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Enteraz le maudit

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         
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1. "Je suis Enteraz le maudit, un Rôdeur qui recherche la paix.Car il y a en moi le pire fleau de ce monde..."
(par The Rux, ajouté le 27/04/03 12:30)





Des Orques...Encore!...Enteraz était poursuivi ou quoi!..Non, Ces Orques ne sont pas la pour lui, ils gardent...Un village!...Bizzare...Il faut vérifier ça...

Enteraz s'approcha de la porte de ce village.Elle était gardée par trois Orques, armés,et semblait de facture humaine.Il existe, en effet, des différences fondamentales entre les différentes races qui peuplent ce monde.Par exemple, les Elfes sont plus petits et plus frèles que les humains, mais vivent plus d'un millénaire et possèdent des dons innés pour la magie.Les Nains sont plus petits et plus charpentés que les autres races mais ont une certaine défiance de la magie et ne sont pas réputés pour leur intelligence.Les Petits-Hommes sont encore plus petits que les Nains, mais sont extremements habiles de leurs mains et possèdent une résistance innée à la magie.Chaque race possède son histoire, son caractère, son état d'esprit, son architecture, son dialecte, ses techniques, son artisanat...D'autres races existent dans ce monde et seront décrites plus tard, mais, pour finir, les Humains, les Elfes, les Nains et les Petits-Hommes sont appelés les races originelles.
Quand le Rôdeur entra dans le champ de vision des gardiens, ceux-ci conseillererent à Enteraz de "déguerpir".Une menace aussi vaine fit sourire l'humain.D'un geste ample, il fit voler sa longue cape verte usée, dévoilant ses armes, et sortit son épée à deux mains.Comprenant la manoeuvre, les Orques chargèrent.Enteraz était malheureusement trop doué pour une tactique aussi directe.Avec panache, il évita la charge du premier Orque et décolla la tête de la créature de ses épaules.Le second s'arreta et tenta autre chose : épée haute et bouclier pret, il estoca vers la tête du dangeureux étranger.Enteraz para d'un geste distrait et enfonça sa lame dans le coeur de l'infortuné .Le troisieme Orque, devant la vitesse avec laquelle ses deux compagnons avaient étés expédiés, fuya à toute jambe, loin du "Diable vert à l'épée à deux mains".Enteraz ouvrit la lourde porte en dissimulant un éclat de rire, et entra dans le village.
Enteraz fut étonné de ne rencontrer personne.En effet, le village était entierement désert.Les maisons, faites de rondins de bois, ressemblaient a des coquilles vides.Pour compléter le sinistre tableau, un léger vent charriant de la poussière volait et tourbillonait sur le sol de terre battue.Ce village fit couler une sueur froide le long du dos d'Enteraz...Non pas qu'il craigne un danger, il était habitué aux dangers, mais ce sentment de peur, qui devenait peu à peu une panique, était dû au fait d'arriver trop tard.........trop tard...Enteraz se laissa aller contre un mur, en proie au choas de ses pensées.Il détestait la mort....Pourtant l'aisance avec laquelle il la dispensait démentait cet état d'esprit, mais, Enteraz le maudit, Rôdeur apatride et légende vivante était tourmenté par la mort et les différents meurtres dont il se rendait coupable, même contre des Orques.Ce n'était pas le seul démon qui le tourmentait, et Enteraz avait l'âme la plus toturée qui put exister, mais le récit doit suivre son cours.
Le Rôdeur, plongé dans ses pensées, n'avait pas remarqués les gémisements étoufés et les raclements ténus qui retentaient tout autour de lui.Un enfant sortit d'une des maisons prétendument vides et cria :
-Un Grand !!!
A ce moment précis, une trentaine d'enfants de tous ages se précipiterent sur Enteraz, braillant et s'époumonant, comme si ils n'avaient pas vus d'adultes depuis longtemps.Après le choc de la surprise passé, les gamins qui se pressaient tous autour d'Enteraz le firent sourire.Pour encore plus jouer le jeu il dévoila ses armes, ce qui lui valut un instant de répit, mais lorsque la marmaille eut fini de contempler l'équpement du Rôdeur, ils reprirent leur cohue de plus belle.Se poussant et se bouculant, tous voulaient contempler de près l'étranger.Ils réussirent a faire tomber Enteraz, ce qui ne les dérangea absolument pas.Voir le célebre Enteraz le maudit vaincu par une troupe de gamins déchainés avait quelque chose d'assez amusant, mais celle qui semblait avoir quelque peu d'autorité réussit à écarter les gamins d'Enteraz et les fit s'asseoir en cercle autour de lui.Enteraz récupera la dague qu'on lui avait subtilisée, se releva et fit face à son sauveur.Il sagissait d'une jeune fille de treize ans, aux cheuveux noirs et aux yeux bleu cristal qui devait faire craquer les garçons de son age :
-Veuillez les excuser, noble seigneur, nous...comencea-t-elle
-Enteraz, rectifia celui-ci
-Excusez-moi...
Elle rougit.
-...Oui...Il...Je...euh...Nous n'avont pas vu d'adultes depuis longtemps et...
-Tu sais où ils sont ?demanda le Rôdeur
-Euh...On s'est réveillés, il y a trois semaines et...ils n'étaient plus là...
Elle tenta, sans succes, de retenir ses larmes.Enteraz, plein de tact ne lui posa plus de questions et secha les larmes de la fille.Par le fer et par l'honneur, il adorait les enfants !

En à peine une heure, Enteraz était connu de tous.Lui aussi, d'ailleurs, commençait à savoir tout ce qu'il lui fallait connaitre.La jeune fille qui lui avait parlé s'appelait Cillia et avait pris le comandement dès la disparition des ainés.Car il n'y avait pas que les adultes qui avaient disparus : tout les habitants en age de travailler avaient disparus durant cette fameuse nuit.Hommes et femmes de 14 à 60 ans, et même les vieillards, avaient étés emenés, Enteraz en avait la certitude.On ne trompe pas facilement un homme de sa trempe, encore moins un Rôdeur...

Le soir venu, Enteraz fit un feu dans la plus grande maison du village et toute la marmaille, sur autorisation spéciale de Cillia, s'invita.Les conversations allaient bon train, souvent des discussions de gamins, mais certains, avisant Enteraz qui restait assis au coin du feu, lui demenderent de leur conter ses aventures.Certains enfants ont un sixiemme sens pour reperer les histoires interressantes.Enteraz était pris au dépourvu : il n'allait pas raconter a ces enfants toutes les aventures qu'il avait vécu ! Ils feraient sans doute des cauchemars...Cependant, il décida de romancer l'une de ses aventures.Il se lança dans son récit, racontant comment, dans la tour d'un sorcier maléfique, il avait déjoué tout les gardiens et avait fait fuir le sorcier qui terrorisait la région.Il "omit" de mentioner sa parentée avec ce sorcier, et raconta son histoire sans orgueil car il savait qu'il mentait sur toutes les horreurs qui avaient jaloné cette aventure.Tout à coup, en plein récit, Enteraz s'arreta...Il n'en pouvait plus de mentir...De cacher derriere de hauts faits d'armes les meurtres dont il était coupable...Les enfants le laisserent là, la tête entre les mains, en ésperant que le Grand terminerait son récit laissé en suspend.Ils avaient comprisqu'Enteraz était plus compliqué que les gens auxquels ils étaient accoutumés, mais avant de partir l'un d'eux demenda :
-Eh, le Grand : Pourquoi tu as l'air d'un tigre enfermé dans un homme, que tu est aussi gentil qu'un maître d'école, mais que tu as les yeux d'un papi triste ?
Enteraz leva ses yeux pleins de larmes, fixa l'enfant et sourit.Celui-ci partit rejoindre ses amis qui attendaient son récit avec impacience.Le sentiment d'Enteraz était indéfinissable : il avait l'impression que la seule personne à l'avoir vraiement compris était ce petit garçon, et qu'un adulte n'aurait jamais put dresser portrait plus fidèle de lui-même.Que ce petit garçon se dira qu'Enteraz était un grand héros jusqu'à ce que Dolphian vienne et lui aprenne la vérité...Il maudira Enteraz encore plus que ce qu'il n'était déjà et tout ce qu'il aura fait n'aura servit absolument à rien...Que la haine des autres guidait son existence...Que...

Cillia envoya les gamins se coucher et inspecta une derniere fois la salle.Elle trouva Enteraz recroquevillé, à genoux devant le feu, le tête entre les mains.Elle s'approcha subreptissement du Rôdeur...Il pleurait...Cillia ce demenda ce qui pouvait faire pleurer un homme de son envergure...Peut être un amour déchu...Ou bien peut être une peur ancienne et refoulée..Ou alors...
-DOLPHIAN !!! hurla le Rôdeur, Tu n'approchera pas de ce village.Je jure, par le fer et par l'honneur, que je t'aurais.....
Il était essouflé, comme après une très longue course, et menaçait de s'évanouir à tout instant.Il résista et se lança dans un fauteuil.
-Euh...Excusez moi...Qui est Dolphian ?demenda Cillia au bout d'un moment.
Elle avait peur d'Enteraz, tellement l'aura de puissance qu'il dégageait était palpable.On aurait dit un grand félin, voyant un rival dans le feu qui crépitait allègrement.
-Dolphian est mon frère, dit sombrement Enteraz, le plus grand sorcier de l'hémishère nord et le maître de la Guilde des Mages Ecarlates.Et un de ses dicsiples a enlevé toutes les personnes en age de travailler de ton village, j'en suis sûr...
Et Enteraz passa le reste de la nuit à raconter sa vie à Cillia, sans rien omettre...

Le lendemain, Enteraz partit à la recherche de la tour de ce sorcier, car tous les sorciers ont une tour, c'est bien connu, et laissa le village aux bons soins de Cillia.Il devait retrouver cette tour, il devait porter le prochain coup dans la partie d'echecs qui l'opposait à Dolphian depuis plus de quatre ans.Enteraz le maudit partait en chasse...que tremble Dolphian le rouge !



2. "J'ai juré de défendre ceux qui le méritent."
(par The Rux, ajouté le 18/05/03 18:53)




Il ne fallut pas longtemps à Enteraz pour trouver la tour.Il lui avait suffit de suivre les patrouilles d'Orques, étonnament organisés pour une race aussi idiote.Cela confirma les soupçons d'Enteraz sur un sorcier de la Guilde Ecarlate : Aucun autre sorcier n' aurait choisi des Orques comme force de frappe.Celui -ci devait également retenir en otage les humains, c'était aussi dans les manières de la Guilde Ecarlate, pour travailler sur un projet que des Orques ne pouvaient pas faire...Mais quel projet ? Enteraz se promit de le découvrir...Se fondant dans la broussaille environnant la tour, le Rôdeur observa la construction : Une tour de vingt mètres de haut, faite en pierre noire, probablement de l'onyx, qui était sculptée de façon bizzare, de sortes de plaques d'onyx disposées comme...un morceau d'armure ! C'était un gigantesque avant-bras, planté dans le sol ! Enteraz avait déjà sa petite idée quant à la nature de ce bras : un Golem, un gigantesque Golem...

La jeune magicienne avançait péniblement dans la neige.Ses gardiens autour d'elle, elle traversait les Aursianes, une chaine de montagnes de l'hémishère nord particulierement froide et enneigée.Elle était là, pestant contre les éléments, car elle avait choisi, plutôt que de passer les dix prochaines années le nez collé à un livre de magie, de parcourir le monde pour approfondir sa connaissance de la magie, en suivant des lieux de pélerinage bien précis.Ses parents, chefs de la Maison d'Alient, de la plus haute noblesse qui soit, n'avaient pas accepté de gaité de coeur que leur unique fille risque sa vie sur les routes, et ils lui avaient imposé une escorte composée d'aventuriers plus ou moins cheveronnés, tous amis de la Maison d'Alient.
Malgré le froid qui l'envahissait, la magicienne restait confiante : ils attendraient bientôt le petit village où résidait une de ses vieilles amies, Cillia...

Enteraz pénetra facilement dans la tour, les Orques gardiens étant trop occupés à se disputer sur la façon de manger leur gibier.La bétise de ses créatures fit sourire le Rôdeur : Ils voulaient manger un oeuf de Phénix Mordoré, la race la plus courante, et n'avaient pas compris que, de cet oeuf, naitrait un oiseau capable de les transformer en charbon de bois...en charbon d'Orques plutot.Il passa la porte d'entrée, ignorant les cris des Orques, carbonisés, et s'engouffra dans le couloir qui se tenait devant lui.A peine avait-il fait quelques pas qu'un déclic retentit...Un piege ! ..Enteraz sauta en arrière, évitant la dizaine de dards empoisonnés qui mitraillèrent l'endroit où il se trouvait une seconde plus tôt.Le Rôdeur se promit de faire plus attention la prochaine fois.Il parcourut quelques metres avant d'entendre un énorme grondement qui se rapprocha peu à peu de lui.Il se retourna et découvrit...Une énorme bille d'acier, de cinq mètres de diamètre qui roulait vers lui à toute allure ! Lui qui devait faire plus attention...N'importe qui à sa place aurait déguerpit sans demander son reste, et c'est exactement ce que fit le Rôdeur.Enteraz courut sur une dizaine de metres et comprit que la sphere mortelle allait l'écraser.Changeant de tactique il sortit son épée et l'enfonça dans le plafond, traversant l'onyx comme du beurre, puis se pendit a la garde de son arme, usant de ses bras pour passer au dessus de son énorme poursuivant.Une fois le danger passé, il sauta à terre, recupera son arme et bénit les créateurs de sa lame.Son arme avait en effet étée forgée par les Nains de la citadelle d'Orkill, la plus reconnue en matière d'armes enchantées, pour leur avoir rendu le plus grand des services : il avait sauvé, avec l'aide d'un de ses rares amis, toute la citadelle d'un démon majeur.Celle-ci avait été crée exprès pour lui après son exploit, et les Nains avaient mélé l'aura du Rôdeur avec celle de son arme.Ils l'avaient aussi rendue indestructible.L'équipement du Rôdeur comprenait, en plus de son épée, un pantalon et des bottes de voyage noires et usées, une cotte de mailles elfique à demi cachée par un gilet fermé, et une longue cape de voyage portant les traces de nombreuses aventures.Chacuns de ses vetements étaient d'un vert plus ou moins foncé.Il portait aussi deux ceintures de cuir noir croisées, l'une portant une sacoche du même cuir, l'autre le foureau de son arme.Une attache d'argent retenait sa cape, et il portait un anneau noir sur la main gauche.Cet anneau lui offrait une certaine résistance à toute attaque d'origine magique, et était d'une extreme rareté, en raison de la dificulté de son élaboration.
Le Rôdeur continua le couloir en rasant les murs, et découvrit la bille qui avait faillit l'écraser fichée dans un mur abimé par ses trops fréquents passages.Un autre couloir se trouvait sur sa gauche.Enteraz s'y engoufra prudemment, redoutant les mauvaises surprises...

L'elfe ouvrait la marche.Il était rare de trouver un elfe paladin aux ordres d'Heafaas, dieu de la justice, avec son armure blanche caracteristque.Il était encore plus rare de trouver un elfe aux cheuveux bruns coupés courts et aux yeux d'un marron extrèmement foncé.Mais cet elfe-là regroupait toutes ces bizzareries.Il avait quand-même la grâce et les autres caractéristques physiques de son peuple.Un puissant barbare d'au moins un metre quatre-vingt-dix le suivait.Des cheuveux chatains descendants sur ses épaules, encadraient un beau visage aux yeux gris.Sur son bras droit étaient gravés les tatouages tribaux de la tribu barbare nodique des Chasseurs de Gloire, une tribu reconnue pour la valeur de ses guerriers.Suivait la magicienne dont nous avons parlé precedement.Venait après une jeune fille, clerc du Panthéon, c'est à dire de tous les dieux du Bien.Les cheuveux d'un noir bleuté et des yeux d'un bleu profond, on aurait dit une enfant ayant grandi trop vite.Elle arborait le sceau de la Maison d'Alient, et était cousine de la magicienne.Un Petit-Homme et un Nain fermaient la marche.Le Petit-Homme avait des cheuveux et des yeux noirs.Son visage semblait toujours de bonne humeur.Un voleur à l'humour aussi tranchant qu'une lame.Le Nain, lui, avait toujours une humeur exécrable.On voyait en lui un guerrier discipliné, mais il témoignait quand même une certaine noblesse d'âme peu courante chez ceux de sa race, qu'il faisait passer pour du sens tactque.Un peu plus loin suivait un autre paladin.Une humaine cette fois-ci.Son armure grise temoignait de son attachement pour aucun dieu.Des cheuveux rouges vifs et des yeux vert pâles d'une tristesse insondable la caracterisait.Tous ces aventuriers constituaient les gardes de la magicienne.

Enteraz approchait peu à peu du sommet de la tour.Elle semblait uniquement constituée de couloirs, quelques fois montants, d'autres fois descendants, certains comme des gouffres, d'autres raides et droits.Ils s'entrecroisaient comme des reseaux de vaisseaux sanguins.Plus aucun doute n'était possible : Enteraz etait sûr d'être à l'interieur d'un Golem, un être entièrement fait de pierre et de magie, obéissant aveuglément à son créateur.Et il se trouvait dans le bras du plus puissant Golem existant : le Golem d'onyx majeur.Un monstre de cinq cent metres, quasiment invicible.Une forteresse imprenable et mobile.Il pouvait détruire son avant-bras, donnant ainsi un formidable coup de poing à Dolphian et à sa guilde.Il n'allait pas se gêner !
Entrant dans une salle remplie d'échafaudages où des humains, probablement les adultes du village de Cillia, travaillaient à la taille des tunnels et des couloirs.Il questionna discrètement un travailleur qui le lui confirma...

Glargl, chef de la tribu d'Orques controlée par le sorcier, et l'un des principaux associés de la Guilde Ecarlate.Un Orque plus grand que la plupart de ses congénères, et remarquablement plus idiot."Moi, au moins, pensait-il, je sais comment calculer deux plus deux...Mais je ne me souvient jamais ce que représente vingt-deux...Enfin bref !". Le sorcier qu'il servait avait repéré un intrus dans la zone des travaux, et lui avait donné la mission de l'intercepter.Fort du soutient magique de son "maître", il s'avançait dans la pièce ou les esclaves taillaient les "veines" du projet.Sa puissance musculaire, ses capacités occultes et oculaires, et la portée de ses coups étaient ameliorés par magie, mais le reste était toujours Glargl, l'Orque le plus idiot de sa race, mais le chef de la tribu la plus puissante de ces créatures...On ne se dérobe pas aux liens du sang.
Il repera facilement l'intrus, caché dans les ombres des échafaudages, mais n'aurait jamais réussit sans soutient magique.Il fut étonné de reconnaitre Enteraz le maudit, et se souvint des innombrables défaites que le Rôdeur lui avait infligé.Il pensait que, cette fois-ci, la magie ferait la différence...Grave erreur ! Il engagea le combat d'un mouvement de taille, latéral, visant la tête de son adversaire.Le Rôdeur para la lame de son adversaire, mais fut ébranlé par la force de celui-ci.Le choc se répercuta dans tous ses membres, faisant resonner sa lame.L'Orque, profitant de l'effet de son coup précédant, tenta un coup vicieux, visant une nouvelle fois la tête de son adversaire.Enteraz esquiva.Sa manoeuvre reçut un demi-succes : Il évita de se faire embrocher, mais l'épée de son adversaire cloua sa cape au mur.L'Orque crut la victoire enfin sienne.Mais Enteraz défit prestement l'attache d'argent qui retenait sa cape, passa derrière Glargl et l'assoma du plat de la lame :
- Glargl, on ne frappe pas son adversaire quand il est acculé, on pare d'abord sa contre-attaque...Imbécile !
Le Rôdeur recupera sa cape, et sourit légerement en voyant le trou fait par Glargl.Encore du racomodage...Ca ne finira donc jamais ! Il la remit prestement et sortit de la pièce, à la recherche du sorcier...

Enfin seul.......
-Maître Dolphian !
Mais c'est pas possible......
-Qu'y a-t-il ?
-C'est à cause de l'avant-bras du Golem, il....
-Laisse moi deviner, tu es entré dans mes appartements alors que personne ne devait me déranger, tu as bravé la mort quasiment certaine qui t'attend...Enteraz y est entré, hein ?
-Exactement, maître Dolphian.aquieça le messager.
-Bien...tu n'en as parlé à personne ?s'enquit le frère ainé d'Enteraz.
-Non, maître.
-Tu peux disposer...Non attend...
Il chuchota un mot de pouvoir.Son poing gauche rougeoya.Il eut une fausse grimace de désespoir :
-Cette information ne doit pas franchir cette porte, désolé....
Un torrent de flammes jallit de son poing brillant, transformant le messager en un tas de cendre.Il épousseta sa robe de mage...rouge, la robe.
"Ainsi, cet idiot d'Enteraz à décidé de se battre...Il devient de plus en plus gènant...Je crois que je vais briser les liens du sang si il continue..."
Dolphian le Rouge, Maître des Arcanes, Seigneur de la Guilde Ecalate, éclata de rire.Enteraz avait l'initiative, mais il n'avait pas vu ses deux tours.Le prochain coup serait en sa faveur...

Après quelques couloirs, Enteraz se retrouva dans la dernière salle de la tour.Une pièce grande et ronde uniquement éclairée en son centre, et dont les murs semblaient couverts de statue, faites du même onyx que les murs.Un trône ouvragé, lui aussi en onyx, prenait place au milieu de cette salle, et dans ce trône...dans ce trône se tenait un Sorcier décharné, au crane chauve et au bouc roux.Ce Sorcier tenait nonchalemment un sceptre.
Les sceptres et les bâtons n'ont jamais étés obligatoires dans la pratique de la magie, mais ils servaient de catalyseurs aux mages et aux sorciers inexpérimentés.La différence entre les mages et les sorciers est simple : Un Mage possède un potentiel puissant, mais doit incanter plus ou moins longtemps pour faire appel à ses pouvoirs, alors qu'un Sorcier possède un répertoire moins vaste et moins puissant, mais peut utiliser ses sorts instantanement.Reprenons le récit.
-Enteraz le Maudit...
-Tu as l'avantage sur moi, je ne sais rien de toi...
-Tu n'en auras pas besoin.....Je me nomme Tarckle, humble serviteur de Dolphian le Rouge, et mon maître m'a donné l'insigne honneur de te détruire
-Tu t'es fait avoir..répondit simplement le Rôdeur.Dolphian sait que je vais te vaincre...tu es condamné face à moi.
Il sortit son arme lentement.
-Moi seul...Je ne vaincrait surement pas....Mais avec de l'aide...
Tarckle leva son sceptre, et un rayon de lumière bleue frappa deux des statues qui entouraient la salle.Ces statues s'animerent.A l'image de puissants guerrier, les muscles saillants, et une épée à deux mains biscornue entre leurs mains noires, Ils avancèrent d'un air menaçant vers le Rôdeur.Des Golems d'Onyx mineurs, des êtres puissants et infatigables, mais vulnérables à la magie sous toutes ses formes.Et Enteraz, ne maîtrisant pas "l'Art secret", savait qu'il n'avait aucune chance.Lorsque ces deux guerriers le prirent en tenailles, le Rôdeur n'eut d'autre choix que de se battre.Pourtant, il savait que ce combat était perdu d'avance, mais plutot mourir en combatant, ça fait plus classe....Un premier coup du Golem de gauche.Enteraz le pare et contre-ataque.Son épée, bien que d'origine magique, ne peut rien face à ces monstres.Il pare en tierce deux coup de tranche, verticaux, et en pare un autre en quarte.Soudain, un éclair magique le frappe.Son anneau le protège en partie, mais le plus frappant, c'est le sort en lui même."Ce Tarckle va faire une grosse bétise, et je vais l'y aider."pense le Rôdeur.Il pivote sur lui même, et tourne derrière ses adversaires, il esquive et feinte.Son but : exposer son dos au Sorcier.Il y parvint d'une parade classieuse :
- Je ne te ratetrais pas, le Maudit.exulte Tarckle en concentrant ses éclairs
-Vas-y ! grogne Enteraz entre ses dents.
Le Sorcier lance enfin son sort.Enteraz se propulse à terre , évitant les collones de foudres, qui frappent les Golems, les transformant en tas d'onyx grillé :
-Non ! hurle Tarckle, la tête entre les mains, C'est impossible !
-Je t'avais prévenu.dit simplement Enteraz.
-Meurs !
Le Sorcier lance gauchement un éclair.Enteraz l'esquive et frappe le Sorcier au niveau de la nuque, l'entamant sérieusement.Il ne survit pas au choc.Enteraz sort de la pièce.

