07-04-2003, 02:19
[small][Édit (Yyr) 2021 : ce fuseau est l'un des nombreux rejetons de l'arbre initial de la traduction des poèmes][/small]
[espacement]
Après un certain temps passé dessus:-), voici le résultat de ma tentative de traduction du premier chant du <i>Lay of Leithian</i>.<p>Pour ne pas avoir la tentation de trop "délayer" la matière poétique originale ni de trop m'éloigner du texte, je me suis contenté de décasyllabes non rimés (à l'exception du premier vers:-)), en essayant autant que possible de conserver un schéma métrique 4/6 ou 6/4 (tout en ne dédaignant pas la césure après la cinquième syllabe:-))...<br>Pour le reste, je vous le laisse découvrir sans attendre (en espérant que mon tableau fonctionne, ce qu'il devrait faire en théorie:-)):
[espacement]
[colonne][gauche]<i>The Gest of Beren and Lúthien</i>
<i>I</i>[/gauche][droite]La Geste de Beren et Lúthien
I[/droite][/colonne]
[colonne][gauche]<i>A king there was in days of old:
ere Men yet walked upon the mould
his power was reared in cavern’s shade,
his hand was over glen and glade.
His shields were shining as the moon, [5]
his lances keen of steel were hewn,
of silver grey his crown was wrought,
the starlight in his banners caught;
and silver thrilled his trumpets long
beneath the stars in challenge strong; [10]
enchantment did his realm enfold,
where might and glory, wealth untold,
he wielded from his ivory throne
in many-pillared halls of stone.
There beryl, pearl, and opal pale, [15]
and metal wrought like fishes’mail,
buckler and corslet, axe and sword,
and gleaming spears were laid in hoard –
all these he had and loved them less
than a maiden once in Elfinesse; [20]
for fairer than are born to Men
a daughter had he, Lúthien.</i>[/gauche][droite]Au temps jadis vivait un roi :
Avant que l’Homme eût foulé la surface,
Sous la terre s’étendait son pouvoir,
Vals et forêts relevaient de sa main.
Tels la lune ses écus sont polis, [5]
De ses épieux la pointe est d’acier pur,
De vif argent sa couronne est forgée,
Ses bannières reflètent les étoiles ;
Et de défi, sous le ciel étoilé,
Ses trompettes d’argent ont retenti. [10]
Un sort puissant son royaume entourait :
De son trône d’ivoire il amassait
Gloire et pouvoir, des richesses sans nombre,
Dans son palais de pierre aux maints piliers.
Là, le béryl, la perle avec l'opale, [15]
Et la maille forgée, telle l’écaille,
Rondache et corselet, épée et hache
Et lances scintillantes s’empilaient –
Tous ces trésors, il les chérissait moins
Qu’une jeune fille, au pays des Elfes, [20]
Car plus belle que les enfants des Hommes,
Une fille lui était née, Lúthien.[/droite][/colonne]
[colonne][gauche]<i>Such lissom limbs no more shall run
from the green earth beneath the sun;
so fair a maid ne more shall be [25]
from dawn to dusk, from sun to sea.
Her robe was blue as summer skies,
but grey as evening were her eyes;
‘twas sewn with golden lilies fair,
but dark as shadow were her hair. [30]
Her feet were light as bird on wing,
her laughter lighter than the spring;
the slender willow, the bowing reed,
the fragrance of a flowering mead,
the light upon the leaves of trees, [35]
the voice of water, more than these
her beauty was and blissfulness,
her glory and her loveliness;
and her the king more dear did prize
than hand or heart or light of eyes. [40]</i>[/gauche][droite]Oncques mais verra-t-on, sous la soleil
Nul se mouvoir avec plus de souplesse,
Ni une telle beauté exister [25]
Sur la surface entière de la terre.
Sa robe avait le bleu d’un ciel d’été,
Mais ses yeux étaient gris comme le soir ;
On y trouvait semés de beaux lys d’or,
Mais ses cheveux étaient d’un noir de jais. [30]
Comme une aile d’oiseau ses pieds volaient,
Son rire était plus vif que le printemps ;
Le roseau incliné, le saule mince,
Le parfum exhalé des fleurs d’un pré,
Le jeu de la lumière sur les feuilles, [35]
La voix de l’eau, plus que toutes ces choses
Fut sa beauté et sa félicité
Sa renommée et sa distinction ;
Et le roi l’estimait plus précieuse
Que main ou cœur ou prunelle des yeux. [40][/droite][/colonne]
[colonne][gauche]<i>They dwelt amid Beleriand,
while Elfin power yet held the land,
in the woven woods of Doriath:
few ever thither found the path;
few ever dared the forest-eaves [45]
to pass, or stir the listening leaves
with tongue of hounds a-hunting fleet,
with horse, or horn, or mortal feet.
