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Le Dernier Navire
#12
<small>Et le deuxième...</small>

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<big><b><span style="color: rgb(254, 163, 71);">Notes pour ma version</span></b></big>

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<span style="font-weight: bold; color: rgb(199, 44, 72);">Note 1.</span>&nbsp;: v. 4 : [emphase]« clear and shrill was crowing = coqueliquait clair aigrelet. »[/emphase]

A force d'utiliser &laquo;&nbsp;chanter&nbsp;&raquo; pour d&eacute;signer le cri du coq, on en a oubli&eacute; le terme propre : coqueriquer, ou coqueliquer :

[citation]<b>Coqueriquer,</b> verbe intrans. (de <i>coquerico</i>). [En parlant du coq] Faire cocorico. [...] 1<sup>re</sup> attest. 1575 <i>coqueliquer</i> (<font size="1">A. PAR&Eacute;</font>, <i>&OElig;uvres,</i> Introduction, chap. XXVI, &eacute;d. Malgaigne, t. 1, p. 99), 1752 <i>coqueriquer (Tr&eacute;v.)</i>; de <i>coquerico, coquelico,</i> d&eacute;s. <i>-er.</i>[/citation]

J'ai utilis&eacute; le terme le plus ancien, et j'aime bien la sonorit&eacute; que j'ai r&eacute;ussi &agrave; rendre ; un peu plus loin, pour [emphase]« se frayant entre les feuilles, fr&ecirc;les / et frais, un vent vagabondait »[/emphase], j'ai multipli&eacute; les sons ventoyants. Je n'ai donc pas &laquo;&nbsp;traduit&nbsp;&raquo; les allit&eacute;rations au m&ecirc;me endroit, mais l&agrave; o&ugrave; elles venaient le plus naturellement.

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<b><span style="color: rgb(199, 44, 72);">Note 2.</span></b> : v.19 : [emphase]« and leaned upon a willow-stem = et se pencha sur le tronc d'un marsault »[/emphase]

Le marsault est une esp&egrave;ce de saule, le <i><a href="http://home.tiscali.be/emelin/botapi/planches/salixm.html" target="_blank">Salix Capr&eacute;a</a></i>(qu'on appelle aussi marsaule, saule gris, ou osier cendr&eacute;) ; il est moins li&eacute;es aux milieux humides que les esp&egrave;ces voisines de saules et pr&eacute;f&egrave;re les fonds de vall&eacute;s, mais rien ne l'emp&ecirc;che de pousser en bord de ruisseau.

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<span style="color: rgb(199, 44, 72);">Note 3.</span> : v. 23-24 : [emphase]« bending reeds were softly blown, / lily-leaves were sprawling. = les roseaux &eacute;taient doucement courb&eacute;s, / les feuilles-de-lis s'&eacute;tal&egrave;rent. »[/emphase]

&laquo;&nbsp;sprawling&nbsp;&raquo; n'est pas &eacute;vident &agrave; traduire : se vautrer, s'&eacute;taler, tomber... mais pour les plantes, c'est plut&ocirc;t &laquo;&nbsp;pousser dans tous les ens&nbsp;&raquo;... ce que ne rend pas bien laquo;&nbsp;s'&eacute;tal&egrave;rent&nbsp;&raquo;, mais je n'ai pas trouv&eacute; de terme plus ad&eacute;quat.

