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Hey! Come derry dol! Can you hear me singing?
#1
[small][Édit (Yyr) 2021 : ce fuseau est l'un des nombreux rejetons de l'arbre initial de la traduction des poèmes][/small]

<center>ou ...<br><br><big><b>Poèmes bombadiliens du Seigneur des Anneaux</b></big></center>

Car la ballade n'est pas finie, mes amis : il me restait encore à harmoniser quelques chants et poèmes des chapitres 6 à 8 du Livre Premier. « Harmoniser », parce que la traduction française est bonne... Mais puisque j'avais commencé le boulot, j'ai voulu le terminer :)

[séparation]

Pour la majeure part, Tom utilise la même structure que les poèmes précédents : <i>strong-stress verses</i> (quatre accents par vers) à rimes plates (AABB). Quelques uns, plus narratifs, y échappent pourtant : ce sont des <i>strong-stress verses</I> sans schéma de rimes. J'ai donc conservé ma structure précédents, alexandrins avec ou sans rimes plates suivant l'original... sauf pour quelques un, où il m'a été proprement impossible de garder les deux contraintes (notamment quand Tom appelle les poneys échappés... les « ponets », plutôt : j'ai gardé l'ancienne orthographe, que l'on retrouve dans <i>ponette</i>) ; j'ai alors sacrifié la rime.<br>Mis à part les contraintes de formes (qui entraînent certaines pertes, hélas), le reste n'a guère causé de difficulté ; je n'ai pas d'autres commentaires à faire, je pense.

[espacement]

[colonne][gauche]Hey dol! merry dol! ring a dong dillo!<br>Ring a dong! hop along! fal lal the willow!<br>Tom Bom, jolly Tom, Tom Bombadillo![/gauche][droite]Hé ding ! Digue dong ! Sonne un ding dong ding dillon !<br>Sonne un dong ! Saute donc ! Fal lal le saule lon !<br>Ding Tom Bom, dong joli Tom, Tom Bombadilon ![/droite][/colonne]

[colonne][gauche]Hey! Come merry dol! derry dol! My darling!<br>Light goes the weather-wind and the feathered starling.<br>Down along under Hill, shining in the sunlight,<br>Waiting on the doorstep for the cold starlight,<br>There my pretty lady is. River-woman’s daughter,<br>Slender as the willow-wand, clearer than the water.<br>Old Tom Bombadil water-lilies bringing<br>Comes hopping home again. Can you hear him singing?<br>Hey! Come merry dol! derry dol! and merry-o,<br>Goldberry, Goldberry, merry yellow berry-o!<br>Poor old Willow-man, you tuck your roots away!<br>Tom’s in a hurry now. Evening will follow day.<br>Tom’s going home again water-lilies bringing.<br>Hey! Come derry dol! Can you hear me singing?[/gauche][droite]Hého ! Viens, digue ding ! Digue dong ! Ma chérie !<br>Léger va le vent du temps, l’étourneau joli.<br>Brillante au crépuscule, attendant au perron<br>La lueur des étoiles au fond du vallon,<br>Voilà ma belle dame, fille de la Rivière,<br>Souple comme le saule, et que l’eau bien plus claire.<br>Le vieux Tom Bombadil, des lis d’eau par brassées,<br>Rentre à grands bonds au logis. L’entends-tu chanter ?<br>Hé ! Viens, digue ding ! Digue dong ! Et joyeux ho ! <br>Baie d’Or, Baie d’Or, ma joyeuse baie jaune oh !<br>Pauvre Vieil Homme Saule, tes racines, enfouie-les !<br>Le soir suivra le jour. Tom doit se dépêcher !<br>Il retourne au logis des lis d’eau par brassées.<br>Hého ! Viens, digue dong ! M’entendez-vous chanter ?[/droite][/colonne]

