Tilkalin
Inscription : Jun 2005
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Et deux autres critiques, dans la même veine que la précédente : celle du National Public Radio et celle du New York Times. ;-)

Silmo
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Hyarion a dit :
j'ai appris à me méfier des critiques, qui sont en général aussi subjectifs que n'importe quel spectateur


Sauf bien sûr JR dont les critiques, elles, sont objectives !
Mais lui! Est-il n'importe quel spectateur?
Et ce qu'il critique! Est-ce du cinéma?
Le monde est décidément plein de mystères...

Silmo ;-)

PS: et merci pour la revue de presse Saivh et Tilkalin

Tilkalin
Inscription : Jun 2005
Messages : 320

A noter, ce nouvel article du Chicago Sun-Times et daté du 15 novembre. ;-)

Silmo
Inscription : Jan 2002
Messages : 4 249


Excellent... :-) Pas sûr que ça donne vraiment envie d'y aller, encore que : Some of the dialogue sounds like "Monty Python." No, most of the dialogue does.

Silmo

Laegalad
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Messages : 2 996

Mwarf... j'adore l'ironie en coin :D correspond tout à fait à l'humeur du jour...  * rrrrrrrrrr *

S. -- Oh, Silmo, parlant de dialogues à la Monty Pithon.. est-ce que tu as toujours le lien vers la restranscription complète des dialogues de Holy Grail ? je l'ai perdu et je n'arrive pas à remettre la main dessus :(

Hyarion
Inscription : Jan 2004
Messages : 2 636

Bon, autant le signaler ici, pour éviter la dispersion...

Je me suis procuré, mercredi dernier, la nouvelle édition française de Beowulf, parue tout récemment dans l'excellente collection "Lettres gothiques" du Livre de Poche. Je rappelle que, comme pour tous les autres ouvrages publiés dans cette collection, il s'agit d'une édition bilingue, avec une nouvelle traduction d'André Crépin. Celui-ci affirme lui-même que sa précédente traduction était "moins nerveuse" et "moins exacte" que celle qui est proposée aujourd'hui. Un bon livre, donc, et à un prix très raisonnable, ce qui est toujours suffisemment rare pour être signalé. Je ne peux que le recommander... d'autant plus qu'une relecture du texte original ne me paraît pas inutile avant de s'aventurer dans les salles obscures...

Cordialement, :-)

Hyarion.


[EDIT (2025): remplacement d'un affichage d'image externe obsolète]

Hyarion
Inscription : Jan 2004
Messages : 2 636

P.S. :

Silmo >>> "Sauf bien sûr JR dont les critiques, elles, sont objectives !
Mais lui! Est-il n'importe quel spectateur?
Et ce qu'il critique! Est-ce du cinéma?
"

;o)

J'espère, dans ce cas, qu'il ira voir le nouveau film Beowulf... histoire de jeter des passerelles artistiques "objectives" entre différents chefs d'oeuvre du cinéma de fantasy... ;-)

Sieglinde >>> "tu nous diras Hyarion"

Oui, de toute façon, je vous dirais ce que j'en pense...

Cordialement, :-)

Hyarion.

Tilkalin
Inscription : Jun 2005
Messages : 320

Et une autre revue - en vers s'il vous plaît ! ;-))

Tilkalin
Inscription : Jun 2005
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Un autre article, "Beowulf" vs. "The Lord of the Rings", dans lequel l'auteur s'appuie sur Beowulf: The Monsters and the Critics pour analyser l'adaptation de R. Zemeckis. ;-)

Hyarion
Inscription : Jan 2004
Messages : 2 636

Bon, je vu le film de Zemeckis aujourd'hui, jour de sa sortie, à la deuxième séance de la journée... Comme d'habitude, en début d'après-midi, il n'y a jamais grand-monde, ce qui est toujours bien agréable - pour moi, assurément, mais sans doute pas pour le distributeur -, mais, par contre, j'ai été obligé de voir le film en version française, aucune copie en version originale n'ayant, hélas, été proposée à Toulouse...

Avant d'aborder l'aspect formel, qui en a inquiété plus d'un, ici comme ailleurs, commençons par évoquer le fond. Et disons-le tout de suite : ce film m'a paru fort réussi.
L'histoire originale du poème médiéval est respecté, assez fidèlement, jusqu'au combat entre Beowulf et Grendel (pour les connaisseurs, l'évocation par Hunferth [John Malkovich dans le film] et Beowulf de la compétition en mer entre ledit Beowulf et Breca n'est pas oubliée). Après le combat contre Grendel, bien évidemment, le scénario du film s'éloigne sensiblement du poème, mais en gardant tout-de-même un certain nombre d'éléments du récit original, ce qui témoigne d'un certain souci de ne pas s'éloigner excessivement de la source médiévale... En fait, les scénaristes Roger Avary et Neil Gaiman semblent être partis de l'idée que le poème en vieil anglais des environs de l'an mil pouvait être tout ce qu'il restait de l'histoire du roi Beowulf, et ont donc imaginé ce qu'aurait pû être la véritable histoire, en marge de la version officielle que serait le poème. Cela donne un film finalement assez original, historiquement assez réaliste - dans l'ensemble - sur le plan des décors et des costumes, et qui prend évidemment des libertés avec le poème mais pour raconter, en définitive, une histoire qui ne manque pas d'intérêt. Le fait est que Zemeckis et ses collaborateurs se sont visiblement surtout intéressés à ce qui se cache derrière les héros et les légendes, c'est à dire aux hommes, faibles, simples, et corruptibles. Le film commence ainsi sur un ton très héroïque mais évolue ensuite vers ce qui est, finalement, avant tout, un drame humain, la légende se trouvant ainsi confronté au réel, celui des hommes de l'Europe du Nord du VIe siècle, époque où le récit parlé cède la place à l'écrit, où les anciens dieux païens laissent peu à peu la place au nouveau dieu Christ... Démythification - terme employé par le critique Stanislas Bernard sur Dvdrama.com - est dès lors le mot qui semble le mieux convenir au travail de Zemeckis et de ses scénaristes, Beowulf abandonnant peu à peu, dans le film, son statut de héros puissant et glorieux, pour celui d'un simple être humain, certes fort et courageux, mais avant tout de chair et de sang, avec ses besoins et ses faiblesses. Un autre personnage apparait comme étant étonnament humain, bien qu'apparemment monstrueux : Grendel, l'ogre aux terrifiantes pulsions. La raison de cette part d'humanité, lié à un secret détenu par le roi Hrothgar (joué par Anthony Hopkins), se laisse deviner dans le film, de même que les origines du dragon dévastateur de la fin de cette histoire, décidément assez surprenante, et marquée du sceau de la malédiction... mais je n'en dis pas plus...
En ce qui me concerne, mon avis est clair : si le secret d'un film réussi c'est, comme disait Jean Gabin, "premièrement une bonne histoire, deuxièmement une bonne histoire, troisièmement une bonne histoire", alors le contrat est ici rempli... :-)

Voilà pour le fond. De ce point de vue, donc, le Beowulf de Zemeckis est un bon film. Maintenant, venons-en à la forme.

