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traduire un nom de lieu (sarn gebir)
#10
Mon sentiment linguistique me pousserait également à employer l'article. Voici ce que je trouve dans aux pp. 1776-177 <i>Grammaire méthodique du français</i> (RIEGEL, Martin, PELLAT, Jean-Christophe, RIOUL, René. Paris : Presses Universitaires de France, 1994. 646 p. ISBN 2-13-050249-0) :<p><font color=blue>Le nom propre prototypique a la caractéristique formelle d'être dépourvu de déterminant et de modificateur : <i>*Le Paul est arrivé</i> (sauf en français régional ou dans des registres familiers pour des noms de personne) - <i>*Je connais bien le Paris.</i><p>Sont régulièrement précédés de l'article défini à l'exclusion de tout autre déterminant :<br><ul><li>les noms propres toponymiques autres que ceux des villes : <i>Le Pérou, la Hollande, l'Asie,le Brabant </i>(mais <i>Cuba, Israël</i>), <i>le Rhin, la Martinique</i>; l'article de <i>Le Havre, La Baule, La Ferté</i> précède un ancien nom commun ;</li><li>les noms des bateaux (<i>le Liberté</i>), des restaurants (<i>le Crocodile</i>) etc.</li><li>les noms de cantatrices et d'actrices (italianismes) : <i>la Callas, la Duze</i>, etc. mais <i>Régine Crespin</i> et la non <i>*la Crespin</i>.</li></ul></font><p>(Ce dernier exemple relevant à mon sens plus du snobisme que de la linguistique. L'absence d'article pour Israël vient certainement de ce que c'est au départ un nom propre, "Celui qui est fort devant le Seigneur", qui est ensuite devenu nom de peuple puis d'Etat. Pour Cuba, c'est plus troublant.)<p>A noter que les noms propres sont capables de s'adjoindre un article et de fonctionner comme nom commun en perdant sa référence spécifique et en acquérant se transformant en classe référentielle sont le nom propre est l'étalon. Par ex. <i>Un De Gaulle aurait immédiatement démissionné</i>... Ce passage de nom propre à nom commun et réciproquement est une <b>antonomase</b> ;-)<p>On emploie aussi l'article pour opérer selon la même référence <font color=blue>une scission ou une division de l'individu porteur du nom propre en sélectionnant certaines de ses propriétés ou une période de son existence : <i>C'est un Bernard Pivot particulièrement en verve que nous avons vu hier soir à la télévision</i></font>.<p>Je noterai de même que l'exemple agrammatical vu plus haut <i>*Je connais bien le Paris</i> devient tout à fait correct avec un qualificatif : <i>Je connais bien le vieux Paris.</i><p>Je n'ai pas de référence sous la main, mais il me semble qu'en anglais l'article s'emploierait dans une phrase comme <i>I am crossing the Hot Springs</i>. <i>I am crossing Hot Springs</i> ne renvoierait-il pas plus à une ville qu'à un élément du paysage ?<p>Commr <i>Sarn Gebir</i> est un xénisme, c.à.d. un élément étranger dans la langue, il pourrait avoir un traitement particulier. Il me semble toutefois que j'appliquerais spontanément même à un nom étranger les règles usuelles : <i>Je parcours le Saimaa en bateau</i>, <i>Je traverse la Kakitagawa</i> <font size=1> - à toutes fins utiles les articles sont inexistants tant en finnois qu'en japonais ;-)</font>.<p>Donc plutôt l'article... mais la remarque de Benilbo sur l'usage en anglais est très intéressante. Certaines entités sont en quelque sorte personnifiées par l'absence d'article, ce qui peut être un élément à respecter. Toutefois si c'est clairement le cas de "Rauros" ou "Caradhras" cela me semble moins évident pour "Sarn Gebir".<p>B.
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