[colonne][gauche]Hop along, my little friends, up the Withywindle!<br>Tom’s going on ahead candles for to kindle.<br>Down west sinks the Sun: soon you will be groping.<br>When the night-shadows fall, then the door will open,<br>Out of the window-panes light will twinkle yellow.<br>Fear no alder black! Heed no hoary willow!<br>Fear neither root nor bough! Tom goes on before you.<br>Hey now! merry dol! We’ll be waiting for you[/gauche][droite]Remontez le Tournesaules, mes petits amis !<br>Tom va de l’avant pour allumer les bougies.<br>A l’ouest sombre la Soleil : vous tâtonnerez.<br>La porte sera ouverte et par les volets<br>La lumière clignera quand viendra le soir.<br>Ne craignez ni saule chenu, ni aulne noir,<br>Ni racine, ni ramille ! Tom va de l’avant.<br>Hého maintenant ! Digue dong ! On vous attend ![/droite][/colonne]

[colonne][gauche]Hey! Come derry dol! Hop along, my hearties!<br>Hobbits! Ponies all! We are fond of parties.<br>Now let the fun begin! Let us sing together![/gauche][droite]Hé ! Venez digue ding ! Sautez donc, mes lurons !<br>Hobbits ! Vous ponets ! Que commencent les chansons !<br>Nous adorons les fêtes. Qu’éclate la joie ![/droite][/colonne]

[colonne][gauche]Now let the song begin! Let us sing together<br>Of sun, stars, moon and mist, rain and cloudy weather,<br>Light on the budding leaf, dew on the feather,<br>Wind on the open hill, bells on the heather,<br>Reeds by the shady pool, lilies on the water:<br>Old Tom Bombadil and the River-daughter![/gauche][droite]Chantons tous ensemble ! Que commencent les chansons,<br>Sur la lumière sur les feuilles en bourgeon,<br>Soleil, étoile, lune, brume, pluie et temps couvert,<br>Vent sur la colline et cloches sur la bruyère,<br>Roseaux près du bassin ombreux, lis dans l’eau claire :<br>Tom Bombadil et la Fille-de-la-Rivière.[/droite][/colonne]

[colonne][gauche]I had an errand there: gathering water-lilies,<br>green leaves and lilies white to please my pretty lady,<br>the last ere the year’s end to keep them from the winter,<br>to flower by her pretty feet tilt the snows are melted.<br>Each year at summer’s end I go to find them for her,<br>in a wide pool, deep and clear, far down Withywindle;<br>there they open first in spring and there they linger latest.<br>By that pool long ago I found the River-daughter,<br>fair young Goldberry sitting in the rushes.<br>Sweet was her singing then, and her heart was beating ![/gauche][droite]J’avais une mission : ramasser les lis d’eau,<br>Vertes feuilles et lis blancs, pour plaire à ma dame,<br>Les derniers de l’an pour les garder de l’hiver,<br>Pour fleurir ses pieds jusqu’à la fonte des neiges.<br>Je vais les lui chercher à chaque fin d’été,<br>Dans un bassin large et clair, loin du Tournesaules,<br>Où ils s’ouvrent les premiers et s’attardent plus.<br>Jadis j'y trouvai la Fille de la Rivière,<br>Baie d’Or, belle et jeune, assise sur les roseaux.<br>Doux était son chant alors, et son cœur battait ![/droite][/colonne]

[colonne][gauche]And that proved well for you – for now I shall no longer<br>go down deep again along the forest-water,<br>not while the year is old. Nor shall I be passing<br>Old Man Willow’s house this side of spring-time,<br>not till the merry spring, when the River-daughter<br>dances down the withy-path to bathe in the water.[/gauche][droite]Et cela vous sauva – car je ne devrais plus<br>Descendre loin le long de l’eau de la forêt,<br>Pas à la fin de l’année ; ni ne passerai<br>Du côté de la maison du Vieil Homme Saule<br>avant le joyeux printemps, quand pour se baigner<br>La Fille de la Rivière en dansant descend.[/droite][/colonne]