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<span style="color: rgb(199, 44, 72);">Note 4.</span> : v.37 : [emphase]« Fair folk out of Elvenland = [...] de belles gens / des Terres-des-Elfes [...] »[/emphase] // v. 61 : [emphase]« we go back to Elvenhome, = nous nous en retournons au beau Pays / des Elfes, [...] »[/emphase]

Il y a un parall&eacute;lisme entre ces deux vers, auquel je n'avais pas pr&ecirc;t&eacute; attention de prime abord ; mais <span style="font-style: italic;">Elvenland</span> ne peut &ecirc;tre traduit de la m&ecirc;me fa&ccedil;on que <span style="font-style: italic;">Elvenhome</span>. D'o&ugrave; l'appelation &laquo;Terre des Elfes&raquo; pour nommer le lieu o&ugrave; ils habitent en TdM, et d'o&ugrave; ils viennent, et &laquo;Pays des Elfes&raquo; pour celui o&ugrave; ils retournent, par-del&agrave; les mers. Le choix de &laquo;go <i>back</i><span style="font-style: normal;">&raquo; semblerait indiquer qu'il s'agit d'Elfes ayant v&eacute;cu en Valinor... quoique l'on puisse sans doute consid&eacute;rer qu'il s'agisse de descendant des premiers &eacute;migrants, pourquoi pas, qui retournent aux pays de leurs anc&ecirc;tres, et qu'ils consid&egrave;rent comme leur patrie ?

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<span style="color: rgb(199, 44, 72);">Note 5 </span>: v.73 &ndash; 80 : [emphase]« &nbsp;The oars were stayed. They turned aside: / "Do you hear the call, Earth-maiden? / [75] F&iacute;riel! F&iacute;riel!" they cried. / "Our ship is not full-laden. / One more only we may bear. / Come! For your days are speeding. / &nbsp;Come! Earth-maiden elven-fair, / [80] our last call heeding." »[/emphase]

Cette strophe n'est pas &eacute;vidente, car la traduction exige de la place en fran&ccedil;ais, ne serait-ce que pour &laquo;Earth-maiden&raquo;. Trois syllabes en anglais. En fran&ccedil;ais, 7 ou 8 suivant si la derni&egrave;re syllabe est suivit d'une consonne ou muette. J'ai en effet tenu &agrave; conserver mon &laquo;Demoiselle-de-la-Terre&raquo;, qui est long, mais que je ne tiens pas &agrave; raccourcir en &laquo;&nbsp;Fille de la Terre&nbsp;&raquo;. Car ce dernier terme est employ&eacute; par F&iacute;riel, et je gage que ce n'est pas innocent. Il me semble toujours (car c'est une intuition que j'avais eu d&egrave;s le d&eacute;part, en r&eacute;alit&eacute;) que le po&egrave;me entier tourne autour de cette r&eacute;v&eacute;lation, de cette prise de conscience ; c'est parce qu'elle est Fille de la Terre qu'elle ne peut venir au Pays-des-Elfes. Les Elfes l'ont nomm&eacute;e &laquo;Earth- maiden&raquo;, Demoiselle-de-la-Terre, mais &laquo;demoiselle&raquo; est un &eacute;tat passager : on est d'abord enfant, puis demoiselle, puis dame ; ce n'est qu'une &eacute;tape. Et &agrave; cette &eacute;tape, F&iacute;riel opposera un <i>&eacute;tat, </i>une <i>nature</i> : elle est Fille de la Terre, ses racines sont en Terre du Milieu, elle ne peut rien y changer.

Pour s'&eacute;carter un peu de la &laquo;simple&raquo; traduction, cela m'&eacute;tonne... Car ce sont les Elfes qui ont Arda dans le sang. Les Humains &ndash; et F&iacute;riel porte son humanit&eacute; jusque dans son nom, qui signifie &laquo;&nbsp;femme mortelle&nbsp;&raquo;&nbsp;&ndash; sont d&eacute;sign&eacute;s comme &laquo;ceux qui ne font que passer&raquo; : ils ne sont pas reli&eacute;s &agrave; Arda jusqu'&agrave; la fin du monde. Mais ici, ce sont les Elfes qui s'en vont &agrave; jamais, et F&iacute;riel qui demeure... Serait-ce &agrave; dire que les Elfes sont Enfants-des-Etoiles, et les Humains Enfants-de-la-Terre ?

