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J'ai eu la curiosité d'écouter récemment un peu de la musique composée par Bear McCreary pour la deuxième saison de cette série Amazon : même si la forme d'expression symphonique est toujours appréciable en soi, le résultat me parait assez étroitement conçu pour plus ou moins coller aux images d'une série que par ailleurs je ne souhaite pas regarder, ce qui dès lors limite forcément un peu l'intérêt de l'expérience. Toutefois, parmi les extraits musicaux que propose depuis quelques jours le compositeur sur YouTube, je suis tout de même tombé sur une interprétation sympathique de “Old Tom Bombadil” (d'après le texte du SdA), chantée par l'artiste canado-américain Rufus Wainwright, pièce qui se suffit à elle-même et s'apprécie comme telle :
La mise en musique instrumentale et chorale par McCreary me semble bien faite, et l'on sent un côté folk dans l'interprétation du chanteur qui me parait sonner juste vis-à-vis des paroles de Tolkien.
À noter que Rufus Wainwright, s'il est surtout connu pour sa carrière d'auteur-compositeur-interprète dans un domaine plutôt pop/rock, aime aussi par ailleurs la musique dite classique, au point d'avoir écrit lui-même deux opéras et un requiem (ce dernier, avec notamment l'actrice Meryl Streep en récitante, ayant été créé mondialement à Paris en juin dernier, dans l'Auditorium de Radio France). À cette aune, Wainwright a aussi notamment réalisé, il y a quelques années, un album live avec l'Amsterdam Sinfonietta, sorti en 2021, dans lequel il a souhaité inclure, étant francophile, des interprétations d'un air d'opéra de Jean-Philippe Rameau, « Tristes apprêts », et une des mélodies des Nuits d'été d'Hector Berlioz, « L'Île inconnue » : Peace and Love, B. |
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En effet, c'est un morceau réussi, au même titre que les autres pistes intradiégétiques de l'album. |
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Ca démarre ce soir. Mairon, nous feras-tu un petit retour sur tes impressions ? I. |
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Un article mis en ligne ce jour sur le site du Figaro, article consacré à cette série Amazon et basé sur un entretien accordé à Constance Jamet par les deux "coureurs de spectacle" ou showrunners de ladite série, tend à confirmer le manque de modestie de la part des intéressés déjà constaté à l'époque de la première saison. « Superviser une fiction de cette ampleur, c'est une sorte de Jeux olympiques », déclarent-ils notamment : l'allusion semble un brin opportuniste, même en songeant à la dimension esthétique comme à l'organisation des cérémonies d'ouverture et de clôture des Jeux olympiques (et paralympiques)... Dans l'article du "Figaro", Constance Jamet a écrit :
Relire Tolkien, c'est bien, mais l'utilisation de Tom Bombadil apparait, surtout, opportune en tant que rare référence tolkienienne à la fois compatible avec la période fictive mise en scène et exploitable en matière de droits. La dimension singulière du personnage, qui en partant des textes de Tolkien, aurait pu (pourrait un jour ?) en soi faire l'objet audacieux d'un film ou d'une mini-série susceptible de m'intéresser, semble ici inévitablement secondaire. Dans l'article du "Figaro", Constance Jamet a écrit :
L'analogie avec une « partition de jazz » est curieuse : j'aime le jazz, mais je ne suis pas sûr que la matière artistique tolkienienne corresponde, en matière de création et d'interprétation, à ce genre musical, caractérisé notamment par l'usage de l'improvisation (au sens noble et éminemment jazzistique du terme). Enfin, si Tolkien « c'est la fosse des Mariannes », alors cela suppose des limites, chez Tolkien précisément, et cela suppose même de finir par toucher le fond... mais du coup, peut-être pas le fond de la fosse des Mariannes... disons, plus modestement, le fond de la piscine (*) ? Bref, l'altération de la réception de Tolkien est en marche, et on ne peut que le constater (sans que cela soit, bien sûr, une nouveauté en soi). Mairon a écrit :
J'avoue ne pas avoir beaucoup vu les polémiques en question ces derniers temps, à la différence de l'époque de la diffusion de la première saison, mais qu'elles ressurgissent ne m'étonne pas, et sur le principe même, cela ne peut effectivement que parasiter le visionnage d'une suite. À Mairon, ISENGAR a écrit :
Que ne ferait-on pas dans l'intérêt du public ? ^^' Peace and Love, B. (*) : Pardon pour cette formule un peu facile, déjà employée ailleurs récemment du reste, mais je n'ai pas pu résister. À noter, ceci dit, que bien évidemment, sur ses sites de vente en ligne faisant actuellement la promotion de la série, Amazon vend aussi des piscines... |
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Il m'est toujours aussi difficile d'aborder la série. Quand on est un lecteur assidu des œuvres de Tolkien, il faut adopter une posture aussi paradoxale que la série elle-même pour parler de The Rings of Power et essayer de distinguer les niveaux d'analyse et de critique. J'ajoute ceci : autant je suis assez exaspéré par le jeu de dupes des showrunners (ah, la traduction par Hyarion est tout à fait adaptée), autant j'éprouve parfois aussi une forme de compassion pour l'équipe de la série et les acteurs, qui se retrouvent dans cette sorte de paradoxe géant brassant au moins un milliard de dollars, si j'ai bien suivi.
La suite est forcément spoileresque et marquée par le divulgâchage à foison, attention.
Bon, que dire : la série est faite pour le public le plus large possible. Elle n'est donc pas subtile, tel est son cahier des charges. Cela vaut aussi pour la présentation de Sauron. J'ai trouvé que la scène manquait d'ambition et d'imagination. Apparemment, les passionnés de la série sur X/ex-Twitter sont d'un autre avis, mais j'ai parfois un léger doute sur l'authenticité de cette série de comptes intitulés d'après des bouts de personnages ou d'objets de la série (la besace d'Elendil, le pendentif de Sauron, ou autre) et publiant des messages souvent plus dithyrambiques que les anciens dithyrambes.
Pour constituer ce personnage de Sauron, les scénaristes se fondent finalement plus sur l'oeuvre de Milton que sur celle de Tolkien, paradoxalement - puisque là, il n'y a pas de questions de droits ! Mais bon, Satan dans Paradise Lost est Satan, mais le Satan d'un dérivé lointain, popularisé, amoindri, déversifié, de Paradise Lost, n'est plus forcément un Satan digne de ce nom. Visiblement, ceux qui disent que le "Sauron" de la série est bel et bien Sauron sont moins préoccupés que moi par cette question qui me semble pourtant essentielle. Mais une fois encore, le propos de la série n'est pas d'aller vers ce genre de sommet !
