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À nouveau : la traduction du Seigneur des Anneaux par Francis Ledoux
#2
En réponse à shudhakalyan :<p>Dans l’absolu, tu es dans le vrai. Je ne conteste pas qu’il est préférable de lire un auteur dans sa langue plutôt qu’à travers le prisme d’une traduction.<p>Ceci étant dit, je n’ai pour ce qui me concerne, pas la même exigence. Autant il peut m’arriver en musique de différencier à l’oreille le style d’un Bach, d’un Chopin, ou d’un Mozart, autant je n’ai pas le sentiment de pouvoir le faire de manière consciente dans d’autres domaines. Ainsi, d’un vin, je peux dire que je le trouve bon, qu’il me plait (ou non), mais je suis bien incapable de dire pourquoi, et de deviner de quel vin il s’agit si je ne lis pas l’étiquette. Il en va de même pour moi en littérature. Bien qu’ayant déjà lu plusieurs livres de Victor Hugo (puisque tu le cites, mais un autre ferait tout aussi bien l’affaire), je me sens bien incapable de l’identifier à son seul style d’écriture. Je ne perçois pas ni n’analyse de manière consciente le style d’écriture d’un auteur. Il me suffit que la lecture soit fluide, aérée, avec une bonne ponctuation et une structure simple ( sujet – verbe – complément , oserais-je presque caricaturer mon propos ) ; pour pouvoir laisser toute mon attention au seul récit, à l’histoire, à la rencontre avec les personnages.<p>L’œuvre de Tolkien m’a touché, bien qu’à travers le filtre de traductions, par la richesse de son légendaire, par la découverte de son univers et des contes « mythologiques » qui s’y déroulent. J’ai de la reconnaissance pour les traducteurs qui m’ont permis d’avoir accès à ces récits, à ces belles histoires. Et je ne trouve rien à redire concernant la qualité technique de leur travail, car je ne prête pas attention à celle-ci. Encore une fois, seul le récit m’importe.<p>De mon point de vue, je récuse l’idée que l’on ne puisse pas pleinement apprécier l’œuvre légendaire de Tolkien, si on ne fait pas l’effort de le lire en version originale. Bien sur que c’est mieux si on peut le faire. J’affirme seulement qu’on peut déjà y trouver du plaisir à en lire les traductions. ( C’est à dessein que j’insiste sur l’aspect légendaire de l’œuvre, car je n’étonnerais personne en précisant que la partie linguistique de l’œuvre de Tolkien, aussi importante soit elle (et je n’en conteste pas l’importance), ne m’attire pas plus que cela par rapport à mes centres d’intérêts).<p> Je n’ai jamais évoqué les propriétés allergènes des langues étrangères, je parlais seulement de leur apprentissage (le qualificatif ne s’accordait pas au même objet).<p>Tu évoques la différence entre ne pas pouvoir et ne pas vouloir. C’est, je te l’accorde, davantage affaire de volonté. C’est une affaire de goût personnel aussi. Mais également une affaire de temps. Tout cela peut se rejoindre. Mais lorsqu’on ne dispose que de quelques heures de temps libre par semaine, on peut comprendre aussi qu’on ne soit pas prêt à consacrer cette denrée rare, à faire du déchiffrage en compulsant un dictionnaire (et une grammaire). Ne risque t’on pas également de faire soi-même davantage de contresens qu’en lisant une œuvre traduite. Ne se retrouve t’on pas devant un texte morcelé, tel un puzzle disjoint, avec quelques pièces reconnaissables par ci par là, et beaucoup de vide entre elles ?<p>Dans ces conditions, je maintiens qu’il est heureux qu’existe un travail de traduction, qui permet d’avoir accès à une œuvre qui resterait inaccessible autrement. [oui, oui, je sais, c’est juste affaire de volonté … 8°)) ]<p>Bien chaleureusement …<br> <br>
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