Dans un étage superieur de la tour, Enteraz avisa un Orque :
-J'ai tué ton maître et vaincu ton chef, tu vas faire ce que je te dis, compris ? demanda Enteraz, menaçant l'Orque d'une dague.
-O...Oui...répondit celui-ci, apeuré.
-Libère les humains et dis leurs qu'ils sont libres...
-A vos ordres...
L'Orque détala à toute vitesse, executant la tache d'Enteraz.

Les humains du village rentrèrent chez eux, bénissant Enteraz le Maudit, qui n'a croisé leurs routes que peu de temps, mais assez pour leur sauver la vie.Finalement, les rumeur mentent souvent.Enteraz n'a jamais été l'assassin sanguinaire que présentaient ces rumeurs.Enteraz était un héros...


3. "III"
(par The Rux, ajouté le 02/06/03 20:50)



"Je n'ai jamais été un héros.Juste un homme poussé par son destin.Ce que l'histoire a retenu de moi ne me correspond pas."



Stalker avançait toujours à l'avant- garde.Paladin elfe, et detenteur des pouvoirs de sa race, il reperait immédiatement le danger.Il faisait partie de la garde d'une Magicienne, une noble, que ses parent avaient crue trop faible pour voyager seule.Elle devait le supporter, lui, et cinq autres gardiens, alors qu'elle maitrisait des pouvoirs énormes...Bref, Stalker ne voulait pas être là.Il arrèta de ruminer quand un Orque déboula entre lui et le reste du groupe.Il semblait plus grand que la plupart des Orques que l'elfe avait rencontré, et avait un regard particulèrement idiot..Vous avez reconnu Glargl, j'espère ! Le premier mouvement d'Horthegar, un grand barbare, portant des tatouages tribaux sur l'épaule, fut de se lancer sur lui, hallebarde brandie.Il faut dire qu'il utilisait plus ses muscles que sa tête....Kicica, une paladin aux yeux verts et aux cheuveux rouges, et Krieg, un nain guerrier à la barbe grise, eurent toutes les peines du monde à le retenir...
Petit aparté sur les Orques : Un Orque est une créature d'à peu près un mètre soixante à la peau noire et verdâtre.On dit qu'ils sont aparentés aux elfes, mais cette théorie est beaucoup contestée, surtout par les elfes eux même. "On a pas une chose comme-ça dans la famille".Les Orques ne sont pas des créatures idiotes, mais leur destinée est de se battre au service des autres races.Leur aparence répugnante les cataloguent directement dans le camp des "monstres", et ils sont pour cela très apréciés des forces du Mal.Après des années de collaboration, les Orques ne se battent quasiment plus pour le Bien.Ils ne sont par contre pas très évolués et sont prèts à tout pour apprendre.Le grand rêve de la comunauté Orque serait de devenir une des races originelles.Ils en ont le droit, car ils étaient là avant même les humains, mais les autres races le leur refuse...
L'Orque fixa l'elfe dans les yeux.Acculé, il n'esquissa aucun mouvements brusque.Le groupe forma bientôt un cercle autour de la créatutre.Stalker voulut parler, mais la Magicienne l'en empecha.Elle prit la parole :
-Je suis Sofia d'Alient, fille unique de Ranoff d'Alient, maître d'Alietere, et Magicienne aprentie.Qui êtes vous, et que faites vous sur cette route ?
Sofia....
-Je suis Glargl, chef Orque...laissez moi passer !
Toujours aussi diplomate, mon cher Glargl.....
-Nous ne voulons que...commencea Sofia.
-Bon écoute, saleté d'Orque, coupa Stalker, tu pars ou je te dessine un joli sourire sur la gorge.
Enfin quelqun qui parle correctement......
-Stalker, non ! fit Sofia, autoritaire.
-Je le savais, vous méchants !
Attention......
Glargl sortit un globe de ceramique blanche de la taille d'un poing, et le brisa sur le sol.Une épaisse fumée blanche s'en échappa, qui brouilla la vue de tous, même celle de l'elfe, et Glargl en profita pour s'echapper.
Des débutants.....
Alors qu'il courrait vers ses broussailles, Enteraz assoma l'Orque du plat de la lame sans même le regarder.Il le traina à couvert :
-Imbécile.....

Une journée s'était passée depuis que le groupe avait rencontré Glargl.Ils avaient essayé de le retrouver, mais sans succes.C'est comme si il s'était litteralement volatilisé.Apres une journée de recherche proposée par Krieg, le gerrier le plus aguerri, ils s'étaient tous rassemblés devant un feu de camp à la fin de cette journée.L'atmosphère était celle que l'on pouvait attendre de ce genre de soirée.Horthegar racontait les histoires des nombreuses battailles auxquelles il avait participé, écouté par Gaellia, Clerc du Panthéon et cousine de Sofia, qui était dans une admiration éperdue du grand barbare, pour ne pas dire plus.......Sofia, elle, qui connaissait chaqun de ces récits par coeur, à force de les avoir entendus, décida de tenir compagnie à Stalker, qui rêvait à l' écart, avec un air indefinissable.Elle dépassa Krieg et Kicica, qui dicutaient stratégie, et Seldan, occupé à polir son épée, et arriva enfin face à l'elfe.Elle réalisa qu'il ne rêvait pas, il avait en fait l'air tendu et aux auguets, se crispant au moindre bruit.Manquant d'habitude, elle ne savait pas comment l'aborder.Elle devait être chef, responsable de cette petite troupe, mais ce rôle n'était pas pour elle.La Magicienne préferait aider que commander.Elle tenta quand même une approche directe :
-Stalker, qu'est ce qui ne va pas ?
-Rien, Sofia, c'est juste que.....
Elle se souvint soudain qu'elle avait du se battre avec ses compagnons pour qu'ils ne l'appellent pas "maitresse".
-...C'est juste que, depuis qu'on à rencontré cet Orque, il y a quelque chose qui se déplace avec nous, mais qui prend ses distances....Je ne sais pas ce que c'est.....expliqua Stalker
-Tu ne peut pas repèrer cette chose par infra-vision ?
-"Ca" cache sa signature thermique.
-Donc, on ne sait pas où c'est, et ça peut nous attaquer à tout instant ?
-Exact...Mais il peut y avoir une autre alternative.....dit Stalker.
-Laquelle ? demenda Sofia, intriguée.
-Que celui-ci se découvre ! expliqua Enteraz en sortant des fourées
Stalker se leva, et dégaina d'un air menaçant.Enteraz n'esquissa pas un geste.Sofia fut impressioné par ce qu'elle voyait.Les ombres du feu cachaient le visage du Rôdeur mais elle adimira une stature noble, et un port d'un calme, presque bestial, qu'elle n'avait pas vu depuis longtemps....
De son coté, l'elfe s'interessait plus aux aptitudes geurrières du nouveau venu.Apres un premier coup d'oeil, il n'était pas sur de pouvoir le vaincre.Il avait l'air d'une panthère accroupie qui n'attendait qu'une faiblesse de sa part pour bondir....Ce n'était pas pour le rassurer :
-On peut savoir ce que vous faites ici ? demenda Stalker, armes brandies.
-J'erre en Egotie depuis longtemps, ce n'est pas interdit j'espère ? rétorqua Enteraz.
-Comment-as-tu appris à cacher ta signature thermique ?
-Est ce que je suis en territoire conquis ? Pour me poser autant de questions, il faudrait que ce soit au moins le cas.
-Je fais partie de la garde de Sofia d'Alient.... déclara Stalker, sceptique quant à ce "nouvel arrivant".
-Dans ce cas là, veuillez m'excuser.....commença sombrement Enteraz.
-Je sais qui tu es, s'exclama soudain Stalker, Tu es Enteraz le Maudit !
-Exact ! répondit l'interessé en dégainant.
A ce moment précis, les deux fines épées ouvragées de l'elfe entrerent dans une danse de mort avec l'épée à deux mains du Rôdeur.Attaquant, parant, feintant, estoquant à tour de rôle, on aurait dit deux danseurs plutot que deux adversaires.Sofia contemplait se duel comme une enfant passionnée de romans d'aventures face à ce genre de spectacle.Eût-elle étée plus instruite dans l'art du combat, elle aurait remarqué qu'Enteraz ne se fatiguait absolument pas, mais que Stalker s'épuisait.Normalement, ses épées, plus courtes que l'arme du Rôdeur, auraient dû lui donner l'avantage lors de ce genre de duel.Mais personne n'avait jamais vaincu Enteraz le Maudit à son art, personne ne l'y vaincrait jamais, et l'elfe le savait...
Le duel continua une heure durant.Tous les membres de la garde de Sofia étaient réveillés et observaient le duel.Même les combatants les plus puissants du groupe furent émerveillés par la grace du Rôdeur.Et chaqun était à peu près l'égal de Stalker, que le Rôdeur aurait déja pu tuer sans problème....Après une parade classieuse, le Rôdeur, voyant que l'elfe n'en pouvait plus, et sachant qu'il ne pourrait pas vaincre tous ces guerriers, décida d'abandoner et de se rendre.Il poussa Stalker du plat de la lame, et jeta son épée à terre :
-Je me rend....Il est inutile de faire couler le sang, déclara Enteraz d'un air sombre.Et il ajouta, pour lui-même : Il n'a que trop coulé aujourd'hui.....
Sofia, qui semblait se réveiller d'un long rêve, fut la première à réagir en lançant un sort d'immobilisation contre Enteraz :
-Immobilis !
Les volutes jaunes caractéristiques de ce sort s'échappèrent des mains de la Magicienne.Elles ensserèrent rapidement le Rôdeur, qui ne semblait absolument pas affecté par cet enchatement qui aurait normalement du l'empecher de bouger.Il balaya le sort comme il aurait balayé une abeille.Il commenta, sarcastique :
-Raté....
-Comment avez-vous fait ? demenda la Magicienne, éberluée.
-Grâce à ceci !
Il exhiba l'anneau noir qui ornait sa main.Un anneau des plus particulier :
-Un contre-magique ?! s'étonna la Magicienne.
-Le plus puissant qui existe....confirma Enteraz.
-Je croyais ces objets détruits depuis longtemps....
-Moi aussi, jusqu'à ce qu'on m'en offre un...
Après cette phrase, les compagnons de Sofia se postèrent en cercle autour du Rôdeur.Ne pouvant plus fuir, ce dernier décida de prouver sa bonne
foi : Il détacha sa cape, et sortit la vingtaine de dagues dispersée sur tout son atirail.Sofia prononça les dernières phrases de la soirée :
-Enteraz le Maudit, vous serez notre prisonier jusqu'a l'aube, où, là, l'on décidera de votre sort.N'oubliez pas que votre anneau contre-magique ne vous protège que des magies les plus simples, et je pense pouvoir vous neutraliser rapidement......Stalker, tu seras le premier de garde.Gaellia, donnes-lui deux couvertures.Et maintenant, tous au lit.
Tous se dirigèrent vers leur couche.Stalker lança une couverture au Rôdeur.Il le sentit en croisant son regard : leur duel n'était pas fini, loin de là.De sa couche, le grand barbare observait Enteraz avec une lueur meurtrière dans les yeux.
-Décidement......
Il s'allongea et s'endormit vite, en proie au maleström de ses pensées.Il ne savait pas qu'il venait de franchir le premier pas de la plus extraordinaire de toutes les légendes à son sujet.Enteraz le Maudit....


4. "IV"
(par The Rux, ajouté le 22/06/03 19:32)


“Ma rencontre avec Sofia d’Alient et son groupe a été pour moi une libération.La lame et la magie, les deux plus grandes puissances d’Aera réunies...”




Bruits de métal et grognements......Des grognements bizzares.....On dirait des Gobelins.....

Enteraz ouvrit un oeil.Formes floues et armées.....Trop de formes floues.Il ouvrit son second oeil.Des Gobelins ! Toujours se fier à la première impression.
De sa couche, le Rôdeur examina la situation.Le grand barbare était toujours endormi.Ils semblait que les autres membres du groupe étaient entre les mains des petits humanoïdes jaunes, chauves et très agressifs.Etant Rôdeur de profession, il conaissait à peu près les coutumes des Gobelins : Lors d’une capture, les combatants les plus aptes avaient une chance de se battre pour la survie du groupe.Sauf si ceux-ci sont des Nains....Les Gobelins nourrisent une haine ancestrale contre le peuple barbu.Estimant que le reste du groupe n’avait rien à craindre pour l’instant, il se leva et, feignant la surprise, il alla revéiller Hortegar :
-Il est temps de se réveiller, grand guerrier....sussura Enteraz
-Tiens, Enteraz le Maudit vient me revéiller.commenta pateusement une voix de baryton émergeant du tas de couvertures.
-Tu as l’initiative : je ne connais même pas ton nom.
-Très bien....L’homme qui te tueras se nomme Hortegar, fils d’Aesghar, je peux dormir maintenant ?
-Non.répondit sèchement Enteraz.
-Et pourquoi ? demanda Hortegar, ironique.
-Parce que le camp est entouré de Gobelins et que ceux-cis détiennent tous tes compagons.répliqua Enteraz.
Hortegar se leva d’un bon et trois arbalétriers le tinrent en joue.Il leva les mains en signe de soumission et se tourna vers Enteraz, qui souriait adossé à un arbre :
-Tu trouves ça drôle ? demanda le Barbare, exaspéré par cet encombrant Rôdeur.
-Oui, assez.répondit celui-ci.
Hortegar se calma.Enteraz apprendrait plus tard qu’il assistait à un moment unique.
-P...Pourquoi est-on encore en vie ?
-Ils veulent prouver qu’ils sont les plus fort.Ils ne toucheront pas à tes amis tant qu’ils ne nous auront pas vaincu en combat loyal.On a qu’à prendre nos armes et c’est l’hécatombe.
A propos de ces “amis”, Enteraz repensa à la Magicienne qui avait tenté de l’immobiliser la veille.Alors que d’autres, s’ils avaient eu le célèbre Enteraz le Maudit entre leur mains, n’auraient pas hésité à le tuer, elle l’avait épargné.Il avait une dette envers Sofia d’Alient, c’était clair.Et il allait la payer sur l’heure.....

Sofia c’était réveillée depuis longtemps.Dans une cage en métal, évidemment.Capturés par des Gobelins au beau milieu de la nuit, son groupe et elle s’étaient réveillés dans cette cage avec deux certitudes : ils risquaient de mourir ici tués par les Gobelins.....et il manquait Hortegar et Enteraz.
Si elle déplorait qu’Hortegar ne soit pas présent, elle était en revanche plus sceptique pour Enteraz : Il ne se serait pas laissé tuer aussi facilement.Du peu qu’elle avait vu dans les ombres de la veille, Enteraz avait rappelé son père à la Magicienne.C’était la première fois qu’elle rencontrait le Rôdeur, mais elle présentait qu’Enteraz n’était pas cette brute sanguinaire dont on parlait pour effrayer les enfants......Bien qu’il n’ait pas été très courtois envers une dame de son rang !

Les deux combattants jaugèrent la situation : Ils étaient dépourvus de protections et ils n’avaient qu’à empoigner leurs armes pour que commence un joyeux massacre.Comme pour les décider, le cercle de Gobelins qui les retenaient se rapprocha un peu plus.
-Tant qu’on y est.....gromela Enteraz pour lui même
Il lança un regard à Hortegar, qui comprit tout de suite cet appel guerrier.Il récupérèrent leurs armes : l’épée à deux mains d’Enteraz vola vers le Rôdeur, un autre de ses pouvoirs, tandis que celui-ci criait :
-Par le fer et par l’honneur !
Hortegar se précipita vers sa hallebarde, une arme splendide à la lame noire probablement magique, et scanda :
-Par le sang des ancêtres, rejoignez l’Hadès !
Ainsi le combat commença.Un combat très inégal.Jamais une cinquantaine de Gobelins ne vaincraient Enteraz le Maudit et Hortegar, fils d’Aesghar...Jamais.
Les Gobelins se ruèrent vers eux.Un chant de guerre aux lèvres, Hortegar faisait de grands arcs de cercle dans tous les sens.Difficile de manier autrement une arme de la taille d’une hallebarde.Enteraz, lui, réfléchissait un peu plus dans ses combats.Décaptitant un Gobelin, il envoya le reste du corps de celui-ci d’un coup de pied dans les pattes de ses camarades, les entravant dans leur course.Il profitait aussi de la petite taille de ces créatures pour leur marcher dessus et exécuter des cascades qui feraient pâlir le meilleur des acrobates.Hortegar tranchait indifféremment armes et Gobelins, tant il était occupé à se rappeler des paroles de son chant.Il n’en restait pas moins un excellent combattant, parant quand il le fallait et comme il pouvait .Pour information, il était rare de voir un barbare parer et chanter en même temps.Trop rare.D’une pirouette gracieuse, Enteraz évita un javelot gauchement lancé et atterrit à coté d’Hortegar.Ils se mirent dos à dos :
-Pratique comme exercice matinal ! commenta Enteraz en privant un Gobelin de son torse.
-Moi qui voulait dormir.....répondit Hortegar, pathétique, tandis que son arme donnait le privilège de dormir éternellement à une dizaine de Gobelins.
Alors que les premiers Gobelins avaient déjà étés envoyés ad patres il en venait à chaque fois une cinquantaine d’autes.Sachant que la tribu que les deux rivaux combattaient comptait deux-milles âmes......Ils n’avaient pas encore fini !

-Pyro Sphairan !
La boule de feu qui sortit des mains de Sofia alla s’écraser contre les barreaux de la cage avec un bruit de succion.”Ce n’est pas normal, pensa-t-elle, mon sort aurait du détruire les barreaux.....A moins que.....”
Elle lança un sort de détection des sortilèges :
-Reveleo Aspell Sydaïn Tensian !
Alors apparut, autour de la cage qui retenait le groupe, un champ bleu translucide.Sofia comprit soudain : “Un absorbeur élémentaire ! Pourquoi n’y ai-je pas pensé plus tôt ! ......Malheureusement, je ne peux pas le percer.....”
Elle n’avait plus qu’à attendre qu’Enteraz vienne et les libèrent, elle et le reste du groupe.Elle était sûre qu’il viendrait les aider......Elle devait le croire......Enteraz le Maudit, l’homme le plus haï de tout Aera, était son seul espoir....Elle devait le croire.......Ou mourir......
-Sofia, qu’est-ce que c’est ? demanda quelqu’un.
La question venait de Gaellia, sa cousine clerc, et sa meilleure amie.Elle avait du se battre contre ses parents pour pouvoir accompagner Sofia.Comme quoi, chez les d’Alient, le conflit parental est inscrit dans les gènes des enfants.
-Un absorbeur élémentaire....Un sort qui aspire toute magie élémentale.....
-Et tu ne connais que des sorts élémentaux, c’est ça ?
-Ouais.....
Les deux cousines se regardèrent, et éclatèrent de rire.A la grande surprise de tous leurs compagnons, qui se demendaient ce qu’il y avait de si drôle à être enfermé dans une cage, désarmés, et à attendre sagement de se faire réduire en morceaux.......
Si les deux nobles riaient, c’était d’une farce qu’elles seules pouvaient comprendre : Étant d’origine aristocratique, on ne pouvait leur pardonner aucune erreur de language.Or elles prenaient un malin plaisir à parler “comme tout le monde”........

Quelques Gobelins plus tard, Hortegar et Enteraz étaient toujours là, à ferrailler, et à réduire peu à peu les effectifs Gobelins.Mais, en fait, ils en avaient marre.Leurs adversaires étaient trop faibles, trop lents, trop inexpérimentés.Hortegar eu une idée tandis qu’il faisait passer de vie à trépas une dizaine de ses adversaires d’un mouvement distrait.Rare de voir un barbare réfléchir.Hortegar était une exeption....Enfin, juste un peu.....
Profitant d’une accalmie, et de sa puissante voix il cria :
-Gobelins !
Effet d’une bourrasque sur un buisson.
-Ce massacre n’a que trop duré !
“Non ! Pas possible ! “se dit ironiquement le Rôdeur.
-Cessons le combat !
“Je rêve ! pensa Enteraz.Un barbare pacifique ! “
-Mais....
“Ah, ouf, j’ai eu peur.....”
-Envoyez moi le plus puissant d’entre vous pour combattre !
Les Gobelins chuchotèrent dans leur langue suraiguë pendant quelques instants.Enteraz s’imagina un Gobelin plus haut de cinq centimètres des autres faisant son entrée....et il se trompait ! Car, lorsque les Gobelins s’écartèrent pour laisser passer leur chef, apparut devant eux......un Gobelours ! Haut de deux mètres cinquante, la morphologie râblée des gobelinoïdes, un système pileux rivalisant avec une foret équatoriale et un air particulièrement ahuri, l’on ne pouvait le confondre avec aucune des autres races vivant sur Aera.Celui-ci portait une massue de bois qu’il fit tournoyer avec un grognement, en signe d’acceptation du défi d’Hortegar.Les deux opposants échangèrent un regard bestial, intuitif pour Hortegar, et instinctif pour le Gobelours.C’est ce qui différenciait l’homme de la bête, et qui ferait toute la différence dans ce duel.....

Sofia et les autres sentirent des tremblements : On déplaçait leur cage ! Sans doute Enteraz avait-il échoué....Non ! Elle ne mourrait pas ici, pas maintenant ! D’autres gens avaient besoin de son aide, elle ne pouvait pas les décevoir et mourir sur les routes ! Sofia d’Alient ne serait pas tuée entre les mains de Gobelins.Elle entraina Kreig, occupé à utiliser son répertoire d’insultes contre les Gobelins, avec elle, et tenta d’élaborer un plan d’évasion avec lui.Mais les Gobelins avaient déjà stoppés leur course, et le spectacle qui se déroulait devant ses yeux lui accapara soudain toute son attention.On ne les avait pas conduits à leur mort, mais à leur unique chance de salut : Hortegar, vivant et armé, était sur le point de livrer un duel avec un Gobelin poilu géant.Elle aperçu Enteraz adossé à un arbre, qui regardait la première phase du duel avec attention : les regards.Dans une bataille entres êtres intelligents, cette phase ne durait jamais plus de dix minutes, mais l’adversaire d’Hortegar était un animal, il lui fallait donc agir comme tel.Il fallait fixer son adversaire comme si son regard pouvait tuer aussi sûrement que son arme.......Tandis que Krieg lui expliquait ceci, Sofia se disait que personne d’autre qu’Hortegar ne pouvait réagir comme un animal.Il faut dire que , malgré une récente amitié, elle n’arrivait pas à apprécier le barbare un peu prétentieux et trop belliqueux.....Enteraz était il différent de cela ? Probablement non.......Dans ce cas là, il n’aurait plus aucun interet, si tenté qu’il n’en ait jamais eu.....

