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A force de voir notre ami Hyarion vanter les mérites de Conan, j’ai voulu me faire une idée par moi-même en lisant les livres et pour ne plus avoir comme seule référence le film « Conard le barbant » que j’avais vu il y plus de trente ans. Je me suis donc procuré « Conan le Cimmérien » en édition de 2007. Il s’agit semble-t-il des versions originales de Howard, expurgées des ajouts ou modifications de continuateurs ou correcteurs plus ou moins fidèles. Le recueil comprend une quinzaine de courtes nouvelles, rangées dans l’ordre chronologique de publication. Mes impressions sont mitigées. Je reconnais un vrai pouvoir d’imagination, un style nerveux et un vrai sens du récit, ce qui n’est déjà pas si mal. Cependant je suis mitigé pour différentes raisons :
- Manque de cohérences d’une histoire à l’autre. On voit bien que l’auteur a écrit une nouvelle puis une autre sans chercher au départ vraiment à les relier. Quand les nouvelles paraissaient séparément, le lecteur pouvait probablement oublier ces hiatus, mais quand on les lit en une après midi à la suite c’est assez gênant En résumé, je ne suis pas sur de m’attaquer aux deux autres volumes |
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Je ne suis pas le mieux placer pour défendre le Conan de Howard car mes lectures remontent à loin. Mais on trouve en ligne un entretien avec Patrice Louinet, traducteur des nouvelles qui donne un réponse intéresante à la critique sur la cohérence des récits. |
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Avant de découvrir l'ensemble de la série des histoires de Conan le Cimmérien dans l'édition en trois volumes établie par Patrice, j'ai lu ma première nouvelle de Howard mettant en scène Conan - La Citadelle Écarlate - dans La Grande Anthologie de la Fantasy de chez Omnibus en 2004, en même temps que j'ai découvert la musique de Basil Poledouris pour le film de John Milius, Conan the Barbarian, que je n'ai vu qu'un peu après ensuite, en même temps qu'Excalibur de John Boorman. Voila donc une bonne dizaine d'années que j'arpente les terres de l'Âge Hyborien, autant que j'arpente la Terre du Milieu découverte quelques années plus tôt... Travaillant toujours actuellement sur un modeste projet consacré à Howard et à Tolkien, vous comprendrez que je préfère, pour le moment, ne plus trop m'étaler en ligne sur le sujet et réserver largement mon propos à une certaine maison d'édition draconienne, sans quoi je n'en aurai jamais fini de cette longue aventure... Mais je suppose que mon intervention est quand même (un peu ?) attendue, alors voici tout de même quelques mots (enfin, "quelques"... façon de parler, vous me connaissez). Si vous le voulez bien, commençons par faire le point sur un plan pratique, déjà fait une fois sur le forum de Tolkiendil il y a quelque temps. Après bien des années de navigation dans le brouillard, l'œuvre de Robert E. Howard a donc fait l'objet, grâce au travail d'édition de Patrice Louinet tant aux États-Unis qu'en France, d'une réédition solide chez Bragelonne en France. Je ne citerais ici que les recueils de récits de Kull et Conan (plusieurs autres recueils d'histoires ont été publiés, sachant que la fiction howardienne ne se limite pas à la fantasy, loin s'en faut !) :
- Kull le roi atlante : http://www.noosfere.org/icarus/livres/ni...2146577008 Pour lire Howard en version originale, on pourra se diriger vers les versions anglophones du travail de réédition de Patrice, parues chez Wandering Star au Royaume-Uni et chez Del Rey Books/Ballantine Books aux États-Unis (avec des titres malheureusement impropres et/ou racoleurs, non désirés par Patrice, concernant l'édition américaine des volumes de Conan) :
- Kull, Exile of Atlantis : http://howardworks.com/Kull-DelRey.html jean a écrit :
Ce serait dommage de renoncer après n'avoir lu que le premier volume Conan le Cimmérien, Jean. Les deux autres volumes contiennent certaines des meilleures histoires de Conan, et même certaines des meilleures histoires écrites par Howard durant sa courte mais prolifique carrière littéraire. Il faut avoir lu les nouvelles Une Sorcière Viendra au Monde !, Les Clous Rouges et Au-delà de la Rivière Noire si on ne veut pas passer à côté de Howard à son meilleur concernant sa création la plus célèbre (même si on peut déjà en avoir une bonne idée en lisant, par exemple, La Tour de l'Éléphant). Je ne peux que recommander par ailleurs les récits mettant en scène Kull (prononcer "Keul"), roi atlante de Valusie, des récits écrits avant ceux mettant en scène Conan et volontiers imprégnés de questionnements métaphysiques. Pour le lecteur qui chercherait une alternative à l'achat de tous ces volumes, il faut savoir que Milady, la collection de poche de Bragelonne, a aussi publié une petit florilège des meilleures histoires de Conan, en petit volume et à petit prix. La couverture est très moche, mais les nouvelles de Howard que contient le recueil sont excellentes : - Conan (sélection de nouvelles) : http://www.noosfere.org/icarus/livres/ni...2146579884 jean a écrit :
Merci à toi, Jean, d'avoir ouvert ce fuseau et d'avoir pris le temps de partager ici ton avis. sosryko a écrit :
L'entretien avec Patrice fort justement indiqué par Sosryko, répond aussi, me semble-t-il, au troisième point évoqué par Jean dans son message. S'agissant des "histoires terriblement répétitives", Elendil a prononcé un jugement semblable à celui de Jean dans le section adhérents du forum de Tolkiendil, au début de cette année. Si je respecte évidemment les goûts de chacun, j'avoue que ce type de critique me laisse un peu perplexe, a fortiori si elle devait se révéler caractéristique d'un lecteur "expert" ou spécialiste de Tolkien, car dès lors, puisqu'on a l'amabilité de me citer, je me demande ce à quoi vous vous attentiez éventuellement en fonction de ce que j'ai pu écrire sur Howard dans les forums tolkieniens pendant toutes ces années... Lire Howard suppose de laisser un peu de côté ses habitudes de lecture tolkienophiles quand on en a, je pense, et c'est d'ailleurs la même chose dans l'autre sens. Je salue en tout cas l'effort de lecture quant tant de gens se permettent encore de parler de l'œuvre de Howard sans jamais en avoir lu une ligne, ou en se limitant aux films et aux comics qui sont autant de miroirs déformants... Quant à parler d'"apologie du meurtre et de la violence" et de "culte du surhomme", cela me parait hautement discutable en tous les cas, même si je respecte ton point de vue, Jean. En mettant en scène la violence propre à nos sociétés, la carte que joue Howard est celle du réalisme, ni plus ni moins. Et lorsqu'il écrit, dans la Tour de l'Éléphant, que "Les hommes civilisés sont plus discourtois que les sauvages, car ils savent qu’ils peuvent se montrer impolis sans se faire automatiquement fendre le crâne" ("Civilized men are more discourteous than savages because they know they can be impolite without having their skulls split, as a general thing."), qui pourrait sérieusement nier la profonde part de vérité contenue dans ces mots ? Howard ne nous parle pas de barbares obtus dont le comportement devrait être rejeté et méprisé par les personnes "évoluées" ou a fortiori par des gens bien élevés pouvant rêver d'être des Elfes tolkieniens gardiens de la Connaissance : Howard nous parle de nous, oui de nous, tous, les prétendus "civilisés" censés avoir évolué vers "l'amour du prochain", il parle de nous et de notre hypocrisie, particulièrement vis-à-vis de la violence. Nulle apologie là-dedans, me semble-t-il : Howard est juste réaliste, en ayant des choses à dire sur le genre humain et sur le monde primaire qui valent bien, en matière d'éclairage, et même sans inspiration religieuse, ce qu'en a pu dire un Tolkien (je pense à Yyr qui exprimait un jour son émotion en ces lieux sur le fait que Tolkien nous parlait de nous... Cf. le fameux fuseau sur Tolkien et la "Machine").
Il faut lire la correspondance qu'a entretenu Howard avec Lovecraft à partir de 1930, et publié en anglais chez Hippocampus Press (A Means to Freedom: The Letters of H. P. Lovecraft and Robert E. Howard, 2 vol., 2009, rééd. 2011). Un exemple bien connu : cet extrait d'une lettre de Howard à Lovecraft datée du 5 décembre 1935, dans laquelle le créateur de Conan critique sans ambiguïté l'invasion de l'Éthiopie par l'Italie fasciste au nom de la "civilisation", motivation mis en valeur par Lovecraft pour justifier une guerre. Vous vous étonnez que je dise que les hommes “civilisés” essayent toujours de justifier leurs exactions, pillages et massacres en déclarant qu’ils agissent dans l’intérêt de l’art, du progrès et de la culture. Que ce simple constat vous surprenne m’étonne et me surprend. Ceux qui se targuent d’appartenir à une civilisation supérieure ont toujours déguisé leur rapacité avec de tels arguments. Robert E. Howard, lettre à H. P. Lovecraft, décembre 1935. Pour ce qui est du supposé "culte du surhomme", je me permets de renvoyer à ce que dit Patrice dans l'entretien indiqué par Sosryko ("certains s’obstinent à voir en Howard le chantre du surhomme nietzschéen alors que ses convictions philosophiques étaient diamétralement opposées... Sans doute une indigestion de Milius..."), même si je ne partage pas cependant la tendance de certains howardiens à parfois un peu trop charger la barque s'agissant de John Milius pour défendre Howard (lequel ne devrait pas plus avoir à être défendu face à Milius que Tolkien n'a à être défendu face à Jackson, même si Howard a longtemps bien plus souffert que Tolkien en matière de déformation de sa réception par la faute notamment de L. Sprague de Camp ; du reste, une citation liminaire de Nietzsche en début de long métrage n'oblige pas à faire une lecture pseudo-nietzschéenne voire "fascisante" de tout un film et ce serait même idiot de le faire, en plus d'être totalement subjectif).
