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In Memoriam... - Silmo - 28/10/2022 Yes Rock forever from 1600 to 21th In Memoriam... - Silmo - 28/10/2022 Reste la question d'Hisweloke à propos du couvre-chef en forme de plume de paon. Je pose la question à un un ami conservateur... car je n'identifie pas ce diamant. ce n'est pas le "bleu de France" acquis sous Louis XIV et je ne sais quel diamant bleu fut acquis sous Henri III. In Memoriam... - Silmo - 03/11/2022 et voici la réponse :
Ca ne répond pas complètement à la question.... en fait on ne sait pas d'où vient ce bijou emplumé et très élégant d'Henri III. In Memoriam... - ISENGAR - 12/01/2023 Je me suis réveillé ce matin en apprenant le départ du premier des grands métallurgistes du siècle dernier, d'un musicien hors pair, hors cadre, d'un talent inouï et d'une ouverture musicale sans pareil dans ce monde autocentré que peut être parfois le Rock.
L'immense Jeff Beck s'en est allé. Trop tôt. Et je ne sais pas quoi en dire d'autre RIP Geoffrey Arnold "Jeff" Beck (1944-2023) I. 8.( In Memoriam... - Cédric - 12/01/2023 ISENGAR a écrit :
Triste nouvelle. In Memoriam... - ISENGAR - 12/01/2023 Cédric a écrit :
J'ai parmi mes disques de chevet 2 albums de Jeff Beck :
Une bonne compilation des Yardbirds, avec les classiques de ce groupe, pépinière de grands guitaristes (Clapton, Jimi Page), mettra aussi en en lumière tout le talent explosif de Jeff Beck.
Pour la liste complète des titres : Et puisqu'il n'a jamais été aussi beau que sur scène et de mauvaise humeur, voici un extrait célèbre du film Blow Up de M. Antonioni (1966) dans lequel on peut voir les Yardbirds avec Jeff Beck (et Jimi Page) en train de ferrailler - en une seule prise - sur un vieux rock'n'roll revisité, devant un publique étrangement figé. Jeff Beck maltraite pour de vrai sa guitare et son ampli à cause de problèmes de son, et Antonioni en profite pour modifier son scénario et donner un mini rôle à la guitare- ce qu'il en reste - sans que ça n'influe en rien le reste de l'histoire... toute une époque, hein ?!
I. In Memoriam... - ISENGAR - 20/01/2023 Bon voyage, David, sur ton bateau en bois...
In Memoriam... - Hyarion - 04/02/2023
Et vous, où étiez-vous, le 11 août 1999 ? À Paris ou dans le Gers, à regarder l'éclipse du soleil, sans craindre de recevoir une station Mir sur la tête comme annoncé par Paco ? Moi, j'étais à Las Vegas : on n'est jamais trop prudent. (Je plaisante, évidemment : je séjournais bien là-bas, mais pour d'autres motifs) Paco, lui, n'est plus là depuis aujourd'hui. Décédé ce vendredi chez lui à Portsall, en Bretagne, il avait 88 ans. Mais qu'est-ce que le temps pour Paco ? Il disait avoir vu Dieu au moins trois fois, et être parmi nous depuis 78 000 ans. Il disait aussi avoir couché avec Édouard Balladur au XVIIIe siècle, se considérant (entre autres vies antérieures) comme une réincarnation d'une maîtresse de Louis XV, ce roi de France étant réincarné, lui, en... Balladur (pauvre Louis XV...). À son collègue Jean-Charles de Castelbajac, Paco a dit un jour, en lui serrant la main : « Jean-Charles, tu as été un moine-chevalier en 1191 ». J'avoue que j'aurais été curieux de ce qu'il aurait pu me révéler sur mon compte si je l'avais rencontré... dans cette vie-ci (qu'il y en ait ou non une seule). En tout cas, il fut aussi un grand couturier et styliste novateur dans les années 1960, et cela, au moins, personne ne pourra sérieusement en douter. Exilé en France très jeune avec sa famille, il était le fils d'un officier de l'armée républicaine espagnole, fusillé par les franquistes durant la guerre civile. Une anecdote qu'il avait raconté (à la télé, mais aussi dans son livre Trajectoire. D'une vie à l'autre... [1991, rééd. 1994]), relative à une expérience personnelle plus ou moins initiatique durant sa jeunesse en Bretagne, m'a souvent fait penser au trip de certains fans d'un artiste, lorsqu'ils cherchent plus ou moins à communier avec la personnalité qu'ils vénèrent au contact d'un lieu associé à elle. Mais je n'en dirais pas plus ici. Au revoir, Paco... et qui sait, peut-être à bientôt ? RIP Francisco Rabaneda Cuervo, dit Paco Rabanne (1934-2023) Peace and Love, B. [EDIT (18/06/2023): ajout d'une précision bibliographique.] In Memoriam... - Hyarion - 18/06/2023
C'est finalement arrivé, il y a quelques jours : à 86 ans, Oncle Berlu nous a quitté. Une fois n'est pas coutume (pour ce genre de chose, je m'informe généralement par la radio, la télé ou la presse), j'ai appris la nouvelle via Twitter – devenu le réseau d'Elon M. en octobre dernier –, en raison des « tendances [prétendument] pour vous » affichées à la droite de l'écran sur le site de gazouillis. C'était lundi dernier, 12 juin, à la mi-journée, et Berlusconi ayant été hospitalisé quelques jours auparavant, deux mentions dans les « tendances », en début et fin de liste, accompagnant d'autres mentions du moment renvoyant au marécage politicien français habituel, m'avaient mis la puce à l'oreille : https://www.jrrvf.com/forum_images/725/1687019812_tendances_twitter_12-06-2023_france_mi-journee.png
D'après ce que j'ai compris, la mort d'Oncle Berlu a visiblement amené un certain nombre de gazouilleurs du réseau à songer à la mort d'un certain Jean-Marie, bien que Le Pen père soit, lui, toujours vivant aux dernières nouvelles... Le tout sur fond twittesque d'épanouissement habituel dans l'expression de participants prisonniers volontaires de leurs bulles cognitives et informationnelles, qu'ils soient fans de la famille Le Pen, de Mélenchon, de Zemmour, d'Edwy Plenel ou de Macron, pour ne citer que les « nébuleuses faniques » les plus « en vue » de ce microcosme, avant, pendant et depuis les dernières élections en date, ce que reflètent donc généralement les « tendances [prétendument] pour vous » lorsque la politique domine les autres sujets à « discussion » sur une journée... Dans le meilleur des cas, je m'efforce de voir avant tout le côté tragi-comique de la chose, sachant que j'ai choisi de ne pas paramétrer mon profil en matière de préférences, précisément afin d'éviter de me retrouver dans une bulle cognitive et informationelle : de fait cela expose ledit profil aux quatre vents en matière de « tendances », même si heureusement j'ai suffisamment d'abonnements à des comptes pour que l'on me mette sous le nez les tweets artistiques, culturels, universitaires qui m'ont amené sur ce réseau à l'origine (et qui m'y font rester pour le moment, même si je suis loin d'être un utilisateur régulier).
Prenons un exemple, antérieur même de quelques mois au rachat de Twitter par ledit Elon M., que j'avais glané au hasard de la lecture, en mars 2022, d'un tweet de l'antenne régionale d'une chaîne française de télé publique : on venait d'annoncer l'agression mortelle, commise en prison, par un taré islamiste contre un co-détenu nationaliste corse indépendantiste par ailleurs reconnu coupable de l'assassinat d'un préfet (aucune sympathie pour l'un ou pour l'autre des prisonniers me concernant, mais la mort du détenu corse reste en soi une mort horrible, que l'on ne peut souhaiter à personne), et le président autonomiste de l'assemblée régionale de Corse invoquait, inévitablement, la responsabilité de l'État français dans cette affaire, ce que retranscrivait donc un tweet de France 3 Corse. Ledit tweet constitua une « bonne » occasion de « discuter » pour ceux que nous appellerons Mr C. et Mr P. : Mr C. est un nationaliste français de Corse, plutôt zemmouriste, tandis que Mr P. est un nationaliste corse indépendantiste anti-français ayant notamment tenu des propos orduriers contre la famille du préfet assassiné. Quand deux nationalistes antagonistes se rencontrent « par hasard » sur Twitter, qu'est-ce qu'ils se racontent ? Des histoires de nationalistes, comme on pouvait s'y attendre, ici à la sauce corse : https://www.jrrvf.com/forum_images/725/1687057972_twitter_corse_2_mars_2022_.png
Bien évidemment, il ne faut pas trop espérer du nouveau patron qu'il montre l'exemple... En octobre dernier, à peine avait-il pris le pouvoir sur Twitter qu'Elon M. exprima son vif désir de faire revenir, sur le site de gazouillis désormais sien, au nom de la liberté d'expression, celui qui en avait été viré en janvier 2021 suite à son implication présidentielle dans l'assaut du Capitole aux États-Unis : Donald J. « FakeNews » Trump. L'expression de ce désir trumpophile muskien passa en particulier par un tweet faisant un usage peu subtil d'un dessin aquarellé de Manara, illustration d'un des Contes et Nouvelles en vers de Jean de La Fontaine, ce dont se fichait sans doute Elon M., qui ne faisait là en fait que reprendre un dessin déjà plusieurs fois auparavant utilisé comme « mème » sur la Toile. Le tweet en question, daté du 21 novembre dernier, à la fois puéril et vulgaire, mais peu surprenant de la part de l'intéressé, attira suffisamment l'attention pour que Milo Manara lui-même finisse par réagir, sur le réseau de Mark Z. le jour-même, avec humour mais en ne cachant pas pour autant sa désapprobation devant l'attitude puérile d'Elon M. compte tenu de ses responsabilités : https://www.facebook.com/story.php?story_fbid=pfbid02crXEathdvnpGh4G8out91SLfiN7Aqw7D9hSasaGWV1dwPBWAAD7LC54fU234h6xyl&id=100050489019894 Fin de cette (longue) digression twittesque. Revenons à Oncle Berlu. De Silvio Berlusconi, réélu sénateur italien l'année dernière, on trouvera ailleurs qu'ici ce qu'il faut savoir sur ses trois passages au Palazzo Chigi en tant que président du Conseil des ministres italien (entre 1994 et 2011), sur ses tribulations politiques à la tête de la droite italienne via son parti politique personnel (encore présent dans la coalition très à droite actuellement au pouvoir en Italie), sur son « empire » médiatique s'étendant dans les domaines de la presse, de l'édition et de l'audiovisuel (je me souviens encore un peu de La Cinq, même si cela remonte à loin), sur ses autres aventures d'homme d'affaires dans l'immobilier ou le football, et surtout sur ses multiples scandales avec poursuites judiciaires pour fraude fiscale, corruption judiciaire, corruption de sénateurs, pots-de-vin divers, faux témoignage, faux en bilan, financement illicite de parti politique, blanchiment d'argent, détournement de fonds, incitation à la prostitution de mineure, abus de pouvoir, etc. (j'ai l'impression en écrivant tout cela d'égrener, dans une version adaptée à la délinquance en col blanc, les méfaits d'un truand à la corde au cou dans un western de Sergio Leone... sachant toutefois qu'Oncle Berlu, lui, ne fut définitivement condamné « que » pour fraude fiscale, en 2013). Je note, puisque nous sommes sur un forum littéraire, que l'intéressé était notamment un lecteur d'Érasme, dont il fit une édition de l'Éloge de la folie et revendiquait cette citation : « La vraie sagesse ne dérive pas du raisonnement de l'esprit, mais plutôt d'une folie clairvoyante et prévoyante. » On a vu, dans son cas, ce que cela a donné, et in fine on peut comprendre qu'avoir décrété une journée de deuil national en Italie ait pu faire débat dans ce pays. À l'occasion de sa disparition, c'est l'attitude de l'Église catholique qui aura surtout retenu mon attention. Je me souviens de l'époque où j'ai visité Rome pour la première fois, il y a plus de 21 ans, à un moment où la papauté y cohabitait avec Oncle Berlu : les deux parties en présence auront eu des relations pour le moins complexes... La mort venue, comment réagir au mieux ? À cette aune, lors de la messe des funérailles nationales mercredi, j'ai trouvé assez savoureux ce passage du discours de Mgr Mario Delpini, l'archevêque de Milan, passage où il a répondu à la question « que dire de Silvio Berlusconi ? » (“che cosa possiamo dire di Silvio Berlusconi?”) en disant notamment que « C'était un homme : un désir de vivre, un désir d'amour, un désir de joie » (“È stato un uomo: un desiderio di vita, un desiderio di amore, un desiderio di gioia”). Selon Vatican News, lundi dernier, le pape François, hospitalisé en même temps que Berlusconi mais sorti de la polyclinique depuis, a assuré la famille du défunt « de sa participation sincère au deuil d'un protagoniste de la vie politique italienne, qui a exercé des responsabilités publiques avec un tempérament énergique » et « a invoqué [de la part] du Seigneur la paix éternelle pour lui ». Plus direct et ironique, mais non sans élégance, le journal allemand Die Tageszeitung (ou Taz) a choisi d'évoquer l'évènement avec Le Jugement Dernier de Michel-Ange en illustration et ce titre à la une : “Berlusconi schon wieder vor Gericht” (« Berlusconi bientôt de nouveau au tribunal »).