[colonne][gauche]Ho! Tom Bombadil, Tom Bombadillo!<br>By water, wood and hill, by the reed and willow,<br>By fire, sun and moon, harken now and hear us!<br>Come, Tom Bombadil, for our need is near us! [/gauche][droite]Hohé ! Vieux Tom Bombadil ! Tom Bombadillo !<br>Par eau, bois et colline, par saule et par roseau,<br>Par feu, soleil et lune, hâtes-toi, entends-nous !<br>Viens, Tom Bombadil, car le danger vient sur nous ![/droite][/colonne]

[colonne][gauche]Old Tom Bombadil is a merry fellow,<br>Bright blue his jacket is, and his boots are yellow.<br>None has ever caught him yet, for Tom, he is the master:<br>His songs are stronger songs, and his feet are faster.[/gauche][droite]Le vieux Tom Bombadil est un joyeux luron,<br>Bleu vif est sa veste, et jaunes ses botillons.<br>Nul ne l’a attrapé, car Tom, il est le maître :<br>Ses chansons sont plus fortes, ses pas vont d’une traite.[/droite][/colonne]

[colonne][gauche]Get out, you old Wight! Vanish in the sunlight!<br>Shrivel like the cold mist, like the winds go wailing,<br>Out into the barren lands far beyond the mountains!<br>Come never here again! Leave your barrow empty!<br>Lost and forgotten be, darker than the darkness,<br>Where gates stand for ever shut, till the world is mended.[/gauche][droite]Sors de là, vieil Être ! Disparaît donc au soleil !<br>Flétris comme la brume, gémis comme les vents,<br>Dans les terres gastes au-delà des montagnes !<br>Ne reviens jamais là ! Laisse ton galgal vide !<br>Sois perdu, oublié, plus noir qu'obscurité,<br>Où les ponts sont clôts, jusqu'à guérison du monde.[/droite][/colonne]

[colonne][gauche]Wake now my merry lads! Wake and hear me calling!<br>Warm now be heart and limb! The cold stone is fallen;<br>Dark door is standing wide; dead hand is broken.<br>Night under Night is flown, and the Gate is open![/gauche][droite]Debout, mes lurons ! Debout, et écoutez-moi !<br>Réchauffez-vous ! Car la pierre froide est tombée ;<br>La porte noire bée ; la main morte est brisée.<br>La Nuit sous la Nuit a fuit, le Pont est ouvert ! [/droite][/colonne]

[colonne][gauche]Hey! now! Come hoy now! Whither do you wander?<br>Up, down, near or far, here, there or yonder?<br>Sharp-ears, Wise-nose, Swish-tail and Bumpkin,<br>White-socks my little lad, and old Fatty Lumpkin![/gauche][droite]Hé là ! Revenez donc ici ! Où vaquez vous ? <br>En haut, en bas, près, loin, ici, là ou là-bas ?<br>Hého ! Ouïe-fine, Nez-creux, Queue-vive et Godichon,<br>Paturons-blanc mon gars, et mon vieux Gros Balourd ![/droite][/colonne]

[colonne][gauche]Tom's country ends here: he will not pass the borders.<br>Tom has his house to mind, and Goldberry is waiting![/gauche][droite]Ici finit son pays : Tom n'en sortira pas.<br>Il a sa maison à penser, Baie d'Or l'attend ![/droite][/colonne]

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Deux autres ne sont pas chantés par Tom, mais tant que j'y étais...

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D'abord, celui qui vient au coeur de Frodo quand il voit la Fille de la Rivière. Lui n'est pas évident : on a toujours un strong-stress metre, toujours des rimes plates (mais quatre fois la même), mais s'y ajoute les allitérations... Je me suis donné beaucoup plus de place pour y traduire : vingt syllabes par vers. Cependant, ça reste encore lisible, par la grâce de la césure (ouf ! :)). C'est seulement à ce prix là que j'ai pu faire ricocher les sons entre eux sans atrophier le sens. J'ai conservé les rimes plates, mais deux à deux.

