22-05-2005, 19:49
[small][édit (Yyr) 2021 : fusion de deux anciens fuseaux entre eux][/small]
[séparation]
Je me suis essayé à rendre en français l’<i>Hymne des Elfes à Elbereth</i>, chanté par la compagnie d’Elfes menée par Gildor Inglorion que rencontrent Frodon, Sam et Pippin un nuit dans les bois au début de leur voyage vers Fondcombe. Il est évidemment apparenté à l’hymne en sindarin (<i>A Elbereth Gilthoniel / silivren penna míriel...</i>) qui apparaît dans le premier chapitre du deuxième livre du SdA : des vers de deux parties, en sindarin comme en parler commun (représenté par l’anglais / le français), apparaissent mêlés dans le dernier chapitre « Les havres gris ».
Dans la version originale, les vers anglais et sindarins ont exactement la même forme, ce sont des tétramètres iambiques accentuels. La partie chantée par la compagnie de Gildor se compose toutefois de quatrains, alors que le fragment sindarin comporte sept vers en continu. Peut-être cette différence de forme est-elle liée à un rôle différent dans le chant : la partie qui nous est livrée en sindarin pourrait être un refrain.
La traduction poétique de cet hymne n’est pas aisée, d’abord parce qu’il faut exalter Elbereth sans verser dans le grotesque, ensuite pour une raison de forme. Comme la version traduite dans le langage du lecteur (en français dans notre cas) et celle en sindarin font partie d’un même ensemble, il est souhaitable d’employer un vers notamment similaire au tétramètre sindarin, qui sert de référence intangible. En français, l’octosyllabe s’impose. Mais il devient alors très difficile de tout faire tenir dans des quatrains, surtout si l’on s’impose des rimes – ce qui est souhaitable, l’original étant en rimes croisées.
Pour cette raison, j’ai opté pour une forme différente de l’original tout en restant compatible avec le sindarin. J’ai remplacé les quatrains par des sizains, avec un schéma simple de rimes plates (de sorte que les sizains ne sont pas malheureusement bien caractérisés). Cela me donne plus de place ; un peu trop en fait et il m’a fallu broder par endroits... J’espère que le résultat ne sera pas trop tarte à vos yeux ! Il ne me satisfait pas trop, mais cela fait longtemps que je suis sur cette traduction et je n’arrive pas à faire mieux.
[colonne][gauche]<b>Hymne des Elfes à Elbereth Gilthoniel</b>[/gauche][droite]<b>Elven Hymn to Elbereth Gilthoniel</b>[/droite][/colonne]
[colonne][gauche]Ô Blanche-neige ! Ô Dame claire !
Ô Reine par delà les Mers !
Ô Lumière lointaine à l’Ouest
Pour ceux-là d’entre nous qui restent
En ce monde à vagabonder
Parmi les arbres emmaillés !
Gilthoniel ! Ô Elbereth !
Clairs sont tes yeux d’enchanteresse
Et vif est ton souffle profond !
Ô Blanche-neige ! nous chantons
Pour toi dans un pays lointain
Séparé par les flots marins.
Ô étoiles qui dans l’An
Sans Soleil, de ses doigts brillants,
Lumineuses fûtes semées,
En des champs venteux essaimé
Clair et scintillant, nous voyons
L’argent de votre floraison
Ô Elbereth ! Gilthoniel !
Nous gardons encore, éternel,
Nous qui habitons ce pays
Lointain sous les arbres blotti,
Le souvenir de ta lumière
D’étoiles à l’Ouest sur les Mers.[/gauche][droite]Snow-white! Snow-white ! O Lady clear !<br>O Queen beyond the Western Seas !<br>O Light to us that wander here<br>Amid the world of woven trees !
Gilthoniel ! O Elbereth !<br>Clear are thy eyes and bright thy breath !<br>Snow-white ! Snow-white ! We sing to thee<br>In a far land beyond the Sea.
O stars that in the Sunless Year<br>With shining hand by her were sown,<br>In windy fields now bright and clear<br>We see your silver blossom blown !