Je vais vous faire une confidence, belles gens de Faërie... Au bout de toutes ces années, c'est parfois un immense sentiment de lassitude qui m'envahit quand je vois à quel point les préjugés ont la vie dure. Mais entendons-nous bien, je ne parle pas là seulement des préjugés récurrents des tolkieniens à l'égard de Howard et plus généralement à l'égard de toute la tradition de la fantasy venue des États-Unis dont le créateur de Conan est la figure majeure, mais aussi tout autant des préjugés des howardiens à l'égard de Tolkien et plus généralement à l'égard de la tradition européenne de la fantasy dont Tolkien est la figure majeure (mon propos est symétrique à dessein). Sur le forum du site Robert-E-Howard.fr, en 2013, votre serviteur a écrit :
Au moins en sommes nous - enfin - arrivés au point où, après avoir pour ma part porté plus ou moins seul la torche howardienne ici pendant des années, au point d'en avoir été félicité par Patrice (maintenant que j'y repense) et sans pour autant avoir cherché à adopter par là une attitude singulière, ce sont des textes de Howard, et avant tout d'eux que l'on pourra désormais parler.
Il y a environ un mois a été publié, chez ActuSF, un ouvrage de Patrice Louinet, le Guide Howard, qui peut aider à balayer bien des préjugés persistants encore sur Howard et pour lequel j'ai laissé un commentaire sur Amazon sous mon vrai prénom (je ne veux pas donner l'impression de "la ramener", mais il n'y a pas seulement deux "B.B." [ou que 2 "B²"] sur JRRVF et ailleurs : il y en a aussi un troisième, bien que je sois certes nettement moins versé dans l'étude des langues que les deux autres, que je salue néanmoins s'ils passent par ici... ;-) ...). Je me permets de renvoyer à ce que j'ai écrit sur ce site pour inviter à la lecture de ce petit ouvrage qui se lit facilement : http://www.amazon.fr/review/R15UYWIIB700...tore=books Il y aurait tellement d'autres choses à dire... J'espère pouvoir terminer enfin mon projet bientôt : d'abord parce que cela fera sans doute plaisir au Dragon et ensuite aussi parce qu'il sera naturellement bien plus simple pour moi d'y renvoyer quand ce sera fini. Amicalement, :-) Hyarion. P.S. >>> Note pour JR, qui nous avait un jour confié ici en 2011 avoir bien aimé revoir le Conan de John Milius en suivant les (sages) conseils de certains JRRVFiens cinéphiles : grosso modo, penser que le film de Milius est fidèle à Howard, c'est comme penser que les films de Peter Jackson sont fidèles à Tolkien... ce qui ne doit évidemment pas empêcher, en tous les cas, de trouver de vraies qualités au film en lui-même ! ;-)
[EDIT: correction de fautes] |
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Ah ! Hyarion, je me doutais bien que tu ne résisterais pas à la tentation, je trouve même que tu as été un peu long à réagir ;) . En tout cas je ne suis pas déçu et je t’admire d’avoir le courage et le temps d’écrire des posts aussi longs. Je suis en Roumanie et je ne peux pas te répondre plus en détail mais j’essaierai d’argumenter ma position ce week end |
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Je suis moi-même bien occupé ces jours-ci, entre contraintes professionnelles diverses et nombreux voyages en train : j'avais vu ton message de lundi soir le lendemain matin, Jean, mais n'ai pas pu y répondre avant le jour suivant. ;-) Je me permets d'indiquer un lien supplémentaire vers un autre entretien accordé tout récemment par Patrice à l'occasion de la sortie de son Guide Howard paru chez ActuSF : http://www.actusf.com/spip/article-20597.html Patrice y parle à nouveau de Howard et de Conan, et recommande in fine par ailleurs la lecture de la nouvelle L'Ombre du Vautour, publiée dans le recueil Le Seigneur de Samarcande paru chez Bragelonne après les volumes de Conan et dédié aux récits historiques de Howard, un des genres littéraires préférés de l'écrivain. Je ne peux que chaudement recommander moi-même la lecture de cette excellente nouvelle, dont l'action se passe pendant le siège de Vienne par les troupes de Soliman le Magnifique en 1529 et dont un des personnages principaux s'appelle Sonya de Rogatino (à l'origine de Red Sonya, créée bien plus tard par Roy Thomas comme personnage de comics mais qui est très différente de la Sonya originale de Howard, notamment en ce qui concerne son habillement !). Amicalement, Hyarion. (EDIT: mise à jour d'un lien hypertexte) |
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Le week end étant déjà bien avancé, je prends le temps d’apporter quelques précisions comme je l’avais promis. Tout d’abord quelques informations sur ma connaissance de Conan avant mes lectures du mois dernier. C’est simple elle était à peu près nulle. J’ai découvert ce héros en 82, je devais retrouver un bateau à la Rochelle comme équipier avec quelques amis. Le bateau était en retard et nous avions 4 heures à attendre il pleuvait et il faisait froid. Nous sommes donc tous entré dans le premier cinéma venu et nous avons vu le film « Conan le barbare » totalement par hasard. A la sortie nous l’avons renommé « connard le barbant » mi par humour potache mi car nous l’avions trouvé risible. Durant 25 ans cela à été ma seule référence et j’ignorais totalement qu’il s’était agit d’abord d’un héro de livres. Ensuite j’ai vu que tu en parlais régulièrement mais comme je ne connaissais rien de ce personnage je lisais distraitement tout en me disant « un jour il faudra que je lise ». Pour être franc jusqu’au mois dernier je croyais que le « père » de Conan était Robert Jordan et que sa création datait des années 60…. Le mois dernier à ma bibliothèque municipale alors que je cherchais un livre de Bergson, je suis tombé par hasard sur « Conan le cimmérien » qui étai mal classé et j’y ai vu un clin d’œil et je me suis décidé à le lire. C’est en lisant l’introduction que j’ai découvert que l’auteur était Howard et de quand datait le personnage mais sans en savoir plus. Tout cela pour dire que j’étais totalement « vierge » et donc je ne m’attendais à rien en dépit « de ce que [tu as] pu écrire sur Howard dans les forums tolkieniens pendant toutes ces années ». Désolé de te décevoir mais, à part le fait que ce nom revenais souvent de manière élogieuse sous ta plume, je n’avais aucun souvenir de ce que tu en disais… De même quand tu accuses « les préjugés qui ont la vie dure » ou « la montagne de préjugés » des lecteurs de Tolkien envers Conan, je pense que ce n’était vraiment pas mon cas, encore une fois en ouvrant le livre j’étais totalement vierge. Il faut donc prendre compte rendu de lecture pour ce qu’il est ; le simple ressenti d’un lecteur à la découverte d’une œuvre et non un tract militant d’un « fan » de Tolkien.