To North there lay the Land of Dread,
whence only evil pathways led [50]
o’er hills of shadow bleak and cold
or Taur-na-Fuin’s haunted hold,
where Deadly Nightshade lurked and lay
and never came or moon or day;
to South the wide earth unexplored; [55]
to West the ancient Ocean roared,
unsailed and shoreless, wide and wild;
to East in peaks of blue were piled
in silence folded, mist-enfurled,
the mountains of the Outer World, [60]
beyond the tangled woodland shade,
thorn and thicket, grove and glade,
whose brooding boughs with magic hung
were ancient when the world was young.</i>[/gauche][droite]Ils demeuraient au cœur du Beleriand,
Où les Elfes tenaient encor la terre,
Dans les bois enchantés de Doriath :
Très peu purent s’y frayer un chemin,
Très peu même osèrent franchir l’orée [45]
Ou déranger les feuilles attentives
Aux aboiements d’une meute rapide,
Au bruit d’un cor, ou aux pas d’un mortel.
Au Nord, vers la Terre de la Terreur
Ne conduisaient que des chemins funestes, [50]
Par-delà l’ombre froide des collines
Ou la forêt hantée de Taur-na-Fuin,
Qu’une Nuit Mortelle et patiente hantait,
Que ne pouvait percer nulle lumière ;
Au Sud, les étendues inexplorées ; [55]
A l’Ouest, rugissait le vieil Océan,
Au grand large insondé et insoumis ;
A l’Est s’empilaient les sommets bleutés,
Environnés de silence et de brume,
Des montagnes du Monde Extérieur, [60]
Au-delà de l’ombre touffue des bois,
Buissons épineux, bosquets et clairières,
Dont les rameaux soutenus par magie,
Etaient anciens quand le monde était jeune.[/droite][/colonne]
[colonne][gauche]<i>There Thingol in the Thousand Caves, [65]
whose portals pale that river laves
Esgalduin that fairies call,
in many a tall and torchlit hall
a dark and hidden king did dwell,
lord of the forest and the fell; [70]
and sharp his sword and high his helm,
the king of beech and oak and helm.</i>[/gauche][droite]Là Thingol, reclus dans les Mille Grottes, [65]
Aux portes baignées par cette rivière
Que les êtres féés nomment l’Esgalduin,
Dans mainte salle éclairée à la torche
Demeurait, souverain sombre et secret,
Seigneur de la forêt et de la lande, [70]
L’épée affûtée et le heaume haut,
Régnant sur l’orme, et le hêtre, et le chêne.[/droite][/colonne]
[colonne][gauche]<i>There Lúthien the lissom maid
would dance in dell and grassy glade,
and music merrily, thin and clear, [75]
went down the ways, more fair than ear
of mortal Men at feast hath heard,
and fairer than the song of bird.
When leaves were long and grass was green
then Dairon with his fingers lean, [80]
as daylight melted into shade,
a wandering music sweetly made,
enchanted fluting, warbling wild,
for love of Thingol’s elfin child.</i>[/gauche][droite]Là Lúthien, la jeune fille en fleur,
Dansait emmi l’herbe de la clairière,
Tandis qu’un mince filet de musique [75]
S’épanchait alentour, tel qu’un Mortel
N’en eût ouï plus beau lai dans un festin,
Et bien plus beau que le chant d’un oiseau.
Les feuilles étaient longues, l’herbe verte
Lorsque Dairon, de ses doigts amincis [80]
– Le plein jour lors cédait la place à l’ombre –,
Créait un chant doucement vagabond,
Un magique air de flûte, un trille ardent,
Par amour pour la fille de Thingol.[/droite][/colonne]
[colonne][gauche]<i>There bow was bent and shaft was sped, [85]
the fallow deer as phantoms fled,
and horses proud with braided mane,
with shining bit and silver rein,
went fleeting by on moonlit night,
as swallows arrow-swift in flight; [90]
a blowing and a sound of bells,
a hidden hunt in hollow dells.
There songs were made and things of gold,
and silver cups and jewels untold,
and the endless years of Faëry land [95]
rolled over far Beleriand,
until a day beneath the sun,
when many marvels were begun.</i>[/gauche][droite]Là l’arc vibrant décochait ses traits vifs, [85]
Le daim falot en hardes s’enfuyait,
Et les chevaux à la fière crinière,
Bride éclatante et rêne ornée d’argent,
S’en allaient galoper par nuit de lune,
Aussi rapides qu’hirondelle en vol ; [90]
Le son d’un cor, de clochettes, pour la
Chasse cachée au fond d’un val boisé.