Les premiers coups furent échangés.Le Gobelours utilisant plus ses poings que sa massue, Hortegar avait du mal à trouver une parade efficace et sans danger pour son adversaire.En effet, il ne voulait pas le tuer.....Du moins pas tout de suite : Enteraz lui avait expliqué qu’il sagissait plus d’une démonstration de force du chef que d’un vrai combat, et que si le duel était trop vite expédié, tous les Gobelins se rassembleraient pour les tuer......Aucun héros ne pouvant survivre à une armée de mille cinq cents Gobelins face à lui !

Enteraz avisa le reste du groupe, enfermé dans sa cage.Après avoir expliqué à Hortegar pourquoi ne pas gagner tout de suite, il de dirigea vers eux :
-Voila des spécimens que je ne connais pas....souffla Enteraz près de la cage.
-Pourtant un Rôdeur est censé tout savoir de la nature, non ? lança Seldan, un Petit-Homme adepte de l’humour dans toutes ses formes, et de l’art des malandrins.
-Tu as toujours été une énigme pour moi, Seldan.répondit le Rôdeur avec un sourire féroce.
-Vous vous connaissez ? demanda Sofia, intriguée.
-Tout le monde fait des erreurs de jeunesse.........rétorqua Enteraz sans quitter le malandrin des yeux.
-Tu n’as pas l’air très vieux, pourtant.ironisa Stalker avec un rictus carnassier.
-Vingt ans......Mais j’ai l’impression d’avoir ton age.renvoya le Rôdeur, gardant son sourire.
-Deux cents cinquante deux , si tu veux savoir, l’humain.
-C’est bien ce que je disais, l’elfe.
“Comme si son regard pouvait tuer aussi sûrement que son arme”se rappela Sofia en voyant les deux antagonistes.Elle décida quand même d’intervenir :
-Bon, rangez les armes ! Enteraz, avez vous un moyen de détruire ces barreaux ?
-Alors, premièrement, on me tutoie, secondement, j’avais cru comprendre que vous étiez Magicienne.......
-Et alors ? demanda Sofia, qui commerçait à s’énerver.
-Alors que font ces barreaux encore debout ?
-Adresse toi plus courtoisement à elle ! enragea Kicica, en empoignant Enteraz à travers la cage.
-Je comprend que ton dieu te dise de détester les Rôdeurs, mais là, je suis ton seul espoir, alors.......
Elle le lâcha à contrecoeur.Enteraz reprit :
-Donc les barreaux ?
-Un champ empêche Sofia de les détruire, c’est un.......tenta d’expliquer Gaellia, prenant part à la conversation.
-Un absorbeur élémentaire.termina le Rôdeur
Sofia, éberluée, demanda d’où venait un tel savoir à un homme tel que lui.Question à laquelle il ne répondit pas.Il sortit son épée et demanda à tous de reculer.D’un coup sec, il sectionna les barreaux de la cage, et tous purent sortir.Ils récupérèrent leurs effets dans le campement Gobelin, ceux-cis étant trop occupés à regarder Hortegar s’amuser avec leur chef.Enteraz fit un signe au barbare pour lui signifier qu’il pouvait y aller.Celui-ci ne se le fit pas dire deux fois, et acheva l’affrontement avec un coup précis et stylé, faisant perdre sa tête à l‘infortuné Gobelours.La stupeur des spectateurs lui permit une retraite facile vers le groupe.Enteraz et le groupe partaient déjà en courant, le Rôdeur envoyant quelques flèches d’un arc court qu’il sortit de la sacoche au niveau de sa ceinture.Courant à l’arrière, il ralentissait les premiers poursuivants de quelques flèches bien ajustées.
Ils distancèrent ainsi les Gobelins, mais, avant de les semer, un shaman des êtres jaunes lança une flèche verte, anormalement brillante, qui suivit le groupe et s’enfonça.............. en plein dans le bras du Rôdeur, qui tressaillit de douleur quand le poison commençait à s’insinuer dans ses veines.Un poison mortel, il le savait.......Enfin.......Enfin c’est fini......Enteraz le Maudit n’est plus !
Il s’effondra et Hortegar dut le porter jusqu’en lieu sûr.Il aurait préféré l’abandonner, mais Sofia en avait décidé autrement.Dommage........


5. "V"
(par The Rux, ajouté le 02/07/03 20:29)


“Aucun être n’a plus souffert que moi.J’étais, tantôt un monstre sanguinaire, tantôt un Rôdeur voué au Bien......Même si j’en doutait moi même.”




Cillia vit un autre homme entrer dans le village.Celui-là devait avoir vingt ans, mais semblait courbé sous le poids de l’age.Grand, élancé même, il portait un long manteau blanc portant les traces de longues pérégrinations, et un grand chapeau brun à large bords, qui avait du être pointu dans une autre vie.De son manteau ouvert dépassaient les flèches d’un carquois disposé à sa ceinture, et un grand et bel arc long ornait son dos.Il prenait appui sur un bâton de marche portant l’insigne des archers solaires.Il était lui même archer solaire, et aventurier de renom : Syldaïan de Naas.Fils du comte de Naas, il avait voué sa vie au service du Bien en renonçant au statut de noble, même si il en gardait le nom.Syldaïan était un grand amoureux de la liberté, un poète armé, toujours de bonne humeur, malgré une vie pas toujours facile, et surtout un grand enfant.Des yeux bruns clair pétillants d’intelligence et de bonheur avaient pourtant vu les pires horreurs qui puissent arriver dans une vie.Il avait passé quatre ans de sa vie sur les routes en compagnies d’Enteraz le Maudit, dont il était le seul véritable ami.Mais il connaissait aussi le terrible secret de ce dernier.......
Cillia s’approcha de l’archer solaire, qu’elle avait tout de suite reconnu.Il était le neuvième héros, après Enteraz le Maudit, et Sofia d’Alient et son escorte, à traverser le village en peu de temps.Elle avait déjà parlé à Sofia, qu’elle connaissait du temps où elle et sa mère travaillaient chez les d’Alient, en tant que vieille amie de cette princesse de sang, lui parlant de l’exploit d’Enteraz, et racontant toute l’histoire, de A à Z.Elle avait peur de ce nouvel arrivant, intimidant dans le sourire étincelant qui perçait les ombres de son chapeau, comme si il sagissait du légendaire Zyrek, le démon le plus puissant et le plus cruel de tout les Plans réunis.......Même les Dieux ne pouvaient pas le vaincre !
Petit exposé sur les Plans : les Plans sont des dimensions magiques parallèles à Aera, qui existent en synchronisation avec Aera elle même.Basés sur les essences de ce monde, ils peuvent être tous accessible à partir du Plan matériel, c’est à dire à partir de la surface d’Aera.Pour exemple : les sept Plans de l’Enfer sont sept dimensions abritant les êtres d’essence démoniaque, les démons, grands et petits, ainsi que leur sbires.Chaque Plan à ses propres formes de vie, liées à leur Plan d’origine, et pouvant être invoqués dans le Plan matériel.Il existe des exceptions, comme les Anges ou les Dieux, qui ne peuvent être invoqués, mais qui ont le pouvoir de se déplacer seuls entre les Plans.
Syldaïan était du genre discret, il ne voulait pas que l’on voie son visage, et le cachait pour cela dans les ombres de son chapeau magique.Il était archer solaire, des sortes de diplomates armés qui voyageaient dans tout Aera et réglaient les conflits, à l’aimable quand c’était possible, les armes à la main sinon.Un archer solaire est un orateur confirmé, possédant des faibles pouvoirs de prêtre et des capacités psychiques comme la suggestion mentale, ou carrément le contrôle absolu .Mais aucun d’entre eux n’aimait se servir de leur pouvoirs psychiques les plus puissants, par respect pour la vie elle même.Extrèmement adroit au tir à l‘arc, ils avaient aussi la capacité d’enchanter leurs flèches, leur donnant des pouvoirs afin de les rendre plus efficaces.Très peu de personnes savaient quels étaient les véritables pouvoirs des archers solaires, de peur que les gens ne leur fassent plus confiance si ils savaient.
Sentant la peur de la jeune fille, Syldaïan enleva son chapeau et lui dit d’approcher.Elle avança, hésitante avant de courir vers lui, un texte formulé dans sa tête :
-Bienvenue à Drasien, noble seigneur, je me nomme Cillia et.....
-Calme toi petite.....dit l’archer d’un ton apaisant, je ne te veut aucun mal, je veut justes que tu me parle de certaines choses........
Ainsi, l’archer sut tout ce qu’il voulait savoir à propos d’Enteraz le Maudit, qu’il recherchait depuis deux semaines.Cillia était une vraie pipelette quand on la laissait faire.......

-Il ne va pas bien.
Gaellia avait examiné Enteraz pendant qu’il était assomé.Le poison avait vite commencé à agir, et Gaellia ne connaissait pas de sort assez puissant pour lui sauver la vie :
-Il lui reste combien de temps ? demanda Sofia à sa cousine.
-Je dirais quatre à cinq jours......Il est condamné.....
Gaellia s’éloigna d’Enteraz, le laissant seul avec Sofia.Elle se rendit compte qu’elle n’avait vraiment vu à quoi il ressemblait.Le teint basané, les yeux d’un brun profond, presque noirs, et des cheveux d’ébène, bouclés comme ceux d’un petit garçon.Si Enteraz ressemblait à un grand félin quand il était éveillé, l’animal fait de force et de puissance ressemblait à un petit garçon, quand il était endormi.Elle commençait vraiment à éprouver de la compassion pour l’homme le plus haï d’Aera.Elle ne pouvait s’empêcher d’aider les autres.Tétue, Sofia d’Alient l’était, et personne n’aurait osé la mettre en colère, sachant qu’elle à la colère un peu facile.Souvent sceptique, elle devait avoir la preuve de quelque chose pour y croire, ce qui ne l’empêchait pas de s’émerveiller comme une enfant et de ne pas réfléchir tout de suite aux conséquences de ses actes.Plus impulsive qu’agressive, on la considérait comme une grande adversaire, dans la magie comme dans d’autres dicsiplines.Alors que tous les gens de son age, à cette époque de leur vie, faisaient des projets pour faire que leur vie soit la plus agréable possible, elle vivait au jour le jour, avec une très vague idée de ce qu’elle voulait pour son avenir.Elle était aussi célèbre pour son caractère impulsif, très remarqué dans le milieu où elle vivait, car il fallait suivre une “étiquette”, et elle s’en fichait totalement.
Alors qu’elle passait sa main dans les épaisses boucles du Rôdeur, elle se posait des questions.”Comme il a du souffrir dans sa vie, il a mon age, et pourtant, c’est comme si il avait vécu des milliers d’années dures et brutales.......Comment un homme aurait-il survécu à cet enfer ? Il y a de quoi devenir fou ! .........”
Tandis que Sofia se posait ces questions, Enteraz s’était réveillé.Il ne voulait pas ouvrir les yeux, mais il savait qu’une femme lui passait la main dans les cheveux.”Il y a de pires façons de mourir.”se dit il.Enteraz sourit à cette pensée, et Sofia, le remarquant, retira sa main, gênée.
-Désolée.dit la Magicienne précipitamment.
-Oh non, c’est pas grave, je vais mourir entre les mains d’une belle jeune fille ! répliqua Enteraz , apaisant, en ouvrant les yeux.
Il est vrai qu’elle était très jolie.Des cheveux châtains coupés au niveau de la nuques, dont certaines fines mèches étaient entourées de tissus de couleurs vives, de grands yeux vert feuille semblables à des émeraudes et un visage agélique.Le genre de filles pour lesquelles les prétendants se damneraient.Elle n’avait pas l’air d’une de ces pimbêches gloussantes, pourtant, et de toute façon, Enteraz était déjà trop maudit pour se maudire encore plus......Même si le jeu en valait la chandelle !
Elle se leva, comme si elle avait reçu une décharge électrique, et s’éloigna d’un pas mal assuré.Elle laissa Enteraz en essayant de se persuader de quelque chose : “Je ne l’ai sauvé que par altruisme, il ne représente rien pour moi....Je ne l’ai sauvé que par altruisme, il ne représente rien pour moi........”
Cruel dilemme !

Le soir venu, ceux qui étaient de garde avaient deux tâches : protéger le camp et surveiller Enteraz.Kicica prit le premier tour de garde et alla s’asseoir sur une bûche, à coté de la couche d’Enteraz.Elle voulait être seule, c’est pour cela qu’elle prenait chaque soir le premier tour de garde.Elle avait traversé des horreurs, et toutes ses expériences l’avaient marqués pour toujours, lui laissant un malheur énorme.A trente ans, elle évitait les hommes et les amis, et repensait aux expériences traumatisantes qu’elle avait traversé, se tuant à petit feu chaque nuit.Si la famille de Sofia ne l’avait pas rappelé, elle aurait mis fin à ses jours sans hésiter, mais son honneur la poussait à accepter les différentes missions, comme pour retarder l’inévitable.Taciturne, elle était une excellente guerrière et un remarquable meneur d’homme.Elle ne se permettait aucune bonne humeur et aucun trait d’humour.Bref, deux êtres en elle se battaient : la femme, qui en avait marre de la vie, et la guerrière, qui se battrait jusqu’au bout.
-Qui est tu ? demanda la voix ensommeillée d’Enteraz.
-Kicica.répondit celle -ci.
-Lame-cristal ? bailla Enteraz.
-Oui......
Elle était connue sous ce nom, aux vues de ses nombreuses victoires.
-J’vais être direct, commença Enteraz, : Combien de temps y me reste ?
-Quatre à cinq jours, selon Gaellia.
-Ca va, conclut le Rôdeur, vous avez le temps de partir.....
-Partir ? s’étonna Kicica.Pourquoi partirions nous ?
-Je suis condamné, et je vous retarde dans votre quête, quelle quelle soit.Voila deux raisons suffisantes.expliqua le Rôdeur.
-Tu le ferais, toi ? demanda hargneusement Kicica.
-Moi ? Abandonner un mourant ? Jamais ! Mais moi j’ai toujours voyagé seul.
Kicica se leva de colère :
-Quoi !? Le grand Enteraz le Maudit serait altruiste maintenant ! C’est la meilleure !
-Demain matin, quand tu repensera à tout ça, tu te diras que la fièvre m’aura fait délirer......termina pâteusement le Rôdeur.Il ne faut pas tuer les rêves dont on s’enivre, sinon ça fait trop mal à l’atterrissage.......
Kicica n’y trouva rien à redire, mais elle enragea qu’un jeunot l’ait percé à jour si rapidement.Elle avait quand même dix ans de plus que lui !
Sofia décida que son groupe resterait au chevet d’Enteraz tant qu’il serait encore en vie, ce qui n’allait plus tarder.Les deux jours qui suivirent ne virent aucun incident pointer à l’horizon, à part le fait qu’Enteraz les enjoignaient à l’abandonner.Ils mirent cela sur le compte de la fièvre, comme l’avait prédit le Rôdeur, quelques jours plus tôt.Mais, aucun d’entre eux ne soupçonnait ce qui allait arriver le jour suivant.Là, le nom d’Enteraz le Maudit prendrait tout son sens !


6. "VI"
(par The Rux, ajouté le 14/07/03 10:11)


“Vis en moi un être d’une puissance incomensurable......Un démon ! Je suis réellement Maudit.............”




Syldaïan arriva dans une clairiere, en pleine nuit.Un feu de camp brûlait de l’autre coté.Syldaïan ne savait pas si il sagissait d’amis ou d’ennemis.Prudent, l’archer solaire prit son arc, et le banda, une flèche apparue dans ses mains comme par magie.Utilisant un de ses dons, il enchanta la flèche, faisant glisser son esprit à l’interieur.Il pouvait ainsi “voir” ce que “verrait” la flèche, le temps de son parcours.Ainsi enchantée, la flèche, en plus de donner à l’archer la vision du camp inconnu, obéissait au moindre ordre mental de Syldaïan.Il décocha son “trait espion”.Il sagissait d’un camp d’aventuriers, amicaux, à en juger par le symbole de la maison d’Alient, gravé un peu partout.Syldaïan ordonna à sa flèche de faire le tour, dans les broussailles environantes.Six aventuriers aux ordres de la maison d’Alient, voila qui promettait d’être intéressant ! Une jeune fille était de garde...Une Magicienne aux cheveux châtains.....Dans les broussailles non loin de là, Syldaïan fit une autre découverte, qui, cette fois ci, lui glaça le sang.....Une vieille connaissance.....

Vint la nuit du troisième jour.Somnollant au coin du feu, le tour de garde était à Sofia.Elle ne savait pas si Enteraz était réveillé ou pas, la couche d’Enteraz ayant été séparée des autres, à la demande du Rôdeur.Depuis que la flèche avait empoisonné Enteraz, il ne présentait aucun symptôme anormal....A part un stress croissant durant les trois derniers jours.Un bruissement à l’endroit où se trouvait Enteraz attira son attention :
-Peuh....Enteraz, tu as toujours eu aucun goût en matière d’habillement ! dit une voix grave, semblable à un souffle.Mais, en entendant cette voix, c’est comme si toute la glace des Aursiannes s’était déversée dans ses veines.....Enteraz était en danger ! Elle songea d’abord à réveiller les autres, mais c’est comme si cette voix était un aimant.Elle se leva et couru dans la direction d’Enteraz, son bâton à la main.Traversant le taillis, une incantation aux lèvres, elle se trouva nez à nez avec........Enteraz ! Bien qu’un peu différent : Il était debout, alors que son mal le clouait normalement au lit, et, au lieu des habituels habits de voyage, le Rôdeur portait un long manteau d’étoffe noire, semblable à d’insondables ténèbres.Son regard aussi, avait changé : ses iris étaient entièrement noirs, et ses pupilles, rouge sang.Et une seule race avait les pupilles rouge sang.....
-Par contre niveau fille, Bravo ! termina cet Enteraz.
-Qui êtes-vous ! clama Sofia le plus bravement qu’elle put.Cet homme la terrorisait.
-Pas Enteraz, ne vous inquiétez pas ! railla l’homme (était-il un homme ? Elle en doutait.) à la voix grave.Je suis.......Non, mais peu-importe qui je suis ! Ce qui compte, c’est ce que je suis.....
Sofia commençait à y voir plus clair.
-Et vous êtes quoi, alors ? demenda-t-elle sur un air de défi.
-Je m’attendais à des phrases mieux tournées, pour une dame de la noblesse.Dit son interlocuteur pour lui même.Cette remarque frappa Sofia : “Comment peut il savoir que je suis de la noblesse ! “ pensa-t-elle.
-Pour répondre à votre question, je le sais, car je vis en symbiose avec Enteraz........Je suis .....Un démon !
lorsqu’il dit ce mot, une explosion d’énergie brute éclata, faisant lourdement tomber Sofia sur le sol.Le démon reprit :
-Comme vous êtes entrain de le constater, Enteraz est maudit : Si il ne fait pas couler le sang pendant un intervalle de trois jours, je prend possession de son corps pour dix heures....Dix heures de mort et de massacre !
-M...Mais...tenta Sofia.
-Ma ressemblance avec Enteraz n’est pas fortuite, si vous voulez le savoir, expliqua le démon, je l’ai choisi exprès pour ce critère.
A la lumière de l’énergie magique qui rougeoyait autour de ce qui avait été Enteraz le Maudit, elle put constater les faits : A part les yeux, c’était le visage d’Enteraz qui lui adressait un sourire carnassier, mais l’aura de puissance du Rôdeur, faite de lumière et de bonté, avait laissé la place à une autre aura, beaucoup plus puissante, celle là faite de ténèbres et de soif de sang.Si Enteraz inspirait l’admiration, c’était plutôt la terreur que l’on ressentait en posant les yeux sur son démon.
-Cela fait maintenant cinq ans que j’occupe Enteraz et je dois dire que je ne me suis jamais autant amusé que ces cinq anées passées à mes cotés.raconta le démon, comme pour lui même.Cela ne vous ennuie pas qu’un vieux démon vous raconte sa vie, hein ? Sinon dites le moi, je vous en prie.
Sofia resta de marbre, assise sur le sol, subjuguée par les paroles du démon, et aussi par l’un de ses pouvoirs.Mais, même envoûtée, elle restait lucide, et à voir la démarche aristocratique du démon, et ses bonnes manières, elle déduisit deux choses : Qu’il sagissait d’un démon important, et aussi incroyablement puissant, et qu’il sagissait d’un démon à forme humaine.Or, il existait très peu de démons qui allient la puissance et la morphologie humaine.Trois, en fait.....

Maintenant l’entité s’apprêtait à s’amuser avec une jeune fille.Syldaïan connaissait cet être, pour l’avoir vu prendre possession du corps d’Enteraz des dizaines de fois.Etant l’un des plus puissants archers solaires, l’archer avait le pouvoir de stopper le démon, mais le pouvoir qu’il devait utiliser prenait beaucoup de temps, et il ne lui en restait plus beaucoup, justement.Il décida d’envoyer un message à la victime future du démon.En espérant que ça allait marcher.