Amen. B. (EDIT [03/07/2023]: suite à une remarque d'Elendil ci-après, ajout d'un "bientôt" à la traduction du titre allemand du journal Taz) In Memoriam... - Elendil - 18/06/2023 Pas spécialement ma tasse de thé, Berlusconi. Cela m'a en tout cas fait sourire que tu aies pris la peine de lire et citer le sermon d'un évêque à propos d'un homme politique que tu ne dois pas vraiment apprécier non plus. Citation plutôt savoureuse, au demeurant (combien de double sens volontaires là-dedans ?). Un détail toutefois : schon wieder se traduirait plutôt « bientôt à nouveau » (logique, le Jugement Dernier n'est pas encore arrivé). E. In Memoriam... - Hyarion - 03/07/2023 Voila des jours et des jours que je n'arrivais pas terminer ce message... Elendil a écrit :
Le contraire m'eût étonné. ;-)
Le plus simple, pour évoquer rapidement cette petite histoire, est encore de citer une vieille dépêche AFP de l'époque, que j'ai retrouvé dans mes archives : Cachez ce sein : Berlusconi sous les foudres des historiens de l'art
Le gouvernement italien de Silvio Berlusconi s'est attiré les foudres des historiens d'art pour avoir voilé le sein d'une peinture de Tiepolo qui sert de toile de fond à la salle de presse de la présidence du Conseil, rapporte mardi [5 août 2008] La Repubblica. Dépêche de l'Agence France Presse, 05 août 2008, 11h58. Anecdotique sans doute, mais tout de même assez significatif, n'est-ce-pas ?
Ainsi a-t-on pu voir, pendant ses dernières années d'exercice du pouvoir, Oncle Berlu effectuer ses conférences de presse devant une image de la Vérité voilée... soi-disant pour ne pas choquer alors que certains programmes de télévision de l'empire médiatique berlusconien étaient connus pour être loin d'avoir la même pudeur, et ceci dit sans même parler du comportement personnel sulfureux de Berlusconi à de multiples égards... Je suis tombé, en août dernier, tard le soir, sur la diffusion dans ma télé (sur une chaîne du service public, donc sans coupures publicitaires) du film Loro (Silvio et les Autres en français) de Paolo Sorrentino, sorti en salles en 2018 (en deux parties en Italie et en un seul film en France). Sorrentino, dont je ne connais que peu la filmographie, a la réputation d'être un cinéaste italien travaillant dans le sillage artistique de Fellini, mais j'avoue ne pas avoir ressenti de filiation artistique très évidente (hormis peut-être dans l'absence de véritable trame narrative) avec ce film-là, qui est une évocation de Berlusconi centrée sur les années 2006-2010 (période des soirées "bunga bunga"). Le portrait qui est fait, dans ce long métrage au contenu inégal, à la fois d'Oncle Berlu, de son entourage et de ceux qui cherchent à en faire partie, ainsi que de la société italienne en général, est tragi-comique, à l'image de cette théâtralité à l'esthétique "bling-bling" masquant une inévitable vacuité qui aura été le propre, au fond, du berlusconisme.
Le point fort du film est son comédien principal interprétant Berlusconi, Toni Servillo, acteur fétiche du réalisateur qui est un peu à Sorrentino ce que Mastroianni fut à Fellini (il a notamment joué le rôle de l'ambiguë politicien chrétien-démocrate Giulio Andreotti dans un autre film de Sorrentino, que je n'ai pas vu : Il divo). Malgré les limites du propos du cinéaste, peut-être liées aux limites intrinsèques du sujet lui-même, Servillo est particulièrement convaincant en Berlu, sachant bien mettre en évidence le côté clownesque du personnage ainsi que sa dimension à la fois cynique et pathétiquement humaine. Si ma mémoire ne me fait pas défaut à quelques éventuels détails près, une séquence du film montre Oncle Berlu, un soir dans une de ses propriétés de luxe, en train d'appeler une Italienne trouvée complètement au hasard dans l'annuaire, une « Madame Tout-le-monde » à qui il va vendre par téléphone, sous une fausse identité, un projet immobilier bidon qu'il vient d'imaginer pour l'exercice, simplement afin de se prouver à lui-même que malgré les années qui ont passé, il est toujours capable de brillamment vendre n'importe quoi à n'importe qui, comme à ses débuts quand il vendait des produits d'électroménager en parallèle de ses études de droit. Et bien sûr, ça marche ! ^^' À noter que Toni Servillo, dans un registre sensiblement plus grave, a notamment interprété, plus récemment et de façon aussi convaincante, le pape Paul VI dans Esterno notte, une mini-série télévisée italienne en six épisodes de Marco Bellocchio, évoquant l'enlèvement puis l'assassinat du politicien chrétien-démocrate Aldo Moro (ami de Paul VI) par les Brigades rouges, mini-série diffusée en France sur ARTE en mars dernier et qui est encore disponible en replay jusqu'au 12 juillet prochain : https://www.arte.tv/fr/videos/RC-023478/esterno-notte/ Elendil a écrit :
Comme tu dois le savoir, et quoique cela ne soit pas non plus systématique, on peut assez facilement s'ennuyer durant une messe : j'en ai notamment plusieurs fois fait l'expérience quand j'étais enfant, comme d'autres gosses dans les même circonstances du reste, et même si je n'étais pas turbulent pour autant. Or, quand c'est quelqu'un comme Berlusconi qui est l'objet de la cérémonie, on peut raisonnablement supposer que les choses qui seront dites, qui plus est dans le cadre d'obsèques nationales, auront possiblement une saveur ironique particulière. C'est donc dans cet esprit, sans avoir directement suivi la cérémonie funèbre en la cathédrale de Milan - j'avais tout de même autre chose à faire -, que j'ai donc pris connaissance, dans la foulée, du sermon de l'archevêque. Elendil a écrit :
Merci, j'ai rajouté en conséquence un "bientôt" à la traduction dans mon précédent message. Figure-toi que j'avais précisément songé à te demander ton avis : même si tes années augsbourgeoises remontent à loin maintenant, tu es probablement plus familier que moi de la langue de Goethe. Ces derniers jours, j'ai appris, comme d'autres, que Elon M. et Mark Z., les propriétaires des fameux « rézosocios » dont j'ai parlé dans mon précédent message et que j'utilise encore moi-même avec autant de parcimonie et de sélectivité que possible, laissent entendre, notamment dans un message sur Instagram pour Mark, qu'ils ont pour projet de prochainement se battre physiquement en duel, dans le cadre d'un combat de "MMA" (Mixed martial arts) devant avoir lieu « dans une cage à Las Vegas », pour reprendre les termes d'un article du Canard enchaîné de mercredi dernier (j'aime bien le titre) :
Or, vendredi dernier, 30 juin, Elon M. a laissé finalement entendre dans un tweet que son combat contre Mark Z. pourrait avoir lieu... au Colisée de Rome. Mais l'information a été ensuite démentie par le ministère de la Culture de l'actuel gouvernement italien (ministère dirigé par un petit personnage par ailleurs prompt, depuis sa prise de fonction, à taxer stupidement les droits photos de biens culturels publics italiens, si j'en crois un article de la Tribune de l'Art) : https://etcanada.com/news/1003169/italian-government-denies-inviting-elon-musk-and-mark-zuckerberg-to-fight-at-the-colosseum/ Amicalement, B. P.S. (en guise d'appendice) : Cela fait quelques jours maintenant que j'ai de la compagnie animalière chez moi... Après les abeilles qui sont venus rendre visite aux fleurs de trèfle violet de mon balcon pour butiner, c'est au tour des oiseaux : un couple de rouges-queues (ou rougequeues) noirs (Phoenicurus ochruros) a installé son nid dans le conduit d'évacuation de ma chaudière VMC. J'ai essayé de les décourager car ce n'est pas particulièrement un endroit idéal, même si ces oiseaux rupestres, d'origine montagnarde, aiment de toute façon les lieux perchés en hauteur et qu'ils ce sont depuis longtemps adaptés au milieu urbain et à ses grands édifices. Ils se sont donc quand même installés. Ce n'est pas la première fois que j'ai droit à une nidification à cet endroit, même si cela ne se produit pas tous les ans, sans doute parce que mon modeste logis, situé en hauteur, n'est pas celui d'une résidence secondaire. Le conduit est protégé par une sorte de « grille » extérieure pouvant d'ailleurs servir de perchoir au dessus du vide, mais un petit oiseau essentiellement insectivore comme le rouge-queue noir peut entrer dans le conduit et en ressortir sans problème. J'espère que le nid, fait en principe de mousses, d'herbe et de racines, reste modeste, mais je ne peux pas le vérifier directement en l'état. Si on pouvait être en face du conduit le long du mur de l'immeuble, avec une nacelle, je suppose que ce que l'on verrait, sans la « grille » de protection extérieure, ressemblerait à peu près à ceci (le rouge-queue préférant généralement les pierres, en principe) :
Tous les jours, jusqu'à la tombée de la nuit, les deux parents, mâle et femelle, s'activent et font des allers et retours pour nourrir leurs oisillons (cinq ou six maximum) qui font un petit concert dès que l'un des parents arrive, pour réclamer chacun leur pitance. Si j'en crois mes deux ouvrages de référence, l'envol des jeunes rouges-queues a lieu à presque trois semaines, et ceux-ci sont nourris par les deux parents plusieurs jours après leur envol, à l'âge de 16 à 20 jours. Il pourrait y avoir d'autres pontes jusqu'en août, mais cela ne s'est jamais produit chez moi : une seule ponte et puis s'en va, du moins jusqu'ici. J'espère que les choses vont se passer sans trop de problèmes, même s'il y a sans doute toujours un risque, entre autres, que le conduit finisse par se boucher... Quel est le but de la vie ? Le maintien de la vie. Remy de Gourmont (1858-1915), Physique de l'Amour. Essai sur l'instinct sexuel, 1903, Chapitre II « But de la vie ». Bonne nuit, B. In Memoriam... - Elendil - 03/07/2023 Hyarion a écrit :
Je dirais même que c'est significatif à plusieurs niveaux de lecture ; c'est très amusant, je trouve (du moment que c'était une reproduction et non l'original, sans quoi cela s'apparenterait plus à du vandalisme). Hyarion a écrit :
Je n'y allais pas régulièrement lorsque j'étais enfant, mais j'avoue volontiers que l'ennui était mon sentiment le plus fréquent dans ces circonstances. Je pense qu'il faut fournir un minimum d'explications et d'accompagnement si l'on souhaite qu'un enfant en profite, ce qui n'a pas été le cas pour moi. La messe est une expérience qui est soit mystique (si l'on a de la chance), soit très intellectuelle. C'est donc naturellement assez difficile pour les enfants, d'autant qu'avant un certain âge, il leur est difficile de rester calmes sans interruption pendant une heure.
