03-02-2003, 03:33
<small>Rque : numérotation des pages du Seigneur des Anneaux : [x]{y}=[page de l'édition Houghton Mifflin]{page de l'éd. du Centenaire}</small>
Conversation avec Eruvike et ceux qui voudront bien supporter la suite. Au final, proposition nouvelle pour traduire "estel"...;-)
Tolkien sait faire la différence entre foi (Faith) et espérance-confiance (Hope, trust) :
[citation=LotR [339]{380}]'Folly it may seem,' said Haldir. 'Indeed in nothing is the power of the Dark Lord more clearly shown than in the estrangement that divides all those who still oppose him. Yet so little <B><FONT COLOR="#0000ff">faith </font></B>and <B>trust</B> do we find now in the world beyond Lothlórien, unless maybe in Rivendell, that we dare not by <I><FONT COLOR="#0000ff">our own </font></I><B>trust</B> endanger our land. We live now upon an island amid many perils, and our hands are more often upon the bowstring than upon the harp.[/citation]
[citation=LotR [388]{433-4}]'Against delay. Against the way that seems easier. <FONT COLOR="#0000ff">{434}</FONT> Against refusal of the burden that is laid on me. Against-well, if it must be said, against <B><FONT COLOR="#0000ff">trust</font></B> <I>in the strength and truth of Men</I>.'[/citation]
Effectivement, la mort n'est pas à craindre pour le serviteur de Dieu.
Que ce soit un sage du texte hébreu des Proverbes :
[citation=Pr 14:32]The wicked is driven away in his wickedness: but the righteous hath <B><FONT COLOR="#0000ff">hope</FONT></B> in his <B>death</B>. [normal](AV=KJV)[/normal]
= Le méchant est chassé par son iniquité, mais le juste est plein de <B><FONT COLOR="#0000ff">confiance</font></B>, dans sa <B>mort</B> même. [normal](Darby)[/normal]
= Le méchant est renversé par sa méchanceté, Mais le juste trouve un <B><FONT COLOR="#0000ff">refuge</font></B> même en sa <B>mort</B>. [normal](Segond)[/normal][/citation]
Ou bien l'apôtre Paul lui-même dans l'épître aux Philippiens qui proclame de manière provocatrice :
[citation=Ph 1 :20-1]20 selon <B><FONT COLOR="#0000ff">ma ferme attente et mon espérance</font></B>, je n'aurai honte de rien, mais maintenant comme toujours, Christ sera glorifié dans mon corps avec une pleine assurance, soit par <B>ma vie</B>, soit par <B>ma mort</B>;
21 car <B>Christ</B> est ma vie, et la mort m'est <B><FONT COLOR="#0000ff">un gain</font></B>.[/citation]
Nous voyons bien qu'il y a en eux une espérance que la mort ne saurait entamer. Mais alors que nulle part, pas même dans l'expression paulinienne, la mort est envisagée comme l'objet d'une espérance, il me semble bien trop exagéré de parler de la " foi en la mort " <I>tout court</I>. La mort étant " le salaire du péché " (Rm 6 :23), on comprend Paul et son cri de rage (et non pas de détresse) " Qui me délivrera de ce corps de mort ? " (Rm 7 :24). Comment alors la mort pourrait-elle être objet foi de la part du croyant ?! <p>Affirmer le contraire, une " foi en la mort " (non scripturaire), ne pourrait être que source de confusion, ne serait-ce que parce qu'il y aurait méprise possible avec la " seconde mort ", et parce qu'on chercherait à la rendre équivalente à l'expression, scripturaire celle-là (cf. Tite 1 :2 et 3 :7), de " l'espérance de la vie éternelle " alors qu'il n'y pas d'équivalence de nature entre la mort terrestre (événement ponctuel) et la vie éternelle (qui commence ici bas dès lors que le croyant accepte le Royaume de Dieu et se prolonge au-delà du temps). <br>En vérité, la seule foi en la mort que reconnaissent les Écritures est la foi en la mort <I>de Jésus</I> pour le salut des hommes, à la seule condition de prendre en compte sa résurrection et sa glorification.
Notons bien que les textes bibliques considèrent l' " <I>espérance</I> de la vie éternelle " et non la " <I>foi</I> en la vie éternelle ". Ceci a son importance ; car il me semble bien que Tolkien était plus sensible au texte biblique qu'aux considérations théologiques, qu'il ne partageait pas les considérations de fin de siècle à propos de la mort d'un Urs Von Balthasar et que le Seigneur des Anneaux est bien plutôt un long questionnement sans réponse autre que celle de l'Espérance autour de l'affirmation de Paul : [emphase]« la mort m'est un gain »[/emphase].
Au passage : Tolkien, de nombreux croyants, et Paul lui-même auraient fortement réagi à l'affirmation de Balthasar. Ainsi, Paul [emphase]« ne désire [pas] qu'une chose [qui serait] se laisser engloutir »[/emphase], même au seuil de la mort, en prison. Lorsqu'il écrit aux Philippiens, après avoir caressé l'idée qu'une exécution lui permettrait de rejoindre Christ, [emphase]« ce qui de beaucoup est le meilleur »[/emphase] (Ph 1 :23), il comprend, il est [emphase]« persuadé »[/emphase], il [emphase]« sait »[/emphase] que Dieu permettra qu'il [emphase]« demeurer[a] et rester[a] avec [eux] tous , pour [leur] avancement et pour [leur] joie dans la foi »[/emphase] (1 :25). Ceci parce que Paul, et les chrétiens qu'il représente sont [emphase]« des serviteurs de Christ, qui font <I>de bon cœur</I> la volonté de Dieu. »[/emphase] [Eph 6 :6]. Rien donc, dans l'épître aux Philippiens, connue comme étant l'épître de la joie, qui puisse se rapprocher de ce désir de " dormir " ou de " ne plus être obligé de vivre " !