Tandis que le démon racontait sa vie, une voix apaisante retentit dans la tête de Sofia.Elle lui disait ceci : “Gagnez du temps.....”.Se relevant, elle décida de suivre ce conseil.De toute façons, si elle ne faisait rien, elle allait certainement mourir.Elle tenta une question :
-Mais dites moi, où s’arrête votre puissance ?
Elle tentait de jouer la carte de la flatterie, ce qui marchait.
-Et bien en fait, ma chère enfant, ma puissance, comme vous dites, n’a aucune limite.D’un claquement de doigts, je peut faire disparaître l’Egotie.se vanta le démon.
Il s’agissait du continent principal d’Aera.
-L’Egotie ! s’étrangla Sofia, réellement terrifiée.Comment peut-on atteindre une telle puissance ?
-Je fus un Dieu aux premières heures de ma vie, expliqua le démon.Un Dieu du mal, cela va de soit.Mais je fus chassé du Panthéon après un coup d’état raté.Cet idiot d’Héafaas m’a relégué au rang de démon, mais j’ai gardé mes pouvoirs divins......
Il continua de raconter sa vie pendant une bonne vingtaine de minutes, tout en reluquant les jolies courbes de Sofia.La Magicienne était loin de l’ignorer, mais refusait de s’en servir.D’habitude, tout homme qui aurait osé faire ce genre de choses, serait allongé par terre, assomé.Mais son interlocuteur n’était pas vraiment un homme, alors......
Au bout d’un moment, le démon se lassa de son public, Sofia, en l’occurrence, et décida d’en finir avec cette jeune femme.Il prendrait tout son temps, la ferait souffrir au maximum, et se délecterait de sa douleur.S’avançant lentement vers elle, il prononça une phrase de circonstance.Tout être du Mal se doit de le faire au moment de détruire une victime :
-Et maintenant, vous allez mourir.J’espère que vos derniers instants en ma compagnie ont été agréable, car ce qu’il en reste sera tout sauf agréable.Mais, rassurez vous, votre corps sera intact lorsque vous aurez rendu votre dernier soupir.Du moins je l’espère.....
-Super comme consolation....gromela Sofia, terrifiée.
Il allait à peine poser la main sur elle, que déjà, Sofia commençait à éprouver une douleur intense.Mais, au dernier moment, un cri sauvage fendit l’air :
-PUGNAR !!!! hurla Hortegar, fonçant sur ce qu’il croyait être Enteraz le Maudit.
-L’invocation de ton Dieu ne servira à rien ! clama le démon, en se tournant vers son assaillant.
Hortegar chargeait, hallebarde brandie, prêt à couper en deux un adversaire, dont ses instincts guerriers lui soufflaient de ne pas être Enteraz.De son coté, le démon ne broncha pas, attendant la charge avec calme, fixant l’insolant qui avait osé le défier.Hortegar abattit son arme.La lame lourde et incurvée siffla dans l’air, comme si elle parvenait à le découper.Sofia était facsinée.Le démon leva calmement son bras....et la lame d’Hortegar cogna contre avec un bruit mat.Sofia avait fermé les yeux.Quand elle les rouvrit, dix secondes plus tard, elle découvrit un spectacle hallucinant : La hallebarde d’Hortegar gisait hors de portée de son maître, catapultée hors de ses mains par la violence du choc.Le démon avait toujours le bras levé, et il paraissait intact.S’en suivit un combat à mains nues.Le démon portait dans ses muscles toute la puissance de ses pouvoirs démoniaques, mais ces muscles étaient soumis à leur puissance humaine, ne pouvant pas dépasser un certain stade.Les muscles d’Hortegar étaient eux endurcis par le mode de vie des barbares : dur et éprouvant.Les deux antagonistes étaient donc de force à peu près égale.Des échanges de coups de poing suivirent.Les puissant direct d’Hortegar étaient esquivés par le démon, qui ripostait avec des directs beaucoup moins puissants.Le combat à mains nues n’avait jamais fait partie de ses attributions, mais il voulait s’amuser avec le barbare.Il fut vite dominé par Hortegar.Au comble de l’exaspération, retenu par Hortegar, il décida qu’il avait fini de s’amuser.Une colonne de feu jaillit du sol, engouffrant le démon et le barbare.Lorsque celle-ci disparut, Hortegar était assommé, et le démon s’avança vers Sofia.”Après, je m’amuserait avec la fille, mais il faut d’abord l’empêcher de bouger.”pensa-t-il.Il allait mettre son plan à exécution, mais soudain, une flèche qui semblait faite de lumière vint percer l’épaule du démon.Il ne pouvait plus bouger.
-Syld, sois maudit ! cracha le démon.
-Pas comme Enteraz j’espère.répondit Syldaïan de Naas, un sourire aux lèvres.


7. VII
(par The Rux, ajouté le 04/02/04 19:44)



« Syld est, et à toujours été mon meilleur ami, malgré les risques. Faut croire qu’il devait être fou…. »



Il s’approcha directement de la créature, qu’il connaissait bien, et lui parla directement :
-Ta position n’est pas trop inconfortable, j’espère.
Le démon, qui commençait à être agacé par cet humain, répondit avec un roulement de flammes :
-Humain arrogant ! Mesure tes paroles ou subis en les conséquences ! Je pourrai te détruire d’un coup !
-Ah oui ? Répondit son interlocuteur, jouant avec lui.
-Tu m’as paralysé d’un sort : il suffit que j’en trouve la clef pour l’annihiler.
L’humain leva le poing. Une terreur extrême s’empara de l’habitant des Enfers. La cage faite de lumière bleue qui retenait le démon pulsa en un rythme régulier. L’entité tomba sur ce qui lui servait de genoux :
-Non, ne me détruit pas ! Implora-t-il.
-Dans ce cas, tu sais comment m’appeler ? Ironisa l’humain en baissant le bras.
Le démon agita sa gueule canine en signe d’acquiescement :
-Oui, maître Dolphian…

Une flèche de lumière bloquant, et retenant les pouvoirs de ce qui avait été Enteraz le Maudit, dix heures devraient permettre au Rôdeur de reprendre le contrôle. En attendant, l’arrivée de ce « Syld » ne manquait pas d’inquiéter Sofia, et Hortegar, dont les hurlements avaient réveillé toute la petite troupe, était toujours inconscient. Peut-être était-ce un chasseur de primes, mais Sofia, comme tout les membres du groupe, prenait les archers solaires pour une légende, alors à croire que l’humain qui se tenait devant elle, parfaitement calme, en était un….
-Qui êtes vous ? Demanda Sofia avec assurance.
Syld eut un sourire bizarre, perçant les ombres qui entouraient son visage.
-Il fallait évidemment que vous me posiez cette question…
Sa voix étaient apaisante. On pouvait entendre toutes les paroles les plus apaisantes, rien n’égalerait cette voix.
-Vous n’avez toujours pas répondu à ma question ! S’impatienta Sofia.
Ce fut le démon qui répondit :
-Ma chère vous avez devant les yeux Syldaïan de Naas, archer solaire de renom.
Sofia ne put réprimer un hoquet de surprise. Krieg lança d’un air belliqueux :
-Si tu veux que je te décolle la tête de tes épaules, continue, Rôdeur.
-Maître Nain, vous commettez deux erreurs : Primo, si la lame de votre hache ne fait qu’effleurer mon cou, vous retrouveriez votre arme en morceaux.
Tout arme non magique touchant un être aussi puissant que ce démon serait irrémédiablement détruite. Il continua :
-Secundo, et c’est là la plus importante de vos erreurs, je ne suis pas Enteraz le Maudit…. Je ne suis même pas humain.
-Quoi ?! S’exclama Krieg.
Syldaïan intervint :
-L’être que vous avez devant vous, et que vous croyez être Enteraz le Maudit, n’est pas réellement Enteraz.
Tous retinrent leur souffle, subjugués par les talents d’orateur de l’archer solaire :
-Il s’agit… commença-t-il.
-D’un démon ! Coupa Sofia, parfaitement calme, une lueur de défi dans les yeux.
Elle fixait son groupe, prête à combattre quiconque contesterait ce fait. Par ailleurs, elle se rangeait du coté de Syldaïan, dont elle avait entendu parler. Elle désigna le barbare :
-Je l’ai vu assommer Hortegar.
Tous se tournèrent vers le barbare le barbare, pour voir Gaellia déjà à son chevet, usant de sa magie cléricale pour le remettre sur pied. Le nordique se releva d’un bond, se préparant à hurler. Quand il vit que tout les regards étaient tournés vers lui, il se ravisa. Voir le démon cloué à terre par une flèche le fit sourire. Il récupéra son arme et s’approcha du démon :
-Je ne sais pas ce que tu es, mais ce dont je suis sûr, c’est que tu ne m’échappera pas ! Lui dit-il à voix basse.
-Amène-toi ! Répondit son interlocuteur sur un ton de défi.
Derrière ses fanfaronnades, Hortegar craignait le démon. Dans sa communauté natale, les barbares considéraient la crainte, et la réflexion, comme des faiblesses, mais Hortegar était assez intelligent pour savoir que ses propres coutumes étaient idiotes et dénuées de sens. Ce qu’il avait vu quand la colonne de feu l’avait engouffré dépassait de loin ses pires cauchemars : Une puissance illimitée et purement maléfique. A vous faire froid dans le dos.

Le reste de la soirée se passa plutôt calmement, malgré l’excitation qui régnait au sein du groupe. Syldaïan avait demandé à rester seul avec le démon. Ils passèrent les neuf heures qui restaient au démon avant de rejoindre le chaos de l’âme d’Enteraz à discuter, et à raviver leur souvenirs communs sur les précédentes incursions du démon. Celui-ci se révéla être l’hôte parfait, riant avec Syldaïan, et faisant preuve de tact sur les sujets difficiles. On aurait presque envie de le libérer Mais personne n’aurait fait l’erreur de libérer un démon enfermé, eut il l’apparence d’une fillette pleine d’innocence. Le démon était presque un ami pour l’archer solitaire, malgré le fait que celui-ci avait massacré ola plupart de ses compatriotes. Si il n’avait été plus puissant que lui, le démon aurait certainement été l’avocat du diable…
Puis, au bout des neuf heures, Enteraz reprit possession de son corps. Le manteau de ténèbres fit rapidement place à l’ample cape vert feuille, que tous avaient appris à connaître. Les dernières paroles d’un Enteraz abattu et détruit semblaient sorties d’outre tombe :
-Syldaïan !? Qu’est ce que tu fais là ? ………. Mais c’est pas possible !
Et il sombra dans l’inconscience. Profonde l’inconscience, évidemment.




8. VIII
(par The Rux, ajouté le 04/02/04 19:45)



« J’ai toujours été de taille, du moins je le pense, pour affronter mes adversaires. Il n’y a qu’une personne que je n’ai pu vaincre… » 

-Oh non !
Sofia se précipita vers Syldaïan pour voir ce qui n’allait pas :
-Quoi ?
Elle était vraiment inquiète. Ils venaient juste de tous se réveiller.
-Enteraz est parti…
Depuis la veille, où le démon avait pris le corps d’Enteraz, personne n’aurait pensé à ça : Enteraz le Maudit avait fui ! Mais beaucoup aurait fait de même dans le cas d’Enteraz…
Syldaïan eut un sourire en coin.
-Qu’est ce qui vous fait rire ? Demanda Sofia, piquée au vif.
L’archer ajusta son chapeau. Les ombres caractéristiques enveloppèrent son visage.
-Vous êtes entrain de vous dire qu’il a fait ça pour vous protéger, expliqua Syld, mais c’est faux. Cet imbécile est fier, et il n’a pas accepté que votre groupe, et vous en particulier, ait percé son armure. Vous-même êtes à peu près dans le même cas…
Sofia allait ouvrir la bouche pour démentir, mais Syldaïan l’en empêcha :
-Ne me dites pas que je me trompe, Dame d’Alient, car vous ne pouvez rien me cacher !
Le vent s’était brusquement levé. Il avait semblé à Sofia que la dernière partie de la phrase avait résonné dans l’air matinal, et dans son esprit. Elle avait à peine formulée cette pensée que Syldaïan poursuivit :
-Oui, c’est exact, les archers solaires sont télépathes.
Sofia était toute secouée par la nouvelle. Laissant l’archer seul, elle s’en retourna vers le groupe. Soudain elle remarqua une autre disparition : Hortegar…

-Ainsi tu m’as trouvé.
-Ta piste est aussi facile à suivre que celle d’un animal blessé.
-Tu m’excuseras, Hortegar, mais je ne suis pas en grande forme ce matin.
-Je t’excuse Enteraz, je t’excuse.
Les deux rivaux se fixèrent, les armes tirées d’un trop long sommeil.
-Je t’avais promis une chose, le Rôdeur. Rappela Hortegar.
-Tu avais promis de me tuer.
Les deux antagonistes se ruèrent l’un vers l’autre. Enteraz évita de justesse un coup qui aurait du le découper en deux. Il contre-attaqua par un estoc à la poitrine du barbare. Celui-ci para. Enteraz esquiva un direct, et lança l’un de ses coups préférés. Il appuya sur l’arme de l’adversaire de tout son poids, et se plaça presque au corps à corps. Il faillit plier sous la force du barbare. Au dernier moment il modifia l’inclinaison de son épée et passa derrière le barbare. Emporté par la manœuvre, celui-ci perdit l’équilibre. Enteraz l’étala par terre d’un coup de pommeau. Il ne tuait jamais inutilement.
Le Rôdeur s’enfuit…

-Sofia, prenez ma main.
Sofia fut très étonnée. Syldaïan lui demandait ceci, alors qu’il n’avait rien dit depuis dix minutes, et elle sentait que quelque chose n’allait pas.
-N’ayez pas peur, je ne mords pas.
Il y avait quelque chose de déroutant dans les manières de l’archer : tantôt acerbe, tantôt bienveillant, l’inquiétant sourire était la seule chose qui perçait les ombres de son chapeau, et il lui donnait un air presque onirique.
Hésitante, Sofia prit la main que lui tendait Syldaïan. Tout alors commença à tourner autour d’elle, le paysage se transformant en un fou tourbillon…. Elle savait qu’elle n’aurait pas du écouter l’archer…

Syld…
Y a que lui pour se déplacer comme ça.
…
Mais c’est pas possible !

L’archer avait utilisé l’un des pouvoirs de son considérable répertoire pour se déplacer avec la Magicienne. D’habitude, quiconque était soumis à ce pouvoir sans être archer solaire tombait dans les pommes. Sofia, elle, était simplement crispée. La seule autre personne à avoir résisté était Enteraz. Décidément…

Soudain la folle sarabande qui défilait devant ses yeux sembla ralentir. Sofia et Syldaïan arrivèrent dans une clairière encore à demi enneigée. On était à la fin de l’hiver, le printemps arrivait à grands pas, amenant déjà avec lui les senteurs qui faisaient sa magie. Le soleil filtrait à travers les arbres. Ils n’eurent pas le temps d’admirer le spectacle, évidement. L’archer fit signe à la Magicienne, un peu secouée par ce mode de transport peu orthodoxe, de se cacher. Elle se trouva une cachette précaire, derrière un buisson, et attendit. Elle ne tarda pas à voir arriver un certain Rôdeur. L’épée à la main, il avançait lentement, fixant Syldaïan avec un sourire.
-Comme je m’attendais peu à ce que tu sois là ! Dit-il.
-Qu’est ce que tu veux, j’allais pas m’user à te courir après…
Une épée immaculée et un bouclier d’argent apparurent dans les mains de l’archer.
Enteraz cala son épée contre son épaule, et baissa la tête, sans pour autant perdre son sourire. Syldaïan reprit :
-On commence à avoir l’habitude, hein ?
Lui aussi souriait. Enteraz leva la tête pour dire quelque chose, mais Syldaïan le prit de vitesse :
-Oui je sais, si tu gagnes on part avec Sofia et son groupe.
-Et si tu gagnes, tu sauras comment j’ai fait pour te battre la dernière fois.
Enteraz et Syldaïan se mirent en garde. Le Rôdeur salua.
-Et c’est parti ! Hurlèrent les deux duellistes.
Et ils foncèrent l’un sur l’autre. Syldaïan, bouclier haut attendait un choc frontal. Sa concentration volée par le combat, il ne pouvait lire dans les pensées de son adversaire, il ne savait donc pas qu’Enteraz avait prévu cette attaque, et allait esquiver d’un pas de deux au dernier moment.
Sofia eut un hoquet de surprise. Elle croyait les deux combattants amis !
Sans qu’elle le sache Enteraz venait juste de la repérer.
Comme prévu, Enteraz esquiva la charge de l’archer et passa derrière lui. Il tenta un coup du plat de la lame, bloqué in extremis par un champ de force invoqué par l’archer.
-Tu croyais que j’avais rien appris ! Lança celui-ci en se retournant.
-T’inquiètes ! Répondit Enteraz en attaquant.
Le bouclier para le coup. L’archer conte-attaqua. Enteraz para à la perfection, et tenta une botte spéciale : De sa parade en tierce, la lame horizontale placée au dessus des épaules, il recula sa garde, laissant la lame adverse passer dangereusement près de son visage, puis arma un estoc. Il sourit en voyant l’archer mordre à l’hameçon, et placer son bouclier devant lui. Alors qu’il attendait un estoc, un coup horizontal du plat de la lame cueillit l’archer à l’épaule.
-Bien joué !
Le combat continua. Chaque attaque était parée, chaque parade ripostée, Enteraz était infatigable. On aurait dit un dieu du combat tombé sur Aera par hasard tant ses mouvements étaient parfaits. Et la cape qui virevoltait ajoutait à sa danse de mort une touche mystique. L’archer aussi était doué, mais son style se jouait sur la défense, il n’était donc pas assez offensif pour gagner.
Attaque, parade, riposte, tout les mouvements étaient effectués à une vitesse à couper le souffle. Syld lance une attaque sur le flanc du Rôdeur. Celui-ci pare en prime, lame vers le bas placée à gauche, pommeau en l’air. Syld ne réalise son erreur que quand le pommeau de l’épée d’Enteraz lui percute le sternum. Il tombe à terre, vaincu.
Enteraz se tourne alors vers la cachette de la Magicienne.
-Si mademoiselle l’arbitre veut bien sortir, nous pourrions compter les points !
Honteuse d’avoir étée découverte aussi facilement, et courroucée par ce Rôdeur, elle obéit. Elle réfléchissait aussi au moyen de le ridiculiser…. Non, le transformer en cochon n’était pas assez cruel…

C’est ainsi qu’Enteraz le Maudit, Syldaïan de Naas ainsi que Sofia d’Alient et sa garde personnelle, partirent pour Llardas. Le Rôdeur prit soin de donner un pseudonyme à ses nouveaux compagnons. Rien que son nom aurait eu pour effet une chasse systématique à son entrée dans une ville. Sofia accueillit donc Œil d’Opale, Rôdeur itinérant, et guerrier de valeur, dont le cri de guerre était : « Par le fer et par l’honneur »…


9. IX
(par The Rux, ajouté le 04/02/04 19:46)



« Et cette personne va partager ma vie pour de nombreuses années. »



Llardas était une ville commerciale située dans les régions non-controlées, à l’Est des Aursiannes. Elle prospérait grâce à un commerce avec les barbares environnants : la ville leur vendait le métal nécessaire à leur armes, et récupérait dans les transactions les armures de cuir, les peaux de bêtes, et tout le folklore barbare. Ces objets étaient revendus à prix d’or aux riches marchands d’Alianas et aux caravanes de passages, assurant la prospérité de cette ville en expansion. Certains barbares se laissaient même tenter par le mode de vie « sudiste », mille fois plus attrayant que la rude vie des steppes glacées de cette partie du monde. C’était le cas de Byrar, fils d’Yonisarek, qui tenait en ville une auberge nommée : « A l’hydromel des steppes.

Aux portes de Llardas, Krieg servit, comme à son habitude, de héraut à Sofia.
- Vous avez à vos portes Sofia d’Alient et sa garde personnelle, ainsi qu’Oeil d’opale et Syldaïan de Naas.
Le garde, un humain massif visiblement alcoolique, passa sa tête par une fenêtre.
-Et alors ?
Krieg jugula son envie de lui envoyer sa hache entre les deux yeux. Soudain, l’autre garde, un gringalet blond avec un casque trop grand pour lui, lança de sa chaise :
-Œil d’opale ? Syldaïan de Naas ? Sofia d’Alient ? Que des pointures on dirait !
-La ferme Reps. Si vous voulez passer, passez, moi de toute façon…
Krieg savait que les humains étaient capables du pire comme du meilleur. Il était pas tombé sur le bon spécimen. Y fallait bien chercher …

L’ « Hydromel » était la halte parfaite. Les haches au-dessus du foyer donnaient un air de vécu à cette petite auberge sans prétention. Le style hutte barbare était très apprécié par les voyageurs, et convenait parfaitement à la petite troupe. Enteraz se répétait à voix trop basse pour être entendue la raison qui l’avait poussé à faire ce choix, Hortegar était aux anges, Kicica et Krieg discutaient tactique, Gaellia et Sofia détaillaient les clients, Seldan détaillait le contenu de leur bourses, et Syldaïan régalait les habitués du bar avec un récit de son répertoire. Rien ne les préparait à la nuit qui allait suivre… Évidemment.
Byrar était heureux de ces nouveaux venus. Le haut rang de la « chef » lui ferait de la publicité, le blanc était un excellent conteur, et les sorciers en rouge allaient le payer grassement pour avoir repérer Œil d’opale.

Hortegar avait un peu forcé sur la bouteille. Il avait juste ingurgité de quoi rendre un régiment ivre mort. Il faut dire qu’il résistait très bien à l’alcool. Il s’aérait un peu, histoire de faire partir sa nausée, au dehors de l’auberge. Alors qu’il entamait son troisième couplet d’un chant de guerre, cinq silhouettes encapuchonnées l’abordèrent.
-Barbare ?
Hortegar tenta de paraître sobre.
-Oui ?
-Pourrais tu nous indiquer la chambre d’Oeil d’opale ?
-Enteraz ?! Ouais, il est dans la première chambre à gauche…
Ils entrèrent dans l’auberge. Ils avaient des robes rouges. Ca rappelait à Hortegar des morceaux de discussions entre Enteraz et Syldaïan à propos d’une guilde Écarlate…
Ca faisait dix minutes que les étrangers étaient montés. Hortegar attendait. Soudain un sorcier en robe rouge passa à travers une fenêtre du premier étage. L’œuvre d’Enteraz.

Les implication étaient plus que claires. Son cher frère avait décidé d’en finir avec lui. Alors qu’il bloquait un assaut gauchement lancé, il remarqua l’aspect décharné de la main de son agresseur. Des Liches ! Des sorciers damnés qui avaient enfermé leurs âmes dans un zombie pour être éternel. Ces êtres étaient insensibles à toute forme d’attaque magique, à part les sorts tirant leur puissance de la lumière, ce qui ne gênait pas Enteraz, mais ils ne pouvaient être tués que par l’épée d’un paladin, ce qui le gênait un peu plus. Chacun portait une épée rouge et noire, faiblement magique, dévastatrice entre les mains d’un initié, mais aussi efficace qu’un cure dents entre leurs mains.

Il para un premier estoc, et riposta en lacérant le bras de son adversaire le plus proche. Aucun effet. Parant trois coup en même temps, Enteraz dut reculer, et se trouva adossé à la fenêtre qu’il venait juste de détruire. Il repéra une Liche alors qu’elle lançait un sort. Celle-ci arrêta ses incantation quand une lame vint lui trouer le front.
-On dirait que j’arrive à temps ! Commenta Stalker en dégageant son épée du sorcier damné.
-Ca on peut dire ! Lança le Rôdeur entre deux parades.
Ainsi, Stalker et Enteraz ferraillèrent cote à cote face aux Liches. L’un parant, l’autre tuant, ils formaient un duo excellent. Une incantation retentit soudain :
-Laïs saor illumes !
Un rai de lumière vint consumer le dernier assaillant. Sofia, toute contente de son action, fit un commentaire qu’elle voulait drôle :
- Enteraz, c’est fou ce que vous vous battez bien !
Ca n’eut pas vraiment l’effet escompté. Enteraz sortit en claquant la porte sur ces mots :
-Vous avez raison, c’est la seul chose à laquelle je sert.



10. X
(par The Rux, ajouté le 10/03/04 18:05)



« Je suis un Rôdeur et un imbécile, et j’ai aussi un don pour m’attirer les ennuis. »


A pas de loup, une ombre silencieuse s’approchait de la chambre de Sofia. Passant dans le corridor, froid malgré les différentes torches, il se glissa discrètement vers son but. Il ouvrit la porte. La Magicienne était endormie, ou du moins le paraissait sous les couvertures, mais il tendit l’oreille. Dans beaucoup de domaines on ne pouvait le tromper, et le domaine du sommeil faisait partie de ses compétences. Elle dormait effectivement. Entrant dans la pièce, il se prépara à commettre ce que son honneur lui soufflait d’être un crime. A peine avait-il refermé la porte derrière lui qu’une voix le fit se retourner :
- Je ne te dérange pas Enteraz ? Demandait Kicica, son épée posée soudain contre le cou du Rôdeur.

