01-10-2004, 21:32
[small][Édit (Yyr) 2021 : ce fuseau est l'un des nombreux rejetons de l'arbre initial de la traduction des poèmes][/small]
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[small]Cela faisait longtemps… Voici, Greg ;-)[/small]
Quoique Francis Ledoux n’ait visiblement pas cherché à rendre la forme des poèmes du SdA, il arrive parfois que celle ci ressorte tout de même. C’est le cas pour <b>l’Énigme de Grands-Pas</b>, et ce qui suit sera donc plus un retravail qu’une version vraiment neuve. Cette pièce apparaît deux fois dans le SdA : écrite sur la lettre de Gandalf à Frodon découverte à l’auberge du Poney fringuant, et récitée par Bilbon lors du conseil d’Elrond. Il est fort malheureux que Ledoux ait traduit les deux apparitions différemment, bien qu’il y ait des redites ; curieusement, il ne semble pas s’être rendu compte de l’identité.
Le poème est marqué par un croisement entre vers pairs sur rimes masculines (terminés sur syllabe accentuée) et impairs sur rimes féminines (où une ou plusieurs syllabes suivent le dernier accent). Le rôle important de ces rimes oblige à les conserver en rendant l’opposition. Elle existe aussi en prosodie française traditionnelle, et remonte à l’ancien français, mais ne correspond toutefois plus à grand chose à l’oreille aujourd’hui ; les contraintes phonologiques du français font que la syllabe inaccentuée des rimes féminines ne pouvait être qu’un e muet, qui a aujourd’hui disparu en finale, tout du moins dans une prononciation « standard » – j’entends celle du type indiqué dans un dictionnaire comme <i>Le Grand Robert</i>. C’est pourquoi l’alternance traditionnelle des rimes féminines et masculines n’est plus guère suivie, ou parfois remplacée par une alternance entre rime à finale vocalique et consonantique. Ici cependant, j’ai préféré user de deux mètres différents (ennéa- et hendécasyllabes), en inversant le rapport des vers plus courts et plus longs pour des raisons pratiques (ce qui ne change pas l’effet global).
Une autre caractéristique de l’énigme est son aspect formulaire : elle commence sur une référence inversée au proverbe[emphase] « Tout ce qui brille n’est pas or »[/emphase], ce qui ne présente pas de difficulté majeure à vrai dire. [emphase]« Renewed shall be blade that was broken »[/emphase] a également un aspect proverbial de par l’omission de l’article, ce qui peut se rendre par le même moyen en français.
[colonne][gauche]<i><b>The Riddle of Strider</b>
All that is gold does not glitter,<br>Not all those who wander are lost;<br>The old that is strong does not wither,<br>Deep roots are not reached by the frost.<br>From the ashes a fire shall be woken<br>A light from the shadows shall spring;<br>Renewed shall be blade that was broken,<br>The crownless again shall be king.</i>[/gauche][droite]<b>L’Énigme de Grand-Pas</b>
Tout ce qui est or ne brille pas,<br>Ni ne sont perdus tous ceux qui vagabondent ;<br>Le vieux qui est fort ne flétrit pas,<br>Le gel n’atteint point les racines profondes.<br>Des cendres, un feu sera réveillé,<br>Une lumière des ombres jaillira ;<br>Lame brisée sera reforgée,<br>Le sans-couronne sera de nouveau roi.[/droite][/colonne]
Moraldandil
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[small]Cela faisait longtemps… Voici, Greg ;-)[/small]
Quoique Francis Ledoux n’ait visiblement pas cherché à rendre la forme des poèmes du SdA, il arrive parfois que celle ci ressorte tout de même. C’est le cas pour <b>l’Énigme de Grands-Pas</b>, et ce qui suit sera donc plus un retravail qu’une version vraiment neuve. Cette pièce apparaît deux fois dans le SdA : écrite sur la lettre de Gandalf à Frodon découverte à l’auberge du Poney fringuant, et récitée par Bilbon lors du conseil d’Elrond. Il est fort malheureux que Ledoux ait traduit les deux apparitions différemment, bien qu’il y ait des redites ; curieusement, il ne semble pas s’être rendu compte de l’identité.
Le poème est marqué par un croisement entre vers pairs sur rimes masculines (terminés sur syllabe accentuée) et impairs sur rimes féminines (où une ou plusieurs syllabes suivent le dernier accent). Le rôle important de ces rimes oblige à les conserver en rendant l’opposition. Elle existe aussi en prosodie française traditionnelle, et remonte à l’ancien français, mais ne correspond toutefois plus à grand chose à l’oreille aujourd’hui ; les contraintes phonologiques du français font que la syllabe inaccentuée des rimes féminines ne pouvait être qu’un e muet, qui a aujourd’hui disparu en finale, tout du moins dans une prononciation « standard » – j’entends celle du type indiqué dans un dictionnaire comme <i>Le Grand Robert</i>. C’est pourquoi l’alternance traditionnelle des rimes féminines et masculines n’est plus guère suivie, ou parfois remplacée par une alternance entre rime à finale vocalique et consonantique. Ici cependant, j’ai préféré user de deux mètres différents (ennéa- et hendécasyllabes), en inversant le rapport des vers plus courts et plus longs pour des raisons pratiques (ce qui ne change pas l’effet global).
Une autre caractéristique de l’énigme est son aspect formulaire : elle commence sur une référence inversée au proverbe[emphase] « Tout ce qui brille n’est pas or »[/emphase], ce qui ne présente pas de difficulté majeure à vrai dire. [emphase]« Renewed shall be blade that was broken »[/emphase] a également un aspect proverbial de par l’omission de l’article, ce qui peut se rendre par le même moyen en français.
[colonne][gauche]<i><b>The Riddle of Strider</b>
All that is gold does not glitter,<br>Not all those who wander are lost;<br>The old that is strong does not wither,<br>Deep roots are not reached by the frost.<br>From the ashes a fire shall be woken<br>A light from the shadows shall spring;<br>Renewed shall be blade that was broken,<br>The crownless again shall be king.</i>[/gauche][droite]<b>L’Énigme de Grand-Pas</b>
Tout ce qui est or ne brille pas,<br>Ni ne sont perdus tous ceux qui vagabondent ;<br>Le vieux qui est fort ne flétrit pas,<br>Le gel n’atteint point les racines profondes.<br>Des cendres, un feu sera réveillé,<br>Une lumière des ombres jaillira ;<br>Lame brisée sera reforgée,<br>Le sans-couronne sera de nouveau roi.[/droite][/colonne]
Moraldandil