O Elbereth ! Gilthoniel !<br>We still remember, we who dwell<br>In this far land beneath the trees,<br>Thy starlight on the Western Seas.[/droite][/colonne]
[séparation]
Je me suis essayé à rendre en français l’<i>Hymne des Elfes à Elbereth</i>, chanté par la compagnie d’Elfes menée par Gildor Inglorion que rencontrent Frodon, Sam et Pippin un nuit dans les bois au début de leur voyage vers Fondcombe. Il est évidemment apparenté à l’hymne en sindarin (<i>A Elbereth Gilthoniel / silivren penna míriel...</i>) qui apparaît dans le premier chapitre du deuxième livre du SdA : des vers de deux parties, en sindarin comme en parler commun (représenté par l’anglais / le français), apparaissent mêlés dans le dernier chapitre « Les havres gris ».
Dans la version originale, les vers anglais et sindarins ont exactement la même forme, ce sont des tétramètres iambiques accentuels. La partie chantée par la compagnie de Gildor se compose toutefois de quatrains, alors que le fragment sindarin comporte sept vers en continu. Peut-être cette différence de forme est-elle liée à un rôle différent dans le chant : la partie qui nous est livrée en sindarin pourrait être un refrain.
La traduction poétique de cet hymne n’est pas aisée, d’abord parce qu’il faut exalter Elbereth sans verser dans le grotesque, ensuite pour une raison de forme. Comme la version traduite dans le langage du lecteur (en français dans notre cas) et celle en sindarin font partie d’un même ensemble, il est souhaitable d’employer un vers notamment similaire au tétramètre sindarin, qui sert de référence intangible. En français, l’octosyllabe s’impose. Mais il devient alors très difficile de tout faire tenir dans des quatrains, surtout si l’on s’impose des rimes – ce qui est souhaitable, l’original étant en rimes croisées.
Pour cette raison, j’ai opté pour une forme différente de l’original tout en restant compatible avec le sindarin. J’ai remplacé les quatrains par des sizains, avec un schéma simple de rimes plates (de sorte que les sizains ne sont pas malheureusement bien caractérisés). Cela me donne plus de place ; un peu trop en fait et il m’a fallu broder par endroits... J’espère que le résultat ne sera pas trop tarte à vos yeux ! Il ne me satisfait pas trop, mais cela fait longtemps que je suis sur cette traduction et je n’arrive pas à faire mieux.
[colonne][gauche]<b>Hymne des Elfes à Elbereth Gilthoniel</b>[/gauche][droite]<b>Elven Hymn to Elbereth Gilthoniel</b>[/droite][/colonne]
[colonne][gauche]Ô Blanche-neige ! Ô Dame claire !
Ô Reine par delà les Mers !
Ô Lumière lointaine à l’Ouest
Pour ceux-là d’entre nous qui restent
En ce monde à vagabonder
Parmi les arbres emmaillés !
Gilthoniel ! Ô Elbereth !
Clairs sont tes yeux d’enchanteresse
Et vif est ton souffle profond !
Ô Blanche-neige ! nous chantons
Pour toi dans un pays lointain
Séparé par les flots marins.
Ô étoiles qui dans l’An
Sans Soleil, de ses doigts brillants,
Lumineuses fûtes semées,
En des champs venteux essaimé
Clair et scintillant, nous voyons
L’argent de votre floraison
Ô Elbereth ! Gilthoniel !
Nous gardons encore, éternel,
Nous qui habitons ce pays
Lointain sous les arbres blotti,
Le souvenir de ta lumière
D’étoiles à l’Ouest sur les Mers.[/gauche][droite]Snow-white! Snow-white ! O Lady clear !<br>O Queen beyond the Western Seas !<br>O Light to us that wander here<br>Amid the world of woven trees !
Gilthoniel ! O Elbereth !<br>Clear are thy eyes and bright thy breath !<br>Snow-white ! Snow-white ! We sing to thee<br>In a far land beyond the Sea.
O stars that in the Sunless Year<br>With shining hand by her were sown,<br>In windy fields now bright and clear<br>We see your silver blossom blown !
O Elbereth ! Gilthoniel !<br>We still remember, we who dwell<br>In this far land beneath the trees,<br>Thy starlight on the Western Seas.[/droite][/colonne]