Tout d'abord, il faut bien reconnaître que la technique de la performance capture a visiblement fait de sérieux progrès par rapport aux précédents films réalisés entièrement avec ladite technique. Tout n'est évidemment pas parfait, loin s'en faut, certaines séquences d'action pouvant évidemment apparaitre comme étant assez proches des cinématiques de jeux vidéos. Mais ce défaut est en partie compensé par le fait que le film se concentre beaucoup sur les personnages, ce qui permet de mettre davantage en valeur le rendu très réaliste de nombreuses séquences plus intimistes, et notamment de certains gros plans sur les visages. Même si le fait qu'il s'agit d'un film d'animation n'est jamais oublié, on peut tout-de-même se rendre compte de la réalité du jeu des comédiens.
Précisons ici que Beowulf, contrairement à ce que certains journalistes ont pu affirmer fort légèrement, n'est pas un film pour jeune public : c'est un film violent, sanglant, décadent par certains aspects, avec des scènes de combat "monstrueuses" comme dirait un ami cinéphile, et des allusions sexuelles assez explicites, c'est le moins que l'on puisse dire... ;-) Moi, vous le savez, tout celà ne me dérange pas, bien entendu, mais il vallait sans doute mieux que je sois clair là-dessus.
Le film comporte, évidemment, comme c'était prévisible, un certain nombre de faiblesses factuelles... Dans la version française du film, Beowulf est présenté comme un "Gète" et non comme un Goth : j'espère qu'il ne s'agit là que d'une erreur de la VF... Les talons de la mère de Grendel peuvent étonner. La lame de l'épée brandie par Beowulf, joué par Ray Winstone, se met à luire à proximité du corps nu de ladite mère de Grendel, jouée par Angelina Jolie, qui a pris l'apparence d'une jeune femme très séduisante, et lorsque les mains d'Angelina Jolie touchent la lame luisante de l'épée de Beowulf, celle-ci se transforme en liquide s'écoulant entre les corps très rapprochés de Beowulf et de la mère-ogresse transformée en créature de rêve : les amateurs d'allusions sexuelles seront sans doute comblés... ;-)
Enfin, ajoutons que l'élément le plus négatif du film à mes yeux est sans doute la musique d'Alan Silvestri, plutôt médiocre. Celà dit, Silvestri n'a jamais brillé par la qualité de ses musiques de film, et je n'ai donc pas été surpris du résultat. Pfff... Quand je pense qu'il y en a, ici et ailleurs, qui disent détester la musique de Howard Shore, on voit bien qu'ils n'ont jamais entendu de musique de film médiocre... Cela dit, si cela peut rassurer certains, je rappelle que, pour ma part, Ennio Morricone, John Williams et Basil Poledouris seront toujours mes compositeurs de musiques de films préférés... :-) Toujours est-il qu'avec Silvestri, on est loin du compte...

Mais, décidément, il en faudrait tout de même plus pour condamner Beowulf, qui, pour moi, reste un bon film. Maintenant, vu qu'il ne s'agit là que de mon avis, je ne puis que vous conseiller d'aller le voir, pour vous faire votre propre opinion. Voilà. :-)

Cordialement, :-)

Hyarion.


[EDIT (2025): remplacement d'un affichage d'image externe au lien devenu obsolète, et mise en italique des mentions du titre du film]

Hyarion
Inscription : Jan 2004
Messages : 2 636

PS : Zut, je me rends compte que, dans mon précédent message, je n'ai pas mis le titre du film Beowulf en italique, comme j'aurai dû le faire... Mille excuses si cet oubli nuit à la lisibilité...

Cordialement, :-)

Hyarion.


[EDIT (2025): oubli réparé !]

Einherjar
Inscription : Dec 2003
Messages : 63

Bonjour, je viens de voir le film et j'en suis sortis ravie !
il faut dire aussi que je m'attendais à du (Christophe Lambert)²


Je ne sais pas si vous avez ressentis la meme chose, mais j'ai trouvé quelque chose d'humain dans Grendel, les scenes de dialogue entre Grendel et sa mere sont vraiment touchante.


J'y repense encore et encore,  Grendel m'a vraiment marqué part sa violence et ses instants de tendresses avec sa mere !
Sa première apparition m'a effrayé, j'ai ressenti un malaise en moi.
Puis une attirance, une intrigue.....Bref, le réalisateur à bien réussi son coup.


ISENGAR
Modérateur
Inscription : Jun 2001
Messages : 5 096

Hyarion : il y en a, ici et ailleurs, qui disent détester la musique de Howard Shore, on voit bien qu'ils n'ont jamais entendu de musique de film médiocre...

Il me semble que les personnes qui se sont exprimées à ce sujet ne parlaient que du travail baclé, soporiphique, insipide et sans imagination d'Howard Shore pour la "trilogie" de Jackson qui est donc une série de films médiocre avec la musique médiocre qui va bien avec, pour résumer les choses...
Cependant d'autres oeuvres d'Howard Shore sont infiniment plus fouillées et brillantes. La BO de Seven est un bon exemple.
Au global, la musique de Shore n'est donc pas entièrement détestée - personnellement je lui préfère Elvis Presley période beurre de cacahuète/Las Vegas, mais ce n'est qu'un goût personnel.

Argh ! ça faisait plusieurs semaines que la jaxonerie et ses pitoyables collatéraux n'étaient plus à l'ordre du jour ! Que se passe-t-il donc ? Qu'est-ce qu'annonce ce méphitique retour ?

I.

Edrahil
Inscription : May 2003
Messages : 507

Grand-tonton > Qu'est-ce qu'annonce ce méphitique retour ?

