmé. C'est le Seigneur de Dame Lilotte...
- Le forgeron ?
- Non, l'artiste. Le musicien.
- ??????????????
- Peu importe. Moi pas coupable. Capisce ? Alors, ma connection ?
-Le forgeron ?
- L'artiste. Débrouillez-vous avec lui. Ou avec sa Dame. Déconnectez-les, par exemple...
(gnerk... gnerk... gnerk... gnerk... gnerk...)


6. Allo ? Belgacom ? 5.
(par michele huwart, ajouté le 19/05/06 10:42)


- Heu ? fit la Lamberte...
.... Rien....
- Heu... fit-elle encore...
.... toujours rien....
- Mais... (censuré) s'énerva-t-elle...
... avant d'entendre une petite voix... une toute petite voix...
- Madame ?
- Ma Dame ! Combien de fois devrai-je vous le répéter !
- Mais... c'est que... je ne vous ai jamais parlé, Madame. Je suis le patron de...
- Bon sang ! Ma Dame, pas Madame ! Et le patron de qui ? De ces (censuré) ?
- Mais c'est que... ils sont morts, Mad... euh... Ma Dame (pas fou, le zèbre...)
- Bon, ben... - elle regarda tristement son couteau - ... plus moyen de les dépecer vivants, alors. Comme c'est malheureux. Alors, cette connection ?
- Ben... heu...
- Quoi, encore ?
- Je n'ai pas le droit... j'ai des ordres...
- Vous êtes le patron, non ?
- Mais c'est que... le Palais Royal...
- Quoi, le Palais Royal ? Je n'ai jamais attaqué Albert, que je sache ? Je ne l'ai pas coupé en morceaux, je ne l'ai pas transformé en ragoût, je ne lui ai pas fait subir l'afonnage de sa boisson préférée, et je ne l'ai pas affublé de robes ringardes. Alors...
- C'est pas lui... Mad... euh... Ma Dame. C'est sa belle-fille. Elle n'aime pas voir une princesse hérithière nommée Mathilde entre vos mains...
- Ba-thilde.
- Pardon ?
- J'ai dit Ba-thilde. Pas Ma-thilde. Et son petit frère n'a pas la vocation religieuse, que je sache.
- Non... mais elle a engagé... comment dire... des flûtistes qui menacent de jouer le Branle de l'Ours en boucle dans mes bureaux, plus des dragons, dont un hobbit, et un de brume, et des linguistes fous qui interceptent mes notes de service pour les retransmettre en vieux gallois... et, paraît-il, le Charles de Gaulle a ses avions prêts à l'attaque, vu que vous auriez tenus des propos, euh... pas très sympathiques à son sujet devant un de ses officiers... Dans ces conditions... vous comprenez, ma Dame...
- Non....

Elle réfléchit un instant, et conclut :
- ... dans ces conditions, je passe à la concurence.


7. Informations
(par Gurth et Rebeca, ajouté le 15/05/07 01:51)


Lamberte regardait tranquillement la télévision en quête d'inspiration. "Ce matin en Irak un convoi a explosé sur une mine..." Lamberte eut un sourire mauvais...

Königar détestait le théâtre de boulevard. Mais il connaissait suffisamment dame Lamberte pour voir venir le quiproquo à des kilomètres. Après tout ça n'était pas le premier qu'elle lui mettait sur les bras. Simplement se réjouir du succès de ses plus fervents partisans n'était pas au programme. Evidemment.

"Cette année on a plein de jus d'ananas pour toi" dit Gaspart, tavernier de service. Edrahil ouvrit difficilement une paupière. Les réveils matinaux n'étaient pas son truc, surtout avant dix sept heures.

"Le nombre d'accouchements prématurés a également dramatiquement augmenté suite au tremblement de terre qui a secoué l'asie du sud est, dont certains ont eu lieu dans des situations critiques..." Lamberte ouvrit son petit carnet jaune.

Bathilde, en pleines contractions, soupira "Evidemment, ça ne pouvait pas bien se passer, j'aurais dû m'en douter. Bien la peine de me farcir la cure à Berck..."

Arrivé péniblement au chapitre 112.5.8 du Précepteur, Benilbo était bien loin de cette ambiance apocalyptique. "Si tu veux, j'ai un très bon résumé du précepteur.." dit Becky. Immédiatement, Melilot et Gili-gili se lancèrent dans un concours de jeu de mot sur le titre de l'oeuvre. "Père Septeur" fit Gili-gili. "Rdv au pré, sept heures" osa Melilot.

"Bon. Un an de plus, toujours ça de gagné" s'exclama Galea. "Minute" fit Moraldandil, interniste sur le coup, "ce n'est pas la durée qui s'est écoulée en Hamerland!". La jeune fille soupira. "A ce rythme là j'atteindrai jamais la majorité" songea t-elle.

Le torve Edrahil se faufila jusqu'à la cuisine. "Jus d'ananas? Jsuis allergique!"

Sylvae jeta un regard suppliant à Necsipaal: "Tu feras tout pour couper Lamberte momentanément de la télé, hein, en juillet, qu'on ait quelques chapitres de repos. Et des journaux... Pourvu que les papillons soient pacifiques!"

"Un sondage récent démontre que les européens ont des pratiques sexuelles de plus en plus libérées. L'échangisme..." Cette fois-ci, la nouvelle ne sembla pas provoquer beaucoup de réaction chez Lamberte. Il faut dire que ça, elle y avait déjà pensé toute seule.

"C'est quand même dommage que Gurth soit enfermé au fond de ce cachot" dit Elanor. "Mon Gili-gili manque d'interlocuteur adéquat pour parler de turkish film." Une voix sévère monta depuis le sofa devant la télévision. "L'a qu'à se dépêcher d'écrire le chapitre manquant de Sombreval et il pourra sortir! Les miens sont prêts depuis un an!" A la mention d'un texte promis depuis des lustres, Elwe se fit tout petit.

