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The road goes ever on
#11
Ce n'est vraiment qu'à présent, et grandement aidé par le tracé que tressent les féériques fuseaux de jrrvf, que j'entre pour de bon dans la poésie tolkienienne - à laquelle j'étais resté jusqu'ici plutôt hermétique. Je m'interroge d'ailleurs sur les divers jugements parsemés, ici et là, sur sa poésie - en anglais comme en français, sur Jrrvf comme ailleurs. J'ai l'impression qu'on la met rarement aussi haut que son œuvre en prose. Alors que, paradoxalement, c'est l'un des rares lieux de l'œuvre tolkienienne où l'on est amené à l'envisager d'abord comme une œuvre littéraire avec toute sa dimension stylistique et ensuite seulement comme un univers fictionnel. On peut du coup se demander si sa poésie, par rapport à sa prose, n'est pas évaluée à l'étalon de la poésie moderne dont elle bénéficie (puisque la poésie parait aujourd'hui, vu son rôle prépondérant au 19e pour la littérature française en tout cas, le lieu par excellence de la littérarité et de l'esthétique) tout autant qu'elle en souffre (parce qu'une poésie inspirée d'une poésie médiévale serait assurément moins formelle que la poésie née sous la bannière de la "littérature" - concept datant de 1800 environ ; cf. si l'on juge de la poésie de <i>la Chanson de Roland</i> avec les mêmes catégories que pour les vers de Hugo ou, pire, de Baudelaire...) Tolkien a restauré (pour le coup, c'est vraiment <i>Recovery</i>) une poésie qui <i>se dit</i> à une époque où la lecture à voix haute comme pratique ordinaire de lecture n'est plus qu'un fantomatique souvenir qui effleure à peine à l'orée de la conscience du lecteur solitaire et silencieux (comme un doute, un trouble qui le mettrait mal à l'aise : n'était-il pas une fois, <i>once upon a time</i>, une autre façon de lire ?)

Y a-t-il des endroits où cette question de la valeur poétique de l'œuvre tolkienienne est largement débattue ?

Je revenais, ceci dit, pour un détail. Je découvre, alors que j'aurais déjà dû le savoir, en lisant la traduction du <i>Lai de Lethian</i> par Iarwain, que Tolkien en réalité ne craint pas l'enjambement par rejet :

[citation=<i>The Gest of Beren and Lúthien</i>, Chant I, v. 44-45]few ever deared the forest-eaves <br>to pass, or stir the listening leaves [/citation]

s.

ps : <br>En lisant la Geste, je réalise aussi <i>à quel point</i> je ne maitrise pas la prononciation exacte de l'onomastique tolkienienne... Y a-t-il des documents de référence pour ce faire ?
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