Terme fort bien choisi quoique pour un tout autre sujet, concernant ce que d'aucuns, tout méphitiques qu'ils puissent être, ont actuellement en tête.
Il se trouve en effet que les abysses infernales qui furent lieux de fréquentation assidue en des temps désormais révolus, pourraient bien, prochainement, revoir le jour les ombres... sous un jour une brume un brin plus étendue. Dans laquelle, au demeurant, le thème de la présente discussion pourrait y trouver une place d'honneur, pour peu que le ton des discours y ayant trait retrouve le tranchant d'antan, si propre à cette antre démoniaque... Ce qui, disons-le, ne nous crée pas de tracas par trop ingérable... ;)

Sinon, très accessoirement, rappelons, dans la lignée de ce que disait grand-tonton, que la musique d'Howard Shore pour le truc de Jaxon, est, indéniablement, extrêmement mauvaise.

Par ailleurs, on me signale en coulisse, la remarque suivante, signée .S :

Quant à la musique de Seven, et d'après mes souvenirs, elle dénotait effectivement d'une certaine originalité. Beaucoup plus que celle du SdA, mais la tâche n'est guère malaisée. En revanche, elle ne m'avait pas laissé un souvenir mémorable non plus, car l'indus a été généralement exploité de façon plus intéressante et plus fouillée par certains groupes, mais aussi parce qu'hormis des thèmes sympathiques et des effets bien travaillés, elle ne se développait finalement pas assez pour figurer dans les annales des bandes originales, se reposant un peu trop sur son originalité de surface sans chercher à creuser outre mesure (remarque que je pourrais tout autant faire pour la musique de requiem for a dream).

Fin de l'aparté.

Fin du post aussi, d'ailleurs.

C. et .S, donc.

Hyarion
Inscription : Jan 2004
Messages : 2 636

Isengar >>> "Argh ! ça faisait plusieurs semaines que la jaxonerie et ses pitoyables collatéraux n'étaient plus à l'ordre du jour ! Que se passe-t-il donc ? Qu'est-ce qu'annonce ce méphitique retour ?"

Si "méphitique retour" il y a, ce ne peut être que celui des jugements péremptoires à l'emporte-pièces, et de la chasse au prétendu "mauvais goût" de gens comme moi...

J'ai déjà dit tout ce que j'avais à dire, en matière de considérations cinématographiques et musicales, dans mon message du 21 novembre, à 21:12... et n'ai rien à ajouter sur le prétendu "bon goût" des autres...

J'espère que le retour du climat détestable qui règnait il n'y a pas si longtemps sur ce forum n'est que très passager...

Cordialement,

Hyarion.

Edrahil
Inscription : May 2003
Messages : 507

Baston !

Les films au pilori !

Mwahahaha !

Ah merde, je me suis planté de forum...

(A noter, toutefois, que ladite ambiance me paraissait, à moi, bien plus méphitique, justement, que détestable - car les deux ne sont pas synonymes, je vous prie de le noter. Je dirais même qu'elle me posait pas de problème, tant que les grands chevaux de chacun restaient bien sagement à l'écurie. Mais bon, ce n'est que mon opinion...)

C. et S.

PS : Un dragon à deux têtes ne compte que pour une personne, d'où le "je".

Hyarion
Inscription : Jan 2004
Messages : 2 636

Il est vrai que je suis un inculte, Edrahil... Que tous me pardonnent...

Cordialement,

Hyarion.

romaine
Inscription : Aug 2002
Messages : 604


Par les burnes d'Odin!!!!!:o)

J'en sors, et franchement, je me suis régalée! ;o)))) Faut dire que je m'attendais à une telle débilité que j'ai été très agréablement surprise.

J'ai bien aimé le traitement qui est fait de l'"époque viking" avec l'ambiance dans la grande salle du vieux roi, le fait que les guerriers racontent leurs combats en exagérant outrageusement leurs hauts faits...et le changemement entre le jeune guerrier Beowulf bien bourrin et le vieux roi Beowulf complètement désabusé et rongé par  sa malédiction.

Après, les modifications très importantes subies par l'histoire originale font que parfois, il y a des incohérences: Hrothgar a pas tellement de raisons de se suicider au moment où il le fait, et je m'interroge fortement sur les motivations de la mère de Grendel...(bin ouais, vouloir à tout prix se faire faire des fils par tous les rois du Danemark...c'est un peu ...drôle ;o) )

Il y a donc certes un  gros côté kitsch, voire nanard, mais ça m'a bien fait rire (rire avec sympathie, pas avec mépris)

C'est donc beaucoup plus sympa comme p'tit film que la bande annonce le laissait craindre.

Einherjar
Inscription : Dec 2003
Messages : 63

Romaine, suis je le seul a avoir été emu par Grendel ?

Je le trouve si touchant, je suis hanté par ses scenes d'affection avec sa mêre !

Ils parlent en quelle langue ?
Il a l'air si triste et pas forcement méchant !

romaine
Inscription : Aug 2002
Messages : 604

En fait, je n'ai pas répondu à tout dans mon post pour ne pas faire trop long! (Je ne voulais pas ennuyer les gens...)

Mais effectivement je suis d'accord avec toi...

Sur l'émotion, je l'ai ressentie aussi tout pareil que toi.....Quand cette pauvre créature va se réfugier auprès de sa mère, qu'elle le console, à ce moment là elle a des grosses pattes avec des griffes qui se font toutes tendres pour accueillir le "petit" C'est extrêmement triste. Je crois que c'est voulu par le réalisateur: A un autre moment, quand Béowulf lui éclate la tronche en le coinçant dans la porte d'entrée du château, (bin oui, il fait ça, c'est pas très chevaleresque) la créature, lui chouine avec douleur "je ne suis pas un monstre, le monstre c'est toi"

Faut bien reconnaitre qu'il a pas tort....

Je crois qu'il y a là un thème important: qui est le monstre? on devient quoi en se battant méchamment contre le monstre? On voit un monstre dans le miroir? on est un autre monstre? ou le même?

Je pense que le réalisateur à voulu volontairement (excuse le pléonasme)dire que le monstre, il est en "nous" enfin en Béowulf en tout cas,et que quand tu te bats contre le monstre, selon comment,  tu peux devenir pire que lui ou alors pareil, et que le monstre c'est toi.

Ceci dit on en avait parlé plus intellectuellement il y a longtemps sur ce forum mais je ne trouve plus où...

Sur la langue du (des) monstres, c'est effectivement une des question qu'on s'est posées.

Comme à dit Hyarion, à Toulouse, on a que la VF. Dans la VF, Grendel (et dans une moindre mesure sa mère) parlent un sabir incompréhensible d'où on retire de temps en temps quelques mots "Homme" "m'a fait mal" "venger"

En fait ils parlent comme Salvatore dans "le nom de la rose" ;o)avec des faux trucs moyennageux du style "éclaté la tesssste".

