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Les prénoms des trolls dans Bilbo
#10
Si ça peut aider:<p>" L’emploi de « burrahobbit » - traduit par « cambunhobbit » - est en effet la contraction de cambrioleur et de hobbit. Ce lapsus qui permet à Bilbo de se dégager de l’emprise du Troll à qui il est en train de livrer le but de sa mission forme un calembour au moment le plus dramatique de l’action.<br>Comme les Trolls ont plutôt un bas niveau de culture, ils ne comprennent pas la formation du mot, ignorant surtout ce qu’est un hobbit. <br>Le lecteur s’amuse de plus en plus de cette situation paradoxale : Bilbo n’arrive jamais à retourner la situation en sa faveur, ne serait-ce qu’un seul instant, pour s’échapper. <br>Au contraire, Bilbo perd à nouveau tous ses moyens. Il est capable de faire alliance avec les Trolls pour les servir en qualité de cuisinier puisqu’il est attiré, comme eux, par l’excès de nourriture.<br>Bilbo est même sur le point de trahir ses compagnons les Nains en dévoilant qu’ils sont cachés dans le voisinage.<p>Le pauvre petit bonhomme. <p>Alors que William a de la pitié pour notre héros : « Le pauvre petit bonhomme ! Laissez-le aller ! », Bert veut comprendre les paroles contradictoires de Bilbo : « Pas avant qu'il ne nous ait expliqué ce qu'il entend par des quantités et pas du tout ». Les Trolls énoncent bien le statut de Bilbo à ce moment de l’aventure : « un pauvre petit bonhomme ».<br>Peter Hastings, directeur d’une librairie catholique d’Oxford, reprocha à Tolkien d’avoir fait éprouver à William, l’un des Trolls, un vrai sentiment de pitié envers Bilbo.<br>« Je ne suis pas d'accord (si vous admettez cet élément de conte de fées) avec l'idée que mes Trolls montreraient un quelconque signe de « bonté », au sens strict et impartial. Je ne dis pas que William a ressenti de la pitié (un mot qui possède pour moi une valeur morale et imaginative : c'est la Pitié de Bilbo puis, plus tard, de Frodo qui permet au final à la Quête de s'accomplir) et je ne pense pas qu'il ait montré de la Pitié. Je n'aurais peut-être pas dû (si Bilbo le Hobbit avait été écrit avec plus de soin et si j'avais autant réfléchi à mon monde il y une vingtaine d'années) utiliser l'expression « pauvre petit bonhomme », tout comme je n'aurais pas dû appeler ce troll William. Mais je n'y voyais aucune pitié, même alors, et l'ai montré clairement. La pitié doit vous retenir de faire une chose immédiatement désirable et apparemment avanta¬geuse. Il n'y a ici pas plus de « pitié » que chez un prédateur qui bâille, ou tapote avec paresse un animal qu'il pourrait manger mais ne le fait pas parce qu'il n'a pas faim ; ou, encore, pas plus que dans nombre d'actions des hommes, qui ont leurs origines réelles dans la satiété, l'indolence, ou une pure mollesse innée amorale, quand bien même ils les ennobliraient du nom de « pitié ». » <br>Ce que sous-entend Tolkien, c’est qu’au moment de la rédaction de Bilbo, il n’avait pas mis au point la langue noire de Sauron."<p>Extrait de La Quête du sens dans Bilbo le Hobbit.<p>A+ <br>
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