28-02-2001, 17:33
Salut … je réponds aux messages de marineva et cédric ! désolé pour le retard… (et je n'ai pas encore lu les suivants, désolé si je me répète par rapport à eux)<p><br> Je comprends mieux à quoi tu faisais allusion, Marineva, et tu as raison de souligner les dérives possibles d’une « rectification » de la traduction de Ledoux – mais il doit être possible des les éviter, je pense, avec un peu de rigueur.<br> Je n’ai jamais jeté la pierre à Ledoux, simplement souligné qu’il a fait beaucoup d’erreurs ; mais est-il possible de traduire le SdA comme il le mérite ? en respectant le travail sur les registres, l’histoire de l’anglais, la spécificité du langage de chaque personnage (ou presque) ? je n’y crois plus vraiment…<br> Cédric a répondu plus vite que moi (et je souscris à tout ce qu’il dit !), à propos de ta comparaison entre le traducteur (Ledoux) et un artiste ;-) ; il est clair que l’« harmonie » de sa traduction est souvent prise en défaut… parfois d’une manière grotesque (cf. le relevé sur le forum) <br>D’accord aussi avec Jabba quand il dit : « Je ne peux pas prendre au serieux une traduction qui… » : c’est bien ça le problème. Une des choses qui ont conditionné la réception de Tolkien en France, c’est la « qualité » de la traduction, qui a fait que pas mal de lecteurs de littérature « générale » ont laissé tomber le texte en considérant que s’il présentait autant de fautes grossières… c’est que Tolkien le méritait bien (je ne plaisante pas).<br> La question de savoir si le style d’un traducteur modifie / doit modifier un texte est peut-être insoluble… mais, pour avoir comparé les traductions traditionnelles de Dostoïevski, où l’on a l’impression de lire du Balzac, et celles faites par André Markowicz, je pense que parfois le traducteur (et Ledoux me semble appartenir à cette école, lui qui a traduit Dickens, si je ne me trompe) en fait un peu trop dans le « polissage » ou la réécriture… les hobbits qui emploient l’imparfait du subjonctif en français, alors qu’ils utilisent « I ain’t » en anglais, ça me reste en travers de la gorge !<p> « je préfère une phrase percutante en français à une phrase plus lourde mais restituant plus le sens de la VO »<br>il me semble que restituer la VO en évitant les lourdeurs, c’est cela le but de la traduction, non ? aussi longtemps que le traducteur n’y est pas parvenu, il doit recommencer son boulot (tu as entendu, Greenleaf ? ;-)<p> pour ouvrir un peu le débat… la première remarque sur l’artiste me rappelle une réflexion de de Samsagace :<br>« A l'école, on m'a fait chercher toutes sortes de figures de style dans les oeuvres littéraires. Beaucoup avaient un sens et donnaient effectivement du corps au texte, mais certaines semblaient plus venir d'un besoin de se dire "c'est un auteur magnifiquement doué!". On cherchait alors des sens mystérieux et farfelus aux mots, de même qu'on peut entendre les commentaires dans les musées: "Par le trait torturé, l'auteur a voulu exprimer toute sa rage patati patata". Je n'ai jamais pu donner de crédit à ça. »<br> même si Sam nuance son propos (il ne parle pas de toutes les figures de style), je pense que nous serons d’accord sur le fait qu’il est important de tenir un discours un peu argumenté sur un auteur, même s’il est parfois maladroit. <br>Relever les figures de style en soi, c’est stupide, et l’une des premières choses qu’on apprend aux futurs profs, c’est qu’un procédé ne doit jamais être repéré pour faire joli mais seulement s’il a du sens ; mais s’intéresser à l’écriture même du texte, ça évite les dérives (pas chez Sam ! ;-) du genre « on ne peut pas parler de la littérature, c’est une question d’inspiration, de génie… »<br>de même, les commentaires de visiteurs prétentieux dans les musées, m’horripilent absolument, mais… c’est parfois vrai, ce qu’ils disent ;-). Je ne sais pas si je suis très clair<br> c’est pour cela que la rectification de Marina (d’artiste en artisan) est très juste : Ledoux n’est pas un artiste qu’on ne pourrait critiquer, d’une part parce qu’il faut critiquer les artistes, et parce que Ledoux se trouve plutôt du côté du savoir-faire …<br> <br> et… pour refermer mon message, à propos de la francisation des noms ;-)… ledoux n’a pas suivi à la lettre les remarques de Tolkien adressées aux traducteurs…<br>pour ma part, lorsque je les lis, je me dis qu’il souhaitait que l’on conserve « Frodo », « Bilbo », « Saruman », etc., tels quels…<br>ça vous choquerait ?<p> à bientôt !<br>Vincent<br>

