04-01-2005, 16:20
Je remonte à mon tour ce vieux fuseau;)<br>Voici encore de quoi rire un peu, même si la boulette en question ne me paraît pas si drôle que ça: elle porte sur l'<i>incipit</i>, et fausse d'entrée la perception que le lecteur peut avoir d'Eru et du sens de l'<i>Ainulindalë</i>. C'est un peu dommage pour ce qui est le « Au commencement... » du légendaire.<p>Je pense comme dit plus haut que la connotation « locative » est importante. Elle est sans doute aussi imperceptible pour un anglophone que dans le <i>y</i> de « il y a » pour un francophone, mais elle contraste avec le temporel « Au commencement/<I>In the beginning</i> » de la Genèse et de Jean, et ça m'étonnerait que Tolkien n'en ait pas été conscient.<br>C'est à mon avis le défaut de « Eru était ». D'autant que « Eru était l'Un(ique) » me paraît comporter un glissement de sens non négligeable par rapport à « There was Eru, the One »...<p>« Il était Eru » est impossible, car « Eru » est déterminé, et « personnalise » donc le pronom, qui en devient l'anaphore et est alors perçu comme sujet réel de « est »: « Eru était Eru » a peut-être un sens éminement théologique (?), mais ne veut pas dire grand-chose ici;)<br>« Etait Eru », alors? Mais il n'est guère acceptable à l'oreille (à la mienne en tout cas;), et contraste en cela avec la simplicité de « There was Eru ». <p><br>Reste « Il y avait Eru »: son problème est que le verbe « avoir » n'est pas le mieux placé pour présenter le Dieu unique, on s'attendrait plutôt à « être ».<br>Mais au regard du sens de l'anglais, je pencherais plutôt pour celui-là.<br>

