03-10-2004, 20:31
[small][Édit (Yyr) 2021 : ce fuseau est l'un des nombreux rejetons de l'arbre initial de la traduction des poèmes][/small]
[espacement]
<!--Au fait...une question : pourquoi n'avoir pas placé ce fuseau dans la section Légendaire?<br>..Mais je ne viens pas pour cela.<br>C'est à propos d'-->Je viens pour une découverte toute nouvelle pour moi : il y existe un autre poème sur Bombadil que les deux que nous connaissons tous (ATB et BB) !
Il s'agit de <i>Once unpon a time</i>, poème écrit pour un collectif, Winters' Tales for Children édité par Caroline Willier chez Macmillan (1965); lequel poème a été repris pour une publication américaine dans un second collectif, <i>The Young Magicians</i>, édité par Lin Carter, chez Ballantine Books (1969).<br>En fait, dans les deux cas, ce sont deux poèmes de Tolkien qui sont publiés : <i>Once upon a time</i>, donc, et <i>The Dragon's Visit</i> ; pour ce dernier, il s'agit d'une reprise puisque le poème fut composé par Tolkien en 1947 pour <i>The Oxford Magazine</i> (4/02/47).<br>(<a href= http://contento.best.vwh.net/t107.html#A2471>source </a>)<p>Il n'est fait mention de ce troisième poème sur Tom (ET Baie d'Or) ni dans la biographie de Carpenter ni dans la biblio fournie dans <i>Sur les Rivages...</i> de Vincent. Pourtant, l'entrée 1965 existe bel et bien sur quelques biblio en ligne (celle de Åke Bertenstam par exemple). Et puis surtout, l'édition de Carpenter, si elle est épuisée (comme celle de 1965), peut encore se trouver d'occasion (sur amazon.co.uk par exemple). Serait-ce un gigantesque canular ? Je peux me tromper, mais je ne crois pas (Dans le cas contraire, il s’agirait d’une belle forgery, certains vers me semblant du pur Tolkien).<p>Comme on trouve de tout sur la toile, voici le poème (avec quelques coquilles semble-t-il) tel que le donne la <a href=http://bromwell.dpsk12.org/stories/storyReader$179>page</a> du site de la Bromwell School consacré à Tom Bombadil (j’ai rajouté la numérotation des vers).
[citation]<i><b>Once Upon a Time</b></i>
<i>Once upon a day on the fields of May<br>there was snow in the summer where the blossom lay;<br>the buttercups tall sent up their light<br>in a stream of gold, and wide and white<br>there opened in the green grass-skies </i>[5]<i><br>the earth-stars with their steady eyes<br>watching the Sun climb up and down.<br>Goldberry was there with a wild-rose crown,<br>Goldberry was there n a lady-smock [in</i> a lady-smock?]<i><br>blowing away a dandelion clock, </i>[10]<i><br>stooping over a lily-pool<br>and twiddling the water green and cool<br>to see it sparkle round her hand: <br>once upon a time in elvish land.</i>
<i>Once upon a night in the cockshut light </i>[15]<i><br>the grass was grey but the dew was white;<br>shadows were dark, and the Sun was gone,<br>the earth-stars shut, but the high stars shone,<br>one to another winking their eyes<br>as they waited for the Moon to rise. </i>[20]<i><br>Up he came, and on leaf and grass<br>his white beams turned to twinkling glass,<br>and silver dripped from stem and stalk<br>down to where the lintips walk<br>through the grass-forests gathering dew. </i>[25]<i><br>Tom was there without boot or shoe,<br>with moonshine wetting his big, brown toes: <br>once upon a time, the story goes.</i>
<i>Once upon a moon on the brink of June<br>a-dewing the lintips went too soon. </i>[30]<i><br>Tom stopped and listenes, and down he knelt:<br>"Ha! Little lads! So it was you I smelt?<br>What a mousy smell! Well, the dew is sweet,<br>so drink it up, but mind my feet!"<br>The lintips laughed and stole away, </i>[35]<i><br>but old Tom said: "I wish they'd stay!<br>The only things that won't talk to me,<br>say what they do or what they be.<br>I wonder what they have got to hide?<br>Down from the Moon maybe they slide, </i>[40]<i><br>or come in star-winks, I don't know:" <br>once upon a time and long ago.</i>[/citation]
Si je place ce poème (OUAT) texte à la suite de ce fuseau, c’est qu’il comporte au moins un écho textuel de BB (1) en plus des références à ATB (2), <i>Bilbo</i> ou bien <i>le Seigneur des Anneaux</i> (3).