Alors oui j’ai trouvé ces nouvelles répétitives. Peut être que quand elles étaient publiées séparément avec des semaines entre elles c’était moins frappant mais on ne peut nier que toutes ou presque ont la trame suivante Peut être jugeras tu cette description outrancière mais c’est vraiment l’impression que j’ai eu. Je ne conteste pas que cette histoire est racontée chaque fois de manière un peu différente et avec, comme je le disais, un vrais sens du récit et un style haletant. Mais ou bout d’un certain nombre de fois cela ne suffit plus à maintenir l’attention du lecteur. Pour ce qui est du « culte du surhomme », encore une fois je ne connaissais rien du backgroud d’Howard. D’autre part je n’ai jamais lu Nietzsche je ne permets donc pas de traiter Howard de Nietzschéen car je ne parle que de ce que je connais. Mais dans une des nouvelles (j’ai du rendre le livre à la bibliothèque je ne sais plus dire le titre) Conan est pris dans une embuscade suite à une trahison et après le massacre de ses gardes du corps il se retrouve seul face à une armée de 20000 hommes. Or cette armée entière recule face à la fureur guerrière de Conan et il faut l’intervention d’un sorcier pour le maîtriser. Si un homme seul face à 20000 n’est pas un surhomme alors il faudra qu’on m’explique ce qu’est un vrai surhomme. Enfin pour l’apologie de la violence, oui également j’ai été gêné. Non par la violence elle-même, elle est inhérente aux récits de guerriers, mais dans le fait qu’à plusieurs reprises il est dit clairement que Conan prend plaisir à tuer et massacrer Ceci dit j’ai pris samedi à cette même bibliothèque « le seigneur de Samarcande » pour voir si dans un autre registre Howard me convainc plus…Tu vois tout n’est pas perdu… |
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Merci d'avoir pris le temps de préciser ton point de vue, Jean. Effectivement, si tu pensais que Conan avait été créé par R. Jordan dans les années 1960, tu étais loin du compte ! ^^ Je ne suis pas déçu que ce que j'ai pu écrire sur Howard, ici ou ailleurs, ne t'ai pas influencé dans tes attentes de lecture, d'autant qu'il aura apparemment seulement suffi que je mentionne l'œuvre pour que tu finisses par choisir de lire Howard ce qui est bien assez : encore une fois, je ne fais pas de propagande. Et au-delà de ton point de vue propre, pour ce qui est des préjugés, de façon générale, il me semble hélas qu'ils sont bien réels, et je n'ai pas oublié notamment certains échanges que j'ai pu avoir avec certains internautes sur le sujet par le passé, dans des discussions ici ou ailleurs ou en marge de celles-ci. En ce qui concerne ton ressenti à la lecture des premiers récits que Howard a consacré à Conan, contenus dans le volume Conan le Cimmérien de chez Bragelonne, je ne peux que reprendre le propos de Patrice extrait de l'entretien qu'a indiqué Sosryko : "Howard a commis beaucoup de choses dans sa carrière, de l’excellent, du bon ou très bon, du moyen, du pourri et de l’horriblement commercial." La priorité de Patrice a toujours été d'abord de restaurer les écrits de Howard, quelle que soit leur valeur littéraire, après des décennies de réception très déformée de l'œuvre de l'écrivain. Ce que tu as lu, c'est la totalité des premières histoires de Conan écrites en 1932 et 1933, sans distinction de qualité (qualité pouvant être très haute selon moi pour la Tour de l'Éléphant, par exemple, et aussi extrêmement faible pour des récits comme La Vallée des femmes perdues). Howard a écrit d'autres histoires de Conan jusqu'en 1935, qui figurent dans les deux autres volumes de chez Bragelonne et qui sont pour certaines de grandes réussites littéraires comme je l'ai précédemment dit, loin de certains clichés encore trop souvent associés à l'univers de Conan (tu ne trouveras pas de personnage féminin dénudée dans la nouvelle Au-delà de la Rivière Noire, dans le troisième volume, par exemple, et si Conan pourra encore t'y paraître surhumain par ses prouesses, l'intérêt du récit se situe naturellement ailleurs, sachant que dans les histoires de Conan, ce dernier n'est de toute façon jamais véritablement au centre de l'intrigue et que son nom n'apparaît du reste même pas dans les titres originaux des histoires). jean a écrit :
Sur la question de la place des femmes dans l'œuvre de Howard, il y aurait beaucoup à dire (sans forcément pour cela avoir à fouiller dans les moindres recoins de tiroirs de la pensée de l'auteur, comme on a pu le faire notamment avec Tolkien, même s'il faudrait nuancer et même s'il y a bien d'autres exemples). Le cliché du personnage féminin passif et dénudée associée à l'image populaire de Conan est en fait partiellement dû à Howard lui-même, mais dans un contexte particulier. Lorsque l'on examine la chronologie de la rédaction des histoires de Conan, entre 1932 et 1935, on se rend compte que la place des femmes dans les récits à tendance à évoluer en fonction du contexte économique et financier dans lequel évolue l'écrivain professionnel qu'était Howard. Au début, Howard ne met guère en scène de personnages féminins dans ces histoires, comme tu auras pu le constater, et lorsqu'il le fait, ce sont des personnages féminins forts, comme dans la Fille du Géant de Gel ou dans la Reine de la Côte Noire. Or, à partir du second trimestre de 1932, Howard connait des difficultés financières en raison de l'arrêt de la parution de plusieurs pulp-magazines qui représentaient autant de débouchés professionnels pour lui. N'ayant plus que le magazine Weird Tales comme débouché, dans lequel les histoires de Conan sont publiées, il doit composer avec le contexte de la demande du moment pour rester dans la course dans ce marché éditorial, en mettant ainsi de l'eau dans son vin créatif. En introduisant des héroïnes à la personnalité superficielle et plus ou moins dénudées dans les histoires de Conan qu'il écrit pendant environ un an, Howard donne dans le récit commercial, ni plus ni moins. Lorsque Howard prend un agent et qu'il voit sa situation financière s'améliorer à partir du second trimestre de 1933, les personnages de femmes fragiles ont nettement tendance à disparaître des histoires de Conan au profit de la création de plusieurs personnages de femmes fortes dont Howard travaille la personnalité, comme on peut le voir dans le Peuple du Cercle Noir, l'Heure du Dragon, Une Sorcière viendra au monde !, le Maraudeur noir ou encore dans les Clous rouges (toutes histoires figurant dans les deux autres volumes de chez Bragelonne). En lisant la totalité des histoires de Conan de Howard, on peut se rendre compte que le cliché de la femme passive et dénudée aux pieds de Conan est en fait davantage dû aux pasticheurs de Howard (L. Sprague de Camp, Lin Carter et les autres) qu'à Howard lui-même, même si, encore une fois, celui-ci en partie responsable de cela, mais en partie seulement, pour les raisons que je viens d'évoquer. Concernant Conan et les femmes, on pourra consulter, sur le site des Chroniques Némédiennes, un article de Simon Sanahujas (auteur du livre Les Nombreuses vies de Conan), article déjà un peu "ancien" (vu que le site en question est aujourd'hui dans l'état où était JRRVF il y a encore quelques années) mais qui pose bien les bases quant au sujet, sachant que Patrice Louinet a apporté quelques précisions sur la question dans son tout récent Guide Howard dont déjà j'ai parlé : http://nemedie.free.fr/site/spip.php?article95 jean a écrit :
En fait, ce ne serait pas une insulte que de qualifier Howard de nietzschéen... si c'était justifié. Le problème me parait venir plutôt d'interprétations, forcément subjectives, qui ont été faites du film de Milius. Nietzsche est en tout cas un philosophe dont la pensée mérite mieux que d'être caricaturée ou dévoyée comme elle l'a trop souvent été notamment suite à la récupération nazie de certains thèmes nietzschéens, en particulier les notions complexes de "Surhomme" ("Übermensch") et de "Volonté de puissance" ("Wille zur Macht"), mais c'est un vaste sujet qu'il n'y a pas lieu de développer ici, puisque ce n'était pas à cela que tu faisais allusion. jean a écrit :
Il s'agit de la nouvelle la Citadelle écarlate. L'armée en question ne recule pas toute entière devant Conan : le sorcier maîtrise Conan à sa façon car les guerriers qui compose l'armée sont incapables de vaincre Conan au corps à corps pour le capturer vivant, alors qu'il serait cependant possible de tuer Conan à coups de flèches tirés par les archers de cette armée, comme cela est d'ailleurs envisagé dans le récit. Que Howard ait doté son personnage de capacités littéralement surhumaines au combat (et à la survie en général), on ne saurait le nier, mais il n'est pas présenté pour autant comme étant un être humain totalement invincible. jean a écrit :
Je pense que rien n'est jamais perdu quand on sait rester curieux et jeune dans sa tête... et que l'on est aussi inscrit comme emprunteur dans une bibliothèque publique. :-) Je te souhaite une bonne lecture. Amicalement, Hyarion. |
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Pour ne pas rester sur une impression superficielle, j’ai suivi les conseils d’Hyarion et j’ai lu « l’heure du Dragon » et pour sortir un peu de Conan « le seigneur de Samarcande ». Dans « l’heure du Dragon » les nouvelles sont un peu plus longues que dans le premier volume, ce qui permet de mieux étoffer l’intrigue et un tout petit peu la psychologie des personnages. Le seigneur de Samarcande est composé de nouvelles se situant dans un univers historique, le plus souvent au temps des croisades. Il y a quelques trouvailles inattendues qui frisent parfois l’Histoire Fiction. Je pense en particulier à une nouvelle à propos de la mort de Tamerlan. J’avoue donc avoir préféré ces deux ouvrages au premier. Cependant je reste très dubitatif. Mon impression première ne change pas vraiment et ces histoires répétitives de machines à tuer me laissent finalement froid. Je pense vraiment que je vais m’arrêter là dans mes lectures d' Howard |
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jean a écrit :
Puissent mes modestes conseils éventuellement servir aussi à d'autres. :-) jean a écrit :
De fait, ce volume contient deux longues nouvelles, le Peuple du Cercle Noir et Une Sorcière viendra au monde !, ainsi qu'un roman, l'Heure du Dragon proprement dit, seul roman que Robert E. Howard ait consacré à Conan le Cimmérien. (oui, je sais, les enfants, les nouvelles publiées dans des recueils doivent avoir leurs titres mis entre guillemets... mais j'avoue que cette règle typographique me gonfle...) jean a écrit :
Concernant la récurrence de la violence qui, à te lire, devrait tout résumer chez Howard, je ne peux que dire que... je ne suis pas du tout d'accord avec toi... :-) ...comme Pellucidar, du reste, avait dit dans un autre fuseau qu'il n'était définitivement pas d'accord avec toi s'agissant de la récurrence du sexe dans la série télévisée Game of Thrones d'après les romans de George R. R. Martin, récurrence qui devrait apparemment elle aussi tout résumer (d'ailleurs, chez Howard, il y a aussi du sexe, comme chez Martin, mais je note que cela t'a apparemment moins dérangé que la violence, cette fois-ci dans ce cas-là). :-)
Si on se limite au genre de la fantasy, le talent de Howard a été d'avoir su se distinguer progressivement de la tradition européenne médiévalisante ayant marquée originellement ladite fantasy - et dans laquelle s'inscrit notamment Tolkien -, pour finalement quelque peu américaniser le genre et y apporter une spécificité avec des récits - le plus souvent des nouvelles - riches en action, laissant de la place à un certain réalisme, à la violence, à l'érotisme, et à une morale parfois trouble, à l'image de notre monde en somme. Voila pourquoi, de mon point de vue, une œuvre de fantasy actuelle à succès comme les romans du Trône de fer de G. R. R. Martin est un peu le résultat représentatif de la convergence opérée à partir du milieu des années 1960, et au fil des dernières décennies, entre deux branches de la fantasy : la fantasy européenne (tendance Tolkien) et la fantasy américaine (tendance Howard). jean a écrit :
Au moins auras-tu fait l'effort, que je salue, d'être allé au-delà de la lecture d'un seul volume et de ne pas t'être limité aux seules histoires de Conan. Ce genre d'effort de curiosité, tout le monde ne le fait pas, loin s'en faut. Je ne vais pas en rajouter d'avantage ici, du moins pour le moment, afin de réserver autant que possible mon propos à mon projet en cours, ainsi que je l'avais déjà dit dans mon premier message... mais il va de soi que tout autre avis de lecteur sur l'œuvre de Howard est évidemment le bienvenu en ces lieux. Amicalement, :-) Hyarion. |
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Je crois que je dois expliciter un peu ma remarque et corriger une interprétation trop rapide.
