1.
Avant de lire...
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Babycakes, ajouté le 19/05/02 16:12)
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| Je prie toute personne de lire ne serait-ce que le dernier chapitre de Perle d'Amour avant d'entammer la lecture de cette nouvelle... Non pas que ce soit indispensable, je pense bien que tout le monde pourra suivre sans avoir lu le départ de cette nouvelle, mais c'est une demande que fait un auteur qui a envie que ses nouvelles soient bien comprises, voilà tout... Merci, et bonne lecture ! |
2.
L'Arrivée
(par
Babycakes, ajouté le 19/05/02 16:30)
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| Balfamyn était totalement abattu, et c'est les pensées ailleurs et le coeur lourd qu'il cheminait en compagnie de ses amis jusqu'à la porte, cette porte qui les emmènerait sur cette autre planète, dans cette autre dimension, loin de tout... Mais de tout cela, il n'en prenait pas conscience. Pour lui, il n'y avait plus d'avenir. Il ne pouvait plus aprocher son angecoeur, il ne pouvait plus aimer Flayelle, alors la vie n'avait plus de sens.
De son côté, Flayelle s'interrogeait. Pourquoi, pourquoi son angecoeur qu'elle aimait tant était devenu soudain froid et distant? Pourquoi celui avec qui elle avait passé chacune des secondes de son existence depuis qu'elle l'avait rencontré la laissait maintenant seule, avec ce poids énorme dans la poitrine, et des ailes si lourds qu'elle ne pouvait voler... Ses deux amies, Afrozine et Armyar, solidaires, étaient venues la consoler, de ce qu'elles croyaient être une peine de coeur, mais non, c'était plus grave, personne ne savait ce que c'était, seul Blafamyn le savait, et Balfamyn se taisait... A la fin, n'y tenant plus, ne voulant plus souffrir sans savoir pourquoi, elle alla le retrouver : " Balfayn... - Flayelle, tu naurais pas dû venir. - POurquoi? tu t'en vas sans rien me dire, tu me laisses du jour au lendemain sans raison, et ça me fait l'effet d'un couteau dans le coeur, tu ne te rends pas compte, toi, ça fait mal, je veux savoir, pourquoi ne m'aimes-tu plus? - Oh, si, je t'aime Flayelle, et c'est pour ça que je ne peux pas t'approcher, je suis dangereux, mon amour, tu es en danger tant que je suis là, et si pour éloigner ce danger je dois me séparer de la personne l plus chère à mon coeur, même si j'en souffre autant que toi, je t'éloignerai de moi, je ne veux pas que tu meures... - Que je meures? Et qui donc me ferait mourir? Qui me ferait mourir que tu ne saurais arrêter? Dis-moi! - Je n'en ai pas le droit, je ne peux pas te le dire, mais il est très dangereux, trop dangereux, je t'en prie, si tu m'aimes, éloignes-toi, le temps que je sache quoi faire... Dès que nous retournerons dans notre ville, tu verras, tout s'arrangera. Maintenant, pars..."
Et il la laissa là, les jambes de plomb, le coeur brisé, ne comprenant plus rien, et pleurant, encore et encore... Mais bientôt, le chef de son détachement, un vieil elfe soldat du nom de Bradfer, la rappela froidement à l'ordre, la forçant à se calmer, et à marcher, car la porte n'était plus très loin. Enfin, ils y arrivèrent, mais personne ne l'aurait su si Fynange ne l'avait indiqué. La porte n'était en fait rien d'autre qu'un trou dans la nature, en plein milieux du plus sombre endroit de la forêt, ouvrant sur un ciel sombre, mais on ne distinguait cette porte que parce qu'il y avait des des étoiles dans le ciel de Dréxényore, mais même ici les étoiles étaient sombres... la peur leur tenaillant le ventre, un à un, les soldats la franchirent, et une fois passés de l'autre côté, on ne les voyait plus, comme s'ils avaient disparus, étouffés, sans un son. Quand enfin Balfamyn et son équipe se retrouvèrent de l'autre côté, tout ce qu'ils virent de Dréxényore fut une atmosphère noire et rouge, et lourde, et tout ce qu'ils en sentirent fut le souffre émanant de volcans en furie, et tout ce qu'ils y décelèrent fut la haine des esprits, sans les voirs, pourtant. |
3.