(1) [emphase]« the cockshut light »[/emphase] OUAT 15 = BB 120 ci-dessus
(2) [emphase]« summer / buttercups »[/emphase] OUAT 1-2 = [emphase]« summertime / buttercups »[/emphase] ATB 7-8 ; [emphase]« a lily-pool »[/emphase] OUAT 11 = [emphase]« the lily-pools »[/emphase] ATB 105
(3) [emphase]« <i>Once upon a day on the fields of May
there was <u>snow</u> in the summer where the blossom lay;
the buttercups tall sent up their light
in a stream of gold, and wide and <u>white</u>
there opened in the <u>green grass-skies</u> </i>[5]<i>
the <u>earth-stars</u> with their steady <u>eyes</u>
watching <u>the Sun</u> climb up and down.</i> »[/emphase]
OUAT 3-7 développe en effet une thématique récurrente du Légendaire, à savoir celle d’une contemplation et d’un dialogue permanent qui passent par la vue entre la Terre et les Cieux symbolisé par les étoiles du ciel (= yeux de la Nuit qui « parlent » aux hommes/Elfes) et les étoiles de la terre que sont les fleurs (= yeux du jour qui demande au ciel/Soleil la lumière et la vie).
Le thème apparaît dès <i>Bilbo</I> au travers d’un énigme posée par Bilbo à Gollum :
[citation]« This’ll puzzle the nasty little underground creature, » he thought:
<center>An eye in a blue face <br>Saw an<u> eye in a green face.</u> <br>“That eye is like to this eye”<br>Said the first eye, <br>“But in low place, <br>Not in high place.”</center>
« Ss, ss, ss, » said Gollum. He had been underground a long long time, and was forgetting this sort of thing. But just as Bilbo was beginning to hope that the wretch would not be able to answer, Gollum brought up memories of ages and ages and ages before, when he lived with his grandmother in a hole in a bank by a river, « Sss, sss, my preciouss, » he said. « <u>Sun</u> on the daisies it means, it does. »[/citation]
La même association (les fleurs dans l’herbe sont comme des yeux) est enrichie dans le SdA lorsque Gandalf, Argorn, Gimli et Legolas arrivant au Château d’Or découvrent le spectacle des <i>simbelmynë</i> ; Gandal utilise les même termes que Bilbo en parlant des [emphase]« yeux brillant dans l’herbe »[/emphase] à propos de ces fleurs [emphase]« blanches comme (…) neige »[/emphase] ; le narrateur de préciser que ces [emphase]« petites fleurs »[/emphase] sont [emphase]« comme des étoiles innombrables parmi le gazon »[/emphase] :
[citation=SdA, III.6 [496]{548}]At the foot of the walled hill the way ran under the shadow of many mounds, high and <u>green.</u> Upon their western sides <u>the grass was white</u> as with a drifted snow: small flowers sprang there like countless stars amid the turf.
“Look!” said Gandalf. “How fair are <u>the bright eyes in the grass</u>! Evermind they are called, <i>simbelmynë</i> in this land of Men, for they blossom in all the seasons of the year, and grow where dead men rest. Behold! we are come to the great barrows where the sires of Théoden sleep.”[/citation]
Comme il n’aura échappé à personne, l’évocation des « tertres » (barrows) de Théoden était le premier indice d’un lien entre ce passage du SdA et l’univers de Bombadil. Le poème <i>Once upon a time</i> vient renforcer ce lien en intégrant les <i>simbelmynë</i> du Château d’Or aux « étoiles de la Terre » près de l’étang de nénuphars de Baie d’Or.
Ce poème, pour d’autres raisons que je n’ai pas le temps de développer, est me semble essentiel pour les études bombadiliennes. Sa faible diffusion expliquant qu’il soit si peu mentionné lorsqu’on parle de Bombadil, il ne faut pas non plus trop espérer en disposer un jour. Aussi (et j’arrive à l’objet de ce message ainsi qu’à sa place en ce fuseau… ;-)) il serait bon de disposer d’une traduction.<br>Laegalad, Moraldandil, si vous nous lisez ;-))<br>Je n’ose m’y atteler, faute de temps et (surtout) de compétences.<br>Car certaines difficultés m’arrêtent.<br>A commencer par ces fichus « lintips ». C’est quoi un « lintip » ? un mot inventé par Tolkien ? Cela qui expliquerait les interrogations de Tom quant à leur origine ; Tom qui va jusqu’à croire qu’ils ont pu venir de la Lune. Je pense à de petits insectes qui se nourriraient de la rosée déposée sur l’herbe. S’il s’agit d’un jeu de mot, y aurait-il un jeu de mot de la part de Tolkien avec <i>lín*</i> en sindarin qui signifie « étang ». Car alors, l’étang apparaîtrait dans les trois strophes du poème ; ce qui ne serait pas pour me déplaire ;-))<br>D’autres beautés comme <i>Once upon a day on the fields of May</I> ou <i>Once upon a moon on the brink of June</I> m’obligent à demander votre aide, chers camarades traducteurs :-)
Sosryko
[espacement]
<!--Au fait...une question : pourquoi n'avoir pas placé ce fuseau dans la section Légendaire?<br>..Mais je ne viens pas pour cela.<br>C'est à propos d'-->Je viens pour une découverte toute nouvelle pour moi : il y existe un autre poème sur Bombadil que les deux que nous connaissons tous (ATB et BB) !