2) Games of Throne La récurrence du sexe est donc secondaire. Ce que je lui reproche c’est d’être 3 fois sur 4 totalement gratuite et sans rapport avec l’histoire et donc purement commerciale pour garder des spectateurs qui sinon risqueraient de s’ennuyer pour cause d’indigence du scénario. Par exemple, je comprends la scène ou le jeune Stark surprend la reine et son frère en pleine action. Elle est nécessaire à l’intrigue. Mais expliquez moi en quoi la scène ou le jeune homme (j’ai oublié son nom) qui est en fosterage chez les Stark vient dire adieu à une courtisane est utile à l’histoire. Le gros plan que nous avons de l’entrejambe de la demoiselle ne sert qu’à faire monter le pouls des téléspectateurs pas à faire avancer l’intrigue. C’est là que je me permets de dénoncer une telle scène, non car elle est « immorale » (je m’en fiche) mais car elle est grossièrement commerciale et que des ficelles marketing aussi grosses que des aussières de cuirassé suffisent à me gâcher tout plaisir J’espère avoir été un peu plus clair |
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Merci d'avoir pris le temps d'expliciter ton point de vue, Jean, ce qui me permet d'affiner mon opinion. jean a écrit :
Je ne les oppose pas : ce sont plutôt, à mes yeux, certains de leurs "fans" inconditionnels et spécialistes respectifs qui se plaisent plutôt à les opposer, au point de nier volontiers, de façon explicite ou implicite, toute pertinence en matière d'évocation conjointe. Mais il y aurait évidemment beaucoup de choses à dire, vu que je travaille précisément, à ma manière, dans une perspective comparatiste... Pour être bref, je crois que, de façon générale, Howard est plus réaliste que Tolkien, plus ancré dans l'action (ce qui le distinguait aussi de Lovecraft), mais cela ne veut pas dire que Howard négligeait les aspects contemplatifs au sein d'un récit ni que Tolkien n'était pas capable de mettre en scène la violence la plus extrême dans une histoire (comme dans l'exemple que tu évoques). jean a écrit :
Je te remercie d'avoir précisé ton impression de lecture. Cependant, encore une fois, je ne suis pas d'accord avec toi, sachant du reste que Howard a créé un très grand nombre de personnages, certains très travaillés sur un plan psychologique pour ses meilleures histoires et d'autres à l'évidence sans grand intérêt car conçus dans un cadre strictement commercial, tous étant mis en scène dans des récits de genres très variés dont nous n'avons évoqué ici qu'un petit échantillon.
Et je pourrais citer d'autres exemples... même si des contre-exemples existent aussi ! jean a écrit :
En effet, je me rend compte que tu avais pointé d'autres défauts à propos de la série télévisée, mais en insistant tout de même un peu sur la question sexuelle... au point même d'écrire "Au lieu de « Games of throne » je pense que le titre devrait plutôt être « games of sex »", ce qui est tout de même assez radical. ;-) Mais il est vrai en tout cas que tu n'avais pas parlé que de cela et je suis donc désolé d'avoir donné l'impression de ta critique se réduisait strictement à la seule question du sexe. Du reste, je crois que Pellucidar et moi-même t'avions alors répondu sans, nous non plus, nous limiter à cet aspect. En fait, je crois que j'ai fait le rapprochement avec cette ancienne discussion dans la mesure où j'avais alors moi-même réagi en évoquant conjointement la question du sexe et celle de la violence dans les romans de Martin comme dans la série télé, et que ta critique semblait précisément cette fois-ci se focaliser sur une de ces questions après avoir eu l'air de plutôt se focaliser sur l'autre par le passé. Mais j'ai sans doute été un peu rapide dans ma façon d'interpréter les choses de façon générale et d'écrire en conséquence. jean a écrit :
Tiens, encore un épisode avec sa dose de "sexposition" qui a dû me passer sous le nez... J'ai raté de ces trucs, moi... :-D Amicalement, Hyarion. |
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Hyarion tu me demande si je me souviens de la nouvelle « la tour de l’éléphant ». Comme tu le sais je n’ai pas les livres que j’ai juste emprunté dans une bibliothèque je ne peux donc me rafraichir la mémoire. Mais, si je devais résumer mes souvenirs je crois que cela donnerait à peu près ceci : Un étranger arrive un soir dans une ville dont il ignore tout. Dans une taverne il surprend une conversation de buveurs et apprend qu’il y a un trésor fabuleux en haut d’une tour. Celle-ci est donc l’endroit le mieux gardé du royaume tant par des moyens classiques que magiques. Là notre ami sans prendre 3mn de temps pour réfléchir, sans faire le moindre repérage ni prendre le moindre renseignement part incontinent à l’assaut de ladite tour (Note du Lecteur : quel gros bourrin, il faut vraiment avoir tout dans les muscles et rien dans la tête pour foncer tête baissée dans le premier piège venu). Mais là, ho miracle, il tombe sur le prince des voleurs qui convoite lui aussi le trésor, qui prépare son coup depuis plus de 10 ans, qui n’ignore donc rien des défenses de la tour et qui a décidé de tenter le coup juste le même jour à la même heure (NdL : il y a quand même de ces coïncidences ! notre ami est tout de même un sacré petit veinard !). Le voleur qui lui est un rusé a vite fait d’apprécier le QI du bourrin et se dit que dans une telle aventure un gros balaise ça peut toujours servir et que de toute façon il n’aura aucun mal à le berner à la toute fin. Il propose donc une association. Celle-ci ne marche pas trop mal (en grande partie grâce à tous les gadgets que le voleur a mis 10 ans à rassembler il faut dire que des gaz de combats c’est pratique pour occire tout un tas de lions d’un coup) et les deux compères parviennent au sommet de la tour. Là le voleur dit à John Rambo « va donc voir là bas si j’y suis ». Et, devinez quoi, il y va ! (NdL : toujours autant de neurones celui-ci). Pendant qu’il s’éloigne le voleur se précipite dans la chambre au trésor avec la ferme intention de verrouiller la porte derrière lui et ensuite de s’échapper par une issue connue de lui seul (NdL : je vous avais dit que c’était un rusé). Simplement, tout à sa joie d’avoir berné le gros balaise, notre voleur relâche son attention et se fait illico envoyer ad patres par la sœur jumelle de Shelob qui passait par là et ce avant d’avoir pu verrouiller la porte (NdL : il y a tout de même une justice dans ce bas monde !). Rambo entre alors en action et règle son compte à l’arachnide (NdL : il doit même se donner un peu de mal. Il faut bien un peu de suspens c’est vrai quoi sinon y n’y aurait plus d’histoire). Là notre bourrin préféré trouve un éléphant parlant enchainé qui lui raconte sa vie. Notre héro qui vient de butter plusieurs dizaines de gardes sans le moindre état d’âme se révèle un faux dur et se laisse berner par l’éléphant bavard. Alors qu’il venait de mettre la main sur un rubis gros comme un ballon de foot, il se laisse convaincre d’y renoncer pour que l’éléphant puisse se venger d’un très très méchant. Au final le grand costaud doit prendre la fuite au petit matin les poches (et la cervelle) toujours aussi vides. Voici ce dont je me souviens de cette nouvelle. Mais je ne sais pas pourquoi quelque chose me dit qu’encore une fois tu ne vas pas être d’accord avec moi…. |
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:D :D :D
Merci Jean ! I. |
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Cela me rappelle les souvenirs que d'autres peuvent garder de leurs lectures superficielles de Tolkien, passant complètement à côté de bien des choses à propos desquelles d'autres ici et ailleurs se plaisent pourtant à discuter en érudits depuis tant d'années... au point de finir par en faire des articles, des essais, des conférences. Et dans tous les cas, bien sûr, quand on passe à côté, c'est parfois volontairement, car comme je le disais, les préjugés ont la vie dure... et honnêtement je ne crois pas que tu en étais aussi dépourvu que tu l'a prétendu, Jean, lorsque tu as commencé à lire Howard. Mais ta réaction, qui me fait rire aussi, mais plutôt jaune, est tellement représentative de ce que j'ai évoqué dans mon premier message que je la salue comme telle : derrière le sourire qu'il serait sans doute de bon ton de partager, il y a quelque-chose, là, présent, qui en dit bien assez long et que je n'ai pas besoin d'expliciter davantage... Parfois, décidément, je me sens fatigué... Mais ce n'est pas l'âge, hein... J'écris cela en étant très calme... et très las en même temps. Bonne nuit, les amis. Hyarion. |