En tout cas, maintenant que la question concerne la génération d'après, je constate qu'après une phase de turbulence intense vers deux ans, où l'objectif affiché était de courir partout, Eldacar et Almáriel sont beaucoup plus tranquilles et ne semblent plus s'y ennuyer. Les livres d'image y sont pour beaucoup. Etant plus posés, il leur arrive même de s'intéresser à ce qui se passe du côté de l'autel... Hyarion a écrit :
C'est très amusant, car il y a justement un couple de rouges-queues à bande blanche (si j'ai bien identifié l'espèce) qui s'est mis à nicher sur une poutre contre le mur de notre cuisine d'été. J'observe les vas-et-viens pendant les repas, mais avec discrétion, car dès qu'ils constatent qu'on les observe, ils se réfugient dans l'arbre le plus proche. Je crains cependant que la nichée ne soit envolée lorsqu'arriveront les participants au moot. (Quant aux mésanges charbonnières qui ont fait leur première nichée de l'année au printemps dans une des amphores décoratives du jardin, voilà longtemps qu'elles sont parties et j'ignore où elles ont fait leur nid après... je n'ai pas trop le temps de fureter pour les retrouver.) E. In Memoriam... - Hyarion - 09/07/2023 Elendil a écrit :
Sans être évidemment un grand spécialiste (mais faut-il forcément l'être quand on n'oublie pas que l'on a soi-même été un enfant ?), je pense qu'il n'est jamais évident de faire participer de trop jeunes enfants à ce genre d'activité, essentiellement destinée aux "grandes personnes", au moins avant l'âge de 3 ou 4 ans, les enfants développant alors leur horizon mental d'une façon qui ne tient pas encore pleinement compte de toutes les règles de vie en société (ou même seulement en famille). Cela vaut évidemment pour toute activité en public, hors connotation religieuse : la Cinémathèque de Toulouse propose, par exemple, des séances de films de cinéma pour tout-petits, en précisant "dès 3 ans" ou "dès 4 ans" comme minimum d'âge. Ceci étant dit, vis-à-vis du contexte de familles chrétiennes pratiquantes, je peux comprendre qu'il y ait aussi une question prosaïque de garde des enfants en bas âge qui se pose à l'heure d'assister aux offices, parallèlement à d'autres considérations proprement religieuses. Pour ce qui me concerne, c'est essentiellement ma grand-mère qui m'emmenait à la messe, en ville ou à la campagne, à partir d'un âge où à la fois on ne pouvait me laisser seul à la maison et où j'étais déjà capable de "me tenir comme il faut", donc au plus tôt vers 5 ou 6 ans, je pense. Ce n'était pas très souvent, car on ne m'a jamais forcé en rien dans le domaine spirituel, mais c'était parfois mémorable. Je ne sais plus si j'ai déjà raconté ça, mais il est arrivé que j'assiste, dans l'église du grand village (ou petit bourg) rouergat à la sortie duquel se trouvait la maison de campagne dont j'ai déjà parlé ici et là, à certaines messes d'un curé de campagne lors desquelles celui-ci officiait généralement en habits sacerdotaux de style ancien, d'avant Vatican II, parfois en plein après-midi d'été avec seulement trois personnes dans l'église (lui, ma grand-mère et moi) et qui pouvait aller (quand il y avait du monde) jusqu'à faire un sermon en chaire (très impressionnant, surtout quand on est enfant et assis sur un banc juste en dessous de la chaire), dans cette vieille église rurale, au chevet et au transept romans, qui souffrit des guerres de religion entre catholiques et protestants et fut plusieurs fois restaurée. Il faudrait que j'aille vérifier sur place, mais dans mon souvenir, la chaire à prêcher, ancienne (possiblement du XVIIIe ou XIXe siècle), était accessible par un petit escalier en bois montant le long d'une colonne et était juste assez grande pour que le prêtre s'y installe debout le temps de son discours. Ce sont là de vieux souvenirs de la fin des années 1980 et du tout début des années 1990, et j'y repense tout de même avec le sourire car, s'agissant de ce curé de campagne, pour le moins traditionaliste, on a appris plus tard, après sa disparition, qu'il avait discrètement partagé sa vie, durant son ministère, avec une femme (la nature exacte de la relation resta cependant à l'appréciation de chacun, sachant que l'on était assez coutumier des racontars dans ce village, où l'on s'épiait volontiers). Tout cela contrastait en tout cas avec la vie religieuse que j'ai pu connaître parallèlement dès cette époque en ville, en particulier dans une paroisse organisée autour d'une église moderne construite au début des années 1960 et orientée dans le sens de Vatican II sur la forme comme sur le fond. Pour en revenir à l'appréhension étant enfant de la messe de façon plus générale, comme je l'ai dit, il était assez facile de s'y ennuyer, mais j'essayais quand même de suivre ce qui se passait, ce qui se disait, et de me conformer aux rituels. S'asseoir, se lever, s'agenouiller, baisser la tête, faire les trois petits signes de croix sur le front, la bouche et le cœur, etc. : dans le mesure du possible, je m'efforçais de suivre le mouvement, même si on me disait parfois, du moins à certains moments, que je pouvais rester assis quand les adultes restaient debout. Comme j'étais déjà un lecteur assidu à l'époque, mais en principe sans me permettre de lire des livres personnels durant l'office, je m'efforçais de trouver de l'intérêt à la lecture d'un des missels disposés sur les bancs : amateur de livres sur les animaux, je trouvais qu'il n'en était pas beaucoup question dans le livre de prière, sauf pour évoquer un certain Agneau de Dieu de façon symbolique...
Plus tard est venu le temps de la participation à la communion — avec la question de savoir si l'hostie, que j'ai tout de suite préféré recevoir dans mes mains jointes plutôt que directement dans la bouche, était vraiment censée être le corps du Christ —, puis le développement naturel d'un nécessaire esprit critique vis-à-vis de l'Église, même si jeune adulte il m'arrivait encore d'accompagner à l'occasion ma grand-mère aux offices, tant qu'elle était autonome. Lors de ma visite à Rome il y a plus de 21 ans, quand j'étais étudiant (avec Berlu alors au pouvoir en Italie), c'est pour ma grand-mère que je suis allé jusqu'à la chapelle du Saint-Sacrement, ouverte uniquement pour la prière, dans la Basilique Saint-Pierre au Vatican... Encore aujourd'hui, alors que d'autres préfèrent doctement s'appuyer sur la TOB, c'est l'exemplaire de la Bible de Jérusalem de ma grand-mère, que je lui avais offert et qui m'est revenu à son décès, que je continue depuis à utiliser comme référence... Elendil a écrit :
Le rouge-queue à front blanc (Phoenicurus phoenicurus) a plus ou moins la même taille que le rouge-queue noir (Phoenicurus ochruros) et ils ont tous les deux la queue rousse, mais le mâle du rouge-queue à front blanc se distingue par sa poitrine orangée et son bandeau blanc frontal, tandis que le mâle du rouge-queue noir se reconnaît à sa tâche blanche sur l'aile et à sa face et sa gorge noires. Les femelles des deux espèces se ressemblent beaucoup plus, outre leur queue également rousse, avec un plumage où se mêlent le gris et le brun, quoique le dessous de la femelle du rouge-queue à front blanc soit plus roussâtre et que celui de la femelle du rouge-queue noir soit lui plus gris.