Je pense que c'est là que la VO manque, parce qu'on c'est dit que dans la VO ce pourrait bien être du vieil anglais qui avait été utilisé.... Mais forcément, ça, en VF on le manque...Ils ont fait une transcription comme ils ont pu....

A plus, et au plaisir de te revoir/ relire ;o)

Hisweloke
Inscription : Nov 1999
Messages : 1 613

J'ai trouvé que c'était rudement bien fichu et ficelé. Ca vieillira peut-être mal, comme nombre de films à effets spéciaux (et non des moindres pourtant), mais pour l'heure Zemeckis s'en tire plûtot bien, loin de la nullité ou du nanar extrème pressentis par certains.

Or doncques, côté nanar, nous sommes à mille lieux du piteux Beowulf post-apocalyptique avec notre pathétique C. Lambert au regard torve -- ovni jouissivement nanaresque tant il est vrai que si le ridicule ne tue pas, il fait drôlement marrer, ça oui, à chacun de ses plans tordus et de ses scènes plus inconcevables les unes que les autres. Mais si le scénario et le détournement de la légende ne sont pas sans points communs entre ces deux lointains parents: outre que la pin-up qui fait office de mère au gentil monstre Grendel est tout de même plus gironde ici, c'est quand même une autre paire de manches, par les burnes d'Odin.

Honnêtement, avant de faire les fines bouches, les bons films dans la vaste veine de la "fantasy" sont rares. Dans la veine légendaire, qu'avons nous eu ces toutes dernières années sinon un ridicule Troy , un soporifique Alexandre, et l'incroyable bouse qu'est 300? Dans la veine merveilleuse, quoi d'autre Narnia aussi pale que soporeux, un Eragon éculé et peu imaginatif, ou les niaiseries gamines d'un agaçant moufflet binoclard au nom banal? Je mets de côté un honnête Arthur qui, sans mériter l'oprobe que lui a dévolu par la presse assassine, n'en reste pas moins un nanar (mais au combien épique et jouissif malgré tout)... Mais à part ça, rien de brave et d'héroique sous le soleil froid des salles obscures, Crom!

Là, y a quand même de beaux paysages (mêmes artificiels, mais à leur décharge sans carton-pâte à deux sous), de belles gueules d'acteurs (quand bien même, certes, parfois un peu figées dans leur virtualité synthétique), de la tripe dégoulinante et de la viscère éparpillée en veux-tu en voilà (et qui, elles, sont de toute façon toujours virtuelles au possible, bien que pour une fois sans sauce ketchup), de l'ogre vilainement monstrueux et baveux, du dragon chatoyant (que c'en est une honte que ces bestes-là, j'vous dis, soit toujours destinées à être occies) et de la belle en diablesse (princesses au joli teint et aux yeux de biche comprises dans le menu), un rien de fesses pour saupoudrer le tout (surtout celle du héros, rien de quoi hurler vraiment au loup -- notre ère est malheureusement à un certain puritanisme...) et de la bataille féroce ou désabusée. Ca en jette efficacement pleins les mirettes, quoi! Oui-da, ça manque peut-être un peu de scènes vraiment touchantes (vous savez bien -- j'suis un grand sensible -- le genre de truc mélodramatique qui énervé en général les autres mais qui marche à chaque fois pour moi et m'arrache des larmes draconiennes), mais bon! On ne va pas non plus bouder notre plaisir, hein!

Didier.

Laegalad
Inscription : Sep 2002
Messages : 2 996

Hi hi, je vais même pouvoir couper l'herbe sous le pied de Tilkalin, la revue du film par Michael Drout ;)

S.

Hyarion
Inscription : Jan 2004
Messages : 2 636

Romaine >>> "Par les burnes d'Odin!!!!!:o) J'en sors, et franchement, je me suis régalée! ;o))))"

Didier >>> "J'ai trouvé que c'était rudement bien fichu et ficelé."

Content que celà vous ait plu aussi... :-)

Didier >>> "Honnêtement, avant de faire les fines bouches, les bons films dans la vaste veine de la "fantasy" sont rares. [...] Je mets de côté un honnête Arthur qui, sans mériter l'oprobe que lui a dévolu par la presse assassine, n'en reste pas moins un nanar (mais au combien épique et jouissif malgré tout)... Mais à part ça, rien de brave et d'héroique sous le soleil froid des salles obscures, Crom!"

En effet, il y a bien longtemps que le dieu cimmérien Crom n'a pas été invoqué dans un film sur grand écran... ;-)
Tu es peut-être déjà au courant, mais au cas où, je transmets l'information : il paraît qu'un troisième film consacré à Conan le Cimmérien pourrait enfin voir le jour en 2009, mais sans que l'on en sache beaucoup plus pour le moment, à part le fait que les droits de la franchise "Conan the Barbarian" ont été vendus cette année à la société de production Millenium, après que le projet d'un nouveau film ait végété pendant plus de cinq ans chez Warner Bros...

Wait and see...

En attendant, côté livres, les éditions Bragelonne ont commencé à publier une nouvelle édition, en trois volumes illustrés - à tirage limité, hélas -, des écrits originaux de Robert E. Howard consacrés à Conan le Cimmérien, sans coupures, ni ajouts, ni modifications (fait inédit en France), et dans l'ordre chronologique de rédaction et de publication. Les récits de Howard y sont restitués à partir des manuscrits originaux des années 1932-1936, dans des traductions entièrement renouvelées et accompagnés de nombreux inédits, de fragments et de notes de l'auteur sur l'univers de Conan. Le premier volume est paru en octobre dernier, et les deux autres paraitront dans le courant de l'année prochaine. Pour avoir acquis récemment le premier volume, je peux te dire, cher Didier, qu'il s'agit d'un bel objet, avec une belle reliure, et à l'intérieur duquel il ne manque rien, sauf les peintures de Frazetta... mais les illustrations de Mark Schultz sont quand même sympatoches... :-)
Il est heureux que cette publication des écrits de Howard consacrés à Conan ait lieu à présent en France, alors que se poursuit, en parallèle, la publication des volumes de l'HOME de Tolkien : ainsi, le public francophone aura-t-il bientôt la possibilité de mieux connaître, et d'apprécier à sa juste valeur, le travail littéraire des deux pères de la fantasy moderne...

Amicalement, :-)

Hyarion.