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Dis moi Hyarion, sur ta petite icône es tu le Christ ou le disciple ? Tu sais ma petite transgression était de l’humour à prendre au second degré. Personnellement je suis assez friand de ces détournements d’histoires, même (ou surtout) pour des textes que j’aime. J’ai bien ri à la lecture de « bored of the Ring » ou avec « Lord of the string » (nettement plus polisson) ou même ce petit dessin animé : https://www.youtube.com/watch?v=2K0_Y_PggaA. La plus jouissive de ces déconstructions reste à mon avis « la naissance de l’odyssée » de Jean Giono. Mais c’est promis si tu le veux je ferai une autre version avec une comparaison entre Conan et Lancelot partant lui aussi tête baissée à l’assaut de la douloureuse garde et où je gloserai sur le guerrier impavide qui se montre sans pitié dès qu’il a des gardes armés en face de lui mais qui face à un être désarmé et souffrant peut se laisser émouvoir. Ce qui montre qu’il a un cœur . Contrairement aux apparences ce qui le motivait ce n’était pas tant le trésor mais l’exploit de le conquérir. D’ailleurs il renonce sans mal à la fortune pour permettre de débarrasser le monde d’un abominable sorcier. Ce qui prouve qu’il est désintéressé et est autant un justicier qu’un aventurier. J’ai l’air de me moquer encore mais ce n’est pas vrai. Je suis tout à fait d’accord pour dire que cette lecture est possible et certainement aussi valable que la caricature que j’avais faite dans mon précédent message. Pour autant il me semble aussi intéressant d’admettre que les deux sont possibles et qu’il n’y en a pas une vraie et une fausse. Ta question sur mes préjugés est intéressante. Quand j’ai écrit mon post fin mai j’étais tout à fait sincère. Depuis au cours d’un séminaire professionnel j’ai assisté à une intervention de Marc Halevy qui venait nous parler de prospective. Dans sa conférence un petit point a attiré mon attention. Il nous disais que du temps des récits oraux puis écrits chaque auditeur ou lecteur était obligé de faire un effort d’imagination alors que maintenant avec le son et l’image tous les détails sont imposés de manière indélébiles à note cerveau. Il en déduisait que l’humanité allait petit à petit perdre en créativité. Même si je ne connaissais pas Howard et ne pouvais avoir de préjugés à son égard, il est, après tout, possible que j’en ai eu vis-à-vis de Conan à cause de l’image risible des films avec Schwarzy qui reste gravée dans ma mémoire |
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jean a écrit :
Qui tu voudras, Jean... En tout cas, j'ai l'âge du Christ sur la Croix depuis décembre dernier. jean a écrit :
Rassure-toi, Jean, j'ai bien compris que c'était de l'humour, et je ne crois pas en manquer. Howard ne manquait pas d'humour lui non plus et il a pratiqué plusieurs fois lui-même l'exercice de la parodie littéraire. Mais dans le contexte à l'origine de tous un tas de préjugés que j'ai évoqué, il est difficile pour moi de rire spontanément en lisant une transgression comme celle que tu as proposé. Pourquoi ? Parce qu'une parodie, c'est surtout drôle par rapport au modèle original parodié. Or, là, vu que personne à part nous deux ne s'exprime ici en connaissance des textes, le fait que JR, qui n'a pas lu Howard pour autant que je sache, en rit me parait plutôt révélateur du poids de toute cette espèce d'influence des préjugés dont j'ai essayé de parler : même sans connaître le texte original, Conan prête à rire parce que bien des personnes - notamment des tolkieniens - ont plus ou moins consciemment en tête, qu'ils le veuillent ou non, un certain nombre de clichés éculés sur le barbare avec "slip de fourrure", cervelle de moineau et musculature de culturiste qui n'a rien à voir avec le Conan de Howard. Le problème, encore une fois, s'agissant de Howard, c'est que la réception de son œuvre a longtemps été très déformée, au point que pour encore beaucoup trop de gens aujourd'hui, me semble-t-il, non seulement Howard se résume à Conan mais le Conan le plus médiatisé reste celui des comics ou des films qui sont autant de miroirs déformants. Par là dessus, s'ajoute tout ce qui a suivi la publication des histoires de Conan version De Camp chez Lancer Books (avec les couvertures de Frazetta) au milieu des années 1960, à savoir toute une clique de héros barbares stéréotypés inventés par d'autres auteurs et qui ont largement contribué à répandre tout un tas de clichés censés être caractéristiques d'un sous-genre nommé "heroic fantasy" ou "sword and sorcery" (termes renvoyant à une classification pour moi très datée et que je me refuse personnellement à employer : pour parler de Tolkien comme de Howard, le terme "fantasy" me suffit largement). C'est dans ce contexte que l'on a vu apparaître, en France, l'année-même du tournage du film de Milius, une parodie de Pierre Pelot connue sous le nom de... Konnar le Barbant, et d'abord publié en feuilleton dans la revue Fiction. En France, on aime bien mettre en boîte à coup de parodies... et ce n'est donc pas un hasard si une des premières choses que tu as écrite en ouvrant ce fuseau, Jean, a été de reprendre la contrepèterie sur "Conan le Barbare" (expression que Howard n'a d'ailleurs jamais employé lui-même pour désigner son personnage) pour désigner le film de Milius. Ce que je veux dire, c'est que depuis trop longtemps, pour tout un tas de (mauvaises) raisons, Conan n'est même pas considéré pour ce qu'il est à l'origine dans les textes de son créateur mais comme une sorte d'archétype qui serait à lui tout seul sa propre caricature, sa propre parodie. C'est à cette aune que j'ai perçu ton exercice de style. Peut-être aurai-je mieux pris la chose sur un forum howardien, mais là, j'ai tellement toujours eu l'impression d'être en terre de mission, ici... sans pourtant me prendre pour un Saint François Xavier au service de Crom, loin s'en faut ! jean a écrit :
Merci d'avoir précisé que tu es conscient que bien des lectures de ce texte sont possibles. Il n'y a évidemment pas de "vraies" lectures tandis que d'autres seraient fausses : j'ai bien assez critiqué ici et ailleurs la hiérarchisation des sensibilités contenue dans la dichotomie "étoilés"/"carnassiers" prônée par certains JRRVFiens à propos de Tolkien (ils se reconnaitrons... ;-) ) pour ne pas vouloir me laisser aller de mon côté à imposer une grille de lecture concernant Howard, ou n'importe quel autre écrivain d'ailleurs. Le problème, ici, n'est pas de s'autoriser à parodier Conan : ce personnage de fiction peut bien sûr faire l'objet d'une parodie ou d'une caricature aussi bien qu'un autre, qu'il s'agisse de Cthulhu, Tarzan, James Bond, Sherlock Holmes, du capitaine Nemo, ou de Lancelot et Guenièvre. Le problème, à mes yeux, est que Howard n'a pas été pris au sérieux autant que son seul personnage de Conan a fait l'objet de caricatures durant des décennies (jusqu'à l'overdose), ce qui donne, à mes yeux en tout cas, une impression bizarre... disons de charrue mise avant les bœufs. Ceci dit, tu me diras que côté Tolkien, Bored of the Rings a été publié en 1969, du vivant de l'écrivain, mais la réception de l'œuvre de ce dernier a tout de même été moins déformée que pour Howard. Ce que je souhaite pour ma part, c'est simplement que les gens qui parodient des textes d'un écrivain et rient en conséquence soient aussi capables de les lire un peu sérieusement, sans suspension d'incrédulité lorsque l'histoire s'y prête (ce n'est certes pas toujours le cas pour tous les récits de Howard, mais je crois que La Tour de l'Éléphant fait partie de ses meilleures histoires). jean a écrit :
J'avoue que c'est tout de suite l'impression que j'ai eu en lisant la première phrase de ton premier message, dans laquelle tu fais allusion au film de Milius, qui plus est en détournant son titre. Le fait en outre que tu n'ai pas beaucoup aimé les histoires que tu as lu, malgré les nuances que j'ai noté dans tes propos sur le fond, m'a plutôt encouragé à voir ensuite ta caricature comme une moquerie, sinon visant à totalement dévaloriser l'œuvre originale, du moins paraissant assez désinvolte par rapport à nos échanges précédents. Le fait que JR en est ri m'a aussi fait penser, je l'avoue, à ses fameuses critiques anti-PJ d'il y a une douzaine d'années, et vous savez ce que je pense des limites de cet exercice de style, certes comique sur le principe mais n'invitant guère à la discussion et heureusement passé de mode... :-) Ceci étant dit, peut-être suis-je par ailleurs devenu assez exigeant en matière d'humour howardien, qui sait, à force de fréquenter des connaisseurs. Même chose sans doute pour l'humour tolkienien, du reste. ;-) Amicalement, Hyarion. |