Syldaïan était occupé à dévorer un livre prêté par la Magicienne sur la fabrication des épées (nommées « Katana » dans le livre) dans la lointaine contrée de Nomos-Dé. Il dut néanmoins interrompre sa lecture lorsque trois hommes armés firent irruption dans sa chambre. Refermant son livre, il le plaça à coté de son chapeau, sur une table proche. Un des nouveaux arrivants se précipita sur Syldaïan, hache brandie.
J’avais deviné ce que tu allais faire avant même que l’idée ne germe dans ton esprit.
Syld se leva, attrapa le poignet de l’homme, et, usant de sa puissance télékinétique, lui fit faire un superbe salto avant. Usant une seconde fois de ses pouvoirs il colla les deux autres dos au mur, à un mètre du sol et les paralysa complètement. Il entreprit alors de sonder l’esprit de celui qu’il tenait toujours par la main. Il y trouva des informations très intéressantes. Extrêmement intéressantes, mêmes.

-En fait, pas du tout.
-Tu m’en voies ravie !
Elle constata que le Rôdeur ne portait pas son épée.
-J’ai sentit que quelque chose n’allait pas, alors j’ai décidé de veiller. Expliqua Kicica
- Mais oui…il t’a payé combien ?
- Ton frère n’est pas le seul à s’intéresser à toi, tu sais.
- Je serais heureux de connaître le nom de ton employeur.
- Je n’en ai aucun.
-Alors pourquoi ma pauvre personne t’intéresse tant ?
- Pour venger une mort !
Enteraz eut un rictus.
- Je ne peux pas ressusciter les gens… Demande à Gaellia, peut-être qu’elle peut t’aider.
Kicica arma un coup. Le Rôdeur souffla un mot semblable à un soupir, et les étuis vides de ses dagues se remplirent instantanément. Dégainant l’une d’elle, il para le coup de la Paladine. Le fracas de l’acier réveilla Sofia.

Syld s’élança au dehors, avec la ferme intention de trouver des réponses à ses questions. Lorsque, sur le seuil de la porte qui donnait sur l’extérieur, un homme lui barra la route, il comprit. Quel idiot il avait été !

En entendant du bruit dans la chambre voisine, Gaellia s’était levée. Elle avait revêtu en hâte sa robe orange, et était sortie. En voyant Syldaïan sortir en trombe de sa chambre, l’arc bandé, elle l’avait suivi aussi discrètement qu’elle pouvait. Ils passèrent par les couloirs faiblement éclairés de l’auberge, puis sortirent de la battisse aux airs de hutte barbare. Alors un homme en manteau noir, plus petit que Syld, qui portait un chapeau identique à celui de l’archer solaire, lui barra le passage. Celui-ci tenait Syld en joue avec un arc en bois sombre richement décoré.
- Dontag…
- Syldaïan…
-Combien de temps ai-je attendu cet instant ? Demanda l’homme en noir.
-Combien de fois as-tu répété ces paroles ? Répondit l’archer.
-Sais-tu pourquoi j’ai emprunté la voie des Ténèbres ?
-Parce que je t’ai toujours fait de l’ombre…
-Tu lis dans mes pensées, ta blancheur ?
-Évidemment, ta noirceur.
Alors Dontag recula d’un bond. Une flèche apparut entre les mains de Syldaïan, immédiatement lancée. Dontag esquiva. Syld murmura quelque chose dans une langue inconnue de Gaellia, et Dontag sembla écrasé par une force invisible.
-Non…
Il sort une unique longue flèche empennée de noir. Une trop longue flèche. Dontag encoche la flèche à son arc. Il tend la corde au maximum, mais la flèche est définitivement trop longue.
-Sent la puissance des Ténèbres, ta blancheur !
Alors le corps de Dontag luit d’une aura noire. La flèche prend des allures de monstre infernal. Syld fixe sans ciller son adversaire. Une sphère blanche enveloppe l’archer solaire.
-Tu n’y arriveras pas Syldaïan…
Quoi ?
- Cette flèche ne te détruira pas, c’est vrai, mais elle détruira toute la ville, imbécile ! hurla Dontag.
Alors dans ce cas là.
Quoi ?? Non !
La sphère qui entourait Syldaïan se retrouve autour de l’archer des Ténèbres. L’aura noire de celui-ci ne dépasse pas la sphère protectrice.
-Que ta propre flèche te détruise. Souffle alors Syldaïan.
Dontag hurla. Il allait se pendre sa propre attaque. Il tenait toujours son arc bandé. S’il lâchait la corde de l’arc, la sphère de Syldaïan allait renvoyer l’intégralité de son attaque sur sa propre personne. Et il allait mourir.
-Allez salut… Vous venez Gaellia ?
-Avec plaisir !

-Qu’est ce que vous faites ici !
C’était une pure question rhétorique. Ils se battaient, évidemment. Enteraz avec deux de ses dagues tenait tête à Kicica. La Paladin tentait difficilement de se défendre à l’aide de son bouclier, son épée ayant volé à la première botte du Rôdeur. Il attaquait, attaquait sans s’arrêter, méthodiquement, sans y penser. Il ne se battait pas pour la tuer, mais plutôt pour se défouler. Il tenait ses dagues comme des épées, à la manière des Elfes, et faisait de petits moulinets, visant directement le bouclier.
- Arrêtez ! Hurla Sofia.
Alors Enteraz se fit docile comme un Golem éteint, debout et immobile, les yeux dans le vague. Le félin était au repos. Kicica se releva en bégayant des choses comme «assassin» ou «sœur» . A la lueur de la lune, Krieg, qui venait de débouler en trombe, découvrit une scène des plus étrange : Sous une lueur bleutée, debout, se tenait Enteraz, armé, ressemblant à un Spectre d’Antan. Sofia, les couvertures ramenées sur elle, fixait le Rôdeur avec crainte, admiration, et incompréhension. Kicica, repliée sur elle-même, regardait Krieg sans le voir, les yeux embués de larmes. Alors Enteraz sortit de la pièce, laissant le Nain à ses interrogations.

Le soleil s’était levé depuis une heure. Il est temps de repartir, se dit Enteraz, les pieds et poings liés à une chaise. Une droite le tira de sa rêverie. Ah oui, il faut aussi que je sorte d’ici. Avec deux bourreaux armés, ça n’allait pas être facile. Une autre droite, puis une gauche. Une question :
- Qui est tu ?
Enteraz eut un rictus.
- Tu vas nous dire qui tu es !
- Et gâcher le plaisir…
Un uppercut lui coupa littéralement le souffle. Le Rôdeur fixa son agresseur principal, l’autre étant appuyé à un mur sans rien faire. Une cicatrice lui courait de l’arcade sourcilière au menton, à demi cachée par une courte barbe jaune. Des yeux verts de demi-elfe, le nez fin elfique et la large mâchoire humaine. Des cheveux aussi jaunes que la barbe étaient taillés en brosse au-dessus de son crane, et de fines lignes de peau s’entrelaçaient dans sa coiffure.
- Réponds !
-Enteraz le Maudit…
Nouvelle droite.
-Et qu’est ce que tu veux à la Dame d’Alient, saleté !
Il se déchaîna.
-Réponds !
Enteraz commençait à saigner.
-Crève…cracha le Rôdeur.
Une nouvelle droite, puis une gauche, et encore une droite… La matinée promettait d’être longue…




11. XI
(par The Rux, ajouté le 17/04/04 17:28)


« J’ai un problème de communication. Disons qu’il n’y en a que très peu qui ne me tirent pas dessus… »


-Comment va-t-il ?
-Il est encore en vie si c’est ça que vous voulez savoir maître…
-Et est il conscient ?
Enteraz releva la tête.
-A ton avis…
Du sang coulait de ses lèvres. Il était vraiment en piteux état.
- Sortez !
- Mais… Maître !
- Dinaïs, Gorban, sortez !
- Bien maître. Dit l’homme à la peau mate.
Le demi-elfe, lui, ne sortait pas.
- Dinaïs, j’aurais besoin de toi à Izzï, alors ne m’oblige pas à te tuer…
Il tourna les talons et sortit en pestant.
- Mon très cher frère…
- Tiens Dolphian… Je ne suis pas très présentable, tu m’excuseras…
- Comme toujours Enteraz, comme toujours.
- Alors, ta guilde ?
- Oh, et bien… J’assure ma domination sur les grandes maisons, je vais attaquer Dragoon-dost, et… je vais me mettre à dos les elfes d’Izzï.
-Vaste programme…
- Exactement ! Enteraz, tu m’as toujours été d’une grande aide.
- Ah ouais…
- Tu me divertissais.
- Ravi de l’apprendre…
- Mais dans mes plans pour l’avenir, il n’y a aucune place pour toi. Je ne te dirais pas ce que sont ces plans dans les détails, évidemment, étant donné que ça fait un peu cliché le méchant qui expose ses plans à son bon et honorable frère…
Enteraz insulta Dolphian. Il tirait comme un dément sur les chaînes qui le retenaient. Si il était libre, il aurait dépecé Dolphian à main nues. Si il était libre.
- C’est pourquoi tu comprendras mon geste, j’en suis sur…

Seldan se baladait dans Llardas. Apparemment simple touriste, qui aurait pu croire que ce petit-homme séduisant vêtu d’une ample chemise de coton blanc et d’un pantalon de toile noire était en fait un malandrin de la pire espèce. Sa collection de bourses d’autrui s’enorgueillissait de nouveaux membres à chacun de ses bains de foule. Il avait reçu l’ordre de chercher Enteraz. Sofia était hors d’elle. Tous les membres de la garde de Sofia avait reçu l’ordre express de chercher Enteraz. Sofia était dans une rage noire. C’est sur que de trouver l’homme le plus haï d’Aera dans sa propre chambre, entrain de se battre contre son garde du corps le plus dévoué, avait de quoi énerver. Mais que l’homme en question, Enteraz dans le cas présent, disparaisse la journée d’après sans laisser de traces…
Le petit-homme avait laissé ses confrères derrière. Il était plus difficile à un barbare d’un mètre quatre vingt dix de récupérer des informations incognito. « Le Marteau des Deux Monts » était l’endroit idéal pour commencer des investigations. Seldan entra dans la battisse destinée à la bière, l’hydromel et les filles de petites vertus. L’auberge était grande et enfumée de volutes bleues et blanches. Des clients aux airs peu recommandables jouaient à des jeux d’argent sur des tables en bois grossières, et de jolies serveuses servaient les boissons et les autres articles. Seldan s’approcha du comptoir.
-Ce s’ra quoi pour le p’tit ? Lui demanda un homme borgne qui essuyait un verre sale avec un chiffon sale.
-Tes oreilles doivent traîner un peu non ?
Seldan fit tinter une bourse qu’il venait de subtiliser avec un petit sourire.
-Qu’ess vous voulez mon seigneur ?
-Juste des infos sur Oeil d’Opale…
-Jamais entendu parler. Vous ne comptez pas garder votre bourse j’espère ?
Il lâcha son verre. Seldan vit arriver deux truands aux mines patibulaires, armés.
-Évidemment…

- Si je retrouve Enteraz je le tue ! Affirmait Stalker.
- Laisse tomber, il est à moi. Répliqua Hortegar.
L’elfe s’était levé. Le barbare en fit de même.
- Si quelqu’un ici doit tuer Enteraz le Maudit, ce sera moi.
Tous se tournèrent vers Kicica, qui venait juste de parler.
-Et pourquoi ?
Kicica soupira.
- Vous voulez que je vous raconte l’histoire ?
Tous acquiescèrent.

« J’étais jeune à l’époque, seulement une vingtaine d’années, mais déjà assez expérimentée pour tenir un siège. La forteresse d’Arben-dost était justement assiégée, et j’en étais justement à la tête. Des Orques, des Gnolls, des Trolls, et des Géants tentaient de prendre l’Arben, pour je ne sais quelle raison. A l’époque je n’en avais rien à faire. Nous étions en très mauvaise posture, aucun de mes guerriers n’étant capable de vaincre un Géant. Il n’y en avait que quatre, mais cela suffisait pour nous tenir en respect. Nous ne pouvions sortir de l’Arben, sous peine de tomber sous leurs coups. Mais mes troupes contenaient des…soldats inexpérimentés…Elle essuya une larme. Ma sœur était d’entre eux. Elle et ses compagnons pensaient pouvoir vaincre les Géants à eux seuls. Ils essayèrent. Ils durent battre en retraite. Un homme leur barra la route devant les portes. Il leur expliqua qu’il avait besoin d’eux pour combattre les Géants. Ils acceptèrent. Les Géants tombèrent. Ma sœur succomba à l’assaut. Cet homme l’avait tué ! Et cet homme… »

- …Je ne le sais que depuis peu de temps, c’est Enteraz.
Même Hortegar restait silencieux.

Seldan ferraillait avec les deux truands. Sa maigre épée de petit-homme ne faisant pas le poids face aux lourdes armes de ses adversaires. Alors que, dans son dos, le barman se leva pour lui assener un coup fatal, une flèche lui transperça la pomme d’Adam. Syldaïan, toujours aussi énervant à arriver au bon moment, fit usage d’un des pouvoirs de son formidable répertoire pour neutraliser les truands restant.
- T’aurais pas pu l’endormir aussi, le barman. Dit Seldan en essuyant son épée sur la chemise d’un des truands « endormis » .
- Il était ivre, et mes pouvoirs n’ont aucun effet sur l’alcool. Répondit l’archer solaire, son énigmatique sourire aux lèvres. Les ombres qui masquaient son visage et son sourire seul apparent, il sortit de l’auberge, donnant aux esprits des habitués une explication parfaitement logique. Quoique…

- Qu’est ce que vous devez faire exactement ?
Le grand archer avançait à grandes enjambées, obligeant presque Seldan à courir pour le rattraper.
-La grrrande Dame d’Alient veut retrouver notre cher ami Maudit pour raisons personnelles. Expliqua le petit-homme.
-Il suffit de suivre le feu…
-Quoi ?!
Alors une colonne de flammes s’abattit sur le bâtiment de la garde. Mais là, se n’était plus réellement Enteraz…

En une explosion de lumière rouge, Enteraz se changea en son démon intérieur. Quel idiot avait été le Rouge quand il avait tenté d’égorger son frère !
-Dolphian, je t’aime bien, car tu es menteur, tueur, sadique, et mauvais jusqu’à l’os…
Dolphian recula, pris d’une sueur froide.
- Jusque là, je pensais que le Maudit n’était qu’un nom…
Le démon sourit.
- Et bien non. Je suis là, prêt à servir mes propres intérêts, aux dépends de ton petit frère adoré.
Il soigna les plaies du corps d’Enteraz, y comprit la ligne rouge qui courait sur sa gorge, œuvre du Magicien.
- Nous nous ressemblons, toi et moi… pourquoi ne pas nous associer ? Tenta Dolphian en levant les paumes.
- Je déteste la concurrence.
Le sourire machiavélique du démon prit de l’ampleur. Une lueur carnassière brillait dans ses pupilles rouges. Soudain Dolphian hurla :
- Daemonis Daesträm Uru Sylnaïsses !
Une bulle bleuâtre jaillit des mains de Dolphian, déterminé à annihiler le démon. Celui-ci balaya le sort d’un geste distrait.
- Pas comme ça…
Alors Dolphian sortit un petit globe noir, manifestement magique.
- Défends-moi Arktes !
Une fumée rouge jaillit du globe. D’abord fine volute rougeâtre, cette fumée devint vite un imposant démon de feu; faisant claquer son fouet infernal. Il était prêt à détruire cet avorton qui menaçait son maître. Celui-ci s’éclipsa. Il lança un jet de flammes oranges qui réduirait l’autre en cendres. Les flammes se stoppèrent à un mur invisible devant la main d’ « Enteraz ». Il claqua des doigts. Arktes disparut en une explosion de lumière.

Sofia attrapa une robe, la plia et la mit dans son paquetage. Gaellia s’activait avec ses crèmes derrière elle. Qui était Enteraz le Maudit ? On le décrivait comme un homme grand et trapu, sale, incapable de s’exprimer correctement, couard, facilement battu par n’importe quel héros… Mais à quel homme avait elle eu affaire ? Pas si grand que ça, honorable, invulnérable, énervant au possible par son humour noir… Et maudit. Surtout maudit. Sofia avait grandi en lisant les histoires de ses glorieux ancêtres, ou des héros comme Dess de Mievil et Izzï, et en face d’Enteraz, elle avait acquis une certitude. Enteraz était un héros. Divinement parlant, elle avait tort. En ce qui concernait son cœur, et tous les livres d’histoire à venir, elle avait raison.
Elle vit passer une silhouette noire sous sa fenêtre. Elle lançait des éclairs derrière elle. Suivait une silhouette blanche, qui tenait un trait blanc. Le trait blanc percuta la silhouette noire, il fut question de « dégager du corps », et la silhouette noire se changea en silhouette verte. Plein d’autres silhouettes plus ou moins sombres les encerclèrent juste après.

-Ainsi que vous nous l’aviez demandé, Dame d’Alient, nous vous ramenons Enteraz le Maudit afin de le soumettre à votre jugement. Énonça Krieg.
- Je rêve, un Nain respectueux… grommela le Rôdeur entre ses dents. Une claque d’Hortegar le fit taire.
Sofia s’avança. Krieg lui présenta son épée dans son fourreau. Elle la dégaina. Enteraz sourit devant la lame.
- Le démon va-t-il vous sauver cette fois-ci ?
- Il ne le fait que quand ça l’amuse.
- Verrait-il un inconvénient à ce que je vous décapite ?
- Au contraire…
Sofia arma son bras. Enteraz leva la tête. Hortegar le fit mettre à genoux. Dommage. Le barbare aurait aimé le tuer. Tout comme Stalker.
Il allait mourir. Pourquoi d’ailleurs ? Parce qu’il avait mécontenté une idiote.
Elle ne veut pas te tuer.
Syldaïan. Évidemment, mais ça ressemble furieusement à une mise à mort quand même.
Est-ce que tu m’écoutes quand je te dis quelque chose ?
Rarement, et jamais en pleine exécution, surtout quand c’est la mienne.
Elle ne vas pas te tuer…
Mais oui… Syldaïan tu est un grand imbécile, et aucun de tes pouvoirs ne pourront jamais changer ça. Tiens, il est plus là… Enteraz sourit intérieurement. Lâcheur…

Le Rôdeur se mit à rougeoyer. Tous les membres de la garde de Sofia se raidirent. Encore le démon ? Puis ils se souvinrent.

- Eh ?!
- Ne vous inquiétez pas le Maudit, ceci est mon œuvre. Expliqua Sofia.
La Magicienne commença à psalmodier.
-Ardin Llaiar Comnistiren Adulis Daestria Hardar …
Un sortilège de lien ! A quoi elle allait le lier ?
- Enteraz le Maudit, commença-t-elle, acceptez vous de lier votre corps et votre âme à ma personne pour toute la durée de mon voyage.
- Quoi ?!
Enteraz et toute la garde étaient atterrés.
-Tu as perdu l’esprit Sofia…
- C’est impossible !
Enteraz sourit.
- Évidemment… Comment pourrai-je refuser ?
Cette fois-ci, se fut Sofia qui sourit.
Une barre rouge se matérialisa entre la paume de la Magicienne et le front du Rôdeur. De petites particule dorées se mirent à circuler entre les deux.
-… Redunis Cardesis Entalis Guerdaris Tamen Solisoven Radimen Hardar !
Les yeux de Sofia avaient disparu derrière un voile de lumière. Ceux d’Enteraz, points sombre dans cet océan de lumière, menaçaient de s’éteindre. Puis, progressivement, tout s’éteint. Les yeux de Sofia redevinrent normaux, et Enteraz se releva. Hortegar fit la grimace.
- Calme, je suis de ton coté maintenant. Commenta Enteraz.
- Oui, Enteraz le Maudit est désormais à mon service. Dit Sofia en fixant le Rôdeur.

Calme, la reine des Elfes l’était pour l’instant. De petite taille, on la prenait pour une petite-femme, et elle n’aimait pas ça. Enfin, il n’y avait déjà pas beaucoup de choses qui ne l’énervait pas… Un messager entra. La terrible Léanath, reine des elfes d’Izzï, s’empourpra après que ce messager lui ait délivré son message. Encore lui !


12. XII
(par The Rux, ajouté le 18/04/04 16:16)


« Si il y a un truc que je déteste dans les bivouacs, c’est que quand il n’y à pas de barde, c’est le Rôdeur qui doit raconter une histoire pour égayer la soirée… »


Ça faisait trois jours que le petit groupe était partit de Llardas, accompagné de Syldaïan, et surtout de son nouveau membre, Enteraz. L’hiver avait maintenant entièrement fait place au printemps, délaissant le froid mordant pour une agréable fraîcheur. Les champs en fleurs et les senteurs printanières accompagnaient les aventuriers dans leur voyage, semblant les précéder de peu. Un vent chaud venu du Sud, de Quatres-Iles ou peut être d’ailleurs, les baignait et leur mettait du baume au cœur. Ils allaient à Izzï, capitale de la race de merveilles, mégapole elfique prospère encastrée entre le flanc d’une montagne et une abondante foret de chênes et d’ormes. Connue pour ses merveilles de magie et de savoir autant que pour son passé, légende classique de toute race. Tous connaissaient la geste d’Izzï, elfe de l’Age des Légendes qui bâtit la première tour de ses mains, et qui fut vaincu en défendant sa ville, alors simple colonie. Plus aucun ennemi ne fut assez fou pour tenter de la prendre d’assaut après son sacrifice. La ville fut baptisée de son nom, et son épouse en devint la Reine. Pour ce que Sofia en savait, Léanath devait être toujours en vie, même après tous ces siècles. Il faudrait peut-être lui rendre une petite visite. Elle ne le vit pas, mais Syldaïan sourit à cette pensée.