Einherjar
Inscription : Dec 2003
Messages : 63

Et la vérité des béotiens

Non.
Non ce n'est pas notre faute. Donc comme beaucoup, on pourrait très bien passer outre et n'en avoir rien à faire que des "critiques professionnels" affichent noir sur blanc ne rien comprendre au processus qui permet à un scénario de devenir un film, préfèrent conseiller à leurs lecteurs la vision d'une gaminerie inculte et régressive telle que Shrek 3 plutôt qu'un film d'heroic fantasy tout ce qu'il y a de plus sérieux et adulte s'inscrivant dans la droite lignée d'un Excalibur, et vomissent tout ce qu'ils peuvent de mensonges subjectifs pour se persuader qu'on ne leur la fait pas, quitte à dire en substance que l'animation, ce n'est pas du cinéma !

Et donc pour faire bonne figure, pour ne pas avoir les mauvais rôles des gars qui "râlent parce qu'ils sont aigris et frustrés", on devrait s'en fiche, penser que ce n'est pas bien grave au fond cette dictature dichotomique prônant la bêtise pour le peuple d'en bas et le droit à la culture "sérieuse" à l'élite d'en haut, cette propagande médiatique insupportable qui somme à un divertissement assumé de ne pas avoir EN PLUS de l'ambition sur le fond et la forme. Nooon, un divertissement doit faire lol mdr, pas plus. Un bon divertissement, c'est un métrage ouvertement stupide, moche et réac comme Die Hard 4, pas une tartufferie numérique osant proposer de la philo, obligatoirement de comptoir, comme l'a tenté Matrix. Un bon divertissement, c'est Shrek qui pète dans la boue, et comme il ne le fait pas plus haut que son cul, on ne va pas avancer que la 3D c'est froid et que ça empêche les émotions, hein.

Mais dès que l'on aborde un texte mythique et fondateur, gavé de symboles psychanalytiques, hop, la 3D redevient cette salope de technologie anti-artistique. Pire : Anti-cinéma !
Et c'est tellement logique…
Chez MCinema.com, "on a l'impression de voir un jeu vidéo nouvelle génération" (quand tu bouges ta main, Beowulf bouge l'épée ?), Danielle Attali du Journal du Dimanche trouve "l'ensemble aussi glacé que les Highlands en plein hiver" (mais on ne peut la targuer d'anti-3D primaire puisqu'elle pense que Zemeckis "n'atteint pas ici le niveau du Pôle Express" – je cherchai une vanne mais la citation se suffit à elle-même je pense). Le Parisien quant à lui "ne parvient pas à oublier totalement l'artifice technique", artifice technique que l'on nomme au passage "animation". D'ailleurs chez Chronic'art aussi les films d'animations 3D ou traditionnels n'ont pas grand intérêt puisque "la nudité réfrigérante de cette pulpeuse Angelina Jolie numérique […] n'est rien d'autre qu'une idée". Ce à quoi on serait tenté de répondre : "Et ? C'est un défaut ?"

Il faut croire que oui, à en juger les consternantes réactions à ce très bon papier d'Arnaud Bordas qui résume bien les enjeux de la performance capture, technologie utilisée sur cette Légende de Beowulf. Je passe sur les lecteurs s'étonnant que l'on parle encore de cinéma pour un film en images de synthèse (des images dessinées au fusain et ensuite animées, ce n'est pas non plus du cinéma du coup ? McLaren, Kamler, Fischinger, Plympton, ce ne sont pas des cinéastes, c'est ça ?), ou affirmant que le film Final Fantasy était une réussite (alors que même ses créateurs ont admis que la mise en scène avait été horriblement compliquée et que cela s'en ressentait, dû à la technologie de l'époque pas du tout appropriée). Mais quand un des interlocuteurs en arrive à déclarer que "Lean se trompe", que le cinéma "est un art d'un autre siècle", qu'il "est mort car le cinéma n'a plus d'objet", tout en énumérant gratuitement ses films fétiches pour prouver sa cinéphilie, on a envie de lui rappeler que cet art qu'il chérit tant mais qu'il semble si mal connaître ne se résume pas qu'à "des êtres de chair, de sang, de cris et de chuchotements" : le cinéma, c'est justement l'art des idées, de l'image, et avant tout, du mouvement. Et aucunement l'art de l'objet. C'en est si évident que ses "ardents défenseurs" (qui défendent surtout leur propre image, quelle ironie) préfèrent se perdre dans de la prose défaitiste d'un autre âge plutôt que d'admettre qu'ils sont tout bonnement fascinés par ses diableries d'images qui nous ressemblent et gigotent dans tous les sens, fascinés comme tous les spectateurs du monde. Mais nooooon, on ne peut se rabaisser à être le commun des mortels, il faut invoquer Bergman et l'astronomie pour se donner le droit de déclarer que le cinéma est mort, et ainsi s'extraire de la masse vulgaire qui s'agglutine dans les salles.

C'est lorsque l'on refuse de comprendre les mécanismes amenant encore et toujours les spectateurs à voir des films que l'on tue le cinéma.

On tue également le cinéma lorsqu'on déclare dans un hebdomadaire : "Plus adulte que le premier film, Shrek 2 joue exclusivement le second degré et accumule décalages savoureux et clins d'oeil perfide. Le rythme est proprement hystérique - au point qu'un second visionnage s'impose -, notamment dans un dernier tiers dantesque où l'on découvre que la vraie star du film n'est pas l'ogre vert mais bien son fougueux compagnon le Chat Potté à qui l'on décernerait sans hésiter l'oscar du meilleur ordinacteur."

Ce journaliste qui a trouvé Shrek 2 "adulte" (mais si, toutes les références à la sous-culture télévisuelle, c'est très adulte), qui conseille d'aller profiter DEUX FOIS du "rythme proprement hystérique", et qui décernerait un Oscar au Chat Potté numérique, c'est Olivier Bonnard de TéléCinéObs, preuve vivante que l'objectivité journalistique fait des miracles, puisque selon lui, dans La Légende de Beowulf (film pas adulte pour un sous car sans second degré cynique et sans pet dans la boue), "les personnages, ersatz numériques d'Anthony Hopkins, John Malkovich ou Angelina Jolie, ont l'air plus morts que vivants : regard éteint, mouvements empesés, on ne voit que ça. Ça, et les mouvements de caméra délirants d'un Zemeckis qui fait mumuse comme un gosse avec un nouveau jouet. Pénible."