Je continue de penser que ce sont là des bêtises. Le renversement de l'ordre de création des Anneaux est préjudiciable à l'histoire, et tout ce que je viens d'indiquer l'est aussi à sa manière, mais bon, de toute façon, vu le traitement de la chronologie, tout est chamboulé depuis longtemps. |
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Merci à tous les deux pour vos retour très complets (bien que, Hyarion, ôte-moi d'un doute, tu l'as bien visionnée ? tu n'en fais pas directement mention dans ton message). Mairon a écrit :
Hihi ! Voilà qui nous renvoie 24 ans en arrière à propos de la promotion d'une certaine trilogie. Finalement, rien ne change ;)
Pas de souci, on arrive à te suivre. De ce que j'ai lu ou écouté ici et là, tu n'es pas le seul à avoir du mal à ranger les choses, après cette première salve de trois épisodes. I. |
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ISENGAR a écrit :
La deuxième saison de la série ? Je ne l'ai pas visionnée, ce pourquoi en effet, je n'en ai pas directement fait mention : comme je l'avais signalé précédemment, je ne souhaite pas la regarder, a fortiori via un abonnement à Amazon Prime, et mon précédent message est simplement une réaction après lecture de l'article du Figaro dans lequel s'expriment les deux "coureurs de spectacle". Du reste, à ce propos... Mairon a écrit :
Il convient ici de préciser que c'est notre ami JR qui, le premier et ici même en octobre 2022, a proposé cette traduction littérale, laquelle m'avait tout de suite convenu, au point d'en avoir fait plusieurs fois usage dans le présent fuseau, cet automne-là... En 2022, j'avais pris soin à chaque fois de créditer (par exemple ainsi, dans un ancien message : « "coureurs de spectacle" (©JR/Isengar) »), mais pas cette année : négligence coupable ! Bref, comme dirait Jésus, il faut rendre à César ce qui appartient à César.
N.B. : je fais ici allusion en image à un film (Asterix aux Jeux olympiques) que je n'ai jamais vu en dehors de quelques extraits, dont la séquence ultra-référentielle (un peu trop, même) avec Delon illustrée ici. Il se trouve qu'il en est de ce film comme de la série Amazon qui nous occupe ici : le visionnage de seulement quelques extraits choisis de la première saison m'aura suffi pour me faire une idée et pour ne pas avoir envie de pousser plus loin l'expérience... Mairon a écrit :
Même sans avoir visionné la série (sauf quelques extraits de la première saison, disais-je), je suis assez d'accord avec cela : on sent bien, au fond, que tous ces gens sont coincés entre l'affichage jugé nécessaire pour « vendre du rêve », et l'implication réelle en matière de travail à effectuer avec plus ou moins de sincérité. À cette aune, je n'ai pas, moi non plus, envie de les accabler. Reste le constat d'une entreprise assurément destinée à une très large audience, avec tout le côté ambiguë que cela suppose, un peu comme dans une campagne électorale : un peu d'honnêteté quant aux intentions de fond, ainsi que tu l'as aussi écrit, Mairon, n'aurait effectivement sans doute pas nui à la réception générale de cette série. ISENGAR a écrit :
Je confirme : on parvient bien à suivre ton propos, Mairon. Mairon a écrit :
Oui, je suis d'accord : ce genre de démarche est toujours utile, même si le réseau d'Elon M. (X, ex-Twitter) fonctionne de manière tellement « éclatée » que ce que l'on peut essayer d'y partager peut s'apparenter souvent, de mon point de vue, et quels que soient les sujets, à des messages dans des bouteilles que l'on envoie à la mer, avec des résultats (soumis au conditionnement algorithmique) forcément très aléatoires, a fortiori dans un contexte très propice à la polarisation entre communautés d'opinion et aux outrances que permettent l'anonymat. À cette aune, les crispations plus spécifiquement idéologiques autour de la série Amazon font plutôt « ton sur ton » avec les affrontements politiques en général, qui font très largement partie du quotidien sur X. Pour le sujet qui nous occupe, je note que la dernière polémique en date sur ce réseau social concerne des intentions idéologiques, apparemment présumées « wokes » (?) par certains commentateurs, derrière la représentation (quelque part dans les premiers épisodes de cette deuxième saison de la série) d'une mère orque avec son jeune enfant, représentation qui suscite donc sur X des « discussions », lesdits commentateurs semblant apparemment ne pas supporter l'idée même d'une quelconque « humanisation » des orques tolkieniens, préférant peut-être, au-delà même de la question des intentions initiales de Tolkien quant à ses orques, leurs origines et leur reproduction, avoir affaire à des méchants absolus à haïr absolument... plus encore peut-être que Sauron, LE grand méchant (« post-Morgoth ») éventuellement seul digne dès lors d'une sorte de reconnaissance « humaine »... Mais en raison de quoi ? De son « intelligence », tout minable qu'il peut pourtant aussi apparaître, avec ses gadgets de nécromancien ? Les orques, eux, semblent en tout cas, dans l'esprit de ceux qui désapprouvent leur éventuelle « humanisation », être condamnés à n'être qu'un « pur » objet de haine, dont l'élimination est dès lors attendue peut-être plus encore que l'on attend celle des méchants (grands et petits) dans les films d'action divertissants de type James Bond ou John Wick, mais ici avec comme une sorte de « supplément d'âme », dans un contexte se voulant, si j'ose dire, « moralement tolkienien ». Bref, la question de la fonction des orques, de Sauron, des « méchants » en général, dans l'univers de Tolkien est intéressante, notamment quant aux limites « humaines » de l'œuvre et au traitement desdites limites via des adaptations audio-visuelles à grand spectacle, mais le traitement d'une telle question sur X aura toujours de grandes chances de rester superficiel... Mairon a écrit :
J'avoue me poser parfois aussi la question de l'authenticité, sur le réseau d'Elon M., des comptes semblant seulement exister pour chanter des louanges sur un sujet donné. On sait qu'il existe sur X des « bots » programmés à cet effet. Je me souviens, il y a quelques semaines, avoir ri en voyant dévoilée la supercherie d'un de ces faux comptes automatisés, dans le contexte politique par ailleurs fort pénible des dernières élections législatives en France : le compte en question envoyait des commentaires dithyrambiques de soutien particulier à un député (mélenchoniste) au bas des messages (tweets le plus souvent à caractère polémique) de l'intéressé, mais soudain « devenu fou » (ou plutôt mal réglé dans sa programmation), ledit compte s'était rapidement mis à envoyer les mêmes commentaires louangeurs de soutien au bas des messages (tweets) militants d'autres députés et activistes politiques du même camp (mélenchoniste), mais sans avoir changé la mention particulière du destinataire original... Effet comique garanti ! Bonne rentrée (autant que possible) par ailleurs, Mairon (en collège et ailleurs)... ^^' Peace and Love,
B. P.S. : je voulais envoyer ce message le 31 août avant minuit, mais voila, à quelques secondes près, l'envoi est daté de 00h00, le 1er septembre... Donc, il va être mal daté au moment du changement d'heure sur le forum, évidemment... C'est injuste ! Mais la vie est injuste... |
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Merci à vous, ISENGAR et Hyarion.