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Petite news : http://www.syfantasy.fr/20881-Decouvrez_..._sur_Conan |
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Cédric a écrit :
Comme mentionné dans l'article que tu indiques, les auteurs du documentaire ont annoncé effectivement ratisser large en matière de réception du personnage et ceux qui aiment voir Conan encore associé aux poncifs habituels (notamment l'imagerie culturiste) seront ainsi sans doute satisfaits dans une assez large mesure, je suppose, à en croire la vidéo d'extraits présente dans l'article et qui circule sur la Toile depuis quelques semaines... Mais je confirme que Patrice Louinet fera en principe partie des intervenants spécialistes de Howard dans ce film (les auteurs du documentaire l'ont interviewé pendant une heure et demie), ce qui permettra peut-être un rééquilibrage du point de vue... du moins faut-il l'espérer. Amicalement, Hyarion. |
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ISENGAR a écrit :
C est le genre d interventions que je trouve éventuellement déplacées, bon c était peut être juste pour rire, mais voyant les développements patients de Hyarion, je peux comprendre son facepalm. jean a écrit :
Sauf que le mec est un barbare, l idée n est pas qu il est bête, mais qu il est autre. Qu il est habitué au face à face, à la franchise, pas aux coups par derrière des soi disant "civilisés". D ailleurs, ne serait ce pas le texte où on nous dit qu il connaît de nombreuses langues, qu il a assisté au discours de philosophes et qu il répond de son propre avis? Comme beaucoup je trouve dommage que Conan, série qui fait la popularité de l auteur (normal ça inclut beaucoup de ses grands textes), possède ces quelques clichés commerciaux, et soit si facilement parodiable. Vous remarquerez qu il y a beaucoup d hypocrisie aujourd hui face à la représentation de l homme fort. Ah ouais un mec musclé mais lui doit être super bête pas moi, une pub bah tiens montrons le avec un livre à l envers. Pourtant, n a t on besoin aussi de ce genre de héros pour nous inspirer depuis la nuit des temps? D accord, Conan c est parfois simplement pulpesque, mais c est aussi de l existentialisme, ou encore l individu face aux masses. Comme je l ai dit, dommage que cette vision réduise tant l image de l auteur, car Howard c est quand même bien plus que Conan (bon ce n est probablement pas ce que je préfère de lui). Pour donner un exemple, un des meilleurs textes concernant Kull est Les Miroirs de Tuzun Thun, morceau philosophique qui le dispute à la meilleure poésie en prose. Enfin, Howard a un don pour la narration, mais c est aussi un styliste assez uniquement efficace dans le genre pour mériter qu on s y attarde, capacité d aller à l essentiel, maîtrise des techniques à vous rendre le rythme d une chevauchée ou l épique d une bataille, dialogues qui ne dépareillent pas à l oral... |
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La_Citrouille a écrit :
? et que dire de cette intervention ?... I. |
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Alors ce n était pas éventuellement déplacé, sans doute. Dans tous les cas, ce n était pas sensé être un lynchage, je le disais c est tout. ISENGAR a écrit :
Pour continuer dans le même esprit : y a pas à dire, les fous de Tolkien! ]:D |
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La_Citrouille a écrit :
Est-ce utile d'en rajouter ? surtout en quatre temps (tu crois que personne ne peux voir que tu as modifié ton message 5 minutes après le premier jet ? puis après 10 minutes pour remplacer "fan" par "fou" ?) La_Citrouille, 15 minutes après la première version du message a écrit :
Eh bien, comme on a déjà dû te le dire, si tu ne supportes pas la critique, évite de dire des bêtises: ça aide! I. |
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ISENGAR a écrit :
Je balance souvent vite mes messages quitte à les retrifouiller, ce où que je sois et j estime en avoir le droit. Ce n est pas interdit que je sache. ISENGAR a écrit :
ISENGAR a écrit :
Franchement, t as vraiment l impression que c est moi qui ne supporte pas la critique? Relis ta réaction plus haut, maintenant je ne peux rien contre la mauvaise foi. |
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Je "propose" de nous tenir là, merci... |
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Mon but n'était pas de susciter la polémique, ayant eu moi-même quelque mal à rentrer dans l'auteur, il ne m'a pas paru futile de seconder Hyarion, tout simplement, sinon c'est bon pour moi aussi, et je note pour les apostrophes. N'empêche, est-ce qu'il y a un système genre Big Brother sur ce forum? Je trouve ça plutôt flippant :/ |
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La_Citrouille a écrit :
Comme dirait mon héros dans ce monument cinématographique qu'est Judge Dredd : "La loi c'est moi". Je confirme, c'est flippant :p |
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Peace and Love, les enfants, Peace and Love... Pour en revenir au sujet du fuseau, alors que la Tolkien Society propose en ce moment, pour la troisième année consécutive, de participer aux nominations des cinq prix constituant les Tolkien Society Awards, sachez que la Robert E. Howard Foundation, pour sa part, propose actuellement à ses membres de voter pour les travaux sélectionnés en 2016 en vue de l'attribution de la dizaine de prix qui constitue chaque année les Robert E. Howard Foundation Awards. À la différence de la Tolkien Society, les prix de la REH Foundation sont ouverts à la langue française, mais il est vrai que le rayonnement international de Patrice Louinet, par ailleurs membre de la Fondation (sans prendre part au vote lorsqu'il est sélectionné pour un prix, évidemment), ne peut que faciliter les choses en ce sens. À toute fin utile, je précise que depuis l'année dernière, il est possible de devenir membre de la REH Foundation pour la modique somme de 00,00 US$ (soit 00,00 € selon le taux de change des devises). Amicalement, Hyarion. |
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Petite info pour signaler la sortie prochaine d'un Bifrost spécial Howard : https://www.belial.fr/revue/bifrost-84 Cédric |
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Cédric a écrit :
En effet, cher Cédric, merci d'avoir signalé cette sortie, prévue pour le 27 octobre. La couverture du numéro est de Gregory Manchess, qui est l'auteur des illustrations du troisième tome des histoires de Conan parue chez Bragelonne sous le titre Conan - Les Clous rouges. Nous avions eu la chance de le rencontrer (et même de dîner avec lui, pour une poignée d'entre nous) lors de la première journée Howard à Paris, il y a environ deux ans maintenant. En s'inspirant notamment des œuvres des célèbres illustrateurs N. C. Wyeth (1882-1945) et Mead Schaeffer (1898-1980), Greg Manchess a su donner à l'univers de Conan la noblesse visuelle qu'il aurait pu déjà avoir en librairie si l'œuvre de Robert Howard avait été publié dès le début, aux États-Unis, dans une édition illustrée et reliée comme cela se faisait au début du XXe siècle, à l'époque de ce que l'on a appelé l'Âge d'or de l'illustration outre-Atlantique. Bonne lecture, si leur cœur vous en dit. :-) Amicalement, Hyarion. |
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Et le cœur nous en dit ! Je lirai tout ceci avec intérêt :) I. |
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Hé, je n'avais pas fait attention au sommaire, pressé que j'étais à relayer l'info ! Bien joué Hyarion ! Effectivement, on te lira avec intérêt, et plaisir j'en suis sûr.
Bonne journée, |
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Merci beaucoup à vous deux. :-) Amicalement, Hyarion. |
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Plus de 3 mois après sa parution, j'ai enfin pu trouver le temps de lire ce Bifrost spécial Howard ! Au passage, j'en profite pour féliciter Hyarion (mieux vaut tard…) pour son article, ainsi que pour ses efforts en général pour rendre à Howard la place qu'il mérite au panthéon de la Fantasy.