En tant qu'aristocrate, Maury avait toujours eu de longues plages de loisir, propices pour se poser les questions existentielles les plus incongrues, comme par exemple : qu'est-ce que ça fait de passer du statut d''espèce en danger de disparition' à 'espèce éteinte'? A présent, il commençait à comprendre.

Les yeux fermés et un doigt enfoncé dans chaque oreille, Laegalad, elle, sa pile de pétitions sur les genoux, refusait de comprendre. "Je n'entends rien lalalalèreu" hurlait-elle à tue-tête. Elle n'entendait même plus Kendra qui essayait désespéremment de la distraire et de lui remonter le moral avec un projet de costume.

"Apportez-moi plutôt du saké!" brailla le colonel. "Attention, moi jsuis modérateur sur Numenor, hein, je rigole pas. Je peux tous vous bannir, si je veux."

Entendant le nom de ce forum qu'elle avait tant fréquenté, Lamberte se détourna un instant des informations. Ah, Numenor, royaume des malentendus et des extrémistes de tout poil... Du pain béni pour qui avait besoin d'antagonistes pour une grande fresque de fantasy...

Ferrand en savait quelque chose, lui qui se trouvait acculé dans une lutte à mort contre son meilleur ami à cause d'une simple différence d'opinion. A bien y réfléchir, c'était peut-être juste Gurth sous un autre pseudo...

Ben qui, hors lénition, n'avait jamais eu qu'un seul pseudo, ou alors presque, plaqua quelques accords sur sa harpe à laquelle il consacrait tout son temps depuis qu'il était soit-disant rangé de Saussure. "Pas la peine de jouer la marche funèbre, hein" fit l'assemblée en choeur. "Hum, effectivement, faut que je réfléchisse à l'organisation des enterrements..." pensa Lamberte.

A propos de harpe, Melilot observait d'un air innocent la collection d'instruments de Maury. "Vous pensez qu'il en aura encore l'usage?" fit elle, désignant une superbe harpe. Laegalad chanta encore plus fort.

Pendant ce temps, Tar Palantir déclamait quelques vers tolkieniens pour appuyer son argumentation à propos d'un obscur détail légendaro-équestre : "Fidèle serviteur et pourtant de son maître le funeste destin, / Fils de Pied-Léger, le rapide Nivacrin", citait-il. La rime parvint aux oreilles de Lamberte, qui griffonna aussitôt quelque chose sur son carnet à propos d'une chute de cheval...

"Salop'rie de canasson" fit Guilhem entre ses dents. "Le prochain chapitre, j'y vais à pied." Lamberte ricana en entendant Guilhem mentionner ses pieds. "Non, là je t'arrête tout de suite" fit Saivh "combien de fois dois-je encore t'expliquer que les sacs gris ne sont plus ramassés. Il faut utiliser des blancs, ou alors des verts si c'est compostable." Lamberte, ayant de la suite dans les idées, répondit : "Va pour un vert alors. Enfin, je sais pas, les métacarpes et tout ça, c'est biodégradable aussi ou je peux les mettre dans un gris, ceux-là?" Saivh soupira.

Irulan, toujours caustique, demanda depuis la cuisine: "Alors, un ou deux ananas dans cette galette, Ed'?"

"Au chapitre faits divers, la petite communauté de D. est actuellement ébranlée par l'attitude ouvertement provocatrice affichée par un jeune prêtre prometteur, qui ne cache pas son amour pour une aristocrate..." Plusieurs feuillets du carnet jaune furent rapidement recouverts.

Tout occupé à ses batailles virtuelles, Thorwald pesta : "ah non, hein, comme si j'avais que ça à faire!"

Dior et Becky comparaient les mérites des t-shirt M et F "Thorwaldil 2007". "Je pense que vu la demande, on fera fabriquer les 2008 en Chine" dit Dior. "Oui et en plus j'ai bien l'impression qu'on va récupérer les marchés de certains autres personnages..." répondit Becky. Ils jetèrent tout deux un discret regard en coin vers Laegalad.

Ils allèrent rejoindre les fumeurs sur la terrasse, là où on pouvait papoter tranquillement sans voir ses personnages préférés se retrouver victime d'une phrase malencontreuse dans une discussion innocente. Comme l'expliquait justement Dior "Imagine qu'elle m'entende dire 'ah qu'est-ce que je suis content qu'il ait encore bras et jambes', tu peux être sûre qu'il se retrouve homme-tronc dans le chapitre de demain!"

"Tiens vous aussi vous avez du subir la blague benilbéenne de l'enfant-tronc? Elanor vient justement de nous la raconter" fit Drakon d'une voix nasillarde en tirant sur sa clope. Benilbo, accroché à sa pipe, leur jeta un regard hautain. Puis il s'étouffa. Romaine lui tapota le dos. "Pas au point, cong, hein?" dit elle en riant. Melo_dye distribua des cigarettes aux nouveaux venus. A ce moment Gaspart et Saivh arrivèrent les bras chargés de bières. "Vous voilà enfin, les morts - même littéraires - ne s'honorent pas avec de l'eau plate, diantre!"

"Nous rappelons les grands titres de ce journal: 25 000 morts en..." Sans écouter la suite, Lamberte nota VINGT-CINQ MILLE MORTS. Il faudrait étoffer un peu le nombre, certes, mais c'était une base sur laquelle on pouvait s'appuyer.

Elle se dirigea vers l'ordinateur.


Un tremblement, comme un frisson glacé, ébranla tous les mondes.





Script fourni par 21st Century Scripts, adapté et modifié par Cédric Fockeu.