Concernant le deuxième épisode, je vais être plus synthétique : |
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Mairon a écrit :
Mes propos sur Charlie Vickers ont pour but de souligner une opportunité manquée, il faudrait en effet une disposition extrêmement charitable (restons gentils) pour interpréter l'histoire de Rings of Power sous cet angle. J'ai visionné les épisodes mais je n'ai rien de pertinent à partager... Bon, j'ai tout de même bien rigolé quand un aigle de Manwë arrive à la bourre pour encenser le règne de Tar-Míriel, et se retrouve à légitimer le coup d'Etat d'Ar-Pharazôn bien malgré lui. Bravo aux artistes CGI, les expressions faciales de l'aigle (et ses petits cris) retranscrivent bien la détresse et l'outrage du noble rapace. |
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Oh, oui, il y a, heureusement (notamment vu le budget), quand même certaines choses qui sont pas mal faites. J'ai éprouvé beaucoup de compassion pour ce pauvre aigle. |
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Mairon a écrit :
On était pourtant prévenus...
Play it again Jack, and then rewind the tape Zack de la Rocha, 1992 I. |
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Mairon a écrit :
Même pour le peu que j'ai vu, mes impressions tendent à rejoindre les tiennes : de mon point de vue, on est et on reste dans une forme de “fan service”, sans prise de risque, cherchant à plaire à la plus large audience malgré les contraintes évidentes vis-à-vis des droits d'adaptation. D'où le cahier des charges en général et les petits “easter eggs” en particulier.
Hier soir, samedi, sur X ex-Twitter, je suis tombé sur une courte vidéo en “split screen” (diffusée par le compte officiel @TheRingsofPower) de la séquence, du quatrième épisode de cette saison 2, montrant la rencontre entre Tom Bombadil et le personnage supposé être Gandalf en quête d'identité :
Saucissonnée en trois petits morceaux pour les besoins du tweet, la séquence se conclue par cet échange entre les deux personnages, remonté au plus court : Sur le moment, je me suis dit que c'était moi qui faisait une association d'idées personnelle, mêlant littérature et cinéma, J. R. R. Tolkien et Ian Fleming... pourquoi pas ? Cela m'est déjà arrivé... Mais bon, la réalité derrière ma perception est sans doute plus « simple », plus « téléphonée » si j'ose dire, puisque je me suis rendu compte ensuite que l'acteur britannique jouant Tom Bombadil, Rory Kinnear, a également joué, au cinéma, le chef d'état-major du supérieur de 007 dans les quatre derniers films en date de James Bond (période Daniel Craig, donc) : pour les fans à la fois de séries télé sur plate-forme et de culture pop, « ça fait sens », je suppose. J'ai toutefois visionné ensuite la séquence en entier, a priori dans son montage original, mise en ligne sur YouTube. Gandalf, errant sans chapeau ni bâton, se fait prendre au piège par un vieil arbre isolé, qui le capture et l'enferme dans son tronc. Tom arrive rapidement et sauve Gandalf comme il est censé sauver « plus tard », dans le SdA, les Hobbits prisonniers du Vieil Homme-Saule (Old Man Willow) : là, l'allusion est très claire, et sans surprise. L'échange qui suit entre les deux personnages est un peu plus étoffé que ce qu'en laissait voir et entendre la vidéo de @TheRingsofPower sur X, mais la conclusion « bondienne » par Tom reste la même, étant donc simplement soulignée comme telle sur le réseau d'Elon M., probablement pour que l'on comprenne bien le clin d'œil... Remarquez, ça marche, puisque ma curiosité a été piquée, et avec une telle référence, déjà assez ancienne (puisque remontant aux années 1960, pour ce qui est des débuts de James Bond 007 au cinéma incarné par Sean Connery) mais restant actuelle, on ne peut pas trop se tromper pour ce qui est de parler au plus grand nombre. Mis à part cela, j'ai trouvé la séquence esthétiquement et musicalement réussie, efficace au niveau des effets spéciaux mais sans excès, et la prestation des deux acteurs m'a paru correcte, mais c'est surtout le contexte de ladite séquence qui m'a interpellé : le décor, tout en extérieur, m'a semblé assez méditerranéen, et le vieil arbre isolé au centre de l'action me semble être, d'après son feuillage et son tronc épais, une sorte d'olivier centenaire... J'ai trouvé cette ambiance méridionale plutôt plaisante, en vérité, puisqu'il se trouve que par ailleurs, et on le sait ici, j'ai tendance à voir en Tom Bombadil une sorte de Pan victorien. Mais là, pour le coup, on en restera plutôt à une association d'idées personnelle, car je doute que cette série aille en quoi que ce soit dans la direction, disons « antiquisante » pour faire simple, que me suggèrent les quelques images de cette séquence visionnée isolément... Tom Bombadil n'est pas censé, du reste, être un personnage central de la série, donc tant pis. Je me demande un peu, par contre, où précisément en Terre du Milieu est censée se passer l'action de cette séquence, mais bon, j'avoue je n'irai pas jusqu'à prendre un abonnement à Amazon Prime pour savoir cela. ^^' Peace and Love, B.