Il s'agit de <i>Once unpon a time</i>, poème écrit pour un collectif, Winters' Tales for Children édité par Caroline Willier chez Macmillan (1965); lequel poème a été repris pour une publication américaine dans un second collectif, <i>The Young Magicians</i>, édité par Lin Carter, chez Ballantine Books (1969).<br>En fait, dans les deux cas, ce sont deux poèmes de Tolkien qui sont publiés : <i>Once upon a time</i>, donc, et <i>The Dragon's Visit</i> ; pour ce dernier, il s'agit d'une reprise puisque le poème fut composé par Tolkien en 1947 pour <i>The Oxford Magazine</i> (4/02/47).<br>(<a href= http://contento.best.vwh.net/t107.html#A2471>source </a>)<p>Il n'est fait mention de ce troisième poème sur Tom (ET Baie d'Or) ni dans la biographie de Carpenter ni dans la biblio fournie dans <i>Sur les Rivages...</i> de Vincent. Pourtant, l'entrée 1965 existe bel et bien sur quelques biblio en ligne (celle de Åke Bertenstam par exemple). Et puis surtout, l'édition de Carpenter, si elle est épuisée (comme celle de 1965), peut encore se trouver d'occasion (sur amazon.co.uk par exemple). Serait-ce un gigantesque canular ? Je peux me tromper, mais je ne crois pas (Dans le cas contraire, il s’agirait d’une belle forgery, certains vers me semblant du pur Tolkien).<p>Comme on trouve de tout sur la toile, voici le poème (avec quelques coquilles semble-t-il) tel que le donne la <a href=http://bromwell.dpsk12.org/stories/storyReader$179>page</a> du site de la Bromwell School consacré à Tom Bombadil (j’ai rajouté la numérotation des vers).
[citation]<i><b>Once Upon a Time</b></i>
<i>Once upon a day on the fields of May<br>there was snow in the summer where the blossom lay;<br>the buttercups tall sent up their light<br>in a stream of gold, and wide and white<br>there opened in the green grass-skies </i>[5]<i><br>the earth-stars with their steady eyes<br>watching the Sun climb up and down.<br>Goldberry was there with a wild-rose crown,<br>Goldberry was there n a lady-smock [in</i> a lady-smock?]<i><br>blowing away a dandelion clock, </i>[10]<i><br>stooping over a lily-pool<br>and twiddling the water green and cool<br>to see it sparkle round her hand: <br>once upon a time in elvish land.</i>
<i>Once upon a night in the cockshut light </i>[15]<i><br>the grass was grey but the dew was white;<br>shadows were dark, and the Sun was gone,<br>the earth-stars shut, but the high stars shone,<br>one to another winking their eyes<br>as they waited for the Moon to rise. </i>[20]<i><br>Up he came, and on leaf and grass<br>his white beams turned to twinkling glass,<br>and silver dripped from stem and stalk<br>down to where the lintips walk<br>through the grass-forests gathering dew. </i>[25]<i><br>Tom was there without boot or shoe,<br>with moonshine wetting his big, brown toes: <br>once upon a time, the story goes.</i>
<i>Once upon a moon on the brink of June<br>a-dewing the lintips went too soon. </i>[30]<i><br>Tom stopped and listenes, and down he knelt:<br>"Ha! Little lads! So it was you I smelt?<br>What a mousy smell! Well, the dew is sweet,<br>so drink it up, but mind my feet!"<br>The lintips laughed and stole away, </i>[35]<i><br>but old Tom said: "I wish they'd stay!<br>The only things that won't talk to me,<br>say what they do or what they be.<br>I wonder what they have got to hide?<br>Down from the Moon maybe they slide, </i>[40]<i><br>or come in star-winks, I don't know:" <br>once upon a time and long ago.</i>[/citation]
Si je place ce poème (OUAT) texte à la suite de ce fuseau, c’est qu’il comporte au moins un écho textuel de BB (1) en plus des références à ATB (2), <i>Bilbo</i> ou bien <i>le Seigneur des Anneaux</i> (3).
