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Traduire les poèmes : théorie
#5
[small]Bon, je sais, ça à été long à venir. Mais les vacances semblent être de moins en moins faites pour se reposer :-(.[/small]

Je vais essayer de m’attacher à la versification accentuelle allitérative anglaise. Cette forme de poésie a été la première à être pratiquée en Angleterre, pendant la période du vieil anglais (700 – 1 100) et du moyen anglais (1 100 – 1 500). Ces dates ne signifient pas que cette forme ait été abandonnée depuis : elle a aussi été utilisée au 16e siècle (<i>Sir Gawain and the Green Knight</i>) et… au 20e, par le Professeur. Comme je n’ai pas la police nécessaire pour poster ici un poème en vieil anglais (et que du reste je suis incapable d’en comprendre un traître mot), je me servirai de <i>The Song of the Mounds of Munburg</i> (LVC6) pour illustrer mes propos. Ce poème n’est évidemment pas le seul à être allitératif et accentuel chez Tolkien ; les chants des Rohirrim sont majoritairement composés ainsi.

[séparation]

Les poèmes accentuels et allitératifs étaient destinés à l’origine à être chanté par un <i>Scop</i> (poète) accompagné par sa harpe. <br>Un vers est composé de deux demi-lignes (distiques) qui « allitèrent » (le terme existe en anglais mais pas en français). On pense que la césure était placée là où le <i>Scop</i> pinçait les cordes de sa harpe (ou le contraire, le <i>Scop</i> pinçant les cordes pendant les césures).

[espacement]

<b><u>1) Les allitérations</u></b>

Elles servent à créer une sorte de musique non imitative (comme le fameux <i> « Pour qui sont ces serpents… »</i>). Les échos ne sont pas symboliques et ne renvoient pas à une réalité (les sifflements des serpents par exemple), mais servent de points d’attache au poème.<br>Dans la poésie vieille-anglaise, elles désignent la répétition des sons initiaux des syllabes accentuées (d’où son nom de « rime initiale »).

[citation]We <b><u>h</u>eard</b> of the <b><u>h</u>orns</b> in the <b><u>h</u>ills</b> <b>rin</b>ging.[/citation]

Les allitérations se font <b>toujours</b> sur les syllabes accentuées, pas ailleurs.

Toutes les voyelles s’allitèrent entre elles :

[citation]<b><u>E</u></b>ver, to <b><u>A</u>r</b>nach, to his <b><u>o</u>wn</b> <b>coun</b>try[/citation]

Ever, Arnach et own s’allitèrent. Cependant, il est plus fréquent en vieil anglais que l’allitération porte sur la même voyelle.

Pour les consonnes… un exemple parlera mieux :

[citation]to his <b><u>g</u>ol</b>den hall and <b><u>g</u>reen</b> pasture[/citation]

Les consonnes des accents 1 et 3 (gol- et green) s’allitèrent, même si le son intiale (g- et gr-) est différent.<br>N.B. : s- s’allitèrera avec sh-, sk-, sl- , sw-…, mais allez savoir pourquoi, pas avec st- :

[citation]the <b><u>s</u>word</b> <b><u>sh</u>i</b>ning in the <b><u>S</u>outh</b>-<b>king</b>dom[/citation]

La troisième syllabe accentuée <b>doit</b> s’allitérer avec la première ou la deuxième syllabe accentuée.

N.B. : Allitération et accent (ou <i>stress</i>) en anglais) sont confondus, mais pas l’inverse : le quatrième accent du vers ne s’allitère pas (en règle générale) (migh- dans l’exemple suivant)

[citation]<b>There</b> <b>The</b>oden fell, <b>Then</b>gling <b>migh</b>ty[/citation]

[espacement]

<b><u>2) Les accents</u></b>

Dans la poésie vieille anglaise, les accents émanaient souvent des substantifs ; ils étaient généralement lexicaux (l’accent indiqué par le dictionnaire, nommé <i>stress</i> en anglais) plutôt qu’intonatifs (liés à la position du mot dans la phrase, <i>accent</i> en anglais).

Chaque distique (moitié de vers) comporte deux accents, le premier accent du deuxième distique s’allitérant, vous l’aurez compris, avec le premier et/ou le deuxième accent du premier distique (vous avez suivis ;-) ? Revoyez l’exemple [emphase]« There Theoden fell… »[/emphase]).
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