Conversation avec Eruvike et ceux qui voudront bien supporter la suite. Au final, proposition nouvelle pour traduire "estel"...;-)
Tolkien sait faire la différence entre foi (Faith) et espérance-confiance (Hope, trust) :
[citation=LotR [339]{380}]'Folly it may seem,' said Haldir. 'Indeed in nothing is the power of the Dark Lord more clearly shown than in the estrangement that divides all those who still oppose him. Yet so little <B><FONT COLOR="#0000ff">faith </font></B>and <B>trust</B> do we find now in the world beyond Lothlórien, unless maybe in Rivendell, that we dare not by <I><FONT COLOR="#0000ff">our own </font></I><B>trust</B> endanger our land. We live now upon an island amid many perils, and our hands are more often upon the bowstring than upon the harp.[/citation]
[citation=LotR [388]{433-4}]'Against delay. Against the way that seems easier. <FONT COLOR="#0000ff">{434}</FONT> Against refusal of the burden that is laid on me. Against-well, if it must be said, against <B><FONT COLOR="#0000ff">trust</font></B> <I>in the strength and truth of Men</I>.'[/citation]
Effectivement, la mort n'est pas à craindre pour le serviteur de Dieu.
Que ce soit un sage du texte hébreu des Proverbes :
[citation=Pr 14:32]The wicked is driven away in his wickedness: but the righteous hath <B><FONT COLOR="#0000ff">hope</FONT></B> in his <B>death</B>. [normal](AV=KJV)[/normal]
= Le méchant est chassé par son iniquité, mais le juste est plein de <B><FONT COLOR="#0000ff">confiance</font></B>, dans sa <B>mort</B> même. [normal](Darby)[/normal]
= Le méchant est renversé par sa méchanceté, Mais le juste trouve un <B><FONT COLOR="#0000ff">refuge</font></B> même en sa <B>mort</B>. [normal](Segond)[/normal][/citation]
Ou bien l'apôtre Paul lui-même dans l'épître aux Philippiens qui proclame de manière provocatrice :
[citation=Ph 1 :20-1]20 selon <B><FONT COLOR="#0000ff">ma ferme attente et mon espérance</font></B>, je n'aurai honte de rien, mais maintenant comme toujours, Christ sera glorifié dans mon corps avec une pleine assurance, soit par <B>ma vie</B>, soit par <B>ma mort</B>;
21 car <B>Christ</B> est ma vie, et la mort m'est <B><FONT COLOR="#0000ff">un gain</font></B>.[/citation]
Nous voyons bien qu'il y a en eux une espérance que la mort ne saurait entamer. Mais alors que nulle part, pas même dans l'expression paulinienne, la mort est envisagée comme l'objet d'une espérance, il me semble bien trop exagéré de parler de la " foi en la mort " <I>tout court</I>. La mort étant " le salaire du péché " (Rm 6 :23), on comprend Paul et son cri de rage (et non pas de détresse) " Qui me délivrera de ce corps de mort ? " (Rm 7 :24). Comment alors la mort pourrait-elle être objet foi de la part du croyant ?! <p>Affirmer le contraire, une " foi en la mort " (non scripturaire), ne pourrait être que source de confusion, ne serait-ce que parce qu'il y aurait méprise possible avec la " seconde mort ", et parce qu'on chercherait à la rendre équivalente à l'expression, scripturaire celle-là (cf. Tite 1 :2 et 3 :7), de " l'espérance de la vie éternelle " alors qu'il n'y pas d'équivalence de nature entre la mort terrestre (événement ponctuel) et la vie éternelle (qui commence ici bas dès lors que le croyant accepte le Royaume de Dieu et se prolonge au-delà du temps). <br>En vérité, la seule foi en la mort que reconnaissent les Écritures est la foi en la mort <I>de Jésus</I> pour le salut des hommes, à la seule condition de prendre en compte sa résurrection et sa glorification.
Notons bien que les textes bibliques considèrent l' " <I>espérance</I> de la vie éternelle " et non la " <I>foi</I> en la vie éternelle ". Ceci a son importance ; car il me semble bien que Tolkien était plus sensible au texte biblique qu'aux considérations théologiques, qu'il ne partageait pas les considérations de fin de siècle à propos de la mort d'un Urs Von Balthasar et que le Seigneur des Anneaux est bien plutôt un long questionnement sans réponse autre que celle de l'Espérance autour de l'affirmation de Paul : [emphase]« la mort m'est un gain »[/emphase].
Au passage : Tolkien, de nombreux croyants, et Paul lui-même auraient fortement réagi à l'affirmation de Balthasar. Ainsi, Paul [emphase]« ne désire [pas] qu'une chose [qui serait] se laisser engloutir »[/emphase], même au seuil de la mort, en prison. Lorsqu'il écrit aux Philippiens, après avoir caressé l'idée qu'une exécution lui permettrait de rejoindre Christ, [emphase]« ce qui de beaucoup est le meilleur »[/emphase] (Ph 1 :23), il comprend, il est [emphase]« persuadé »[/emphase], il [emphase]« sait »[/emphase] que Dieu permettra qu'il [emphase]« demeurer[a] et rester[a] avec [eux] tous , pour [leur] avancement et pour [leur] joie dans la foi »[/emphase] (1 :25). Ceci parce que Paul, et les chrétiens qu'il représente sont [emphase]« des serviteurs de Christ, qui font <I>de bon cœur</I> la volonté de Dieu. »[/emphase] [Eph 6 :6]. Rien donc, dans l'épître aux Philippiens, connue comme étant l'épître de la joie, qui puisse se rapprocher de ce désir de " dormir " ou de " ne plus être obligé de vivre " !