Là l’on créait chansons, objets en or,
Coupes d’argent et joyaux innombrables,
Et les ans immortels de Féérie [95]
Déroulaient leur cours dans tout Beleriand,
Jusqu’à ce jour prochain, sous la soleil,
Où maintes merveilles l’on entreprit.[/droite][/colonne]
[espacement]
Iarwain
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Après un certain temps passé dessus:-), voici le résultat de ma tentative de traduction du premier chant du <i>Lay of Leithian</i>.<p>Pour ne pas avoir la tentation de trop "délayer" la matière poétique originale ni de trop m'éloigner du texte, je me suis contenté de décasyllabes non rimés (à l'exception du premier vers:-)), en essayant autant que possible de conserver un schéma métrique 4/6 ou 6/4 (tout en ne dédaignant pas la césure après la cinquième syllabe:-))...<br>Pour le reste, je vous le laisse découvrir sans attendre (en espérant que mon tableau fonctionne, ce qu'il devrait faire en théorie:-)):
[espacement]
[colonne][gauche]<i>The Gest of Beren and Lúthien</i>
<i>I</i>[/gauche][droite]La Geste de Beren et Lúthien
I[/droite][/colonne]
[colonne][gauche]<i>A king there was in days of old:
ere Men yet walked upon the mould
his power was reared in cavern’s shade,
his hand was over glen and glade.
His shields were shining as the moon, [5]
his lances keen of steel were hewn,
of silver grey his crown was wrought,
the starlight in his banners caught;
and silver thrilled his trumpets long
beneath the stars in challenge strong; [10]
enchantment did his realm enfold,
where might and glory, wealth untold,
he wielded from his ivory throne
in many-pillared halls of stone.
There beryl, pearl, and opal pale, [15]
and metal wrought like fishes’mail,
buckler and corslet, axe and sword,
and gleaming spears were laid in hoard –
all these he had and loved them less
than a maiden once in Elfinesse; [20]
for fairer than are born to Men
a daughter had he, Lúthien.</i>[/gauche][droite]Au temps jadis vivait un roi :
Avant que l’Homme eût foulé la surface,
Sous la terre s’étendait son pouvoir,
Vals et forêts relevaient de sa main.
Tels la lune ses écus sont polis, [5]
De ses épieux la pointe est d’acier pur,
De vif argent sa couronne est forgée,
Ses bannières reflètent les étoiles ;
Et de défi, sous le ciel étoilé,
Ses trompettes d’argent ont retenti. [10]
Un sort puissant son royaume entourait :
De son trône d’ivoire il amassait
Gloire et pouvoir, des richesses sans nombre,
Dans son palais de pierre aux maints piliers.
Là, le béryl, la perle avec l'opale, [15]
Et la maille forgée, telle l’écaille,
Rondache et corselet, épée et hache
Et lances scintillantes s’empilaient –
Tous ces trésors, il les chérissait moins
Qu’une jeune fille, au pays des Elfes, [20]
Car plus belle que les enfants des Hommes,
Une fille lui était née, Lúthien.[/droite][/colonne]
[colonne][gauche]<i>Such lissom limbs no more shall run
from the green earth beneath the sun;
so fair a maid ne more shall be [25]
from dawn to dusk, from sun to sea.
Her robe was blue as summer skies,
but grey as evening were her eyes;
‘twas sewn with golden lilies fair,
but dark as shadow were her hair. [30]
Her feet were light as bird on wing,
her laughter lighter than the spring;
the slender willow, the bowing reed,
the fragrance of a flowering mead,
the light upon the leaves of trees, [35]
the voice of water, more than these
her beauty was and blissfulness,
her glory and her loveliness;
and her the king more dear did prize
than hand or heart or light of eyes. [40]</i>[/gauche][droite]Oncques mais verra-t-on, sous la soleil
Nul se mouvoir avec plus de souplesse,
Ni une telle beauté exister [25]
Sur la surface entière de la terre.
Sa robe avait le bleu d’un ciel d’été,
Mais ses yeux étaient gris comme le soir ;
On y trouvait semés de beaux lys d’or,
Mais ses cheveux étaient d’un noir de jais. [30]
Comme une aile d’oiseau ses pieds volaient,
Son rire était plus vif que le printemps ;
Le roseau incliné, le saule mince,
Le parfum exhalé des fleurs d’un pré,
Le jeu de la lumière sur les feuilles, [35]
La voix de l’eau, plus que toutes ces choses
Fut sa beauté et sa félicité
Sa renommée et sa distinction ;
Et le roi l’estimait plus précieuse
Que main ou cœur ou prunelle des yeux. [40][/droite][/colonne]
[colonne][gauche]<i>They dwelt amid Beleriand,
while Elfin power yet held the land,
in the woven woods of Doriath:
few ever thither found the path;
few ever dared the forest-eaves [45]
to pass, or stir the listening leaves
with tongue of hounds a-hunting fleet,
with horse, or horn, or mortal feet.