J'ai envie de dire : Somptueux. Transformer Antonio Banderas en chat, c'est oscarisable ; tenter de porter l'outil 3D vers d'autres niveaux, c'est empesé. Du n'importe quoi comique c'est hystérique et donc à revoir sans se lasser ; une mise en image dynamique, incroyablement lisible et malgré tout plus calme que toutes les bouillies 3D sorties ces derniers temps, c'est pénible.
Vous pouvez lire le reste ici, et apprécier au passage que bien évidemment Beowulf renvoie au conflit irakien. Au secours...


Shrek, t'as dit ?


Finalement, c'est peut-être Emmanuelle Fois qui résume le mieux la problématique, rapportant que "le rendu visuel est tellement particulier, tellement étrange, que le propos à l'origine si ambitieux, laisse de glace." Ça ressemble à un aveu, comme si, totalement perdus à la croisée de deux médias pourtant semblables, le cinéma et l'animation, les critiques ne savaient comment aborder la chose. Preuve étant cette inutile et idiote volonté de tout rapporter au jeu vidéo : sous prétexte que les images de synthèse proviennent du même outil, elles devraient forcément avoir un quelconque lien artistique ou sémantique ? On compare un téléfilm au cinéma dès que celui-ci dépasse les deux heures ?

Laissons-les donc dans leurs préjugés et dénis pathétiques, ils auront bien le temps d'ici le 12 décembre de vous ordonner d'aller voir quatre fois la prochaine comédie pas drôle du studio qui a pondu Shrek, à savoir Bee Movie (après visionnage de la bande-annonce, j'ai bien peur que même le génial Jerry Seinfeld ne réussisse à lever très haut ce film au pitch excitant comme une loterie un dimanche à La Bedoule). D'ailleurs, ce sont les mêmes qui parlent ici de froideur, d'artifices et de déshumanisation qui iront se frotter de plaisir contre un écran sur lequel on projette Perceval Le Gallois de Rohmer...

En attendant, vous pouvez toujours tenter de braver le politburo culturel français, et aller apprécier à sa juste valeur ce film en salle, histoire de vérifier que les filés rapides s'arrêtant net pour décupler la puissance d'une réplique ne sont possibles qu'avec cet outil, que certaines idées de mises en scène, simples, intelligentes, et jamais vues, sont les conséquences directes de cette évolution qu'est la performance capture, et qu'elle peut fournir des plans absolument dantesques lorsqu'elle est aux mains d'un bon cinéaste et d'un excellent scénario (pensons au travelling découvrant le dragon devant les remparts, ou à celui nous amenant lentement, à travers la froide nuit danoise, dans l'antre du monstre).
C'est d'ailleurs sûrement cette technologie froide et assassine qui rend l'interprétation de Grendel par Crispin Glover (le papa de Marty dans Back To The Future) absolument sidérante, notamment lors de la première scène avec sa mère, entièrement en vieil anglais non sous-titré, mais on ne peut plus prenante, compréhensible et surtout gavée d'émotion. Si une immersion totale dans une chanson de gestes épique et totalement fantasmatique ne vous suffit pas (certains plans de la scène des monstres marins et de celle du combat contre le dragon sont simplement la concrétisation visuelle de siècles d'imaginations et de traditions orales), vous pouvez toujours justifier l'achat de votre ticket au politburo en arguant le discours méta-textuel du récit, qui ne se contente pas d'illustrer simplement un mythe, mais de comprendre comme il naît, et surtout comment il perdure. Beowulf laissant partir un ennemi, qui osa pourtant le défier, car "il a une histoire à raconter" mettant le célèbre Roi en valeur, c'est toute la noblesse du Héros qui en prend un coup, mais pour mieux souligner l'importance du mythe, la beauté de l'histoire à transmettre. Cette même beauté qu'aujourd'hui on nous refuse, que l'on veut dénigrer à tout prix. Tandis qu'ici, mêmes les plus proches témoins se forcent à exagérer la réalité, puis à y croire, pour en faire de plus beaux récits ; on pense à Wiglaf, premier conteur de 'l'exploit" contre Grendel, premier à devoir reconsidérer les faits de son Roi – et là encore merci la performance capture de nous laisser sentir à quel point ce doute entre mythe et réalité perturbe le pauvre compagnon d'arme. Cette remise en question du mythe sur fond de Christianisme naissant n'apporte que plus de valeur à ce métrage.
Et s'il fallait une preuve supplémentaire de l'intérêt de ce nouvel outil technologique, elle se résumerait à Ray Winstone. On se libérant de la contrainte du choix d'un interprète forcément jeune et body-buildé, Zemeckis pu s'offrir les services d'un acteur solide, complet, pouvant interpréter aussi bien Beowulf jeune que vieux. Et même son propre fils/dragon, ce qui ajoute à la thématique du sacrifice final. La naissance d'une nouvelle manière de raconter des histoires fait donc ici écho, en son procédé même, à des archétypes mythologiques vieux comme le monde.
Mais Shrek c'est mieux.

Hyarion
Inscription : Jan 2004
Messages : 2 636

N.B. : le texte reproduit par Einherjar est celui d'une critique publiée le 27 novembre dernier sur le site de "L'ouvreuse"...

http://louvreuse.net/Critique/la-legende-de-beowulf.html

Cordialement, :-)

Hyarion.

Tilkalin
Inscription : Jun 2005
Messages : 320

Tiens... il se pourrait que la technique de la motion-capture fasse des émules... ^^

Silmo
Inscription : Jan 2002
Messages : 4 249

photo ancienne ou bien il a encore repris 30 kg ???

Silmo :-)

Tilkalin
Inscription : Jun 2005
Messages : 320

En passant, je tenais à vous signaler la prochaine publication de la quatrième édition du Beowulf de F. Klaeber qui prend en compte les principales études et critiques écrites sur le poème depuis les années 50. A commander en ligne sur le site de l'UTP. ;-)

Yyr
Administrateur
Inscription : Dec 2001
Messages : 3 389

Silmo a dit :
Je l'ai trouvé très bien dans sa 'simplitude' pour reprendre le qualificatif d'Anglin.

Mais ! Mais ! C'est pas vrai ? Vous avez oublié les smileys, Anglin, Silmo ? Le virus -itude aurait fait deux nouvelles victimes (et lesquelles !) Après la bravitude (sic) & l'humanitude ! voici la simplitude !! Tremblez, mortels ! Devant tant d'efficacité (pardon, d'efficacitude ?) de notre industrieuse modernité (zut, encore, lire modernitude) révolutionnaire linguistique !

