25-01-2004, 19:38
> Non, tiens, je ne passe pas : un Anglais voit la différence entre ‘Ø language’ et ‘the language of France’. Il existe aussi en anglais ce qu’on appelle le contexte…<p>Mais j'en suis parfaitement conscient :) Simplement, il se trouve cette différence là s'incarne dans des termes différents dans l'usage français. D'accord, Jérôme, on arrête ;-)<p>> En fait, je ne suis plus tout à fait sûr de mes réticences quant aux connotations avec l'Ouest béni ... Mais, quoi qu'il en soit, il demeure une contrainte de forme à savoir de veiller à reproduire dans la traduction la connexion, comme l'a rappelé Greenleaf , entre Westron et Westerness. Nous sommes tous d'accord pour regretter une forme pas aussi esthétique que nous le souhaiterions, mais la création d'Edouard est la meilleure à ce jour, non ?<p>Tout à fait. L'élément "Ouest", ou un équivalent, doit absolument être présent dans les deux, et aussi dans les autres termes apparentés comme <i>Westman</i> et <i>Westmansweed</i>.<br>Je préfère personnellement "Langue de l'Ouest", mais cela suppose de trouver des locutions convenables pour les autres termes aussi. Pour "Westernesse", une suggestion pourrait être "Pays de l'Ouest", mais ce n'est pas assez spécifique, une confusion avec Valinor peut en résulter. Peut-être "Île de l'Ouest" alors ? Pour "Westman" on a naturellement "Homme de l'Ouest", et "Westmansweed" deviendrait lors "Herbe aux Hommes de l'Ouest".<p>> Tu vises la perfection, ce qui est très noble, mais est-ce réaliste ?<p>La question me semble rhétorique, je ne suis pas bien sûr qu'elle appelle une réponse ! :-D<p>Pour ce qui est des questions d'esthétique, de connotation des termes employés, je ne sais pas s'il est raisonnable d'en tenir compte, mais c'est certainement nécessaire :)<p>Je suis bien d'accord que le sens doit venir d'abord - chez Tolkien du moins - mais je ne crois pas qu'il doive écraser des considérations plus formelles. Et c'est spécialement vrai de la nomenclature, car ses différentes tonalités contribuent de façon non négligeable à la caractérisation des lieux et des personnages, sans comptter l'importance que la question avait pour l'auteur lui-même. Là, faire attention aux différentes strates de la langue est important : Tolkien a bâti <i>Westernesse</i> et non <i>*Occidentalia</i>, ce n’est pas anodin. De ce point de vue, se servir d’éléments du fond de la langue ou plus récents (ou savants) ne revient pas au même.<p>Je ne veux pas dire que l'effet soit facile à rendre, car l'anglais a une latitude entre vocabulaire germanique, roman et latin qui n'a pas d'équivalent en français. Cependant, celui-ci connaît une certaine partition entre vocabulaire populaire (d'origine romane) et savant (plutôt gréco-latin) qui peut être mise à profit, dans la mesure du possible.<p>> As-tu essayé de retraduire Stoors, Harfoots et Fallohides ?<p>Non. Les rendus de Francis Ledoux en "Pieds-Velus", "Forts" et "Pâles" sont convenables et dans le ton ; plus transparents pour le sens que leurs modèles anglais, cependant.<p>Yyr:<br>> je dois avouer que l'idée selon laquelle le contexte et le but de la traduction (essai, commentaire, ...) influent sur la traduction me gênent, spécialement dans le cadre d'un essai. J'aurais tendance, comme Greenleaf, à ne considérer qu'une traduction (littéraire) ; n'y a-t-il pas sinon, entre autre, le risque de surtraduire, plus ou moins consciemment, tel ou tel concept, et de forcer telle ou telle lecture, plus que ne le permet l'oeuvre ? ;)<p>L'objectif de la traduction influe sur le regard que l'on va porter sur l'oeuvre, donc fatalement telle ou telle lecture se trouve favorisée. Cf. ta discussion sur "the Holy Ones" récemment.<br>Bon, il arrive qu'on puisse concilier plusieurs approches, cela dit, mais parfois après bien du travail ;-)<p>B.