To North there lay the Land of Dread,
whence only evil pathways led [50]
o’er hills of shadow bleak and cold
or Taur-na-Fuin’s haunted hold,
where Deadly Nightshade lurked and lay
and never came or moon or day;
to South the wide earth unexplored; [55]
to West the ancient Ocean roared,
unsailed and shoreless, wide and wild;
to East in peaks of blue were piled
in silence folded, mist-enfurled,
the mountains of the Outer World, [60]
beyond the tangled woodland shade,
thorn and thicket, grove and glade,
whose brooding boughs with magic hung
were ancient when the world was young.</i>[/gauche][droite]Ils demeuraient au cœur du Beleriand,
Où les Elfes tenaient encor la terre,
Dans les bois enchantés de Doriath :
Très peu purent s’y frayer un chemin,
Très peu même osèrent franchir l’orée [45]
Ou déranger les feuilles attentives
Aux aboiements d’une meute rapide,
Au bruit d’un cor, ou aux pas d’un mortel.
Au Nord, vers la Terre de la Terreur
Ne conduisaient que des chemins funestes, [50]
Par-delà l’ombre froide des collines
Ou la forêt hantée de Taur-na-Fuin,
Qu’une Nuit Mortelle et patiente hantait,
Que ne pouvait percer nulle lumière ;
Au Sud, les étendues inexplorées ; [55]
A l’Ouest, rugissait le vieil Océan,
Au grand large insondé et insoumis ;
A l’Est s’empilaient les sommets bleutés,
Environnés de silence et de brume,
Des montagnes du Monde Extérieur, [60]
Au-delà de l’ombre touffue des bois,
Buissons épineux, bosquets et clairières,
Dont les rameaux soutenus par magie,
Etaient anciens quand le monde était jeune.[/droite][/colonne]
[colonne][gauche]<i>There Thingol in the Thousand Caves, [65]
whose portals pale that river laves
Esgalduin that fairies call,
in many a tall and torchlit hall
a dark and hidden king did dwell,
lord of the forest and the fell; [70]
and sharp his sword and high his helm,
the king of beech and oak and helm.</i>[/gauche][droite]Là Thingol, reclus dans les Mille Grottes, [65]
Aux portes baignées par cette rivière
Que les êtres féés nomment l’Esgalduin,
Dans mainte salle éclairée à la torche
Demeurait, souverain sombre et secret,
Seigneur de la forêt et de la lande, [70]
L’épée affûtée et le heaume haut,
Régnant sur l’orme, et le hêtre, et le chêne.[/droite][/colonne]
[colonne][gauche]<i>There Lúthien the lissom maid
would dance in dell and grassy glade,
and music merrily, thin and clear, [75]
went down the ways, more fair than ear
of mortal Men at feast hath heard,
and fairer than the song of bird.
When leaves were long and grass was green
then Dairon with his fingers lean, [80]
as daylight melted into shade,
a wandering music sweetly made,
enchanted fluting, warbling wild,
for love of Thingol’s elfin child.</i>[/gauche][droite]Là Lúthien, la jeune fille en fleur,
Dansait emmi l’herbe de la clairière,
Tandis qu’un mince filet de musique [75]
S’épanchait alentour, tel qu’un Mortel
N’en eût ouï plus beau lai dans un festin,
Et bien plus beau que le chant d’un oiseau.
Les feuilles étaient longues, l’herbe verte
Lorsque Dairon, de ses doigts amincis [80]
– Le plein jour lors cédait la place à l’ombre –,
Créait un chant doucement vagabond,
Un magique air de flûte, un trille ardent,
Par amour pour la fille de Thingol.[/droite][/colonne]
[colonne][gauche]<i>There bow was bent and shaft was sped, [85]
the fallow deer as phantoms fled,
and horses proud with braided mane,
with shining bit and silver rein,
went fleeting by on moonlit night,
as swallows arrow-swift in flight; [90]
a blowing and a sound of bells,
a hidden hunt in hollow dells.
There songs were made and things of gold,
and silver cups and jewels untold,
and the endless years of Faëry land [95]
rolled over far Beleriand,
until a day beneath the sun,
when many marvels were begun.</i>[/gauche][droite]Là l’arc vibrant décochait ses traits vifs, [85]
Le daim falot en hardes s’enfuyait,
Et les chevaux à la fière crinière,
Bride éclatante et rêne ornée d’argent,
S’en allaient galoper par nuit de lune,
Aussi rapides qu’hirondelle en vol ; [90]
Le son d’un cor, de clochettes, pour la
Chasse cachée au fond d’un val boisé.
Là l’on créait chansons, objets en or,
Coupes d’argent et joyaux innombrables,
Et les ans immortels de Féérie [95]
Déroulaient leur cours dans tout Beleriand,
Jusqu’à ce jour prochain, sous la soleil,
Où maintes merveilles l’on entreprit.[/droite][/colonne]
[espacement]
Iarwain

