15-09-2010, 18:34
C'est sans doute dû à un abus chronique de lecture (qui a dit boulimie ?), mais je n'ai pas vraiment l'impression d'une quelconque rigidité stylistique chez Ledoux. Pas plus que je n'ai cette impression avec les grands romanciers du XIXe (évidemment, je n'irais pas jusqu'à comparer Ledoux et Hugo de ce côté-là).<p>Il me semble évident que le SdA en français aura un aspect plus intellectuel que charnel, c'est effectivement le génie de notre langue qui veut ça. Et Tolkien se plaint à tord : s'il n'y avait pas eu les mots d'importation française pour créer le contraste en anglais, il n'aurait pu jouer sur cet aspect dans son œuvre. L'allemand moderne peut bien être quasi-exclusivement d'origine germanique, ce n'en est pas moins une langue « intellectualisante ». <p>Après, si l'on peut reprocher quelque chose à la traduction que Ledoux a faite du SdA, c'est effectivement du côté du dialecte Hobbit que le bât blesse : présence du vouvoiement contrairement aux indications de Tolkien, usage de formes trop proches du français standard et trop élaborées, il y aurait effectivement de quoi améliorer.<p>Mais tes critères de priorité se placent dans une optique de diffusion de l'œuvre de Tolkien. Mon opinion se fonde dans l'absolu, sur l'œuvre que j'estime la plus mal servie en français. Je ne suis d'ailleurs pas d'accord avec toi sur le fait que Tolkien aurait moins travaillé ses autres textes : Bilbo l'est manifestement beaucoup, même si l'on peut y voir des défauts de jeunesse à mon sens (aucune offense n'est voulue envers les Touque de passage). Au surplus, je pense que la dernière version du Lai de Leithian est au moins aussi travaillée que la majeure partie du SdA. Idem pour Farmer Giles. Et je pense que le plus travaillé des textes de Tolkien (du fait de sa brièveté, certes) est indiscutablement Smith, fusion quasi-parfaite entre le conte de fée et l'histoire allégorique.