Elendil a écrit :
Je crois que les rouges-queues, quelle que soit l'espèce, ont en commun à la fois un comportement globalement peu farouche vis-à-vis de l'être humain dont ils ne craignent pas d'investir l'environnement mais aussi un réflexe de fuite ou de recul dès qu'ils se sentent observés : j'ai moi-même pu le vérifier plusieurs fois en voyant le mâle ou la femelle du couple de rouges-queues noirs ne pas hésiter à se poser sur le rebord de ma fenêtre située tout près de la chaudière, et y rester ainsi au moins quelques instants alors que je suis tout près, caché simplement derrière la vitre et un léger rideau blanc partiellement transparent, tandis que d'autres fois, je peux les voir adopter des mouvements de fuite ou parfois seulement de recul avec vol stationnaire (un peu comme les colibris) dès qu'ils m'aperçoivent à travers la fenêtre lorsque celle-ci est ouverte et que le rideau est tiré (ouvert lui aussi). Elendil a écrit :
C'est fort possible, sachant du reste que le mois de juillet est une période un peu tardive pour une nichée du rouge-queue à front blanc, qui est un oiseau migrateur (visible de mars à octobre en France) dont la saison des amours en nos contrées coïncide surtout avec le printemps. Le rouge-queue noir est aussi migrateur (quoiqu'on puisse le voir toute l'année en France) mais peut continuer à nicher un peu plus tard durant l'été, jusqu'en août comme je l'ai évoqué précédemment. En ce qui me concerne, du côté du nid dans le conduit de ma chaudière, après plusieurs jours de nourrissage régulier de la part des parents, il semble que les trois ou quatre jeunes rouge-queues noirs se soient décidés à quitter le nid, pour de bon, pas plus tard que ce matin : l'un d'eux, plus maladroit que les autres pour ce qui est de se poser sur une hauteur en milieu urbain, a tout de même suivi le mouvement de l'envol général, et les voila donc tous partis en ce dimanche "pré-caniculaire", laissant le silence derrière eux. Les deux parents voletant toutefois encore un peu dans le secteur, je verrais bien si le couple décide de nicher à nouveau au même endroit, soit encore cet été ou bien l'année prochaine... Elendil a écrit :
Je vois parfois aussi des mésanges charbonnières dans mon quartier, parmi beaucoup d'autres oiseaux, outre le rouge-queue noir, qui apprécient le milieu urbain pour peu qu'il y aient des jardins, parcs et autres espaces verts : merle noir (dont la femelle, brune, ressemble un peu à la grive musicienne), moineau domestique, rouge-gorge familier, chardonneret élégant, martinet noir, étourneau sansonnet, tourterelle turque, pigeon ramier (ou palombe), pigeon biset, pie bavarde, etc., et même bergeronnette grise, mouette, goéland et grand cormoran lorsque l'on se rapproche du canal du Midi ou de la Garonne (depuis quelques années, dans certains quartiers de Toulouse, on peut aussi parfois voir et surtout entendre la perruche à collier, introduite en France...). Outre les pigeons, les oiseaux les plus visibles et actifs toute l'année de mon point de vue sont sans doute les merles noirs : ce sont eux que je vois (assez souvent en couple) et que j'entends chanter le plus fréquemment, autour de chez moi ou depuis mes fenêtres, les arbres, buissons et haies qu'ils apprécient ne manquant pas dans le coin. Amicalement, B.
[EDIT (09/07/2023): correction de fautes et complément illustratif] In Memoriam... - Elendil - 10/07/2023 Hyarion a écrit :
C'est exactement cela. J'avais notamment envie de faire découvrir le Carnaval des Animaux aux jumeaux cet automne, vu qu'il sera donné à Aix, mais Írimenya m'a déconseillé de prendre des places, me disant que c'était un classique de l'école élémentaire, mais que les enseignants ne faisaient assister les élèves qu'à partir du CP. Vu qu'Eldacar et Almáriel rentreront tout juste en petite section en septembre, malgré une assez grande maturité pour leur âge, c'est sans doute encore trop tôt. Pour la messe, il y a surtout une préoccupation logistique de notre côté, quoique nous ne considérions pas qu'une découverte précoce soit forcément un problème du moment que l'enfant peut s'occuper sans s'ennuyer et sans déranger (trop) ses voisins de banc. Du côté des livres d'images, nous avons constaté que ceux de Maïté Roche étaient à la fois intéressants pour les enfants et dotés d'une thématique adéquate, aussi bien les anciens (qui avaient dû être achetés pour moi ou pour mes cousins) que les nouveaux (qu'on nous a offerts). Quelques exemples :
Il y est d'ailleurs souvent questions d'animaux (ce qui plaît beaucoup aux enfants, témoin l'histoire du bon berger, qui fait partie de leurs favorites). Hyarion a écrit :
Merci pour les illustrations, cela rejoint bien mon identification première. Je confirme tout à fait le vol stationnaire et le demi-tour brutal s'ils croient à un danger. J'ai encore observé des aller-retours des parents ce matin. Qui sait ? Hyarion a écrit :
De notre côté, nous voyons aussi de temps en temps des rouges-gorges et des geais, ainsi que des hirondelles de cheminée et des mouettes, qui ne nichent pas sur place. Les rossignols sont nombreux, mais difficiles à observer. Les oiseaux les plus fréquemment observés sont les ramiers, les tourterelles et les pies (sans parler de nos poules, évidemment). Il faut dire aussi que nous n'avons guère le loisir de guetter le passage de chacun des passereaux qui sont nombreux à chanter dans les chênes et les pins. D'ici quelques années, ce sera une excellente activité pour les enfants. E. In Memoriam... - Hyarion - 12/07/2023
Qui a raison et qui a tort ? Emma Bovary est-elle insupportable ? Ou courageuse et touchante ? Et Werther ? Sensible et noble ? Ou un sentimental agressif, amoureux de lui-même ? Plus attentivement on lit le roman, plus la réponse devient impossible car, par définition, le roman est l'art ironique : sa « vérité » est cachée, non prononcée, non-prononçable. « Souvenez-vous, Razumov, que les femmes, les enfants et les révolutionnaires exècrent l'ironie, négation de tous les instincts généreux, de toute foi, de tout dévouement, de toute action ! » laisse dire Joseph Conrad à une révolutionnaire russe dans Sous les yeux de l'Occident. L'ironie irrite. Non pas qu'elle se moque ou qu'elle attaque mais parce qu'elle nous prive des certitudes en dévoilant le monde comme ambiguïté. Leonardo Sciascia : « Rien de plus difficile à comprendre, de plus indéchiffrable que l'ironie. » Inutile de vouloir rendre un roman « difficile » par affectation de style ; chaque roman digne de ce nom, si limpide soit-il, est suffisamment difficile par sa consubstantielle ironie. Milan Kundera, L'art du roman, Paris, Gallimard, 1986, rééd. Folio, 1995, 2022, Sixième partie « Soixante-neuf mots », « IRONIE », p. 155-156. RIP Milan Kundera (1929-2023)
https://www.radiofrance.fr/franceculture/evenements/france-culture-rend-hommage-a-milan-kundera-5794647 Peace and Love, B. P.S.: je répondrais un peu plus tard au message qui précède celui-ci. In Memoriam... - Hyarion - 14/07/2023 Il y a quelques jours, Elendil a écrit :
Tu pourras (ou auras pu) sans doute vérifier ce qu'il en est dès ce vendredi... Elendil a écrit :
Parmi les oiseaux observables dans mon quartier et plus largement à Toulouse, j'ai oublié, l'autre jour, de mentionner l'évidente présence du canard colvert, qui fréquente naturellement les eaux et les berges du canal du Midi et de la Garonne : peut-être plus encore que les pigeons et les merles, les canards sont plutôt faciles à observer, à l'aise qu'ils sont dans leur milieu aquatique, même dans une ambiance très urbaine, et ils figurent parmi les oiseaux les plus enclins à se laisser prendre en photo, même s'ils ne tiennent pas non plus à ce que l'on s'approche d'eux de trop près. De fait, depuis le temps que j'habite dans la Ville rose, j'ai bien souvent eu l'occasion d'en photographier, dans des ambiances de couleurs et de lumière parfois quasi-impressionnistes, soit des canards mâles évoluant en petit groupe, soit des mâles et femelles en couple, soit des canes seules avec leurs petits canetons. Je répondrais un peu plus tard concernant la littérature pour la jeunesse à thématique biblique : fouiller dans mes propres souvenirs personnels et procéder ces jours-ci à quelques vérifications bibliographiques demande un peu de temps. Amicalement, B. In Memoriam... - Hyarion - 16/07/2023
Dans les années 1970, on disait à ma mère qu'elle lui ressemblait. Au-delà de cela et de cette période, ma mère l'aimait beaucoup. Je recommande la lecture de ses mémoires — issus de son journal intime (interrompu à la mort de sa fille Kate Barry), dont elle a choisi des extraits, traduits de l'anglais, commentés et annotés par elle entre 2016 et 2019 — publiés en deux volumes (Munkey Diaries : journal, 1957-1982 et Post-Scriptum : journal, 1982-2013) notamment dans la collection du Livre de Poche de la Librairie Générale Française. RIP Jane Mallory Birkin, dite Jane Birkin (1946-2023) https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/serie-jane-birkin-portrait-intime Peace and Love, B. In Memoriam... - Silmo - 17/07/2023 Le film qu'elle a réalisé "Boxes" n'est pas le chef-d'oeuvre du siècle mais est assez beau et raconte beaucoup de sa vie... 8.( In Memoriam... - ISENGAR - 18/07/2023 A la veille de la fête des 25 ans de JRRVF dans la demeure provençale d'Elendil, Charles E. Noad, 75 ans, nous quittait. Régulièrement cité par JRRVF et la Compagnie de la Comté au début des années 2000, Noad était, entre autres choses, un des membres les plus anciens de la Tolkien society anglaise (51 ans !), et un de ces Tolkieniens de l'ombre dont le travail, peu connu (en France, et particulièrement chez les spécialistes de Tolkien chez Hiteck et chez Jeux Video.com...), aura eu une importance majeure pour la connaissance et la transmission des œuvres de Tolkien jusqu'à nous. Il a écrit en mars 1977, quelques mois avant la publication du Silmarillion , un livre à peu près oublié par tout le monde, The Trees, the Jewels and the Rings: A Discursive Inquiry Into Things Little Known on Middle-earth qui anticipait et spéculait sur ce qu'aurait pu être le Silmarillion si Tolkien l'avait publié de son vivant.
Il a récidivé en 2000 avec un article important, "On the Construction of The Silmarillion", dans le livre de Flieger et Hostetter, Tolkien's Legendarium, dont le compte-rendu est disponible dans la Feuille N°1 (pour les heureux possesseurs de ladite Feuille) - et également disponible ici pour les visiteurs de JRRVF. Noad a par la suite travaillé à plusieurs reprises avec Christopher Tolkien durant ces 30 dernières années. Il a notamment relu les épreuves de plusieurs tomes de HoME et aussi History of The Hobbit, de Rateliff. En tant que membre très actif et très apprécié de la TS, il a également publié un très grand nombre d'articles pour Hamon Hen, ou Mallorn.
Vous trouverez sa nécrologie sur le site de la TS: Qu'il repose en paix. RIP Charles E. Noad (1947-2023). In Memoriam... - Yyr - 19/07/2023 Whâou. Yyr Un ancien informaticien analyste programmeur, un type bien, certainement ;). In Memoriam... - Silmo - 20/07/2023 Bel hommage Isengar et, pour moi, découverte tardive de ce grand contributeur à la diffusion de l’œuvre de Tolkien. In Memoriam... - Hyarion - 22/07/2023 À Elendil, précédemment dans le présent fuseau, votre serviteur Hyarion a écrit :
Comme annoncé il y a quelques jours, je reviens donc répondre à ce sujet. Précédemment, dans ce contexte, Elendil a écrit :
Bien que Maïté Roche soit active, au moins comme illustratrice, depuis la deuxième moitié des années 1970 (elle a plus de 70 ans aujourd'hui), je ne me rappelle pas d'avoir vu ses livres autrement qu'en vitrine de librairies spécialisées, et en étant déjà adulte. Pour tout ce qui suit, qui est « un peu » long (on ne se refait pas !), je me permets de revenir à une écriture avec une taille de police de caractères « normale », d'abord pour un meilleur confort de lecture et aussi parce que la conclusion rejoint in fine l'objet du présent fuseau.