Ce que ce demi-elfe peut être laid…
Dinaïs, paré de ses plus beaux atouts, pensait faire bonne impression. Il avait tort. Léanath détestait ce mélange de rouge et de noir. La Reine, confortablement installée dans son trône de marbre blanc, sa redoutable épée à double lame Irina-Siris posée sur ses genoux, écoutait le laquais de Dolphian débiter son texte répété sur l’entente entre Elfes et Humains, sur la splendeur de sa ville, sur la fierté d’Izzï… Rien de bien intéressant en fait.
-Ton maître ne peut pas venir lui-même ? Demanda Léanath.
Elle restait polie parce que Dolphian le Rouge était influent, et que, en tant que souveraine, elle devait faire bonne figure. Toutes complications mises à part, elle aurait étée ravie d’éclater le nez du frère d’Enteraz d’un direct bien placé. Mais bon, dans la vie on fait pas toujours ce que l’on veut.
Dinaïs devint rouge. Une caractéristique de son coté humain : les elfes ne rougissent pas, ils « rosissent ». Il bafouilla une excuse, et sortit de la pièce. Apparut alors un interlocuteur d’une autre trempe. Dolphian le Rouge, Maître de Arcanes et chef de la Guilde Écarlate.
-Léanath !
- Dolphian…
- Comment allez-vous ?
- Pour la deuxième fois de la journée : bien merci ! Et si vous me disiez ce qui vous amène ?
- Mais avec plaisir…

Le groupe s’était installé dans une petite clairière, à demi emplie par un grand arbre en fleurs. Ils firent du feu et bientôt, tous purent se détendre un peu. La journée avait étée épuisante. Entre les Orques un peu trop entreprenants, les Kobolds en vadrouille et les brigands idiots, ils avaient leur compte d’émotions pour la journée. Enteraz, confortablement calé sur une épaisse branche de l’arbre, observait le ciel. Seldan se plaignit soudain de l’ennui. N’ayant pas de barde à disposition, tous se tournèrent vers le Rôdeur, perché sur sa branche. Il soupira, puis sauta.
-Mais qu’est ce que vous voulez que je raconte ? Demanda-t-il en haussant les épaules.
-Je ne sais pas… répondit Sofia. Votre vie peut-être.
-Hein ?!
La grimace d’Enteraz avait de quoi éclater de rire.
-Mais si Enteraz, ta Vie… intervint Syldaïan.
Le Rôdeur grommela un juron.
-Qu’est ce que vous voulez savoir ?
-Ton enfance, grande perche. Demanda Seldan.
- Non, plutôt l’arrivée du démon dans sa vie. Demanda Kicica.(Elle avait renoncé à son idée de vendetta depuis le serment du Rôdeur)
- Pourquoi pas les deux ? Proposa Sofia.
- OK…

« Il était une fois… Non… Oh, et puis allez… Donc, dans un petit village au sud de Naas…Quoi… Le nom…euh…Garrin, merci Syld… OK… Donc ,il y a bientôt vingt ans, naît le second fils d’un forgeron, j’ai nommé moi. Son aîné de deux ans ne voit pas ce petit frère d’un bon œil, et fait tout pour lui pourrir la vie dès qu’il est assez grand pour ça. Il arrête pas de dire que plus tard, il sera Mage, le plus grand qui existe, alors bon, son petit frère choisit un chemin différent. Il s’entraîne au métier des armes avec un maître d’armes à la retraite : Bendesdan. Mais au bout d’un an Bendesdan est tué, et le petit frère est accusé, puis chassé du village. Il a alors douze ans. Livré à lui même, il cherche tant bien que mal à manger, et un abri. Il « emprunte » celui d’un Rôdeur pour une nuit. Au matin, le Rôdeur, un humain, le trouve et… Le petit devient son élève pendant deux ans. Il lui enseigne les voies de la Nature, le respect aux arbres, l’art de la protection et de la dissimulation. Le petit devient doué, il apprend assez vite (enfin, c’était ce que Caducean disait), et surpasse son maître. Le petit vieillit, apprend à lire, et devient un initié de la Terre et de la Nature : un Rôdeur. Quand il a quatorze ans, le vieux Rôdeur lâche son apprenti en lui disant qu’il n’y à plus rien à lui apprendre, qu’il doit maintenant forger son destin. Il se rends à Naas, où il fait une rencontre capitale pour plus tard… »

-… Le petit garçon de l’histoire me rencontre moi. Intervint Syldaïan.
- Exact…
« Le jeune Rôdeur rencontre donc Syldaïan de Naas, imbécile reconnu et fils de Gnarda de Naas. Syld à quatorze ans et vient juste d’être ordonné archer solaire. Il fuit la maison familiale, pour une histoire de liberté que j’ai pas encore comprise. Et évidemment, le Rôdeur l’aide à sortir de la ville. Ils passent une semaine ensemble sur les routes, et deviennent les meilleurs amis du monde. Le Rôdeur est alors tenté par une aventure que lui propose une serveuse de bar : explorer une grotte au sud de la ville. Les deux adolescents, galvanisés, acceptent immédiatement et foncent le matin suivant dans cette grotte. Difficile d’accès, il faut les capacités des deux amis pour y entrer. A l’intérieur, des épreuves leur sont imposées. Ils les réussissent. Et, à la fin, ils arrivent en face d’un autel. Quand le Rôdeur ouvre cet autel un grand spectre en sort et se précipite sur Syldaïan. Le Rôdeur ne réfléchit pas, et s’interpose entre son ami et cette menace potentielle. Quand le spectre le frappe, il disparaît à l’intérieur de lui. Soudain une voix hurle dans son esprit : Tu as osé ! Je ne t’étais pas destiné ! Tes souffrances seront indéfinissables ! Enfin un truc dans le genre…
Le Rôdeur est alors maudit. Ce spectre était un démon, et désormais, si le Rôdeur ne fait pas couler le sang durant trois jours, le démon prends son corps pour dix heures, et moi… »

Plus personne ne parlait. Dans les ombres de la nuit, le Rôdeur ressemblait à une créature des Abysses : destinée à souffrir jusqu’à la fin. Enteraz s’assit, et contempla le feu.
-Mais c’est pas une raison, vous savez. Commenta Enteraz. Ma malédiction ne touche que moi…
Un lourd silence pesait sur le petit camp. Syldaïan se leva.
- Enteraz, tu est un imbécile : ils voulaient qu’on les divertissent, pas que tu les fasse pleurer. Pour rattraper le coup, je vais moi vous raconter une histoire…

Syldaïan ne raconta pas une histoire, mais deux. Il raconta d’abord la Légende des trois démons Originels. Zyrek, Oldrhule et Brise-Glace, après leur création par un Dieu du mal oublié, ont décidé d’investire huit Plans différents : Sept pour l’Hadès, résidence des « mauvais » êtres à leur mort, et un pour les Abysses : résidence des damnés. Brise-Glace, malgré sa nature démoniaque, devint vite une créature du Bien, et enferma Oldrhule. Zyrek, lui, arpentait le Plan matériel, en quête d’amusement. D’amusement démoniaque bien sur. On racontait que Zyrek était l’égal d’un Dieu.
Syld raconta ensuite l’histoire de Dess de Mievil, obscur héros qui vainquit Zyrek.

Le lendemain matin, la petite troupe de Sofia reprit la route, et après cinq jours de marche, ils arrivaient enfin à destination : Izzï, capitale des elfes.



13. XIII
(par The Rux, ajouté le 23/05/04 19:06)


« Souvent, les gens disent que je me bats bien. Pour les imbéciles qui mes le font remarquer, j’ai la réponse qui tue : Et alors ? … »


Enteraz esquiva sur la droite. Son adversaire frappa de taille. Enteraz se baissa, et faucha les jambes de son adversaire d’un large coup de pied. Celui-ci chuta. Le Rôdeur l’acheva. Un autre brigand le prit pour cible. Il lui envoya la garde de son épée dans le nez, et le frappa du plat de la lame. Il tomba, assommé.
Hortegar en avait attrapé un par le col de sa tunique et le faisait tournoyer dans tous les sens. Il n’infligeait pas de gros dommages à ses compagnons, mais l’infortuné qui défiait les lois de la pesanteur entre les mains d’Hortegar les dispersait de manière admirable.
Kicica passait d’ennemi en ennemi, blessant et achevant les bandits, et protégeant ses alliés du mieux qu’elle pouvait de son large bouclier. Une flèche se ficha dans son écu. Elle roula sur la gauche, tentant de repérer l’archer. Alors qu’elle l’eut aperçu dans les fourrés, Syldaïan apparut à son coté, et bientôt, l’archer ennemi se trouva avec une flèche entre les deux yeux. Syld sourit, puis disparut, appelé à un autre endroit de la bataille.
Stalker ferraillait difficilement contre cinq brigands. Il para trois attaques simultanées, et dissuada les deux autres de passer sur son flanc. Il esquiva, puis riposta, blessant un de ses assaillants. Ça ne l’avança pas beaucoup. Soudain, une hache vint fendre le crane de l’un d’eux.
- Alors tu bouges ! Lui hurla Krieg.
Ravi de son aide, il acheva son adversaire le plus proche et passa dans le dos d’un second. Krieg, lui, taillait à grands coups dans le tas, grande technique Naine qui à fait ses preuves maintes fois. Mais, le Nain prudent restait bien à l’abri derrière son large écu. Cette association de furie Naine et de défense appartenait à Krieg : c’était sa marque de fabrique. Seldan s’amusait, sautait, virevoltait avec aisance parmi les assaillants, faisant parcourir le fil de son épée sur leurs gorges et leurs mollets. Il vidait au passage les poches de ses assaillants. Ils n’étaient malheureusement pas très riches. Enfin bon…
- Lithsaïsas Carneda ! Hurla Sofia.
Une chaîne d’éclairs décima une dizaine de bandits, brûlant leur peau et leurs vêtements. Sofia n’avait jamais eu aucun mal à tuer un être vivant. Bien sur, sa première victime l’avait ébranlée, comme tout être doué de raison un tant soi peu sensible, mais elle arrivait à faire abstraction de ses scrupules en combat. Elle frappa à la tempe un survivant. Soudain, surgit de nulle part, un des assaillants se précipita vers elle, sabre brandi. Par réflexe, elle leva son bâton et ferma les yeux.
Elle perçu le fracas de l’acier devant elle. Reculant, elle ouvrit les yeux. Enteraz avait paré le coup. D’une poussée, il réduisit la garde de son adversaire à néant, et lui entailla la cuisse. Celui-ci s’affaissa. Enteraz plaça sa lame dangereusement près du cou de l’infortuné, tandis que la bataille s’arrêtait autour d’eux. La Garde l’emportait avec seulement des blessures minimes.
- Ma Dame ? Demanda Enteraz.
Sofia sourit. Exprès pour énerver le Rôdeur, elle répondrait le plus tard possible…
Après quelques heures de marche, ils arrivèrent enfin en vue d’Izzï. Gaellia s’extasia, comme tout le monde en fait, sur la beauté des bâtiments, sur ces courbes et ces angles, sur la simplicité et la puissance qui émanaient de la ville mythique. Tous, sauf deux. Stalker y était né, et Enteraz connaissait trop bien la souveraine. L’Elfe s’assombrit. Enteraz soupira. Stalker épousseta son manteau et jura.
- Quoi ? Demanda le Rôdeur.
Deux hérauts elfique se précipitaient sur eux. Sur l’un d’entre eux, en fait.
-Prince ! hurla l’un d’eux à Stalker.
Tous se tournèrent vers l’inhabituel Paladin.
-Par Héafaas… jura-t-il en elfique.
- Invoque plutôt Sli, elle seule compte pour tes pareils… souffla Enteraz dans la même langue.
-Ma mère…
-Aurais tu peur de quelqu’un, Stalker Vertcœur ?
-Oui, j’ai peur de Léanath Vertcoeur… ironique n’est ce pas ?
- Je te comprends… commença le Rôdeur
Stalker sursauta
- Non, tu n’es pas de son sang, tu ne l’as jamais vue s’énerver.
- J’ai goûté aux lames d’Irina-Siris…
Stalker se tut. Enteraz lui tendit la main. Au grand étonnement de tous, Stalker lui attrapa le poignet. A la manière des guerriers. Puis, ils éclatèrent de rire.
- Elle n’est pas si terrible après tout ! Dit le Rôdeur, en commun cette fois ci.
Les autres les prirent définitivement pour deux fous. A parler dans une langue étrange, puis à rire aux éclats.
Sofia et Gaellia avaient des bases en elfique, mais elles ne comprirent que les patronymes divins de l’échange. Et puis elles avaient une autre information, capitale, à encaisser : Stalker, prince d’Izzï !

Sofia, seule, se présenta à la garde de la ville pour annoncer son arrivée. On ne la prit pas au sérieux.
- Oui, bon.. Une petite noble humaine et sa garde… On devrait pouvoir vous trouver un logement…
- Serait-il possible de rencontrer la Reine. Demanda la Magicienne.
Le soldat éclata de rire.
-Je crois pas non !
Enteraz et Stalker entrèrent dans le bâtiment. L’activité qui y régnait cessa. Tous les fonctionnaires laissèrent tomber leur paperasse. Les soldats lâchèrent leurs armes. Soudain, tous les Elfes présents se prosternèrent devant les nouveaux arrivants.
- Je sais que je suis connu, mais à ce point là… commenta Enteraz.
Stalker s’assombrit encore plus si c’était possible :
-C’est pas toi leur sujet d’adoration…
Sofia intervint :
-Est-ce que tu peux leur dire de se relever, j’ai besoin de rencontrer la Reine.
-T’inquiètes, elle arrive… répondit Stalker.
En effet, au dehors, on entendait déjà une voix mélodieuse se lever.

-DEGAGEZ ! Hurlait-elle
Hortegar s’interposa :
- D’accord, il vous a bousculé mais…
L’elfe à qui appartenait la voix attrapa le barbare par le col de sa tunique.
-Ah Ouais ? Souffla-t-elle en approchant le visage d’Hortegar. J’avais pas remarqué, mais si tu veux te retrouver au sommet de ma tour avec…(Par respect pour ce pauvre Hortegar, et pour la sensibilité de certains lecteurs, les propos de ce personnages sont censurés. En effet, Léanath Vertcoeur est connue pour son vocabulaire particulièrement fourni en matière d’injures. Encore désolé pour cette interruption. NdA)… Tu as compris ?
Hortegar fit « oui » de la tête. Léanath le lâcha et fonça vers le « prince ».

Tous installés dans la salle du trône a déguster un festin digne des fêtes du Panthéon, ils attendaient la maîtresse des lieux, qui leur expliquerait tout. Expliquer quoi ?
Elle à beaucoup de choses à dire, Enteraz…
Écoute Syld, tout ce qu’il nous faut, c’est l’autorisation pour Sofia d’entrer dans la Bibliothèque.
C’est plus compliqué que ça…
Soudain, la porte massive s’ouvrit sur Léanath Vertcoeur : Petite, mais imposante. Quiconque croisait son regard voyait les millénaires qu’elle avait traversé, et surtout les ennemis qu’elle avait transpercé. On l’appelait aussi le Témoin, car elle était née en même temps que la race humaine, et la légende voudrait qu’elle s’éteigne avec elle. Elle commença par s’asseoir sur son trône. Une voix claire sortie de nulle part annonça :
- Léanath Vertcoeur, Reine des Elfes d’Izzï, ancienne compagne de celui-ci, compagnon d’armes de Dess de Mievil…
La voix continua durant dix minutes à déclamer de sa belle sonorité soprano tous les titres de Léanath. Elle s’attaqua ensuite à Sofia :
-Sofia Estrella d’Alient, fille de Ranoff…
Une lueur verte entoura soudain la main droite de Léanath.
-LA FERME ! Hurla-t-elle, en tendant sa main vers une des statues qui ornaient la salle.
Un rayon émeraude sortant de sa paume frappa la somptueuse idole représentant une version plus grande de la Reine. Celle-ci éclata en morceaux. La voix s’arrêta d’un coup.
-Bon, où on en était ?
Plus personne n’osait parler. Soudain quelqu’un éclata de rire. Tous reconnurent le rire tellement discret d’Enteraz.
-Peut on savoir ce qui vous fait rire à ce point, le Maudit ? Demanda Sofia, écarlate de gêne.
Enteraz tenta de reprendre son souffle :
- Bienvenue à Izzï.


14. XIV
(par The Rux, ajouté le 16/06/04 18:57)



« La première fois que l’on m’a parlé de mon destin, j’en avais absolument rien à faire »



Léanath arpentait sa chambre de long en large.
-C’est que le Gardien n’a reçu personne depuis au moins quatre cent ans, je refuse de vous envoyer au carnage. Murmurait-elle
-La Bibliothèque n’est pas si dangereuse quand même ?
Sofia tentait d ‘expliquer ses aspirations à la Reine des Elfes. Seules dans les immenses quartiers de Léanath, appartement aux murs tendus d’étoffes vertes et bleues, meublée de bois noir et doré, les deux femmes s‘expliquaient. Les livres ouverts, écrits en différentes langues, parlant de tout et de rien, jonchaient le sol. Différents ouvrages de bois ou de métal, sculptures à demi achevées souvent, étaient entassés dans des coffres mal fermés.
-D’accord, mais à une seule condition, je veux tout savoir sur ce démon…

Léanath amena quelques heures plus tard le groupe aux portes de la Bibliothèque. Grand bâtiment d’ébène elfique, un bois plus dur que la roche, il était gravé aux armes d’Aostroth, Dieu des Histoires. Les lourdes portes s’ouvrirent. Sofia admira alors d’énormes étalages remplis de volumes de toutes tailles, de toutes couleurs, traitants de sujets aussi variés que l’architecture Gobeline, les histoires drôles (rangées dans la même section que le sujet précédent), la magie sous toutes ses coutures, ou des livres comme « L’ABC de la destruction crânienne » par Fridalif Kornaksilf, barbare d’Alénarie. Au passage, on soupçonnait que cet ouvrage n’était emprunté que par une seule personne : Léanath Vertcoeur. Naviguant parmi les rayons, la Magicienne se demandait ce qu’une bibliothèque aussi grandiose pouvait avoir de dangereux. La salle était si vaste que le château d’Alient aurait pu y entrer dans son intégralité. Peut-être les étagères tombaient sur les indésirables… Improbable, mais avec Léanath on ne sait jamais…
Divers érudits de toutes les races possibles et imaginables cherchaient des ouvrages, manœuvraient des échelles dorées d’une taille impossibles, ou se frappaient à coup de canne. Vive la science !
Léanath fit marcher le groupe ce qui sembla être des heures, puis ceux-cis arrivèrent au fond de la Bibliothèque. Là, le décor changeait du tout au tout : taillé dans un grand bloc de pierre, un visage elfique les regarda s’asseoir sur une dizaine de chaises tendues de velours rouge. Il loucha un instant sur les membres féminins du groupe, puis fronça les sourcils en se tournant vers Léanath :
- Que m’amène-tu là, ma Reine ?
-Un Mage aimerait accéder aux secrets de la Magie Planaire…
Le visage éclata de rire. Les membres de groupe reculèrent leurs chaises.
- Après quatre cent ans, un fou se décide enfin à m’amener de l’animation ! Très bien ! Qu’il s’avance !
-ELLE arrive, Gardien. Répondit Sofia.
Le Gardien fronça les sourcils :
-Qu’importe… Petite humaine, je vais sonder ton esprit. Ensuite, je choisirai trois de tes compagnons pour t’accompagner. Cette quête sera dangereuse, voire mortelle. Si tu accepte de risquer ta vie et celle de tes compagnons pour la bribe de savoir que ton faible esprit humain peut comprendre, alors dit seulement « oui »… Sinon, pars.
Soudain Sofia se sentit moins confiante. Pourquoi risquer leurs vies ? Ils ne lui doivent rien, et ils ne méritent pas de mourir… Elle se refusait à les mener en Hadès avant leur heure. Elle resta ainsi à se tourmenter de longues minutes. Elle avait quand même fait tout ce chemin, autant que ce soit pour quelque chose.
-Alors ? Demanda le Gardien.
Je ne sais pas !
Elle tourna la tête vers ses compagnons. Tous étaient souriants. Ils avaient confiance. Oui mais…
Kicica se leva.
- Sofia Armélia d’Alient, déclama-t-elle en souriant, tu es ici pour vivre ton rêve, alors dépêche-toi de dire oui…
Elle se rassit.
Seldan se leva également :
-D’autant que de toutes façon, la mort dans d’atroces souffrances est inévitable.
Il se rassit.
- La vie se terminera un jour où l’autre… termina Syldaïan, restant assis, lui.
Il fixa Sofia un instant. Le reste de sa phrase devait rester secret.
Sofia soupira :
- Oui.
Le Gardien se mit alors à observer chaque membre du groupe comme il l’avait fait pour Sofia. Leurs esprits n’avaient plus aucun secret pour lui.
Tous retinrent leur souffle. Ils avaient confiance en Sofia, mais la perspective de mourir ne les intéressait pas tant que ça finalement. Seuls Sofia et Syldaïan restaient calmes.
- Premièrement, je choisi Kicica Grandair, dite Lame-cristal, pour son courage et sa faiblesse.
La Paladin se leva, et passa la main dans ses cheveux. Faiblesse ?
- Ensuite, viendra Hortegar Aesgarsilf, ou fils d’Aesgar, pour son impétuosité, et parce que cela fait longtemps que je n’ai pas entendu de chant de guerre Ugthe-Genal.
Hortegar se leva, et bomba le torse. Il veut assurer la survie de Sofia ou quoi ?
-Enfin, je voulais prendre l’archer solaire, mais il est trop puissant, le défi n’aurait donc plus aucun intérêt. Je choisi donc Enteraz le Maudit pour sa lame et son destin…
Enteraz se leva et secoua la tête. Il dégaina son épée.
-Pour la lame, je comprends, mais pour le destin… dit-il en regardant la lame de son arme.
-L’Avenir réserve des surprises Enteraz.
-Sûrement Syld, sûrement…
Le visage de pierre sourit, puis ouvrit sa bouche en grand.
-Passez, dit Léanath, et revenez en vie ou je ferais subir à vos âmes les pires tortures que je connaisse !
Ils passèrent dans la large entrée révélée par le Gardien.
La « porte » se referma derrière eux, les laissant dans le noir.
-Illuminis Apogis ! Murmura Sofia.
Le décor s’illumina soudain. Un labyrinthe ! Le plus grand et le plus impressionnant de tous ceux que les compagnons aient déjà vu. Des murs de pierre grise s’étendaient au-delà de leur vision. Tous les autres sanctuaires que Sofia et sa garde avaient visités se contentaient d’une pièce où reposait l’Encyclopédie magique liée à l’élément du sanctuaire. Bon, souvent ce livre était gardé par un énorme élémental, mais jamais d’autres épreuves ne se présentaient. Sofia comprenait les réticences de Léanath. Kicica avança, suivie de la Magicienne. Hortegar et Enteraz fermèrent la marche. Suivant le premier couloir, Kicica s’arrêta soudainement en entendant un clic… Elle leva son bouclier juste à temps pour sauver Sofia d’une fléchette des plus menaçante qui fonçait sur elle. Le voyage n’allait pas être de tout repos…

Seldan prit un volume dans la section géographie :
« … Mais de tous les peuples humains, les Rashkans sont les plus puissants physiquement. Combattants à la peau presque d‘ébène, ils vivent dans les plaines d’Alénarie, partageant les territoires avec les Garthegals, plus communément appelés Barbares. Les Rashkans ont pour signe distinctif un nez souvent épaté, et un processus de cicatrisation quelque peu anormal. Ils sont, par constitution, plus grands et plus puissants que les autres peuples humains. Des études récentes ont montré qu’ils viennent du continent englouti de Zarénie, dont le royaume de Quatres-Iles en est la partie encore émergée. Le climat de Zarénie aurait été semblable aux terres que les Rashkans habitent aujourd’hui : chaud et humide, grâce aux pouvoirs de Brolynn, Dieu protecteur des Rashkans. Autre détail intéressant, l’Egotie mineure, située plus au sud que l’Egotie majeure, est considérée par décret divin comme Nordique… »
Ce livre est écrit par qui ? LE Izzï ! Et bien…

Le groupe arriva à un carrefour en angle droit. Un chemin en face, un à gauche, un à droite, le choix était difficile. D’autant plus qu’il ne fallait pas qu’ils se séparent… Hortegar, arme tirée, avançait prudemment pour sonder le terrain. Il arriva au centre du croisement sans embûches. Sofia, Kicica et Enteraz le rejoignirent. Un clic retentit. Enteraz et Hortegar poussèrent les dames en avant et reculèrent. Une trappe s’ouvrit à l’endroit où ils s’étaient trouvés une seconde plus tôt. Le groupe était maintenant séparé. D’un coté et de l’autre d’un grand trou garni des traditionnelles pointes où restaient quelques cranes d’infortunés prédécesseurs.
-Avancez ! Cria Enteraz. On vous retrouvera plus tard !
Ces demoiselles s’exécutèrent. Hortegar et Enteraz se regardèrent. Non, se n’était pas le moment de s’entre déchirer. De grosses lames incurvées montées sur de lourdes chaînes descendirent du plafond au-dessus du gouffre et se mirent à osciller à trente centimètres l’une de l’autre. Un panneau de bois boucha le passage où étaient parties la Magicienne et la Paladin. Il fallait bien avancer pourtant. Ils reculèrent.
-Hortegar, les chaînes…
-Toi à gauche, moi à droite.
Enteraz regarda le barbare. Celui-ci souriait.
- C’est peut-être pas une bonne idée mais bon…
Ils s’élancèrent. Au terme de leur élan, ils bondirent. Chacun attrapa une chaîne retenant les lames mortelles. Au rythme des oscillations, perché sur sa chaîne, Enteraz comprit soudain l’idée d’Hortegar : s’ils se présentaient à deux sur le même chemin, la dalle sur la quelle ils se tiendraient basculerait, les entraînant vers la fin du voyage. Comme prévu, le barbare sauta à droite. Il se réceptionna, se releva, et observa le Rôdeur.
-Alors !?
Ouais, Ouais…
Le Rôdeur sauta de son coté, et rata son atterrissage, manquant de se casser le nez sur le sol de pierre. Il entendit Hortegar éclater de rire. Attends un peu toi…

Syldaïan monta l’échelle, et prit un livre à la lettre « G » de la section mythologie.
« La Guerre des Dieux.
… Après la naissance des Terres, les divinités se penchèrent sur la question du peuplement. Tandis que les Dieux mineurs s’attelaient à cette tâche, un puissant litige opposa Héafaas, dieu de la Justice et de l’Égalité, à Zyrek, Dieu unique du Mal. Personne n’en connaît la cause, mais cette bataille fut la plus spectaculaire de toutes. On raconte que durant ce combat, Héafaas dérapa et dû se rattraper sur la surface d’Aera. Cette information reste encore à prouver. Au terme d’un affrontement sans merci, Héafaas finit par vaincre Zyrek avec l’aide de Kuldahar, Dieu Orque. L’essence divine de Zyrek fut ôtée, et celui-ci fut banni à la surface en tant que démon. Dans son passage de Dieu à Démon, Zyrek se créa deux frères : Brise-Glace, mal repentit dès ses premiers instants, et Oldrhule, violence pure. On dit aussi qu’il créa la haine lors de cet instant… »



15. XV
(par The Rux, ajouté le 07/07/04 13:39)



« Maintenant que j’y repense, j’aurais dû me douter de quelque chose quand même… »



Épée tirée, Enteraz avançait dans la clarté surnaturelle de son couloir. Chacun de ses pas qui résonnaient dans le silence poussiéreux semblait une explosion sonore inutile à ses oreilles, alors que peu d’humains auraient perçu ce son ténu. Les murs gris et froids sur lesquels les reflets de sa lame se fondaient l’oppressaient. C’est pas qu’il était claustrophobe mais… Si, en fait, il était un tout petit peu claustrophobe. Un tout petit peu…
Soudain, derrière le mur, un bruit de poulie parvint à ses oreilles. Pivotant, il se prépara à affronter droit dans les yeux… Un cercle creusé dans la pierre. Qui crachait du feu ! Enteraz évita de justesse le jet mortel, éteignit un pan de sa cape qui s’était embrasé et jeta un regard vers la ligne enflammée au contact de laquelle il avait faillit devenir torche humaine.
- Presque ! Lança une voix
Enteraz fit volte face. Dans un épais brouillard blanc, qui n‘était pas là il y à cinq secondes, une forme se détachait lentement. Une forme inquiétante, et surtout armée.
-Ouais, presque… souffla le Rôdeur.

