03-10-2005, 19:48
Il s’en passe des choses en un week-end !<p>J’ai eu envie de m’y essayer aussi, sur un rythme octosyllabique. J’avoue avoir repris pas mal de vos idées - je demande votre pardon ;-) Mais un vers bien tourné comme <i>Blanche l’étoile à ta main claire</i> est vraiment trop séduisant [small]- euh, justement Stéphanie, si j’ai pu le reprendre quasi tel quel, c’est parce qu’il n’a que huit syllabes...[/small]
[citation]<b>Chant de Gandalf sur la Lórien</b>
En Dwimordene, en Lórien,<br>Rares les pieds d’Hommes qui viennent ;<br>Peu d’yeux mortels ont vu briller<br>Sa lumière d’éternité.<br>Galadriel ! Galadriel !<br>Pure est l’eau de ta fontenelle ;<br>Blanche l’étoile en ta main claire ;<br>Immaries la feuille et la terre<br>En Dwimordene, en Lórien,<br>Plus belle que pensée humaine.[/citation]
Je me suis demandé si c’était bien raisonnable de reprendre à l’ancien et au moyen français la <i>fontenelle</i>, diminutif de « fontaine ». Mais d’une part, c’est un fort joli mot qui me semble compréhensible, d’autre part... en fait il m’aide bien ! Donc finalement je ne m’en suis pas privé.<p>Le dernier vers est malheureusement un peu dur pour la syntaxe moderne.
Je ne pense pas qu’il y ait trop à se mettre martel en tête avec la prononciation de « Dwimordene ». Dans un octosyllabe, c’est plus facile avec une prononciation « modernisée » en trois syllabes comme celle qu’emploie Tolkien. Mais on peut s’arranger même avec une prononciation en quatre syllabes comme en vieil anglais ; le mot est un composé qui devait être accentué <b>Dwi</b>mor<b>de</b>ne, avec le dernier e inaccentué. Je vois plusieurs possibilités de lecture :
[colonne][gauche]Nel mezzo del cammin di nostra vita<br> mi ritrovai per una selv<b>a o</b>scura<br> chè la diritta via era smarrita.
[normal]où [emphase]selva oscura[/emphase] compte pour quatre syllabes en raison de la synalèphe du a et du o.
[small]Au passage : rien à voir, mais observez bien le dernier mot ;-)[/small][/normal][/gauche][droite]Au milieu de la course de notre vie,<br> je perdis le véritable chemin,<br> et je m’égarai dans une forêt obscure.
[normal](trad. Artaud de Montor)[/normal][/droite][/colonne]
[citation]La mortel vithe li prist mult a blasmer,<br>De la celeste li mostret veritét;
[normal]La faculté de ne pas compter à la pause les syllabes après le dernier accent est en fin de compte ce qui a donné les rimes féminines - terminées par un -e muet surnuméraire. Mais le principe a perdu sa motivation phonétique depuis la chute de ce e muet dans la prononciation du nord. En diction poétique, on en garde quelque chose dans la possibilité de faire compter ou non un e muet devant pause à l’intérieur du vers.[/normal][/citation]
B.
[citation]<b>Chant de Gandalf sur la Lórien</b>
En Dwimordene, en Lórien,<br>Rares les pieds d’Hommes qui viennent ;<br>Peu d’yeux mortels ont vu briller<br>Sa lumière d’éternité.<br>Galadriel ! Galadriel !<br>Pure est l’eau de ta fontenelle ;<br>Blanche l’étoile en ta main claire ;<br>Immaries la feuille et la terre<br>En Dwimordene, en Lórien,<br>Plus belle que pensée humaine.[/citation]
Je me suis demandé si c’était bien raisonnable de reprendre à l’ancien et au moyen français la <i>fontenelle</i>, diminutif de « fontaine ». Mais d’une part, c’est un fort joli mot qui me semble compréhensible, d’autre part... en fait il m’aide bien ! Donc finalement je ne m’en suis pas privé.<p>Le dernier vers est malheureusement un peu dur pour la syntaxe moderne.
Je ne pense pas qu’il y ait trop à se mettre martel en tête avec la prononciation de « Dwimordene ». Dans un octosyllabe, c’est plus facile avec une prononciation « modernisée » en trois syllabes comme celle qu’emploie Tolkien. Mais on peut s’arranger même avec une prononciation en quatre syllabes comme en vieil anglais ; le mot est un composé qui devait être accentué <b>Dwi</b>mor<b>de</b>ne, avec le dernier e inaccentué. Je vois plusieurs possibilités de lecture :
- soit on l’élide, d’autant plus que le mot suivant (« en ») commence par une voyelle
- soit on prononce les deux voyelles des mots contigus, finale et initiale, en une seule syllabe (ça s’appelle une synalèphe) ; ce n’est pas un procédé usuel en poésie française mais on la retrouve en italien, par exemple dans le premier tercet de l’<i>Enfer</i> de Dante :
[colonne][gauche]Nel mezzo del cammin di nostra vita<br> mi ritrovai per una selv<b>a o</b>scura<br> chè la diritta via era smarrita.
[normal]où [emphase]selva oscura[/emphase] compte pour quatre syllabes en raison de la synalèphe du a et du o.
[small]Au passage : rien à voir, mais observez bien le dernier mot ;-)[/small][/normal][/gauche][droite]Au milieu de la course de notre vie,<br> je perdis le véritable chemin,<br> et je m’égarai dans une forêt obscure.
[normal](trad. Artaud de Montor)[/normal][/droite][/colonne]
- soit on considère que ce e inaccentué est à une césure et on choisit de ne pas le compter, le considérant comme syllabe surnuméraire (cela s’appelle une césure épique). Ce procédé se pratiquait en poésie médiévale (il faut savoir que tous les e muets se prononçaient en ancien français, sauf élision devant une autre voyelle), cf. ces exemples dans la <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Vie_de_saint_Alexis" target="_alexis_">Vie de Saint Alexis</a> (début du XIe siècle) :
[citation]La mortel vithe li prist mult a blasmer,<br>De la celeste li mostret veritét;
[normal]La faculté de ne pas compter à la pause les syllabes après le dernier accent est en fin de compte ce qui a donné les rimes féminines - terminées par un -e muet surnuméraire. Mais le principe a perdu sa motivation phonétique depuis la chute de ce e muet dans la prononciation du nord. En diction poétique, on en garde quelque chose dans la possibilité de faire compter ou non un e muet devant pause à l’intérieur du vers.[/normal][/citation]
B.