François Truffaut déclarait, au début des années 1980 : « Je crois comme Simenon qu'on travaille avec tout ce qui nous est arrivé entre la naissance et l'âge de quatorze ans ». Si c'est vrai, au-delà de la question du vécu, qu'il fut heureux ou malheureux, stimulant ou ennuyeux, je pense que les livres que l'on a lu durant cette période nous marque forcément de façon particulière, quelle que soit notre créativité et plus généralement nos pensées et nos actions. Entre 10 et 11 ans, j'ai découvert Le Livre de la Bible, paru en deux volumes (un par Testament) que l'on m'avait offert (l'un après l'autre, je crois) et qui ont été initialement publiés en 1985 et 1987 chez Gallimard, dans l'ancienne collection de livres documentaires de poche « Découverte Cadet » que j'appréciais beaucoup. Présentés par Jacques Musset (ancien prêtre catholique qui s'est ensuite marié, âgé aujourd'hui de 87 ans) et illustrés par de nombreux artistes, il s'agissait de deux volumes collectifs dont voici les références pour ce qui me concerne :
Les deux volumes ont été réédités plus tard, d'abord encore séparément puis finalement en étant réunis en un volume unique à partir de 2003. Ce Livre de la Bible, en particulier s'agissant du premier volume, a une petite histoire concernant une de ses illustrations, une histoire qui ne m'a pas été racontée, mais que j'ai plus ou moins déduite au fil du temps, d'abord en étant intrigué dès l'occasion de mes premières lectures, puis plus tard en constatant l'évolution des choses en jetant de temps en temps un coup d'œil sur les rééditions de l'ouvrage. Mais avant d'aller plus loin, il me faut prendre le temps ici d'évoquer l'illustrateur concerné par cette petite histoire, à savoir Christian Broutin, également peintre, sculpteur et affichiste. Du reste, de façon générale, le domaine de l'illustration mérite toujours que l'on en parle, plutôt que d'être traitée de façon accessoire vis-à-vis des publications où elle est présente, non seulement parce que je crois personnellement beaucoup à l'importance du rapport entre texte et image, mais aussi parce que j'ai tendance à partager le point de vue de Broutin lorsque celui-ci a déclaré, assez récemment, vis-à-vis de son propre travail (à l'occasion de la parution d'un livre qui lui a été consacré en 2021, évoqué dans un billet de blog du Monde.fr), qu'il ne fait « aucune hiérarchie entre arts majeurs et arts dits mineurs, entre illustration et pure création [...]. »
Christian Broutin (âgé aujourd'hui de 90 ans), Henri Galeron (83 ans), Étienne Delessert (82 ans), Frédéric Clément (74 ans), Marcel Laverdet (70 ans) : tous ces illustrateurs contemporains (pour ne citer qu'eux) ont marqué chacun à leur façon mon imaginaire dans les années 1980 et 1990, à travers les livres que je lisais ou que, parfois, je voyais simplement exposés en librairie ou en bibliothèque. Ils avaient tous une capacité très particulière, propre à mon sens aux grands illustrateurs : celle de stimuler l'imagination, parfois uniquement à travers une illustration de couverture, non seulement vis-à-vis du sujet du livre mais aussi vis-à-vis de ce que donnait à voir l'illustration en elle-même, suivant la liberté prise par l'artiste (que l'on songe, pour prendre un exemple bien connu en ces lieux, à la mystérieuse guerrière forestière de Laverdet pour illustrer le Deuxième Âge des Contes et Légendes inachevés de Tolkien). Le style de Broutin, comme celui de Galeron, est peut-être un peu moins immédiatement identifiable que ceux de Delessert, Laverdet ou Clément, mais tout de même caractérisé par un mélange de réalisme et de poésie, avec un zeste d'étrangeté lorsque cela s'impose et même une pointe d'humour quand l'occasion se présente.
Je me souviens bien, personnellement, d'un certain nombre d'entre elles, notamment par exemple de l'illustration très évocatrice pour la couverture d'une édition au Livre de Poche de La Vénus d'Ille de Mérimée, illustration de Broutin qui avait contribué à mon intérêt, quand j'étais au collège, pour ce chef d'oeuvre de la littérature fantastique (j'ai gardé mon exemplaire de l'époque). Je me souviens aussi de l'illustration pour la couverture d'une édition, dans la collection Folio junior, de L'Étrange cas du Dr. Jekyll et de M. Hyde de Stevenson : j'avoue que cette couverture-là, associée entre autres à la présentation générale de l'histoire, m'avait tellement effrayé à l'époque que je n'avais pas voulu lire le livre (j'ai fini par le faire, un peu plus tard, avec une autre édition à la couverture illustrée par Galeron) ! ^^' Et comment oublier, a fortiori en ces lieux dédiés à Tolkien, les couvertures de Christian Broutin pour l'édition du Seigneur des Anneaux parue en six volumes chez Gallimard, dans la collection Folio junior, en 1988 ?
Je n'ai jamais acquis ni lu cette édition de Gallimard/Folio junior, car Tolkien ne m'a vraiment intéressé (y compris Le Hobbit) que plus tard, après l'âge de quatorze ans dont parle Truffaut, quand j'étais déjà alors au lycée (ma première édition du SdA fut celle rééditée en trois volumes chez Pocket avec des couvertures de Laverdet), mais les couvertures de Broutin pour l'édition Folio Junior m'intéressaient tout de même quand je les voyais en librairie autour de l'âge de la fin de l'école élémentaire et du début du collège. Tous les éléments illustrant ces couvertures pouvaient stimuler l'imagination, certains pouvaient même effrayer (le monstre vert du Livre I, l'araignée géante du Livre IV), tandis que d'autres pouvaient surtout intriguer : je repense notamment, par exemple, au mystérieux cavalier juché sur une monture bipède non moins mystérieuse apparaissant sur l'illustration de couverture du Livre III.
Pour ce qui est des lectures de jeune adulte (lectures de livres trouvés en bouquinerie), je me souviens aussi, entre autres, des illustrations de Broutin pour les couvertures des volumes de poche de collections dédiées à l'imaginaire chez Presses Pocket à la fin des années 1970 et au début des années 1980, notamment l'illustration de couverture pour le recueil de récits et poèmes de fantasy Le Manoir des Roses (1978) dans la collection du « Livre d'or de la science-fiction », une couverture poétique qui, avec le recul, apparaît comme une possible alternative sage à une autre couverture de Broutin, plus facétieuse dans un registre adulte, réalisée pour un recueil de nouvelles fantastiques des XIXe et XXe siècles, Histoires démoniaques (1977) , dans la collection de « La Grande anthologie du fantastique » (également chez Presses Pocket). Mais si l'on va au-delà des seules littératures de l'imaginaire, tout cela ne tient que très partiellement compte de la production prolifique de Christian Broutin, y compris en particulier dans le vaste domaine des illustrations pour les livres destinés à la jeunesse, production que l'on ne pourra cependant pas aborder en détail ici. Mais c'est là, en tout cas, que nous en revenons au Livre de la Bible de l'ancienne collection « Découverte Cadet » de Gallimard évoqué plus haut. Parmi les illustrations faites par de nombreux artistes pour le premier volume de ce Livre de la Bible, consacré à l'Ancien Testament, Christian Broutin en a réalisé plusieurs pour illustrer l'histoire des origines par laquelle commence le Livre de la Genèse. L'une de ses illustrations de Broutin représente Adam et Ève dans le jardin d'Éden, devant le fameux arbre de la connaissance du bien et du mal.
On remarquera sans peine les deux grandes feuilles de figuier couvrant les sexes du premier homme et de la première femme, les cheveux d'Ève lui couvrant en outre les seins. Ces éléments de pudeur se retrouvent à l'intérieur de mon édition du livre, de 1985 rééditée en 1992, où l'illustration en question est reproduite en totalité aux pages 126 et 127 (on pourra noter au passage que, dans cette scène, de façon stimulante, Broutin a peuplé le jardin d'Éden de divers animaux, dont un dinosaure sauropode côtoyant un éléphant).
Cependant, la même illustration apparait en première de couverture de mon édition du livre, mais dans une version dans laquelle les cheveux d'Ève ne couvrent plus ses seins et les feuilles de vigne ont disparu...
La version « impudique » de l'illustration de Broutin correspond vraisemblablement à un premier état de l'œuvre avant que les éléments de pudeur n'aient été ensuite ajoutés. Les feuilles de vigne sont certes faites avec élégance, mais apparaissent clairement comme des ajouts, contraints qui plus est, quand on compare avec la version dans laquelle Adam et Ève sont entièrement nus et a une dimension plus naturelle. Dès mes premiers lectures, je m'étais interrogé : pourquoi ces différences, et ces ajouts feuillus et chevelus ? Pour ne pas gêner certaines lectrices et certains lecteurs ? Mais dans ce cas-là, pourquoi avoir mis la version pudique de l'illustration à l'intérieur de l'ouvrage et laissé en même temps la version « impudique » reproduite sur la première de couverture ? J'ai fini par en déduire qu'il y avait eu un "couac" du côté de la maison d'édition, laquelle rectifia du reste le tir par la suite : de fait, les feuilles de vigne sont présentes dans les reproductions de l'illustration de Broutin sur les premières de couverture de la réédition du volume de 1996 (978-2070594313) et de l'édition du Livre de la Bible ayant finalement réuni les deux volumes en un seul en 2003 (978-2070557240), puis également plus discrètement sur la quatrième de couverture de l'édition la plus récente en un seul volume paru en 2009 (978-2070625369).
Je suppose que la maison d'édition s'est sentie obligé d'éviter tout risque d'être accusée d'enfreindre, d'une manière ou d'une autre, la loi française de 1949 sur les publications destinées à la jeunesse, telle qu'elle existait à l'époque, notamment avec son article 2 en vigueur de 1954 à 2010 qui imposait que les publications en question ne devaient comporter, entre autres, « aucune illustration [...] présentant sous un jour favorable [...] la débauche ou tous actes [...] de nature à démoraliser l'enfance ou la jeunesse ». (Pour information, dans sa version révisée actuelle, l'article 2 de ladite loi, en vigueur depuis mai 2011, condamne, entre autres, tout "contenu" dans lesdites publications « présentant un danger pour la jeunesse en raison de son caractère pornographique ou lorsqu'il est susceptible d'inciter à [...] tous actes [...] de nature à nuire à l'épanouissement physique, mental ou moral de l'enfance ou la jeunesse »). Cette petite histoire (de feuilles de vigne) aura in fine été une de mes premières occasions de réfléchir à la notion de censure... mais tout cela n'enlève rien à la qualité de l'ouvrage en question, toujours recommandable pour les enfants de 8 à 12 ans, et dont la dernière édition de 2009, en un seul volume, semble toujours disponible d'après le site de Gallimard Jeunesse : https://www.gallimard-jeunesse.fr/9782070625369/le-livre-de-la-bible.html
Avant l'âge de 7 ans, j'ai eu l'occasion de lire et d'apprécier grandement, et particulièrement, un livre d'inspiration biblique : L'Arche de Noé de Peter Spier, album d'abord destiné aux enfants, plutôt entre l'âge de 2 ou 3 ans et celui de 6 ou 7 ans, mais aussi bien lisible bien au-delà de ces âges.