Premières difficultés
(par
Babycakes, ajouté le 23/05/02 16:03)
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| Un grand cercle se fit autour de Fynange, qui recommanda tout d’abord aux soldats de s’abriter de la vue des Esprits. Ils se mirent donc en route en direction d’un volcan qu’ils apercevaient à quelques heures de marche de là, mais la progression s’annonçait difficile, car les troupes durent se diviser afin de ne pas être repérées. Ils partaient par petits groupes, et dès qu’un groupe arrivait, un autre partait. A ce rythme-là, ils en auraient pour plusieurs jours, mais, ainsi que le seigneur Gwynein le fit remarquer, la prudence était nécessaire dans ce pays où ils n’avaient pas de repères, hormis d’anciennes cartes, dont la pertinence n’était pas forcément assurée. Le premier groupe partit, et bientôt on le perdit de vue. Plusieurs heures plus tard, un second se mit en route, et, l’heure où normalement la nuit tombe dans notre monde, le troisième put partir. Le couple seigneurial se trouvait dans celui-ci, aussi les armes étaient sorties, et la situation tendue. Heureusement, ils arrivèrent sans encombre, ce qui ne fut pas le cas du quatrième. Arrivé aux deux-tiers du chemin, une masse sombre fit son apparition à l’horizon, ce qui alarma Fynange, qui donna aussitôt l’alerte, ordonnant que plus personne ne bouge. La masse se rapprochait, et bientôt elle entoura le détachement. On ne vit rien, mais on les entendit crier et hurler dans toute la plaine, et le ciel noir, sans étoiles, la chaleur des volcans, tout conspirait à renforcer l’horreur qui s’emparait des soldats. Enfin le nuage repartit, mais plus aucune trace des soldats, comme s’ils n’étaient jamais passés. Buykoul se tourna vers la dame et demanda : « Que s’est-il passé ? - Ils les ont emportés. On ne les reverra plus. - Comment ? ce n’était qu’un nuage, un nuage ne peut pas… - Ce n’était pas un nuage. C’était les Esprits. Ils ont essayé d’envahir leurs âmes de leur haine, et maintenant, ils les ont emportés, pour en faire leurs esclaves. - Pourquoi n’ont-ils pas réussi à les transformer en esprits ? - Les Perles d’Amour. Elles ont fonctionné. »
------------ Note: si vous trouvez un meilleur titre pour le chapitre... |
4.
Kôleth
(par
Babycakes, ajouté le 24/05/02 15:03)
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| « Mais qu’est-ce qu’elles font exactement, ces perles ? On a mis du temps à les faire, d’accord, mais pourquoi nous protègent-elles ? - Il me semble, Buykoul, avoir déjà expliqué à quoi servent ces perles… répondit la dame en fronçant les sourcils. Les esprits transforment l’Amour que tout être porte en soi en Haine, et peut ainsi transformer le plus fidèle serviteur du Bien en dévoué serviteur de Kôleth. - Qui est Kôleth ? - La souveraine des Esprits. La plus ancienne de tous. Celle qui connaît par cœur la civilisation des Hommes et des Elfes, celle qui sait comment pervertir le plus brave d’entre nous. Kôleth était une femme, une humaine, fidèle soldat, brave et courageuse. Mais elle était amère, car elle eut un jour un accident qui la défigura, et en la voyant, son fiancé l’abandonna. Les esprits se servirent de cette arme, de ce chagrin pour l’asservir. Ils y réussirent tellement bien que bientôt la perversité de Kôleth les surpassa tous, et elle renversa le souverain des Esprits pour prendre sa place, dont personne n’a su l’en déloger depuis. - Ainsi donc les Esprits se servent du chagrin comme arme ? - Oui, pour persuader quelqu’un de blessé émotionnellement, rien de mieux que lui promettre le soulagement… Il faut faire très attention, on est une cible facile quand on est malheureux. » Et ce disant, elle se tourna vers Balfamyn sur lequel elle posa un regard appuyé. Ne supportant plus ces yeux sondant son âme et pleins de reproches, il demanda : « J’aimerais en savoir plus sur Kôleth. Pourquoi personne ne l’a délogée ? - Kôleth terrorise tout le monde. Aussi bien Esprits qu’Elfes ou Hommes. Il se dégage d’elle une telle Haine, une telle rancœur que vous êtes comme paralysés à son approche. Et ainsi elle vous tient à sa merci. C’est pourquoi je crains que le nuage d’Esprits apparu tout à l’heure n’ait emmené nos soldats devant elle. - Vous semblez bien la connaître, Ma Dame… Vous vous êtes donc mesurée à elle ? - Oui, dit-elle, frissonnant encore à ce souvenir. Durant la bataille qui vit sa défaite et son renvoi en Dréxényore, elle réussit à capturer un détachement d’Elfes, et j’en faisais partie. - Pourtant, vous n’êtes pas soldat… - Personne ne m’avait vue. Je m’étais glissée dans l’armée, me faisant passer pour un ami mort peu avant le départ des troupes. - Et que s’est-il passé une fois qu’elle vous a capturé ? - Elle m’a emmenée devant son trône, pour me faire peur, pour m’impressionner. J’étais pétrifiée, je ne pouvais rien faire d’autre que la regarder et l’écouter essayer de me pervertir, elle usait de toutes ses armes, elle faillit même avoir recours à la torture… - Comment vous en êtes-vous sortie ? - Le collier. Tout au long de ce terrible entretien, il m’a communiqué l’Amour que je lui avais moi-même confié, et cet amour si fort a fait hésiter Kôleth. Cette hésitation m’a sauvée, j’ai pu déjouer sa garde et m’enfuir. »
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5.