[colonne][gauche]O slender as a willow-wand! O clearer than clear water!<br>O reed by the living pool! Fair River-daughter!<br>O spring-time and summer-time, and spring again after!<br>O wind on the waterfall, and the leaves’ laughter!’[/gauche][droite]O toi, souple comme le brin de saule ! O toi, plus claire encore que l'eau claire !<br>O roseau à la rive du bassin vivant ! Belle Fille de la Rivière !<br>O toi, printemps et été, et de nouveau printemps après !<br>O toi, vent sur la cascade, et le rire de la feuillée ![/droite][/colonne]

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L'autre est beaucoup plus sinistre... c'est celui psalmodié par l'Être du Galgal : on a beaucoup de répétitions : “cold”, “stone/stony”, “never”, “dead/die”, termes très réjouissants. Le style est un peu lourd, et un terme est archaïsant :

[citation]Webster's 1913 Dictionary \Mare\, n. [AS. mara incubus; akin to OHG. & Icel. Mara; cf. Pol. mora, Bohem. m[*u]ra.] (Med.)<br>Sighing, suffocative panting, intercepted utterance, with a sense of pressure across the chest, occurring during sleep; the incubus; -- obsolete, except in the compound nightmare.[/citation]

Ce qui est marrant, c'est qu'on a la même trace en français : cf. Le Robert historique :

[citation]CAUCHEMAR, n. m., d'abord <i>cauquemar</i> (v. 1375), puis <i>cauchemar</i> (1677), est un mot d'origine picarde. Son premier élément <i>cauche</i> est une forme verbale de <i>cauchier</i>, “presser”, qui résulte probablement d'un croisement entre l'ancien <i>cauchier</i>, “fouler, presser” (apr. 1150), et la forme picarde correspondante <i>cauquier</i>, du latin <i>calcare</i>. Le second élément est l'ancien picard <i>mare</i> (v. 1290), emprunté au moyen néerlandais <i>mare</i> (<i>maer</i>) “fantôme provoquant de mauvais rêves”. Ce dernier correspond à l'anglo-saxon <i>mare</i> (d'où l'anglais <i>nightmare</i> “cauchemar”, proprement “spectre nocturne”), à l'ancien haut-allemand <I>mara</i>, à l'ancien norois <i>mara</i>, formes remontant à un germanique <i>°maron-</i>, apparenté au slave (polonais <i>mora</i>, tchèque <i>mura</i> de même sens). [...][/citation]

<i>mar</i>, idée « d'entrave », tient tient... :) Malheureusement, je ne vois guère quel composé employer pour garder ça... Je contrebalance l'archaïsme en traduisant un peu plus loin « withered land » par « terre gaste ».<br>Pour autant, je ne suis pas très fière de cette traduction... “défunt” pour un océan, bof...

[colonne][gauche]Cold be hand and heart and bone,<br>and cold be sleep under stone:<br>never mare to wake on stony bed,<br>never, till the Sun fails and the Moon is dead.<br>In the black wind the stars shall die,<br>and still on gold here let them lie,<br>till the dark lord lifts his hand<br>over dead sea and withered land.[/gauche][droite]Que la main et que le coeur et que l'os soient froids,<br>Et que le sommeil dessous la pierre soit froid :<br>Qu'ils ne s'étouffent jamais sur leur lit pierreux,<br>Jusque Soleil et Lune meurent tous les deux.<br>Dans le vent noir les étoiles mourront alors,<br>Et ils resteront encore à gésir dans l'or,<br>Jusqu'à ce que le seigneur noir lève sa main<br>Sur la terre gaste et l'océan défunt.[/droite][/colonne]

[séparation]

Bonne soirée !

Stéphanie — <small>Un truc de biffé sur la Longue Liste des Choses à Faire... c'est qu'y'en a tellement que pour un peu j'oublierai de profiter de la piscine et du bain-de-soleil ! Mais nooon, pas exagérer quand même... il me faut bien décompresser de ce job de gobelins à la ***, je déteste, je hais, j'exècre les chiffres !!! Alors <i>farniente</i> tout l'après-midi, ç'a un air de vacances que vous pouvez même pas imaginer ! :)</small>
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