Thread Rating:
  • 0 Vote(s) - 0 Average
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
Hey! Come derry dol! Can you hear me singing?
#5
Miam ! Grand merci pour un tel poème bombadilien plein de gaieté et de fraîcheur, c’est décidément délicieux :-)

L’histoire du cauchemar peut être continuée par un petit détour en Allemagne. En allemand il existe un mot <i>Nachtmahr</i>, bien évidemment l’équivalent de l’anglais <i>nightmare</i>, et qui désigne ce même fantôme cauchemardesque. C’est aussi un mot pour le cauchemar. Mais il en est un autre, que j’ai davantage rencontré, qui est <i>Alptraum</i>. C’est un composé de <i>traum</i> et <i>Alp, Alb</i>. Ce dernier mot est le correspondant étymologique exact de l’anglais <i>elf</i> et du norrois alfr ! Le cauchemar allemand est donc une sorte de « rêve d’elfe ». Le Wahrig m’indique qu’à l’égal de <i>Nachtmahr</i>, <i>Alp</i> désigne un « fantôme qui s’assoit sur la poitrine du dormeur et occasionne par là des rêves lourds ». Il semblerait donc que le folklore allemand se souvienne surtout d’elfes noirs :-) Le fait tient peut-être à la démonisation chrétienne des anciennes croyances, qui laissent toutefois des traces comme superstitions. Il existe un autre composé, <i>Alpdrücken</i> la « pression de l’elfe » qui désigne l’étouffement ressenti par qui cauchemarde, et attribué à l’Alp donc.

Cela me fait aussi penser à la créature décrite par Maupassant dans sa nouvelle fantastique <i>le Horla</i> : le narrateur s’imagine « vampirisé » par une sorte de double malfaisant qui se manifeste d’abord par une oppression nocturne, comme si, selon ses mots, il venait assis sur lui « boire sa vie sur ses lèvres » pendant son sommeil. Même en tenant compte de l’influence d’histoires de vampires, il y a une ressemblance troublante. C’est à se demander si Maupassant n’aurait pas repris la male créature traditionnelle, sous une forme normande peut-être ? Une piste à suivre pour les elfologues :)

Retour sur le poème : je pense qu’il serait souhaitable d’utiliser uniformément « Bombadillon » pour <i>Bombadillo</i> (si l’on se décide pour les formes francisées en -on, ce qui a personnellement ma préférence). Cela pose un problème toutefois dans le vers où il rime avec « roseau ». Mais est-ce qu’il ne serait pas possible d’y substituer le « jonc » ? Certes, botaniquement ce n’est pas la même chose, mais poétiquement l’image est très similaire. On pourrait ainsi avoir :

[citation]Hohé ! Vieux Tom Bombadil ! Tom Bombadillon !<br>Par eau, bois et colline, par le saule et le jonc,<br>Par feu, soleil et lune, hâte-toi, entends-nous !<br>Viens, Tom Bombadil, car le danger vient sur nous ![/citation]

Félicitations encore !

B.
Reply


Messages In This Thread

Forum Jump:


Users browsing this thread: 1 Guest(s)