Il faut continuer...
(par
Babycakes, ajouté le 11/06/02 15:00)
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| Balfamyn et Flayelle regardèrent simultanément leur perle. Toujours aussi énorme, toujours aussi fascinante, mais maintenant, cette perle leur communiquait un vide que chacun d’eux ressentait dans son cœur. La dame réclama le silence, afin de pouvoir communiquer avec le reste de soldats restés pétrifiés par la peur au niveau de la porte. Après plusieurs minutes de concentration, elle se tourna vers les trois groupes et déclara : « Nous allons continuer notre progression, les autres soldats vont rester en arrière quelques temps, afin de calmer la vigilance des Esprits. Heureusement que nous avons pensé à emporter quelques provisions avec nous, nous avons de quoi tenir quelques jours. Nous allons marcher en direction de ces falaises que vous apercevez là-bas. Il y en aurait à priori pour 2 jours et demi. Nous nus arrêterons ensuite et attendrons les autres soldats. » Les instructions données, ils fut ensuite décidé que les trois groupes partiraient simultanément. Ils se mirent en route rapidement, et la dame s’attarda auprès de Flayelle : « Une peine d’amour fait toujours mal, mais elle ne fait pas mourir. - Je le sais bien, mais il ne m’a même pas dit pourquoi… Il m’a juste demandé de ne plus l’approcher, de ne plus le voir, que c’était pour moi, pour mon bonheur… - Je sais. N’oubliez pas que je peux lire ses pensées. Et c’est pour ça que je peux vous assurer qu’il dit la vérité, qu’il faut lui faire confiance. - Si vous pouvez lire dans ses pensées, dites-moi, dites-moi pourquoi il ne veut plus de moi… - Je ne devrais pas. Je devrais vous dire qu’il vous aime toujours autant, si ce n’est plus, et que c’est un aussi grand sacrifice pour lui que ça l’est pour vous… Mais je ne peux supporter une telle détresse dans le cœur d’une Elfe. Sachez donc qu’un oracle a prédit à votre naissance votre mort d’une manière horrible. Il l’a vue sous un ciel noir et sans étoiles, et, pire que tout, il l’a vue donnée par votre angecœur, lors dune mission que vous assureriez en tant que soldat. C’est pourquoi vos parents ont changé votre nom, et c’est pourquoi Balfamyn veut vous éloigner de lui. - Mais c’est ridicule ! Il donnerait sa vie pour moi ! - Je sais bien, mon enfant, mais c’est ainsi qu’il a été prédit, et je ne puis que vous recommander de vous conformer aux instructions de votre angecœur. » Sur ces mots, elle s’éloigna, et Flayelle se sentait encore plus perdue que jamais… Malgré tout, elle décida de ne rien faire pour l’instant, mais résolut d’aller bientôt parler avec Balfamyn. Sa perle reprenait confiance, elle le sentait, et se demandait en même temps comment une perle pouvait ainsi faire ressentir des émotions aussi fortes.