Un dossier très instructif, même pour ceux comme moi qui croyaient connaître Howard. Ainsi, même si je connaissais un peu ses autres personnages (Solomon Kane, Kull, Red Sonja…) j'ai été étonné d'apprendre à quel point la Fantasy était loin d'avoir été son genre de prédilection. Dans l'historique de sa publication, j'ai été aussi "surpris" de retrouver une vieille connaissance, Donald Wolheim, le responsable des éditions pirates du SdA chez Ace Books. Curieux personnage que ce Wolheim… Un peu à l'instar des deux autres zigotos (Carter et Sprague de Camp), il semble être tout à la fois un vrai fan désireux de promouvoir l'oeuvre et un opportuniste cupide et peu scrupuleux. Un petit regret cependant (j'imagine que la place a manqué), si Nicollet ou Frazetta sont bien sûr évoqués, dommage de n'avoir pu parler d'autres illustrateurs de Howard, notamment ceux qui sont parvenus jusqu'à nous via l'excellente revue L'Echo des Savanes Made In USA, dans laquelle nous ont régalés des gens comme Neal Adams, Jeff Jones, Mike Kaluta, Esteban Maroto ou Berni Wrightson, pour ne citer que les grosses pointures. Je n'ai pas non plus retrouvé l'info signalant qu'un biopic sur Howard avait été tourné en 1996, The Whole Wide World, de Dan ireland, avec Vincent d'Onofrio dans le rôle d'Howard et Renée Zellweger dans celui de sa "fiancée". ;) Il y avait quand même de chouettes magazines, à l'époque… |
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Pellucidar a écrit :
... et Barry Windsor Smith, Pellucidar, avec sa celèbre version des Clous rouges, d'autant que 2 des 4 images du diaporama que tu nous proposes sont de sa pomme ;-) |
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Bien vu, Sosryko ! J'en ai sûrement oublié d'autres... A partir d'un certain âge, on ne devrait plus se fier à sa seule mémoire. ;) |
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On pourrait citer également John Buscema, qui fut sans doute, avec Barry Windsor Smith, un des plus influents dessinateurs du personnage de Conan dans le domaine de la bande dessinée aux États-Unis. Merci pour tes félicitations, Pellucidar. Mon article n'est pas passé inaperçu puisque j'ai eu droit, le 8 février dernier, à une citation de celui-ci par Anne (Besson), de manière toute particulière, lors de l'une des séances du séminaire Tolkien de l'ENS désormais réécoutables (avec celle de JR) sur la page dédiée audit séminaire sur Tolkiendil : http://www.tolkiendil.com/asso/manifesta...e_ens_2016 ("Tolkien et la fantasy : de la confusion à la distinction" ; vers la 44e minute pour les impatients) Le numéro de Bifrost consacré à Howard l'est, comme de juste, avant tout à l'écrivain, au-delà donc même de ses propres créations et des filtres dans la réception de leur auteur qu'ont longtemps été à la fois les comics de chez Marvel et les adaptations au cinéma et à la télévision, surtout focalisés sur le seul personnage de Conan, voire sur des personnages n'étant pas des créations directes de Robert Howard comme Red Sonya. Voila sans doute pourquoi, selon moi, ce sont proprement des illustrateurs de l'œuvre de Howard, sur les couvertures et les pages de livres contenant les écrits dudit Howard, dont il aura été avant tout question dans ce numéro, indépendamment de l'appréciation que l'on peut avoir par ailleurs des dessinateurs ayant travaillé chez Marvel (ou pour les films, comme William Stout, dont la version en bande dessinée du scénario du film de Milius, reproduite dans le Metal Hurlant avec couverture de Frazetta présent dans le diaporama de Pellucidar, est restée inachevée, ce qui est un peu dommage). En ce qui concerne le film The Whole Wide World, consacrée à la relation entre Robert Howard et Novalyne Price d'après le livre de souvenirs de cette dernière, Patrice (Louinet) en parle dans son Guide Howard, évoqué ici précédemment (p. 229), et j'avais d'ailleurs suggéré il y a quelques mois que ce film, inédit en France, soit projeté si possible à l'occasion d'une prochaine journée Howard à Paris, mais je ne sais pas pour l'heure si cela sera ou ne sera pas pour cette année... En tout cas, le choix de l'acteur Vincent d'Onofrio pour interpréter Howard était tellement bien vu à l'époque, que je ne peux pas m'empêcher de penser à l'écrivain chaque fois que je revoie l'acteur à l'écran, même s'il est par ailleurs maintenant devenu évidemment physiquement plus âgé que Howard ne le sera jamais. Amicalement, Hyarion... toujours un peu pressé... d'aller enfin au lit, cette fois-ci. ^^' |
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Il me semble que le 11 février dernier, le conférencier de Roubaix - ce grand modeste préfère garder l'anonymat - a également cité l'article de Bifrost et son désormais célèbre auteur toulousain, devant une foule avide d'en savoir plus. |
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Merci, JR. ;-) En tout cas, il est évident pour moi que ces citations m'engagent, bien plus qu'elles ne pourraient me flatter, car cela appelle surtout quelques prochains développements substantiels de ma part... et assez grande commence à être la pression, je l'avoue. ^^'
Tant que j'y suis et que j'y repense, je signale que l'émission nocturne de France Musique consacrée à la musique composée par Basil Poledouris pour le film de Milius, émission de radio dont j'avais déjà signalé la diffusion le 18 février 2014 dans un autre fuseau du forum, et dont la fin de l'accessibilité en ligne était annoncé pour novembre dernier... reste finalement disponible à la réécoute depuis que le site de France Musique s'est doté d'une nouvelle version, précisément en novembre 2016. Entre deux extraits de musique de chambre d'Antonín Dvorák, après une introduction de l'animateur Olivier Le Borgne qui - je l'avais déjà écrit à l'époque, fusse de façon un peu sibylline - ne pourra que plaire à JR, l'émission propose d'écouter successivement les morceaux de Poledouris connus sous le nom de « Theology/Civilization », « The Search », « The Orgy », « The Funeral Pyre », « Battle of the Mounds (part. 1) » et « Orphans of Doom/The Awakening ». Même si l'on sait qu'en matière de qualité du son, aucun des enregistrements existants de la musique de Conan the Barbarian n'est optimal ou « absolument de référence » tels qu'ils ont été édités, cela reste toujours de la grande musique... À noter que le prolongement de la disponibilité de cette émission de France Musique vaut également pour des émissions de France Culture, station qui a vu également son site changer de version en novembre dernier, en permettant notamment désormais la réécoute de certaines des émissions (pas toutes, donc) précédemment recensées sur JRRVF mais qui n'étaient plus disponibles en ligne depuis quelques années, en raison d'un retrait plus ou moins automatique au bout de deux ans. Amicalement, Hyarion. |
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Pour la deuxième fois consécutive, la Journée Howard a eu lieu dans le cadre du Festival des Mondes de l'Imaginaire, à Montrouge au sud de Paris, le 9 avril dernier. Les conférences qui étaient proposées cette année, sur Robert E. Howard bien sûr mais aussi sur H. P. Lovecraft, sont désormais réécoutables en ligne sur le site d'ActuSF. On trouvera une présentation plus détaillée de la journée, par Patrice Louinet, dans son message inaugural (mis à jour avec les liens vers les enregistrements des conférences) de la page dédiée à cette journée sur Robert-E-Howard.fr. Amicalement, Hyarion. |
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Avis aux amateurs de bande dessinée : les nouvelles de Robert E. Howard mettant en scène Conan le Cimmérien font l'objet d'une adaptation - française - dans une nouvelle collection de l'éditeur Glénat.
Amicalement, Hyarion. |
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Pour les lecteurs d'Howard, dont je ne fais pas encore partie, je me permets de vous renvoyer à un article publié récemment par Laurent Di Filippo, que je lis de temps à autre avec beaucoup de plaisir, tant sur la réception de la Scandinavie ancienne et médiévale, que sur les jeux-vidéos. Il renvoie souvent à Tolkien à Howard dans ses travaux. Enfin, parmi une bibliographie de qualité qui s'agrandit au fil du temps, il est l'auteur de la thèse intitulée Du mythe au jeu : approche anthropo-communicationnelle du Nord : des récits médiévaux scandinaves au MMORPGAge of Conan : Hyborian Adventures, travail co-dirigé par Jürg Glauser, pour qui j'ai une estime profonde, en raison de travaux qui portent sur une tranche de la littérature norroise qui m'intéresse tout particulièrement. Je crois savoir que Hyarion connait un peu l'auteur de ce travail, de ce que je puis en juger avec le réseau social de Mark Z., comme il aime à l'écrire. J'aimerais bien connaître son avis sur les travaux de Di Filippo. A. |
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Alkar a écrit :
Bien sûr, je connais Laurent Di Filippo : nous nous sommes rencontrés pour la première fois lors de la première journée Howard à Paris, en 2014, et il a eu la gentillesse de me remercier dans une note de bas de page de sa thèse soutenue en 2016, suite à des échanges à distance que nous avions eu par la suite sur Howard. Je crois que nous partageons une approche assez similaire de la recherche, qui pour moi consiste à faire les choses sérieusement sans se prendre au sérieux. Merci d'avoir signalé ici un article récemment mis en ligne par Laurent et qui m'avait échappé : il y est précisément question de la nouvelle de Howard que j'ai précédemment mentionnée. Amicalement, Hyarion. |
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Très intéressant ce que tu racontes. J'ai lu pas mal de parties de sa thèse, j'ai dû reprendre l'ensemble pour trouver cette fameuse note ;). J'ai bien aimé son travail dans l'ensemble, même si à mon humble avis, ses critiques à l'égard de la traduction de l'Edda de Snorri par Dillmann auraient méritées plus de nuance. Cela m'a un peu refroidi je dois dire, mais cela n'empêche pas d'apprécier son travail de recherche pour lequel il a reçu un prix, à ma connaissance. Lire les quelques études qu'il a publiées en plus de l'attente de ton copieux travail me donne envie de lire du Howard, que je ne connais que de très loin, après avoir vu le fameux film de 1982, qui n'a, je crois, aucun rapport de près ou de loin avec l’œuvre d'Howard. Cela reviendrait à dire, à titre de comparaison, que je ne connaitrais rien de Tolkien, si ce n'est que j'ai vu que l'adaptation finlandaise du Hobbit :D. Peut-être me lancerais-je un jour dans la lecture de cet auteur... Mais mes projets personnels s'amoncellent. Voilà qu'un autre s'est ajouté à ma liste aujourd'hui : la traduction de la correspondance de Knut Hamsun ! Amicalement, A. |
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Pour info, l'étrangeté cinématographique nommée Hobitit est une adaptation... du SdA. ;) E. |
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My bad...;) |
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Alkar a écrit :
Il est vrai que Laurent, pas plus qu'il ne ménage Patrice sur le terrain howardien, ne ménage pas non plus Dillmann sur le terrain nordique. Ce faisait, il ne craint pas de questionner le statut d'autorité du spécialiste : pourquoi faudrait-il boire les paroles de celui-ci par principe, au nom d'un "a priori déférent" qui lui serait dû ? C'est ainsi que je ressens les choses en lisant Laurent, car sa démarche se situe d'un point de vue transversal nécessaire pour appréhender un phénomène de réception, ni complètement enfermé dans la sphère érudite des spécialistes, ni dans le flou d'un point de vue qui ne serait qu'extérieur.