[EDIT: correction de fautes et ajouts de liens hypertexte] |
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Quelques semaines plus tard... La deuxième saison de la série Amazon vient de se terminer (je n'en ai vu que quelques petits extraits), et l'on observe, notamment sur le réseau d'Elon M. (X, ex-Twitter), les mêmes prises de tête entre « fans » de Tolkien et « fans » d'univers « étendus » au-delà du domaine littéraire, quoique de façon moins fournie et moins médiatisée que lors de la première saison. Le fait est que l'on assiste simplement à la poursuite d'une inévitable altération de la réception de l'œuvre d'un écrivain, à l'aune des tendances générationnelles transmédiatiques du moment. Aux tolkienophiles qui se désoleraient de ce nouvel état des choses (déjà pourtant à l'œuvre du temps des trilogies de Peter Jackson, mais de façon initialement plus limitée : cela s'est certes fortement aggravé avec la deuxième trilogie), on rappellera une fois de plus que l'œuvre de fantasy de Howard a déjà subi pareil traitement il y a déjà une quarantaine d'années... avec peut-être simplement cette nuance que les « adaptateurs » en audiovisuel de Tolkien feignent un souci ambitieux de fidélité à l'univers d'un écrivain (malgré de grandes contraintes de fond en matière de droits d'exploitation), quand les « adaptateurs » de Howard des années 1980 et 1990, ne prenaient même pas vraiment cette peine, en finissant de fait par proposer à l'écran (au cinéma puis à la télévision) un Conan de parc d'attraction... Eh oui, mine de rien Conan the Destroyer de Richard Fleischer fête ses quarante ans cette année (et on pourra a minima en retenir une bonne musique de Basil Poledouris, mais pour le reste... hum...)... Bref, nihil novi sub sole... Quelques mots supplémentaires, cependant, concernant la part des choses à faire entre source littéraire et variation audiovisuelle... Je sais que la série Amazon, qui me parait avoir des qualités esthétiques indéniables même pour le peu que j'en ai vu, peut plaire à un public qui n'est pas au fait du contenu du Silmarillion et qui est simplement amateur de séries liées à l'imaginaire : au fond, que ce public en profite donc, cela ne me dérange pas en soi, a fortiori si l'objectif est seulement de se divertir. De toute façon, qui veut vraiment savoir ce qu'il en est, au juste, vis-à-vis des écrits de Tolkien, n'est pas obligé de venir voir ce qui se dit dans les cercles spécialisés. J'ai vu, par exemple, passer dernièrement un article du magazine Télé-Loisirs qui fait assez bien le point concernant la véracité, vis-à-vis des textes de Tolkien, d'une potentielle “love affair” entre Galadriel et Sauron à partir de laquelle brodent les showrunners de la série : https://www.programme-tv.net/news/series...r-tolkien/
Mais est-ce là ce qui intéresse vraiment une large part du public visé ? Jouer avec le potentiel supposé, ici sentimental, des personnages offre sans doute plus de possibilités pour susciter un intérêt qui dépasse la question d'une fidélité scrupuleuse à un univers créé il y a plusieurs décennies, dans un autre contexte en matière de mœurs, a fortiori si l'on ne dispose pas de tous les droits d'adaptation concernant ledit univers, ce qui finalement peut aussi constituer une excuse... Une petite anecdote, pour finir... Ces dernières semaines, dans le cadre de mon travail en bibliothèque scolaire, au milieu de jeunes lecteurs de 6e lisant surtout des mangas et des bandes dessinées destinées à la jeunesse, j'ai semble-t-il incité un d'entre-eux à lire le SdA, faute de disponibilité du Hobbit en rayon pour cause d'exemplaire perdu (j'en ai recommandé un, mais il n'est pas encore arrivé). Point de prosélytisme de ma part : j'ai simplement évoqué l'exemple de Tolkien (qui m'est tout de même pour le moins familier) lors d'une initiation à propos de ce qu'est la fiction et où on peut la trouver dans la bibliothèque, avec la part des choses à faire entre les romans et les productions audiovisuelles. Un élève donc a été curieux d'en savoir plus, y compris donc par lui-même en demandant à lire du Tolkien. Demain, en principe, il devrait me rendre le volume des Deux Tours et emprunter celui du Retour du Roi. Il ne connait pas vraiment les films, ni la série, et c'est un bon lecteur. Il passera peut-être à autre chose quand il aura fini... Qui sait si j'aurai le temps et l'occasion de lui reparler du Hobbit... « Tout coule » ou « tout passe », pour reprendre les mots d'Héraclite... B. |
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On peut effectivement trouver des rappels sur le caractère très fan-fictionnel de la série.
Concernant Tauriel, à mon avis, la priorité était en effet le cahier des charges d'un point de vue industriel : il fallait cocher la case de la relation amoureuse pour attirer ou retenir telle partie du public. De la même façon, Alfred a dû être ajouté pour remplir le rôle d'opposant ridicule/de comic relief, mi-Gríma, mi-Jar Jar Binks, considéré peut-être par certains comme "nécessaire" dans ce type de film - ce dont on peut douter.
* Je veux dire par là que dans le cadre des sagas, le niveau d'auto-références et de métatextualité ne cesse d'augmenter, mais en contrepartie, on se retrouve avec des œuvres qui peuvent présenter un degré de "dérivation" jusqu'alors jamais atteint. Je prenais sur un autre forum l'exemple d'Alien: Romulus, à mon avis assez efficace, à comparer avec Aliens et Alien 3 : ce n'est plus du tout le même genre d'approche que les suites directes, dérivées mais à mon avis pas "dérivatives". Concernant les lectures des jeunes : c'est un âge où il est encore possible de jouer sur les pratiques, il me semble, notamment par rapport à des enfants qui ne sont pas dans des familles gagnées par l'omniprésence des écrans... |
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Signalé par Druss sur Tolkiendil, un débat intéressant, au ton plutôt juste, sur BFMTV.com (en présence d'Anne Besson) : I. |
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ISENGAR a écrit :
Merci pour le lien, JR. :-)
La discussion est intéressante effectivement. Les moments de “fan service” parsemant les épisodes n'ont pas manqué d'être soulignés, et à cette aune, je note qu'Anne n'a pas aimé ni l'introduction de Tom Bombadil dans l'histoire, ni le traitement du personnage dans cette série. ;-) En revanche, elle trouve positif la présentation qui est faite des orques comme n'étant pas qu'une masse de « méchants » indistincte, mais comme étant au contraire un peuple ayant une autonomie d'existence et de choix, ce qui tend à constituer une liberté prise par rapport à la vision originelle de Tolkien : question intéressante en soi, dont j'avais dit quelques mots ici précédemment. En tout cas, entre “fan service” et création inédite (contrainte par les limites des droits d'exploitation) pour attirer le maximum de spectateurs et leur plaire, je constate que ce qui est reproché aux auteurs de la série, c'est de cultiver un entre-deux difficile à bien gérer, pour reprendre les mots d'Anne, et donc au fond de vouloir faire... du « En même temps » à la Macron ! ;-) Ce qui est sûr, et il est toujours utile de le rappeler comme cela a été fait, par Anne là encore, c'est que les tolkienophiles des forums/fora où l'on décortique les textes de l'écrivain ne sont pas la base du public visé... Je note que les remarques faites, dans cette émission, à propos de références tolkieniennes ou jacksoniennes présentes dans la série, semblent rejoindre plus ou moins le constat fait par Mairon en matière de « dérivation » : Mairon a écrit :