Mais le voyage continuait, dans la peur et l’inquiétude, et un mauvais pressentiment s’empara bien vite de tous les soldats. Même Fynange tressaillit, et elle déclara : « Ils approchent ! Vite, concentrez-vous ! Il est temps de se rendre invisible ! Restez-le le plus longtemps possible, avec un peu de chance, ils ne nous repèreront pas et s’en iront ainsi qu’ils sont venus ! Plus un geste, attention ! » Et sur ces mots la troupe disparut. Le nuage tant craint s’approcha à une vitesse folle, et se mit à traîner entre le volcan et les falaises. Tout à coup, un soldat réapparut. Aussitôt il se fit repérer, et les Esprits fondirent sur lui, l’entourant et le dissimulant à la vue des autres. Mais on l’entendait quand même crier : « Non !! Non ! Pitié !! Aidez-moi ! Mais aidez-moi ! A l’aide ! Laisserez-vous donc mourir un des vôtres ? N’avez-vous donc pas de cœur ? Mais montrez-vous !! » Mais bien vite il disparut. Et avec lui le nuage. Le groupe restant réapparut subitement, et tels des zombies se remirent en routes. « N’avez-vous donc pas de cœur ? » Les derniers mots du soldat résonnaient dans la tête de tous. Non, ils n’avaient pas de cœur, c’est vrai. Ils avaient lâchement abandonné un des leurs, en proie à une souffrance certaine et terrible aux griffes de Kôleth. Mais que pouvaient-ils faire d’autre ?
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6.
Les falaises
(par
Babycakes, ajouté le 21/06/02 13:52)
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| Les deux jours et demi de marches qui suivirent se passèrent mornement. Toujours la même chose: la peur les étreignait à la vue des esprits, ils disparaissaient, pour reparaître dès que le danger était passé, épuisés par leur effort et affamés car ils devaient économiser les vivres pour la suite du voyage. Les Elfes étaient démoralisées : ils ne voyaient plus la Soleil, tout était toujours nuit, nuit et chaleur, pas une seule de ces étoiles qu’ilq adoraient, pas un seul rayon de Lune pour les réconforter… Fynange faisait tout ce qu’elle pouvait pour les réconforter, les rares fois où elle sortait de sa pensée pour parler, mais même sur elle, ce climat lourd et pesant avait de effets, même elle, il arrivait à la démoraliser.
Quand enfin ils arrivèrent au pied des falaises, un brin d’espoir réchauffa leurs cœurs : « Nous devons maintenant grimper sur cette falaise, jusqu’à cette grotte que vous voyez là-haut. Il faut espérer qu’elle pourra nous contenir tous, autrement il faudra établir des tours de change, ceux qui seront dehors devant rester invisibles… Mais je ne pense pas qu’il faille en arriver jusque-là. - Seigneur, les autres arriveront-ils bientôt ? - D’ici deux à trois jours, mais ils mettront peut-être plus de temps. Les Esprits sont devenus très vigilants, et leurs rondes se font de plus en plus fréquentes, ils rencontreront peut-être plus de difficultés que nous. »
Ils mirent deux bonnes heures pour escalader la falaise jusqu’au refuge, qui se révéla heureusement grand. Tellement grand, en fait, qu’il pouvait aisément contenir toute la compagnie, et peut-être même les amis attendus. La Dame s’approcha d’une pierre et demanda quelques mèches de cheveux à deux ou trois soldats, à partir desquelles elle fit un feu clair, car cette grote était sombre, bien plus sombre que les noires ténèbres au-dehors, et froide, presque trop froide pour que les Elfes puissent le supporter. Ils s’assirent autour de ce feu qui brillait comme la flamme de l’espérance enfin revenue dans leurs cœurs et leurs yeux, et se mirent à bavarder gaiement, oubliant presque où ils étaient. Mais la dame s’était écartée, concentrée sur un projet mystérieux. Soudain, elle cria et s’effondra, inconsciente, sur le sol. Tous les soldats crièrent, et le seigneur Gwynein s’agenouilla précipitament auprès de son épouse, et lui prit la main : « Que se passe-t-il ? Réveillez-vous, Madame, revenez à nous ! » Après plusieurs minutes d’efforts concentrés, la Dame soupira enfin et ouvrit les yeux… « Oh, Seigneur, le malheur approche à grands pas ! - Que s’est-il passé ? Que faisiez-vous ainsi recroquevillée sur vous-même ? - Je surveillais Kôleth. Je pensais être discrète, mais elle m’a vue. Elle sait où nous somme, combien nous sommes, elle mettait une rage si forte à vouloir deviner à travers moi tous nos projets, et la résistance que je devais lui opposer était si grande que je n’ai vu que l’évanouissement comme porte de sortie. »
Une clameur s’éleva parmi les soldats. Tous avaient peur, car tous se rendaient compte maintenant que le pouvoir de celle sur qui ils comptaient pour les protéger était inférieur, bien inférieur à celui de ce terrible Esprit. « Il nous faut partir, et vite ! Nous ne pouvons nous permettre d’attndre les autres ! Elle fondra sur nous si nous restons en place plus longtemps !! »
Aussitôt, le Seigneur envoya deux éclaireurs afin de repérer un chemin praticable pour contourner la falaise, et surtout pour trouver un point de chute. Une demi-heure plus tard, ils reparurent : « Un petit sntier monte en lacets au sommet de la falaise, et là-haut, un autre en redescend par le même moyen. Il est très étroit, et le devient de plus en plsu au fur et à mesure de la montée. Le prochain point de chute possible est une forêt très sombre, que nous estimons être à une dizaine d’heure de marche, si nous allons bon train. » La troupe éteignit le feu, et dès que la Dame se sentit mieux, ils partirent.