Originellement paru en anglais à New York chez Doubleday en 1977 sous le titre Noah's Ark, L'Arche de Noé de Peter Spier a été publié en français à Paris par la maison d'édition L'École des Loisirs en 1978 (ISBN 2-211-04804-8). Réédité notamment en 1981, cet ouvrage m'avait été présenté quand j'étais à l'école maternelle, et j'avais très rapidement souhaité en avoir un exemplaire pour pouvoir le lire à la maison (le souhait fut exaucé).
L'album laissant, en un sens, parler les animaux, il contient très peu de texte, avec seulement deux fragments de citations bibliques au début (Gn 6, 8) et à la fin (Gn 9, 20), ainsi qu'un poème de Jacobus Revius (1586-1658) consacré au Déluge et qui met notamment l'accent sur la variété des animaux entrés dans l'Arche de Noé, ce que ne fait pas le récit de la Genèse. Revius est un poète néerlandais, pasteur calviniste dans sa ville natale de Deventer, théologien contre-remontrant et anticartésien, qui séjourna en France (notamment à Saumur) dans sa jeunesse, et dont la poésie fut notamment influencé stylistiquement par l'œuvre de Clément Marot (natif de Cahors, une des villes françaises que visita Revius). Dans la version française de l'ouvrage de Peter Spier, figure une adaptation par Jean-Henri Potier, sur une seule page, du poème de Jacobus Revius, tandis que dans la version originale du livre, ledit poème de Revius est présenté en anglais dans une traduction du néerlandais par Peter Spier lui-même. Pour le reste, tout est en images, et le résultat est de très grande qualité, d'une fluidité narrative quasi-cinématographique, le travail minutieux de Spier à l'encre et à l'aquarelle restant très agréable à regarder aujourd'hui.
Enfant, j'étais fasciné par le contenu de cet ouvrage, passant souvent mon temps de lecture à reconnaître tous les animaux représentés dans l'Arche (issus de tous les continents) et à les nommer, à compter les yeux des hiboux et chouettes sur une certaine page, à imaginer l'histoire et les anecdotes derrière chaque image... Ce livre a sans doute contribué à développer mon goût pour la pratique du dessin animalier. Plus tard, après l'âge du passage de l'école maternelle à l'école élémentaire, il a même pu servir ponctuellement de pont entre le monde de l'enfance et la catéchèse, mais j'associe surtout cet ouvrage, avec quelques autres, à mon enfance de petit garçon passionné par la nature, les animaux et le dessin. Ce livre peut aussi amener à réfléchir sur la vie, la mort, l'équité vis-à-vis d'une justice supposée divine, les symboles du corbeau, de la colombe, de la branche d'olivier, de l'arc-en-ciel, etc.
Très connu pour son Arche de Noé, Peter Spier était un illustrateur et écrivain prolifique, auteur notamment d'un Livre de Jonas (The Book of Jonah), un album pour la jeunesse là encore d'inspiration biblique et paru en français en 1985, toujours chez L'École des Loisirs. Cette maison d'édition propose notamment encore aujourd'hui, dans son catalogue, l'album de Spier pour tout-petits Les animaux ont la parole (Gobble, Growl, Grunt, 1971) paru en français en 1974, ainsi que l'album Sept milliards de visages (People, 1980) pour les enfants de 8 à 11 ans, paru en français la première fois en 1981 (sous le titre Quatre milliards de visages) et que Peter Spier avait réalisé pour inviter au dépassement des préjugés face à la diversité des êtres humains et des cultures. Néerlandais naturalisé américain, natif d'Amsterdam, ayant notamment vécu à Paris, puis à Houston au Texas, et ensuite à New York, Peter Spier est mort le 27 avril 2017, à l'âge de 89 ans : j'étais alors passé à côté de cette triste nouvelle. RIP Peter Spier (1927-2017) Peace and Love, B.
[EDIT (23/07/2023, 01:08): corrections diverses et mise à jour en tenant notamment compte des contraintes de formatage automatique de certaines images...] In Memoriam... - ISENGAR - 02/09/2023 Ce petit message pour signaler la mise à jour de JRRVF pour commémorer en toute simplicité le cinquantenaire de la mort de JRRT, avec les célèbres photos prises par Lord Snowdon à Poole en 1971 (page d'accueil du site) et par Billett Potter à Oxford en 1972 (article en lien). I. In Memoriam... - Hyarion - 02/09/2023 ISENGAR a écrit :
Merci, cher JR. Amicalement, B. In Memoriam... - Yyr - 02/09/2023 Très beau Jean-Rodolphe. Merci :) In Memoriam... - Hyarion - 01/11/2023
Federico Fellini est mort il y a tout juste trente ans, le 31 octobre 1993, à l'âge de 73 ans (trois ans avant la mort de Marcello Mastroianni, son « double cinématographique », à 72 ans). Je repense à Fellini cette nuit en me disant que si j'avais mieux connu son cinéma à l'époque où je m'étais décidé à répondre au fuseau du portrait chinois, j'aurais sans doute rajouté Fellini aux autres cinéastes cités pour compléter la phrase « Si j'étais un film [de cinéma], ce serait sans doute un film de... ». Même si je ne connais pas (encore) tous les films de Fellini, j'en ai vu et revu suffisamment, ces dernières années et surtout ces derniers mois, pour sentir que l'œuvre de ce cinéaste fait partie de ce cinéma que j'ai appris à apprécier depuis mon jeune âge. Je repense aussi, à cette occasion, à l'idée évoquée ponctuellement par notre ami Semprini, l'année dernière dans un autre fuseau, que Fellini aurait pu réaliser une adaptation du Seigneur des Anneaux... J'avais alors répondu, dans ledit fuseau, que le SdA me semblait ne pas vraiment correspondre à l'imaginaire fellinien, mais je me suis souvenu depuis d'un passage du film Amarcord (1973) montrant un enfant engagé sur le chemin de l'école, chemin noyé dans la brume, dans une atmosphère propice au surgissement de tous les possibles, une vache aux grandes cornes dans Amarcord, ou tout autre chose dans une scène où, toujours dans la brume, un hobbit serait à la place de l'enfant...
Avec un grand réalisateur comme Fellini, qui accordait une place essentielle à l'imagination mêlée au réel, qui s'intéressait par ailleurs à la psychanalyse jungienne (comme notamment son confrère John Boorman), au fond, tout pouvait sans doute être possible, même si je persiste à trouver sa personnalité, y compris sur le terrain de l'imaginaire, fort éloignée de celle de Tolkien, lequel n'aurait sans doute guère apprécié le rapport personnel de Fellini à l'onirisme, au catholicisme, à la sexualité, aux femmes, à la critique de la société, aux mythes antiques (dans Fellini Satyricon notamment), avec ce mélange de finesse du regard sur les sujets dont il s'emparait et de goût pour l'introduction dans ses films d'éléments percevables comme ambivalents ou fantaisistes et pouvant être imprégnés aussi bien de fantastique que de grotesque.
Parmi les films de Fellini que je connais, outre les célèbres chefs-d'œuvre que sont La Dolce Vita (1960) et Otto e mezzo (Huit et demi, 1963), Roma ou Fellini Roma (1972) est un de ceux que j'apprécie le plus dans son ensemble. Comme l'a bien défini Jean A. Gili dans Fellini. Le magicien du réel (Gallimard, 2009), « le film se développe en visions successives et autonomes, Fellini laissant au spectateur le soin d'en découvrir par lui-même le sens global ». Il y a, entre autres, ce regard d'une courtisane dans la séquence consacrée aux maisons closes que Fellini a connu dans sa jeunesse...
...et ce moment singulier de confrontation entre passé et présent de la Ville éternelle dans la séquence de découverte de fresques romaines sur le chantier du métro, fresques antiques qui s'effacent presque aussitôt au contact de l'air contemporain...
Et il y a, évidemment, la très savoureuse séquence du défilé de mode ecclésiastique, mise en scène d'une façon à la fois drôle et somptueuse, accompagnée de la musique de Nino Rota...
Cette séquence du défilé, avec conclusion pontificale grandiose, me parait être, d'une certaine manière, comme une réponse humoristique à ce que Fellini fait dire, dans un savoureux passage d'Otto e mezzo, au personnage de l'écrivain Daumier joué par Jean Rougeul, consultant auprès du personnage du cinéaste Guido Anselmi (double de Fellini) joué par Marcello Mastroianni, à propos des rapports personnels ambivalents qu'aurait Guido avec le catholicisme et sa critique de celui-ci, ce que révèlerait le propos de son projet de film qu'il n'arrive pas à terminer.
Ceci étant dit, si je devais choisir une image dans le cinéma de Fellini qui me parle particulièrement, ce serait la vision subjective d'un train roulant sur de vieux rails vers l'entrée d'un tunnel qui figure au début (voie droite) et à la fin (voie faisant un virage) du film La Città delle donne (La Cité des femmes, 1980)...
C'est une image qui symbolise bien le rapport ambiguë entre rêve et réalité cher à Fellini... et à titre personnel, cela me rappelle que c'est durant des voyages en train, entre veille et sommeil et avec précisément quelques traversées de tunnels, que j'ai notamment imaginé progressivement mon projet de livre à l'achèvement sans cesse reporté... projet dont je commence à craindre à présent, suite à l'accumulation de soucis personnels, qu'il ne connaisse le même destin, mutatis mutandis évidemment, que Le Voyage de G. Mastorna, très ambitieux projet de film que Fellini ne pu jamais mener à bien, pour des raisons diverses... mais n'en disons pas plus. Les films de Fellini m'auront aidé à m'occuper l'esprit ces derniers temps : merci à ce grand cinéaste, disparu il y a trente ans mais dont l'œuvre parle encore aujourd'hui.
