27-02-2001, 07:34
Passionnante discussion dans ce coin-ci (je parle surtout du couple Marineva - Cédric). Le traducteur, artiste (Marineva), technicien (Cédric), artisan (Marineva)... Rien de tout cela, à mon avis. Il n'a pas la liberté de l'artiste, mais il n'est pas robot non plus. C'est d'abord un simple lecteur-interprète, à l'étape où il assimile le sens, les idées et le style du texte à traduire. Une fois tout cela schématisé dans sa tête de traducteur (généralement grosse), une fois toute l'Idée déverbalisée en un réseau de concepts indéfinissable, il devient écrivain, ou rédacteur si vous préférez (dans le cas de textes pragmatiques). C'est un peu comme si l'auteur d'origine lui soufflait les idées, l'inspiration (dans le cas de textes littéraires), et qu'il devait les exprimer dans la langue d'arrivée. Il va sans dire qu'il adoptera le style qu'il jugera adéquat en regard au texte source, mais le texte d'arrivée sera largement redevable à ses talents de rédacteur. Le traducteur, bien que sa liberté soit restreinte par un nombre effarant de containtes imposées par une méthodologie stricte, est artiste dans la mesure où il doit, en définitive, se résigner à abandonner le texte source complètement, s'en libérer, et mettre en œuvre toutes les connaissances qu'il possède sur sa langue maternelle afin de transmettre un message... Tout en étant bien certain d'avoir couvert ses arrières, quitte à retourner au texte source, plaidant ainsi la capitulation la plus totale et la plus humiliante de toutes. Nous en concluons donc que le traducteur est un génie tourmenté et incompris, lui qui aura consacré sa vie au rapprochement des peuples et des individus.<p>greenleaf ;-)

