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Pourquoi ne pas (re)traduire 'The Lord of the Ring' ?
#2
<br>Depuis que j'ai dénoncé sur mon site la mauvaise traduction de Ledoux et Jolas du "Lord of the Rings", j'ai vu fleurir de nombreuses tentatives de (re)traduction(s). Aussi bien dans ce forum qu'en de nombreux autres endroits sur le Net.<p><br>Vouloir faire une traduction en langue étrangère, ici en anglais vers le français, c'est se juger capable de passer (souvent avec juste un dictionnaire bilingue et une connaissance basique de l'anglais) d'une connaissance à une autre.<p>Souvent, sinon toujours dans mon expérience sur le Net, ce sont des tentatives engagées par non des traducteurs mais des lecteurs, parfois jeunes, souvent surpris et aussi choqués d'apprendre que leur auteur favori était si mal traduit. Pourtant, la traduction, même si elle est faites en sa propre langue maternelle, pour être correcte et acceptable doit être précédée de la compréhension de la langue anglaise. La traduction n'est pas possible sans une comprhésion préalable ; on ne peut pas bien traduire ce que l'on ne comprend pas. Et le dictionnaire bilingue n'est pas, ne sera jamais l'outil indéal du "traducteur" (professionel). Seul demeure la compréhension de la langue. Il est impossible grace au dictionnaire bilingue de comprendre qu'une phrase comme "Why, they said you was dead!" (Chap. The Scouring of the Shire) adresseé à Merry, par un Hob Hayward incrédule, à son retour dans la Comté n'est pas une faute de typo ou encore moins une faute d'anglais de Tolkien ! C'est un "provincialisme" anglais.<p><br>L'episode raconté par J. P. Vinay et P. Darbelnet dans leur livre "Stylistique comparée du français et de l'anglais" (qui est pour moi le meilleur sur les difficultés de traduction anglais-français) montre bien cet état d'incompatibilité entre les langues. Un jour au Canada, à la frontière entre la zone anglaise et française les deux linguistes furent frappés par un panneau de signalisation routière sur lequel était écrit : Slippery when wet, négligemment "adapté" en français par un comique "Glissant si humide".<p>Il est paradoxal que tant de lecteurs français (ou anglais) considèrent la traduction comme un instrument permettant d'apprendre, de comprendre et de connaître la langue anglaise. Le phènomène est inverse : la compréhension d'abord, la découverte des instruments linguistiques de la traduction ensuitre, bien après. On ne traduit pas pour connaitre une langue, mais on connaît pour ensuite traduire.<p>Devons-nous admettre que la traduction est impossible? A la limite oui. La traduction est "faisable" bien que théoriquement impossible, car il n'existe pas de correspondace excacte entre chaque mot anglais et français. Il est juste possible de faire des traductions plus ou moins fidèles. La traduction ne sera possible que si le traducteur dispose des instruments adéquats (y compris la lecture attentive du guide pour la traducteur écrit par Tolkien lui-même) dans le cas contraire la traduction tourne au mieux à un jeu de hazard au pire à la farce. Certaines erreurs seront dues à l'insuffisance de la connaissances des mécanismes de la langue anglaise, d'autres à l'ignorances du monde secondaire complexe imaginée par Tolkien.<p>Devons nous renoncer à la traduction pour autant ? Certainement pas !<br>Mais le _lecteur_ doit admettre que le travail de traduction est très difficile et ne peut pas être enprepris par lui, aussi enthouisaste soit-il.<p>Edouard Kloczko
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