RIP Federico Fellini (1920-1993) Peace and Love, B. In Memoriam... - ISENGAR - 22/11/2023 Hello RIP Clive Staples Lewis (1898-1963) I. In Memoriam... - Hyarion - 10/02/2024 Many that live deserve death. And some that die deserve life. Can you give it to them? Then do not be too eager to deal out death in judgement. Nombreux sont ceux qui vivent et méritent la mort. Et certains meurent qui méritent la vie. Pouvez-vous la leur donner ? Alors ne soyez pas si empressé d'infliger la mort en jugement. J. R. R. Tolkien, The Lord of the Rings, Book I, Chapter 2. J. R. R. Tolkien, Le Seigneur des Anneaux, Livre I, chapitre 2 (trad. : D. Lauzon). Robert Badinter, dont on a annoncé hier la disparition à l'âge de 95 ans, était une belle personne, un humaniste de même qu'un grand esprit à la française. Pour saluer ici sa mémoire, citer Nicolas de Condorcet, Victor Hugo, Émile Zola ou Jean Jaurès lui correspondrait davantage, car ses convictions et engagements de même que sa relation personnelle à l'écrit – lui qui fut aussi auteur –, se sont naturellement situées dans le sillage de ces grandes figures... Mais en pensant naturellement à l'abolition de la peine de mort en France, que Robert Badinter a réussi à obtenir comme garde des Sceaux en 1981, comment pourrait-on ne pas penser aussi, en ces lieux, à ce fameux passage du Seigneur des Anneaux ? RIP Robert Badinter (1928-2024) Peace and Love, B. In Memoriam... - Hyarion - 29/03/2024 RIP Maurizio Pollini (1942-2024) Peace and Love, B. In Memoriam... - Silmo - 06/04/2024 De retour sur JRRVF, parfait hommage pour un immense talent 8.( In Memoriam... - Cédric - 06/04/2024 Silmo a écrit :
Bon retour à la maison ! In Memoriam... - Hyarion - 06/04/2024 Silmo a écrit :
Plusieurs personnalités ayant été évoquées dans mes derniers messages dans le présent fuseau, je ne sais pas si tu fais allusion à l'une d'entre elles... mais tout comme Cédric, je salue en tout cas ton retour, cher Silmo. :-) Amicalement, B. In Memoriam... - Hyarion - 12/06/2024 Elle aussi enfin, à son tour, ne souffre plus... J'avais fait entendre, au cimetière, une de ses chansons (Mon amie la rose, de 1964, extraite de son troisième album) lors des obsèques de ma Maman, en janvier dernier...
RIP Françoise Madeleine Hardy, dite Françoise Hardy (1944-2024) Peace and Love, B. In Memoriam... - Hyarion - 30/06/2024 Il y a déjà quelques jours ce mois-ci, deux grands acteurs, ayant joué dans bien des films mais que j'associe naturellement au cinéma de Fellini, sont partis, l'un après l'autre en peu de temps... Besides me wanting to be an artist, I wanted to be a movie star. I don't mean like an American movie star. I mean like Jeanne Moreau or Anouk Aimée in La Dolce Vita. I couldn't believe her in those dark glasses and that black dress and that sports car. I thought that was the heaviest thing I ever saw. Anouk Aimée with that black eye. It made me always want to have a black eye forever. It made me want to get a guy to knock me around. I'd always look great. I got great sunglasses. Patti Smith, citée in Scott Cohen, “Patti Smith: Can You Hear Me Ethiopia?”, Circus Magazine, décembre 1976 RIP Nicole Françoise Florence Dreyfus, dite Anouk Aimée (1932-2024) RIP Donald McNichol Sutherland, dit Donald Sutherland (1935-2024)
Peace and Love, B. In Memoriam... - Hyarion - 25/08/2024 Le magazine Le Point avait annoncé un peu hâtivement, en mai 2020 lors de la disparition de Michel Piccoli, la mort du « dernier géant du cinéma français », alors même que Jean-Paul Belmondo et Alain Delon étaient encore de ce monde... Maintenant, et du moins si l'on s'en tient à eux (car il reste tout de même parmi nous notamment, encore, quelques très grandes actrices de leurs générations), ils sont effectivement tous partis : après Belmondo en septembre 2021, Delon est mort dimanche dernier, 18 août, à 88 ans, ses obsèques ayant lieu hier après-midi, samedi 24 août, à Douchy dans le Loiret.
Il n'était pas fils d'un sculpteur comme Belmondo, mais il fut cependant entre autres un collectionneur d'art, et s'il aurait pu être boucher-charcutier dans le sillage de son beau-père à Bourg-la-Reine, ou bien un voyou proxénète à Pigalle après être revenu de son engagement militaire en Indochine, finalement, grâce à un entregent féminin du côté de Saint-Germain-des-Prés, Alain Delon était devenu acteur, et plus tard également aussi producteur et réalisateur, avec un succès variable... [Maurice Pons :] - Et avec Alain Delon [vous êtes-vous bien entendue, comme avec Jean Gabin] ? Simone Signoret, La nostalgie n'est plus ce qu'elle était, avant-propos de Maurice Pons, Paris, Éditions du Seuil, 1976, 14, p. 364. Nul ne peut, quoiqu'il en soit, sérieusement mettre en doute le fait qu'Alain Delon fut un grand, très grand acteur du cinéma français et européen, de notoriété mondiale, lui qui disait vivre ses rôles plutôt que simplement les jouer. On a beaucoup parlé de sa beauté physique, de son regard magnétique, de son aisance à incarner les personnages solitaires, virils, durs, quoique n'étant pas toujours dépourvus de sensibilité. Le meilleur de sa filmographie se situe, de l'avis général mais à mon sens aussi, dans les années 1960, dès Plein Soleil de René Clément (1960), et jusque vers la fin des années 1970, soit à peu près jusqu'à Monsieur Klein de Joseph Losey (1976), qu'il coproduisit en sus d'en incarner le personnage principal et qui est sans doute un de ses derniers grands films. Par la suite, il faut bien reconnaître que globalement la pente fut descendante, jusqu'à toucher le fond de la piscine (si j'ose dire : La Piscine de Jacques Deray [1969], avec Romy Schneider et Jane Birkin, étant, lui, un bon film de Delon)... jusqu'à toucher, disais-je, le fond de la piscine avec un nanar de compétition (comme on dit chez Nanarland.com), réalisé par un certain Bernard-Henri Lévy et ayant alors bénéficié d'un budget invraisemblablement élevé, pour aboutir à ce que Claude Chabrol qualifiera de « film le plus con de l'année » : Le Jour et la Nuit (1997), nanar signé donc BHL et que Delon n'a jamais renié, celui-ci ayant toujours assumé tous les films auxquels il a choisi d'associer son nom. Les années 1980 et 1990 furent celles où se développa de plus en plus une image caricaturale d'Alain Delon, à partir notamment de l'évolution de plus en plus hasardeuse de sa filmographie à cette époque, et de sa tendance à surjouer son personnage de grand acteur viril et au-dessus du lot, jusqu'à parler publiquement assez régulièrement de lui à la troisième personne du singulier. Il avait essayé de s'en expliquer en 1990, lors d'un entretien assez houleux accordé à une journaliste de Télérama, il est vrai peu complaisante : Alain Delon : [...] Je ne suis pas mégalo : mettez-vous bien ça dans la tête. Ça n'est pas ça, Delon, O.K. ? Entretien accordé (non sans difficultés) par Alain Delon à Fabienne Pascaud, in Télérama n°2135 du 12 décembre 1990.
Cette tendance involontaire de Delon à une sorte d'auto-caricature en terme d'image inspirera diversement, à la télévision, des sketchs aussi bien aux Inconnus qu'aux auteurs des Guignols de l'Info qui lui consacrèrent une marionnette à partir de 1991 (c'est dans cette mémoire télévisuelle que j'avais puisé la matière d'une plaisanterie, Elendil notamment s'en souviendra peut-être, faite en septembre 2013 sur le forum de Tolkiendil et reproduite sur le présent forum de JRRVF en juin 2016, dans un autre fuseau :
Parmi tous les articles disponibles en ligne (hors Wikipédia) diversement consacrés à la vie et à la carrière cinématographique d'Alain Delon, l'un des plus synthétiques et lucides notamment s'agissant de l'évolution de l'acteur à partir des années 1970 (et ce malgré quelques approximations), est sans doute celui de Richard Tribouilloy mis en ligne sur le site de Nanarland.com en 2010, et auquel tout récemment l'auteur a simplement rajouté un paragraphe, au lendemain de la mort de l'acteur : En mars 1998, j'étais allé voir au cinéma Une chance sur deux de Patrice Leconte, film dans lequel Delon partageait à nouveau l'affiche avec son ex-rival Belmondo, les deux anciennes stars du cinéma français, ensemble à l'écran pour la première fois depuis Borsalino de Jacques Deray (1970), étant associées pour l'occasion à Vanessa Paradis : ça sentait quelque peu le bout du rouleau en matière de cinéma d'action pour nos deux héros, et entre l'écrasant Titanic et l'hilarant The Big Lebowski vus entre autres en salles dans le même premier semestre de cette année-là, j'avoue que la projection de Une chance sur deux ne m'a pas laissé un grand souvenir... Restent cependant, heureusement, les films de Delon de la meilleure période, dont plusieurs ont été rediffusés ces jours-ci à la télé pour l'occasion, et sont depuis pour certains disponibles en replay via les plate-formes des chaînes françaises de télé publique, France.tv et Arte.tv (nul besoin donc d'un abonnement à Netflix ou Amazon Prime... sachant toutefois qu'à la différence de celui sur Arte.tv, le replay sur France.tv ne dure, lui, que quelques jours). Lundi dernier au soir, la chaîne ARTE a ainsi rediffusé Mélodie en sous-sol (1963) de Henri Verneuil et Les Félins (1964) de René Clément :
Les deux films sont très bons, parmi les meilleurs de Delon de mon point de vue. Le meilleur film de Delon, du moins par rapport à ceux que je connais, restera toutefois à mes yeux Le Guépard (Il Gattopardo ; 1963) de Luchino Visconti : à la fois chef d'œuvre en soi et excellente adaptation du roman de Giuseppe Tomasi di Lampedusa, avec sa magnifique musique composée par Nino Rota, c'est sans doute le plus beau film de cinéma sur le XIXe siècle, la fin d'un monde et la naissance d'un autre, ainsi que j'ai déjà pu l'écrire ailleurs par le passé. J'avais pu voir ce long métrage sur grand écran en juin 2011 dans sa version alors récemment restaurée, dans le cadre d'une rétrospective qu'avait à l'époque consacrée au cinéma de Visconti la Cinémathèque de Toulouse. Comme l'a déclaré Claudia Cardinale, dans un message transmis à l'AFP, le jour de la mort de celui qui fut son partenaire à l'écran pour ce merveilleux film (dans lequel elle joue le personnage d'Angelica) : « Le bal est fini. Tancredi s'en est allé danser avec les étoiles... ». RIP Alain Fabien Maurice Marcel Delon, dit Alain Delon (1935-2024) Peace and Love, B. (EDIT: corrections diverses de fautes et coquilles, et quelques légères reformulations) In Memoriam... - ISENGAR - 03/11/2024 C'est en travaillant sur un tout autre sujet, à la recherche d'une illustration, que je suis tombé un peu par hasard sur la triste nouvelle. Greg Hildebrandt, l'autre moitié du célèbre duo d'illustrateurs des frères Hildebrandt, est décédé ce 31 octobre 2024. Il avait 85 ans. La mort de Tim, son jumeau, avait été annoncée en toute discrétion sur JRRVF en 2006. Il faut dire que l'art des frangins ne faisait pas l'unanimité dans notre forum, j'ai en effet lu beaucoup de "bof", de "beurk" et de "c'est qui ?" en remontant les fils de discussions, dont certaines datent d'août 2001, une époque qui révèle que, finalement, le public français les connaissaient relativement peu, placés comme ils l'étaient dans l'ombre des déjà archi-célèbres Lee, Howe et Nasmith. Pourtant, outre-atlantique, ils ont été un certain temps au milieu des années 70 parmi les rares illustrateurs tolkieniens à bénéficier d'une grande diffusion auprès du public, et leurs peintures se sont imposées, un petit eu avant les représentations issues du dessin animé de Bakshi, comme une des premières grandes références visuelles des livres de Tolkien. Greg a aussi travaillé en solo, du temps du partenariat avec son frère. On lui doit notamment une peinture assez fameuse intitulée Dream 1: Crucifers, qui a servi par la suite à illustrer la couverture d'un célèbre album de Black Sabbath, Mob Rules en 1981 (avec Ronnie James Dio au chant, autre grand fan de Tolkien). Il a également œuvré pour la franchise Star Treck et illustré une foule de livres.