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<span style="color: rgb(199, 44, 72);">Note 6 </span>: Strophe suivante : [emphase]« F&iacute;riel looked from the river-bank, / one step daring; / then deep in clay her feet sank, / and she halted staring. / [85] Slowly the elven-ship went by / whispering through the water: / "I cannot come!" they heard her cry. / "I was born Earth's daughter!" »[/emphase] ; v. 84 : [emphase]« and she halted staring. = et elle s'arr&ecirc;ta, fig&eacute;e. »[/emphase]

J'avais du mal &agrave; comprendre ce vers, ou du moins, il me plaisait d'imaginer que&nbsp;F&iacute;riel s'arr&ecirc;tait subitement en fixant son pied, et perdant le contact visuel avec la nef&nbsp;&ndash; ce qui, dans un conte de f&eacute;e, implique la disparition de l'objet enchant&eacute;. Je traduisais donc [emphase]« Elle cessa de les fixer. »[/emphase] Or (merci Tirno :)) <i>halt</i> ne s'utilise que pour un arr&ecirc;t physique... par cons&eacute;quent, ma jolie vision tombe &agrave; l'eau, et F&iacute;riel s'arr&ecirc;te en fixant le navire des yeux. Faute de place, j'ai employ&eacute; "fig&eacute;e", qui indique que son corps&nbsp;&ndash; et donc son regard&nbsp;&ndash; est immobile.

Cette strophe est vraiment le point tournant du po&egrave;me... Jusque l&agrave;, F&iacute;riel &eacute;tait une belle damoiselle richement par&eacute;e : l'enchantement elfique de l'aurore l'ornait de joyaux tremblants, la parait de lumi&egrave;re... Mais suffit-il qu'elle se souvienne de sa nature, suffit-il qu'elle cesse de fixer le navire, et l'enchantement cesse, doucement... Sa belle robe se d&eacute;nude, puis elle rev&ecirc;t son sarrau, v&ecirc;tement de travail couleur terre ; ses cheveux libres, qui flamboyaient au matin, se retrouve nou&eacute;s, tress&eacute;s, brid&eacute;s ; et la belle lueur du jour se fait ombre, petit &agrave; petit...

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<span style="color: rgb(199, 44, 72);">Note 7</span> : v. 93 : [emphase]« She donned her smock of russet brown, = Elle rev&ecirc;ti son sarrau brun-rouille, »[/emphase]

Juste parce que le mot est joli : &laquo; russet&nbsp;&raquo; signifie &laquo;feuille-morte&raquo; (ce que j'avais employ&eacute; lors de ma premi&egrave;re traduction, mais que, part souci de naturel et pour &eacute;viter le &laquo;verbe &agrave; la fin&raquo;, j'ai eacute;cart&eacute; de cette version-ci), &laquo;rouss&acirc;tre&raquo;, &laquo;rustique&raquo;. Le terme vient &eacute;videmment du vieux fran&ccedil;ais,</span> &laquo;rousset&raquo;, latin &lt;i&gt;russus&lt;/i&gt;<span style="font-style: normal;">, &laquo;roux, rouge&raquo;. L'&eacute;tonnant est la signification de &laquo;rustique&raquo;, qui n'est pourtant pas une couleur, et qui vient du latin &laquo;</span>ruralis, e : des champs, champ&ecirc;tre, rustique, rural.&raquo;. Mais en tout cas, cela lie le tout une fois de plus &agrave; la campagne, donc &agrave; la terre : ayant reconnu &ecirc;tre fille-de-la-Terre, F&iacute;riel rev&ecirc;t la couleur associ&eacute;, un brun-rouille, couleur de glaise, celle o&ugrave; son pied s'enfon&ccedil;a.

