Thread Rating:
  • 0 Vote(s) - 0 Average
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
Ledoux et la traduction botanique
#2
Un peu longue à la détente, mais le temps que je trouve le temps de faire quelque chose de bien tourné… :)<br>C’est amusant, j’avais déjà réfléchi à la question de la traduction de certains des termes qui t’emmouscaillent, en traduisant <i>Bombadil en bateau</i>, au sujet, notamment du Brandywine (pour brande) et de Breredon (pour briar) :<br><blockquote><font color="#004000">Brandywine [v. 27, 85, 95, 99] : <br>[…] Brande en effet désigne une sorte de bruyère poussant sur un sol infertile, et par métonymie ce sol même. La couleur de la brande de bruyère, en tout cas, est dans les teintes du brun. Un vin de brande pourrait être de l’eau ayant été filtré par de la brande : imbuvable, mais de couleur correspondant à celle d’un baránduin. Cependant, brande est étymologiquement lié à une racine germanique, *brant, brand*, « tison » (que l’on retrouve dans le hollandais brandewijn), qui dériva en brander en ancien français, « flamboyer, s’embraser ». Le lien entre « brûler » et « bruyère » n’est pas évident, mais la bruyère est facilement inflammable, et l’on en brûlait les champs au Moyen Age pour les fertiliser… […]</font></blockquote> <blockquote><font color="#004000">Breredon [v. 82, 94]<br> Le GN n’est guère prolixe quant à la façon de traduire ce toponyme. Une information capitale se trouve dans l’avant-propos des ATB : « Breredon (la Colline du Buisson de Ronces) était un petit village érigé sur un tertre derrière le débarcadère sur l'étroite langue de terre entre la fin de la Haie et le Brandevin. »[4] La septième promenade creuse un peu plus la formation de ce nom : « Nous sommes toujours au milieu de la lande, et l’étymologie de Breredon l’atteste bien. Le mot brere est une déclinaison du moyen anglais brēr “bruyère”, d’origine celtique. Le mot don vient du vieil anglais dūn “colline, hauteur” qui a donné l’anglais down “colline”. » <br> Ce nom n’a jamais été transposé en français, et l’on peut se demander pourquoi. Briar signifie bien « bruyère », mais aussi « ronce » ou « églantier » (les explications précédentes sont donc toutes les deux plausibles).[…]</font></blockquote>Tes questions m’emmènent à creuser un peu plus le sujet.<br>Commençons par donner les outils :<br><font color="#FF9EC3">Le TLF : http://atilf.atilf.fr/dendien/scripts/tl...><br><font color="#993399">Encyclopedia.com : http://www.encyclopedia.com/</font><br>Bilingue (basique) français-anglais/anglais-français : http://dictionnaire.tv5.org/dictionnaire...e=1<br>Les noms de plantes, c’est un peu comme les noms d’oiseaux : il arrive qu’un seul terme anglais désigne plusieurs sortes d’oiseaux, qui se traduisent de façon différentes en français sans que l’on ai de terme spécifique associé… et tout dépend du contexte et du nombre de cheveux qu’il reste à s’arracher avant de se fixer :)<br>Reprenons :<br><blockquote><font color="#993399">brier <br>Related: Plant <br>or briar, name sometimes given any thorny plant, more specifically the sweetbrier , and the greenbrier. French brier, or brierroot, is a name for the root of the European white heath so widely used in the manufacture of smoking pipes. </font></blockquote>Avec :<br><blockquote><font color="#993399">sweetbrier <br>Related: Plant <br>(ĕg´lentīn, -tēn) sweetbriar, or eglantine [O. Fr. from Lat.,=needle], wild rose of Europe ( Rosa eglanteria ), cultivated and now naturalized in the United States. The bush has fragrant foliage, and in the spring it has pink blossoms (usually single), which are followed by rose hips sometimes used in preserves. Sweetbrier is classified in the division Magnoliophyta , class Magnoliopsida, order Rosales, family Rosaceae. </font></blockquote> Et :<blockquote><font color="#993399">smilax <br>Related: Plant <br>common name for a florists' plant of two separate genera ( Asparagus and Smilax ), both of the family Liliaceae ( lily family, although some botanists recognize smilax as a separate family, the Similacaceae). The greenbriers, prickly vines often weedy in North America, belong to the same genus ( Smilax ) as the plants yielding sarsaparilla. Both genera are classified in the division Magnoliophyta , class Liliopsida, order Liliales, family Liliaceae. </font></blockquote>(N.B. : vine désigne ici non pas la vigne, mais une plante grimpante.)