Il ne s'agit pas, à mon avis, de contester la qualité du travail fait par le spécialiste dans le cadre de sa spécialité mais de mettre en perspective ce que les choix éditoriaux du spécialiste implique en matière d'influence dans la réception vis-à-vis du public. Quelle que soit la légitimité d'une démarche, elle a des conséquences lorsqu'elle est et se veut influente. Parce que les conséquences peuvent être multiples, c'est là quelque-chose dont les spécialistes n'ont pas toujours totalement conscience, même s'ils assument souvent au moins de vouloir orienter les regards via leurs approches. On peut bien sûr choisir de se dire - je force ici un peu le trait - que tout ce qu'ils peuvent dire est génial parce que c'est eux qui le disent, parce qu'ils ont des connaissances que l'on n'a pas forcément soi-même, parce que l'on respecte profondément leur travail, parce qu'on les aime bien, etc. Mais il n'empêche : nous sommes tous des êtres humains, faillibles et imparfaits. Patrice Louinet, François-Xavier Dillmann, ou tout autre spécialiste, méritent précisément par la qualité de leur travail que celui-ci soit discuté, y compris de façons pas forcément "attendues". Laurent, en évoquant les choix éditoriaux de Dillmann concernant sa traduction de l'Edda de Snorri Sturluson, met le doigt sur le nœud du problème : donner la possibilité la plus large possible à tout le monde d'émettre un jugement non biaisé factuellement sur un objet d'étude. Cela n'enlève rien au sérieux du travail de Dillmann, qui explique notamment pourquoi il a choisi de ne pas intégrer à sa traduction le prologue de l'Edda, prologue dont la paternité attribuée à Snorri est discuté. Mais Laurent a raison de noter que sans avoir ce prologue sous les yeux, de fait, on ne peut pas vraiment se forger une opinion, cependant qu'il aurait toujours été possible de bien préciser les doutes concernant l'attribution de ce passage en le publiant malgré tout. Et la nuance pour moi se fait dans l'esprit du lecteur s'il sait apprécier la valeur des deux approches, même si ce n'est pas forcément facile. Bref, c'est ce que j'avais retenu de ma lecture de ce passage de la thèse en question, mais il y a peut-être d'autres points dont tu te souviendras peut-être. Alkar a écrit :
Effectivement, comme j'ai déjà eu l'occasion de le dire à JR sur le présent fuseau, prétendre connaître et apprécier Howard en ayant seulement vu le film de Milius de 1982, ou a fortiori celui de Fleisher de 1984 ou, pire que tout, l'épouvantable série TV de la fin des années 1990 dont j'ai parlé ailleurs, c'est comme prétendre connaître et apprécier Tolkien en ayant seulement vu les trilogies de Jackson, ou le film de Bakshi, ou a fortiori l'ensemble assez baroque que constitue la mini-série finlandaise Hobitit ! Dans le Conan de 1982, il n'y a, au fond, que quelques éléments howardiens sortis de leur contexte, l'histoire voulue par Milius étant toute autre. Alkar a écrit :
Puisse le contenu du présent fuseau éventuellement t'y aider... en attendant la suite... ^^' Amicalement, Hyarion. (*): Coïncidence : je connaissais depuis longtemps le point de vue d'EJK sur la question, mais il se trouve qu'il en a reparlé il y a environ une semaine sur le réseau de Mark Z., évoquant notamment le fait que grâce au catalogue de l'actuelle exposition Tolkien à Oxford, on sait enfin que les collections tolkieniennes de la Bodleian représentent plus de 500 boîtes d'archives, ce dont on avait aucune idée jusque-là, puisqu'il n'y a pas de catalogue des manuscrits à la disposition des chercheurs indépendants et que les spécialistes n'en parlent pas, la plupart semblant satisfaits du seul travail d'édition de Christopher Tolkien selon les dires d'EJK. S'agissant de la satisfaction supposée des spécialistes, je ne sais pas ce qu'il en est vraiment au fond (cela m'étonnait que tout le monde soit content, en fait, même si personne ne dit rien), mais sans doute faut-il bien reconnaître au moins l'existence d'une rétention d'informations (phénomène concernant aussi bien la planète Tolkien que la planète Howard, du reste, pour diverses raisons mais de façon générale probablement parce que nous avons là affaire à des écrivains encore trop "récents"). |
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Juste pour partager une bonne nouvelle : les éditions Bragelonne proposent (enfin) une intégrale Conan qui rassemble les trois volumes parus (Conan le Cimmérien, l'Heure du Dragon, les Clous rouges) dans un fort beau et grand format pour à peine les deux tiers du prix des trois volumes. |
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Merci beaucoup pour l'info, ce n'est pas notre ami Hyarion qui sera déçu de cette sortie ;-) |
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Si vous êtes curieux de connaître mon avis sur cette publication, je peux toujours le partager avec vous, ayant récupéré mon exemplaire il y a un peu plus de trois semaines, avec un peu d'avance par rapport à la date officielle de sortie (qui était le 19 septembre et non le 12 comme l'indique encore le site de Bragelonne)... mais connaissant mon goût pour la nuance, vous ne serez pas surpris que mon opinion soit moins dithyrambique que les avis exprimés jusqu'ici sur Amazon. Cette réédition en un seul gros volume relié de l'intégralité des aventures de Conan le Cimmérien précédemment paru en trois volumes, est assurément un ouvrage imposant, de plus de 1300 pages, d'un format (20,5 x 28,5 cm) plus grand que les volumes originaux, contenant environ 250 illustrations de treize artistes, et qui pourra certainement satisfaire un collectionneur ou quelqu'un n'ayant pas déjà les trois volumes parus chez Bragelonne en 2007-2008 (ceux dont on a bien sûr déjà parlé plus haut dans le présent fuseau il y a maintenant quelques années). Si j'en juge par mon exemplaire, la réédition me semble de qualité, quoique le sommaire soit hélas incomplet et donc pour une petite partie inutilisable, même si cela est heureusement sans incidence sur la pagination de l'ensemble. Tout y est concernant les textes : nouvelles, roman, récits inachevés, brouillons, synopses, cartes, documents divers, notes, ainsi que "Une Genèse Hyborienne" l'essai en trois parties de Patrice (Louinet). Ce volume unique a été enrichi de trois cahiers d'illustrations en couleurs et en pleines pages, au contenu inédit en France mais qui (me) laisse une impression mitigée. Pour mémoire, Mark Schultz, Gary Gianni et Gregory Manchess sont les trois illustrateurs originaux de l'édition en trois volumes de Wandering Star/Del Rey Books/Ballantine Books reprise par Bragelonne : une large part de leur travail a été faite en noir et blanc ou en grisaille, et donc couramment reproduite ainsi dans les éditions anglaises et française des histoires de Conan de Howard, mais une autre partie de leur travail, en couleurs, n'a été, elle, que très peu reproduite telle quelle, seulement pour des tirages limités en anglais, le lectorat "ordinaire" devant se contenter de reproductions en noir et blanc dans les éditions courantes. Quitte à enrichir le livre sur ce plan-là, cette réédition en un volume de chez Bragelonne aurait été l'occasion de reproduire dans leur intégralité les illustrations en couleurs de Schultz, Gianni et Manchess. Or seules quelques-unes de ces illustrations en couleur ont été sélectionnées, d'autres et non des moindres restant seulement reproduites en noir et blanc ailleurs dans l'ouvrage. Certaines contributions en couleurs d'autres illustrateurs, totalement inédites, (me) paraissent pour le moins dispensables en comparaison de l'ensemble du travail effectué par Schultz, Gianni et Manchess, il y a plus de quinze ans, pour les trois volumes originaux en anglais. Par là-dessus, les avant-propos de ces trois illustrateurs pour chacun des volumes originaux, qui avaient été omis par Bragelonne pour sa version française de 2007-2008, auraient pu être enfin intégrés à l'occasion de cette intégrale en un volume (dont il n'existe à ma connaissance aucun équivalent en langue anglaise) : il n'en est rien, hélas, comme si le travail d'illustration ne devait rester qu'une sorte de faire-valoir destiné à être exploité à la carte... Ceci étant dit, et en attendant qu'une édition courante des écrits restaurés de Howard en format de poche voit (enfin) le jour (je suis confiant sur ce point, mais il est néanmoins plus que temps que cela se fasse), pour qui voudrait disposer d'un seul coup en français de l'intégralité des textes de Howard dédiés à Conan le Cimmérien, cette édition intégrale en un volume unique est certainement à acquérir, notamment s'agissant des personnes qui n'ont (toujours) pas les trois volumes originaux, qui retardent ce genre d'acquisition depuis (bien trop) longtemps... et qui se reconnaitront ! Amicalement, Hyarion. |
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Hyarion a écrit :
Voilà qui est complet, merci beaucoup ;-) |