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<span style="color: rgb(199, 44, 72);">Note 8</span> : v. 102 : [emphase]« westward ships have waded = de navire &agrave; l'ouest n'est parti »[/emphase]

Dans le sens, moderne, &laquo; to wade&raquo; signifie : patauger, barboter, passer &agrave; gu&eacute; ; ce qui n'est pas une image tr&egrave;s &eacute;l&eacute;gante pour une nef elfique... Mais le sens po&eacute;tique est plut&ocirc;t &laquo;aller de l'avant&raquo; :

[citation=Online Etymology Dictionnary (<a href='http://www.etymonline.com/index.php?search=wade&amp;searchmode=none'>lien</a>)]O.E. wadan "to go forward, proceed," in poetic use only, except as oferwaden "wade across," from P.Gmc. *wadan (cf. O.N. va&eth;a, Dan. vade, O.Fris. wada, Du. waden, O.H.G. Watan, Ger. waten "to wade"), from PIE base *wadh- "to go," found only in Gmc. and L. (cf. L. vadere "to go," vadum "shoal, ford," vadare "to wade"). The notion is of "to advance into water." It. guado, Fr. gu&eacute; "ford" are Gmc. loan-words.[/citation]

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<big><b><span style="color: rgb(254, 163, 71);">Notes pour la version de Samwise</span></b></big>

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Je prend donc en compte le fait que tu as voulu faire, essentiellement, une version litt&eacute;rale &ndash; mais pas strictement, puisque tu as gard&eacute; les rimes. Comme tu n'es pas bloqu&eacute; par le nombre de pieds, puisque tu as choisis un vers libre, il t'est plus facile de respecter <i>stricto sensu</i> l'original. Il m'est difficile de faire des propositions sans retomber sur ce que j'ai fait moi, mais j'essaye :)

Tout d'abord, une remarque g&eacute;n&eacute;rale, qui tient de mon go&ucirc;t pour le naturel et la spontan&eacute;it&eacute; : tu utilises beaucoup cette ruse de po&egrave;te©Kendra qui consiste en caser le verbe &agrave; la fin... J'avoue volontiers avoir longtemps fait de m&ecirc;me, c'est bien pratique :) Mais depuis mes traductions sur Tom Bombadil, je fais une chasse impitoyable &agrave; ces inversions, et tord du nez quand je suis oblig&eacute;e d'y recourir... Je trouve que &ccedil;a g&ecirc;ne la diction, que &ccedil;a provoque une bizarrerie plut&ocirc;t que de couler de source. Tu me diras que Tolkien y recourt, ce qui est vrai. En m&ecirc;me temps, m&ecirc;me en r&eacute;duisant ces inversions au maximum, on est oblig&eacute; d'y passer une ou deux fois &ndash; autant que ce soit le moins possible.

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<span style="color: rgb(199, 44, 72);">Note 9. </span>: v. 9 &ndash; 10 : [emphase]« <i>She watched the gleam at window grow, / till the long light was shimmering</i> = De sa fen&ecirc;tre le soleil levant elle observa, / ses longs fils d&rsquo;or allant chatoyer »[/emphase]

Si l'on s'en tient au strict sens, c'est plut&ocirc;t : [emphase]&laquo;Elle regarda la lueur grandir &agrave; la fen&ecirc;tre, jusqu'&agrave; ce que la longue lumi&egrave;re chatoie&raquo;[/emphase] : il n'y a pas mention de soleil levant encore (c'est une simple lueur d'aube, puis le soleil se l&egrave;ve), ni de longs fils d'or (simplement d'une longue lumi&egrave;re). [emphase]« Elle regarda par la fen&ecirc;tre grandir l'&eacute;clat / Jusqu'&agrave; se faire longue lumi&egrave;re chatoyant... »[/emphase]
[N.B. : &laquo;Eclat&raquo; pour &laquo;gleam&raquo; n'est pas tout &agrave; fait juste, c'est plus une lueur, ou un &eacute;clat t&eacute;nu...]