<br>En français donc, brier désigne toute sorte de plante ligneuse, et essentiellement l’églantine ou la famille des smilax (je n’ai pas pu trouver de nom moins barbare) :<blockquote><font color="#FF9EC3">SMILAX, subst. masc.<br>BOT. Plante vivace de la famille des Liliacées, à baies rouges et à tige anguleuse, dont la salsepareille représente une espèce. […]<br>Prononc. et Orth.: [smilaks]. Att. ds Ac. dep. 1878. Étymol. et Hist. 1549 (FOUSCH, Hist. des plantes, chap. 274). Mot du lat. des botanistes smilax « if », « sorte d'yeuse », « liseron », lui-même empr. au gr. « nom d'arbre », « nom de plantes grimpantes, smilax de jardin, sorte de liseron ». Bbg. ARVEILLER (R.). Méd. et matière méd. R. Ling. rom. 1970, t. 34, p. 184. QUEM. DDL t. 3. ZOLLI (P.). St. fr. 1970, t. 14, p. 597.</font></blockquote>… Mais aussi, effectivement, la bruyère blanche, dont la racine est utilisée pour faire les ébauchons des pipes en bois. Il s’agit plus précisément de la bruyère arborescente, Erica arborea, dont les fleurs blanches ont une forte odeur de miel.<br>Mais rien n’empêche de traduire brier par ronce, puisque la ronce est bien une plante qui grimpe et pleine d’épines :<blockquote><font color="#FF9EC3">RONCE, subst. fém.<br>A. BOT. Plante ligneuse, sarmenteuse de la famille des Rosacées, comprenant plusieurs variétés qui poussent à l'état sauvage dans les bois, les haies, les terrains incultes et dont les nombreuses tiges portent des épines. […]<br>En partic. Ronce des haies ou ronce. Mûrier sauvage dont les fruits (mûres sauvages) sont comestibles.[…]<br>P. méton., gén. au plur. Tiges épineuses de la ronce.</font></blockquote> Si je récapitule :<br>Brier (ou briar) peut se traduire par églantine, smilax, bruyère (arborescente), ou ronce. Bien. Maintenant, l’églantine est en réalité la fleur de l’églantier ; par métonymie, je pense que églantine en est venu à désigner le buisson autant que la fleur, dans le langage courant. Donc on peut rajouter à la liste églantier. Pour l’instant rien de bien sorcier. <br>Là où ça commence à devenir amusant, c’est que églantine et églantier se traduisent par brier ou sweetbriar, mais aussi wild rose ou eglantine. Deux termes équivalents en français en ramènent quatre (voire cinq sachant que briar est une graphie différente de brier) en anglais… Mais :<blockquote><font color="#993399">eglantine <br>Related: Plant <br>(ĕg´lentīn) , name for various kinds of rose (family Rosaceae), chiefly sweetbrier , and for a honeysuckle (family Caprifoliaceae). The name eglantine has been much used in English poetry. </font></blockquote>Eglantine ne couvre pas la seule églantine de chez nous, aussi le… chèvrefeuille (honeysuckle)… Ah ! La question devient compliquée, là ! Libre choix au traducteur, en fonction du contexte et des contraintes, de choisir ce qu’il veut :)<br>On continu le débroussaillage :)<br>Je parlais de bruyère.<blockquote><font color="#FF9EC3">BRUYÈRE, subst. fém.<br>A. Plante ligneuse à petites fleurs violettes ou roses, de la famille des éricacées, qui croît sur les terrains siliceux. Champ, feu de bruyères; balais, pipes en bois, en racine de bruyère […]<br>3. J'ai cueilli ce brin de bruyère<br>L'automne est morte souviens-t'en<br>Nous ne nous verrons plus sur terre<br>Odeur du temps brin de bruyère <br>Et souviens-toi que je t'attends.