17-07-2008, 14:18
Je ne suis pas spécialiste de la question, et je suis quelque peu dubitative devans mon absence d'opinion. Néanmoins j'ai un argument en faveur de shudhakalyan, inspiré par quelques relecture de Balzac et Hugo. <p>Il me semble (une bonne analye de texte devrait le confirmer, mais je n'en ai ni le temps ni le courage), que Hugo écrit d'une façon beaucoup plus visuelle que Balzac. Balzac joue sur les idées, les théories. Et ses descriptions prennent souvent un tour allégorique qui éloigne l'objet mais nous font découvrir un sens profond à la moindre image. Les descriptions d'Hugo, au contraire, nous attirent vers des détails de plus en plus concrets, et s'il dessine bien un sens en filigrane, il le fait de manière fort discrête, de façon à laisser au lecteur une impression plus qu'une explication. Or, de ce que j'ai pu voir des comparaisons de shudhakalyan, la différence est similaire entre l'original et la traduction. La traduction est exacte dans le sens extérieur; mais Tolkien jouant autant avec le sens des mots qu'avec leur forme, le <i>visuel</i>, le sens dessiné en filigrane, disparaît, et avec lui le style de l'auteur.<p>Cela peut faire dire qu'il faut un écrivain pour traduire un autre écrivain (ce qui se fait parfois). Une chose est certaine : un bon traducteur doit être maîtriser le français aussi bien que celui qu'il traduit maîtrise l'anglais. La traduction n'implique en effet pas seulement de comprendre le sens des mots et de la phrase, mais le sens du texte dans son ensemble, la direction dans laquelle l'auteur nous emmène et à l'aide de quel procédé stylistique. C'est ce que nos chers professeurs nous disaient en khâgne, et nous ne traduisions encore que des articles de presse. Je n'ose imaginer ce qu'ils diraient au sujet de la traduction d'un grand auteur...<p>S'il faut trouver un aussi bon linguiste que Tolkien pour le traduire, on a aussi vite fait d'apprendre à lire l'anglais, je le crainds...