(1) [emphase]« the cockshut light »[/emphase] OUAT 15 = BB 120 ci-dessus
(2) [emphase]« summer / buttercups »[/emphase] OUAT 1-2 = [emphase]« summertime / buttercups »[/emphase] ATB 7-8 ; [emphase]« a lily-pool »[/emphase] OUAT 11 = [emphase]« the lily-pools »[/emphase] ATB 105
(3) [emphase]« <i>Once upon a day on the fields of May
there was <u>snow</u> in the summer where the blossom lay;
the buttercups tall sent up their light
in a stream of gold, and wide and <u>white</u>
there opened in the <u>green grass-skies</u> </i>[5]<i>
the <u>earth-stars</u> with their steady <u>eyes</u>
watching <u>the Sun</u> climb up and down.</i> »[/emphase]
OUAT 3-7 développe en effet une thématique récurrente du Légendaire, à savoir celle d’une contemplation et d’un dialogue permanent qui passent par la vue entre la Terre et les Cieux symbolisé par les étoiles du ciel (= yeux de la Nuit qui « parlent » aux hommes/Elfes) et les étoiles de la terre que sont les fleurs (= yeux du jour qui demande au ciel/Soleil la lumière et la vie).
Le thème apparaît dès <i>Bilbo</I> au travers d’un énigme posée par Bilbo à Gollum :
[citation]« This’ll puzzle the nasty little underground creature, » he thought:
<center>An eye in a blue face <br>Saw an<u> eye in a green face.</u> <br>“That eye is like to this eye”<br>Said the first eye, <br>“But in low place, <br>Not in high place.”</center>
« Ss, ss, ss, » said Gollum. He had been underground a long long time, and was forgetting this sort of thing. But just as Bilbo was beginning to hope that the wretch would not be able to answer, Gollum brought up memories of ages and ages and ages before, when he lived with his grandmother in a hole in a bank by a river, « Sss, sss, my preciouss, » he said. « <u>Sun</u> on the daisies it means, it does. »[/citation]
La même association (les fleurs dans l’herbe sont comme des yeux) est enrichie dans le SdA lorsque Gandalf, Argorn, Gimli et Legolas arrivant au Château d’Or découvrent le spectacle des <i>simbelmynë</i> ; Gandal utilise les même termes que Bilbo en parlant des [emphase]« yeux brillant dans l’herbe »[/emphase] à propos de ces fleurs [emphase]« blanches comme (…) neige »[/emphase] ; le narrateur de préciser que ces [emphase]« petites fleurs »[/emphase] sont [emphase]« comme des étoiles innombrables parmi le gazon »[/emphase] :
[citation=SdA, III.6 [496]{548}]At the foot of the walled hill the way ran under the shadow of many mounds, high and <u>green.</u> Upon their western sides <u>the grass was white</u> as with a drifted snow: small flowers sprang there like countless stars amid the turf.
“Look!” said Gandalf. “How fair are <u>the bright eyes in the grass</u>! Evermind they are called, <i>simbelmynë</i> in this land of Men, for they blossom in all the seasons of the year, and grow where dead men rest. Behold! we are come to the great barrows where the sires of Théoden sleep.”[/citation]
Comme il n’aura échappé à personne, l’évocation des « tertres » (barrows) de Théoden était le premier indice d’un lien entre ce passage du SdA et l’univers de Bombadil. Le poème <i>Once upon a time</i> vient renforcer ce lien en intégrant les <i>simbelmynë</i> du Château d’Or aux « étoiles de la Terre » près de l’étang de nénuphars de Baie d’Or.
Ce poème, pour d’autres raisons que je n’ai pas le temps de développer, est me semble essentiel pour les études bombadiliennes. Sa faible diffusion expliquant qu’il soit si peu mentionné lorsqu’on parle de Bombadil, il ne faut pas non plus trop espérer en disposer un jour. Aussi (et j’arrive à l’objet de ce message ainsi qu’à sa place en ce fuseau… ;-)) il serait bon de disposer d’une traduction.<br>Laegalad, Moraldandil, si vous nous lisez ;-))<br>Je n’ose m’y atteler, faute de temps et (surtout) de compétences.<br>Car certaines difficultés m’arrêtent.<br>A commencer par ces fichus « lintips ». C’est quoi un « lintip » ? un mot inventé par Tolkien ? Cela qui expliquerait les interrogations de Tom quant à leur origine ; Tom qui va jusqu’à croire qu’ils ont pu venir de la Lune. Je pense à de petits insectes qui se nourriraient de la rosée déposée sur l’herbe. S’il s’agit d’un jeu de mot, y aurait-il un jeu de mot de la part de Tolkien avec <i>lín*</i> en sindarin qui signifie « étang ». Car alors, l’étang apparaîtrait dans les trois strophes du poème ; ce qui ne serait pas pour me déplaire ;-))<br>D’autres beautés comme <i>Once upon a day on the fields of May</I> ou <i>Once upon a moon on the brink of June</I> m’obligent à demander votre aide, chers camarades traducteurs :-)
Sosryko