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7.
A l'orée de la forêt
(par
Babycakes, ajouté le 22/06/02 17:53)
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| Le rythme que la nécessité leur imposait avait cepandant un inconvénient : il les fatiguait trop pour qu’ils puissent devenir invisibles si un ennemi approchait. Ils étaient donc partis pour voyager une dizaine d’heures totalement à découvert. Mais le pays était grand, et le Seigneur espérait que les Esprits seraient trop occupés à surveiller la route que maintenant le reste des soldat empruntait. Ce reste de la troupe savait où aller, et ils trouveraient dans la grotte un message discret laissé en elfique afin de leur expliquer le chemin à suivre et la nécessité de presser le pas.
Ils en étaient à un peu plus de huit heures de routes, sans une pause, quand tout à coup ils sentirent au plus profond de leurs os les Esprits qui arrivaient. Aussitôt, des cris de panique se firent entendre, et la Dame eut du mal à reprendre le commandement : « Calmez-vous ! Il nous faut agir vite. Chacun va courir le plus vite qu’il le peut jusqu’à la forêt, sans s’occuper des autres. Nous ne pouvons nous rendre invisibles, nous sommes trop fatigués, et nous ne tiendrions pas assez longtemps. Je ne cache pas que j’ai peur qu’il y ait des pertes… » Ces derniers mots donnèrent aux soldat l’énergie du désespoir dont ils avaient besoin pour courir à toute allure. Balfamyn se retourna, effrayé et inquiet pour Flayelle. Leurs regards se croisèrent, et il n’eut pas le cœur de la laisser là, tremblante et cherchant vainement à s’envoler, la peur lui ayant paralysé tout les membres. Il retourna en arrière et la prit dans ses bras, reprenant sa course effrénée. Et les Esprits approchaient.
Bientôt ils furent là et s’attaquèrent au groupe qui traînait derrière. La Dame, dans un dernier effort leur cria : « Les perles !! Serrez fort vos perles ! Ne pensez à rien d’autre qu’elle ! Ils fuiront ! » Et, en effet, après une ronde rapide qui les entourait d’un opaque nuage gris, les Esprits poussèrent des cris à glacer le sang tout chaud dans les veines, et s’enfuirent. Ils avaient néanmoins emporté une poignée de soldats, qui hurlaient encore dans les têtes des rescapés. Les soldats les plus proches accoururent, et les prirent sur leurs dos et leurs épaules, car ils étaient épuisés, et que malgré tout il fallait continuer la course. Et ils finirent les derniers kilomètres ainsi, passant de dos en dos et d’épaules en épaules. Quand enfin ils furent à l’abri dans l’ombre noire de la forêt menaçante, ils furent lâchés sur le sol, et tous les autres s’écroulèrent de même. Balfamyn reposa Flayelle en douceur sur le sol, et lui dit : « C’est passé. Ça va aller mieux, maintenant. - Oh, Balfamyn ! Ne me laisses plus jamais ! Tu resteras toujours maintenant, n’est-ce pas ? » Mais il ne répondit pas, et s’éloigna la tête basse et les épaules voûtées sous le poids de son chagrin.