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<b><span style="color: rgb(199, 44, 72);">Note 10.</span> </b>: v. 13 &ndash; 16 : [emphase]« <i>Over the floor her white feet crept, / down the stair they twinkled, / [15] through the grass they dancing stepped / all with dew besprinkled. </i>= Sur le sol ondul&egrave;rent ses pieds immacul&eacute;s, / descendant les marches ils papillonn&egrave;rent, / parcourant l&rsquo;herbe ils se mirent &agrave; danser / tout saupoudr&eacute;s de perles &eacute;ph&eacute;m&egrave;res. »[/emphase]

Hrumf :) Je ne vois pas trop comment des pieds peuvent onduler :) <i>to crept, </i><span style="font-style: normal;">c'est &laquo;ramper, se glisser&raquo; ; de m&ecirc;me &laquo;papilloner&raquo; &eacute;voque un mouvement d'aile, un battement rapide, un palpitement : des yeux papillonnent, (d'ailleurs on parle plut&ocirc;t de cils papillonnant), mais des pieds, j'ai des doutes... </span><i>twinkle</i> appartient au vocabulaire de la lumi&egrave;re (vocabulaire r&eacute;current d'ailleurs chez Tolkien, et en particulier dans ce po&egrave;me), et r&eacute;pond &agrave; la blancheur de ses pieds : il est donc important de ne pas y manquer.

Enfin, tu as traduit &laquo;dew&raquo; par &laquo;perles &eacute;ph&eacute;m&egrave;res&raquo; ; pourquoi pas, mais on perd un aspect humide (<i>dew </i>et <i>besprinkled</i>) pour un effet &laquo;terreux&raquo; ou terrestre plut&ocirc;t (poudre et perles). Or, ici, l'eau est li&eacute;e &agrave; la nature, aux Elfes, &agrave; l'enchantement ; et la terre aux hommes et &agrave; la vie quotidienne. J'en reviens encore &agrave; ce tournant du pied dans la glaise : jusque l&agrave;, l'&eacute;l&eacute;ment phare &eacute;tait l'eau, et la lumi&egrave;re. Et &agrave; partir de l&agrave;, c'est &agrave; la terre et &agrave; l'ombre de prendre la place. C'est pourquoi je m'en tiendrais &agrave; «&eacute;clabouss&eacute;&raquo;, ou &laquo;constell&eacute;&raquo; (puisque cela ram&egrave;ne &agrave; la lumi&egrave;re) de ros&eacute;e, plut&ocirc;t que de faire appel &agrave; un terme terrestre.

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<b><span style="color: rgb(199, 44, 72);">Note 11 </span>:</b> v.24 : [emphase]« <i>lily-leaves were sprawling. </i> = Et les p&eacute;tales des lis &eacute;parpillant. »[/emphase]

Il n'est pas question de p&eacute;tales, mais de feuilles ; &laquo;sprawling&raquo; cependant n'est pas facile &agrave; traduire... Le sens est &laquo;qui pousse dans tous les sens&raquo;, mais difficile de trouver un terme qui synth&eacute;tise tout &ccedil;a... &eacute;parpiller n'est pas mal, mais ce n'est pas le martin-p&ecirc;cheur qui &eacute;parpille les feuilles de lys, elles le font toute seules... De m&ecirc;me, le martin-p&ecirc;cheur ne fait que plonger ; le vent est ind&eacute;pendant de tout &ccedil;a.

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<span style="font-weight: bold; color: rgb(199, 44, 72);">Note 12</span> : v.31 : [emphase]« <i>like wind-voices keen and young</i> = des voix port&eacute;es par le vent, jeunes et gaies, »[/emphase]

<i>Wind-voices</i>, ce sont des voix-de-vent : le chant des elfes s'entend comme un murmure.