Mairon a écrit :
Une réflexion concernant la Faërie telle que conçue par Tolkien, par exemple, vis-à-vis de l'imaginaire promu par les showrunners ? Effectivement, cela ne court pas les rues, mais sans doute n'est-ce pas nouveau et à cette aune, quelque part, on en revient, comme cela a déjà pu être dit, à une situation qui existait en fait déjà à l'époque des trilogies de PJ... Mairon a écrit :
Oui, en effet. Mairon a écrit :
Oui, le genre dit de la new romance est en effet assez représentatif de la tendance actuelle en matière de goûts fictionnels. J'ai parlé précédemment de collégiens pour ce qui concerne le présent, mais il y a un an, c'était à un public de lycéens que j'avais affaire, et il était notamment demandeur de ce genre de littérature, dont les origines sont notamment numériques et fan-fictionnelles – on oublie parfois que Cinquante nuances de Grey fut à l'origine une « simple » fan-fiction dérivée de Twilight ! –, un genre représenté notamment en France par des autrices comme Morgane Moncomble, dont parle cet article de Franceinfo : Dans le cas de la série Amazon, on en reste effectivement à la simple possibilité amoureuse entre Galadriel et Sauron (moyennant un aménagement scénaristique s'émancipant largement de Tolkien), d'une part sans doute pour mieux faire gamberger le public, mais peut-être aussi parce que la Terre du Milieu ne semble pas forcément apparaître, spontanément en soi, comme le terrain de jeu tout indiqué pour une intrigue amoureuse « BDSM ultra-soft » de type Cinquante nuances..., du moins pour la plus large part du public visé. Bon, je reconnais prendre là un exemple assez particulier, qui bien qu'en partie fondateur n'est pas en soi et à lui seul représentatif de l'ensemble du genre new romance... ;-) Mais bref, la recette est en tout cas adaptée au type de récit (ici de fantasy tolkienienne), avec une prise de risque minimale, et toujours un souci de coller au mieux à l'air du temps. Peace and Love, B. (qui n'a pas encore « fini ses devoirs » concernant un certain fuseau musical... mais ça avance...) |
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Merci pour ton message, Hyarion. Attention, je traite de points liés à la fin de la saison 2 dans ce qui suit ! Concernant le fan service, je trouve qu'il n'est pas inintéressant de s'arrêter sur cette notion, qui verse en réalité parfois dans le fan disservice : la réception des procédés qu'on inclut dans ce concept est loin d'être univoque. Parfois, ce sont des éléments qui plaisent plutôt au grand public mais qui irritent les passionnés. Il est vrai, du reste, qu'il n'existe pas qu'une sorte de passionnés. Si je pense à un autre univers de fiction, celui de Star Wars, il y a bel et bien des gens qui se pâment devant des easter eggs, sans trop saisir à quel point le caractère dérivatif (scénaristiquement parlant) de l'épisode VII par exemple peut en réalité nuire à la saga (ne parlons pas de l'épisode IX, la cerise sur le gâteau en matière de destruction de l'aspect relativement vraisemblable de cet univers vu l'évolution du scénario), mais il y en d'autres qui réprouvent ces facilités. Je trouve que la série a essayé de faire quelque chose des orques, même si elle semble être allée un peu trop loin par rapport à ce qu'on pouvait trouver chez Tolkien dans LoTR : l'état normal des orques, en l'absence d'un Seigneur des ténèbres, c'est le clanisme et la division, mais l'existence d'Adar dans la série empêche cette possibilité et crée une situation assez baroque. On a donc une sorte de nation orquienne qui voudrait être indépendante de Sauron, mais qui révère Adar comme une sorte de chef, avec tout de même de l'ambivalence qui est présentée en ce qui concerne leurs réactions aux sacrifices qu'il leur demande de faire pour vaincre Sauron en saison 2. Mais à partir de là, il y a plusieurs problèmes : les deux facettes des orques, celle attendue (l'orque sans pitié et belliqueux qui tue le cheval d'Elrond, les actions des orques durant le siège, etc.) et celle que la série veut mettre en place (des orques qui veulent protéger leurs familles, qui font des funérailles pour leurs morts), paraissent difficilement conciliables à l'écran. On rencontre le même problème de cohérence sur la durée en ce qui concerne le personnage d'Adar et ses actions, et la façon dont Galadriel traite son ennemi-allié de circonstance : tout cela n'a de sens que dans le feu de l'action (et encore), mais dès lors qu'on y réfléchit un peu, ça ne tient pas la route. C'est lié au choix fondamental du scénario concernant Annatar/Sauron, qui ne doit pas être découvert avant tel moment par Celebrimbor. D'où cette scène qui m'a fait rire, où les Elfes découvrent, peu avant le siège, l'un des leurs tué aux abords de la cité, avec un message écrit sur son pauvre corps : "où est-il ?". Adar sait que Sauron est dans la ville, qu'il va assiéger pour cette raison, mais le scénario interdit qu'il désigne nommément Sauron, sinon les Elfes seraient au courant que le méchant est parmi eux : on a ainsi une situation assez comique et inouïe où la nécessité narrative rend impossible toute forme de raisonnement et chez les envahisseurs (qui devraient avoir envoyé le message "Livrez-nous Sauron ou on vous extermine !"), et chez les assiégés (à la rigueur, ça peut se comprendre puisqu'ils ont parmi eux un maître de l'illusion, qui a peut-être usé de son pouvoir pour masquer le fait que les orques ont campé à 2 kilomètres de la ville pendant un certain temps avant le siège - je préfère voir les choses ainsi). Pour revenir à Galadriel et Adar, l'idée est compréhensible et optimiste : il pourrait y avoir une paix en décidant de laisser les orques gagner le Mordor et y rester, et paf, Sauron surgit, qui détruit cette possibilité pacifique. Mais entendre ce discours alors qu'Adar vient de détruire la ville et que Galadriel elle-même se présente comme une pourfendeuse d'orques... cela n'est guère vraisemblable. J'ai trouvé les intervenants de l'émission sur BFMTV presque un peu gentils dans leurs jugements, même si Anne Besson a terminé, si mon souvenir est bon, par rappeler qu'il faudrait que le scénario s'améliore. Je suis d'accord avec certaines bonnes impressions : par exemple, celle de la vitalité de la scène du marché nain à Khazad-Dûm. Mais aussi gêné que les intervenants par rapport à l'impression