<br>APOLLINAIRE, Alcools, 1913, p. 85.</font></blockquote> (Je le laisse parce que je l’aime bien :))<br><blockquote><font color="#FF9EC3">[…]PRONONC. : []. [] dans PASSY 1914 et BARBEAU-RODHE 1930.<br>ÉTYMOL. ET HIST. 1. 1174 « terre en friche où poussent des bruyères » (G. DE PONT-STE-MAXENCE, St Thomas, éd. E. Walberg, Paris, 1936, vers 6090); 2. ca 1180 bruyère « plante » (LAMBERT LE TORT, A. DE BERNAY, Alexandre, 442, 5 dans T.-L. : La lance que il porte ne fu pas de bruiere); 1835 terre de bruyère, coq de bruyère (Ac.).<br>Dér. en -aria de brucus « bruyère » attesté, semble-t-il, une seule fois dans une glose du Xe s. (CGL t. 3, p. 587, 65, v. aussi MEYER-LÜBKE dans Wiener Studien, t. 25, 1903, p. 93); cf. brugaria, Placit., anno 891, t. 6, Gall. christ. inter Instr. col. 170 dans DU CANGE. Brucus serait issu du gaul. *bruco, auquel correspondent l'a. irl. froech, le cymrique grug, le cornique grig, le bret. brug (THURNEYSEN, p. 94; DOTTIN, p. 238, 301), toutes formes remontant à un celt. *vroikos.<br>[…]</font></blockquote>La bruyère « en général » (autre que arborescente, la callune, quoi) se dit heath ou heather (les deux sont presque interchangeables) :<blockquote><font color="#993399">heath <br>Related: Plant <br>in botany, common name for some members of the Ericaceae, a family of chiefly evergreen shrubs with berry or capsule fruits. Plants of the heath family form the characteristic vegetation of many regions with acid soils, particularly the moors, swamps, and mountain slopes of temperate regions throughout the world and, to a lesser extent, of tropical and subarctic regions (see heath , in ecology). […] The common heather—the heather of Scotland—is Calluna vulgaris, sometimes called ling. [...] Its multiple branches have been used for brooms. The names heath and heather are often used interchangeably. Although both are somewhat similar low evergreen shrubs of the Old World, heather has short, scalelike, overlapping leaves and a profusion of long-lasting rosy flowers; the true heaths (genus Erica) have needlelike leaves and white, rose, or yellow flowers. Species of this large genus are characteristic of vast moor areas in W Europe and, especially, South Africa and the Mediterranean area. The root of the tree heath ( E. arborea ), called also bruyère, brier, brierroot, French brier, and other names, is the major source of brier pipes (see Saint-Claude ). [...] Other plants of similar habit, particularly those of the same family, are sometimes also called heath or heather. Heath is classified in the division Magnoliophyta , class Magnoliopsida, order Ericales, family Ericaceae. </font></blockquote> Quant à la brande, et bien… c’est une sorte de bruyère, ou le terrain où cette bruyère pousse :<br><blockquote><font color="#FF9EC3">BRANDE, subst. fém.<br>Bruyère des terrains incultes. Feu de brandes; dans la bruyère épaisse et dans les hautes brandes (VIGNY, Les Destinées, 1863, p. 127) :<br>[…]P. méton. Terre où croissent ces arbustes[…]<br>PRONONC. : [].<br>ÉTYMOL. ET HIST. 1205 lat. médiév., Bretagne branda « bruyère » (ds DU CANGE, t. 1, p. 735b); attesté indirectement par son dér. brandey « champ de bruyères » 1378 (Ste Croix, Ste Radeg. de Pommiers, Arch. Vienne dans GDF.); 1478 « lieu où poussent les bruyères » et « bruyères » (ds DU CANGE, t. 1, p. 735c); d'où 1653 mar. « fagot de brins de bruyère, enduits d'une substance combustible » (A. OUDIN, Recherches ital. et fr., Paris).<br>Issu de l'a. fr. brander « flamboyer, s'embraser (de l'aube, d'une rayon de lumière) » (ca 1150 Thèbes dans T.-L.) parce que la bruyère était facilement inflammable et qu'au Moy. Âge on brûlait les champs pour les fertiliser (FEW t. 15, 1, s.v. brand; Baist dans Z. rom. Philol., t. 43, pp. 81-83). À rapprocher du lat. médiév. brandarium prob. « champ destiné à être essarté par le feu » (1195 dans BAMBECK Boden, p. 92).