RIP Greg Hildebrandt (1939-2024) I. In Memoriam... - sosryko - 03/11/2024 En ce qui me concerne, j'aime beaucoup leur travail sur Tolkien. Merci Isengar pour cet hommage. In Memoriam... - Hyarion - 03/11/2024 Je voulais écrire ce message plus tôt, comme d'autres programmés depuis longtemps, mais décidément, j'ai du mal à rédiger ces temps-ci, pour le prévu comme pour l'imprévu... ISENGAR a écrit :
J'ai appris, pour ma part, la nouvelle assez rapidement, car son épouse Jean Scrocco (avec laquelle j'avais eu un bon contact, dans le cadre de mes recherches, il y a déjà une dizaine d'années) communiquait régulièrement ces derniers mois, notamment sur le réseau de MarK Z., concernant le combat de son mari pour retrouver sa capacité à respirer, suite à un effet secondaire grave d'un médicament pour le cœur : comme elle l'a écrit dans un message public émouvant annonçant la terrible nouvelle le jour même du décès, ils vivaient ensemble depuis 33 ans et ont travaillé ensemble pendant 45 ans, notamment dans le cadre de leur SpiderWebArt Gallery. ISENGAR a écrit :
Oui, c'est vrai, j'ai constaté moi aussi de mon côté tous ces jugements passés à propos des œuvres des Hildebrandt Brothers... mais pour ma part, j'aime bien ce qu'ils ont fait, notamment (comme Sosryko) en ce qui concerne l'univers de Tolkien, les deux frères étant surtout célèbres pour être les auteurs des illustrations de trois éditions du Tolkien Calendar édité par Ballantine Books pour les années 1976, 1977 et 1978.
Nés dans le Michigan, à Détroit le 23 janvier 1939, les deux frères jumeaux, dès l'enfance, ont suivi ce que préconisait l'illustrateur américain Howard Pyle (1853-1911), à savoir dessiner une scène de cinquante façons différentes et s'imaginer à l'intérieur, non seulement en observateur. Pour leurs illustrations, ils réalisaient d'abord des croquis, puis ils concevaient des costumes portés ensuite par des modèles qu'ils photographiaient sous un éclairage adéquat, avant de passer à la réalisation des peintures, généralement faites à l'acrylique sur toile. Dans le livre Les années Tolkien des frères Hildebrandt ou The Tolkien Years of the Brothers Hildebrandt (VF : Panini Books, 2013 ; VO : Dynamite Entertainment, 2012 [1re éd. : 2001]), Greg Hildebrandt Jr., fils de l'artiste, raconte tout cela, à partir de ses souvenirs de jeunesse ainsi que des confidences de son père et de son oncle.
Les reproductions en ligne ne rendent évidemment pas toutes forcément justice aux couleurs originales des tableaux. Concernant La Réception Inattendue, je laisse deviner où les Brothers, volontiers soucieux des détails, sont allés chercher les chiffres du cadran de l'horloge au-dessus de la cheminée du logis de Bilbo...
Pendant les nombreuses années qui suivirent la parution du dernier Tolkien Calendar des frères Hildebrandt, ceux-ci produisirent pour divers commanditaires, détenteurs de la licence Tolkien ou collectionneurs privés, d'autres illustrations tolkieniennes, à partir des mêmes sujets que ceux des anciens calendriers ou d'autres thèmes et scènes traités de façon inédite.
Esprit libre et plein d'humour, Greg Hildebrandt était en fait capable de dessiner et peindre toutes sortes de sujets, des illustrations consacré à Tolkien, Star Wars ou les super-héros de comics, mais aussi de nombreuses figures féminines dans la tradition sexy des pinups des années 1950-1960 pour sa série érotique “American Beauties”, ou même un portrait commémoratif du prélat catholique Fulton Sheen. Marqué par le 11-Septembre, il avait exprimé, comme son confrère Stephen Hickman, son soutien à la France lors des attentats de novembre 2015, et plus récemment son soutien à l'Ukraine dans le contexte de la guerre toujours en cours. RIP Gregory J. Hildebrandt, dit Greg Hildebrandt (1939-2024) Peace and Love, B. [EDIT: ajout d'une image (détail de La Réception Inattendue) et correction de fautes] In Memoriam... - Hyarion - 15/11/2024 Le grand musicien américain Quincy Jones s'est éteint le 3 novembre dernier, à l'âge de 91 ans. Trompettiste de formation, talentueux arrangeur, compositeur et producteur, son influence a été majeure sur les musiques américaines de son temps, du jazz à la pop en passant par la musique de film. Toute la semaine dernière, la radio France Musique lui a rendu hommage lors de plusieurs émissions de très bonne tenue (me semble-t-il) :
Quincy Jones, natif de Chicago et décédé à Los Angeles, avait écrit une autobiographie intitulée Q: The Autobiography of Quincy Jones, parue en 2001 (chez Doubleday/Random House), contenant aussi des témoignages de proches, et ayant fait l'objet d'une traduction française publiée en 2003 (chez Robert Laffont). Cette traduction, qui fut longtemps indisponible, a été rééditée en 2021 (avec pour titre Mémoires, au Cherche midi). Dans la préface de cette édition française, Quincy Jones remercie Mimi Perrin et sa fille Isabelle Perrin d'avoir réalisé cette traduction, et explique pourquoi il en est ravi : Quincy Jones s'est lié d'amitié avec Mimi Perrin à l'époque où, en 1957, il était venu en France pour travailler à Paris en tant que compositeur, arrangeur et chef d'orchestre pour Barclay Records, Mimi Perrin faisant partie des chœurs en studio derrière l'orchestre maison. C'est à cette même époque que Quincy Jones se rendait à Fontainebleau pour suivre l'enseignement de Nadia Boulanger et étudiait à son contact des œuvres comme Daphnis et Chloé de Maurice Ravel et L'Oiseau de feu d'Igor Stravinsky, compositeur que Jones rencontra par ailleurs aussi à cette époque (l'anecdote, savoureuse, est connue grâce à son autobiographie). En 1959, Mimi Perrin, née Jeannine Quintard (1926-2010), fonda le groupe de jazz français Les Double Six, Quincy Jones ayant accepté d'être le « parrain » du groupe. Leurs chemins continuèrent à se croiser par la suite et tous les deux restèrent amis. Signalons-le au passage, il se trouve que Mimi Perrin fut également la traductrice, entre autres, de plusieurs textes d'auteurs de fantasy anglophones parus en français dans le cadre d'une série d'anthologies « L'Épopée fantastique » (1978-1982) de la collection « Le Livre d'or de la science-fiction », série compilée plus tard dans le volume La Grande anthologie de la Fantasy (j'ai eu plusieurs fois l'occasion d'évoquer ces publications en ces lieux par le passé). Parmi les textes qu'elle traduisit pour cette série « L'Épopée fantastique », figurent notamment des poèmes de Robert E. Howard et William Morris, inédits en français jusque-là, et publiés dans les volumes Le manoir des roses (1978) et La citadelle écarlate (1979). Ainsi Mimi Perrin aura joué, pour leur poésie, le même rôle de passeur que Dashiell Hedayat pour la poésie de J. R. R. Tolkien à la même époque. Pour en revenir à Quincy Jones, j'espère que, si elles sont écoutées, les émissions de France Musique qui lui sont dédiées, et dont j'ai partagé les liens plus haut, plairont autant qu'elles m'ont plu... en attendant que je revienne partager à nouveau des choses du côté de notre fuseau musical (cela prend beaucoup de temps, notamment en recherches documentaires musicologiques, mais ça avance...)... RIP Quincy Delight Jones Jr., dit Quincy Jones (1933-2024) Peace and Love, B. In Memoriam... - ISENGAR - 22/01/2025 Dans un voisin fuseau, j'écrivais :
Eh bien Gabriel Yacoub nous a quittés aujourd'hui, pile 7 ans après Ursula Le Guin. Il avait 72 ans.
C'était un admirateur discret de Tolkien, on en avait brièvement parlé lorsqu'on s'était rencontré.
I. In Memoriam... - ISENGAR - 02/04/2025 Hélas, cette fois c'est sûr, Madmartigan, le beau guerrier Daïkini, n'est plus. La décevante série de Disney+, Willow (2022), avait laissé plein de questions sans réponses sur le devenir de ce personnage. A présent, c'est plié, puisque l'acteur Val Kilmer, Madmartigan for ever, s'est éteint hier 1er avril à Los Angeles, peut-être des suites d'un cancer de la gorge contre lequel il s'est battu plusieurs années. RIP Val Edward Kilmer (1959-2025) I. In Memoriam... - Silmo - 03/04/2025 Pas vieux, hélas ! In Memoriam... - ISENGAR - 23/07/2025
Ozzy l'indestructible, Ozzy trompe-la-mort, Ozzy le Prince des ténèbres.
Je vous invite à re-découvrir The Wizard, le plus Tolkienien de ses titres, avec le groupe Black Sabbath, auquel son nom est associé pour l'éternité.
Ne l'oublions pas trop vite. RIP John Michael "Ozzy" Osbourne, 1948-2025. I. In Memoriam... - Gawain - 23/07/2025 8.( In Memoriam... - Silmo - 24/07/2025 pas mieux In Memoriam... - Hyarion - 24/09/2025 Comme l'année dernière, c'est à quelques jours d'intervalle que deux très grandes figures du cinéma viennent de partir, à leur tour... RIP Charles Robert Redford, Jr., dit Robert Redford (1936-2025) RIP Claude Joséphine Rose Cardinale, dite Claudia Cardinale (1938-2025) Peace and Love, B. In Memoriam... - Silmo - 25/09/2025 Très beaux hommages. Merci Hyarion, ton post était attendu. In Memoriam... - Hyarion - 27/09/2025 Merci pour ton retour, cher Silmo. Amicalement, B. In Memoriam... - Silmo - 02/10/2025 Bref hommage à Jane Goodall qui mériterait, à titre posthume, le prix Nobel de la Paix, bien plus que D. Trump. In Memoriam... - Hyarion - 01/11/2025
RIP Baruh Djaki Karyo, dit Tchéky Karyo (1953-2025) Peace and Love, B. |