Affaires de goût (mais pas seulement) que les affaires de langue, ces mots je dois l'avouer me donnent vraiment la nausée. Le français ne mérite pas ça ! ouin !!! :(

À quand les incivilitudes ? les vanitudes ? la sapiditude ;) ? la sensualitude ? le sens des réalitudes ? l'innovitude ? la féminitude ? l'altéritude ? sont-ce les valeurs de demain ? Parce que nous n'arrivons pas à vivre celles d'aujourd'hui ? Changeons de contenant et hop ils vont se remplir ?! :)

Un peu d'amour-propre, mes amis, ni les langues ni nous ne méritent cela. :)

Yyr

Silmo
Inscription : Jan 2002
Messages : 4 249


Tu as farpaitement raison Yyr, la langue et le goût, ça marche ensemble (je confirme).

...et tu as bien fait de le souligner: il manquait les smileys :-)
Pardon pour mon manque d'exactitude... Quelle turpitude. Je rougis d'une telle attitude :-( mais rassure toi, je ne suis pas victime de ce fichu virus -itude.
D'abitude il va de soi que je n'approuve pas ces attitudes (tous ceux-là, j'ai le droit) lexicales.

Oublions ces vicissitudes. J'essaye d'enregistrer ce Beowulf que nous pourrons regarder à l'occasion (il me semble que nous nous voyons très bientôt puisque tu passes à Paname :-)).

Silmo

PS: Si quelqu'un le sait, il faudrait quand même qu'il/elle me dise un jour le fin mot de l'histoire à propos de la "bravitude". Toute considération politique mise à part, est-ce que les auteurs du doublage en français de "Kung-fu Panda" (excellent film au demeurant) ont voulu se payer la fiole de Ségo sur la Grande Muraille??? ou bien l'influence est-elle inverse ? (Est-ce que SR rédige ses discours en regardant des films d'animation??

Silmo
Inscription : Jan 2002
Messages : 4 249

et le verbe prophéter? tu me l'accordes, hein?
C'est pas un virus, c'est une licence :-)

Yyr
Administrateur
Inscription : Dec 2001
Messages : 3 389

Silmo a dit :
J'essaye d'enregistrer ce Beowulf que nous pourrons regarder à l'occasion (il me semble que nous nous voyons très bientôt puisque tu passes à Paname :-))

He ! Hé ! Pourquoi pas ?! :) :) :)

ISENGAR
Modérateur
Inscription : Jun 2001
Messages : 5 096

S'il vous plaît... recentrons-nous sur la tolkienitude...

je sors...

Yyr
Administrateur
Inscription : Dec 2001
Messages : 3 389


hi ! Hi ! :)

sosryko
Inscription : Mar 2002
Messages : 2 072

Je l'ai également vu cher Silmo, mais j'étais trop fatigué pour prendre le temps de poster un message, désolé ;-)
J'ai particulièrement aimé la musique, les paysages et l'idée de faire de Beowulf un être tiraillé par sa conscience, découvrant ce qui fait l'humain (et le défait) en nous... mais j'ai été plusieurs fois déçu par des dialogues pas toujours heureux ou un désir appuyé  de diminuer le caractère épique de l'histoire -- l'idée (certes intéressante, même si pas très originale) étant de dévoiler la vérité peu glorieuse qui se cache derrière un récit supposé adopter le point de vue des "vainqueurs".

S.

romaine
Inscription : Aug 2002
Messages : 604

Vu aussi, et beaucoup aimé. (en fait j'étais entrain de rédiger un message perso à Anglin pour le remercier de m'avoir donné envie de voir ce film, lorsque je me suis demandé si je retrouverais le fuseau sur jrrvf...et voilà!)

Beaucoup aimé le côté simple, sans effets spéciaux, et l'effort de nuance dans la psychologie des personnages. Beowulf est un chouette gars, ni le héros génial doté de toutes les qualités, ni un gros bourrin obtus. Hrothgar a une vraie épaisseur. Je trouve ce traitement très humain (ce qui explique sans doute, Sos, l'abandon du côté épique? Il y a eu des tas de films qui ont bâti leur publicité sur "la vraie histoire de  untel" Troy, Alexandre, Arthur...ce film ci ne le revendique pas, mais le fait tout bonnement, ça pourrait être l'histoire des faits qui ont produit la légende épique)

Si on ajoute à ça des détails plaisants (Madame Hrothgar en maitresse femme, le personnage inventé mais bien vu de Selma, la manière dont est amené Breca), excellent moment. Ceux qui ont encore des magnétoscopes en état de marche ou un graveur de dvd devraient se précipiter demain soir :o)

Silmo
Inscription : Jan 2002
Messages : 4 249


Vu hier soir sur Arte en deuxième partie de soirée le "Beowulf et Grendel" de 2005 dont il est question au début de ce fuseau (pas celui de Robert Zemeckis).

Romaine prophétait qu'elle risquait de ne jamais le voir.... Voici une occasion :-) comme quoi tout vient à point à qui sait attendre.

Je l'ai trouvé très bien dans sa 'simplitude' pour reprendre le qualificatif d'Anglin.

Ce film était jusqu'à présent inédit en France (ciné ou TV) et il repasse dans la nuit de vendredi à 1h00 du matin... Pensez à l'enregistrer pour vos amis qui n'ont pas la télé et qui n'ont rien contre les images qui bougent.

Voir aussi ici

Musique: Hilmar Örn Hilmarsson
Montage: Jeff Warren
Acteur: Eddie Marsan, Gerard Butler, Hringur Ingvarsson, Ingvar Eggert Sigurdsson, Mark Lewis, Martin Delaney, Ronan Vibert, Sarah Polley, Spencer Wilding, Stellan Skarsgard, Tony Curran
Auteur: Andrew Rai Berzins
Production: Arclight Films, Beowulf Productions Limited, Darklight Films, Endgame Entertainment, Grendel Productions Inc., Icelandic Film, Movision, Spice Factory, The Film Works, Téléfilm Canada, Union Station Media
Producteur: Andrew Rai Berzins, Anna Maria Karlsdóttir, Eric Jordan, Fridrik Thór Fridriksson, Icelandic Film Corporation, Jason Piette, Michael Cowan, Paul Stephens, Sturla Gunnarsson
VOST (english) 16 / 9 Dolby

L'histoire du héros Beowulf et de son combat contre le méchant troll Grendel. Une adaptation inédite en France du grand poème épique anglo-saxon.

Le royaume danois est ravagé par un troll meurtrier nommé Grendel. Le roi Hrothgar fait appel à Beowulf, un guerrier réputé invincible, pour se débarrasser du monstre. Il s'avère bientôt que Grendel n'est pas une créature aux pouvoirs surnaturels, mais un homme qui, après avoir été trompé, a soif de vengeance. Beowulf hésite à livrer combat, d'autant plus qu'il a fait la connaissance de Selma, une sorcière mystérieuse et sensuelle...

