10-01-2003, 13:05
<b><u> 3) Les mètres</u></b>
Chaque vers est divisé en deux distiques. Ceux-ci n’étaient pas nécessairement égaux ; la poésie vieille anglaise utilisait beaucoup les enjambements, ce qui fait que le deuxième distique d’un vers pouvait se prolonger dans le premier du vers suivant :
[citation]nor Forlong the old // to the flowering vales<br>ever, (// *)to Arnach, // to his own country<br>Returned in triumph ; // […]
[normal][small]* : fin du deuxième distique du vers précédant, mais le premier distique de ce vers est [emphase]« ever, to Arnach, »[/emphase].[/small][/normal][/citation]
Il y a plusieurs schémas métriques spécifiques, nommés <i>Sievers’ types</i> (du nom de celui qui les a classés).
« _ » désigne une syllabe accentuée, « u » une syllabe non accentuée. « ‘ » désigne l’accent secondaire :
[citation][normal]A. _ u _ u ([emphase]Steeds went striding[/emphase])
B. u _ u _ ([emphase][to] the Stoningland[/emphase])
C. u _ _ u ([emphase]and green pasture[/emphase])
D. a) _ _ ‘ u (je n’ai pas trouvé d’exemple dans <i>The Song of the Mounds</i>)
b) _ _ u ‘ ([emphase]There Theoden fell[/emphase])
E. _ u u _ ([emphase][as] wind in the morning[/emphase]).[/normal][/citation]
Pourquoi certains mots sont entre crochets ? Parce que ce sont des anacruses. Le terme existe aussi en musique et désigne les petites notes sur la partition, qui ne font pas partie de la mesure mais sont inscrites avant une notes (en quelque sorte, elles lui servent de tremplin). En poésie, il peut y avoir une, deux ou trois syllabes avant que la "mesure" ne commence.
[citation][to his] golden halls and green pasture[/citation]
Et il n’y a pas d’erreur à l’exemple D.b). Le phonème « e » est souvent articulé (avant une consonne à la fin des mots, en fin de distique, ou même devant une voyelle) ; cependant, à l’intérieur d’un distique, il ne se prononçait pas devant une voyelle ou un « h », de même qu’à la fin de certains mots courants (there, were, where…) où cette lettre était devenue purement graphique.
Les <i>Sievers’ types</i> sont des distiques. Pour faire un vers, il faut en associer deux, le plus souvent différents (associer deux fois les mêmes distiques dans un même vers pouvait être considéré comme un manque de finesse poétique). Les types les plus utilisés en poésie vieille anglaise sont A, D et E.
[citation]Steeds went striding [normal](A)[/normal] to the Stoningland [normal](B)[/normal]<br>the sword shinning [normal]©[/normal] in the South-kingdom [normal]© (manque de finesse poétique chez Tolkien ?! ;-))[/normal][/citation]
S’il faut utiliser obligatoirement quatre accents, le nombre de syllabes inaccentuées est illimité. Cependant, on n’en trouve en général qu’entre 2 et 5 dans un même distique. Ceci a pour conséquence que ces poèmes ne sont en rien syllabiques. Que deux vers qui se suivent aient le même nombre de syllabe peut arriver, mais ce n’est qu’accidentel.
[espacement]
<b><u>4) Style et sujet</u></b>
Il y a quelques techniques stylistique à détacher dans la poésie vieille anglaise : le <i>kenning</i> et la variation. Le <i>kenning</i> est une métaphore descriptive, un mot composé poétique remplaçant un simple nom. Dans <i>Beowulf</i>, par exemple, <i>sea</i> est souvent remplacée par <i>swan-road</i>, ou <i>sun</i> par <i>candle of the sky</i>.<br>La variation est simplement un autre nom utilisé pour désigner un objet ou une personne déjà citée. Dans <i>The Song of the Mound</i>, par exemple[emphase]« , <I>the tall bowmen</I> »[/emphase] désigne Derufin et Duilin.
