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Dans cet excellent fuseau Enigmes et caractère, Sosryko démontre que dès la rencontre avec Gollum, Bilbo est sous l'influence de l'Anneau, qui crée déjà sur lui une certaine obsession. Tout ce chapitre des énigmes dans le noir montre que Bilbo est sous l'emprise de l'Anneau. Sa toute première réaction après sa découverte est ainsi de sombrer dans un profond désespoir, qui va au-delà du simple sentiment d'abandon dans lequel se retrouve Bilbo, perdu de tous à ce moment. Rajoutons les tentations criminelles de Bilbo envers Gollum.
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Ayant rédigé l'article "Anneau Unique" figurant dans l'Encyclopédie du Hobbit (p. 172-174 ; voir également page 325 de l'ouvrage en question pour savoir qui y a écrit quoi), je vais essayer de répondre.
Lors de la rédaction du Hobbit, J. R. R. Tolkien ne concevait tout simplement pas l'Anneau tel qu'il apparait dans le Seigneur des Anneaux. La réécriture, après coup, du fameux chapitre V du premier roman visait avant tout, me semble-t-il, à corriger les incohérences les plus flagrantes entre les deux récits de fiction, notamment en ce qui concerne l'attachement de Gollum vis-à-vis de l'anneau qu'a découvert Bilbo dans l'obscurité. Amicalement, Hyarion. |
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Bonjour, J'étais en train de rédiger alors qu'Hyarion postait ;-) Mais ce que je dis reste (plus ou moins) valable semble-t-il ->
Il faudrait je pense effectivement comparer le travail de réécriture du Hobbit suite à la parution du Seigneur des Anneaux.
Cela dit, l'Anneau et Gollum étant devenus des personnages centraux dans la sequel du Hobbit, on peut imaginer en effet que leur noirceur commune ait été accentuée par Tolkien pour coller à leur "véritable" nature. Passé le chapitre des Devinettes, l'Anneau peut être perçu comme un simple outil, pratique et bien adapté pour le travail de "voleur" de Bilbo. Mais, tout de même, tu soulignes là un certain "décalage" dans cette perception de l'Anneau au sein du Hobbit. Quoique. Car le ton global n'est pas si enfantin que cela. Si l'humour dédramatise bon nombre de situations, le personnage inquiétant de Gollum, la double "personnalité de Beorn, l'arrogance et l'avidité des Elfes, la Bataille des Cinq Armées avec ses victimes,etc., interprétés avec une grille de lecture adulte, sont bien loin d'être enfantins...
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Je n'ai pas le Hobbit annoté sous les yeux en ce moment, ce qui est dommage, car tous les changements entre la première édition et les éditions ultérieures y sont recensées. Néanmoins, pour autant que je me souvienne, le désespoir de Bilbo perdu dans le noir est resté strictement identique depuis la toute première version. Cela ne m'étonne d'ailleurs pas : la réaction psychologique est entièrement crédible, et ne doit pas nécessairement être attribuée à l'Anneau. En revanche, la tentation de tuer Gollum a été introduite lors de la deuxième édition. En effet, dans la première version, Gollum était beaucoup plus amical et menait volontairement Bilbo à la sortie des tunnels. |
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Très intéressant. Je n'étais pas au courant de cette réécriture. Les mieux informés et documentés pourraient-ils en faire une petite description, avec sa date et les changements notables ? |
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Le désespoir initial de Bilbo au tout début du chapitre et l'obsession de l'anneau que l'on devine en filigrane du contenu des énigmes n'ont pas été remaniés par la réécriture du chapitre. En mettant de côté la grille de lecture de l'anneau telle qu'on l'a dans le SdA (anneau tentateur et corrupteur), la simple situation d'être perdu dans les galeries peut expliquer ce désespoir. Mais on ne voit jamais Bilbo tant au fond du trou si je peux me permettre cette expression. Dans toutes les autres situations périlleuses, il passe par d'autres sentiments : témérité / inconscience face aux trolls, courage face aux araignées, astuce face aux elfes et sentiment de maîtrise de la situation face à Smaug. Est-ce le fait d'être obligé de se comporter en héros dans ces 4 situations-ci qui le fait agir comme tel. Est-ce que la plus grande peur de Bilbo (visible ici, perdu dans les galeries des gobelins) est de se retrouver seul sans chemin pour le guider ? |
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J'aurais tendance à croire l'analyse psychologique crédible : avec les Trolls, Bilbo ne connaît pas encore le danger, il se comporte donc de façon téméraire ; avec les Araignées et les Elfes, il possède déjà l'Anneau et sait s'en servir. Dans les tunnels des Gobelins en revanche, il connaît le danger principal (ce que les Gobelins feront de lui s'ils l'attrapent), le danger subsidiaire (mourir de faim dans les tunnels) et ignore comment échapper à ces deux périls. Il n'est donc pas surprenant qu'il désespère autant à ce moment-là. |
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Le désespoir est aussi souligné car Bilbo croit ses partenaires capturés (ce qui est le cas) voire bien pire ! Seul, perdu dans ses tunnels, il y a de quoi déprimer... |