Silmo

Silmo
Inscription : Jan 2002
Messages : 4 249


Effectivement. En l'absence d'effets spéciaux sophistiqués (comme quoi, c'est pas obligatoire), le film se concentre sur les personnages.
Avec un budget probablement limité, l'effort a été porté sur les costumes (simples et beaux) plus que sur les décors... quasi rien d'autre que la nature et les grands espaces. La seule architecture est la grande bâtisse danoise (et encore.... *it's only a model* :-))

Je ne crois pas qu'il y a un désir de diminuer le caractère épique. J'irais plutôt dans le sens de Romaine en y voyant une évocation de la naissance d'une légende qui émerge dans les récits que les personnages se racontent au coin du feu ou pendant les heures passées à souquer(*f'êle esquif d'oit devant*).
Ils se racontent les uns les autres, parfois en se charissant.
Ainsi, on assiste à la création de la légende, à son tout début, à travers une "primo tradition orale" si vous permettez cette expression.
J'ai bien aimé cette manière de montrer les guerriers décrivant avec entrain les exploits d'un des leurs. On imagine facilement le récit se répéter de soir en soir et puis se chanter et se fixer petit à petit dans la mémoire jusqu'au moment où il deviendra un récit épique couché par écrit... plus tard, beaucoup plus tard.

Silmo

sosryko
Inscription : Mar 2002
Messages : 2 072

Je suis d'accord avec toi, Silmo, et je me suis peut-être mal exprimé, mais autant j'apprécie l'idée de présenter la naissance d'une légende dans notre monde, autant je trouve que le scénario (ou la réalisation) n'est pas allé jusqu'au bout en faisant de la mère de Beowulf un être qu'on peut difficilement éviter de considérer comme surnaturel de par ses capacités extraordinaires (force et capacité à évoluer sous l'eau).
La dernière partie du film (mais aussi les deux précédentes apparitions de la mère de Beowulf qui tente de noyer les marins) donne ainsi une impression d'hésitation dans le traitement, hésitation qui, pour moi, affaiblit le propos.
Mais je ne critique ce point que parce que j'ai beaucoup aimé le film, sa facture comme deux des idées forces qui le sous-tendent (qu'est qu'un homme/monstre et la culpabilité des "vainqueurs"), que cela soit dit, et écrit ;-))

Hisweloke
Inscription : Nov 1999
Messages : 1 613

sosryko a dit:
class="citeTexte">le scénario (ou la réalisation) n'est pas allé jusqu'au bout en faisant de la mère de Beowulf [sic] un être qu'on peut difficilement éviter de considérer comme surnaturel de par ses capacités extraordinaires (force et capacité à évoluer sous l'eau).
La dernière partie du film (mais aussi les deux précédentes apparitions de la mère de Beowulf qui tente de noyer les marins) donne ainsi une impression d'hésitation dans le traitement, hésitation qui, pour moi, affaiblit le propos.

Comme on en discutait avec Romaine, il ne m'a pas semblé que la mère de Grendel était vraiment un être surnaturel, du moins pas dans la confrontation finale.

Elle se bat avec un simple couteau et ses ongles, et ressemble davantage, m'a-t-il semblé, à une vieille femme vivant dans le dénuement qu'à un véritable monstre griffu tel qu'elle a parfois été représentée (il me semble que dans le texte, son apparence reste très obscure).

Dans le script (qu'on peut télécharger sur le site officiel du film), sa description indique "She is the same genesis as Grendel, slightly smaller -- but with greater vengeance". L'acteur incarnant Grendel indique, dans les notes de production: "Grendel is quite a lonely guy. Physically he is not like the typical human being; he seems to be an outcast or from a banished tribe. Yet even if he is not a man, not a Homo Sapiens, he is very similar to one." -- Peut-être n'est-on pas si loin, finalement, de l'approche abordée par Crichton dans "Les mangeurs de morts" ("Le 13e guerrier" pour l'adaptation), avec la survivance de quelques Néanderthaliens locaux -- sauf qu'ici le trait n'est pas aussi forcé. Encore que Grendel enfant ait une curieuse pilosité faciale, certes... ;)

Quoi qu'il en soit, c'est dans le film une "Sea-Hag", mais je me demande si les auteurs n'ont pas voulu jouer, comme pour Grendel, sur le double sens du terme dans son acceptation moderne ("hag = une vieille femme particulièrement laide ou effrayante / une sorcière"). On ne la voit jamais suffisamment sous l'eau pour supposer qu'elle puisse y respirer ou quoi que ce soit de surnaturel. J'aurais tendance à dire qu'on est dans le "fantastatique" au sens strict, sans pouvoir trancher sur sa nature réelle, mais avec la possibilité d'une explication rationnelle.

Didier.


sosryko
Inscription : Mar 2002
Messages : 2 072

ne jamais écrire au travail, au risque de se prendre un [sic] en retour ;)) merci de m'avoir fait grâce du second ;-)

Je dirais que pour une vielle femme, elle a de très bon poumons et une bonne coulée ;-)

Silmo
Inscription : Jan 2002
Messages : 4 249


Bonne nouvelle,

Le "Beowulf & Grendel" de Sturla GUNNARSSON (2005) va enfin sortir en DVD zone 2 cet été (il est annoncé pour le 25 août sur le site de la FNAC).

Le titre français a été modifié pour être plus accrocheur.

Ce sera désormais "Beowulf la légende Viking" mais il s'agit bien du film récemment diffusé sur Arte avec Gerard Butler (Beowulf) et Stellan Skarsgard (Hrothgar)

romaine
Inscription : Aug 2002
Messages : 604

Suuuuper!

Merci, Silmo ;o)

sosryko
Inscription : Mar 2002
Messages : 2 072

Y a pas à dire, cette jaquette est classe, avec son sous-titre et surtout son accroche : "Le héros de '300' dans une nouvelle épopée fantastique"... au-delà de la confusion entre acteur et personnage, 'Beowulf' n'a vraiment rien à voir avec '300', ou alors, j'ai pas vu les mêmes films ;-))
Merci Silmo pour l'info :-) Pour ceux qui ne l'ont pas déjà vu, n'hésitez pas, vous passerez un très bon moment, et méditerez ensuite sur ce qui fait/défait un héros et plus fondamentalement encore, ce qui fait/défait un homme ;-)