23-01-2004, 03:22
Bonjour tout le monde,<p>Merci de vos commentaires. Ce me sera très utile, et même si je ne pourrai pas adopter vos suggestions dans tous les cas, vous m’aidez à y voir plus clairement.<p>Quelques réponses et explications, pour ceux que ça intéressera :<p>Didier, je suis sensible à tes arguments en faveur de « rohanais », que j’adopterais à coup sûr si ce n’était des circonstances particulières de l’article que je dois traduire, car Thomas Honneger s’attarde davantage à la langue de la noblesse du Rohan qu’à celle du peuple dans son ensemble ; il compare aussi l’évolution des langues des Hommes (parentes de l’adûnaic) à celle des langues germaniques, et comme il l’a lui-même fait remarquer, la terminaison en –ique de Shippey est mieux adaptée à son propos. Je pourrai cependant la laisser tomber pour le « drúadanique », qui est étranger aux autres langues dont il est question, si je ne m’abuse.<p>À propos d’orquin, Finrod écrit : « Ce n’est pas une traduction, c’est du quenya ! ;-) » Malgré le smiley, je n’en doute pas, car ça me dit vaguement quelque chose, mais ce ne serait pas plutôt « orqin », en quenya ? Quelqu’un a-t-il plus d’information à ce sujet ?<p>Silmo : « Mannish » (dans « Mannish tongues ») désigne toujours un ensemble de langues et de dialectes : il est donc normal d’avoir « langues des Hommes » ou « langues humaines » plutôt qu’un hypothétique « *humanien ». Quant à « langue des Nains », il y n’y a pas de logique derrière cette appellation : c’est simplement que la suffixation paraît impraticable. Jolas a peut-être inventé « nanien », mais qui l’a suivie ? Les dictionnaires de d’Edouard Kloczko n’étant pas faciles à trouver chez moi, je ne connais pas sa position, s’il en a une. Il peut nous le dire. Pour ma part, je trouve « khuzdul » plus transparent que « nanien » !... même si celui-ci est correctement formé. Si d’autres personnes sont en faveur de « nanien », qu’elles se lèvent. ;-)<p>Quant à l’appellation « langues humaines », je l’ai écarté, comme d’autres l’ont fait, pour la raison suivante : « humain », comme nom, n’est pas employé dans les traductions. On utilise plutôt « Homme(s) », et cela désigne en général des Hommes de l’Ouest. « Mannish tongues » désigne l’ensemble de langues influencées par le númenoréen, l’adûnaic. Aussi « Mannish » ne doit pas renvoyer à l’ensemble de la race humaine : on ne voudrait pas en exclure Ceux du Sud et Ceux de l’Est… Je ne veux pas philosopher outre mesure, mais vous comprenez que c’est un peu dans ces termes que se pose le problème…<p>On évite « naine » en général comme adjectif : c’est un choix malheureux à cause du double sens, qui fait parfois sourire. Pour « langue naine », cela se défend, mais « langues des Hommes » me mène plutôt à « langue des Nains ».<p>Val / le Val, de Val / du Val : J’ai tendance à être du même avis que Moraldandil. Du reste, l’absence d’article, en anglais, si elle est significative, est un point de détail : cela nous indique peut-être que Dale est un vieux nom ayant perdu un peu de sa valeur sémantique : l’article serait tombé à un moment de l’histoire… C’est possible. Mais ce peut être aussi attribué à l’usage anglais, comme dans les noms composés (Loudwater, Mirkwood) et les noms étrangers (Lórien, Moria), qui prennent tous l’article en français (un choix plus qu’arbitraire dans le cas des noms elfiques, mais non moins valable). L’absence d’article est beaucoup plus significative chez Gilmi (Caradhras, Khêled-zâram) et peut-être Legolas (Nimrodel), où l’on discerne assez clairement une personnification des éléments naturels.<p>Quant à « occidentalien », j’en suis maintenant un grand partisan. Les traductions futures et les révisions iront dans le sens de Ledoux, qui s’est montré créatif dans la traduction des noms (pas toujours à bon escient, mais l’effort est louable dans l’ensemble, et personne n’a réussi comme lui). Il est hors de question de retourner à « Westron », en ce qui me concerne. Je comprends la réticence de certains, mais ils s’habitueront bien assez vite, je pense, à cette traduction (qui nous vient d’Edouard Kloczko ?). Il n'est pas bête non plus de suivre le même chemin pour remplacer Ouistrenesse, qui est très mal reçu.<p>Pour les signes diacritiques, Moraldandil a bien expliqué les raisons pour lesquelles le français ne doit pas faire exception.<p>dunlendais : On attire mon attention sur le fait que ce mot est formé à partir de Dunlendings, qui n’apparaît pas en français (dans le SdA, ni chez Ledoux, ni chez Jolas). Et même si, conservant Pays de Dun, nous traduisions par dunlandais, ce serait illogique : nous ajouterions un suffixe à un nom qui n’a pas été conservé (Dunland).<p>J’accorde beaucoup d’attention (et de crédibilité, évidemment) au « Guide to the Names ». Tolkien nous y indique que Dunland contient le mot anglais « dun » (donc, a priori, traduire ce nom), mais que Dunlendings représente (par transposition rohanais > vieil anglais) le rohanais « dun(n)lending », habitant de « Dun(n)land » (donc, conserver Dunlendings tel quel). Au début, j’ai pensé que c’était contradictoire, car on ne peut pas, en français, traduire Dunland par Bruneterre ou quoi que ce soit, tout en conservant Dunlendings : aucun rapprochement possible entre ces deux noms. Problème pour nous.<p>Mais sachant que ce sont les gens du Rohan qui appelaient ce pays Dun(n)land, on peut en déduire que l’occidentalien (l’anglais) Dunland est un emprunt direct du rohanais (vieil anglais), même si la forme est quasi identique. En français, on peut alors suivre le même procédé, c’est-à-dire emprunter (franciser, et non traduire) le rohanais Dun(n)land, et conserver la forme Dunlendings. <p>Ce raisonnement vous paraîtra peut-être artificiel, mais la traduction actuelle, « Pays de Dun » et « Ceux du Pays de Dun », n’est pas satisfaisante. Dans « Pays de Dun », nous avons ce « Dun » anglais, qui ne signifie rien, alors qu’avec « Ceux du Pays de Dun », ou « Habitants du Pays de Dun », nous avons une lourde périphrase qui va explicitement à l’encontre d’une indication de Tolkien dans le Guide. Bien sûr, il est aussi possible de garder « Pays de Dun » tout en conservant « Dunlendings ». C’est une question dont vous pouvez débattre également. :-)<p>Moraldandil : Je ne suis pas linguiste, mais je suis d’accord pour dire qu’il ne faut pas abuser du mot « langage ». Cependant, un pauvre traducteur comme moi, qui pense à ses lecteurs, est parfois forcé de faire des compromis, et de malmener un peu cette belle langue qui est la nôtre, belle, mais loin d’être parfaite (voir plus haut !)… Je ne suis pas de ceux qui croient qu’il faut la brusquer autant que possible, mais il reste que traduire sera toujours dans une certaine mesure un acte terroriste, une invasion barbare… ;-)<p>Merci encore de vos commentaires.<p>greenleaf<br>