de manque de figurants et de vide, et surpris par cette situation vu le budget de la série. En discutant sur un tout autre forum de cet aspect, j'ai utilisé l'image de la bataille climatérique... qui ressemble en réalité à une baston entre quelques dizaines de personnes venant de villages rivaux. C'était le cas dans la première saison, où l'enjeu de la bataille des Southlands (si mal nommées...) était le contrôle de quelques petits villages isolés. Mais voir cet aspect aussi dans le cadre de la bataille de l'Eregion m'a semblé surprenant : Adar évoquant des "légions" d'orques alors qu'il n'y a jamais à l'écran l'équivalent d'une seule légion romaine en termes d'effectifs, c'est assez cocasse. Les défenseurs de la ville eux-mêmes ne semblaient guère dépasser la centaine de soldats, et si l'on montrait des civils désemparés (tournoyant frénétiquement pendant des heures dans la ville alors qu'ils auraient pu se réfugier dans les hauteurs non visées par les trébuchets !), ils n'étaient jamais guère nombreux... d'où l'impression de ridicule et d'écart lors de la dernière scène de l'épisode, dans mon expérience : il ne reste que quelques dizaines de survivants de l'Eregion, à l'écran, mais ce n'est pas l'impression que donne la musique épique de Bear McCreary. De la même façon (cela a été souligné dans l'émission, je suis bien content de voir que je ne suis pas le seul à l'avoir perçu), dans la saison 1, Bear McCreary accompagnait de façon parfaitement épique le départ non pas d'une flotte, mais de trois navires numénóréens vers la Terre du milieu... Si je devais résumer l'affaire, je dirais que pour quelqu'un comme moi, la série verse involontairement presque dans l'héroï-comique, vu l'écart qui est produit par rapport à mes attentes liées à une représentation, même contrariée et chimérique, de la Terre du Milieu à l'écran. Certains aspects échappent heureusement à l'affaire, mais c'est quand même relativement généralisé. L'impression est renforcée dans la mesure où il y a un changement complet de l'inspiration et de la "nature profonde" de l'opération, au-delà des références à Tolkien. J'en ai déjà parlé, ici ou sur un autre forum tolkienien, en ce qui concerne la manière de concevoir les personnages de Galadriel et Sauron. Elendil est celui qui échappe le plus à ce genre de détournement dans la série, à mes yeux. |
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J'ai vu deux épisodes de cette deuxième saison. C'est toujours aussi mal écrit et peu inspiré, voire plus que dans la saison 1 - avec trop d'arcs narratifs, trop de personnages, trop de niaiserie, sans point de vue général sur l'histoire, sans véritable metteur en scène derrière l'ensemble. Les épisodes sont en même temps ennuyeux par leur longueur et précipités dans leur résolution en raison du nombre déraisonnable d'histoires parallèles dont il faut nouer les fils. De plus, le seul horizon visuel de la série est celui des films de Jackson, cités plusieurs fois. Tolkien n'est qu'un point de départ, un argument marketing. Il s'agissait de faire entrer un maximum de choses dans une boite où tout se retrouve comprimé et sens dessus-dessous, dans une juxtaposition confuse des temporalités et des mentalités. La seule chose qui me parait réussie, ce sont les nains et Khazad-dûm. |
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bonjour,
j'ai fini cette série pas si indigeste si on est bienveillant, encore une fois la qualité de production est là, mais l'écriture comme tout le monde le dit et l'écrit, est médiocre. pour ceux qui le souhaitent vous pouvez regarder les résumés de captain popcorn sur youtube, cela vous permettra de vous faire un apercu assez complet de la série. Lui est bienveillant avec la série et il est assez cultivé sur le monde de la terre du milieu. il est aussi critique sur les invraisemblances manifeste. J'ai apprécié par la confrontation entre celebrimbor et Sauron, elle m'a semblé assez fidèle à l'oeuvre par son approche et son évolution.
En ce qui me concerne, le retour télévisuel dans cet univers me donne envie de me replonger dans les CLI, et c'est tant mieux!!! |
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vivien a écrit :
Hello, I. |
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Eloigné de la maison pendant un peu plus d'un an, je redécouvre d'anciens fuseaux et ne réagirai pas à tous. Benjamin a mentionné le dernier Indiana Jones et j'en regrette la fin un peu convenue. J'aurais préféré qu'Indy(Junior), son père ou Adrian Brody retourne dans la grotte du Graal, devienne à son tour immortel en prenant le relais du vieux chevalier et que ce dernier reparte à Venise :8.Une telle fin aurait eu de la classe. |
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Silmo a écrit :
Merci d'avoir pris le temps de réagir, fut-ce tardivement, à mon message du 10 décembre 2023, cher François. Concernant la série cinématographique d'Indiana Jones, les choses auraient pu tourner mieux ou en tout cas différemment, pourquoi pas avec Sean Connery, qu'il aurait fallu réussir à convaincre de revenir dans l'aventure, ce qui n'a pas été le cas à l'époque du quatrième film... mais il était alors de toute façon déjà bien tard, et George Lucas lui-même, co-créateur du personnage d'Indy, n'était pas convaincu dès le départ par ce que l'autre co-créateur, Steven Spielberg, voulait faire avec ce quatrième long métrage, finalement complètement raté. Comme je l'ai dit dans mon message, il était grand temps que la série se termine avec le cinquième film, lequel constitue au moins une conclusion correcte.
Suite à ce message de décembre 2023, il s'est passé plusieurs mois avant que je me décide à retourner dans les salles obscures sur mon temps libre, jusqu'à récemment... Amicalement, B. [EDIT (17/12/2024): correction de fautes... et ajout d'une parenthèse personnalisée avec point d'exclamation... ;-)...] |
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ISENGAR, Je garde en tête avoir eu un accrochage (qui est resté très poli) avec Captain Popcorn, qui ne comprenait pas mes réserves (voire plus) face à la série, notamment dans la dernière ligne droite avant la diffusion, pendant laquelle il était clair que les indications données pendant plusieurs années avaient été de la poudre aux yeux, mais durant laquelle l'anticipation des conséquences de ce fait pouvait bien entendu être discutée vu que peu de choses avaient été montrées. Je me demande s'il n'a pas reconsidéré depuis la question sous l'angle que j'évoquais, cela reste à voir. C'est quelqu'un qui fait un travail très intéressant dans ses vidéos. Mais disons que j'ai un peu de mal avec une certaine tendance considérant que les adaptations/produits dérivés seraient bons/intéressants/nécessaires par nature, forcément à accueillir lorsqu'on aime un univers de fiction préexistant, notamment dans une œuvre littéraire - positions que je vois pas mal dans la sphère un peu "fantasy/SF/geek" sur les réseaux sociaux.
