05-08-2008, 05:56
<br>Ca c'est un vrai fuseau jrrvfien :)<br><small>'Chic, des Romains !' — pareil que Daniel ;)</small><p>Convaincu sur la question de l'importance du style, shudhakalyan, et goûtant avec plaisir la plupart de tes retraductions (de simples mots, « à devenir célèbre » au lieu de « devenir fameux » par exemple, sonnent tout de suite plus justes <small>— tandis que « leur imperceptibilité » en revanche me paraît moins bon que « leur caractère insaisissable » pour donner quand même un contre-exemple :)</small> & d'accord aussi sur le rythme).<p>Bien qu'étant tombé également amoureux du verbe de Tolkien, je serais loin, cependant, très loin, de considérer son style <i>en premier lieu</i> en matière de traduction. Tolkien écrivait de belles phrases cependant non en vue d'elles-mêmes mais en vue d'une histoire, une histoire qui <i>parle</i>, et dont *chaque* mot fut pesé avec soin. Plusieurs ici à force d'études se sont rangés à cette évidence ; avec Tolkien, un seul mot parfois suffit et détermine ... presque tout. Les fils de la tapisserie ont été cousus avec style, certes, mais leur dess(e)in est un autre aspect plus important encore. Il ne s'agit pas alors, dans une amitié légitime mais excessive portée au rythme et au style d'une phrase, d'emporter un, deux, ou trois mots, par une traduction trop sure d'elle-même, et de défaire ainsi des dessins que l'on a manqués, qui ne sont pas visibles en fait et qui néanmoins <i>parlent</i> au lecteur, surtout dans ses relectures. L'article de Sosryko de la très prochaine <i>Feuille de la Compagnie</i> me semble une lecture indiquée pour en saisir toute la mesure.<p>À titre d'illustration :) j'ai marqué d'un virtuel stabilo rouge 3 mots moins heureusement retraduits ici par exemple : — <i>lore</i> par « culture » au lieu du « savoir », de la « connaissance », de la « tradition », qu'il s'agisse du savoir des Hobbits, des Sages, des Elfes ... il ne s'agit jamais de culture <small>(au passage je me permets de relever, même si ce n'est pas vraiment le sujet, le contresens dans la traduction de « a few notes (...) are here collected <i>from</i> Hobbit-lore » par « quelques notes ont été rassemblées ici <i>sur</i> la culture Hobbite » ; mais il n'y pas lieu de rougir, puisque la traduction officielle fait son premier contresens — et non le dernier, hélas ! — à la 3è phrase du livre : « <i>That story</i> was derived from the earlier chapters from the Red Book » par « <i>La présente histoire</i> a pour origine les premiers chapitres du Livre Rouge », alors que l'on fait référence au <i>Hobbit</i> et non au <i>Seigneur des Anneaux</i> — passage correctement retraduit par shudhakalyan : « Cette histoire est issue des premiers chapitres du Livre Rouge »)</small> — <i>business</i> par « jeu » au lieu d'« affaire », car c'est bien d'une dangereuse <i>affaire</i> dont il s'agit, Bilbon ne pouvant pas manquer de faire référence à sa propre « affaire », celle en laquelle l'embarquèrent un magicien et 13 Nains quelques dizaines d'années auparavant venus recruter un <i>cambrioleur</i> ;) — « franchir le seuil », enfin, en plus des limites déjà évoquées par Silmo, présente encore l'embarras d'introduire ici une référence à un « seuil » là où le texte ne le fait pas explicitement, entrant alors en concurrence avec d'autres « seuils » voulus et porteurs de sens <small>(je renvoie à l'article de Sosryko sus-mentionné)</small>.<p>Mais j'ai aussi marqué d'un virtuel stabilo vert la disparition de « Dieu sait où » dans les essais de shudhakalyan. Expression idiomatique ou non, la référence à Dieu est tout à fait malheureuse. Mais cela fait partie de ces choses que Francis Ledoux ne pouvait pas deviner ...<p>... Francis Ledoux qui ne s'en tire pas trop mal en bien des occasions, et qui m'est toujours précieux pour appuyer les passages qui me restent difficiles, et je renchéris sur la qualité de plusieurs de ses inventions, Daniel en a donné ici, Bertrand dans un fuseau donné en lien, j'évoque à mon tour le parfait <i>Sylvebarbe</i> ou l'incontournable <i>Fondcombe</i>. Je suis pour le reste de l'avis de saint Augustin, et rejoins je crois le sentiment de Swing Kid <small>(que j'ai plaisir à relire parmi nous :))</small>. Le <i>Seigneur des Anneaux</i> étant <i>d'abord</i> invitation à s'engager sur la Route de Bilbon et de Frodon, ce peut être dommage si la traduction ne nous dit pas de la meilleure façon de quelle manière nous avons passé notre porte, c'est vrai ; il reste que sa priorité doit être de nous engager sur la (bonne) Route, une route qui n'est pas <i>que</i> littérature. Et le fait, semble-t-il, que l'<i>Enchantement</i> ait presque toujours réussi malgré ses (innombrables) coquilles, (nombreux) contresens, et faiblesses de style <small>(mais pas toujours évitables ; l'on vient de voir qu'il n'est pas anodin de s'autoriser trop de licence)</small>, montre, me semble-t-il, que la traduction n'a pas dénaturé l'œuvre. Sa lecture est pénible, agaçante, c'est tout :) <small>— Comment ça c'est tout ?! — En fait j'ai sommeil, je crois que mon insomnie tire à sa fin, donc voilà moi aussi je termine abruptement :)</small><p><DIV class="citeAuteur"><B>shudhakalyan</B> a cité :<DIV class="citeTexte">pleins d'extraits ... :)</div></div><small>Ce n'est pas une obligation bien sûr, mais nous distinguons habituellement les citations d'ouvrages des citations de posts (les premières à l'aide de la touche 'Réf.', les secondes seulement à l'aide de la touche 'Citer') :)</small><p><br>Yyr<p><DIV class="citeAuteur"><B>Silmo</B> a dit :<DIV class="citeTexte">Et je ne parle même pas de leur alimentation ... et toc pour le vénérable professeur d'Oxford aux papilles capricieuses!</div></div><small> Farpaitement ! ... Dans mes bras !</small><DIV class="citeAuteur"><DIV class="citeTexte">Pour me punir, je mangerai ce soir mon sel sans fraises</div></div> <small>Ah non ! Ca ne vaut pas, tu ne peux pas toi-même décider de ta pénitence ... Voyons, mmm ... tu pourrais faire vœu d'abstinence de confiture d'épluchure de saucisson pendant un an :)</small><br><br>