Sofia tenta un sort de détection… Rien. Cet endroit avait une résistance à la magie énorme. Kicica, à coté d’elle, lui assurait que tout allait bien. Non, tout n’allait pas bien ! Sofia voulait crier, hurler, vider l’air de ses poumons en quelque chose de bruyant et d’inutile. Elle se retint. Elle devait sortir. Pour son père, pour ses compagnons, pour elle…
Les deux femmes avançaient dans ce décor irréel, quand soudain, un craquement derrière elle fit sursauter Sofia. Elle se retourna et vit cinq squelettes qui s’étaient frayé un chemin à travers les pavés semblait-il.
-Euh… Kicica ?
- Ouais ?
Sofia fit craquer les articulations de sa main gauche.
-On à de la visite par ici…
-Ici aussi.
La Magicienne tourna la tête. Kicica faisait face à ces mêmes guerriers décharnés, eux au nombre de six. Ca faisait onze au total.
-Sofia, quoi qu’il arrive, il faut qu’on reste dos à dos !
-Compris…
Elle se prépara au combat. La magie est pour nous une science impossible pour une raison assez simple. Aera, comme tous les mondes « magifères », émet un rayonnement spécial, que seules les formes de vie intelligentes peuvent capter. Ainsi, l’habilité à capter ce rayonnement détermine la puissance magique d’un être, et explique que certains sont plus Magiciens que d’autres. D’autre part, certaines formes de vie existant sur Aera sont des sortes d’ « accumulateurs » de cette énergie, comme les dragons, les anges ou les démons. Pour qu’un magicien puisse faire appel à la magie, il faut qu’il la laisse l’envahir un dixième de seconde, et il est alors apte à canaliser les différentes énergies par l’intermédiaire de la magie. C’est exactement ce que fit Sofia. Ses yeux changèrent brièvement de couleur. Elle était désormais apte à jeter des sorts. Elle ne se fit d’ailleurs pas prier.
-Guardi Sphaïram !
Un globe protecteur l’entoura.
- Tékis !
Un des squelettes en face d’elle se démantela, ayant encaissé l’équivalent d’un tremblement de terre gradué 17 sur l’échelle de Richter en plein dans la cage thoracique. Elle en frappa un autre de son bâton.
Kicica fit sauter un crâne d’un coup de boucler, sépara un humérus d’un radius de son épée, enfin bref, elle démembrait ces guerriers d’os. Tous ses adversaires tombèrent. Ceux de Sofia allaient suivre.
- Multi Faodra !
Des éclairs jaillirent de ses phalanges, calcinant ses deux derniers adversaires. Elle se retourna vers Kicica :
-Bon, il suffit d’avancer je suppose.
La Paladin grommela une réponse.

Durant la partie qui les opposait depuis sa naissance, Enteraz n’avait jamais eu beaucoup de pièces. Une Reine, en la personne de Léanath, et une dizaine de pions, représentant les Rôdeurs de l’Elbebrin constituaient son jeu. Ces quelques « alliés » de son frère n’avaient jamais égalé son armée entière par le nombre, mais les agents de Dolphian étaient souvent vaincus par un coup, toujours le même : l’épée tourbillonnante d’Enteraz s’en occupait. Mais, depuis quelque temps, son jeu s’était étoffé. Une nouvelle Reine, Sofia, et cinq ou six nouveaux chevaliers, le reste du groupe. Cela inquiétai le maître de la guilde Écarlate que ces guerriers, et principalement deux femmes de haute naissance, aient fait fi de la terrible réputation qu’il avait contribué à créer. En plus du démon qui habitait son frère, celui-ci commençait à posséder trop d’armes. Il faudrait y remédier…
Son nez lui faisait toujours aussi mal. Comment croire que cette petite elfe avait réussi à le lui casser alors qu’il la dépassait de deux bonnes têtes ? Quoi qu’il en soit, il l’avait sacrifié pour une noble cause. Ainsi, la première partie de son plan visant à éliminer la première née d’Alient était en place. Il aurait transformé en petite particule cendreuse quiconque lui aurait fait remarquer, mais, avec son nez cassé, il ressemblait à s’y méprendre à son frère.

Hortegar, au détour des couloirs, rejoint rapidement Sofia et Kicica. Toujours pratique, il s’enquit de l’état de la Magicienne, et les suivit. Il espérait de tout son cœur que le Rôdeur s’en sorte. Et se n’était pas pour pouvoir le tuer de ses mains. Lors du saut qu’ils avaient fait ensemble, il avait vu en Enteraz la flamme que son peuple appelait « Ronath arde Sweran », ou furie d’aventure. Ce coté casse-cou que tout Ugthe-Genal cultivait, ce petit Rôdeur sudiste l’avait. Peut être n’était-il pas si inamical, après tout. En tout cas, si il en voulait confirmation, il lui faudrait d’abord trouver une solution au problème qui venait juste de se présenter. Un problème de taille, pour être optimiste. Très optimiste.

La forme brumeuse s’approcha de lui. L’atmosphère se fit glaciale. Son sang se figea dans ses veines. Elle serait


16. XVI
(par The Rux, ajouté le 09/08/04 19:39)



« Pour repartir sur une autre base, je vais me répéter : Je ne suis pas un héros. Syldaïan était un héros, Desmer était un héros, mais pas moi. »



Ce duel était prévu depuis au moins sept ans, toujours repoussé pour des bêtises. La mort de Bendesdan, tout ça…
Chacun filait vers l’autre avec la ferme intention de lui prouver qu’il était le meilleur. L’un des duels plus difficiles qu’aient jamais effectué Ben et Enteraz se présentait. La « conversation » risquait d’être houleuse, voire même… mortelle.
- Pare le Fer ! Hurla le maître d’armes.
- … Et par l’Honneur ! Hurla le Rôdeur
Ben lança le premier assaut. Un coup de taille au visage, qui fut paré. Enteraz riposta d’un estoc. Ben esquive. Il frappe la tempe du Rôdeur de sa garde. Celui-ci recule, titubant.
- Ça compte comme premier sang ? Demande-t-il
- Tu saignes pas, donc non.
Et le duel reprend de plus belle. Les deux combattants déploient toutes leurs techniques. Des estocs vicieux, aux coups féroce, en passant par les bottes compliquées, tous les mouvements possibles et imaginables ne parviennent pas à passer la garde de l’adversaire. Soudain, Enteraz, feignant la chute après des mouvements délibérément excessifs, parvient à entailler le bras du maître d’armes.
- Le premier sang est pour moi !
- Le dernier compte d’avantage !
D’un pas de deux, Ben esquive une charge d’Enteraz.
- Tu ne t’es toujours pas amélioré…
Mais, en voulant se retourner, Ben se rends compte que le Rôdeur immobilise son bras, et le tiens en joue.
-Et toi tu baisses…
Bendesdan lui assène un coup de coude juste sous le cœur, puis un second. Enteraz lâche prise. Ben estoque à la jambe. Enteraz pare en octave. Ben attaque en quarte, le Rôdeur pare en sixte. S’enchaîne alors une danse mortelle, faite de tailles de tranche et d’estoc. Enteraz attaque aux chevilles du maître d’armes. Ben esquive d’un bond, bloquant la fine lame d’Enteraz sous son pied. La lame se brise. Enteraz se débarrasse de son arme brisée. Il recule. Ca s’annonce mal.

Léanath s’était faite roulée comme une bleue ! Dolphian l’avait eue en beauté. Il était venu l’insulter à mots couverts, injurier Izzï et toute sa race de la manière polissée dont il avait le secret. Il avait, en plus, sacrifié un demi-elfe sur le sol de son propre palais. Qu’avait-t-il dit, sur le seuil de la porte, le nez ensanglanté ?
-Quels que soient tes pouvoirs Léanath, jamais tu ne pourras m’en empêcher. Qu’est tu donc, pour affronter un Mage dont le niveau dépasse celui de la magie Planaire ?
Évidemment, elle s’était laissée emporter. Et Sofia et ses compagnons en payaient le prix.
Naviguant entre les rayons de la sections mystère, Gaellia n’en pouvait plus d’attendre. Comment en était elle arrivée là. Dans les couloirs de Dragoon Malior, la plus grande des trois forteresses d’Alient, on la connaissait pour son tempérament joueur et ses innombrables bêtises. Puis elle était entrée au service du Panthéon, un ordre servant le Bien sous toutes ses formes et à travers toutes ses incarnations. Elle était la première amie de Sofia, et la meilleure. Lorsque sa cousine avait décider de parcourir le monde pour devenir Magicienne, elle avait fait chanter ses parents et ceux de Sofia pour l’accompagner. Durant tout ce qu’elles avaient affronté, elle n’avait jamais pris conscience que tous risquaient leur vie sur les routes. Mais désormais elle avait peur pour Sofia. Pourquoi ce grand visage ne l’avait-elle pas choisi elle !

Immaturité et courage ne font jamais bon ménage.

-Comment vas-tu faire Smallis ? demande Ben, rieur.
Effectivement, comment va-t-il faire pour continuer le combat avec une lame en pièces ? Le Rôdeur sourit. Le plus simplement du monde. En changeant d’arme. La pièce où se déroule le duel est remplie de râteliers, eux-mêmes remplis d’épées de toutes sortes. Simple. Enteraz tends le bras et agrippe le long pommeau d’une épée à la garde circulaire, et à la lame légèrement incurvée, plus lourde, plus dure et plus mortelle que tout autre type d’épée.
-Qu’est ce que c’est que ça ? S’interroge Ben en voyant son ancien élève lever contre lui cette arme inhabituelle.
Son élève lui réponds à travers son sourire le plus énervant :
- Un katana Nomos-Déen…
Le maître d’armes teste la garde d’Enteraz de deux estocs : Il est toujours aussi rapide malgré le poids de l’arme. Ben attaque plus franchement, Enteraz pare et contre attaque. Ben bloque. Sa maigre lame se brise sous l’impact, ainsi que son espérance. Enteraz gagnerait. Jamais il ne lui avait enseigné le maniement de ce « katana ». Un gouffre trop profond s’était creusé entre le maître d’armes et son ancien élève. Ben éclata de rire. Enteraz le fixa, sourire aux lèvres.
- Tu ne gagneras de toute façon pas…
Fracas d’une épée qui tombe à terre. Enteraz murmurant un au revoir. Tels sont les sons qui accompagnent Bendesdan, maître d’armes d’Alianas, lors de son retour en Waharan, le paradis des innocents et des braves.

Enteraz, capé et harnaché, retourna par on ne sait quelle magie dans le couloir que son duel avec Ben lui avait fait abandonner. Surmontant sa légère claustrophobie, les mains ancrées à son épée, le Rôdeur avança vers les fracas d’un autre combat . Ben avait parlé de « Théphanis », et il tardait à Enteraz de savoir qui il était.
En fait, la question n’était pas de savoir qui Théphanis était, mais plutôt de savoir CE qu’il était.


17. Chapitre XV, suite
(par The Rux, ajouté le 19/09/04 14:12)


...bientôt sur lui. La fumée qui l’enveloppait s’estompait peu à peu, laissant apparaître une forme sombre. Quelle créature de cauchemar allait l’attaquer ? La brume disparut tout à fait. Enteraz contemplait son ennemi.
-Oh non… soupira Enteraz.
- Smallis ! Comment tu vas ?
Le Rôdeur prit appui sur une paroi.
- Ca va Ben…
Son ancien maître d’armes avait l’air totalement vivant. Son sourire était le même, ses yeux noirs toujours aussi rieurs, et son crâne toujours aussi dégarni. Il portait sa chemise de duelliste bleue habituelle, sa ceinture portait toujours autant de stylets et de scalpels, et il avait à la main son sabre préféré, splendide arme à la lame nue, et à la garde rouge décorée d’or. Il éclatait de rire.
- Qu’est ce qui te fait rire ? Demanda l’ex-élève.
Le maître d’armes calma son fou-rire.
- Tu sais bien que je suis une âme simple, je ris d’un rien…
- Ben !
Bendesdan était effectivement toujours le même.
- Ok, Ok… ça me fait exploser de rire primo, que tu sois aussi grand, et secundo que TOI, veuille devenir Mage. Ton frère est pas mort à que je sache.
- Je ne veux toujours pas m’y connaître en magie, mais j’accompagne quelqu’un qui veut…
- C’est une fille j’espère. Coupa Bendesdan
Enteraz sentit son sang affluer dans ses joues.
- Ouais, c’est une fille, continua Ben, et une jolie en plus.
Le Rôdeur ouvrit la bouche pour répliquer.
- Arrête, je te connais comme si je t’avais fait… Bon, au fait, je suis pas là pour parler jupons…
- Naaan, pas possible… ironisa Enteraz.
- …Mais pour me battre en duel contre quiconque aurait l’envie de se frotter au vieux Théphanis.
Le décor se changea soudain. Apparut une salle de combat, remplie de râteliers eux-mêmes remplis d’armes en tout genre.
- Il va falloir que je te tue ? Demanda le Rôdeur en dégrafant sa cape et sa ceinture. Il posa son épée sur une table.
- Meuh non, je suis déjà mort idiot. Par contre, je risque de te tuer.
- Tu peux toujours rêver vieillard ! Comment je peux gagner ?
Enteraz enleva sa cotte de mailles et le gilet qui la recouvrait.
- Oh, bah, si tu arrive à m’infliger une blessure qui serait mortelle pour un vivant, tu gagneras. En garde Smallis !
Bendesdan plaça ses pieds en équerre, et salua.
- J’arrive, vieillard.
Enteraz attrapa une rapière, et fit de même.
Ils s’élancèrent l’un vers l’autre, le même énorme sourire sur les lèvres.

(Désolé pour ce trou dans le texte, mais j'ai eu un léger problème avec Internet...)


18. XVII
(par The Rux, ajouté le 19/09/04 14:14)



« Ce n’est pas de la modestie, je vous explique : Les Dieux, pour contrôler les humains, empêchent le commun des mortels d’accomplir de grandes choses. Les rares élus qui le peuvent sont donc appelés héros. »


Toujours les mêmes couloirs. Depuis des heures, Sofia, Kicica et Hortegar parcouraient le labyrinthe sans rien trouver d’intéressant. Tout à coup, au détour d’un couloir, l’ouïe aiguisée d’Hortegar perçut un son ténu. Sans prévenir, sa hallebarde faillie découper Enteraz en deux.
-Calme, le Nordique, calme…
-J’ai failli t’avoir !
-Tu aimes brasser l’air ou quoi ?
Le barbare adressa un sourire carnassier au Rôdeur. Celui-ci lui rendit la politesse.
- Vous vous étriperez plus tard, les machos… soupira Sofia. D’abord il faut sortir d’ici. Enteraz, tu es désigné à l’unanimité pour passer devant.
Le Rôdeur sursauta.
- Quoi !
Il obtempéra pourtant devant le regard que lui lança Sofia. Celui-ci ne pouvait pas refuser.
- Me faire charcuter le premier pour la sécurité d’une pimbêche nobliarde dans des couloirs obscurs, voilà qui est réjouissant…

Léanath ne devait pas manquer à ses devoirs de reine malgré cette histoire de magie. Un délinquant humain avait récemment été emprisonné, et elle se devait au moins d’aller le voir. Les elfes ont toujours étés reconnus pour la superbe architecture de leurs bâtiments et pour leur sens esthétique, mais il fallait reconnaître que leurs geôles étaient exactement les mêmes que celles des autres races : lugubres et crasseuses. Elle s’approcha de la grille qui le séparait d’elle. Il avait tenté plusieurs fois de la détruire, et avait presque réussi… Torse nu, l’humain avait plus de muscles qu’un ogre. De nombreuses cicatrices parcouraient son corps, témoins d’une vie de batailles ; mais, de toutes ses marques, la plus frappante était la balafre qui courait d’au-dessus de l’œil droit jusqu’au milieu de la joue, du même coté. Le coup qui avait provoqué cette cicatrice ne semblait pas avoir atteint l’œil. Il avait une cicatrice de borgne sans en être un. Ses cheveux, noirs d’ébène, descendaient jusqu’aux reins. Léanath sentait une sombre énergie émaner de cet humain. Un Dieu avait apposé sa marque sur lui, pour faire de lui son émissaire. Tandis qu’elle le regardait sans vraiment le voir, l’humain s’était éveillé. Il se leva d’un bond, lança son bras entre les barreaux, et attrapa Léanath par le col de sa tunique.
- Je veux mon épée et mon armure, mais avant fais moi sortir.
Sa voix était rauque et puissante.
- Tu me lâche ou alors je fais brûler ta fierté masculine ! Hurla Léanath, hors d’elle.
L’humain obtempéra devant une telle furie.
- Qui est tu ? Demanda Léanath.
L’homme soupira. Ses yeux gris, froids comme l’acier, la transperçaient.
-Mon nom est Shadow, je…
- Je ne veux pas en savoir plus sur toi, Shadow, je veux juste savoir ce que tu fais ici.
Il s’assit.
- Je suis à la recherche de… de l’Adame Dun.
- Cette vieille légende ! Comment peut tu croire à cette histoire extravagante…
- Je recherche l’être de ténèbres, protecteur du Bien, celui qui aura le pouvoir de vaincre la haine… qu’est ce que ça peut te faire ?
-Rien, mais si le Sum Akshar est vainqueur… lança Léanath avec un sourire, à propos, c’est celle-là ton épée ?
Elle venait d’empoigner une épée à la garde d’or, sertie d’une opale de la taille d’un pouce d’homme, à la lame noire gravée de lignes blanches sinueuses.
-Oui c’est bien Star…

Et me revoilà dans un couloir inamical, froid et sombre.
Enteraz ouvrait le chemin aux trois autres derrière lui. En principe c’était la place d’un Rôdeur, être en éclaireur. Oui, mais à l’air libre ! Par à trois cent mètres sous terre… (Léanath leur avait donné la profondeur exacte du labyrinthe). Il se remémora les paroles de Bendesdan à propos de Théphanis lorsqu’il arriva devant une arche. Sur cette arche était marqué, en un dialecte ancien que le Rôdeur avait du mal à déchiffrer : « Toi qui veux maîtriser la puissance de l’invocation, toi qui veux posséder le pouvoir des voyageurs planaires, voici la fin de ton voyage. Tous les gardiens que tu as aff… (Affratar ?… Mais non, affronté…) affronté n’ont rien été, car ton dernier ennemi sera… »
-Ca dit quoi ? Demanda Sofia derrière son épaule.
- On est dans la m…
Une claque dans la nuque le coupa dans sa phrase.
-On reste poli devant une noble ! Le réprimanda Hortegar.
- Tu veux que je parle de ton odeur, nordique dégénéré ?
-Qu’est ce qui nous attends après cette arche ? Lança Sofia, qui commençait à avoir assez des luttes pré-pubères de ses deux compagnons.
Enteraz se retourna vers elle. Il appuya un regard lourd dans les yeux de la Magicienne. Encore plus dans les ombres, il avait l’air d’un tigre enfermé dans un homme.
- Un dragon bleu nommé Théphanis…
Exclamations de stupeur, bredouillements, et autres signes extérieurs de peur panique. Et oui, un dragon, et adulte qui plus est !

Adulte et affamé même. Il savait que son prochain casse-croûte arrivait. Si on ne le connaît pas, on pourrait dire qu’il est présomptueux de croire que l’on peut manger si facilement des guerriers de la trempe d’Hortegar ou Enteraz. Mais, quand on mesure quinze mètres de haut, que son corps est couvert d’écailles bleues plus dures que le meilleur des boucliers en mitril, et que de sa gueule garnie de crocs de la taille d’un homme sort un torrent d’éclairs sur commande, on peut se permettre d’être présomptueux.
Mais surtout Théphanis avait faim. Un dragon peut survivre des millénaires sans manger, mais la sensation de faim suit durant tout ce temps, ce qui rend la plupart des dragons incapables d’hiberner fous. Et Théphanis était fou, du moins selon les normes des dragons, et… Non, je ne suis pas ici pour vous parler de psychologie des dragons. Toujours est-il que quatre humains font toujours un succulent repas. D’ailleurs, les voici qui arrivaient.