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<span style="font-weight: bold; color: rgb(199, 44, 72);">Note 13</span> : v. 33-34 : [emphase]« <i>A ship with golden beak and oar / and timbers white came gliding;</i> = Un vaisseau au bec et aux ailes d&rsquo;or / et au plumage blanc arriva voguant ; »[/emphase]

:) Il est certe question de bec, mais ni d'ailes, ni de plumage : <i>oar</i> d&eacute;signe les rames, <i>timbers</i> les madriers (j'ai pour ma part &eacute;largi en traduisant par <i>coque</i>, puisque les madriers forment la coque). De m&ecirc;me pour la strophe suivant, les Elfes chantent au rythme du balancement des rames, pas du battement des ailes :)

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<span style="font-weight: bold; color: rgb(199, 44, 72);">Note 14 </span>: v. 67 : [emphase]« <i>In Elvenhome a clear bell</i> = en Valinor, d&rsquo;une cloche d&rsquo;argent »[/emphase]

Tu extrapoles un peu : il est question du Pays des Elfes (en opposition, je pense, aux Terres-des-Elfes cit&eacute;es plus haut), mais pas de Valinor. Par ailleurs, <i>Elvenhome</i> d&eacute;signe Eldamar, g&eacute;n&eacute;ralement &ndash; la nuance est faible, je te l'accorde :) N&eacute;anmoins, cel&agrave; me semble une surtraduction.

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<span style="font-weight: bold; color: rgb(199, 44, 72);">Note 15</span> : v.73 &agrave; 80 : voir note 5 et 6, &agrave; propos de <i>Earth-Maiden.</i>

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<span style="font-weight: bold; color: rgb(199, 44, 72);">Note 16</span> : v.88 : [emphase]« <i>"I was born Earth's daughter!" </i> = &laquo; Je suis de la Terre, car n&eacute;e de son sang ! &raquo;. »[/emphase]

Mmm, un peu de surtraduction aussi ici :) Elle est n&eacute;e fille de la Terre, mais pas du sang de la Terre (l'image n'est pas tr&egrave;s ragoutante en plus :)).

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<span style="font-weight: bold; color: rgb(199, 44, 72);">Note 17</span> : v. 94 : [emphase]« <i>her long hair braided, </i>= ses cheveux en nattes elle coiffa »[/emphase]

A propos de <i>braid</i>, l'id&eacute;e de Romaine est bonne, et en effet, toute la strophe, depuis &laquo;I was born Earth's Daughter&raquo;, est une lente d&eacute;gradation... voir plus haut :)

Tu disais, Samwise, que tu craignais une surcharge en utilisant encore un terme contraignant, comme &laquo; natter&raquo;, &laquo;tresser&raquo;. Mais le terme est tr&egrave;s naturel, je n'y trouve aucune surcharge. Et du moment que Tolkien l'a employ&eacute;, il n'y a pas de scrupule &agrave; avoir...

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<span style="font-weight: bold; color: rgb(199, 44, 72);">Note 18 </span>: v. 103-104 : [emphase]« <i>in mortal waters as before, / and their song has faded.</i> = par les eaux mortelles comme cela &eacute;tait, / et leurs chants pour toujours s&rsquo;&eacute;teignirent. »[/emphase]

La rime voyag&egrave;rent / s'&eacute;teignirent est un peu faible :) C'est emb&ecirc;tant surtout en fin de po&egrave;me, puisque c'est l'&eacute;cho qui r&eacute;sonne le plus longtemps (au milieu, noy&eacute; dans<br>la masse, &ccedil;a passe :)). Et un pinaillage : ce n'est pas un pass&eacute; simple : leur chant s'est &eacute;vanoui... il n'y a pas l'id&eacute;e d'un arr&ecirc;t brutal, simplement d'un &eacute;cho qui a fini par s'&eacute;teindre.

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Oh ! Et une autre remarque encore, mais qui n'est pas très importante : tu traduis successivement <i>ship</i> par « vaisseau », « nef » et « bateau ». Il serait préférable d'utiliser toujours le même terme (ce que je n'ai pas fait : j'ai traduit « elven-ship » par « nef des Elfes » [v.85], par manque de place : « navire elfique » est trop long)...

<small>Ouf, et c'est tout ! :)</small>
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