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Le Chant de l'Aigle — un psaume chez Tolkien
#2
Je n’oserai pas trop me lancer dans l’analyse du contenu de ce poème, parce mon petit doigt me dit qu’il rôde dans les parages des gens autrement plus solides que moi pour ce faire ;-)<p>Je remarquerai juste que ce style archaïsant et évoquant l’Authorised Version est très significativement associé aux Valar, et régulièrement employé lorsqu’on rapporte leurs paroles. On le retrouve bien entendu dans l’Ainulindalë, dans la Valaquenta, dans les premiers chapitres de la Quenta Silmarillion, ou dans le débat au sujet de Finwë et Míriel (HoME X p. 239 et suivantes).<p>Et précisément, l'aigle qui vient clamer ces nouvelles inespérées au-dessus de Minas Tirith est dit être envoyé par les "Seigneurs de l'Ouest" - autrement dit les Valar. On peut présumer qu'il s'agit d'abord de Manwë, l'aigle étant son oiseau symbole. Et l'on peut même se demander si les Valar sont vraiment l'origine ou s'ils ne sont eux-mêmes que messages ; il a déjà été discuté d'une possible intervention d'Eru à ce moment, qui est celui où l'Anneau est détruit, celui où Sauron tombe. La brusque explosion de lumière et de joie qui submerge Minas Tirith et ses habitants à l'écoute de ces nouvelles "inespérées" à cet égard laisse à penser : on peut la voir comme une reconnaissance de cette providence. En tout cas, dans une optique tout à fait interne à Arda, elle peut se voir comme ce la confirmation et la joie de ceux qui ont gardé l'espérance (<i>estel</i>) même lorsqu'il n'y avait plus d'espoir tangible (<i>amdir</i>) : au propre comme au figuré, on peut y voir le couronnement de l'Estel.<p>B.
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