Ca va faire mal…
A peine entrés dans l’imposante salle de pierre brute, les compagnons purent savourer des yeux ce que peu d’êtres ont pu voir. Un dragon est majestueux par nature, et sa simple vue suscite à peu près tous les sentiments possibles et imaginables à un être intelligent. Lorsqu’ils plongent leurs yeux noirs dans d’autres yeux, ils peuvent y lires souvenirs et sentiments passés, destin de l’homme et vie de ses ancêtres.
Enteraz croisa le regard de la bête. Il y lut sa faim. Il dégaina son épée et la planta dans le sol, puis fredonna un air mélancolique et ancien, dans une langue de Rôdeur.
Kicica voulut protester :
- Qu’est ce que…
Enteraz leva une main. Il fixait le dragon avec anxiété. Son chant, répercuté par l’acoustique parfaite de la caverne, résonnait encore. Puis, le silence s’abattit sur la salle. Chacun trouvait sa respiration trop bruyante. A voir les regards croisés d’Enteraz et de Théphanis, c’était comme si deux bêtes se fixaient. Un Dragon et un félin… Soudain, la gueule du Dragon s’élança. Elle s’arrêta à quelques centimètres du Rôdeur. La bête découvrit les dents.
Au secours…
- Tu oses, Guerrier des Secrets ? Murmura la bête. Je ne suis pas un de tes « amis » Rôdeur… Je ne vous laisserai pas passer. Je vais même vous manger.
Même murmurant, la voix du Dragon emplissait la pièce comme si Hortegar eut hurlé.
-N’y à-t-il aucun moyen pour nous de vous raisonner ? Demanda Sofia, tremblante.
Il décala sa tête afin que la Magicienne puisse admirer ses incisives :
- Le fait que tu descendes d’un Dragon d’Argent n’y changera rien…
Une ombre sur la droite de Sofia monta sur la gueule, épée tirée. Hortegar le rejoignit une fraction de seconde plus tard. Théphanis eut les yeux crevés avant d’avoir pu réagir.
- Retraite ! Hurla Enteraz en sautant sur le sol.
Tous obéirent.
Théphanis, hurlant à la mort, détruisit de son souffle l’arche qui les avait fait entrer. Les aventuriers se dispersèrent.
Sofia se promit d’empêcher Enteraz de chanter la prochaine fois. S’il y avait une prochaine fois, évidemment.

- Et maintenant, on fait quoi ?
- On à pas le choix, on esquive.
Enteraz et Hortegar étaient les cibles du Dragon aveugle. Leurs odeurs guidaient des griffes de la taille de l’épée d’Enteraz vers leurs cibles. Au moins, ils feraient passer Sofia.
Enteraz avait passé sa vie à esquiver. Les gens, les femmes, les amis, les ennemis même. Être maudit était… et bien, une malédiction. On passait sa vie à éviter tout contact, et quand le démon prenait le contrôle… A ces moments là, Enteraz était toujours conscient, l’âme torturée par ses propres peurs. L’intérieur de sa propre tête n’est jamais beau à voir, surtout quand on pleure pour chaque mort qu’une injustice nous oblige.
Le Rôdeur regardait Hortegar du coin de l’œil. Il enviait la liberté du barbare.
En fait, il ne savait rien. Fils d’un chef de clan, Hortegar a hérité d’une vivacité d’esprit rare chez les siens, et d’un goût un peu trop prononcé pour la calligraphie. Luttant pour une évolution de sa tribu, les Ugthe-Genals du Tigre, ou Chasseurs de Gloire pour les sudistes, il s’était attiré les foudres du grand conseil. Banni, sa vie se résumait alors une longue errance, et une suite d’erreurs. La dernière en date avait été d’attaquer un homme qui tentait de violer une adolescente devant ses yeux. Cet homme était un puissant préfet, et il l’avait fait engeôler. Sofia était allée le trouver dans sa prison, et voilà où il en était.

Voici donc l’Adame Dun.
Shadow observait le combat, son maître à ses cotés. Il avait récupéré son armure, et Star vibrait dans sa main. Il était Chevalier Noir, c’est à dire l’exact opposé d’un Paladin, tirant sa puissance des Ténèbres.
- Maître ? Demanda-t-il.
La silhouette encapuchonnée a son coté sourit.
- Shadow, tu sais ce que tu as à faire, n’es-ce pas ?
- En effet. Mais je ne peux traverser la roche, moi…
- Très bien !
Shadow sentit la téléportation débuter. Il regrettai ce qu’il avait fait à Léanath.

Enteraz comptai deux estafilades, Hortegar une seule. Sofia devait déjà avoir récupéré le livre, et le rituel avait dû commencer. Ils se demandaient vraiment comment se débarrasser de ce Dragon avant que leur employeur arrive. La réponse vint sous la forme d’un homme en armure noire, casqué, qui portait une cape grise délabrée, et une épée noire et or.
Shadow ne dit qu’un mot :
- Thierry…
Puis il se précipita en hurlant vers Théphanis. Celui-ci lança une patte pour se débarrasser de l’insolent. Il ne sut jamais pourquoi ses coups n’affectaient pas le Chevalier Noir, la mort l’ayant fauché avant même qu’il porte un deuxième coup. Shadow avait sauté sur toute sa hauteur, et l’avait frappé au front une unique fois. Ce qui suffit à tuer un Dragon bleu de quinze mètres de haut. Théphanis chuta. Lorsque il atteint le sol , le fracas de sa chute propulsa Enteraz et Hortegar contre la paroi, les assommant pour le compte. Ils ne virent pas Shadow atterrir avec légèreté et se diriger vers eux.



19. XVIII
(par The Rux, ajouté le 17/10/04 18:52)



« Shadow est quelqu’un d’assez énigmatique : Il est capable de sauter à des hauteurs insoupçonnées, il est quasi invulnérable, et peut tuer tout ce qui vit en un seul coup. Bon, c’est vrai, il y a du divin là dessous… »


Derrière la salle de Théphanis se trouvait l’autel tant recherché. Un gros livre rouge et poussiéreux attendait sur une table en marbre noir. Sur la couverture était inscrit le mot « Voyage ». Sofia avança vers la table, décidée à terminer enfin son voyage. Elle avait déjà assimilé l’école élémentaire (Boules de feu, éclairs, chocs sismiques,…) et l’école dualiste ( Tous les sorts basés sur les Ténèbres et la Lumière ). Ce voyage initiatique se terminait quand l’élève était passé par trois des cinq sanctuaires représentant tous les types de magie. Elle prit le livre et l’ouvrit. Comme les deux dernières fois, son corps se mit à léviter, et une colonne de lumière ne tarda pas à engloutir la Magicienne. Une voix résonna dans sa tête :
Ton nom est Sofia d’Alient. Tu ne le sais peut-être pas, mais du sang de Dragon coule dans tes veines. Cela t’aidera sûrement lors de tes invocations. Ce pouvoir que tu convoites te permettra d’appeler, de communiquer où de contrôler une créature résidant sur un Plan adjacent au tien.
Comment ça « adjacent » ?
Le monde que tu appelles Aera est constitué de plusieurs sphères qui s’entrecroisent. La plus importante est celle où tu vis, appelée sphère matérielle, se trouvant au centre de cet agencement. A chaque espace vide dans ou entre les sphères est donné une attribution et des caractéristiques propres. Voilà ce que l’on appelle un Plan.
Pourrai-je y voyager ?
Ceux de ta race le peuvent après trente ans d’études. Tu peux pour l’instant y puiser des forces et en invoquer les plus faibles habitants. Maintenant, ferme les yeux et ouvre ton esprit, ce pouvoir a toujours été difficile à acquérir.
Sofia fit ce qu‘on lui demandait avec appréhension. Une force se déversa soudain en elle, enflammant chaque centimètre carré de sa peau, vrillant ses sens. Elle hurla mais tint bon. Il fallait tenir.

-Selon toi, quelles sont leurs chances de remonter ?
Krieg, Seldan et Syldaïan étaient assis dans de confortables fauteuils, discutant de choses et d’autres autour de thé elfique.
- Pourquoi me demandes-tu ça Krieg ? Répondit Syldaïan, tu n’as pas confiance en eux ?
- Ce ne sont que des humains.
- Ah oui… Mais les humains peuvent faire de grandes choses.
- Elles ne durent jamais assez longtemps.
L’archer porta une tasse à ses lèvres. Seldan lança :
- Je ne te comprends pas Krieg. Devant un humain qui pourrait t’infliger les pires souffrances possibles, tu te moques de sa race et de ses origines… Ca fait dix minutes que ça dure !
Le Petit-Homme remarqua le sourire de Syldaïan.
- Qu’est ce qui te fais rire ?
Comme à son habitude, le chapeau à larges bords recouvrait sa tête, et seul cet énigmatique et énervant sourire perçait les ombres de son visage.
- Que tu croies que je suis humain…
Syld retira son chapeau, tous purent voir que ses oreilles étaient légèrement pointues.
- Un Demi-elfe ! S’exclama Seldan.
- En effet petit, cet humain n’est pas qu’humain, aussi vrai que ma barbe est grise ! Pour en revenir à ma question, quelles sont leurs chances de remonter ?

-Aïe !
Enteraz se releva, fit craquer ses jointures, et tenta de récupérer son épée plantée dans le mur après la secousse. La secousse ? Il détailla l’immense caverne du regard, cherchant ce qui avait changé. Le dragon gisait, étendu de tout son long, une plaie diaboliquement précise à la base du front. Le chevalier noir qui l’avait faite était assis contre un mur, la lame noire de son épée en face de son visage. Il semblait parler dans le vide, mais Enteraz ne comprenait pas ce qu’il disait. Déléguant l’extraction fastidieuse de son épée à plus tard, il s’approcha de l’inconnu. Celui-ci tourna son heaume d’obsidienne vers le Rôdeur.
- Tu es enfin réveillé, maudit parmi les hommes ? Demanda-t-il.
- Il semblerait.
De quoi ? Maudit parmi les hommes ?! Enteraz demanda :
-Euh, c’est quoi ton nom ?
Le chevalier noir soupira. Il se leva.
- Les hommes m’appellent Shadow, pour les autres je suis le So’Bakren. Mon nom de naissance est Shadow, c’est donc celui que tu peux me donner.
Enteraz n’en menait pas large.
- Merci pour le dragon, je dois avouer que je savais pas comment m’en sortir sur ce coup là.
Un hurlement retentit. Enteraz s’élança vers la porte fermée, au fond de la salle. Ce cri ne pouvait venir que d’une seule personne.
- Sofia !
Shadow lui attrapa le bras
- Si tu entres, la première née d’Alient risque plus que la douleur.
Le Rôdeur tenta d’échapper à l’étau qui lui compressait le bras. Shadow le fit tournoyer comme si son corps n’était qu’un simple drap et envoya le Rôdeur contre un mur. Son dos heurta la surface de roche avec un craquement sinistre. « Décidément… » se dit Enteraz.
Adossé contre la paroi, il avait trop mal au dos pour bouger, et vu la machine de guerre qui se tenait devant lui de toutes façons, il n’avait pas d’autres choix que de rester là. Soudain, Enteraz crut que la douleur le faisait délirer ,des volutes de fumée se rassemblaient derrière le chevalier noir, formant peu à peu une silhouette humaine, comme entourée des pieds à la tête d’un épais manteau de couleur ébène. L’apparition devint tout à fait tangible, et une voix profonde résonna dans la pièce.
- SHADOW !
- Oui maître ? Soupira l’intéressé.
-T’avai-je permis de le blesser ?
Le chevalier noir eut un hoquet de surprise.
- Comment, mais… Maître !
Enteraz regardait avec de plus en plus d’intérêt ce nouveau venu. Il avait d’abord pensé à son frère, mais Dolphian aurait encouragé Shadow plutôt que le réprimander. Il y avait cette puissance froide et sombre qui avait envahit l’esprit du Rôdeur à son apparition, et le démon qui manifestait sa présence avec de plus en plus d’insistance. Comme s’il craignait cette chose… Quant à sa « blessure », il avait très mal au dos, mais à part ça…
La silhouette s’approcha de lui. Enteraz crut discerner un visage en dessous de cet épais manteau. Un visage blanc comme de l’ivoire avec deux grands trous à la place des yeux. Un crâne. Celui-ci agita ses mâchoires :
- Tu lui as brisé la colonne vertébrale. Mon cher So’Bakren voici donc ta première erreur. (Il sembla changer d’interlocuteur : sa voix se fit plus douce) Si tu veux que ton hôte reste paralysé pour le reste de sa vie, et toi aussi par conséquent, empêche-moi de le soigner père.
Père ?! Non mais attends, y a un problème là…
Une main squelettique sortit du manteau et tendis son index vers Enteraz. Une chaleur surnaturelle l’envahit. Peu à peu, la douleur se dissipa, puis disparut tout à fait. Laissant à ses sens le temps de se réhabituer à la validité, il se leva lentement.
- Shadow, il n‘est pas celui que tu recherches. Enteraz, tu dois te demander ce qui se passe, non ?
Le Rôdeur sourit.
-J’aurais même ajouté un juron à la question. Si c’est pas trop demander…
- Si, ça l’est. Saches, Rôdeur, que tu t’adresses à Thierry, Dieu de la Mort, et que à tout ce que tu pourra demander, la réponse sera non.
Le sourire d’Enteraz s’élargit.
- Est-ce que ça réfléchit, un Dieu ?
Shadow grommela un vague « Je vais te me le faire… ». Il semblerait que oui, un Dieu, ça réfléchit.



20. XIX
(par The Rux, ajouté le 13/12/04 18:06)


« Il semblerait que je sois masochiste : Je me suis marié très jeune. »


Un vent frais de début de printemps avait caressé leurs visages à leur sortie. Ils étaient enfin à l’air libre. A peine sortis de leur escapade souterraine Enteraz, Sofia, Kicica et Hortegar savouraient l’air pur, l’espace, et surtout le ciel. Accueillis par le reste du groupe, et par Léanath, ils prenaient maintenant un repos bien mérité dans les luxueuses chambres du palais de la souveraine. Celle-ci insulta copieusement Shadow pour l’avoir assommé, mais l’incident en resta là.
Enteraz, étendu sur son lit, réfléchissait un peu. Quand il avait entendu Sofia crier dans la grotte, il s’était précipité. Ce qui lui avait d’ailleurs valu de se faire briser la colonne, mais bon. Pourquoi avait-il eut ce réflexe ? Il n’était pas cupide au point de se considérer comme un défenseur du « Bien » absolu, il n’était pas un idiot qui se sacrifierai pour un Dieu ou une notion. Il ne l’avait donc pas fait par altruisme. Il avait pourtant fait ce geste délibérément. Bon, d’accord, elle est très jolie, mais c’est pas une raison… Et puis… Mais pourquoi est-ce qu’elle m’obsède ? Je sais ce que ça fait d’être amoureux quand même… Ou peut-être que je ne sais pas ce que ça fait. Qu’est ce qui aurait pu la faire hurler comme ça… Enteraz, arrête de faire ton obsédé et réfléchit… Nan, je vois pas.
Léanath entra dans sa chambre, interrompant ses pensées.
La Reine des elfes semblait plus préoccupée que d’habitude si s’était possible.
- Enteraz, il va falloir que tu m’expliques quelque chose.
Le Rôdeur sourit.
-Vas-y.
- Pourquoi est-ce que tu voyages avec cette noble humaine ?

Non loin de là, Sofia sortait de sa propre chambre faire un tour parmi ses compagnons. Les secrets de la Magie Planaire avaient un peu ébranlé ses certitudes sur le monde où elle vivait. De plus, apprendre qu’Enteraz avait eu un contact avec un Dieu l’énervait. Elle s’était décidée à simplement le laisser passer dans son esprit, sans qu’il n’y laisse rien de tangible, mais voilà qu’il refaisait parler de lui. Elle ne pouvait pas se débarrasser de cet encombrant Rôdeur. Et ce Shadow, un chevalier noir au service de l’un des Dieux les plus puissants, qui appelait Enteraz « maudit parmi les hommes », et qui semblait invulnérable. Ca commençait à faire trop pour Sofia. La Magicienne perçut soudain la voix du Rôdeur, derrière une porte entrebâillée. Elle s’approcha de cette porte, et tendit l’oreille. Tiens, il parlait d’elle…

- Bonne question…
Léanath s’était assise dans un riche fauteuil en face de lui et le fixait avec intérêt. Enteraz, toujours étendu sur son lit, son sourire fixée sur son visage, observait rêveusement les tentures du plafond.
-Ca te dérange si je fume pendant que tu rassemble tes pensées ? Demanda Léanath en sortant une pipe.
- Nan, vas-y…
Des volutes bleues commencèrent à voleter dans les airs tandis que la souveraine enflammait l’herbe à fumer à l’intérieur de sa pipe.
- En fait, elle à un objet qui m’intéresse.
Une lueur apparut dans les yeux de Léanath.
-Ah ?!
- Une amulette qui « aurait » le pouvoir d’exorciser n’importe quel démon.
- Et Enteraz le Maudit ne serait plus digne de son nom.
Le Rôdeur tourna la tête vers son interlocuteur.
- Tu sais que ça rime ce que tu viens de dire ?

Ainsi donc s’était ça. Sofia sortit la fameuse amulette. La Larme de l’Oubli avait prétendument ce pouvoir. Mais elle n’était pas sûre que celle-ci marche avec un démon tel que celui qui hantait Enteraz…

-Pourquoi est-ce que tu ne le lui demande pas ? Tout le monde sait que la légendaire Larme de l’Oubli est l’héritage de l’aînée d’Alient.
- Tu me vois lui demander un objet qui appartient à sa famille, moi un hors-la-loi ?
- Tu devrais peut être en parler à Syldaïan. Il pourrait fouiller son esprit pour savoir ce que tu veux savoir…
- Non, j’ai peur de ce qu’il pourrait y trouver, et puis…
Léanath le surpris en éclatant de rire :
- Et puis tu es tombé sous son charme, toi qui disais que les dames de la noblesse n’étaient pas intéressantes, et qui jurait que, jamais de la vie, tu ne t’amouracherais d’une « nobliarde », comme tu les appelles.
Enteraz soupira :
- Si ça avait été quelqu’un d’autre que toi ou Syld qui avait dit ça, je serai déjà entrain de me battre.
- Oui, mais tu sais que je t’étalerais en un seul coup.
- Merci, ça me conforte dans mon honneur masculin !
- Si tu étais macho, je ne ferai pas partie de tes amis…
Soudain la porte s’ouvrit en grand, laissant Enteraz et Léanath contempler la première née d’Alient.
- Oups… souffla le Rôdeur.
- Ainsi c’était donc ça…
Dans la lumière du couchant qui filtrait par une fenêtre et qui illuminait Sofia, Enteraz comprit que ce n’était pas une amulette qui l’avait décidé. Non aucun bijoux ne justifiait son choix. Si, peut-être un d’un mètre soixante douze en fait.
Je vais me faire taper dessus…
La Magicienne s’approcha de lui, le visage sombre, la Larme de l’Oubli serrée dans sa main gauche.
- Enteraz, je te propose un marché, dit Sofia après un sourire.
Le Rôdeur se leva d’un bond.
- Quel genre ?
Il la regardait en lui rendant son sourire. Elle avait réussi à l’avoir, la nobliarde !
- Je te donne ce caillou insignifiant, tu en fait ce que tu en veux… commença Sofia.
- Mais ? Demanda Enteraz, son sourire passant d’admiratif à féroce.
- …Mais tu m’apprends le métier des armes en échange, termina cette si admirable enfant.
Enteraz pris soudain un air grave. Il lança son épée à Sofia. Celle-ci l’agrippa par la garde.
- Aucun problème, ironisa Enteraz.
Comprenant son manège, Sofia dit :
- Normalement, dès que tu la prends en main la Larme détruira le démon qui vit en toi.
- J’imagine qu’au départ c’était pour te protéger toi de ce genre d’agression, intervint Léanath.
- Exact.
Elle lança l’amulette au Rôdeur. Celui-ci l’attrapa. Rien…
- Tu es sûre qu’il n’y a pas erreur là ?
- Euh… commença Sofia
Enteraz baissa la tête.
-Mais c’est pas possible !
Il la releva. Ses yeux avaient changé. Ainsi que ses vêtements.
- Sofia, je vous remercie, lança le démon.
Il brisa l’amulette dans son poing et éclata de rire. Sa soif de destruction était palpable. Sofia, sans réfléchir, s’élança sur le démon. Elle tenta un coup maladroit à la tête.
- U…une épée ne peut rien… bégaya Léanath.
Le démon attrapa la lame dans sa paume ouverte sans s’arrêter de rire. Il la cassa d’un mouvement du poignet.
- C’est dommage que je ne puisse vous atteindre Sofia. Le serment qui vous a lié à l’imbécile auquel j’emprunte le corps me concernant également, je ne peux vous faire subir ce que j’aimerais vous faire, mais ce n’est que partie remise.
Il se tourna vers Léanath :
- Comment vas-tu, fille de Sli ?
-N…non… pas toi…
Sofia fut abasourdie : Léanath connaissait ce démon !
- Tu… tu sais qui c’est ?
Les yeux du démon étincelèrent de malice :
- Si c’est mon nom que tu veux, je peux te le donner…
- NON ! hurla Léanath.
Pourquoi ? Qu’est ce qui se passerait ? Léanath soupira, puis dit :
- Si tu lui demandes son nom, il sera libre…
- Donne mon nom alors, sourit le démon.
La reine des elfes souffla un vague « si tu veux »… Elle semblait lutter intérieurement, comme si des peurs anciennes retenaient les mots qui devaient sortir de sa gorge.
- Il s’agit de Zyrek…

Zyrek… Le démon originel, le père des Créatures de Cauchemars, le Dieu unique du Mal déchu et réincarné en une aberration aux yeux rouges. Il était le père de Dess de Mievil, de Thierry, et de beaucoup d’autres divinités liées au mal et aux ténèbres. Il hantait le corps d’Enteraz depuis cinq ans. Le Rôdeur le savait-il ? Savait-il que son démon intérieur était un dieu déchu ? Non, évidemment.
- Vas-tu me tuer ? Demanda bravement Léanath.
- Nan … Répondit Zyrek, sourire carnassier aux lèvres.
- Mais alors… fit Sofia.
Zyrek s’éleva à une cinquantaine de centimètres du sol.
- Je vais m’amuser un peu dans ta belle cité, fille de Sli…
Il disparut dans un maelström de flammes. Léanath tomba à genoux.
- Izzï… Aide ton peuple, je t’en prie, souffla son ancienne compagne.
- Un mort ne peut rien faire.

Une maison ? Un palais ? Maintenant noyé dans les flammes. Ai-je connu ces morts ? Et cette douleur ! Pourquoi ? Son nom… Je dois me souvenir de son nom ! Sel… Seldan. Ca y est, j’ai trouvé… Et le voilà mort. Mon nom est donc Zyrek ? Non, mon nom est Enteraz, j’en suis sur. Donc, Zyrek, c’est le démon. Kicica s’est fait avoir aussi. Ca doit faire mal. Elle est morte elle aussi. Kreig ? Mort. Ils sont tous morts. Tous. Tous. Tous. Non, pas tous. Syld et Sofia sont pas morts. Sofia ne mourra pas aujourd’hui. Un homme s’interpose. Armure et heaume noirs. Épée noire et or. Son nom est Shadow. Vas-t-il mourir ? Je ne sais plus… J’AI MAL !





Script fourni par 21st Century Scripts, adapté et modifié par Cédric Fockeu.