La Dame s’occupait des rescapés, leur imposant les mains et tentant d’effacer l’horreur de leurs subconscients, car, pris dans le tourbillon des Esprits, ils avaient perdu tout contact avec le monde et restaient enfermés dans les tréfonds de leurs cerveaux hurlant silencieusement leur peur. Au bout d’un moment, elle s’éloigna, et croisa Buykoul : « Ils vont s’en sortir, hein ? - Je ne sais pas. Ils ont une énorme peur, et ils sont devenus un peu comme des… zombis. Mais j’ai peur que les Esprits, à défaut de les emmener devant Kôleth n’aient réussi à les… transformer. - Vous nous aviez dit qu’ils ne pouvaient pas ! Vous nous aviez dit que nos perles nous protègeraient ! - Oui, et c’est ce que je pensais. Mais apparamment, Kôleth a trouvé le moyen de nous atteindre tout de même malgré les colliers, et ceux-ci ne nous servent plus qu’à faire fuir les Esprits, ou les impressionner. - Alors ils sont fichus… - Non, je ne pense pas. Mais il faut me laisser travailler, autrement je ne pense pas pouvoir les ramener à nous. »
Et la nuit se passa ainsi, la Dame veillant les malades, leur imposant les mains, écoutant silencieusement leur peur, et parfois se peignait sur son visage une expression d’immense compassion et de réconfort. Parfois, l’un d’eux s’agitait énormément, alors elle posait ses fraîches mains sur ses yeux, murmurait quelques mots, sur un ton rassurant, et l’autre se calmait. Dès que le ciel se fit moins noir (car on ne peut pas dire que l’aube pointa), la Dame demanda à parler au Seigneur : « Il faut que vous m’aidiez. Je n’y arrive pas toute seule. Ils ont moins peur, maintenant, mais ils ne veulent toujours pas revenir. Ils ne veulent pas les revoir. La douceur n’y fait rien, leur dévotion pour leur peuple encore moins. J’ai senti le mal germer dans leurs propos devenus égoïstes. - Mais que voulez-vous que je fasse ? Je n’y peux pas plus que vous ! - Si, vous pouvez, et vous le savez bien. Il faut maintenant réveler toute l’étendue de vos pouvoirs, les miens ne suffisent plus. - Vous savez bien ce que cela va entraîner ! Nous risquons de nous faire prendre ! Kôleth me repèrera à peine aurais-je commencé ! Et elle me croit mort, ce serait vraiment de l’imprudence… - Tout comme ce serait de la pure cruauté de laisser ces soldats devenir ses serviteurs ! Ils connaissent notre destination et nos projets ! Bien mieux que Kôleth… »
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8.
Mais qui est donc le Seigneur Gwynein?
(par
Babycakes, ajouté le 17/08/02 22:02)
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| Le lendemain matin, Le Seigneur convoqua tous les soldats, et tous comprirent, d'après la gravité de son visage et de celui de la dame que le temps pressait et que quelque chose d'énore se préparait. Aussi s'éxécutèrent-ils tous rapidement et un cercle attentif put bientôt retenir les paroles de Gwynein:
" Tous, ici, vous pensez tous que la Dame Fynange est puissante, et que ses pouvoirs sont immenses. Vois avez raison. Vous pensez que ses pouvoirs peuvent protéger votre vie, et c'est encore vrai. Vous pensez qu'Elle est la personne la plus puissante qui existe parmi les Elfes. C'est là que vous vous trompez. Il existe une personne bien plus puissante. C'est cette personne qui, bien des siècles auparavant a sauvé, avec l'aide des Hommes, notre Monde alors bien proche de devenir la proie des Esprits. Et c'est moi. Aujourd'hui, mes pouvoirs sont encore requis, afin d'aider la Dame à ramener parmi nous ces soldats égarés dans les ombres. Malheureusement pour nous, Kôleth se doute que je suis dans cette dimension, même si elle ne m'a pas encore découvert. Utiliser mon pouvoir lui permettra de nous localiser précisément, et peut-être mènera-t-elle alors une attaque en puissance pour nous décimer, vous tous, mais surtout moi, car elle n'a jamais admit sa défaite envers l'Ultime Alliance dont moi et un puissant roi des Hommes étions les représentants. je veux que vous soyez au courant, et je veux que vous soyez prêts. Il nous faudra abandonner la conquête de cette dimension, car nous avons sous-estimé la force de nos ennemis. Notre but sera à présent de retourner sur notre planète originelle et de refermer le portail, afin de protéger les Hommes, qui bientôt nous auront étouffés...
- Seigneur, interrompit un soldat, pourquoi nous doner tant de mal et nous assurer d'innombrables pertes pour refermer un portail alors que nous savons pertinament qu'ouvert ou fermé ce portail ne nous empêchera pas de disparaître! Pourquoi sauver des Homes quoi nous tuent à petit feu? - Ca suffit! reprit Gwynein. Je n'admettrai pas de tels propos au sein de mon armée! Personne, personne d'entre vous, même le plus vieux ne sait ce que les Hommes ont pu faire pour nous dans le passé! L'Elfe aime, et l'Elfe sauve l'Homme qui a un jour aimé l'Elfe, et s'il ne s'en rappelle plus, s'il ne sait plus que nous existons, nous ne devons pas pour autant, nous, les oublier... A présent, reposez-vous, car demain il nous faudra partir très tôt, et peut-être mourir. Acceptez tous cette idée, et n'oubliez jamais vos Perles d'Amour, ce seront peut-être elles qui vous sauveront!"