Les sujets traités en poésie vieille anglaise étaient essentiellement des exploits épiques (<I>Beowulf</I>), des lamentations, des histoires bibliques et la vie des Saints, mais parfois aussi des prières Cependant, comme c’était une tradition essentiellement orale, très peu de textes ont survécus
_________________________________________
<small><u>Sources</u>
[séparation]
Chaque vers est divisé en deux distiques. Ceux-ci n’étaient pas nécessairement égaux ; la poésie vieille anglaise utilisait beaucoup les enjambements, ce qui fait que le deuxième distique d’un vers pouvait se prolonger dans le premier du vers suivant :
[citation]nor Forlong the old // to the flowering vales<br>ever, (// *)to Arnach, // to his own country<br>Returned in triumph ; // […]
[normal][small]* : fin du deuxième distique du vers précédant, mais le premier distique de ce vers est [emphase]« ever, to Arnach, »[/emphase].[/small][/normal][/citation]
Il y a plusieurs schémas métriques spécifiques, nommés <i>Sievers’ types</i> (du nom de celui qui les a classés).
« _ » désigne une syllabe accentuée, « u » une syllabe non accentuée. « ‘ » désigne l’accent secondaire :
[citation][normal]A. _ u _ u ([emphase]Steeds went striding[/emphase])
B. u _ u _ ([emphase][to] the Stoningland[/emphase])
C. u _ _ u ([emphase]and green pasture[/emphase])
D. a) _ _ ‘ u (je n’ai pas trouvé d’exemple dans <i>The Song of the Mounds</i>)
b) _ _ u ‘ ([emphase]There Theoden fell[/emphase])
E. _ u u _ ([emphase][as] wind in the morning[/emphase]).[/normal][/citation]
Pourquoi certains mots sont entre crochets ? Parce que ce sont des anacruses. Le terme existe aussi en musique et désigne les petites notes sur la partition, qui ne font pas partie de la mesure mais sont inscrites avant une notes (en quelque sorte, elles lui servent de tremplin). En poésie, il peut y avoir une, deux ou trois syllabes avant que la "mesure" ne commence.
[citation][to his] golden halls and green pasture[/citation]
Et il n’y a pas d’erreur à l’exemple D.b). Le phonème « e » est souvent articulé (avant une consonne à la fin des mots, en fin de distique, ou même devant une voyelle) ; cependant, à l’intérieur d’un distique, il ne se prononçait pas devant une voyelle ou un « h », de même qu’à la fin de certains mots courants (there, were, where…) où cette lettre était devenue purement graphique.
Les <i>Sievers’ types</i> sont des distiques. Pour faire un vers, il faut en associer deux, le plus souvent différents (associer deux fois les mêmes distiques dans un même vers pouvait être considéré comme un manque de finesse poétique). Les types les plus utilisés en poésie vieille anglaise sont A, D et E.
[citation]Steeds went striding [normal](A)[/normal] to the Stoningland [normal](B)[/normal]<br>the sword shinning [normal]©[/normal] in the South-kingdom [normal]© (manque de finesse poétique chez Tolkien ?! ;-))[/normal][/citation]
S’il faut utiliser obligatoirement quatre accents, le nombre de syllabes inaccentuées est illimité. Cependant, on n’en trouve en général qu’entre 2 et 5 dans un même distique. Ceci a pour conséquence que ces poèmes ne sont en rien syllabiques. Que deux vers qui se suivent aient le même nombre de syllabe peut arriver, mais ce n’est qu’accidentel.
[espacement]
<b><u>4) Style et sujet</u></b>
Il y a quelques techniques stylistique à détacher dans la poésie vieille anglaise : le <i>kenning</i> et la variation. Le <i>kenning</i> est une métaphore descriptive, un mot composé poétique remplaçant un simple nom. Dans <i>Beowulf</i>, par exemple, <i>sea</i> est souvent remplacée par <i>swan-road</i>, ou <i>sun</i> par <i>candle of the sky</i>.<br>La variation est simplement un autre nom utilisé pour désigner un objet ou une personne déjà citée. Dans <i>The Song of the Mound</i>, par exemple[emphase]« , <I>the tall bowmen</I> »[/emphase] désigne Derufin et Duilin.
Les sujets traités en poésie vieille anglaise étaient essentiellement des exploits épiques (<I>Beowulf</I>), des lamentations, des histoires bibliques et la vie des Saints, mais parfois aussi des prières Cependant, comme c’était une tradition essentiellement orale, très peu de textes ont survécus
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<small><u>Sources</u>
- SUHAMY Henry, <i>Versification anglaise</I>, ed Ellipses
- GRELLET F., <I>A Handbook of Litterary Terms, Introduction au vocabulaire littéraire anglais</I>, ed. Hachette Supérieur
- Internet : http://www.sp.uconn.edu/~mwh95001/oepoetry.htm
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