Je reste très intéressé par la question de la réception de la série par rapport aux liens avec le lectorat de Tolkien mais aussi en général. Est-ce que quelqu'un travaille dessus ? |
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Pas regardé cette série mais lu vos avis, pas indispensable :p Hyarion, réaction tardive, le temps compte peu (donne moi ton adresse postale, un petit collector suivra, tu as mon mail?) Silmo |
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Quelques mois plus tard... Sur X, ex-Twitter, en mai dernier, une nouvelle avait été diffusée (via Tolkiendil) selon laquelle TF1 et M6 seraient en discussions pour obtenir les droits de diffusion télévisée de la série Amazon des Anneaux de Pouvoir, mais je ne sais pas si ces négociations ont été finalement concluantes. En janvier dernier, Silmo a écrit :
Le témoignage qu'Elendil avait partagé sur le forum de Tolkiendil en janvier dernier ne devrait pas, en principe, te motiver davantage. Je me permets d'en recopier l'essentiel ici, en colorant un peu le texte en rouge pour essayer de faire ressortir le côté « journal intime écrit avec le sang » : Sur le forum de Tolkiendil, le 10 janvier dernier, Elendil a écrit :
Sur le même forum de Tolkiendil, le 15 janvier dernier, Elendil a écrit :
Sur le même forum de Tolkiendil, le 23 janvier dernier, Elendil a écrit :
Ce qui frappe, dans ce témoignage, c'est d'abord la dimension masochiste de l'expérience, dimension lucidement auto-diagnostiquée par Elendil, mais aussi, dans le même temps, le dévouement de son épouse Írimë pour l'accompagner dans cette expérience allant, semble-t-il, aux frontières du soutenable. Il y aurait du reste sans doute quelque enseignement à en tirer en matière de partition conjugale, mais je laisse les spécialistes de la question éventuellement se prononcer sur ce cas. ;-) Silmo a écrit :
Je réagis moi-même bien tard... Mon adresse postale a changé l'année dernière suite à mon déménagement, mais le « petit collector » n'est peut-être plus d'actualité...
Je terminerai, un peu comme d'habitude dans ce fuseau, par une petite digression cinéphile. Peace and Love, B. |
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Et encore ! Je n'avais pas vu la fin de la saison 2 à ce stade... On n'est plus dans les tréfonds de la Moria, on passe direct dans ceux d'Angband. Entre les Orques auto-réplicants dotés de téléporteurs (je suis preneur de toute autre explication crédible), les chevaux au galop qui freinent mieux qu'une voiture et qui obéissent à la pensée (là encore, toute autre explication...) et Sauron capable de dominer la volonté de tous ceux qui l'entourent (ce qui rend aberrant toutes ses tentatives antérieures de manipuler les gens sans qu'ils s'en doutent). Je crois que les scénarios de jeux vidéos sont généralement mieux conçus. Et je ne parle pas des décisions absurdes des personnages principaux. Ni du pseudo-TB. Ni du kraken... Bref, je crains que les derniers épisodes n'aient sérieusement attaqué ma santé mentale, tels une bande cthulhuesque désincarnée (ça serait une piste intéressante pour comprendre la stratégie d'Amazon), si bien que j'ai dû traverser une période prolongée d'acédie, jusqu'à oublier d'achever cette modeste chronique. E. |
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Ulysse, la description donne envie. |
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Elendil a écrit :
Je n'ose imaginer ce qui te serait arrivé, de pire encore, si Írimë ne t'avait pas accompagné durant le processus... Merci en tout cas de confirmer la dimension “borderline” de l'expérience, dont la trace écrite, sous la forme de cette chronique, m'a fait penser au narrateur de la seconde version du Horla de Maupassant... et effectivement aussi à un certain nombre d'histoires de Lovecraft. ;-) Amicalement, B. |
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Elendil a écrit :
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Pour l'instant, je n'ai regardé que le premier épisode de la saison 1.
Mais je vous lis et je n'ai pas l'impression que ça me donne davantage envie de voir la suite. C. |
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"Bonne nouvelle" : question de point de vue :D |
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Encore quelques mois plus tard... D'après ce que j'ai compris, la série Amazon des Anneaux de pouvoir (du moins a minima la première saison de celle-ci) devrait être bientôt diffusée à la télé « classique » (la TNT donc), et plus précisément sur la chaîne M6. Mais je n'ai toujours pas envie de la voir : pour mémoire, quelques extraits m'avaient suffi, et le témoignage d'Elendil retranscrit dans mon message du 11 octobre dernier était tellement... effrayant... Sinon, à part ça, vous reprendrez bien peut-être une petite digression cinéphile dans la continuité de la digression précédente également contenue dans mon message du 11 octobre de l'année dernière ? De toute façon, cela resterait dans le sujet des adaptations d'un point de vue général... Le 11 octobre 2025, dans le présent fuseau, votre serviteur Hyarion a écrit :
La semaine dernière, un an — presque jour pour jour — après ma précédente séance au cinéma pour voir The Return, le retour d'Ulysse d'Uberto Pasolini, je suis allé voir L'Odyssée (The Odyssey) écrit et réalisé par Christopher Nolan. Il y a des choses à dire sur ce film... mais comme ma critique constituerait cependant une digression sans doute un peu trop longue ici, je pense qu'il est plus adéquat de la proposer dans un autre fuseau : Amicalement, B. |
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La nouvelle saison arrivera dans quelques mois et la bande-annonce de cette troisième saison vient d'être diffusée. Je m'étonne encore parfois de voir des gens croire que ce sera évidemment "tellement mieux" alors que bon, le cahier des charges saute encore une fois aux yeux : la bande-annonce propose grosso modo avant tout de la continuité tandis que le discours d'escorte nous incite à espérer pour la troisième fois un nouveau recommencement génial. La contraction maximale de la chronologie est sans doute un piège pour les scénaristes qui doivent essayer désormais de rendre vraisemblables des évolutions rapides là où Tolkien utilisait le temps long. Je ne suis pas sûr qu'ils réussissent à "étendre" leur "Terre du Milieu" qu'ils ont plutôt rapetissée dès le début de la série par certains choix (les "Southlands" et leurs quelques hameaux, la petitesse des armées en conflit, la transformation de régions en lieux uniques, des enjeux continentaux qui semblent en fait très locaux... d'où la difficulté à faire croire qu'il existe autre chose que ce qui est directement montré à l'écran, avant l'introduction opportune de nouveaux éléments), s'ils veulent du moins le faire. Les Nazgûl vont-ils vraiment être développés de manière intéressante ? Vu la bande-annonce, la tentation de les utiliser rapidement à peu près voire exactement comme dans LoTR peut être très forte. Parce que c'est ce à quoi le public s'attend d'après le cahier des charges idéal : au retour du même.