Sur ce, les soldats s'éparpillèrent, essayent difficilement d'avaler la pilule, d'admettre une vie sans lendemains. Balfamyn fut effondré par cette nouvelle. Il décida, malgré l'avertissement qui pesait sur lui d'aller trouver Flayelle, ne pouvant se résoudre à l'abandonner là à la veille de ce qui serait peut-être son dernier jour. Elle avait certainement eue les même pensées car à peine le vit-elle s'approcher qu'elle lui fit signe de ne pas parler, et le prit dans ses bras afin de l'emmener dans un coin quelque peu tranquille. La conversation qui suivit mérite bien d'être retranscrite dans un chapitre à part, et c'est pourquoi je vous la narrerai une autre fois. |
9.
La veille du grand jour
(par
Babycakes, ajouté le 18/08/02 12:06)
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| « Je suis tellement contente de te retrouver, mon angecoeur ! Je n’osais plus rien espérer, jusqu’à cette terrible annonce du Seigneur. Et alors, au risque de paraître égoïste et d’attirer la honte sur moi, j’en ai ressenti une telle joie, à l’idée que cette horreur inévitable nous rapprocherait de nouveau ! Mais malgré tout je te sens gêné et inquiet… Ne pense plus à cette malédiction, car il est à présent fort probable que la mort nous attend demain, même si je ne la recevrai pas de manière aussi horrible qu’il le sera prédit. - Oh, Flayelle ! C’est vrai qu’il est bon de te revoir, d’entendre à nouveau ta voix, mais tu ne peux me libérer de l’angoisse qui m’enserre à la pensée que nous vivons nos dernières heures… Et je sais que la mort ne nous attendra pas demain. Ni le Seigneur, ni la Dame ne l’ont dit, mais moi j’ai bien compris ce qui va se passer ! Les Esprits vont fondre sur nous, et ils vont nous transformer ainsi qu’ils ont tenté de le faire avec les soldats qui en ce moment même sont soigné par le Seigneur. Et c’est peut-être ainsi que l’Oracle se réalisera. Peut-être que l’un de ces ennemis me transformera en soldat du Mal, et peut-être qu’ainsi je te donnerai la Mort, l’esprit tout embrumé de paroles mauvaises ! - Non, c’est totalement impossible… Tu oublies sans cesse nos Perles ! Elles nous protègerons de ces monstres, elles sont tellement pleines d’amour ! Mais regarde ! Regarde comme elles brillent ! Elles rayonnent, ne te sens-tu pas pluis détendu et confiant à leur égard ? Balfamyn, n’as-tu jamais songé que le destin n’est pas tout tracé ? Et si les derniers évènements avaient brouillé la prédiction ? Cessons de vivre dans la crainte de l’avenir, je veux vivre mes dernières heures dans tes bras… Je ne veux pas te savoir tremblant sans que je sois là pour te rassurer ! - Tu as raison, totalement raison. Et je vais arrêter de me morfondre, profiter pleinement de l’immense cadeau que l’on m’a fait en te mettant sur ma route ! Mais l’heure aproche bientôt, il serait sage de prendre un peu de repos. Cette nuit, mon amour, tu dormiras dans mes bras, et demain nous seront tellement forts de ce bonheur que rien ne nous résistera. » Sur ces paroles tous deux s’allongèrent côte à côte et bientôt s’endormirent, un sourire léger aux lèvres.
Mais pendant ce temps, le Seigneur et la Dame utilisaient toute l’ampleur de leurs pouvoirs pour ramener les soldats égarés, et cet effort les épuisait, et surtout était comme une imense lumière qui indiquait au centimètre près leur position à Kôleth. Aussi, dès que les soldats furent sauvés ne prirent-ils pas une seconde de repos et alertèrent les troupes, afin que tous puissent se mettre en route rapidement, vers le portail. Mais Kôleth avait tout prévu, et des groupes d’esprits étaient éparpillés tout le long du chemin qu’ils avaient pris pour venir. N’ayant pas assez de temps pour déterminer un autre itinéraire, ils décidèrent de les affronter, un à un, jusqu’à la sortie…
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10.