</font></blockquote><br>Dans un cas, elle se traduit heath(er), dans l’autre undergrowth. En récapitulant ? En récapitulant :<br>Bruyère : Heath(er)<br>Bruyère arborescente : Brier, French brier, brierroot, heath(er)<br>Brande : Heath(er), undergrowth<br>Et tant qu’on est parti… En ce qui concerne les ronces : Outre par briar/brier, on peut traduire par bramble : <blockquote><font color="#993399">bramble <br>Related: Plant <br>name for plants of the genus Rubus [Lat.,=red, for the color of the juice]. This complex genus of the family Rosaceae ( rose family), with representatives in many parts of the world, includes the blackberries, raspberries, loganberries, boysenberries, and dewberries. The plants are typically shrubs with prickly stems (called “canes” ) and edible fruits that botanically are not berries but aggregates of drupelets (see fruit ). […] In England the name bramble is applied chiefly to the common wild blackberry. Other thorny shrubs are sometimes also called brambles. Brambles are classified in the division Magnoliophyta , class Magnoliopsida, order Rosales, family Rosaceae. </font></blockquote>Et là, bramble désigne non seulement les ronces, genre framboisiers et mûriers, mais parfois aussi n’importe quel arbuste (shrub) à épines.<br>Bien, et maintenant les différences entre fern et braken : <blockquote><font color="#993399">fern <br>Section: Common Species <br>Related: Plant <br>The majority of the common living ferns are members of the polypody family (Polypodiaceae), usually characterized by the familiar triangular fronds subdivided into many leaflets (pinnae) and smaller pinnules. A popular house fern, a drooping-leaved variety of Nephrolepis exaltata, a tropical sword fern, is called the Boston fern (var. bostoniensis ) because it was first found in a shipment of sword ferns received in Boston. The maidenhair ferns ( Adiantum ), with a few species native to North America, were formerly used as a cure for respiratory ailments. The Brazilian A. cuneatum and its numerous varieties are now the major greenhouse ferns in North America. The most familiar of all woodland ferns, found the world over, is Pteridium aquilinum, the common bracken , or brake (names also applied to other similar ferns, especially species of Pteris ). Other North American woodland ferns include the Christmas fern ( Polystichum acrostichoides ), a dark-green evergreen plant; the walking fern ( Camptosorus rhizophyllus ), native to limestone areas and named for its characteristic vegetative reproduction, in which new plantlets root from the tips of the elongated fronds; and the common polypody ( Polypodium vulgare ), called also wall, or boulder, fern, a low, matted plant that is the most common of the rock-inhabiting ferns.[…]<br>bracken <br>Related: Plant <br>or brake, common name for a tall fern ( Pteridium aquilinum ) with large triangular fronds, widespread throughout the world, often as a weed. It is considered poisonous to livestock when eaten in quantity, but the rootstocks and the young shoots, cooked, are used for food. Bracken is also a source of tannin and is used for thatching and as bedding for livestock. A beverage is made from the roots. The names bracken and brake are sometimes also applied to other large, coarse ferns and, as general terms, to a thicket of such plants. Bracken is classified in the division Polypodiophyta , class Polypodiopsida, order Filicales, family Polypodiaceae. </font></blockquote><br> Donc, fern désigne les fougères en général, bracken une espèce de fougère en particulier, la Pteridium aquilinum, la fougère aigle.<br> <br>Et pour le plaisir... une autre discussion interessante sur la <a href="http://www.jrrvf.com/forum/noncgi/Forum11/HTML/000080.html" target="_new">bardane</a> :)<br> <br> <br>
Reply


Messages In This Thread

Forum Jump:


Users browsing this thread: 1 Guest(s)