Il y a aussi bien sûr la question de l'explication des origines de tout - et l'exploitation de tous les éléments exploitables, y compris quand ça pose diverses sortes de danger : la surexploitation, la duplication ou démultiplication, la diminution rétrospective de l'originalité, de la singularité et de l'unicité d'éléments de l'original. Le méchant mage de la deuxième saison illustrait bien ces aspects : une sorte de préfiguration de Saruman, mais imaginer cette confrontation Gandalf versus un collègue passé du mauvais côté à cette époque, ça ne peut que casser la singularité de la "suite" et je crois qu'il faut être très bon public pour ne pas voir la redondance ou les ficelles. Je suppose d'ailleurs que si Tolkien a été prudent et volontiers nébuleux sur les mages bleus, c'est aussi parce qu'il pouvait pressentir ce genre de problème. De même, même si je crois qu'on voyait les futures montures ailées des Nazgûl dès le prologue du premier épisode de la série, l'apparition de ces créatures dans la bande-annonce témoigne aussi de cette volonté d'exploitation et de retour du connu, même si ça peut détruire l'originalité de la "suite" qui est en fait l'original dont on s'inspire. |
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Je n'ai regardé aucune des premières saisons craignant du PJ en pire/ Déjà PJ m'avait déstabilisé sur ma lecture, ma vision mon interprétation perso du SdA et du Hobbit... du coup je me méfiais des séries et n'ai pas tenté le coup, je les ai pourtant dans les abonnements de ma box (je ne sais plus où c'est? Netflix probablement ou Prime ou Disney+, je ne sais).
Silmo |
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Silmo a écrit :
Cher Silmo, pourquoi faudrait-il que tu te fasses autant de mal ou que l'un d'entre-nous se fasse du mal à te faire autant de mal ? ;-) S. |
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C'est sur Amazon. Attention je divulgâche ensuite. En quelque sorte, c'est une écriture pour l'écran de fantasy contemporaine grand public post-Tolkien qui réutilise directement certains points censés être tirés de l'œuvre originale - souvent avec une forme de médiatisation par la perception des trilogies précédentes - mais dans des dynamiques qui sont souvent contradictoires avec l'esprit de l'œuvre, y compris lorsque c'est censé être superficiellement tolkienien. Le paradoxe étant qu'en gros l'équipe ne peut pas utiliser vraiment Tolkien d'une part, mais d'autre part, a un cahier des charges qui est globalement très éloigné de cet état d'esprit. La relation Galadriel-Sauron dans la série illustre à mon avis bien cette perspective : ça me rappelle davantage une relation de type Lucifer/Chloe contrariée dans la série Lucifer que quelque chose au niveau de l'univers du Seigneur des Anneaux. C'est logique : la grammaire de la relation, le traitement, sont sur le même mode dans les deux séries, et au fond si cette relation a été choisie c'est sans doute parce que les showrunners ont probablement senti l'appel potentiel auprès de certains publics de ce genre de dynamique. La difficulté, c'est qu'à mon avis, on ne peut pas marier ça avec un fonds qui reste vaguement tolkienien - en tout cas pas pour quelqu'un qui s'attend à avoir quelque chose de plus fondamentalement tolkienien dans l'approche. C'est trop éloigné et ça ne correspond pas au statut des personnages en question. Il est possible que la série parvienne à créer quelque chose d'intéressant autour de Sauron quand il va forger l'Unique, mais comment réconcilier ça avec le Sauron bad boy de la première saison qui combat au poing des Númenóréens parce qu'il faut montrer qu'il a une tendance au mal en lui comme s'il était, comment dire, un homme lambda dans un monde imaginaire lambda ayant une rixe dans un bar ? Du reste, par rapport au peu que la série peut directement adapter de l'intrigue, on voit facilement que tout ou presque est bouleversé. Parfois des gens se réfugient facilement derrière l'argument des "contraintes de l'adaptation" pour expliquer ça, ou des contraintes dramatiques - oubliant par exemple qu'il y a des séries qui fonctionnent bien en ayant une dimension anthologique, en faisant de vrais sauts temporels, ou autres, et qui échappent à la complaisance excessive par rapport aux attentes supposées du public. Les concepteurs de la série se retrouvent souvent piégés par leurs propres décisions. C'est assez curieux de se dire que dans le "monde de la série", Sauron va utiliser l'Anneau Unique pendant au maximum quelques années ou décennies, par exemple, vu le choix de manipuler à l'extrême la chronologie - et tant pis si ça casse complètement la cohérence de l'intrigue originelle.
L'approche choisie pour la série, c'est un peu du même ordre que ce qu'on voit dans la dernière trilogie Star Wars, dans les films Marvel. On a un stock de personnages/références, qu'il faut exploiter. On duplique si besoin et tant pis si ça peut porter tort à ce qui préexiste. Il faut faire du chiffre et exploiter le filon. Pour le faire, il y a quelque chose qui semble fonctionner : les easter eggs, la mobilisation des références, l'exploitation du plaisir de la reconnaissance, l'utilisation des archétypes et des motifs dans leur superficialité. |
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Merci pour cette analyse :) I. |
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Bonjour, Je viens d’arriver sur le forum et, pour l’instant, je connais surtout Tolkien grâce aux films de Peter Jackson. Je n’ai pas encore regardé la série Amazon. En lisant le message de Silmo, je me suis demandé s’il ne valait pas mieux lire les livres avant de commencer la série. J’ai déjà les visages et les décors des films en tête, et j’ai un peu peur d’ajouter encore une autre version avant de découvrir les textes. Pour ceux qui ont vu la série, vous me conseilleriez quoi : lire d’abord ou la regarder maintenant ne risque pas de trop influencer ma future lecture ? |
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Bonjour Juliette,
Merci pour ton inscription et ton message Puis-je te demander de t'inscrire sur ce forum là et d'y reposter ton message ?
Merci à toi ! |
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Excellent test d'inscription de nouveau membre ;) |
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