La fin...
(par
Babycakes, ajouté le 17/07/03 09:49)
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| Les combats furent violents, et la porte paraissait inaccessible aux soldats démoralisés de voir leurs compagnons chuter un à un… La Dame craignait pour ses troupes, elle voyait bien qu’ils ne réagissaient plus vraiment, l’espoir qui les animait s’était ténu. Le couple seigneurial avait depuis longtemps abandonné l’idée de conquérir cette dimension. Il leur faudrait revenir à leur point de départ, et tout mettre en œuvre pour ramener le maximum de personnes.
De leur côté, Balfamyn et Flayelle faisaient du mieux qu’ils pouvaient pour se frayer un passage sans plus de risques… Mais Balfamyn sentait son esprit sombrer dans la folie, non pas qu’il ait eu une seconde peur de sombrer du côté de Kôleth et ses démons, il était certain que sa perle le protègerait, mais il ne supportait plus les cris effroyables et incessants de ses amis autour de lui quand ils se faisaient prendre dans un tourbillon grisâtre. La Dame avait été claire. Il leur fallait éliminer tous ceux qui avaient été touchés par les esprits. Ils n’avaient plus le temps de les sauver. Leur priorité absolue était de regagner cette ouverture maudite qu’ils avaient eu la folie d’ouvrir. Alors Balfamyn les éliminait. Sans regarder. Il ne pouvait supporter la vue de cet ami jadis si proche qui agonisait par sa faute. Il n’avait pas d’armes, alors il les projetait contre des rochers, où ils se fracassaient les os. Mais il ne regardait pas. Dès qu’il entendait le cri caractéristique, il éliminait l’esprit à l’aide de sa perle pour ensuite détruire celui ou celle qui quelques jours auparavant déjeunait à côté de lui. Dans sa folie, il avait depuis longtemps perdu de vu son angecœur. Il n’y pensait même plus, pressé qu’il était de rentrer et que tout s’arrête. Il était certain qu’elle n craignait rien, elle avait sa perle. Il restait peu de chemin avant la porte, et la rage et la folie de notre soldat redoublèrent. Il entendit un cri à sa droite, et sans réfléchir élimina l’esprit, et projeta la victime contre un rocher. C’est alors qu’il entendit la Dame hurle : « Balfamyn, non ! Qu’as-tu fait ?! » Il regarda. Il n’y avait pas eu d’esprit. La voix qu’il avait entendu crier était celle de Flayelle. Elle avait été attaquée par surprise par un soldat perverti, et avait crié pour demander de l’aide. Le monde alors tourbillonna devant les yeux de Balfamyn. L’Oracle. Il avait eu raison. Le destin s’était joué de lui… Il se précipita sur le corps inanimé qu’il avait tant de fois serré dans ses bras et se mit à hurler. Il hurla sa folie et sa rage. Il hurla sa colère contre le monde entier et contre lui-même. Il n’arrêtait plus de hurler. Fynange s’approcha doucement de lui, et le fit marcher quelque pas. Il ne lâchait plus le corps sans vie de son angecœur. Elle le força à relever la tête. Ils étaient devant la porte. « Nous avons réussi. Nous allons rentrer, et tu pourras te recueillir dans notre monde, celui que nous n’aurions jamais dû quitter. » Il leva des yeux vides sur elle, des yeux qui ne comprenaient pas. Ils n’avaient pas réussi. Derrière lui, bon nombre de soldats étaient encore en train de se battre pour défendre leurs vies. Elle comprit ce qu’il pensait. « Tu rentreras seul, car seul tu es arrivé au but. Le Seigneur et moi-même devons rester pour aider ces malheureux. Tu vas rentrer, et faire fermer cette porte. » Balfamyn eut un geste de négation. Il ne pouvait pas tous les laisser ici ! « Ecoute-moi, Balfamyn. Une fois la porte fermée, tu partiras à la recherche d’Hommes, qui viendront nous aider. Tu sais que peu sont capables de nous voir. Et ceux qui le peuvent ne sont pas toujours bons. Pars avec ton histoire prête à raconter et ta perle que tu chériras plus que jamais. Si un jour quequ’un voit ta perle, et croit à ton histoire, s’il possède l’âme noble qu’il faut pour cela, alors nous serons sauvés. L’Alliance pourra être reformée. Telle est ta mission, petit elfe soldat. Va, maintenant, enterrer ton aimée, et soulager ta peine. Ne nous oublies pas. » Il franchit la porte, Flayelle serrée contre son cœur. |
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